‹ Histoire générale de l'église de ToulouseChapitre 2 sur 71 · AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR

En 1846, je publiai un opuscule portant le titre : De l'Eglise de Toulouse pendant la révolution française. Cet ouvrage commençait par ces mots: « Le fragment historique que je publie aujourd'hui » appartient à I'Histoire générale de l'Eglise de Toulouse, dont j'ai réuni » les immenses matériaux. » Ainsi j'annonçais à cette époque que mon projet bien arrêté était de composer cette histoire , et je ne fais qu'exécuter aujourd'hui ce que j'avais promis il y a dix ans.

Je n'ai pas cru devoir surcharger mon livre de notes et de pièces justificatives ; elles sont en général peu lues, et augmentent le volume sans un intérêt bien réel pour le lecteur.

Je n'avance aucun fait dans cette histoire dont je ne puisse offrir la preuve. Quand l'ouvrage sera terminé, je donnerai, avec la table des matières, une indication des sources où mes documents ont été puisés.

Un historien qui se respecte doit être l'homme de la vérité, et non l'homme d'un parti. La vérité est de tous les âges ; les partis se forment , se développent et s'éteignent dans une période déterminée.

Dans les questions controversées , j'exposerai toutes les opinions , je dirai simplement les faits. On ne doit donc pas s'attendre à ce que je me range d'un côté plutôt que d'un autre. Ce n'est pas l'historien qui doit former le jugement de ses lecteurs sur tel ou tel événement , sur le caractère des personnages, sur l'appréciation de telle ou telle institution ; c'est l'inflexible vérité des faits qui doit déterminer les opinions.

J'aime une certaine sévérité dans la critique et me défie des nouvelles découvertes en histoire. Un système bâti sur des possibilités, des conjectures, des vraisemblances, est a mes yeux sapé par sa base.

11 n'est rien certainement de plus respectable que l'autorité des tradi-

tions ; mais il faut savoir si elles reposent sur un fondement solide, et si les auteurs, en écrivant d'âge en âge sur la parole des devanciers, n'ont pas perpétué une erreur. Cette règle n'est pas toujours applicable aux doctrines ; elle l'est aux faits , dont l'histoire est essentiellement composée.

On ne trouvera dans cet ouvrage aucune réflexion inutile. Le caractère des personnages y est tracé d'après le rôle qu'ils ont joué. Les événements y sont présentés avec une scrupuleuse exactitude, dans leur ordre chronologique, sans embarras él sans confusion. Le style est simple, clair et précis; les transitions y sont ménagées aussi bien que possible.

Il est nécessaire, pour l'intelligence de l'histoire de l'Église de Toulouse, de lire attentivement les dissertations qui suivent.

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