TEMPS INTERMÉDIAIRES
» la réunion des autres vertus qui brillent en tous, sont » les véritables motifs qui nous ont déterminé à mettre » ri^lise de Lyon sous votre conduite. » Cette nomination n'eut point de suite, à cause de rabdication du souverain pontificat que fit Célestin V.
Enfin la guerre cessa entre Charles roi de Sicile et le roi d Aragon ; un traité de paix fut conclu entre le premier et Jacques II, qui avait succédé à Àlfonse son frère. Pour faire cette paix durable, il fut décide que Blanche, deuxième fille de Charles, serait donnée en . mariage à Jacques II, et que les entots du roi de Naples recouvreraient la liberté. Les noces furent célébrées avec une royale magnificence, le i'' novembre Louis et ses frères y as^ sistèrent. Ce prince était alors dans sa vingt-et-unième année; il était d une taille élevée et d un visage agréable ; une douce majesté était répandue sur toute sa personne ; sa laie modestie attirait les regards de toute la cour. Jacques U en fut si épris, qu'il lui proposa sa sœur Yolande pour épouse. Louis résista à toutes les sollicitations des deux cours, et demeura inébranlable dans ses i esolutions.
En revenant des noces de sa sœur, Louis s arrêta k Montpellier pour demander l'habit de saint François au provincial des FF. mineurs. Celui-ci ne crut point devoir accéder à ses désirs avant qu*il n*eût obtenu le consentement du roi son père. De Montpellier, Louis se rendit à Saint-Maximin pour y vénérer des reliques que Ton disait être celles de sainte Marie^Madeleine. Il accompagna ensuite son père jusqu'à Florence, où la reine sa mère vint rejoindre son royal époux. Il refusa d'embrasser cette princesse : ce qui fait supposer qu'il avait déjà reçu à cette époque la ton-
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sare et les ordres mineurs. Notre jeane prinee vint k Rome
avec toute la cour. Boniface VUi témoigna la joie la plus ' vWe à le voir. Oa lui permit d*exercer le ministère de la prédication, cl tous les habitants de Rome admirèrent son éloquence et les saintes ardeurs de son zèle.
Dans ledesseÎQ de couronner son sacrifice, il pria le pape de lui servir de médiateur auprès du roi son père pour qu il eût enfin la liberté d'entrer dans les ordres sacrés ; en môme temps, par un acte solennel, il renonça à tous ses droits sur les états de son père et les transféra à son frère Robert. Il reçut bientôt après Tordre du sous-diaconat des mains du pape, qui le numma son chapelain. Arrivé à Naples, Louis se retira au château de TOCuf pour se préparer à recevoir le diaconat et le sacerdoce. Ces deux ordres lui furent conférés par Tarchevêque de Naples, dans Féglise de FF. mineurs conventuels, en décembre 1^95.
Peu de jours après son élévation au sacerdoce, Boniface VIU le nomma à révéché de Toulouse. Â cette nouvelle, le jeune prince se rendit à Rome pour conjurer le pape de renoncer à ses projets. Inutiles efforts, il fallut céder aux ordres du pontife suprême, mais à une seule condition : c'est que le nouvel évéque prendrait Fhabit de saint François et ferait profession dans cet ordre. Cette condition étant acceptée, Louis se rendit au couvent ÔLAra- Cœli et y prit l'habit du saint ordre, entre les mains de Jean de Mur qui en était général, en présence du pape, du roi son père et de toute la cour romaine, la veille de Noël. Le 27 décembre, il fat pi éconisé évêque de Toulouse, et sacré par le pape le 30 du même mois, n'étant âgé que de vingt et un ans dix mois.
SOS TEIfPS IimftJltDUlIBS.
Le nouvel éla devait, seloa Tusage, prononcer un discours dans la basilique des SS. Apôtres, en présence du pape et des cardinaux. II sortit du couvent d Ara-Cœii, et traversa Rome nu-pieds, vêtu d*un habit grossier, et accoiiiiiagné des cardinaux Matthieu d'Atjua-Sporta et de Jacques d'Anagnie. Son discours à la basilique fut prononcé au milieu d*une foule immense; il prêcha avec beaucoup d'éloquence sur le uèâ.ui des grandeurs humaines. Louis ne pensa plus désormais qu'à se rendre dans son diocèse, refusa pour son voyage un cortège digne de son rang et de sa qualité d'évêque, et ne voulut être accompagné que de quelques religieux de son ordre. Etant arrivé à Sienne, il alla loger chez les frères mineurs, et laissa dans leur bibliothèque une bible qu*il avait enrichie luimême d'élégantes miniatures. A Florence, le clergé, la noblesse et le peuple vinrent au-devant de lui. Un somptueux appartement lui ayant été préparé au couvent de Sainte-Croix, il fit enlever tons les meubles et les riches tentures, et coucha à terre sur son manteau. Quand Louis eut été canonisé, on changea cette chambre en une magnifique chapelle, et sa statue en brouze fut placée sur la porte du couvent.
Quand le saint évêque entra en France, Draguignan et Brignolles le reçurent tour à tour. Il opéra dans sa patrie un éclatant miracle par la guérison inespérée â*un habitant de Brignolles api)elé Pierre Scarasson. Dès qu'on eut appris à Toulouse qu'il s'approchait des murs de la ville, le peuple sortit en foule pour aller le recevoir; il entra dans la capitale de son diocèse au milieu des transports de l'allégresse publique. On ne pouvait Jamais se lasser d'ad-
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mirer la douceur de sou maiutieu, la disUucUoa de ses manières, une si grande noblesse jointe à une aussi touchante simplicité. On raconte que, le jour même de son entrée, sa seule présence convertit un pécheur endurci qui avait vieilli depuis bien des années dans le crime.
La vie que ce saint évêque menait à Toulouse tenait du prodige; il visitait avec le plus grand soin les hôpitaux et les prisons, répandant de toutes parts des consolations et des aumônes. Tous les jours il nourrissait vingt-cinq pauvres et lavait les pieds à deux d*entr*eux. Son palais présentait le tableau de la pauvreté religieuse ; il irempioyail à sa table que de la vaisselle de bois. Ayant été obligé d'accompagner à Paris le roi son père, il alla descendre au couvent de sou ordre, et vers la M du carême de l'an 1297 il habfllaà ses frais cent pauvres. Ce fut a Paris qu1l triom- • pha des suUioiUliuris que lui lit subii une princesse de la cour de France, et ce beau trait de sa vie a été chanté par les poètes. Apôtre infatigable, il parcourut, à la prière des évèqiies, la Catalogne et TAragon, alin d'exhorter les peuples à la pénitence par ses éloquentes prédications où respirait le zèle le plus ardent. Se trouvant à Barcelonne le 25 juillet 1297, il ût la consécration de Téglise de Saint-iNicolas appartenant aux FF. mineurs; à Montpellier, il se flt entendre dans plusieurs prédications, où il opéra les conversions les plus éclatantes et même plusieurs miracles sur un grand nombre dlnfirmes. Il forma alors le projet de se démettre de son êyêché ; mais cette résolution ne reçut pas son exécution à cause de la nomination du nouvel évêque de Pamiers : c'était Bernard de Saisseti, abbé de Saint -Autonin. Alors fut consommé le démembrement du diocèse de Tou-
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louse, et cest à cette époque que se termine, dans notre plan, rhistoire de cette partie du Toolousaia qui forma depuis un diocèse particulier. Ceux qui désireraient connaître la suite des faits relatifs à cette province, pourront consulter les divers auteurs qui en ont traité.
Toulouse ne devait pas jouir longtemps de son saint évéque. Louis, qui se sentait de jour eu jour plus d'attrait pour la solitude, quitta sou diocèse ?ers la fin de juillet 1297, célébra la féte de sainte Marthe à Tarascou, le 29, et prêcha son panégyrique dans Téglise qui lui est dédiée. Le 3 août 11 se trouvait à BrignoUes. Ne s'éiant pas rendu au couvent de son ordre parce que Charles li son père était alors eu cette ville, le prince lui ordonna d*aller habiter le chàteaii uu il laisail sa résidence. Le saint évêque obéit. Son état inspira bientôt de justes inquiétudes, son corps dépérissait tous les jours ; le 4 août, il fut atteint d'une ûèvre violente. Un secret avertissement du ciel vint le prévenir qu'il touchait au terme de sa carrière. Une prière continuelle et la participation aux sacrés mystères lui servirent de préparation à la mort. Le 19 août, il rendit sa belle âme à Dieu, à l'âge de vingi4;rois ans et demL Les divers historiens qui ont écrit sa vie nous ont tracé son portrait : « Il avait le visage et le corps d'une beauté rare : » les lis et les roses étaient semés sur sa face ; il avait les » cheveux bionds et crêpés, les yeux gros et éclatants, le » nez aquilin et un peu allongé, la bouche assez grande » et toujours vermeille, l'aspect grave et doux, les mem- » bres bien proportionnés et lorts, et toutes les perfections » du corps étaient comme les rayons de son âme tout » angélique. »
TRMPS INTKElIÊDlUtBS. àOl^
Après Topération de rembauffleme&t» ses ossements fu^ rent transportés à Marseille. Ainsi ravait-il ordonné dans le testament qu'il dressa le jour de sa mort, et tiont nous rap- * portons ici les principales dispositions : « U choisit sa sépol-
■ ture dans l'église des franciscains de MarseUlc ; il distribue
• ses diverses chapelles eatre les couvents de Toulousei > Marseille et Aix; il laisse ses livres, parmi lesquels il » désigne trois bibles, la Somme de saint Thomas et les » Fleurs des Saints à quelques amis; ses anneaux et autres
• joyauK au roi et à la reine. Il veut que ses biens soient » partagés entre les couvents des frères mineurs de Tou- » louse, de Marseille, d*Aix, de Sainte-Glaire d'Assise et » des frères prêcheurs de Saint -Maxi min. Il donne ses
■ Uvres dheures canouiaLes au couvent de DragoignaO) 1» el à celui de BrignoUes un de ses ornements pontificaux» » 11 nomme eusuite ses exécuteurs testamentaires. » Cet acte porte la date du 19 août 1297.
Arnaud-Roger fils du comte de Gomminges, le prévôt de Saint-Etienne, se trouvait à Rome à l'époque de la mort du saint évéque de Toulouse» 11 fût élu pour lui succéder» Boniface VHI conlii iiia son élection et le sacra lui même le dimanche Lœtwre (31 mars 1298). Arnaud de Comminges partît pour aller prendre possession de son évèehé, mais il mourut en route, à Orviette. Son corps fut porté dans l'épiée des eordeliers de Samatan, qui fut détruite dans le seizième siècle. BoniCaM^e VUl, qui s'était réservé la nomination à Faichevéché de Toulouse, désigna, pour succéder à Arnaud de Gomminges, Pierre de ta Chapelle Taillefer, qu'il transféra du siège de Carcassonne.
Uispan de Saihis, qui avait succédé à Arnaud de Com-* m SO
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miûges dans la prévôté de Saiat-Ëtiennd, s était emparé, à ce titre, de tous les meubles, livrés, vases d*or et d'argent
(lu deroier titulaire ; mais Pons Blanchart, syndic du chapitre , en appela au souveraiD poutile par des lettres qui portent la date du 21 octobre 1299. — Jacques, cardinal-prétre du titre de Saint-Clément, succéda dans le prieuré de la Daurade à Gailhard de Miramont. Il ne gouverna pas longtemps ce prieuré, puisquen 1298 nous trouvons que Raymond Bernard d'Apremont obtint des capitouls une déclaration authentique par laquelle il fut reconnu que le prieur et ies religieux de la Daurade étaient propriétaires du fleuve de Garonne depuis Saint-Hilaire jusqu'au château de Saint-Michel. Bernard d'Apreraont s'était emparé du prieuré en dehors de la juridiction de Tabbé de Moissac. Celui-ci, le regardant comme un intrus, le frappa d'excommunication, lui ordonna de rentrer dans l'abbaye de ce Heu, et ût fulminer en même temps cette sentence hors des portes du monastère; Bernard refusa de Taccepter ; mais il sévit cependant obligé décéder à Forage, puisquenous trouvons qu'en 1300 il fut expulsé de la Daurade et eut pour successeur Emilien de la Chas lunai raye, prieur majeur de Moissac.
La goerrre contre les Anglais continuait'toujours en Gas> cogne. Le roi nomma alors le sénéchal de Toulouse, Guichard de Marziac, capitaine et gouverneur de Gascogne et de tout le duché d*Âquitaine. Ce sénéchal fut accusé par Tarchidiacre d'Auch el le vidame d'Amiens, réformateurs de la sénéchaussée de Toulouse, d'avoir prévariqué dans sa charge, de concert avec Hugues et Daliiiace ses frères. On le dépouilla de sa dignité, et le roi ordonna de se saisir
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de ses bîeos. Biaise Lupi, sénéchal d'Agenais, lui succéda daas la place de sénéchal. Quelques amiées plus tard, Gmchard fut rétabli dans la possession de ses biens, à la prière du pape, qui s'intéressait à ce chevalier.
Vers ce même temps, le roi accorda divers privliéges au& habitants de Tonloose. Il défendit à ses commissaires d'obliger les habitants de cette ville de vider leurs mains des biens qu'ils avaient acquis des nobles ; abolit dans tout le pays toute servitude de corps ou de caselage, qu'il changea en un cens annuel de douze deniers tournois pour chaque sétérée de terre; accorda à tous les habitants une pleine liberté et ingénuité, et défendit d'exiger aucun fouage pour le temps passé.
Pierre de La Chapelle, évéque de Toulouse, envoya en 1299 des députés au concile de Beziers que l'archevêque de Narbonne avait convoqué pour régler quelques différends survenus entre ce prélat et Amalric vicomte de cette dernière ville. L'année suivante, il consentit à ce que Pierre évéque de Garcassonne fût sacré hors de la province.
L aijbaye d'Eau nés était gouvernée, à la lin du treizième siècle, par Bernarid de Magra, qui avait succédé à Adrémar de Pins ; celle de la Caiielle avait pour abbé Sancius, qui la dirigea i)eiidaut quinze années. L'abbaye de Lezat et celle du Mas-d'Aztl n*appartenant plus au diocèse actuel de Toulouse, leur histoire ne doit pas trouver place dans celle que nous écrivons. Du reste, les faits qui se rallachent à toutes les abbayes depuis le quatorzième siècle jusqu'au jour de leur destruction, présentent peu d'intérêt ; une nomenclature stérile des abbés qui les ont gouvernées, des actes d*échange, de fondation» de vente, d'acquisition
TBMK INTKiNÊDUim.
(lo domaines, de présentation d'hommages, de redevances, tels sûoi à peu près les évènemeols qui , pour ces abbayes, occupent la durée des siècles. Il suffira désormais de ûx&r 1 époque de la mort de chacun des abbes, el d ladiquer sommairomeot les feiits qui se rattachent à leur gouTememenl.
Bertrand de Got, noble aquitain, lils du cbe?alier Beraud de Villaudrau et d*lâe de Blauquefort, avait succédé à
Bertrand de Miramont sur le siège de Gomminges. 11 était dianoîne archidiacre de Bordeaux. Ëu 1399, il fit au cfaâ*^ teau d*Alan une transaction avec Âuger de Foucaut abbé de BonneliOnt, fonda quatre prébendes dans sa cathédrale, et accorda aux religieuses de Fabas plusieurs terres et dons pour les soula^^cr daiis leur misère- C'est dans ces actes qu'il désigne Bertrand de Miramont comme son prédécesseur immédiat : ce qui indique que Télection d*Aroaud de Mascarou, chanoine de SaintrEtienne de Toulouse, pour révécbé.de Comminges, fut regardée comme non avenue. En 1500, Bertrand de Got fut transféré au siège de Bordeaux, et en 1305, parvenu au souverain pontilicat, il prit le nom de Clément V.
Le treizième siècle, dont nous venons de retracer l'histoire relativement à notre Eglise et à notre cité, s'ouvrit sous le gouvernement de Raymond VI et par Vépiscopat de Raymond de Rabasteiis. Ou vit apparaître dès les premières années de ce siècle la grande et douce figure de saint ' Dominique» l'institution de son ordre, ses apostoliques travaux. La guerre contre les albigeois et les malheurs qu'elle attira sur la maison comtale de Toulouse, rextinction de cette maison dans la personne de Jeanne fille de Ray-
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mond VII, sont évidemment tes foitg leâ plus saillants de ce siècle. Le tribunal de rinquisition, onalgré quelques rigoeurs qo^oii lui a reproelkée6^ contribua puissamment à sauvegarder la foi des peuples, el a arrêter les progrès toujours meoaçaols d'uue hérésie qui était auti-religieiise et anti-sociale. Le relâchement des i&eeurs et de la discipline . dans le clergé fut heureusement arrêté par le célèbre concile de Latran, et rinstitotion de plusieiirs ordres religieux, tels que les frères prêcheurs et mineurs, les trinitaires, les carmes«les augustias, lesmerçaires...., fut le puissant auxiliaire de l'Eglise. L^excommunlcation devint vm arme redoutable , mallieureusement, elle fut quelquefois employée par les prélats pour conserver et augmenter les privilèges et les biens temporels de leurs Eglises ; aussi , les papes se vireniriis obligés de corriger ces abus.
Un usage contre lequel on ne saurait assez s*élever s*était introduit, à cette époque, dans les grandes familles : les pères disposaient de la destinée de leurs eniants, et ordonnaient à ceux qu'ils avaient désignés d'avance d'entrer dans l'état ecclésiastique ou religieux, moyennant une certaine , somme donnée.
On a TU que la maison eomtale de Toulouse était la plus considérable du pays de France, et contrebalançait l'autorité royale. Le traité de entre Saint-Louis et Raymond Vil réunit a la couronne tous les domaines qu elle possédait, domaines qui furent, plus tard, partagés en deux grandes sénéchaussées, celle de Beaucaire et celle' de Garcassonne. Les sénéchaux avaient une grande autorité dians le p»ys ; ils étaient cependant soumis aux commissaires réfiMUiatenrs que le roi envoyait de temps à autre dans
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la province. Aux deux sénéchaussées déjà existâmes, on
ajouta celle de Rouergue et de Tuuluuse ou d Albigeois. Ce fut de ces sénéchaussées réunies que fut formé le Languedoc, appelé auparavant Provence. Le royaume fut ainsi partagé en deux parties him distinctes, la France proprement dite et la Provence on Languedoc. Les peuples de cette partie du royaume parlaient, dans le treizième siècle, la langue provençale à peu près comme le peuple la parle encore aujourd'hui.
Les lois romaines fureot constamment observées à Toulouse pendant ce siècle ; elles y étaient publiquement enseignées dans Vuniversité de cette ville, dont nous avons tracé Torigine, quoique encore iniorme. lodepeadamment des lois romaines, chaque pays avait ses usages, ses privilèges et ses coutumes. Les crimes et les délits y étaient diversement punis. La distinction des hommes libres et serfs, des nobles et bourgeois, ainsi que celle des ma-* nants et vilains, était à peu près la mèma quaux siècles précédents. IL faut cependant observer qa*on distinguait alors deux sortes de serfs, les serfs de corps et les serfe de corps et de caselage. Les seigneurs avaient droit sur la personne des premiers, en quelque lieu qu*ils fussent ; les autres, outre la sci viLude personnelle, étaient tcnu^ d'iiabiter dans les domaines du seigneur, de lui payer certaines redevances, et de cultiver ses domaines.
Les juifs devinrent assez puissants dans la province, au treizième siècle, par la tolérance et les concessions beaucoup trop grandes que leur firent les comtes de Toulouse et les autres seigneurs, sous le prétexte de favoriser le commerce dans leurs états; ils les admirent même aux
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charges pobliques, condescendance qui devint funeste.
Les comtes de Toulouse, jusqu'à la réunion de leurs domaines à la couronne, fie maintinrent dans le droit de frapper monnaie. Le sol toulousain valait deux sols melgoriens. Ou croit que ces sois toulousains étaient les mêmes que ceux appelés raymondim dans plusieurs chartes.
Les études furent beaucoup plus Uorissantcs dans ce siècle que dans les temps antérieurs. La médecine fut enseignée avec éclat à Toulouse, ainsi que la théologie scolastique, le droit civil et canonique, les arts libéraux et la gianomaire. L'histoire y était aussi en honneur, et Guil-
lauim: (le IMjylaurciLs, ciiapclaiii de Raymond VII, passe pour un assez bon chroniqueur. Nous ne pouvons en dire autant de Pierre de Vaux-Semay, le trop crédule historien de la croisade contre les albigeois et l'ennemi déclaré de la maison comtale de Toulouse. La poésie provençale fot aussi cultivée avec gloire dans cette période séculaire^, et nous avons parlé de plui>ieurs poètes qui composèrent diverses pièces de vers en provençal.