‹ Histoire générale de l'église de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours recueillie des monuments les plus authentiquesChapitre 13 sur 37 · TBKPS 1KT£EMÉD111RES · texte numérisé non relu

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et d'élever leurs fils dans l'état ccclésiaslique. 2 ' Los iiabilants ne pe^ivent élre mis à la quesUoo. 3"* Oa imposera des amendes à ceux qui laisseront entrer des bêtes dans les prés et vignes, ou qui entreront eux-mêmes dans la propriété d'autnii ; à ceux qui ne feront pas le poids, aux vendeurs qui frauderont dans le commerce. Ces amendes doivent être payées au roi et à Tabbé de Grand-Seive. A" Si quelqu*un meurt sans héritiers, ses biens, après un détei déterminé, passeront au roi et à l'abbé. Tout débiteur qui n*aura pas payé sa dette dans quinze jours, payera une amende an roi et à Tabbé. 6*^ Tout homme surpris en adultère sera promené par la ville, et payera une amende au roi et à Tabbé. Labbé de Grand-Selve, en qualité de seigneur, convint de posséder la nouvelle ville en pariage avec le roi.

La TiUe de Grenade avait autrefois une ceinture de hautes murailles flanquée de quatre tours principales, dont une était penchée comme la tour de Pise ; une antre tour qu*on appelait de la Porte de Toulouse servait de prison ; une troisième portait le nom de tour de Save, et la quatrième celui de tour de Verdun. Plusieurs communautés religieuses, telles que les capucins et les damc^ ursulines, s y élablireat successivement. La grande et belle église qui existe aujourâ*hui fut bâtie par les soins des abbés de Grand- Selve, quelque temps après la fondation de la ville. Elle était desservie par des consorcistes, un archipétre et trois vicaires.

La magnifique église des dominicains de Toulouse, dont Raymond du Fàlgar avait jeté les fondements, fut entière-*

ment terminée eu 1291, par les soins et les libéralités de

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Raymond d'Hunaiid, prieur du monastère. La première messe y fut célébrée, le jour de la PurilicaUoa de la Vierge, par Bertrand de Montaigni abbé de Moissac.

L'abbaye de Bellcpciciie perdit à cette époque Guillaume de Jauffre son abbé, qui fut promu à révôcbé de fiazas. Il ne jouit pas longtemps de son évêehé, et mourut pen de (le temps après son élection . On l'inhuma dans 1 église de Belleperche, auprès de Tautel principal. Son successeur dans l'abbaye fut Gautier de Clarens, abbé du Périgord.

£n 1!292, MascaroQ évèque de Toulouse défendit à son officiai d^excommnnier k TaYenir les moines de Citeanx et de les citer à son tribunal. C'était un abus quil fallait promptement réprimer, et qui ne pouvait qu'e&citer des querelles continuelles entre le clergé régulier et le clergé séculier* L'aimée suivante, les inquisiteurs de la foi k Toulouse se rendirent au parlement qui fut convoqué à Montpellier et présidé par Alphonse de Rouaïra, chambellan du roi de France. L'objet de cette assemblée était de corriger aussi quelques abus. Nous trouvons le nom de Tévêque de Toulouse dans la concession que Centulle comte d'Ârmaguac fit de ce comté à Bernard son fils.

Au commencement de Vannée 1294, lé- roi envoya dans la province Ûaoui de Uei moiu seigneur de ISeslc, connétable de France, à cause de la guerre qu*il devait déclarer aux Anglais. Ceux-ci s'étaient portés a quelques excès contre les sujets du roi de France, ce qui détermina ce dernier à repousser Vattaque par les armes. Philippe fit donc partir son connétable, avec ordre de se saisir du duché d'Aqui- * taine et des autres domaines soumis aux Anglais. Le connétable arriva à Toulouse au mois de janvier, et donna corn-

mission aux abbés de Belleperche et de GicHid-Selve, à Raymond Âmelius de Penoe et Gaillaame d^Abao chevaliers, à EtieDoe More) et Sîcard de La?aur clercs do roi, d*aller a Saint-Macaire eu qualité dambassadeuts siguiiier à Jeau de Saint-Jean, lieutenant du roi d* Angleterre en Aquitaine, la saisie de ce duché, cl le sommer de le lui rcuitUre.

Les ambassadeurs quittèrent Toulouse, suivis de leurs notaires et de plusieurs seigneurs du pays. Les abbés avaient emmené avec eux quatre religieux. L'abbé de Belleperche porta la parole, et somma Jean de Saint-Jean de restituer le ducbé d'Aquitaine. Celui-ci refusa de reconnaître leur autorité, et les commissaires revinrent à Toulouse.

En leur absence, le connétable fit divers règlements pour la pohce de cette ville. Le lô de janvier, il rendit une ordonnance touchant Texercice de la justice que Févéque de Toulouse avait sur les clercs, et défendît à Févéque de tenir à sa solde des gens armés, soit clercs, soit laïques, pour la recherche des clercs de son diocèse qui avaient commis quelques délits. Nous apprenons de divers autres actes du conuétable que, pour fournir aux armements tendant à soumettre au roi le duché d'Aquitaine, il imposa un subside de six sols toiunuis par feu.

Malgré les oppositions du lieutenant du roi d'Angleterre, il ne fut pas difficile au connétable de s'emparer de l'Aquitaine : les Anglais livraient eux-mêmes leurs places. Mais Edouard n'approuva pas la conduite de ses ofliciers, et résolut d'employer tous les moyens possibles pour ressaisir cette province. Après avoir sollicité Talliance de plusieurs princes, il se disposa à passer la \im\ En allendaut, il uumnia son neveu Jean de Brc-

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lagne pour commander en Aquitaine en son nom, et lui donna plein pouvoir de traiter avec le comte de Foix afin de Fattirer dans son parti. Ce seigneur demeura fidèlo au roi de France. La guerre éclata alors entre Philippe le Bel et le roi d'Angleterre; mais le pape fit tous ses efforts pour en arrêter le cours, et envoya à ces princes les cardinaux d Âlbano et de Palestriœ, dont la mission devait avoir pour but les négociations de la paix, ou tout au moins une suspension d armes.

Les efforts du pontife ne furent pas couronnés de succès. Au mois de décembre 1294, les Anglais, conduits par le duc de Bretagne, débarquèrent à Tembouchure de la Garonne et s*emparèrent de plusieurs places situées sur les bords du Ueuve. Le 1" janvier 1295, Bayonne fut soumis à leurs armes ; mais Charles comte de Valois, étant venu au secours du connétable, reprit quelques-unes de ces villes.

Nous touchons dans notre histoire à lépoque de Térection de Févèché de Pamiers, qui eut lieu en 1296. Bonilace VIII, dans sa bulle, expose les motifs qui le déterminèrent à démembrer le diocèse de .Toulouse : c*était son étendue, la difticuUé où se trouvait l'évèquc de veiller au salut d'un aussi nombreux troupe,au, les richesses de cet évéché, qui pouvaient suffire à Tentretien de plusieurs prélats, et le projet de cette érection déjà formé par Clément IV. 11 assigna au futur évéque de Pamiers sept mille livres tournois de rente sur févêché de Toulouse, et partagea ce diocèse par une ligne transversale depuis le lieu de Grépiac d'un côté jusques à la Garonne, et de Tautre jusqua la rivière de l Agout : en sorte que le nouveau dio-

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cèse fut formé de la partie méridionale de celui de Toulouse.

A peine Hagnes Nascaron évêqne de cette ville eut-il

appris TérectioD de révéché de Pamiers, qu'il se rendit à Rome pour y mettre obstacle. Tout en sauvegardant sa bulle, le pape, par égard pour levêque de Toulouse, différa la nomination du nouvel évêque ; mais il ne tarda pas a réaliser ses projets, car Mascaron mourut à Rome le 6 décembre 1296, après avoir gouverné l'Eglise de Toulouse pendant onze années. Son corps fu^ transporté, quelque temps après sa mort, à Toulouse, et inhumé dans la grande église des Dominicains, auprès de l'autel principal, au côté de l'évangile. €e prélat, recommandable par sa piété, avait été élevé au sacerdoce par les soins de Raymond du Falgar, dont il était parent ; il appartenait à une illustre lamille qui tirait son nom du lieu de iéOmasquère^ et exerçait des droits seigneuriaux sur Auterive, le Vernet, Beaumont, Sainte-Gabelle, Miremont, et autres lieux. Lorsqu'on construisit le splendide mausolée de saint Thomas d'Âqnin, le corps de Hugues fut exhumé et transporté auprès des halustres de fer qui séparaient le chœur de la nef de réglise.

Après la mort de Hugues de Mascaron, le pape réserva la nomination de Tévéché de Toulouse, et y appela Louis, deuxième fils de Charles 11 roi de Sicile, qui n était alors âgé que de vingt-deux ans.

Ce jeune seigneur était né à Brignolles, en 1274; il était lils de Charles II duc d'Anjou, prince de Salerne, comte de Provence et roi de Sicile, et de Marie princesse de Hongrie. 11 fut coidié par son père, pour son éducation, aux

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religieux franciscains, et eut pour maîtres dans les sciences humaines Richard de Midleton, docteur de runiversité de Paris, Guillaume de Fulgaria, Pons de Carbonnel, etc. On lui donna pour gonyernenr Guillaume de Monier gentilhomme provençal, et pour précepteur Jacques d'Eusc ou d*Ossat. Louis fit des progrès rapides dans la science et la piété, et dès son bas âge il montra un indicible attrait pour les saintes austérités de la pénitence. Un événement inattendu vint le jeter dans les fers.

Pierre roi d'Aragon n*airait jamais renoncé à ses prétentions sur le royaume de Naples ; c est ce qui le porta à préparer une nombreuse flotte et à venir attaquer cette ville. Charles d'Anjou, aicul de notre saint, se mit en état de défense. Le prince de Salerne son fils vint à son secours et livra 1e combat aux Aragonaîs ; mais la trahison du comte d'Acerra le livra à Roger Doria, chef des troupes ennemies, et il fut conduit prisonnier à Messine. Là, le prince de Salerne fbt condamné, par les ordres deGonstauce, épouse du roi d'Aragon, à avoir la tète tranchée. Heureusement pour lui, que la sœur de cette princesse était retenue prisonnière a Naples, et qu'on préféra la liberté de la captive à la mort du royal captif. Le prince eut donc la vie sauve, et fut envoyé prisonnier en Aragon. Pendant qu'il était dans les fers, Charles 1^ mourut, et lui laissa sa couronne. Pour adoucir les horreurs de sa prison, il demanda et obtînt qu'on conduisit auprès de lui ses deux eniants Louis et Robert. Ces jeunes princes se rendirent donc à Barcelonne.

Touché des malheurs du nouveau i oi de Sicile, le pape ISicolas lY traita auprès d'Alfonse roi d'Aragon, qui venait

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de succéder a son père, de la délivrance de Charles II ; on stipula des conditioos» dont la priodpale garantie fut qoe les trois enfants dn captif, Louis, Robert et Aaymond- Bérenger, demeureraient en Otage auprès d'Alfonse. Ces illustres prisonniers furent renfermés dans le fort Montcathan. Louis avait quatorze ans k cette époque, et sa capti* vité dura sept ans. il partageait sou temps entre la prière et Fétude, et devint pour ses frères et les seigneurs qui Taccompagnaicnt un modèle d'inaltérable patience. Sa grande consolation était de converser sur les choses spirituelles avec deux religieux de saint François qui partageaient sa captivité. Elle n'était pas cependant si étroite qu'il ne pùt, de temps à autre, sortir du fort et exercer dans les hôpitaux de Barcelonne son inépuisable charité. Servir les pauvres à genoux, laver les pieds aux lépreux, catéchiseï les ignorants, c'étaient là les continuelles occupations de sa vie.

La providence, qui voulait le ictiier du siècle, ménagea un accident qui pouvait avoir pour lui les suites les plus funestes, mais qui ne servit qu*k lui Mre connaître la voie dans laquelle il devait marcher. Un jour qu'il prenait, avec ses frères, le divertissement de la chasse, le cheval qu il montait s alialtil cL luula trois fois sur lui. On le crut mort ; mais instantanément il se releva, sans aucune blessure. Cet événement lui fit comprendre qu*il n*était pas fait pour la profession des armes. Des réflexions sérieuses sur la fragilité de la vie humaine achevèrent de le dégoûter de toutes les choses de la terre.

Les conditions qui avaient été imposées au roi de Sicile n'étaient pas d'une facUe exécution ; aussi la guerre continua-t-elle enlic ce prince et Alfonse. Ce dernier, pour se

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dédommager de quelques revers, lit transporter ses prisonniers du fort MoQtcaihaaau château de Sara. Là, une maladie cruelle oecasionée par de fréquents Tomissements de sang, mit les jours de Louis en péril; il vint à une telle exrémité, qu'à Barcelonne on crut qu*il était mort. Ayant , obtenu une guérison inespérée, il fit vœu d'embrasser la pauvreté évangéiique dans Tordre de saint François d'Assise. Le jour de la Pentecôte 1295, il descendit dans la chapelle du château de Sura, et y i euouvela ses engagements an pied des autels. Dans le dessein de se revêtir au plus tôt de l*habit religieux, il voulut prendre la fuite et se retirer en Allemagne ; mais son directeur, le P. Pons de Carbonnel, Feu détourna, en lui recommandant d'attendre les moments marqués par la providence. Tout en déférant auiL ordres de son. directeur, Louis ne laissa pas que d écrire au souverain pontife pour lui demander la faveur de recevoir la tonsure. Le pape Célestin V lui répondit en ces termes : « A notre enfant bien-aimé Louis, ûls de notre » cher enfont en Jésus-Christ Charles roi de Sicile. — » Comme vous souhaitez d eutrer dans l état ecclésiastique » pour vous y consacrer au service du Seigneur, à votre » prière nous avons écrit depuis peu à notre cher fils le » F. François d'Apt, de l'ordre des mineurs, .pour qu'il » permette de vous conférer la tonsure et tous les ordres » mineurs dans la prison où les ennemis de FEglise vous » tiennent en ôtage. Donné à Salmone, le 8 des ides » d'octobre 1294, de notre pontificat l'an I. »

A cette bulle, le pape en joignit une autre peu de temps après : « La grandeur de votre naissance, disait le pontife, » la profondeur de vutic doctrine, la pureté de vos mœurs,

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