TiMfs mmiitDiàim
requête à Févêque de Toulouse, mais nos aanales ne nous
parlent pas do l'issue de cette alïaire. Co prélat se rendit aussi à Grand-Sôlve, où se trouvait Boniiace de Dudort, prieur de la Daurade, qoî reçut des mains de l'évéque des lettres par lesquelles celui-ci déclarait que le prieuré de Belberaud (valWf BerMi) dépendait de la Daurade.
En 1314, le roi convoqua les états généraux du royaume pour fournir aux frais de Texpédition de Flandres. Ces états s*ouvrirent au mois d*août. Le lundi après la féte de rAssompiioii, on tint ii Tuulouse, pour ce même objet, une assemblée composée des trois ordres. La chambre ecclésiastique fut présidée par Âmanieu d*Annagnac, archevêque d Auch et Bernard de Farges de Narbuune; celle des nobles le fut par Bernard de Mercier, connétable de Champagne, et Aymeri vicumle deNarbonne; celic du tiers^Hat le fut par Guillaume du Moulin et Aymeri de Castelnau, capitouls. Cette assemblée se montra peu favoraMe aux projets du roi et refusa les trois cent mille livres pour les subsides.
Sur ces entrefaites, Clément V mourut au château de Roquemaure, dans le diocèse d'Avignon, le 20 avril, il eut pour successeur, deux ans après sa mort, le cardinal Jac^ ques d'Euse de Cabors, qui prit le nom de Jean XXII. Qément V fut bientôt suivi au tombeau par Philippe-le-Bei, qui mourut k Fontainebleau le 29 novembre 1314. Son ûls ainé, qui prit le nom de Louis le liutm^ lui succéda, ('.e prince, à son avènement au trône, fit prêter serment de fidélité à tous ses sujets: Jean do Blainville reçut, en 1315, celui des habitants de Toulouse. Louis rendit une ordonnance par laquelle il confiima tous les privilèges de la province
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TKMPS INTEaMbblAItlliâ. 343
el en accorda ée nouveaux. li esl dit dans cet acte que nul consul capitoui ou décurion de Toulouse, ou ses eulanls, ne pourra être appliqué à la question, si ce n'est pour le crime de lèse-majesté ou pour tout autre grand crime. Ces condescendaDces pour la province ne Tempéchèrent pas d*ordonner au sénéchal de Toulouse de faire payer les^p» tes et arricre-acaptes qui lui étaient dus, et qui montaient à éui mille tournois. Â la demande des nobles et du peu> pie de la sénéchaassée de Toulouse, il ordonna qn*on n'évoquerait plus au parlement de Paris les causes des particuliers, mais qu'elles seraient terminées par le sénéchal ; il rendit encore plusieurs autres ordonnances pour remédier à certains abus qui lui avaient été dénoncés. Ce prince mourut à Vincennes le 8 juin 1316, et ne laissa qu'une fille. Clémence sa femme était enceinte au moment de sa mort. Le 15 novembre, elle donna le jour à un prince qui fot n(mimé Jean ; il ne vécut que peu de jours. Philippe son oncle, qu ou surnomma le Long^ lui succéda.
Ckiillard de Pressac, évéque de Toulouse, touchait au tei ûie de son épiscopat ; il fut prié à cette époque par le roi d'Angleterre de conférer un bénéiice convenable à l'un de ses serviteurs. Les dépenses de ce prélat était excessives. Le pape, qui était instruit de ces prodigalités, avait nommé Arnaud de Verdale, chanoine de la collégiale de Mirepdx, pour liquider ses nombreuses dettes. Plusieurs motifs déterminèrent alors Jean XXII à ériger ie siège de Toulouse en métropole. La bulle d'érection est du 25 juin 1517. Gaillard de Pressac fut déposé de cet évôché et nommé à celui de Riez en Provence, qu'il n'accepta pas. Il mourut à Avignon quelques années après (1527). Jean de Corn-
minges, évéque de Magaeloone, fat éla premier archevêque
de Toulouse. Quatre suffragants furent donnés à la nouvelle métropole, le pape ayant érigé en évéchés les abbayes de Saint-Théodard, de Saint-Papoul, de Lombez, et le prieuré de Rieux. Le 7 juillet, le pape écrivit aux consuls et an peuple de Toulouse pour leur foire part des raisons qui ravalent engagé à ériger leur ville en arcbevèché, et à partager son diocèse en plusieurs antres. Les nouTeaux évéques forent : pour Rieox, Guillaume de Brutia, doyen de l'église de Bourges ; pour Montauban, Bertrand Du Puy, dernier abbé de Saint-Théodard ; pour Saint-Papoul , Bernard de La Tour, dernier abbé du moiiaslèrc de ce nom ; pour LombeZi Amaud4toger de Comminges, dernier abbé de Sainte-Marie de ce nom. Le pape assigna au nouvel archevêque dix mille livres tournois de rente, et cinq mille à chacun des nouYeaux suffragants, à prendre sur les re* venus de l'archevêché de Toulouse et sur les menses abbatiales des anciennes abbayes.
Le 26 septembre 1517, le pape érigea deux nouveaux évêchés en démembrant encore le diocèse de Toulouse : celui de Lavaur, dont il fit Roger d'Armagnac premier évêque, et celui de Mîrepoix, pour lequel il nomma Baymond Alton abbé de Saint-Saturmn de Toulouse. Il institua en outre diverses coUég^des dans tout le Toulousain : celles de risle- Jourdain et de Saint-Félix de Garaman.
Jean XXll s'occupa vers ce même temps de la canonisation de saint Louis, évéque de Toulouse, dont nous avons déjà rapporté la mort. Des miracles éclatants étaient tous les jours opérés à son tombeau. Sur les instances des archevêques d^Arles, d*Embmn, et des évêques de la
TEMPb iNTKRM£DIAl&BS. 34$
Provence, Boniface VIII avait commencé le^ premières informations ; Qément V les conUnua, et désigna à cet effet Gui, évéqae de Saintes, ii Raymond, évéque de Lectoure. Ces infoi mations furent terminées le 7 avril 1317, jour aoquel Jean XXII publia la bulle de la canonisation du saint évéque de Toulouse, qui fut adressée à tous les évôques de FEgiise universelle. Le pape y donne un abrégé de la vie de Louis d'Anjou, rapporte la résurrection de six
morts attribuée à son intercession ainsi que plusieurs auU cs prodiges, et termine ainsi cette bulle : « Que le Seigneur
• notre Dieu soit béni d*aToir donné une couronne si bril- > lante à son serviteur ! que les habitants du ciel applaut dissent, en recevant parmi eux cet astre plus éclatant » que le soleil ! Que les royaumes de France, de Sicile et » de Hongrie fassent retentir des chants d'allégresse, en » voyant sortir de leur sein cette fleur si pure, ce fruit si » exquis et si mûr pour le banquet sacré du souverain » jtfonarque des cieuxi Que la ville de Toulouse se féhcite » d*avoir été gouvernée par un si digne pasteur, et d*étre » protégée par un intercesseur si puissant auprès do Dieu!
* Que Marseille se glorifie de posséder les dépouilles de ce » saint CQrps ! Que Tordre de saint François éclate en ac- » lions de grâces, et qu'il représente sans cesse au Très- ■ Haut les mérites d*un en&nt si illustre t »
Le pape lixa sa fête au 19 août. Le 9 avnl, il écrivit à la reine de Sicile, mère du saint, la lettre suivante :
< Quel triomphe pour vous, notre chère Fille, lui dit-il, » quel sujet de joie d'avoir mis au monde un fils dont la » protection vous soutient auprès de Dieu , et dont la gloire » vous rend infiniment respectable aux yeux des hommes l
Uigiiizeo by LiOOgle
346 TBUfS UlTBftMKDlAiaBâ.
» Ce ûls, c'est le saint évèque de Toulouse, que Dieu, Uju- » jours magnifique daus ses dons, honore sur la terre de » la grâce des miracles, et qu*îl couronne dans la gloire » d'un diadème immortel. En considérâtion de ses mérites, » et de ravis de tous les prélats de notre Cour, Nous ve- » nons de le mettre solennellement au nombre des Saints. » Rendez donc des actions de grâces à Dieu, notre chère » FlUe, de Thenreuse fécondité qu*il yous a donnée ; mais » profitez en même temps des exemples do votre bienheu- » reux fils ; courez à Todeur de ses parfums ; adonnez- » vous, comme lui, à la pratique des bonnes oeuvres. S*il » était encore au monde et qu'un malheureux sort i eût » condamné à Texil , la tendresse maternelle vous donne- » rait assez de coura*?e pour le suivre : avec quel cmpres- » sèment ne devez-vous donc pas marcher sur ses traces » pour arriver au royaume qu'il possède \ •
Le monde catholique se partagea ses sacrées reliques. Nous nous bornerons ici à consigner que les cordeliers de Toulouse possédaient son calice d*or, une de ses dalmatiques dont les orfrois étaient semés de perles, son manteau, sa tunique, et quelques autres vêtements. (Tous ces objets vénérables ont été dispersés à la première révolution.)
L'érection de révéché de Toulouse en métropole nous force à terminer ici Thistoire des abbayes de Saint-Théo* dard et de Bolleporche, de Saint-Papoul et du prieuré de Prouille, du Ma&d'Azil et de Lezat, du prieuré de Gamon et de Tabbaye de Sorèze. Nous nous occuperons cependant encore des abbayes de Feuillants et de Calers, parce que leur territoire est aujourd'hui dans le diocèse de Toulouse, comme aussi de labL»aye de Bolbonnc.
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TEMPS UiTSfiMKDUiRES. 347
Philippe le Long ayant résolu de venir lui-même dans la province, écrivit à tous les seigneurs du pays de se trouver à Toulouse pour roctave de Noël 1318, pour y délibérer sur plusieurs punit» d'importance ; il ordonna encore aux villes de la province d'envoyer des députés dans le même but. Ces ordres nous indiquent qu*il avait formé le projet de convoquer les états-généraux à Toulouse pour i année suivante. Mais il ne put entreprendre son voyage, et désigna révêque de Laon et le comte de Forez pour présider rassemblée de Toulouse ; il y joignit ensuite le seigneur de Sully. Ces trois commissaires vinrent à Toulouse pour y lever les subsides, et nous possédons plusieurs actes datés du mois de mars 1519 desquels il conste que plusieurs communautés religieuses prêtèrent au roi des som- ' mes considérables. Ces commissaires se trouvaient à Buzet au mois de novembre, et y acceptèrent Toffre que les consuls de CaicissuiiiLe firent au roi de huit mille tournois, La noblesse du pays se rendit à Arras pour la guerre de Flandres.
Les commissaires du roi trouvèrent h Toulouse les évêques de la province pour un synode qu'avait convoqué Jean de Comminges. L*objet de cette assemblée ecclésiastiquo, dont cependant les actes ne sont pas venus jusqu'à nous, était de donner aux évêques voisins ou à leurs vicairesgénéraux et aux commissaires de rarclievôque d*Auch (le siège étant vacant) la faculté de Mre juger leurs sujets à > Toulouse : c'est ce qui fut décidé à ce synode, qui se tint au mois de juin. Le 7 septembre, Jean de Comminges, se trouvant au ebâteau de Vallègue, publia cette décision.
Guillaume île Brutia n occupa que très peu de temps
348 lEUPS KNTBIlMÉDiiiaES.
révéché de Rieax, doDt il fat le premier titulaire ; Pilefort
de liabaslens lui succéda. Il avait d'abord élé nommé évêque de Léon en Espagne. Ayant assisté au ^ode dont nous venons de parler, il envoya, conformément à ses décrets, des hommes probes et éclairés pour juger les hérétiques de son diocèse. Il fut créé plus tard cardinal au titre de Sainte-Anastasie, et mourut eu 1522. Oa lui donne pour successeur Bertrand de Pilefort, qui n'occupa le siège que quelques mois et qui fut remplacé par Bertrand de Garomlbac.
Pierre Letessier avait succédé à Raymond Atton dans la
dignitc abbatiale de Saint-SaLuiiim à Toulouse. Il clait né à Saint-Antonin en Rouergue, et se trouvait prieur des cbanoines de cette collégiale quand il fut créé abbé. Cet homme éminent se vit élevé à la dignité de vice-chancelier de TEglise romaine, après avoir rempli plusieurs légations. Il fut créé cardinal au titre de Saint-Etienne du mont Goelius, et eut pour successeur à Saint-Saturnin Amélius de Lautrec, de Tillustre Camille de ce nom.
Il existait à Toulouse, en l'année 1319, un grand nombre d'hérétiques renfermés dans les prisons publiques ; on se mit en devoir de les juger. En conséquence, le 50 septembre, une imposante assemblée eut lieu dans la cathédrale de Saint-Etienne pour procéder à ce qu*on appelait alors Sermon public. Acte de foi , et en Espagne Auto ' da fé. Les registres de Tinquisition de Toulouse, qui nous donnent les détails de cette cérémonie, renferment les opérations du saint tribunal depuis l'an 1307 jusqu'à l'année 1523. Ces registres ont été pubUés par Philippe de Limborcfa. Noos y trouvons plusieurs SermompMks qui pré-
TEMPS INTBRMÉDUIBES. 349
cédèrent celui de la présente année ; cenx da dimanche
de ia limite 1509, — du dimanche de la Passion 1510, — de la féte de saint George, — da dimanche avant FÂscension 1312, — et du second dimauche de carême de 1515. Tous ces âcle^ de foi se ressemblent, et en ofirant Texposé fidèle de celui qui nous occupe, il sera fociie de se former une idée de tous .les autres. Il importe d'abord de désigner les membres principaux de la célèbre assemblée de 1319 : Bernard Guidonis ou de La Guyonie et Jean de Beaune, dominicains inquisiteurs de la foi en France par commission apostolique (le premier, fondé de pouvoirs pour les évéques de Cabors, de Saint-Papoul et de Montaubau); Pierre Piscis, clianoiuô de Mirepoix, au nom de Tarchevéque de Toulouse ; Fr. Rotger de Aset , cordelier ; mattre Âuger de Pozols, officiai d'Auch ; Henri de Altor, au nom des vicaires généraux et du chapitre d'Auch (le siège étant vacant); Ytier de Broisse, chanoine d*Angouléme, au nom de Beraud évéque d'Albi ; Vital de Prinhac, chanoine et prévôt ; Bernard Armann, chanoine archidiacre ; Guillaume Rodier, officiai , au nom de Pilefort, évêque de Rieux.
i' Lecture fut alors donnée des lettres de Jean de Comminges, par lesquelles il octroie tous les pouvoirs nécessaires au jugement des hérétiques. Ces lettres portent la date da 7 septembre, au château de VaUègue. Ensuite fu* rent lues les commissions spéciales dès trois évéques susnommés. Le sénéchal de Toulouse, les oiiiciers du roi et . les capitouls prêtèrent le serment d*usage* Après le serment on désigna par leurs noms vingt personnes présentes à qui ron permit de quitter la croix* Sur ces vingt hérétiques, on comptait dix femmes.
aôO TEMPS lKTBaMÉ01AIRB&
S** On lot les noms de eîncpiante-six emmurés, auxquels
ûQ fit grâce de ia prison, à condition de porter des croix sur leurs habits, de Cadre divers pèlerinages, et d'accomplir d'autres œuvres pies, avec privation de tout oflicc public. Les croix qu'ils devaient porter étaient au nombre de deux, et elles devaient être cousues sur le devant et sur le derrière de leurs habits, entre les épaules. Ils étaient obligés de les porter sur tous leurs habits, excepté sur la chemise, et elles devaient être de feutre (de filtro), de couleur jaune. La branche perpendiculaire avait deux palmes de long, et la transversale une palme et demie ; leur largeur était de trois doigts. Ceux qui étaient condamnés à les porter étaient tenus de les refaire toutes les fois qu'elles se déchiraient. Les inquisiteurs et les grands-vicaires déclarèrent qu'ils se réservaient le pouvoir d'augmenter ou de diminuer ces pénitences quand ils le jugeraient à propos, et ils fil oriL la même déclaration pour les peines qu'ils imposèrent aux autres accusés. Ils reçurent ensuite l'abjura* tîon de ces cinquante-six personnes, et ils leur donnèrent Vabsoiution de 1 e]LcommuQication dont elles avaient été iirappées.
3* Ils enjoignirent à quatre hommes et à une femme qui avaient fréquenté les hérétiques de faire quelques pèlerinages, sans les assujettir à porter des croix comme les autres, et on leur donna Tabsolution après qu'on eut lu publiquement les fautes dont ils étaient coupables.
i* Us condamnèrent vingt hommes ou femmes :i porter des croix de la manière qu on Ta déjà expliqué après qu on eut lu publiquement leur confession, dans laquelle ils s*acf cusaient d'avoir favorisé ou fréquenté les hérétiques ou les
TEMPS iMTEBMtMàlUS. 354'
vaudois, d'avoir participé à leurs cérémonies, etc. On leur Imposa diverses pénitences, et de plos des pèlerinages qu*ils devaient commencer dans Ir ois mois à INotre-Darae de Roc- Amadour, du Puy en Vêlai , de Yauvert au diocèse de Nîmes, et des Tables de Montpellier ; à Saint-Guillcm du Désert^ Saint-Gilles en Provence^ Saint-Pierre de Montmajour, Sainte-Marthe de Tarascon, Sainte-Hagdelelne de St- Maximui en Provence et Saint-Antoine en Viennois; à Saint- Martial de Limoges et à Saint-Léonard en Limousin ; à Saint-Denis en France et à Saint-Looîs de Poissi ; à Notre- Dame de Chartres, à Sainl-Severin de Bordeaux, à Samt- Paul de Narbonne, et enfin à Saint-Vincent de Castres. Avant rimposili on de ces pénitences, les accusés abjuicicut leurs erreurs, promirent d'obéir à r£glise, et reçurent Tabsolution de Texeommunication dont ils étaient liés. Les inquisiteurs enjoignirent à quelques-uns de ces accusés qui étaient plus coupables que les autres, de porter des doubles croix.
5** On lut la confession de vingt-sept hommes ou femmes qui avaient Êivorisé plus particulièrement les hérétiques ou les vaudois, ou qui avaient été initiés dans leurs mystères, et celle d'un juif converti, relaps. On publia ensuite la sentence qui les condamnait à une prison perpétuelle, où ils devaient faire pénitence au paiii el .1 Feau. Quelques-uns de ceux-ci , comme plus coupables, furent condamnés à être resserrés plus étroitement et à avoir les fers aux pieds et aux mains. On leur donna Tabsolution de la sentence parce quils avaient abjuré leurs erreurs. Les inquisiteurs et les commissaires se réservèrent d'abréger ou d augmenter cette peine dans la suite.
TEMPS INTEBM£DlAlhES.
On lai la confession qu'avalent foite neuf accusés,
hommes ou femmes, déjà morts, qui , suivant leurs fautes, auraient dû être renfermés dans une prison perpétuelle s'ils avaient vécu, excepté un, qu'on aurait abandonné au bras séculier. Tous leurs biens furent coniisqués.
7*" On publia la confession et la sentence d*un autre accusé qui était mort croyant des hérétiques ; on déclara que ses biens étaient confisqués, et que, s'il eût été encore en vie et quMl eût refùsé de se convertir, on Taurait abandonné au bras séculier.
. S"" On publia une autre sentence d'un homme mort&u-
leur des hérétiiiues ; on ordonna que ses ossements seraient exhumés sans cependant être brûlés, et que ses biens seraient confisqués.
9<> On lut une autre sentence contre uu homme marié qui disait la messe et prétendait consacrer sans avoir été ordonné, et contre une femme relapse, morts Tun et l'autre dans rimpéûitence. On ordonna que leurs ossements aéraient déterrés et brûlés.
10** On hit la confession et la sentence d'un prêtre bourguignon qui avait embrassé l'hérésie des vaudois et était relaps. H fut condamné à être dégradé, et abandonné ensuite au bras séculier. On lui permit seulement, en cas qu'il fût repentant, de recevoir les sacrements de Pénitence et d*Eucharist!e.
il« On lut les informations qui avaient été faites contre quatorze hérétiques âiuteurs d'hérétiques ou relaps, fogitifs, tant hommes que femmes, lis furent tous condamnés par contumace comme hérétiques.
12* On prononça une sentence contre deux vaudois ou
TBMPâ IMTEBMÉDUIAES.
p(mom de Lyon^ relaps, et on les abandonna an bras séculier.
iS"" Enfin on abandonna aussi au bras séculier, pour être . brûlé Tif , un accusé qui , après avoir été convaincu d*hé*
résie «n jugement, soit par sa propre confession, soit par témoins, avait rétracté ensuite sa confession, prétendant
qu il l'avait faite par la force des tourments qu'on lui avait tait souffrir, et avait déclaré qu il ne voulait ni se défendre ni se purger. On lui donna cependant quinze jours pour se reconnaître, et ou déclara qu'en cas qu'il avouât son crime dans cet intervalle, on ne le condamnait qu'à une prison perpétuelle.
Ainsi finit cette longue et bumilianie cérémome. (1) A la suite de Fauto-da-fé dont nous venons de parier, le registre de riiiquisitiou de Toulouse rapporte la sentence qui fut rendue contre le frère Bernard Délicieux de Tordre de saint François^ dont il fout rapidement raconter Tbistoire. 11 naquit à Montpellier et embrassa la règle des mineurs. A cette époque, Pierre-Jean d'Ofive, du même ordre, y avait opéré une division sous le prétexte d'une plus grande austérité de vie ; il attira à sa suite cent vingt religieux de la commune observance, et en particulier Dé^ licieux. Ceux-ci parvinrent à chasser les cordeliers de Narbonne et de Beziers, prirent un babit difi^érent, de forme très étrpite, et nommèrent leur supérieur de leur autorité privée. Le provincial et le général de Tordre essayèrent en vain de les ramener : quelques-uns se rendirent, mais
(1) LTMioua, Hwt. de Vlnqwt,, pag. SOS et sttiv.
3Î>4 TGMfS l>ilËRllÉOUlB£S.
soixante-trois persistèrent dans leurs idées, et de ce nombre était Bernard Délicieux. Le pape, informé de ces désordres, les fit citer à son tribunal, en 1517. Soixante y comparurent, conduits par Délicieux. Jean XXII leur ordonna de revenir à obéissance. Plusieurs obéirent, et vingt-cinq demeurèrent obstinés. Sur ce dernier nombre, quatre, dont l'un était de Toulouse, convaincus d'avoir enseigné divuises erreurs qu'ils avaient puisées dans un commentaire de Jean-Pierre d'Olive sur TApocalypse, lurent abandonnés au bras séculier et brûlés vifs en 1518.
Bernard Délicieux, qui était du nombre des vingt-cinq, lut mis un prison par ordre du pape, qui , \m- uiiu bulle datée du 16 juillet 1319, renvoya le jugement de cette affoire à rarchevéque de Toulouse et aux évêqnes de Pamiers et de Saint-Papoul. Ces prélats se réunirent à Castelnaudary et ensuite à Garcassonne ; mais Jean de Gomminges n'ayant pu suivre les deui: autres dans cette ville, ils s'adjoignirent les évéques de Castres et d'Alet. Les diverses procédures montrèrent que Bernard Délicieux s'était rendu coupable 1" d'avoir soulevé quelques villes contre les inquisiteurs de la foi ; 2*^ d'avoir pris la défense, dans ses discours, de plusieurs personnes convaincues ou suspectes d'hérésie ; 5° d'avoir déclaré en présence du roi , à Toulouse, que si saint Pierre et saint Paul revenaient à la vie, ils seraient très-probablement déférés au tribunal de l'Inquisition ; 4'' d'avoir retardé l'exercice de ce tribunal en supposant des iàussetés insignes ; 5« d*avoir comploté avec les habitants de Carcas^onne et d'Albi de céder ces villes à Ferdinand inlant de Majorque ; 6"" d'avoir lu un livre de nécromancie et de Tavoir apostillé. L'accusation
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d'empoisonnement du pape Benoît XI dirigée coulre Délicieux fut écartée. Les juges le condamnèrent à passer le reste de ses jours dans une prison, au pain et à Teau et les fers aux pieds, La cérémonie de la dégradation fut faite au marché public de Garcassonne, au milieu d'une foule innombrable ; ensuite Bernard fut jeté dans la prison de cette ville appelé le Mur étroity mais il M dispensé, à cause de son grand âge et de ses infirmités, des fers et de la diète. Les gens du roi appelèrent a minima de cette sentence et firent appel au pape, qui confirma le jugement, avec défense de le mitiger, et ordonna qu*on enlevât au prisonnier 1 habit de saint François qu'il portait encore. Peu de temps après, ce religieux mourut dans les fers.
Par commission apostoHque, Jean de Comminges, arche- Yèque de Toulouse, condamna et dégrada Jean Philibert, prêtre du diocèse de Besançon, accusé d*aToir prêché Thérésie des vaudois dans la pruvincc d'Auch. Nous trouvons dans le registre de rincpiisltion de Toulouse le détail exact de toutes les cérémonies observées pour les dégradations sacerdotales. Ce même livre rapporte plusieurs actes de foi qui furent Êûts, soit à Toulouse, soit dans la pro*vince, dans les années suivantes.
£n 1322, Bernard Guidonis fut nommé à Févéché de Thui en Galice, et ensuite à celui de Lodève. Nous devons faire connaître ici ce fameux inquisiteur qui exerça cette haute fonction à Toulouse depuis Tan 1307 jusqu'à l'année 1522, et qui, dans cet intervalle, condamna k diverses peines six cent trente-sept hérétiques albigeois, vaudois, juife relaps, béguins et apostoliques, dont les noms nous ont été conservés dans le legistre déjà cité. Il lit aussi
356 TEflPS IMTERMÊDUIBES.
brûler, en 1319, deux charretées d'exemplaires da talmud,
à cause des impiétés que reofermaieut ces volumes contre notre seigneur Jésus-Christ et la sainte vierge Marie.
Bernard de la Guyonie était d'une famille noble du Limousin. Entré dans Tordre de saint Dominique, il y partagea son temps entre la prière et l'étude. Il s*est rendu célèbre dans sou ordre par les iiumbreux ouvrages qu'il a composés, et dont la plupart sont encore manuscrits et ' déposés à la bibliothèque de la ville de Toulouse, provenant sans doute de celle des dominicains où ils étaient primitivement conservés. On le reconnaît pour auteur d*nn catéchisme, de l'Histoire des Pontifes de Rome, des Comtes de Toulouse, des principaux Conciles, des Ëvèques de Toulouse, des vies d*un grand nombre de saints et de pieuses légendes, de l'histoire des iuinJctiions des couvents de saint Dominique, et d'un grand nombre de sermons. L*ouvrage le plus célèbre de Bernard de la Guyonie est celui qui a pour titre : De Oriyine Francorum, Cet écrivain, d'ailleurs si fécond, ne se fait point remarquer par la sévérité de sa
critiquo. Ses ouvrages sont presque oubliés aujourd'hui. Il mourut à Lodève en 1531, et fut inhumé dans le couvent des dominicains de Limoges.
Plusieurs personnes de l'un et l'autre sexe s'étaient alors laissé séduire dans la province de Toulouse par les Hausses interprétations apocaly[)tiques du frère Jean d*01ive ; elles prenaient les noms de beguim ou beguards et de fratH" celles. Ces hommes et ces femmes croyaient que Fantéchrist allait appaiaitre en 1525, et s'élcvaioiU avec force contre l'ËgUse romaine, qu'ils appelaient l'Eglise charnelle. Un grand nombre de ces béguins furwl livrés aux flammes
dans la province. Depuis, ces exécutions devinrent beaucoup plus rares, et peu à peu, dans la première moitié du quatorzième siècle, toutes les sectes hérétiques qui pendant tant d'années avaient infecté la province s*éteignirent, grâce au zèle éclairé des évèques et à Factive vigilance des inquisiteoTS de la foi.
Toutefois, il la place des hérétiques, la province se vit alors inondée par les pastoureaux. On appelait ainsi des bergers, pâtres et paysans (hommes et femmes) qui parurent tout-a-coup en France en 1320. Les vagabonds, les brigands, les malÊûteurs et gens sans aveu s*associèrent aux pastoureaux sous prétexte d*àller en terre sainte la délivrer du joug des ialideies. Ces aventuriers commirent de grands désordres, et en voulaient beaucoup aux juifs qu'ils extemiiiiLiient sans pitié. Ils savanccrcnt vers Toulouse au nombre d'environ cinq cents, et allèrent demander un asile au gouverneur du cbâteau de Yerdun^ur-Garonne. Les juifs, à leur approche, s'étaient réfugiés dans une tour élevée. Les pastoureaux les assiégèrent. Les juifs se défendirent avec valeur ; mais les premiers ayant mis le feu à la porte de la tour et la fumée étouffant les juifs, ceux-ci prirent la résolution extrême de se tuer les uns les autres plutôt que de se rendre. Le plus fort d'entr eux coupa la gorge à tous les autres ; cinq cents juifs tombèrent sous ses coups. Après cette terrible exécution, il se retira au camp des pastoureaux et demanda le baptême. Les brigands n'écoutèrent pas sa prière : il fut massacré.
De Verdun, les pastoureaux se dirigèrent vers Toulouse. Grâce à la vile populace qui les favorisait, ils pénétrèrent dans la cité, y égorgèrent tous les juifs, et s*emparèrent de
3{>8 1W8 imniHÉDuiiis.
lears biens. Ils formèrent ensuite le projet d aiier dans le Bas-Ldnguedoc et de s*einbarquer sur la Méditerranée. Le
pape tremblait déjà dans Avignon lorsque Aymeri de Gros, sénéchal de Garcassonne^ ayant réuni une armée, les arrêtai dans leur marche, en prit le plus grand nomlire, les lit pendre, et dissipa tout le reste. Le roi envoya, en 1520, des commissaires dans les sénéchaussée^ de la province pour iutormei- sur le meurtre des juifs, le pillage de leurs biens et la prise de leurs forteresses. On condamna à de fortes amendes ceux qui avaient &Torisé les brigan* dages des pastoureaux. Cette année fut encore signalée par le supplice qu*on ût subir à plusieurs lépreux accusés d^avoir empoi.souuc les fontaines publiques. Ceux qui échappèrent au bûcher furent renfermés dans des maladreries pour le reste de leurs jours.
Charles IV succéda à son frère Philippe-le-Long, mort le 3 janvier 1322. Le nouveau roi , désirant s'attirer la bienveillance du pape, donna des rentes à la ^ille du pontife ; il établit ces rentes en faveur du chevaher Pierre d'Euse, frère de Jean XXII, et de Pierre de Lavic et Arnaud de Trian, ses neveux. Les terres sur lesquelles ces rentes furent établies, étaient Saint-Félix dans le Lauraguais, Montaigu. Calment et Villemur. Phili|>pe ayant fait condamner les juifs du royaume à une amende de cent cinquante mille francs, ceux du Languedoc furent taxés quarante-sept miUe livres parisis, et ceux de la sénéchaussée de Toulouse en particulier à deux mille livres. Le nouveau roi, pour Tacquit de cette amende, nomma des commissaires à la vente des biens des juifs. A Toulouse, Raymond d'izalguier acheta leur cimetière et une partie de leurs maisons.
TEMPS INTBIlXÊDUinKS. î)59
Le pape ieaQ XXII approuva à cette époque la fondation
qui avait cle lailc du monastère des chanoinesses de Saint- Saturnia par Raymond Attou ; il adressa à ces tilles une bulle dans laquelle il exaltait la sainteté de cette œuvre et les plaçait sous 1 autorité immédiate de Fabbé de Saint- Saturnin. On sait que cette maison se faisait remarquer par les hautes vertus de celles qui Thabitaient, et qu'elle comptait trente-sept religieuses professes. Quelques années plus tard (1527), le pape érjgea ce monastère en abbaye. Sybille de Saint-Rome a toujours été regardée comme la première prieure de cette maison. Son prieurat dura douze ans. Après elle, Navarre de Maurand gouverna ce monastère ; Gaussiane, qui lui succéda, en fut la première abbesse.
Le dimanche dans loctave de la Nativité de la Sainte- Vierge, on ût à Toulouse, dans Téglise de Saint-£tieune, un solennel a/uto-da-fé où présida Jean de Comminges par ses commissaires. On y conduisit de la prison des Emmurât» quarante et une personnes, hommes et femmes, accusées â*hérésie, et qui y furent condamnées à diverse^ peines. Ce fut le dernier acte de foi célébré à Toulouse.
Jean de Trie était à cette époque sénéchal de celte ville. Il reçut, au mois de septembic des lettres de Charles IV, par lesquelles ce prince lui annonçait qu'il avait formé le projet de se rendre en cette ville au commencement de Tannée suivante, et lui mandait de iaire toutes les provisions nécessaires de bouche, de bois et de cire. En attendant Tarrivée du monarque, les troubadours de Toulouse instituèrent les jeux du gai savoir.
360 TSMBà l^I&HMÉDLLI&SS.
On a déjà vu dans le cours de cette hisloire que la poésie vulgaire ou provençale avait toujours été en grand honneur à Toulouse, sous la domination des comtes de cette ville et grâce à leur éclatante protection. Les troubadours toulousains, dont les noms ont été gardés avec soin dans nos auiiales, avaient laissé après eux des héntieis de leur goût pour la poésie et les règles auxciuelles elle était déjà soumise.
« Àu temps passé (152^, vivaient à Toulouse, dit un » ancien registre des Jeux Floraux, sept vaillants savants, » gentils et discrets seigneurs qui eurent ardent désir et » grande affection à trouver cette noble, excellente, mer- > veilleuse et vertueuse dame — la science — afin q[U*elle » leur donnât et commumquàt le gai savoir de faire des » vers (dùOar) et de composer des poëmes (dicuuê) en » roman, afin que, par eux, ils pussent produire et réciter » bonnes et louables sentences pour soutenir les saines » doctrines et les bons enseignements en Thonneur de Dieu » et de sa glorieuse mère et de tous les saints du paradis ; * pour détruire les ignorants et non savants, comprimer » les fous et sots poètes (ayinadors)^ vivre en joie et sus- » dite allégresse, et bannir colère et tristesse ennemies » du gai savoir.
» Enfin les dits seigneurs, pour mieux trouver cette ver- » tueuse dame — la science — exécutèrent leur ardent » désir et louable affection, et transmirent leurs lettres aux » diverses parties du Languedoc afin que les subtils poètes » et troubadours vinssent au jour à eux assigné pour que » les dits sept seigneurs pussent voir et ouïr leur savrâr.
TIMP8 IMTEUIBDUllBS. 364
» sublililé et bonnes opinions : apprendre et trouver, les » UDS avec les autres, la dite noble, puissante et vertueuse » dame. Afin qu'ils fassent plus engagés à Tenir, ils pro- » mirent de donner un certain joyau (csrtajoyà) de fin or, » ainsi qa*il est plus elairemeoi exprimé dans la lettre » dont la teneur suit :
« Aux honorables et aux preux, » Seigneurs, amis et compagnons » Auxquels est donné le savoir '
» D^où croit aux bons joie et plaisir, » Sens et valeur et courtoisie, t L'excetlement gaie compagnie
H Des sept Troubadours de Toulouse
• Salut, et aussi vie joyeuse.
• Toute 'notre plus grande attention
i Et pensements avec désirs
• Sont de chanter, de s'ébaudir ; » C'est pourquoi voulons fiire ouïr
• De loin, de près, notre savoir.
Les sept troubadours donnent ici quelques enseignements sur la morale, et en particulier sur la conduite que doivent tenir les poètes pour éviter Tamonr du jeu et la
colère , ils continuent :
TKMPS hNTEllMÉDlAlRES.
Ainsi, nous sept, suivant le cours Des troubadours qui sont passés, Avons à notre volonté Un lieu merveilleusement beau Où sont portés maints dkts nonToanx Presque à tout dîmanclie de Pan , Et nous iry souffrons rien do mal.
En enseignant, Vm reprend Tautre Et le ramène de ses foutes A ce que laisuii peut souffrir.
Et pour plus et mieux avancer Le saYoir si riche et si cher,
Nous vous mandons que, toute affaire £t toute occupation cessant.
An lieu serons, sMl platt à Dieu, Au premier jour du mois de mai , Et de moitié serons plus gais Si ce jour-là vous y voyons ; Car nous n'avons d'autre plaisir Que de célébrer le savoir.
Et afin que mieux il soit fait.
Chacun faisant gentil ouvrage, Disons que par droit jugement A Tauteur du plus beau dictât Nous donnerons une violette
» De fin or pour marque d^hoimeiir»
» Ne regardant prix ni yalenr « Ni l'état ou condition » De maître ni de serviteur,
• Maïs seulement Fart de trouver.
» Et donc TOUS entendrez chanter
> Et lire aussi de nos dictats.
• Si y voyes dicts mai placés
» Ou chose qui ne soit pas bien, » Vous les mettrez en droite voie, » Car nous suivons tous la raison.
• Hais, croyezF-le, nous sbuti^drons » L^objet fixé par la dispute.
Les troubadours, après avoir parlé dans quelques vers de cette dispute, terminent ainsi leur lettre :
B En suppliant vous requérons
» Qu'au jour que fixé nous avons,
» Ici veniez si bien fournis
» De plaisants sons et de beaux dku
• Que le siècle en soit plus content » Et soyons meiileurs à jongler;
» Que mérite vienne en honneur;* » Que le dieu à^amors vous assiste.
364 TBivs urrBRHtouiiu».
VU
» Ceci fut ôcv'ii au verger
» Da dit lieu, au pied d'un launer,
» Bans le fàoboQrg des Âiignstines
» A Toulouse, encor nos voisines,
H Le mardi (n'avons pu devant)
» Après la féte de Toussaint,
• En Tan de PmcarnatloB
» Du Christ notre rédemption
» Mille trois cent vingt et trois.
» El afin qjae ne dooties pas
» Que nous ne tenions nos promesses, .
» A nos ici présentes lettres
» Avons fait mettre notre scel
» Pour gage de la vérité. »
Ces lettres, qui forent expédiées dans tout le Languedoc» portent les signatures suivantes : Bernard de Panassae ,
damoiseau ; Guillaume de Lobra, bourgeois ; Bêrenguier de Saint-Blancat et Pierre de Mejana-Serra, changeurs; Guillaume de Gontaut et Pierre Camus, marchands; maître Bernard Oth, notaire de la cour du viguier de Toulouse. H est constant , d'après ces lettres, qu'avant même l'année 1525 il existait à Toulouse une compagnie de gais poètes qui avaient quelque lieu de réunion où ils lisaient leurs ouvrages, puis(}ue les troubadours de 1523 déclarent qu'ils ne fout que marcher sur les traces de ceux qui les ont devancés.
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TEHPS UiTBaMÉDlAlBES. 365
Ces lettres nous apprennent : 1* que nos troubadours
avaient des séances littéraires à des jours fixes, presque toujours le dimanche ; ^ un lieu particulier destiné à ces séances, un beau verger situé près du couvent des augustines, non loin de la porte Neuve (aujourd'hui rue Basse du Rempart) ; 5* un scel ou sceau qui indique qu'ils jugeaient de quelques pièces de poésie, et accordaient des lettres testimoniales aux vainqueurs ; ¥ que, cette année, ils accordèrent pour prix, et à leurs frais, une violette d*or : ce qui ne doit point porter à conclure qu avant cette époque aucun prîi n*ait été accordé ; 5** qu'ils ouvrirent une lice publique et solennelle a laquelle ils invitèrent tous les poètes de la province, soit pour y présenter leurs ouvrages, soit pour y étudier les règles de la poésie provençale.
Nous laisserons un instant les sept troubadours attendre à Toulouse Teffet de leurs lettres scellées de leur grand sceau pour suivre Charles IV dans son voyage. Ce prince arriva à Toulouse vers la ûn du mois de janvier 1324, ac< compagné de la reine son épouse, du roi de Bohême sou beau-frère, de Charles conUc de Valois son oncle, et de Sanche roi de Majorque. 11 resta en cette ville six semaines • entières, y donna des lettres de sauvegarde i^our Tabhaye de Belleperche, et y reçut A mal rie vicomte de Narbonne qui vint lui rendre compte des dépenses qu'il avait faites pour Tarmement naval, armement qu'on fut obligé de suspendre à cause de la gue>rre qui allait éclater entre la France et TAngleterre. Charles quitta Toulouse et revint en France par le licrri. A son retour à Paris, il y fit expédier des lettres en faveur des habitants de Toulouse, par lesquelles il leur accordait, en récompense de leur omstante fidélité
366 TKMP;» IKTE&MÉDlàlEES.
et de leur dévouement tant envers ses prédécesseurs qu'envers im-méme, le privilège d'acquérir, quoique non nobles, les bieos des nobles (excepté les fiefs) sans payer finance.
Le roi ne put être témoin de la grande solenmté littéraire qui eut lieu à Toulouse le 1^ jour de mai et les deux, jours suivants, par suite de l'invitation des sept troubadours. On vit donc arriver de toutes les parties du Languedoc en cette ville maints troubadours portant leurs œuvres. Ils furent reçus par les sept illustres au verger des Âugustines, le i*' jour de mai. L'assemblée était nombreuse et Imposante ; on y voyait les seigneurs capitouls François Barrau, Azémar d*Agremont, Arnaud de Castelnau , Bertrand de Morlas, cbevaliers ; Guillaume Pagèze, damoiseau ; Mancip Maurau, seigneur de Montrabc ; plusieurs bourgeois» bommes doctes et savants. Le i" jour de mai fat employé à la lecture des pièces ; le deuxième jour, après avoir entendu la messe, on procéda à un examen attentif ; le troisième jour, on rendit le jugement public, et la violette d*or fût adjugée à M* Arnaud Vidal de Castelnaudary, qui , à cette occasion, fut créé docteur en la gm science à cause de la cbanson nouvelle qu'il avait composée en 1 honneur de Notre-Dame. Les capitouls furent si beureusament impressionnés par la solennité de ces jeux qu*il fut résolu que dorénavant le prix de la violette d'or serait payé sur les éiiiulumeuLs de la ville. Ainsi fut terminée cette solennité littéraire, qui nous montre d'une manière autbentique Forigine du consistoire ou académie du gai savoir, devenue dans le siècle suivant Tacadémie des Jeux Floraux. Nous parlerons plus bas des préceptes sur ia poésie que lit publier le gai consistoire.
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TBJIFS INTEaMÉDlliaKS. 367
Nous avons dit que la guerre entre le roi de F^ce et
celui d'Angleterre était sur le point d'éclater. Elle éclata en effet en 1324, et voici quelle en fut roccaston. Le seigncLii de Monlpezat en Amenais ayant construit une nouvelle bastide, les geus du roi préteudireut qu'elle dépendait du roi de France ; Montpezat soutenait au contraire qu'elle dépendait du roi d'Angleterre. Les premiers la firent adjuger au roi par arrêt du conseil suprême et y mirent garnison. Montpezat, avec le secours du sénéchal du roi d'Angleterre, la reprit, et lit passer la garnison française au fil de répée. Cbarles IV demanda réparation au roi ' d'Angleterre, qui di fiera de la donner : ce qui détermina le roi de France à envoyer en Aquitaine Charles de Valois, son oncle, à la tête d*une armée. Ce prince vint assiéger La Réole, devant laquelle se rendit toute la noblesse du pays. Toulouse y envoya un corps considérahie de troupes ayant à leur tète deux capitouls. La Réole s*étant rendue, le château de Montpezat fut pris et rasé. Le comte de Valois, après s^être rendu maître de toute la Gascogne, à Texception de Bordeaux, Bayonne et Saint-Sever, congédia son armée, et revint en France, où il mourut Tannée suivante. Une trêve fut conclue entre les deux princes. Pendant cette trêve, Charles IV fit lever les subsides en Languedoc pour soutenir la reprise de la guerre, mais la paix fut faite en
L'année suivante (1326) oiïi it à Toulouse le plus bizarre et le plus singulier spectacle qui fût jamais. Le sieur d*£scalquens, capitouL ayant voulu Lin e célébrer de son vivant ses obsèques, choisit pour le lieu de la scène la grande église des dominicains, et invita ses confrères à s*y rendre.
368 Tnm innudDUius.
Le 22 anil, il se fit placer dans m cereaeîl, les mains
jointes ; quarante cierges IjrùlaieiU autour ; on chanta la messe et Toffîce des morts, et le corps vivant fut porté ensuite auprès de Faiitel principal. D*Escalquens s'étant levé dn cercueil, se rendit à son hôtel et ût servir le repas des fiméraiUes anx capitouls.
Jean de Comminges, disent nos annales, netait pas à Toulouse au moment où eut lieu cette grotesque cérémonie ; mais à son retoor, il assembla un synode provincial dans lequel l'affaire fut examinée sous le point de vue du droit canoniqoe. Il fut décidé qu*aucun ecclésiastique régulier ou séculier ne pourrait à Tavenir se prêter à de semblables exigences, sous peine d excommunication. Nous supposons que Jean de Conmiinges s'était absenté de Toulouse pour remplir, av ec le uiaiLre des hospitaliers de Saint- Jean, une mission que le pape leur avait donnée, celle de rétablir la paix entre Guy daupbin de Vienne et Edouard comte de Savoie.
Ce prélat fut bientôt après élevé à la dignité de cardinal et nommé ensuite évêque de Préneste. Il quitta alors radministration du diocèse de Toulouse, qui reçut pour archevêque Guillaume de Laudun. Jean de Comminges eût été infailliblement porté sur le siège apostolique après la mort de Jean XXII, s*il eût voulu accepter la condition qui lui ftit imposée, de ne jamais transporter la papauté d'Avignon à Rome. Il gouverna i église de Toulouse pendant onze ans. Cétait un prélat très magnifique. 11 légua des fonds considcra})les pour qu'après sa mort, qui amva a Avignon en 134$, on établit des chanoinesses de Saint~£tienne sous rinvocation des Onze Mille Vierges, voulant que le nombre
TBMPs HmftMtoiAiiisd. 369
en lût porté à deux, cenls, et qu elles suivisseût la règle de Saint-Augastin ; il y établit aussi douze chanoines réguliers destinés à gouverner le spirituel du monastère et fonda encore quatre chapellenies. La supérieure de cette maison, devait porter le titre d'abbesse et devait être crossée. Les oflices divins devant être perpétuellement célébrés dans réglise du nouveau couvent, la communauté se partagea à cet elTet en quatre chœurs de cinquaiUc religieuses chacun. £nlin il enrichit celte maison de nombreuses reliques précieuses, entr*autres, d*un os du bras de saint Pantaléon et d'une coupe faite pai .le saint lui-même, et ordonna que Ton appellerait d'un autre monastère quinze chanoinesses pour former celles de SalhH^ntaléon à la vie religieuse.
Lës volontés de Jean de Comminges furent exécutées six
ans après sa mort. En lôj i on jeta les fondements du monastère, grâce aux libéralités d'une femme opulente nommée Nym[)be de Struan, qui donna une superbe maison pour Fagrandir. On reconnaît Navie pour première abbesse de Saint-Pantaléon. Cette maison des Onze Mille Vierges changea son nom en celui du saint dont elle possédait les reliques. Le vénérable fondateur de ce monastère n était pas moins remarquable par sa science que par sa pieuse munîfi* cencc. 11 composa plusieurs discours sur le mystère delà Passion et sur les fêtes des saints. Le trait de la vie qui a rapport à sa grave dispute en plein consistoire avec le cardinal de Périgord, au sujet de l'élection de l'empereur, n'appartient pas à notre histoire. C'est à tort qu'on a placé au nombre (les conciles de Toulouse, sous le pontificat do Jean de Comminges, et TautOHla-fé de 1519 et le synode de iô±6. III ' ' %i
370 tïïÊH mwKaÉMkiUB.
Un j[)uissaiit seigueur du Toulousain, Arnaud de La Vie de Villemur, fat alors sur le (ioint d*ôtre la victime d*une terrible accusation. On avait découvert à Toulouse une société infernale d'empoisonneurs étrangers à la ville qui avait des ramifications assez étendues. Ces misérables, qui s'adonnaient à la magie et à divers sortilèges, fiabriquaient certaines images en cire sur lesquelles ils gravaient plusieurs caractères symboliques ou cabalistiques, et avaient juré la mort du roi et celle de plusieurs illustres personnages. La rencontre fortuite de ces signes on symboles déterminait la perpétration du crime. Les gens du roi découvrirent ces empoisonneurs, qui furent envoyés à Paris et jetés dans les prisons dn Gbâtelet. Dans leurs interrogatoires, ils déclarèrent qu'ils n'avaient résolu d'attenter à la vie du monarque qa*à Tinstigation de quelques seigneurs, entr*autres de celui de Villemur, qui était ijcvcu du pape Jean XXII et conseiller du roi. Mais ces misérables confessèrent ensuite que c'était une accusation injuste ; alors le roi le déclara innocent. Ces empoisonneurs étaient tellement multipliés dans la province que le pape s'était va obligé de convoquer un concile à Avignon pour défendre, sons les plus graves peines, de vendre et d'acheter du poison.
Charles IV mourut au bois de Vincennes, le 31 janvier 1328. Philippede Valois, son cousin germain, lui succéda. On assure que ce dernier prince tint à Paris une assemblée de notables dans laquelle il fut question du rétablissement du prétendu parlement de Toulouse, afin d épargner aux peuples de la province les dépenses qu'ils étaient obligés de faire en se rendant à Paris ; que Bertrand abbé de Saint- Hilaire au diocèse de Carcassonne » Pierre Galvan chantre
Digiii^uu L>y Cioogie
nm limmMéBuiftià.
d^Orléaos et Baymond de Chalons, commissaires réforma^ teurs, avaient été chargés de tenir ce parlement; mais qoll ne dura que six semaines, sur la plainte des évéques qui n'y avaient point été appelés.
Le pays toulousain produisit à cette époque des hommes également distingués par leur science et leur vertu^ Raymond Beqioin, religîenx dominicain» enseigna TEcrlture sainte à Toulouse avec beaucoup d'éclat. Jeau XXH, informé de son mérite» le nomma maitre du sacré palais, le fit ensuite patriarche titulaire de Jérusalem et renvoya dans l'île de Chypre pour y gouverner cette Eglise. — Jacques Foumier^ né à Saverdun, entra dès sa première jeunesse dans Tordre de Citeaux à l'abbaye de Bolbonne. Il iLii successivement abbé de Fontfroide, évéque de Pamiers, de Mirepoix, cardinal , et' enfin papé sous le nom de Benoît XIL Quoiqu'il eut fixé son séjour à Avignon, il s'occupa cependant de Rome, et fit reconstruire à grands frais la char^ penté de Tancienne basilique de $aint<>Pierre. Benoît XII évita avec som le népotisme ; plusieurs grands seigneurs lui ayant demandé sa nièce en mariage, il préféra la donner à un marchand de Toulouse. Les deux époux ayant été lô voir à AvignoUj il les reçut avec beaucoup de bonté, mais ne leur accorda pour toute foveur que sa bénédiction et les frais de voyage. Aussi recommandabie par sa science théologiqiie que par son zèle pour la religion, il composa plusieurs ouvrages sur FEcriture sainte et des traités mys^ tiques. Dans la crainte que ritalie ne devînt la proie des factions, il contint les grands dans le devoir en les plaçant dans les différentes villes qu'ils possédaient en qualité de vicaires du siège apostolique, et persuada aux Romains de
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' 37S TBHM INTBMrtDIàlKBB.
ne plus confier la dignité sénatoriale à des personnes royales, comme par le passé, mais de la garder ponr eoxmémes, sous les auspices de l'Eglise. Nous avons de ce pape, dont la mort inspira de justes et d^upanimes regrets, 1" une épitre dans laquelle il démontre que les âmes (jui ont suûisamment payé leur dette à la justice divine pour la peine temporelle due au péché, jouissent de la vision béatilique avant la résurrection dernière et le jugemuiU général; une constitution sur la visite des monastères;
une constitution touchant la réforme des religieux augustins. Ce lut sous son pontilicat que Pétrarque le célèbre poète reçut au Capitule de Rome la couronne de laurier. Benoît XII mourut à Avignon en 1542.
Lh roi donna commission, dans le mois de février 1329, au sénéchal de Toulouse de recevoir le serment des capitouls et des habitants : ce qui fut exécuté. En même temps Guillaume de Laudun reçut du pape la mission spéciale de publier certains statuts dressés par les cardinaux-lé^'ats pour la réibrmalion de Tuniversité de Toulouse. Ces cardinaux étaient Pierre de Palestrine et Gamelin évéque d'Albano. D'après ces nouveaux statuts, « les danses, les ban- ' quets, les spectacles de comédiens ou d'histrions sont » interdits aux étudiants lorsqu'ils prennent leurs degrés, » et le repas qu ils donnent k cette occasion est réglé à » quinze francs de monnaie courante. Il est défendu aux • écoliers de tenir des enfants sur les fonts. Ils doivent > porter des habits uniformes, savoir : des chapes à man- » ches, et non des habits ronds et courts. >
Cqs statuts furent assez mal observés, et eurent à peu près le sort qu'avaient eu ceux qu'on avait déjà faits au
TBMPS UiTK&MÉDlÂlEES. 373
commcnceûieut de ce siècle. Nous savons, en effet, qucn 1310 Pierre de Verdale, chaDoine de Carcassonne, recleur de runiversîté de Toulouse, en avait dressés. Eu 1514, Robert de La Tour, prieur de Rabastens, de l'ordre de Cl uni , ^ et recteur de la même université, avait aussi réglé le costume (les écoliers : ils devaient porter une tiiuiiiue ouverte, une subre-veste- fermée, un corset sans mancixes, un capuchon, des mitaines et des brodequins. Les professeurs réguliers pouvaient porter l'habit de leur ordre. Ou trouve dans ces statuts les noms de Bernard de Saint-Genez, licencié en Tun et Vautre droit ; de Guillaume de Montlezun , docteur en décrets, abbé de Moutier-Neuf de Poitiers, qui composa un commentaire sur les Clémentines et un sacra- . mental re.
£n 1324, Barthélémy Fléchier, maître ès-arts et recteur de Tuniversité de Toùlouse, avait fait divers règlements dans lesquels il était statué que, le jour où le liencic prenait ses degrés, il ne pouvait se l^ire accompagner chez lui que par deux trompettes et un tambour.
À lepoque où nous sommes, 1 université de cette ville possédait six docteurs régents en décrets et autant en lois, et plusieurs maîtres ès-arts. On trouve dans une requête présentée an recteur de Tuniversité, Pierre de Murisanio , chanoine du monastère de Saint-Antoine de Vienne, les . noms de plusieurs professeurs célèbres et notables éco- Uers, parmi lesquels on distingue dom Roderic abbé de Valladolid, dom Bérenger abbé de SaiiiL-Michel de Tlavarit, Robert de Foix, Pierre de Spères, Raymond d'Âstarac, Hugues de Cardeilhac, Stcard de Montant, Bernard de Latour, et un grand nombre d'autres.
Uigmzeu by CjOO^Ic
S'il faut croire au récit de Bardin, un effrayant météore, que le chroniqueur prend pour une comète, apparut toutà-coup à Toulouse, dans la nuit du samedi saint. Sa couleur était rouge et plombée ; la clarté qu'il répandait était semblable à des traits de flamme ; les quatre vents du ciel soufflèrent avec violence ; la terre trembla, et quatorze maisons furent englouties ; le quartier de Pierre de Game^ ville, capitoul, eut beaucoup à souffrir. La frayeur s*em-> parait de tous les esprits, surtout lorsqu'on entendait de toutes parts retentir ces paroles : « Hurlez et faites péni-^ tencê, car le grand et terrible jour du Seigneur approehe, » Ce météore demeura sur l'horizon pendant trente-huit nuits, depuis dix heures du soir jusqu'à Taurore. Le peuple courait eii foule aux églises ; on institua deux juin s de jeûne par semaine, le mercredi et le vendredi. À la suite de cette apparition, une maladie ^pidémique exerça ses ra* vages et enleva plusieurs milUers d'habitants. 11 est bien difficile d'admettre de pareils récits sur la seule autorité d'un historien qui n'indique pas ses sources.
L'inquisiteur de Toulouse soutint peu de temps après, en 1330, un procès contre GulHanme de Villars, juge d*appaux de cette ville. Quelques abus s'étant glissés dans rexerdce de la juridiction ecclésiastiquo, le roi nomma ce magistrat pour les corriger. Ce commissaire se fit d'abord présenter les registres des cours ecclésiastiques et prétendit que ceux de l'Inquisition devaient lui être remis. L'in<quisiteiir refusa. Alors les portes de l'Inquisition furent enfoncées et les registres enlevés. Plainte fut portée au parlement de Pari» par l'inquisiteur, la procédure annulée, et le commissaire condamné aux dépens.
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TEMPS INTEaMÊUiAlttËS. 37»
L'abbaye de Saint-Laurent de Goujon perdit alors son abbesse, Gancione de L^ocbe, qui, sur la ûn de sa vie, alla visiter le prieuré de Sainte-Marguerite de Fontelle au diocèse de Lectoure. Julienne de Comminges, fille de Bernard de Comminges seigneur de Forges, lui succéda. — Amélius de Lautrec , après ayoir gouverné Fabbaye de Saint-Saturain k Toulouse pendant sept ans, fut accusé par Gautier de la Neuville, viguier de Toulouse et gouverneur du château Narbonnais, par-devant le tribunal de Vlnquisition, d^avoir avancé que les âmes humaines étaient mortelles de leur nature et immortelles seulement par la grâce de Dieu. Amélius plaida sa cause et fut absous. Le procureur général en appela au parlement de Paris, qui confirma la sentence de Tinquisiteur. Jean XXII donna à Amélius la commisûiua de rechercher les mnieurs conventuels qui prétendaient avoir le privil^e du saint-siége de recevoir indistinctement tous les legs et offrandes. Il lui fut ordonné que, lorsqu'il aurait en son pouvoir Gui , fils du comte Frédérid, et les autres tuteurs de la révolte, il les traitât selon la rigueur des lois. Nous trouvons ensuite Amélius à Avignon auprès du pape, travaillant à la vérification des miracles et aux informations de la vie de saint Nicolas de Toienlin. Il fut créé évêque de Castres, et eut pour successeur dans son sd>baye Hugues de Roger.
Raymond de Montaigut , abbé de Mas-Garnier, mourut en 1323. Il est connu dans nos annales pour avoir fait une transaction avec Pons, abbé de Grand-Selve, au sujet des hmites et des droits de son abbaye. 11 était très opulent et établit à ses frais, au Mas, la charge d'aumônier, à laquelle il assigna des revenus parUcuUers. Il eut pour successeur
376 TEMPS IMTEKMÉblÀlEKS.
Aymciic de Montaigul, religieux de iMoissac. — Arnaud de Maris, Pierre de Foix et Arnaud de Marasco occupèreot successivement Tabbaye d*Eaune$. — Guillaume de Piret , abbé do Boaiilieu au diocèse de Rhodez, fut nommé par Jean XXU abbé de Grand-Seive ; il succédait à Pons Maurin. Il gouverna cette abliaye pendant vingt ans. Arnaud de Calbert, abbé de Fontiroide, fut élu abbé de La Capeiie, et garda son abbaye un nombre égal d'années.
L'église de Ricux. fut alors successivement gouvernée pai' Rabastens, d'abord évéque de Pamiers, ensuite de Léon en Espag i u et enfin de Rteux. Fait cardinal au titre de Sainte Anastasie, il mourut en 1521, et eut pour successeur Bertrand de Pilefort. Celui-ci n*occuiMt le siège de Rieux que quuliiiios mois. Bertrand de Cardaillac gouverna très peu de temps cette Eglise, et fiit transféré sur le siège de Cabors. n eut pour successeur à Rieux Jean de La Tisseranderie, religieux mineur. Jean résidait k la cour romaine. iNous trouvons cependant un acte par lequel il céda à un prétr& de Tordre de Malte le rectorat de Saint-Sulpice de Lezat.
A celte époque ou jeta à Feuillants les fondements d'une nouvelle église, dont on volt encore les restes. Raymond de Montlaur, Etienne, et un autre Raymond de Munllaur qui appartenait sans doute à la famille du précédent, abbés de ce monastère, réunirent d*abondantes aumônes pour terminer cet édiiice.
A Boson de Salignac succéda, sur le siège de Gommlnges, Du Millario, qui peut-être appartenait a l'ordre de saint Dominique, mais qui ne vint jamais dans son diocèse pour y être installé. A celui-ci succéda Scot de Linaris, chanoine de l'église de Saint-Etienne de Toulouse. Nos annales
TEMPS INTEaMÉDUiEBS. 377
nous le montrent à Marseille assistant à la dégradation de cinq religieux mineurs, et donnaot aux religieuses de Saint- Laurent dans son diocèse une partie des dîmes de Saint- André. Guillaume de Larvo monta, aiiies lui , sur le siège de Comminges. Ce prélat assista en 1330 à la consécration de l'église de Saint- Louis de Poissy, en présence du roi Pbliippe-le-Long et d'un grand nombre d'évèques du royaume. Sous son épiscopat, Arnaud de MarquelàTe gouvernait rabliaye de Bonuetont, et Pierre Sicardi , docteur et professeur en droit canon, celle de Nizors. Ce dernier avait succédé à Arnaud de Falgar.
Toulouse vit arriver en ce même temps dans ses murs
le plus célèbre poëte de son temps, Pétrarque, qui vint saluer la cité des troubadours. 11 était né à Are^zo, en 1304. Après avoir passé les six premières années de sa vie auprès de sa mère dans la vallée d'Arno, près d Ancise, il suivit son père à Pise et de là à Avignon. Clément V venait d'y fixer sa cour. Pétrarque continua ses éludes à Carpenlras , sous Convennole. 11 vit alors pour la première fois la lontaine de Yauctuse et ses sites enchanteurs. On rappliqua à rétude de la jurisprudence, qu'il dédaigna bientôt pour celle des lettres. A Bologne, il éprouva un irrésistible attrait pour la poésie. La lecture de Océron et de Virgile faisait ses délices. Les premiers vers latins qu'il composa forent sur la mort de sa mère, Ëletta Canigiani. Son époux la suivit (le près au tombeau. Péli'arfjiie et Gérard son frère, privés de fortune, embrassèrent l'état ecclésiastique. Pétrarque se fixa quelque temps à Avignon, où il continua de cultiver la poésie latine, mais il Tabaudouna bientôt
378 T&MPb INIfi&MÉDUiaES.
pour écrire des vers dans sa laugue naturelle, et c'est i)ar là qo'ii est arrivé à rimmortalité.
Pétrarque trouya des protecteurs ; les grâces de sa figure âiûsi que ses talents et sa sagesse lui attirèrent la confiance de Jacques Colonne, jeune gentilhomme plein d*amabilité et de vertu, à la fortune duquel il resta désormais attaché. On dit qu'à cette époque de sa vie, Pétrarque, le lundi de la semaine sainté 1327, vit à Avignon, dans Téglise des religieuses de Sainte-Qaire, une femme dont la robe verte était parsemée de violettes : c*était Lanre, fille du chevalier Audibert de Noves et épouse de Hugues de Sade. Nous n'avons pas à parler ici des influences que la vue de cette femme exerça sur la vie du poète. Jacques Colonne, son ami, fut alors chargé par Jean XXII de publier et d'afficher à Rome une hoUe fulminée par ce pape contre Tempereur Louis de Bavière. Colonne, ayant exécuté les ordres du pontife, fut promu, à son retour, à Févêché de Lombez. Le nouveau prélat proposa à Pétrarque de raccompagner ; ils partirent, et arrivèrent à Toulouse en 1350. Le poëte italien y vit les sept troubadours qui venaient d'instituer les jeux du gai savoir : aussi les a-t-i! célébrés dans Fun de ^ ses charmants poèmes. Il trouva la noblesse du pays assemblée à Toulonse pour les noces de Pierre în&nt d'Aragon et de Jeanne, sœur de Gaston II comte de Foix. Ce dernier obtint alors du roi la permission d'eniermer dans le château de Foix Jeanne d*Artois sa mère, comtesse douairière, à cause de son inconduite.
L'évêque de Lombez et Pétrarque poursuivirent leur route et arrivèrent en cette ville. Le poète affirme qu*il passa là les plus beaux jours de sa vie. Jacques Colonne
TEMPS INURMÉDIÀIIES. 379
lui donna une prébende dans cette église. Le poète, doté d*UQ caQOuicat de Loflibez, revint eû Italie, et pleura plus tard, dans des pages où respire ce que la gratitude a de plus exquis, la mort de son protecteur.
Dans Tannée 1531, Toulouse lut agitée par un événement qui eut de funestes suites. Le capitoul François de Gaure rencontra, le soir même du jour de Pâ4|ues, une troupe dé gens armés : c'étaient des écoliers de Tuniver* sité qui , s étant livrés au plaisir, parcouraient les rues en tumulte, et en tête desquels étaient le vicomte de Lautrec et Bérenger. Le capitoul crut quHl était de son devoir de Farréter. Bérenger mit Tépée k la main ; mais il fut repoussé par Douât, Fun des écuyers du capitoul, qui contLiiua s;i marche vers le pré Montardi. Les écoliers le rencontrèrent de nouveau sur son passage : alors François de Gaure se saisit de Fun des écoliers nommé Pozols, mais le relaxa bientôt, à la prière de Lautrec. Aussitôt après, ce dernier, par une damnàble perfidie, s*écria à haute voix : ÀmhoT ! Ambor! Piretsf Fir^s f espèce de cri de guerre. Le capitoul fut aussitôt entouré, malgré la résistance qu opposèrent le soldat du guet nommé Léglise et les deux écuyers qui raccompagnaient. Lu soldat reçut k la lélc une profonde blessure ; Bérenger coupa le nez et la mâchoire an capitoul , qui tomba évanoui, et la troupe prit la fùite.
Dès que les capitouls eurent appris ce triste événement, ils se mirent à la recherche des coupables. Bérenger fut arrêté dans la maison de la famille de Penne ; trois mem> bres de cette famille furent arrêtés avec lui, ainsi que plusieurs amis et domestiques : en tout, trente personnes. La plupart des prisonniers étaient clercs, c'est ce qui détermina
380 TEMPS INTKillàDlÂI&BS.
rofûcial de rarchevéquc de Toidouso k les rêclaracr. Oii renvoya les préveaus, à Texceptioa de fiérenger et d'un membre de la famille de Penne. Deux jours après, la sentence fut rendue ; elle perlait que Béienger devait être attaché à la queue d*un cheval et traîné devant la maison de François do (iaure, où il auiait le poing coup»; ; de là il devait être traîné sur la claie aux fourches patibulaires , où il aurait la téte tranchée ; son corps serait exposé et ses biens conlisques. Bérenger appela inulilemeiit de celle sentence devant le viguier, le sénéchal, et même ie parlement de Paris : la sentence fut exécutée. Nous verrons plus bas les suites de cette aiïaire.
Le roi, désirant porter remède à quelques abus qui s'étaient glissés dans la [)rovince, envoya pour commissaires dans la sénéchaussée de Toulouse l'archevêque de Reims et maftre Haubert de Hangest. Ces commissaires se saisirent, au nom du roi, du temporel de l'archevêque de Toulouse, sous prétexte que ce prélat et ses gens s'étaient emparés d'uue pai lio *ies domaines royaux. Le prince crul devoir aussi favoriser l'exercice de l'inquisition par l'arrêt suivant : « Philippe, par la grâce de Dieu roi des Fran- » çais : aux sénéchaux de Nîmes, de Toulouse et de Car- » cassonne, à notre amé Sicard de Prohenques, clerc » licencié en droit et notre procureur général de la séné- » chaussée de Toulouse, et à tous autres justiciers de la • province d*Occitanie, salot. Quoique nos prédécesseurs » et nous, dans rintérùt de la loi, aient accordé au tribunal » de rinquisition et à ses ofticiers droit et autorité sur les » idolâtres, magiciens et hérétiques, parjures et impies, » comme l'exige ou peut l'exiger leur charge, cependant
TBMTO 0ITBUIÉDU1U8. 384
» nos séoéchaux et nos ofiiciers troubleot les mquisîteurs » de la foi dans leur juridiction, â*où il résulti i ldsieurs » plaintes. Voulant que ce tribunal jouisse de ses anciens » privilèges, mandons et ordonnons à tous et à tous de » lui laisser le plein exercice de ses droits à Toulouse. » Le pape Jean XXII mourut à Avignon, le 4 décembre ' 1334. Avant sa moift, il accorda aux religieuses de Sainte^ Claire d'Auterive au diocèse de Toulouse les mêmes droits et les mêmes privilèges dont jouissaient les clarisses de cette dernière ville. CTest ici le plus ancien monument relatif au monastère d'Aulerive, dont la fondation doit être placée beaucoup plus baut. (Ce monastère a subsisté jusqu'à la révolution française, et on voit encore une partie de ses ruines.) Les cardinaux nommèrent, pour succéder à Jean XXIi, Jacques Foumier de Saverdun, dont nous avons déjà parlé.
L'afiiaire de Bérenger fut alors poursuivie par les parents et les amis du coupable. L*université de Toulouse, qui prétendait avoir été lésée dans ses privilèges, leur prêta un puissant appui. Ëlle avait déjà porté ses plaintes au pape Jean, qui avait délégué Bertrand de Saint-Genez, doyen d'Angouiéme, pour adresser aux capitouls et aux liabitants de Toulouse un monitoire tendant à la réparation des torts faits à l'université. Le comniissaiie apostolique arriva à Toulouse et se rendit au couvent des dominicains» où il ika sa demeure. Rubéi et Bérenger, capitouls délégués par leurs confrères, se rendirent auprès de Saint-Genez, lui déclarant que Tuniversité avait surpris la religion du pape, et demandant une enquête, qui leur fut refusée. En même temps le parlement de Paris avait été saisi oJe laUaire et
382 mm tmmiauxm.
avait assigné les capitouls. Ce parlement rendit, le 18 juillet 1535^ Farrét suivant : « Mandons et ordonnons que le coips » de Bérenger soit levé des fourches et rendu à sa famille « pour être enterré avec les cérémonies de r£glise : qu'il » sera fondé une rente ou chapelle de 40 livres de revenu » autiuel pour Êdre prier Dieu pour le repos de Tàme du » défunt ; qu'une somme de 4000 livres sera donnée à sa » famille pour le remboursement des frais par eux avan- » cés.... • Par le même arrêt, les capitouls, la ville et tous ses habitants étalent privés du droit de corps et de communauté, avec confiscation au profit du roi du patrimoine de la ville.
Le 7 août , le roi confia l'exécution de ce formidable arrêt à Hugues d'Àrchiac, Guillaume Flotte, Etienne d'Albert qui fut pape sous le nom dlnnocent VI, et au sénéchal de Toulouse. Le chroniqueur Bardin nous a décrit dans le plus grand détail la pompe funèbre de Bérenger, où se trouvèrent les capitouls^ tous les ordres de la ville, le clergé séculier et régulier, rarchevéque en tête. Le corps du sup*pticié fût inhumé dans le cimetière de TégUse de la Dau-^ rade. On compta jusqu'à trois mille écoliers à ces obsèques. Les capitouls furent obligés de faire d'éclatantes réparations^ soit à Tuniversité, soit au corps de Bérenger, soit à sa famille. Le surlendemain, les commissaires du roi destituèrent les capitouls et déléguèrent leurs fonctions au viguier de Toulouse.
Cependant plusieurs notables de la ville se tendirent à Paris et proposèrent au roi le rétablissement du capitoulat
moyennant finance. Uiie somme de cinquante mille livres tournois fut promise, acceptée, donnée, et le capitoulat fut
TIMM UtTBUfÉDUIBBS.
rétabli, quoique sur de nouvelles bases, il fut , en effet, conveDu qu^il y aurait désormais douze capitouls, huit pour la cité et quatre pour le bourg.
' On parlait beaucoup alors à Toulouse des prédications d*aQ prêtre nommé Jean d*Alta-Ripa (Àutmve\ né à Castres. Le 4 octobre 1336, prêchant à Téglise des Cordeliers, il prit un air Inspiré et annonça Temprisonnemênt du roi Jean et sa mort en Angleterre» ainsi que celle dn cardinal Raymond qui avait été évèque de Saint- PapouL On dit que cette dernière prophétie fut vérifiée par Févènement peu de temps après. Ce persorniage mourut en 1379, à l age de 86 ans. On affirme qu au xvu° siècle, Alphonse d'Ëlbène an^hevéqae d^Alhl faisant démolir un bastion à Castres, on décoQTrit une table de pierre sur laquelle était gravée une inscription portant que frère Jean avait va un Uvre de prophéties dans lequel on annonçait que dans deux cents ans la religion catholique serait profanée à Castres. Nous ne ' savons quelle foi il faut ajouter à ces récits et à ces décou* vertes.
Philippe de Valois entreprit à cette époque un voyage dans la province, soit pour y lever des subsides, soit pour visiter Benoît XU à Avignon. Arrivé à Toulouse, il y resta très peu de jours, et n'y rendit qu'une ordonnance relative k rélection d*nn lieu particulier pour les séances des commissaires royaux ; il continua sa route, mais fut bientôt (Mgé d'interrompre son voyage à cause de la guerre qn*il eut a soutenir contre le roi d'Angleterre. Ce fut pour appeler les bénédictions du ciel sur les armes du monarque, que, le lendemain de Pâques (21 avril 1537), on fit à Toulouse une procession générale qui eut des suites lunes-
384 TBMM llITIMliDIiiaES.
tes. La levée des subsides pour la guerre avait déterminé
les capitouts à députer vers Simon de Provigny sire d*Or-
guéri, maître des requêtes, Gallois de La Beaumc, goiiver-
neor en Langaedoc, le damoiseau Aymeric de Castelnau,
et Bernard Garaud, bourgeois. Ces députés traitèrent donc
de la levée des subsides moyeunaut certaines conditions
posées et acceptées. Ces subsides, pour les Toulousains,
furent iixés à douze mille livres, payables en deux termes.
Ces députés, de retour à Toulouse du siège de Madeillan
où ils avaient trouvé les gens du roi, ordonnèrent la pro-
cesssion dont nous venons de parler. Le vicaii e-général de i*archevéqu6 regarda cette ordonnance des capitouls comme abusive, et défendit au clergé ainsi qu'aux lidèies d'assister à cette cérémonie. Le vicaire générai, cité par maître Simonis, refusa de comparaître et fut arrêté. L*arcbevêqae en appela au roi , qui coniia cette aflaire à son gouverneur. Nous en ignorons Tissue.
Guillaume de Laudun, arcbevêque de Toulouse, dota en iS40 son église cathédrale de la fondation de quatre prébendes canoniales quil désigna sous le nom de saint Dominique, en mémoire de Tordre auquel il appartenait avant sa promotion à Tépiscopat ; il consacra en même temps une cbapelle de Saint-Etienne en rhonneur de cet illustre patriarche. — Guillaume de Lobcrsan, prévôt de Sl-Ktieune, mourut en 1340. il avait soutenu avec fermeté les droits du chapitre contre les envahissements de rarchevêque au sujet de la juridiction, ce qui donna lieu à un différend qui fut beureusemént terminé par les légats du pape. Guillaume de L^bersau eut pour successeur Roger de Noër. Hugues Roger, qui gouvernait toujours Tabbaye de
TEMPS INTUMÉDIAIIBS. W»
Saint-SatumiD, fut choisi pour arbitre entre Gaston de Foix
et Simon d'Arquier qui se disputaient la possession du lieu de Laatrec. Labbé prononça en lavear de Gaston, à condition cependant qa*il payerait à Simon six mille liyres. Nous trouvons ici Boniface de Durloi t, prieur de la Daurade, ayant une discussion assez vife avec tm certain clerc nommé Guillaume des Bordes, au sujet des dîmes de Sainte- Livrade.
L*abbaye des chanoinesses de Saint-Saturnin avait à sa
téte Gauciaune, qui demanda à Beraud, évéque d'Albi, la permission d^établir une maison de son ordre dans sa ville épiscopale. Cette maison fot appelée les Augustines de Sainte-Catherine, et fut remplacée plus tard par celle des Annonciades. Elle gouverna son abbaye jusqu*en 1341. — Humies et Guariii furent successivement abbés d'Eaunes à cette époque. — La (^pelle ayant perdu en ïoM) Arnaud de Calberti, son abbé, la dignité abbatiale demeura longtemps vacante dans cette maison, car ce n'est que dix-sept ans plus tard que nous trouvons la suite de ses, abbés.
Le diocèse de Toulouse vit s'élever en ce temps un nouveau monastère de religieuses de Sainte-Claire à Lévignac. Elles eurent pour fondatrice Tiburge de r(lle-Jourdain comtesse d'Astarac. La série des abbesses de cette maison ne s'ouvre qu'au seizième siècle, par Antoinette de Mons.
Ce fat en 1540 que les Anglais entreprirent le siège de Condom. Pierre de La Palu, sénécbal de Toulouse, marcha au secours de cette place, et ordonna à tous les gouverneurs des diverses sénéchaussées d'envoyer le plus tôt possible toutes les milices disponibles, car il craignait beaa-
iii â.^
386 TUFS INTBUfeDUIftSS.
coup que les Anglais ne lissent une irruption sur Toulouse. Déjà, au mois de septembre, Jean de Marigny, évéque de Beauvais, lieutenant du roi en Languedoc, avait ordonné -la levée des subsides dans la sénéchaussée de Toulouse, à concurrence de trente-trois mille livres. Cette levée devait ^tre faite par les soins de Guillaume du Vernet, Etienne du Pont et André dé Gimilly. Ce fut peut-être pour iàvoriser ractioii de ces commi>>aii es que Louis de Poitiers duc de ]>inois et de Valentinois, capitaine général du Languedoc, arriva à Toulouse, et entra en ville par la porte du château Narbonnais. Avant daller plus loin, il fit le serment solennel de conserver tous les privilèges des inquisiteurs et ceux de la cité. Pendant son séjour, le prince demeura au château Narbonnais.
Le 17 mars 1342, Gausbert Duval, ancien archevêque d'Arles, et à l'époque que nous parcourons archevêque de Narbo&ne> fonda dans l'université de Toulouse un collège pour douze écoliers, dont deux devaient être de la paroisse
de Saint-Pierre d'Knizao en Querci, lieu de sa naissance; deux, chanoines de l'égUse d'Arles ; deux autres, prêtres, devant dire la messe alternativement tons les dimanches, il acheta pour ce collège une maison et des jardins appelés de Vemas, dans la rue Yalade. Ce collège de Narbonne était situé vis-à-vis du couvent des capucins, aujourd'hui place de l'Artillerie.
Une trêve avait été conclue entre les rois de France et d'Angleterre. Pierre de La Palu , sénéchal de Toulouse, vint alors à Buzet dans le Toulousain, et y disposa de quelques biens confisqués à Gaillac en Albigeois en faveur de Vital de Nogaret, procureur ^u roi de la sénéchaussée de
TEMPS INTBKVtolAlRBS. 38?
Toulouse, pour le récompenser de ses services. De leur
côté, le comte de Valentinois et levêque de Beauvais donnèreot à Toulouse des lettres de noblesse en faveur de Joubert dé Ribayrac, pendant que Robert seigneur de Cbami, conseiller du roi , rendait des arrêts dans le consistoire de la nouYOlle salle royale de Toulouse. Nous supposons que cette salle avait été construite au château Narbonnais, auprès duquel on éleva une nouvelle église pour le service de ce palais, et dont les restes existent encore de nos jours (place de la Mormaic;. Ces constructions diverses marchaient de pair avec celle des nouveaux remparts de la ville, que Ton commença à bâtir du côté de ce château.
Nous trouvons dans nos annales divers actes qui prouvent la présence à Toulouse de révêque de Beauvais et du duc de Valentinois pendant la trêve. Ainsi, en 1341, le premier nomma en cette ville un commissaire pour la recherche des biens vendus aux nobles et aux gens d^église, aiiii de recueillir de l'argent pour la guerre, la trêve devant expirer à la Saint-Jean. On assure qu'il fit exécuter plusieurs criminels condamnés à mort par les capitouls, maigré leur appel au parlement, qui lui suscita une querelle, assoupie plus tard par le roi. Quant au duc, il confirma à Toulouse les coutumes de la ville de Réalmont en Albigeois.
L*évôque de Beauvais, rappelé par le roi , avait fondé
dans le diocèse de Saint-Papoul une bastide a laquelle il donna son nom. Ce prélat fut remplacé à Toulouse par Agout de Baux, créé sénéchal de cette ville par le roi . qui anoblit aussi, en 1343, Arnaud et Guillaume Daffîs, habi^ tants de Toulouse, et donna commission de poursuivre avec
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vigueur les pillards qui inféstaient toute eette sénéchaussée. La trêve entre les rois de Frauce et d'Angleterre fut alors prorogée.
GastoQ Jl (le l ùi\ venait de moiini k Séville, dans un âge peu avancé. Par son testament, il avait choisi sa sépulture à Bolbonne, où son corps Ait transporté et inhumé à côté de ceux de ses ancêtres. 11 laissa la tutelle de Gaston 111, sornommé Phébus à cause de sa beauté, à £léonore de Comminges, sa veuve. Le 5 décembre, celle princesse était à Toulouse, où elle reçut quittance d'un habitant de Burgos en Espagne pour diverses sommes qui lui étaient dues. Phébus épousa plus tard Agnès de Navarre, fille de Phihppe II! roi de Navarre et de Jeanne de France.
Guillaume de Laudun, archevêque de Toulouse, ne pouvait plus supporter, à cause de son grand âge, le poids de son administration pastorale. Avant de quitter son siège, il porta ses plaintes au pape au sujet des vexatioiis sans nombre dont TEgUse de Toulouse était Fobjet de la part des gens de la sénéchaussée, et supplia le pape d'avertir le roi de tout ce qui se passait dans son diocèse. Cestdans les lettres que Rome adressa à ce sujet au roi que le pontife suprême retrace Téloge de Guillaume de Laudun, qu'il nous représente comme un homme plein de mérites et d'une science éminente. Privé de la vue, Guillaume abdiqua rarchevôché de Toulouse, en 1545, en faveur de Raymond de Vis ou de Canillac, chanoine et prévôt de Téglise de Maguelonne. Il mourut quelques années après (I3S2) à Avignon. On lui attribue plusieurs sermons. 11 gouverna rf^lise de Toulouse pendant quinze ans.
Edouard, roi d'Angleterre, ayant manifeste le dessein de
TKM1>S INTKUM&DUlHKj. 389
rompre la trêve, le roi de France fit partir pour la province son fils aioé, Jeaa duc de ISormandîe, avec Tautorité de lieuteoaDt'général. Dans le conrs de son voyage, le prince passa a Toulouse et à Buzet, et parcourut toute la province. £n même temps Edouard fit partir des ports d*ADglelerre Henri de Lancastre comte de Derby aveo une nombreuse flotte et une forte armée. Ce seigneur résolut d'assiéger d'abord Bergerac, où commandait Bertrand de rnie-Jourdain, dont la baronie fût élevée alors au titre de comté. — Bergerac fui pris malgré les eûorts du comte de nUe, qui se retira à La Réole. Plusieurs places tombèrent
au pouvoir des Anglais: Langoîi, BcaLjmuiit-dtj-Lûinagne, etc. La ville de VUle-Jourdain lut aussi assiégée et se soumit. La plupart des seigneurs du pays furent tués ou Ikits prisonniers par les Anglais devant Auberoche. Au nombre de ces derniers se trouva Bertrand de TlUe. A cette nou* vdle, le roi nomma Pierre de Bourbon son lieutenant en Languedoc , sous les ordres du duc de Normandie.
L'bistoire garde ie silence sur les actions de ce dernier prince ot de ses lieutcaanls en Guiennc après la descente du comte de Derby. Nous savons seulement gue leurs eiforts fiirent inutiles pour arrêter les années anglaises : c*est ce qui détermina le prince à mettre sur pied une nombreuse armée et à la réunir à Toulouse avec les états généraux, qu'il y convoqua pour le 17 février 1346. Ces états furent, en effet, ouverts au jour indiqué. Il y fut décidé qu'on ferait la levée d*un fouage de dix sols par feu , et qu'on se rcuniiait de nouveau au mois de mai suivant. L'armée assemblée à Toulouse montait à six mille cavaliers et cinquante mille piétons. On se mit en marche au mois
dO TUIFS IjilKRMiDUIAES.
de mars. Le duc Ut d'abord le siège d'Aiguillon, qu'il fut obligé de lever. Parmi ceux qui serrireat dàas cette armée, nous remarquons Geraud de Montfaucon, sénéchal de Toulouse, Assur de Polastroû, et Arajiud de La Vie vicomte de Villemur. Nos annales nous apprennent encore que les eapitouls de Toulouse fournirent au duc de Normandie mille sergents de leur ville pour le siège d'Aiguillon, et que Pons et Bernard dlzalguier, chev^ers de Toulouse, prêtèrent au roi et à ce prince des sommes considérables pour les frais de cette entreprise.
Sur la fin de mai, le duc de Normandie se rendit à Toulouse pour la tenue des états généraux quHl avait couvoqués ; on y régla la manière dont chaque corps devait pourvoir aux frais de la guerre. Le clergé du diocèse offrit de fournir un subside pour l'entretien d*un certain nombre de gens d'armes, outre le décime qu'il payait. Mais la descente que ût Edouard en Normandie, cl qui fut suivie de la funeste bataille de Crécy, força le duc à abandonner Aiguillon et à se porter au secours du roi son père. A Agen, où il se trouvait au mois d'août , il désigna, pour gouverner le Languedoc à sa place, son féal coasin Jean comte d'Armagnac, et accorda aux habitants de Toulouse la permissioa de clore la ville de murailles flanquées de tours. Ces murailles avaient été abattues après la paix de 1229, et on avait déjà commencé de les reconstruire. Le duc revint en France sous Fhabit de pêletin, et le comte d*Armagnac fixa sa résidence à Agen pour observer les mouvements des Anglais, qui s*étaient répandus jusque dans le Toulousain. Il importait grandement aux habitants de Toulouse que leur ville fût bien gardée ; aussi , le 10 oc-
TEMPS INTEimEblÂiaES. 391
tobre 1346, les capitouls deniandèrenl-ils au comte la permission d'étendre rimposition des quatre deniers par livre sur toute sorte de denrées, imposition .que le roi leur 'avait permise pour la réparation de leurs murailles. Ce fut à cette époque que Ton termina «l'enceinte dont les restes subsistent encore aujourd*hui, mais qui bientôt disparaftroût sans retour, grâce à la manie des alignements peu commodes dans les villes du Midi. On détruisit aussi quelques monastères qui étaient situés dans les faubourgs, eulr autres celui de Saint-Jacques le Vieux, dont la fondation nous est inconnue ; celui des bénédictines de Quny, depuis longtemps établi hors des. murs à côté d'une église dédiée à saint Cyprien, et qui reconnaissaient Tabbé de Moissac pour leur supérieur général et le prieur de la Daurade pour leur supérieur immédiat, (^es bénédictines prirent le nom de Dames de la Daurade ou de la Mer. Les inondations fréquentes occasionées par le fleuve et la guerre des Anglais les ayant forcées à chercher un asile dans reoeeinte des murs, elles se fixèrent près de la porte de Saint-Cyprien, en un lieu qui leur fut cédé par les chanoines de Saint-Etienne, et où se trouvait déjà une autre maison religieuse appelée les Sœurs Blanches de la Madeleine. Cette dernière maison avait été établie par la famille d'Aigremont, sous lei pontificat de Jean-Raymond de Gomminges.
Les Anglais faisant toujours des préparatils nouveaux pour étendre leurs conquêtes, toutes les villes du Languedoc cherchèrent à se fortifier ; on levait partout des subsides. D'après Bardin, un capitoul nommé Guillaume Fabri fut accusé du crime de péculat et jeté dans les fers ; mm
392 Tsxrs innftiiâiiàtuis.
il ajoute que plus tard sou innoceuce fiilt reconnue el qn*on
le réintégra dans sa charge. même prison qui avait reçu le capiloul reçut bientôt après Guillaume de Cardaillac ^ évéqne de Saint-Papoul, accusé d*inlelligence a?ec les Anglais et (le les avoir accueilli dans son diocèse. Le sénéchal de Toulouse le fit arrêter et conduire en cette ville avec quelques ecclésiastiques de sa famille et tous ses domestiques. Ce prélat fut emprisonné au commencement de Fannée 1347 et ses biens confisqués. Le pape, ayant appris cet événement , excommunia ceux qui y avaient participé et se réserva leur absolution. Le sénéchal députa vers le pape pour exposer les motifs de sa conduite et demander la révocation de la sentence. Le roi uucrvint, et ordonna que révôque fût rendu à la liberté. Cet illustre évéque, sur le point de mourir victime de ses indignes calomiiialcurs, était d'une éminente sainteté ; il opéra même des miracles pendant sa vie. Sa mort iau'riva au mois de mars de la mémo année. Il fut luiiumé dans sa cathédrale, qu'il avait terminée et enrichie de plusieurs vases d'or et d'argent d'un grand prix. Après sa mort, le pape commit Raymond de Canillac pour donner l'absolution à ceux qu il avait excommuniés ; Geraud de Montfiuicon sénéchal de Toulouse» Oudard de Merrin viguier, et Guillauuic de Grésac juge de Rieux, principaux coupables, furent condamnés à une pénitence qu*ils devaient faire à Toulouse, à Saint-Papoul, et a Vallespi , château que Cardaillac avait fait bâtir.
Cette même année, mourut à Toulouse Jean de la Tis* senderie, évêque de Ricux, qui avait fait construire à ses frais le palais épiscopal, et bâtir à Toulouse, auprès de la grande église des Cordeliers, une chapelle qui porta le nom
^ TEMPS LNTKRMÉOiàlRRS. 393
de son é?êebé, et daos laquelle il fut inhumé. Son tombeau et son epiUphe s'y voyaient encore avant la révolution française. Jean de la Tissenderie consacra la grande et belle église (les Cordelicrs, dont les fondements avaient été jetés par Pierre cardinal de Foix, cent ans auparavant (1222). n ne txai pas confondre ce cardinal avec Pierre de Foix qui bâtit k Toulouse, au siècle suivant, le collège qui porto son nom ; ni avec avec Paul cardinal de Foix, qui occupa le siège de Toulouse au seizième siècle. Le pr^er était religieux franciscaiii.
A la même époque, mourut aussi à Toulouse Dominique Grenier de l'ordre des frères prêcheurs, évêque de Pamiers. Il enrichit le couvent de son ordre à Toulouse d'une chapelle dédiée à saint Antonin, an dessous de laquelle il fit étaWir une grande cr)pte pour la sépulture des frères et poqr six chanoines de Pamiers qui mourraient en cette ville. 11 fit élever aussi dans la même maison de vastes infirmeries. La bibliothèque des dominicains à Toulouse possédait de savants commentaires de ce prélat sur plusieurs livres de la Sainte-Ecriture. Sous son épiscopat, on termina à Pamiers Tabside de la nouvelle cathédrale.
Au mois d*août i547, la ville de Calais tomba au pouvoir des armées anglaises : c'est ce qui détermina Clément VI à prendre tous les moyens possibles pour Mre renouveler la trêve entre Philippe et Kdouard. Elle le fut en effet jusqu'en 1351, quoique assez mai gardée. Les comtes de Poix et d*Annagnac ayant rejoint Tannée du roi, ce prince nomma à leur place le comte de Valentinois et Guillaume de Flavacourt archevêque d'Auch pour ses lieutenanis en ' Languedoc : ce qui n*empécha pas le comte de Ville et
TEMPS IMEUMÉUIAIBES.
Gallois de Labaume de remplir les mêmes foncUoDS dans la province.
Uarchevêque d'Âuch; accompagné de Geoffroi de Charni
et de Gallois, se rendit à Toulouse, où ils assemblèrent, au mois de mars, les députés des principales communautés du pays, et convinrent que la sénéchaussée de Toulouse fournirait au roi quinze cents hommes d'armes entretenus à ses dépens, supposé que la trêve vint à se rompre. Guillaume de Flavacourt ika son séjour à Toulouse. Le 27 juillet 1349, il approuva un traité passé entre le procureur général de la sénéchaussée et les hahîtants de Montesquieu dans le Lauraguais. 11 était encore en cette viUe à la fm de Tannée puisqu*il y convoqua toute la noblesse de la sénéchaussée pour le mois de janvier suivant, et y donna, le 24 décembre^ des lettres pour faire jouir Gaston de Foix et Âgnès sa femme de la terre de Montesquieu-Volvestre.
Toulouse vit alors son archevêque Raymond de Canillac ^evé à la dignité de cardinal sous le titre de Sainte-Croix,
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