‹ Histoire générale de l'église de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours recueillie des monuments les plus authentiquesChapitre 17 sur 37 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

DEPUIS L ÉLÉVATION AU CARDINALAT DE RAYMOND DE CANILLAC» ARCBEVâQUE DE TOULOUSE, EN 1350, JUSQU*A LA MORT DE PIERRE DE SAINT-MARTIAL, EN 1401.

A peine Raymond de GaniUac fiit-il promu au cardinalat

pai Clément YI qu'il donna la démission de son siège. Il ne garda rarchevéché de Touloose qae cinq années, et eut pour successeur Etienne Âldobrandini ou d*Aldebert, évè* que de Saint-Pons et archevêque d'Arles. Le cardinal de CaniUac fut créé plus tard évêque de Palestrine et mourut à Avignon en 1575.

Jacques de Bourbon comte de la Marche fut nommé par le roi capitaine général de tout le Languedoc, n exerçait cette charge en 1350. Au commencement de cette année, les Anglais, ayant violé la trêve, s^avancërent jusqn*aux portes de Toulouse : ce qui engagea le prince k ordonner que tous les chefs de iamilie de la viguehe de Toulouse se rendissent en armes à Moissac lé 26 janvier, pour résis^ ter à leurs entreprises. Le roi, de son côté, donna cornmission au prieur de Saint-Martin-des-^hamps de Paris et à Guillaume Balbet de se rendre à Toulouse pour y recueillir largent destiné à la garde du pays. 11 leur donna de plus le pouvoir d*accorder des rémissions pour toute sorte de crimes, d'anoblir et de légitimer moyennant finan-

ce. Ce fut là un dés derniers actes du règne de Philippe

de Valois, qui mourut à Nogent-le-Rotrou au mois d'août suivant. La ville de Revel dans le Lauraguais doit son origine à ce prince, qui éleva une bastide dans ce lien, véritable désert où se retiraient auparavant les malfaiteurs. Une cité se forma insensiblement autour de cette bastide, et elle se trouva bientôt peuplée par trois mille habitants, auxquels Philippe de Valois accorda de grands privilèges. II nomma commissaire pour cette fondation Guillaume Flotte seigneur de Revel, qui donna son nom à la nou~ vette ville.

Notre chroniqueur Bardin rapporte qu'en 1550, le roi Jean se trouvant à Villeneuve-d' Avignon, on lui donna un tournoi , et que le vicaire général de Tarcbevéque de Toulouse se présenta devant lui pour se plaindre des horribles traitements que les supérieurs des moines ûdsaient subir à leurs religieux en les jetant dans une prison perpétuelle appelée le Vade in pace, où ils étaient au pain et à 1 eau, sans antre secours. Le roi ordonna que tous les abbés, prieurs et gouveiiieuis des monastères visiteraient deux fois par mois ces religieux, et leur donneraient un compagnon de temps h autre, il confia. Texécution de cette ordonnance à Olivier de Laya; sénéchal de Toulouse, et à ses successeurs. Les frères mineurs et prêcheurs en appelèrent au pape de cette sentence : mais le roi déclara que , s'ils n'obéissaient pas, ils seraient forcés de quitter son royaume. Ils se soumirent.

Nos abbayes du Toulousain nous offrent, dans la période de vingt années, quelques faits que nous consignons dans cette histoire. Julienne de Comminges, qui gouvernait Tab-

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baye de Saint-Laoreot de Goujon, eut soin de faire conlirmer par Ajmeric de Comminges quelques biens de son monastère. Cette abbesse existait. encore en 1348, mais nous ignorons répoqiie de sa mort. Celtu inai-un demeura qualre-vingts ans sans abbesse connue, car ce n*est qu'en 14*24 qtte Ton trouve le nom d^Honorée de Motte. — Bonnefous de Durforl, prieur de la Daurade, .obtint de Clément VI l'antorisation de porter, dans la célébration des divers offices, une crosse ou bâton pastoral d'or ou d'argent. Aymeric de Montaigut, abbé de Mas-Garmer, pourvut de revenus annuels plusieurs charges de son abbaye, telles que celles de cubiculaire ou hôtelier, d'infirmier, etc., avec Tapprobation de Bemard*Roger de Saint-Sever, qui présida le chapitre général de Saint-Benoit. Il (ixa àvingtcmq le nombre des religieux qui devaient composer l'abbaye. Après sa mort, arrivée en 1347, on élut pour loi succéder Pierre de Marguerie, qui ne vécut que peu de mois. A ce dernier succéda Haymond Uuuaud de Montauban. — L*abbaye des religieuses de Saint-Saturnin de Tou- . louse fut gouvernée petidanl dix-huit années par Gancione, qui mourut en 1341. Aimengarde lui succéda. — Arnaud 111 de Mards, abbé d*Eaunes, mourut en 1345, et eut pour successeur Arnaud de Cabagnac, docteur endroit. — Grand- Selve venait de perdre son abbé Guillaume de Firet, qui eut pour successeur Baoul, en 1548.

Le siège de Bieux. perdit Antoine de Lobens, son évêque, qui n'avait gouverné cette église que deux années ; il eut pour successeur, en 1550, Durand des Chapelles, qui lut transféré au siège de Maguelonne. L'abbaye de Feuillants dans ce diocèse ne nous offre,, pour c«tle période, que

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la série de ses abbés : Guillaume de Villamole, Arnaud

de Falgar, Raymond-Alton de Sés, et Guillaume. Il en est de même de celle de Galers, ou nous rencoatroos les abbés Bernard Hugon, Pierre de Ménebac, Ermengaud, Raymond Fortanier, qui transigea sur quelques domaines avec Artaud -Guillaume de Beaumont, et Raymond. Dayle,qui fit quelques acquisitions daus la ville de Paiiiicrs. — fiolbonne vit élever à la dignité du cardinalat Guillaume de Lacourt, son abbé, qui d'abord fut fait évêque de Nîmes et ensuite d'Aibi. Durand lui succéda. Nous apprenons des actes de son gouTemement que le i>ape Bçnoît XII avait fondé k Bolbonne deux chapelles ou services pour le repos de son âme et de celle du cardinal de Saint-Prisque, son parent. Arnaud II lui succéda. Ce dernier, par Tordre de labbé de Citeaux, visita en 15îiO Vabbayc de Valnègre.

Quant à Téglise de Comminges, Guillaume de Larvo la gouverna jusqu'en 1356, époque à laquelle il domia sans doute sa démission quand il fut créé conseiller du roi. Il eut pour successeur Hugues de Ghatillon, qui était chanoine de Saint-Bertrand. Cet illustre prélat fit élever la belle chapelle où il voulut reposer après sa mort , et termina Téglise actuelle. En 1338, il détermina, de concert avec Pierre Raymond! , seigneur de Saint-Frajou , les limites des domaines de Vévêché en ce lieu. Ce prélat mourut en 1352, et fut enseveli dans la chapelle qu'il avait construite. On admire encore aujourd'hui à Saint-Bertrand le superbe mausolée élevé à sa mémoire ; c'est Tun des plus beaux morceaux d'architecture qui existent dans le midi de la France. — Arnaud de Marque£ave gouverna Fabbaye de Bonnefont jusqu'en 1348. Nous trouvons, après lui, cette

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abbaye privée de ses chefs jusqa*en 1360. Pour celle de Nizors, elle eut pour abbés, après Arnaud de Falgar, Pierre Sicardi, docteur en théologie, qui augineuta les domaines du monastère ; ensuite, Raymond de Castanet et Bernard Dupuy, en 1550.

La province voyait à cette époque les sénéchaux et les lieutenants du roi se succéder avec une étonnante rapidité. Quoique nous ayons déjà parlé d'Olivier de Laya ou de Laye comme sénéchal de Toulouse, néanmoins Charles de Navarre se qualifiait du titre de lieutenant en Languedoc, et ce fut en cette qualité qu en 1551 il entreprit sur les Anglais le siège de Montréal en Agenais. La noblesse el les ctiiTimimes de la sénéchaussée de Toulouse se trouvèrent à ce siège. Au roi de Navarre succéda Gérard de Montiaucon dans le gouvernement du Languedoc, qui, en 1551, expédia plusieurs lettres à Toulouse, de concert avec le prieur de Saint-Martin, réformateur général. L*archevéque de cette ville, Etienne d'Aldebert, fonda une chapelle dans Tégiise du monastère de Samt-Aliyre, où il avait été moine, et reçut du roi Jean plusieurs privilèges en faveur de celte luudalion. Il parait qu'il avait conservé des droits ' de «propriété sur cette maison puisqu'il délégua Jacques, abbé de Saint-André de Clermont, pour la distribution par égales parties des bious de 1 abbé et des moines do Saint- AUyre.

Au mois de janvier 1552, Bertrand de Piperac, prieur de Saint-Martin-des<ihamps, se trouvait à Toulouse en qualité de réformateur, avec pouvoir de demander des subsides aux. peuples des sénéchaussées de la province pour résister aux Anglais qui avaient résolu d*assiéger Toulouse. La trêve

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expirait le 12 septembre^ La crainte de voir leur projet se réaliser, engagea les liabitants à se fortifier. On détruisit alors tons les £aiubourgs : les chanoines réguliers de la cathédrale, le monastère des repenties de Sainl-Loup, les vicomtes de Caraman et de Villemur, iiaymond de Castelnau d*Estretefonds, Bernard de Darford de Malauze virent leurs maisons détruites. Le siie de Craon commandait alors à Toulouse avec Charles d*£spagne, connétable de France. La plupart des Toulousains s'armèrent ; d*aulres s'enfuirent, car le comte de Strafford menaçait vivement Toulouse. Gaston-Phébus comte de Foii s*y rendît aussitôt pour la défendre, et Aimery de Rochechouart sire de iMortemart y fut envoyé en qualité de sénéchal.

Sur ces entre£adtes, mourut à Villeneuve-d'Avignon le pape Clément VI. Peu de temps avant sa mort , Etienne d'Aldebert avait convoqué , dans la cathédrale de Saint- Etienne, tous les clercs séculiers et réguliers pour rendre foi et hommage au pontife. Innocent VI succéda à Clément. Le nouveau pontife, dans sa jeunesse, avait étudié dans l'université de Toulouse, où il avait pris le degré de docteur en droit civil et où il avait même professé. On assure qu'il avait aussi exercé en cette ville l'office de juge-mage. Il s'appelait Etienne d'Âubert.

Le diocèse de Toulouse vit s'élever, ou du moins se terminer, un nouveau monastère, celui dès religieuses Salenques. Gaston comte de Foix avait jeté, quelque temps avant sa mort, les fondements de cette maison tout près d'une église dédiée k saint Félix, en un lieu appelé Salenques (de Salencbis)^ au territoire de Rieux. Les religieuses cisterciennes qui devaient Thabiter étaient au nombre de

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trente. Gaston, n'ayant pu terminer cette fondation, laissa •

ce soin à Eléonore sa veuve et k Gaston-Phébus son fils. Â leur demande, les papes Oément VI et Innocent Yi députèrent les abbés d*£aunes, de Lezat et de Galers pour lexéculion de celte œuvre. Les fondateurs se réservèrent pour eux et leurs successeurs le choix des religieuses à admettre dans leur maison ; ils la soumirent k Tabbé de Buibonne, et voulurent qu on donnât à ces iiUes deux religieux discrets et prudents pour la direction spirituelle. Ils (levaient recevoir de l'abbesse huit tlorins par an. Un prêtre séculier fut aussi attaché à ce monastère, alln d y célébrer tous les jours la messe pour le repos des âmes des princes de la maison de Foix. On donna à cette abbaye le nom de l'Abondance-Dim, Mantelène de Chatillon, religieuse de la Lumière-Dieu ou Fabas, fut créée et installée première abijc^se de Salenqucs. Son intronisation fut faite en présence de Tabbé de Lezat, qui entonna Thymne Te Deiun. Levcquo de Couscrans, Canard, uflicia pontiûcalementi

Le pape et le roi Jean approuvèrent, à cette même époque, le monastère de St-Pantaléon à Toulouse. Ce prince, dans un voyage qu'il entreprit en Languedoc en 1354, se

trouvant à Nîmes, exempta les religieux de Fabbaye de Grand-Selve de toute sorte de péages dans la sénéchaussée

de Caitassonne, et ordonna au sénéchal de Toulouse d*in-

former sur Xusmje qu'avaient les religieux dans la forêt de Boutteville. Le roi se rendit à Avignon, et ce fut pendant son séjour en cette ville que le pape chargea Etienne d*Aldebert, archevêque de Toulouse, d'administrer l'Eglise d'Avignon. Ce prélat, ne pouvant alors se rendre dans sa propre m te

TEMPS INTBUIÉDUIRES.

Eglise, la fit goaverner par son ?icalre-général Guillaume

Bragose, qui fut depuis évêque de Vabres et cardinal. Cette circonstance nous porte à croire qu'Ëtienne fixa son séjour à Avignon ters ce même temps ; c*est là qu'il quittança Durand, abbé, de ia somme de cinquante lloi uis que ce dernier devait au pape, et qu*il lui donna Tabsolution de la peine (pi'il avait eiicouiTic; pour avoir dift'cré à les payer. Etienne attesta encore à la cour romaine qu Audouin, abbé de Gluny, s*était pleinement acquitté à Tégard de la chambre apostolique. Nous le trouvons encore, deux ans après, à Avignon, où il reçoit Guillaume d'Alberti en qualité de chapelain domestique du pape.

InuûctiU Vi, désirant ardemment rétablir la paix entre les rois de France et d*Angleterre, les engagea à envoyer (levant lui leurs plénipotentiaii'cs. Ceux-ci se rendirent en effet à Avignon, mais ne purent sentendre : de sorte que les hostilités recommencèrent. Edouard envoya le prince de Galles son fîts prendre le commandement de son armée, et Jean confia la direction de la guerre au comte d'Anna* gnac. Celui-ci, ayant appris qu'on devait célébrer des joûtes à Toulouse le jour de Saïut-George 1555, les déleudii. Le sénéchal arrêta aussi le cours des divertissements du caru.iVciL Avaiil appris que le prince iltj Galles devait faire une irruption sur Toulouse, le comte d Armagnac somma tous les [)enples des environs de se retirer dans Tintérieur de la ville, et ordonna k tous les habitants au-dessus de râge de quatorze ans de s'armer, au moins un dans chaque maison, de se tenir prêts à marcher, et de porter en signe de ralliement une croix blanche sur leurs habits. 11 lit venir à Toulouse un corps d*arha1étriers génois et lombards,

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et leva dus subsidiîs i)oiir soutciiii" les frais de la guciie. ' Cependant le prince de Galles débarqua à Bordeaux, traversa la Gascogne, vint camper à Portât près de Toulouse, pilla et brûla Caslanet, Carbonne, Miramoiit, Moutgiscard, Baziége, VilleCraoche, Avignonet, le Mas-Saintes^ Poelles, Castelnaudary, Fanjaux, Alzonne, Montréal, la ville basse de Carcassonne, et se dirigea vers Narboune, d*où il fut repoussé avec de grandes pertes par le vicomte Aimery. , Après cela il se retira vers Bordeaux, chargé des dépouilles de la province et emmenant un grand nombre de prisonniers. La consternation était générale ; de toutes parts on se mettait en défense.

Les muses ne furent pas toutefois aussi effrayées des préparatifs de la guerre, puisque ce fut h cette époque (1555) que Guillaume Molinier publia les préceptes dictés par la compagnie du Gai Sawdr sur la poésie. Le recueil de ces préceptes fut appelé les Lois d'amour (las Leys cCamor). Ce personnage, devenu célèbre dans nos annales académiques, avait été créé en 1325 chancelier ou secrétaire de la com^ pagnic des Sept Troubadours. Il était luge dans la rue de las Baladas (rue Valade), au quartier de Saint-Pierre-des- Cuisincs. Quoiqu'il eut étudié avec succès la jiirisprudence, cela ne Temp^chait pas de cultiver la poésie. Les troubadours lui confièrent alors la rédaction des lois de la poésie, de concert avec le docte et révérend seigneur iiarthélemy Marc, docteur ès-lois. Trente années environ furent consacrées à ce travail avec plus ou moins d'assiduité ; enfin en 1355 la compagnie du Gai-Savoir réalisa les voeux de ses devanciers. Dans ce long intervalle, on avait établi les grades de bachelier et de docteur eu la Gaie-Science ; on avait

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(iutiî ia compagnie d uii bedeau (Jbedd) , fixé ses alti iljuiions et les iûsigaes de sa dignité. À cette époque, les premiers troubadours avaient disparu, et nous trouvons les noms suivants : Cavayer de Liinel , Barthélémy l/alguier, Pierre de la Selva, Jean de Seyra, Bertrand Delfalgar, Raymond Gabarra, Germain de Gontaut. Ces nouveaux troubadours ajoutèrent deux pri:^ à celui de la violette d'or, — une ^églantine et un souci , et déclarèrent aussi que, pour exciter 1 émulation, ou pourrait de temps à autre donner quelqu autre prix aux poètes, il faut observer cependant que les trois fleurs retinrent le nom de jm$ principales (las joyas prtncîpah).

Guillaume Molinier publia son travail en 1555 ou 1356. Ou trouve dans ce livre les règles nécessaires à la compoposition des œuvres poétiques, au Jugement des ouvrages, et a la récepiion des grades divers en la Gaie-Science. Las Leys d'amui ont été traduites en notre siècle par M. le marquis d'Ëscouloubre, et publiées de nos jours par les soins de l'un des plus savants mainleneurs du Gai- Savoir (1). Ûû publia, au quatorzième siècle, d autres préceptes de poésie et de rhétorique en langue romane. Vm* teur et l'époque précise de cette seconde publication nous sont inconnus. Elle porte pour titre : Les Fleurs du Gai- Savoir (kts Ftors del Gay Saher). Ce traité a été traduit en français par M. le marquis dAguilar et publié aussi de nos jours.

Pendant que la poésie romane dictait ses gracieux préceptes, icâ états du Languedoc s'assemblaient à Toulouse

(1) M. (iaiicu-Amoull.

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au mois de mars 1356. fierlraod de Piperac, priear de Saint-MartiiHles^hani})s, Jean Glialemard, président du parlement de Paris, et Uûbert de Clermont, maréchal du ' duc de Normandie, s*y trou?èrent Ds annoncèrent à rassemblée que le duc de Normandie allatL venir pour se mettre à la tète des troupes et repousser rennemi, et qu il était nécessaire de voter des subsides. Arnaud de Paye, Tun des capitouls, répondit qu'ils étaient contents de ranivée du prince, qu*on était disposé à secourir le roi par tous les moyens possibles, et qu'on consentait à fimposition pendant un an de six deniers par livre sur toutes les denrées ou marcbandises qui seraient levées dans le pays, et de plus à celle d'un agneau ou muutou d'or par feu.

Le duc de Normandie fut remplacé dans la province par

son frère Jean comte de Poitiers. Le comte d'Armagnac continuait toujours à repousser les attaques des Anglais, et ne cessait, avec son armée rassemblée à Toulouse au mois de mai , d épier avec soin les marches de rennemi qui cherchait à passer le fleuve de Garonne pour foire une nouvelle irruption du côté de Narbonne. Les familles, frayées, quittaient la ville et se dirigeaient vers r£spâgne : ce qui obligea d*Armagnac à rendre, le juin, une ordonnance pour aiTéter les fuyards. Le comte de Poitiers convoqua toutes les milices à Toulouse pour le mois d*âOût, tandis que le {)rince de Galles, trompant sun advcrsaiie, se précipita dans l'Auvergne, le Berri et le Poitou, qu'il ravagea. Le roi Jean , averti de sa marche, alla à sa rencontre et lui Uvra bataille à Maupertuis en Poitou, le»iy septembre. Dans cette bataille, le roi de France fut l'ait prisonnier «

TBMPR IMTSIMÉDIàlBIS.

avec 4106 grande partie des nobles, au nombre desquels se

trouvait Pierre d'Aubigny, sénéchal de Toulouse.

 peine le comte d'Armagnac eu^il appris la captivité du monarque, qu*il convoqua les états à Toulouse pour la mioctobre. Ce fut dans cette circonstance mémorable que le clergé, la noblessse et le tiers^tat de cette sénéchaussée se montrèrent pleins d*ardeur pour la délivrance du monarque. Ou vota par acclamation des levées de troupes et des subsides en argent : il fut décidé qu*on prendrait le deuil jusqu'à la délivrance du roi, et quoa suspeiidiail tous les jeux et divertissements publics.

L*année suivante (1357), on tint à Toulouse une nouvelle assemblée des états au commencement de mai, dans la salle royale du château Narbonnais, et on ordonna la levée des subsides ; mais le peuple, ayant appris qu'une trêve avait été couciue entre les deux rois au mois précédent , et qu'on lui avait caché cette circonstance, n*écouta plus que son ressentiment : il courut en foule au château où se trouvait d'Armagnac et les offîciers du roi, et les y as^égea pendant une journée entière. Le comte s*évada dans la nuit. Les séditieux mirent le feu au château et le pdièrent, brûlèrent les maisons des officiers du roi, entr*autres celle de Montrevel, juge-mage, et tuèrent plusieurs personnes. Le tumulte enûn s apaisa. Le comte, étant rentré à Toulouse, ût rechercher les coupables ; quelques-uns forent pris et exécutés, d'autres prirent la fuite.

Le 15 avril 1358, le cçmte de Poitiers, que le roi son père avait nommé son lieutenant-général en Languedoc, assembla encore les états à Toulouse. Ce fut dans cette assemblée, où ne figura que le. tiers-état , que la séné-

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chaussée de Toulouse donoa en particulier à ce priace une

gialiiicalion Oc vingt raille moulons d'or pour son entrelien. Le comte passa quelques jours à Verdun-sur-Garonne. Le 30 mai, il se rendit a Grand-Selve, où il ordonna que Jean d'Armagnac serait mis en [lossession du comté de Gauré que le roi lui avait donné. Le 6 juin, il se trouvait à Grenade-sur-Garonne, oà il manda au sénéchal de Beaueaire ^ d'oi)liger tous les oûiciers royaux de faire un prêt au roi. Il indiqua rassemblée des états à Toulouse pour le mois de juillet, aiin de voter des secours pour la délivrance du roi. Cette assemblée fut tenue à Montpellier, et nous y trouvons les capitouls de Toulouse offrant de donner cinquante mille deniers d'or, k certaines conditions qui furent acceptées par le comte le 26 juillet, à Toulouse, où il se trouvait alors. Du reste, cette année et Vannée suivante, il parcourut rapidement toute la province pour des affaires la concernant, et convoqua les états des diverses sénéchaussées. Ces allées et venues continuelles prouvent que le pays était toujours menacé par les Anglais.

Ces peuples n'étaient pas les seuls à faire des hostilités puisque, en 1359, Gaston-Phébus comte de Foix se lia avec les Anglais eontire le roi et ses lieutenants. Il entreprit donc la guerre contre le comte de Poitiers et celui d'Armagnac dans le Toulousain. Les peuples de ce pays ayant voulu attaquer Gaston par une marche trop précipitée, ils furent • entièrement défaits. Cette victoire ranima l'ardeur de Gas- . ton-Phébus, qui assembla un .corps assez nombreux de Béarnais et d'Anglais, se jeta sur le Toulousain, où il prit et brûla plusieurs châteaux, entr'autres ceux d'Hauterive et

de Cintegabelle.

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Le pape iDQOcent VI n'oubliait pas Toulouse, où il avait

puisé la science sacrée. Possédant en celte ville une maison qu'il avait pendant longtemps habitée, il y fonda, Fan 1559, un collège pour vingt pauvres écoliers clercs, dix pour étudier en droit canon et dix en droit civil. Sur ces écoliers, six devaient être du collège de Limoges, quatre de Toulouse, et les autres de tout le royaume. Il dota quatre prêtres pour le service de la chapelle, quil dédia à saint Martial ainsi que le collège, et aussi pour la directiotf spirituelle des clercs. Tout en exemptant ce collège de la juridiction de rordinaire, il confia la direction de cette maisou à l'archevêque de Toulouse, et ordonna qu'après sa mort les cardinaux Arnaud et Pierre, ses neveux, Varchevéque d*Auch et révèque d*Albi opérassent dans la direction du collège tous les changements qu'ils jugeraient convenables. (Le collège Saint-Martial occupait le côté de la place du Capîtole situé entre la rue Saint-Rome et celle de la Pomme. L église était modeste et très obscure. Tout l'édifice est depuis longtemps détruit.) De nombreux bénéfices ayant été conférés à cette maison, rarchevèquo de Toulouse ordonna que les possesseurs de ces bénéfices seraient exempts des subsides qu^on levait en France pour la rançon du roi Jean.

Nous ne suivrons pas ici le comte de Poitiers daâs ses courses à travers le pays toulousain, convoquant les milices, s'opposant à la marche de l'ennemi, épousant à Carcassonne, le 24 juin 1560, Jeanne, fille de Jean d*Annagnac et de Béatrix de Clermonl.

Edouard, roi d'Angleterre, qui avait débarqué à Calais avec une nombreuse armée, s'avançait vers Paris. 11 était

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à Bretigny près de Chartres lorsque les envoyés du pape parvinrent à £aire adopter un traité, qui fut signé le 8 mars 1360. ce traité, le roi Jean devait être conduit à Calais ; sa rançon se portait k trois millions d'écus d'or. Il donna, pour ôtage de ses promesses, ses deux fils les comtes d*Anjott et de Poitiers, les ducs d*Orléans et de Bourbon, quarante des principaux seigueurs du royaume, quatre bourgeois de Paris» et deux des plus notables habitants des principales villes du royaume, parmi lesquelles Toulouse tenait Tun des premiers rangs. Le comté de Poitiers ayant été cédé aux Anglais, Jean se qualifia depuis du titre de duc de Berri. Il partit du Languedoc vers la mi-juillet, se rendit k Calais auprès du roi son père, et nomma pour ses lieutenants en son absence Pierre Aycelin dé Montaigu, prieur de Saint-Martin-des-Champs à Paris, et Jean Souvain, sénéchal de Beaucaire. On comprend que le royaume dût être facilement épuisé par la soiumc énorme qu'il fallut payer pour la rançon du roi. La sénéchaussée de Toulouse fût rune des plus chargées.

Par le traité de Jirétigny, le Périgord, le Querci, l'Agenais et la Bigorre furent cédés au roi Edouard ; ainsi le Languedoc, dont ces provinces faisaient partie, fut restreint aux anciennes sénéchaussées de Toulouse, de Carcassonne et de Beaucare. Nos rois rentrèrent plus tard dans la possession de ces provinces.

Au mois de janvier 1361, Innocent VI publia une croisade dont le but était d'arrêter les brigandages commis par les Compagnies. On entendait par ce mot une armée d'Anglais que le roi d'Angleterre avait licenciée après le traité de Brétigny, et qui s était accrue de beaucoup de ^ens san&

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aveu. Eile s*était emparé du Pont-Saint-Esprit et menaçait

AvigDOD. Le roi et la reine d'Aragon envoyèrent six cents hommes d*arme$ et mille hommes de pied ; celui de France ordonna de Mre marcher ses milices, et chargea le connétable de Fienae, son lieutenant, de les chasser à main armée. Les compagnies, qui avaient formé le dessein de se porter sur Toulouse, voyant quelles ne pouvaient longtemps résister àwk efforts réunis des croisés, envoyèrent des députés au pape. Après certaines conditions stipulées, les routiers proiiiin ut de passer les monts. Ils abandonnèrent en effet le Pont-Saint-Ëspnt, et partirent, sous la conduite du marquis de Montferrat.

Le 15 mai , mourut à Toulouse Etienne d'Aldebert, archevêque de cette ville. Son corps M porté à Qermont, au monastère de Saint- Allyre, où il avait été moine. 11 gouverna ce diocèse pendant dix ans, et eut pour successeur Gaufiîde de Veyroles, que le pape fit passer de révôebé de Carcassonne à la métropole de Toulouse.

A peine ce prélat eut-il pris possession de son siège, que Toulouse se vit encore menacée par une partie de routiers qui V avaient pas suivi les autres. Bernard d'Albret, leur chef, les ayant conduits dans les diocèses de Carcassonne et de Toulouse, ils prirent la ville de Montolieu cl celle de Saint-Papoul. Le général d*Audenbam se mit à leur poursuite, aidé par des Espagnols castillans que Henri comte de Transtamare et Sanche son frère avaient conduits en France. Ces princes, fils naturels d*Alfonse VI! roi de Gastille, avaient été obligés de fuir la persécution de Pierre le Cruel, leur frère légitime. Henri de Transtamare forma le projet de se servir des routiers pour aller combattre le roi de Cas-

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tille ; e*est ce qui le détenoina à se joindre au maréchal d*Âudenham pour conclure un traité avec les compagnies, qui s^engagèrent à sortir du royaume dans six semaines.

Tranquille do côté des routiers, Toulouse reçut dans ses murs une nouvelle colonie. Les religieux de la Saiute- Trinité pour la rédemption des captifs, qui depuis bien des aimccs avaiuiit roiidé une Maison à Toulouse dans le faubourg Saint-Micbel; désirèrent, à cause des guerres^ se retirer dans Tintérieur de la villel Le 2el janyier 1362, ils achetèrent du chapitre de Saint-Etienne, au prix de huit cents florins, une petite chapelle dédiée à saint Victor et une maison qui avait appartenu a la famille de Rouaix, et s'étabUrent en ce lieu, qu'ils ont occupé jusqu'à la révolution française, en 1790. (Le couTont et Téglise de la Trinité étaient situés dans la rue qui porte ce nom, à gauche. Ds sont aujourd'hui détruits.)

Peu de temps après rétablissement des trinitaires dans rintérieur delà ville, Innocent VI mourut à Avignon, le 12 septembre. Il avait élevé au cardinalat Guillaume Bragose, né à McLidc, ducLeur et professeur on droit dans l'université de Toulouse, que Ton regardait comme Tun des plus grands canouistes de son temps, et Hugues de Saint^artial, docteur eu droit civil de Toulouse, où il était k l'époque de la mort du pape. Les cardinaux durent, pour lui succéder, Guillaume de Grimoard, abbé de Saint-Victor de Marseille, qui prit le nom d'Urbain V. Au commencement de son pontificat, i! approuva une transaction que Gaufrid de Veyroles, archevêque de Toulouse, passa avec Villeneuve, prévôt de Saint-£tienne, au sujet de la collation et provision des bénéfices du diocèse. La prévôté fut reconnue

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412 TEMPS LNTEOMÉOIÂIBES.

appartenir de droit an chapitre, Tarchevêque n'ayant seulement sur ce bénùlice que le droit de conlirmaLiun.

Un des premiers soins d'Urbain V fut de réconcilier les comtes de Fcnx et d*Annagnac qui depuis longtemps se disaient là guerre au sujet de la succession du Béarn.v L'archevêque de Toulouse et Charles roi de Navarre avaient lait accepter, au mois de mars 15G2, aux deux princes une trêve ; mais d'Armagnac la rompit bientôt après, et envoya le défi au comte de Foix, qui Taccepta. Leurs armées se rencontrèrent au territoire de Launac, au diocèse de Toulouse. La bataille se livra le 5 décembre. Du côté de Foix se trouvaient Jourdain comte de Tille, les vicomtes de Cardonne, de Castelbon, de Couserans, le seigneur de Paliés; du côté d*ArmagnaG étaient le comte de Gomminges, les seigneurs de la maison d'Albret, et plusieurs autres. Le choc fut terrible. On combattit d*abord avec on égal succès, mais la victoire se décida en faveur de Foix. Neuf cents gentilshommes furent laits prisonniers avec d'Armagnac, et forent conduits au château de Foix. Le comte leur fit grâce de la vie, et leur donna quelques villes du comté pour prison jusqu'à ce qu'ils eussent payé leur rançon.

Le comté de Toulouse cessa à cette époque de faire partie du domaine particulier du roi de France ; le roi Jean unit définitivement ce comté et quelques autres à la couronne, pour la dédommager des provinces qu'on avait été obligé de céder à l Angleterre. Peu de temps après, ce prince mourut à Londres, le 'S avril 1564, laissant le royaume désolé par la levée des subsides et les courses des brigands. — Charles V succéda à son père.

Bardin le chroniqueur nous rapporte que, le 16 avril, le

TEMPS INTERMÉOIAIEES. i&43

marécbal d'Audenbam tint ime assemblée k Nimes'oti firent eavoyés, comme députés de Toulouse, Etienne de Nogaret, docteur en lois, et Pierre Izalgnier. 11. parait que Gaufrid de Veyroles, archevêque de Toulouse, trouvait que les inquisiteurs de la foi usaient un peu trop largement de leur puissance dans son diocèse, et qull avait voulu les forcer à suspendre leurs poursuites, sous peine d'excommunication. Les députés firent part à rassemblée de cet incident, en la suppliant de vouloir intervenir dans cette aiiaire. Les évôques présents, à l'exception de celui de Viviers, trouvèrent que cette intervention n*était point dans le droit. Le sénéchal alors évoquct l'affaire à son tribunal , cassa la sentence de 1 archevêque, et rétablit dans leurs fonctions les inquisiteurs. Plusieurs graves historiens regardent ces laits comme controuvés.

Louis duc d'Anjou, frère de Charles V, prit le gouvernement du Languedoc, et se rendit à Toulouse le 24 février 1365. 11 imposa d*un marc dargent tous les notaires de la province, aUn de pouvoir chasser les brigands ou pillards qui la désolaient ; et ce fut pendant son séjoui- à Toulouse qu'il renouvela, avec les ambassadeurs du roi d'Aragon, le traité d'alliance conclu depuis quelque temps entre les deux couronnes. Par ce traité, les deux rois tirent unç ligue offensive et défensive contre le roi de Navarre. Cette ligue devint pour le moment inutile, puisque la paix fut bientôt conclue entre Charles Y et ce dernier prince.

On a déjà vu que Henri comte de Transtamare, firère naturel de Pierre le Cruel, roi jle Castiile, devait conduire contre ce monarque les Compagnies ou Routiers qui se trouvaient encore en France. Il fut convenu entre le pape

'414 TEMPS iNTEOMÉDlAlUES.

Gt le roi qu'on confierait la conduite de ces compagnies et des autres milices qui devaient se joindre à elles, à Bertrand Du GuescliD, chevalier breton, déjà renommé par sa valeur. Ce Taillant capitaine, ayant reçu ses instructions, rassembla ses troupes, se dirigea vers Avignon, passa ensuite à Montpellier, et se rendit à Toulouse au mois de décembre 1365, d'où il emmena pour la guerre dXspagne quatre cents des principaux habitants. Les Toulousains se loiidirenl à Carcassonne, où les attendait le duc d'Anjou. Bertrand Du Guesclin arriva à Barcelonne avec ses troupes le premier jour de janvier 1366, et après avoir chassé du trône Pierre-le-Cruel, il y plaga Henri son frère. Pierre se réfugia par mer à Bayonne, et appela à son secours le prince de Galles, qui chercha à le faire remonter sur le trône. Pendant cette expédition, le duc d'Anjou séjourna à Toulouse aux mois de septembre et d'octobre, et donna des lettres de sauvegarde à l'abbaye de Grand-Selve à cause des dommages qu'elle avait soufferts de la part des Compagnies.

Le prince de Galles se mit à même de gagner les routiers qui étaient passés en Espagne, et les engagea à venir

dans sou armée. Ces milices suivirent ses ordres et ne tardèrent pas à rentrer en France par le pays de Foix, au nombre de douze mille hommes. Ces troupes, en sortant du comté de Foix, se partagèrent en trois corps ; deux passèrent par la Gascogne pour aller joindre à Bordeaux le prince de Galles ; et le troisième, composé de trois mille hommes, entra dans le Toulousain pour se rendre à Montauban qui appartenait à TAngleterre. Bertrand Du Guesclin repassa en France et rejoignit le duc d'Anjou à

Montpellier. On résolut de réunir Immédiatement les mili>

ces de la province pour s opijosor au passage des compagnies. Gui d'Àsai, sénéchal de Toulouse, prit le commandement de cinq cents lances et de quatre mille archers. Le 9 août , les troupes iiançaises campèrent à Yiiledieu, entre le Tarn et la Garonne. Une compagnie de ces brigands fut battue à Montech par les communes de Toulouse : cent hommes furent tués, quatre-vingts faits prisonniers; on prît cinq cents chevaux, et on mit le reste en déroiite.

Mais les compagnies prirent bientôt leur revanche. Berducat d'Albret, leur capitaine, sortit de Montauhan et fondit sur le.^ troupes françaises. Celles-ci le reçurent avec intrépidité, et forcèrent les compagnons à se repUer du côté de la ville, après en avoir tué une partie. Le gouverneur de Monlauban, qui avait mis la garnison sous les armes, rétabUt le combat ; de nouvelles compagnies étant arrivées au nombre de quatre cents hommes, les Français se virent forcés de chercher leur salut dans la fuite. Plusieurs habitants de Toulouse ainsi que le sénéchal furent faits prisonniers, et ne purent recouvrer leur liberté qu'avec une assez forte rançon.

En ce même temps Urbain V résolut de rétablir à Rome

le siège du souverain pontificat. Etant venu à Montpellier le janvier 1367, il y consacra la nouvelle église qu'il avait construite en Thonneur de saint Benoît, et fit présent aux franciscains de cette ville du bras droit de saint Louis de Marseille, évêque de Toulouse, qu*il leur fit remettre par Pierre d*Aragon, neveu du saint et oncle du roi d'Aragon. De retoiir à Avignon, il ht lever, le â4 avril, Tinterdit qull avait jeté sur la ville de Toulouse à cause de Temprison-

M TIMK INTBRMt&IAiniS.

nement du graod-vicaimde TarcheTéque. Nous iguoro&s la cause de cet emprisonnement, qui durait déjà depuis un

au. Deux capitouls et deux notables se rendirent à cette occasion auprès du pontife, et lui offrirent une pleine satisfaction sur celle ttliaiie, ;i la suite de laquelle le cardinal de Palestnne publia rabsolutiou suivante :

« Guillaume, par la miséricorde de Dieu cardinal-prêtre » du titre de Saint-Laurent in ÎAmnâ, à tous les prêtres, » clercs et laïques de Tuu et de Tautre sexe de la ville de » Toulouse, salut. — Désirant accueillir favorablement vos » humbles supplications, nous enlevons 1 interdit qui avait » été lancé contre les habitants et les églises de cette cité * à raison de quelques procès apostoliques intentes à Toc- » casion de la violence exercée par les capitouls et bourgeois » de la dite ville, en jetant en piison le vicaire-général de » rarchevèque, nyant égard au coDscntement desdits ar- » chevêque et vicaire-général et à Vacte de réparation fait » piil)li(jnoment par deux consuls et deux bourgeois devant » les portes du palais apostolique ; et cela, par l'autorité » du pape, dont nous sommes le pénitencier, et par la » délégation spéciale que nous avons reçue. — Donné à » Avignon, le 8 des kal. de mai , Tan IV' du pontificat » d*Urbain V. »

Le pape désirait ardemment le rétablissement de la discipline ecclésiastique : aussi écrivit-il en 1368 à tous les métropolitains de tenir des conciles provinciaux. D'après ces lettres, Tarchevéque de Narbonne prévint Gaufind de Veyroles, archevêque de Toulouse, de' se trouver avec lui et les autres évèques de la province à Lavaur pour y tenir un concile, qui fut ouvert le 27 mai. Qaufrid s'y trouva en

.nom uituiiÉDiÀiass. 417

personne ; on y remarqua encore Âmélius de Lautrec,

docteur en décrets, chanoine et chancelier de l'Eghse de Toulouse, qui avait professé le droit canonique dans Tuniversité de cette ville. Après avoir été évéque de Gooserans et de Comminges, il fut créé cardinal en 1390.

Gaufrid de Veyroles institua dans son église mélropolitaîne quatre chapellenies, qu'il dota très richement. H se trouvait dans sa ville épiscopale lorsque le duc d'Anjou s'y rendit,* sur les bruits de rupture entre les rois de France et d'Angleterre. Le prince séjourna longtemps en cette ville, et y reçut Marie de Bretagne sa femme, qui lit son entrée solennelle le 23* septembre. Cette princesse fit gi âce, à cette occasion, à deux criminels, prétendant en avoir le droit toutes les fois qu'elle faisait sa première entrée dans une ville de France.

L'année 1369 s'ouvrit à Toulouse pai* la cérémonie de la translation solennelle du corps de saint Thomas d*Aquin. ' Uii)ain V ayant dirimé la longue controverse qui existait entre les cisterciens de Fosse-Neuve où le saint était mort et les dominicains, cette insigne relique fut remise au général des Irères prêcheurs, Elle Raymondi. Le pape, en lui donnant le corps do saint à Montefiascone, où il *se trouvaii , lui dit : « Je vous avais laissé la liberté de déterminer » avec votre chapitre dans quelle de ces deux villes, de » Paris ou de Toulouse, vous feriez porter ces reliques ; » mais parce que je prévois que les fortes suliicitations » qu'on vous fera de toute part vous ôteront peut^tre la » liberté d'agir selon vos désirs, je révoque celte permis- » sion, et je choisis moi-même la ville et votre maison de > Toulouse, où je n'ignore pas que vous avez une église

44 s Tins IRTBUrtDIAIEIS.

> magnifique et où le peuple est fort pieux. D'ailleurs» ou

» vient d'établir dans la môme ville une faculté de théolo- » gie dout je veux que saint Thomas soit le docteur et le » maftre, à cause de la solidité et de la pureté de sa doc- » Irine. »

Urbain Y voulut prescrira lui-même Tordre dans lequel on devait transporter les saintes reliques. La châsse qui les

renfermait fut scellée du sceau du pontife. Le procureur général des dominicains, deux anciens religieux et Tauditeur du cardinal-évéque d'Albano, accompagnaient toujours le corps qu'ils ne devaient jamalâ perdre de vue, et précédaient le père général de demi-journée. Celui-ci couchait où les autres avaient dîné, et dînait le lendemain là où ils avaient passé la nuit. Après deux mois de marche, ils arrivèrent heureusement au monastère de Prouille, sur la lin de novembre 1568. Us s'arrêtèrent un mois enti^ pendant qu*on faisait à Toulouse les préparatife nécessaires pour la réception des reliques. La veille de Noël , on quitta Prouille. Le 26 janvier, on s'arrêta à Avignonet, et puis à Yillefranche. A Montgiscard, deux guérisons miraculeuses s'opérèrent. Le dimanche 28 janvier 1369, les reliques furent déposées, au point du jour, dans une petite chapelle appelée Notre-Dame de Pheretra (la chapelle de Saint-Roch). Le même jour, tout le clergé régulier et séculier se rendit processionnellement à cette chapelle pour prendre les reliques. On assure que plus de cent cinquante .mille personnes sortirent de la ville à la suite de Louis duc d* Anjou, qui assista k la cérémonie. On y voyait encore les ai-clievéqucs de Toulouse et de Narbonne, les évoques de Lavaur, 6eziers et Aire, les abbés de Saint-Saturnin et de Simorre,

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TOIM lOTBftHÉPIAIiSS. 419

les Cours, rUoiversHé et tous les ordres de la ville. Un dais

tout étincelant d'or et de pierreries était porté au-dessus des reliques par le duc et les principaux seigneurs de sa cour. Autour de la châsse flottaient six étendards : les deux premiers étaient aux armes de France, le troisième portait celles de la maison d'Anjou, le guatrième celles du pape, le cinquième celles de la maison d*Aquin, et le sixième celles de la ville Toulouse, yarchevéque de Narbonne prononça le panégyrique du saint ; les reliques lùrent déposées dans l'église des Frères prêcheurs, et à l'ofiferloire de la messe solennelle le duc d*AnJou donna cinquante francs d*or (quinquaginta franeos auri).

Le duc d Anjou, vers la lin de février 15G9, assembla à Toulouse les communes du Languedoc et donna des lettres pour révoquer tous les commissaires royaux qu'il avait institués, leurs fonctions ne servant qu à opprimer le peuple ; il confirma en même temps les traités que le comte d*Armaguac et Tarchevêque de Toulouse avaient passés avec les habitants de plusieurs ?Oles voisines. Ces traités nousap* prennent que Gaufrid de Veyroles était commissaire royal, qu*il attira à la France les habitants de Cahors et de Capdenac, et que le roi , pour le récompenser de ses services, lui accorda huit cents livres d'or.

Au mois de mai on découvrit à Toulouse une grande conspiration dans laquelle se trouvaient Perrin de Savoie dit le Petit Mesquith Arnaud de Peuue, Amanieu d'Artigues, Nolin Pavalhou, et quelques autres capitaines des compagnies que le duc d'Anjou avait prises au service du roi. Le plan des conjurés était de tuer ce prince ou de le livrer aux Anglais. Après que tous eurent été arrêtés et qtt*on les eût

4îO TEUPS INTERJlknUIHKïJ.

promenés lotis les quatre sur un char dans la ville, on Doya >

les deux premiers; les deux autres furent décapités et leurs corps mis eo quatre quartiers. Le prince partit de Toulouse au commencement de seplombre, se dirigea vers le Rhône, revint au mois d octobi^ dans cette ville, et y séjourna tout le reste de Tannée. Il acccorda divers privilèges à plusieurs villes qui sï'taieul placées sous l'obéissance du roi, établit James Izalguier, chevalier-bachelier, à Gimont: en Gascogne, avec quatre-vingt-dix-huit écuyers de sa suite, et distribua aussi les gens d'armes de la province en divers quartiers. Nous le trouvons encore à Toulouse au mois de janvier 1370, convoquant les états de la province, quittant ensuite cette ville, et se rendant en France pour se concerter avec le roi sur les opérations de la campagne prochainé contre les Anglais.

Il fut arrêté dans les conseils du monarque que Ton met* trait deux ai mées sur pied : Tune sous les ordres du duc d*Ànjou , vers le Périgord , et l'autre sous ceux du duc de Berri , vers le Limousin et le Quercî. Ces deux princes devaient attaquer simultanément le prince de Galles dans Angouléme. Bertrand Du Guesclin fut rappelé d'Espagne et créé connétable de France.

Le duc d' Anjou arriva à Toulouse le 11 judlet et y trouva réunies toute la noblesse et les milices de la province. Parmi ces milices, il y avail un corps (Varbalétriers du pays de Gènes en Savoie qui était commandé par Antoine Doria , chevalier génois. Peut-être le duc de Gênes, Dominique Frégose. avait-il été porté à envoyer des secours au prince par Philippe Foucaud, fils d*un viguier de Toulouse et qui jouissait d'un grand crédit auprès de lui. Philippe élait un

TIHFi lirtElllÉVIUaKS. 421

homme plein de valeur ; il se sigoala dans rexpédiUon de Gônes contre Tile de Ch.vi)ie, et revint à Toulouse chargé d*honDears et de richesses. Sa faoulle deviui puissante daus le pays.

Après avoir laissé à Toulouse révèque de Chai ti os, son chancelier, pour laire lever des subsides, le duc d'Anjou commença le cours de ses exploits ; Moissac, Âgen, Tonneins, le Port-Sainte-Marie, Aiguillon, Cahors, se soumirent à son approche. Il rentra à Toulouse au mois â*août, et entreprit ensuite le voyage d'Avignon pour saluer le pape, qui s était rendu de Rome en celte ville. Ce pontiie, à la prière de Tarchevèque de Toulouse, confirma la consUtation de Clément YI par laquelle il déclarait que les évêques suffragants étaient tenus de rendre hommage au métropolitain, quoiqu'ils n*6ussent été ni élus par le chapitre ni coniirmés selon l antique usage par le métropolitain, mais seulement promus par le siège apostolique. Urbain mourut * . bientôt après.

D'Avignon, le duc d Anjou rentra k Toulouse, où Marie de Bretagne sa femme donna le jour à une fille nommée

Marie. Marguerite de Roquefort, damoiselle, fut choisie pour nourrice de la jeune princesse. Le duc la gratifia de cent francs d*or. Quelque temps avant Tarrivée du prince, on avait pendu à Toulouse Thomas de Walquefare, chevalier anglais, sénéchal du Querci pour le roi d'Angleterre. On éleva, pour cette exécution, un immense échalaud où treize charpentiers furent employés.

Grégoire VI succéda à Urbain V au mois de décembre 1570. L'un des premiers actes de son pontificat fut une bulle qui donnait plein pouvoir à Audouin cardinal d'Ostie <

itli niKi ûmurtiHàiitt.

de dresser des statuts pour un eollége que ce prélat venait

de luiider à Toulouse. Ce collège éLait celui de Maguelonne. Il devait y avoir dix étudiants en droit civil et canonique et un prêtre. Cette maison était située me dn Taur ; sur son ,emplacemeût on a conâUult aujouixl hui un magnifique hôtel.

Nos annales nous montrent à cette époque le duc d'Anjou fixant son séjour à Toulouse, où il assemblait de temps à autre les états, et parcourant ensuite la province pour aviser aux moyens de résister à certaines compagnies de gens d*armes qui désolaient le pays.

L'archevêque de Toulouse permit, en 1572, aux religieux de saiût Dominique de londer un couvent de femmes de leur ordre dans une maison appelée à Toulouse rHôpital de la Couronne. Cette maison était, à ce que nous croyons, située rue du Petit-Versailles. Elle fut placée sous la juridiction de la prieure de ProuiUe, et prit plus tard le nom de Saiute-Catberine de Sienne qui lui fut donné pour patronne. Gaufrid de Veyroles assista au contrat de mariage de Jean, fils du comte de Bologne et d'Auvergne, etd'Hélionorde, fille de Pierre-Baymond comte de Gomminges.

D*après le chroniqueur Bardin, le duc d*Ânjou créa en 1375, Il Toulouse, de nouveaux capitouls dont les noms ont été conservés dans sa Chronique, et qui, pour être prorogés dans leurs charges, donnèrent au prince six cents écus d'or. 11 résidait toujours à Toulouse, où il assembla, en 1374, une armée forte de quinze mille gens d*armes. Le connétable Du Guesclin en prit le commandement. Sa marche fut contrariée par une mortaUté, qui devint si grande dans le Toulousain qu*on y vendit le quartm de blé jus-

TBMPa» IMlkimt^UlAlUliS. . 4:23

qu'à soixante florins. Lorsqu elle eat cessé, le duc d'Anjou se précipita dans TAgenais, où il prit sur les Anglais plusieurs places. Les plénipotentiaires des rois de France et d'Angleterre, s'étanl réunis à Bruges, convinrent en 1373 d*una trêve qui devait durer une aunée entière.

GentoUe d*Astarac, prévôt de Saint*-Eti6nne, mourut en 1361, et eut pour successeur Jacques de Villeneuve. Celuici autorisa les religieuses augustines, dans là personne de Constance de Poitiers, leur abbesse, à bâtir une église dans la paroisse Saint>Eticnne. Il eut une discussion avec les capitouls au sujet de la construction des murs d'enceinte de la ville derrière la maison do la prévôté, discussion qui lut heureusement terminée. Il mourut en 1575, et eut pour successeur Jean de Gasillac, qui ne garda la prévôté qo*une seule année.

Hugues de Roger et Jean de Nogaret gouvernèrent suc^ cessivement Tabbaye de Saint-Satundn. Ce dernier était docteur en droit et professeur très habile dans l'université de Toulouse. Il eut pour successeur Ramuulphe de Valignac de Limugcs, qui iiiuurut en 1573.

Le psieuré de la Daurade perdit, dans cette période, Bonnefous de Durfort, qui avait profité de sa médiation pour réconcilier avec le comte de Poitiers les habitants du lieu de Lagardelie qui s'étaient révoltés contre le juge de Rieux, au sujet de certaines levées de milices qu*il faisait dans la province. On place sa mort en Tannée 1301. U eut pour successeur Guillaume de Lorme, qui fut transféré plus tard k labbaye de la Chaise-Dieu eu Auvergne. A ce dernier prieur de la Daurade succéda Bernard de Malodun. Nous apprenons qu'il existait depuis longtemps auprès de l'église

4ii TiMK umaNloiiiug.

de ce nom un hôpital do SaiDt-Esprii, puisque Urbain V

ordonna h ce prieur tic délruirc cette maison qni ne pouvait plus se soutenir. Bernard mourut en 1570 ; Bernard Du&ur lui succéda en 1376.

Guillaume de Médère succéda à Hunaud de Montauban dans le gouvernement de Tabbaye du Mas-^amier. Il avait été abbé de Sainte-Sophie de Bénévent, et devint abbé de Saint-Gilles. Jean d'Alberti vint après lui. Ce dernier, prieur de SaintrEmerent au diocèse d*Aucb, assista au chafMtFe général des religieux bénédictins des trois provinces d'Auch, Toulouse et Narbonne, qui se tint à Lavaur en 1368.

Cest à cette époque que nous trouvons ta première ab> besse de Saint-Pantaléoa appelée de Naves, ainsi que les noms de Saure, de Navatte de la ViUe-d*Yers, qui lui succédèrent. L atibaye d'Eaunes ne nous offre que le nom de ses abbés Bernard, Jean, Jacques et Pons Dupuy. Grand- Selve avait à sa tête Raoul, qui est connu dans notre hîs-

toire pour avoir agraudi les bâtiments du collège de Saint- Bernard à Toulouse, et avoir eu quelques démêlés avec le prieur de Grenade. Il mourut en 1S68, et eut pour successeur Bernard de la Fours.

L*abbaye de Salenques avait à sa tête Marguerite, qni avait succédé à Mantélie de CluiLillua. Une autre Marguerite de Levis, de la noble famille des seigneurs de Mirepoix, hii succéda bientôt après. — Arnaud III occupa Vabbaye de Cialers ; il mourut en 1374, et eut pour successeur Bernard li.

Ce fut en lan lô-iô que les religieuses de Sainte-Claire s'établirent sur le territoire de la paroisse de la Dalbade. Bernard, cardinal-évêque de Porto, leur céda plusieurs

TEMPS UNTBRMÉDlJklRES. 423

maisoDS qu'il possédait, et le nouveau monastère 8*étabUt sur leurs ruines. Guiiiaume de yumbal, curé de la Dalbade, prétendit que cet établissement portait un grand préjudice à son église et en demamki la destruction. Ce différend lut terminé par la médiation du souverain pontife. Les religieuses de Sainte-Claire fondèrent un autre monastère dans un lieu nommé les Carrelés, au diocèse de Toulouse. Une noble dame toulousaine nommée Françoise de SaintrRaymond fournit aux frais de cette nouvelle maison. Les guerres continuelles dont la contrée fut le théâtre détruisirent ce monastère, qui, avec la permission d'Innocent VI en 1557, fut reconstruit dans l'intérieur de la ville d*Âuterive, sur un emplacement que Gaucelme Mascon , seigneur du lieu, leur céda.

De l'année 1350 à l'année 1575, le siège de Rieux fut occupé par Durand des Chapelles dont nous avons déjà parlé. Jean II lui succéda, et gouverna cette Eglise jusqu'en 1359. Pierre de Saint-Martial, né dans la paroisse de Saint- Thomas de la Chapelle do Plan, au diocèse de Tulle, fut élu évôque de Rieux. iiiuiiédiatement après la mort de Jean II. Il fut transféré sur le siège de Carcassonne et de là à Varchevéché de Toulouse, comme nous le dirons en son lieu. Jean de Lanta succéda à Pierre de Saint-Martial.

L'abbaye de Feuillants iie nous offre, dans cette période, que li s noms de ses abbés : Germain, Jean du Falgar et Bernard de Calme. — Bernard VI de Planvillars, Martin, Pierre III, Pierre IV, d^Âulier moine de Bolbonne, occupèrent tour à tour l'abbaye de Calers. — Arnaud II abbé de Bolbonne visita, en 1350, le monastère de Valnègre, par délégation de l'abbé de Citeaux. Guillaume IV, son succes-

4S6 thus mmiiAiiuiMS.

seur, reçut trois mille florîDS d*or de la libéralité de Gail-

lauiiiu évéque (le Tusculum, pour lentrctien de trois religieux de fioibonne daos TuniTersité de Paris. Après lui, Raymond fonda un anniversaire solennel poor le repos de Tâme de cet insigne bienfaiteur, qui légua tous ses hieus à , cette abbaye. Pierre d'Aulier fut fût abbé de fioibonne après Raymond.

A Hugues de CbàUllon succéda, sur le siège de Commiuges, Bertrand de Gosnac né au territoire de Limoges. Il était religieux de l'ordre de saint Augustin lorsqu'on 1352 11 fut fût évéque de cette ville. Nous trouvons son nom dans des accords qui forent passés entre Pierre de Mirepoix et Arnaud d'Auton, ainsi que dans des lettres do Matho comtesse de Comminges. Innocent VI avait la plus grande confiance daa> son adresse à diriger les affaires les plus délicates ; c est ce qui détermina le pape à le charger de recouvra les sommes qui étaient dues au collège des cardinaux. En 15G6, il assista au concile de Lavaur. Ayant été créé cardinal par Grégoire XI sous le titre de Saint-Marcel, il donna la démission de son siège en 1372, et eut pour successeur à Comminges Guillaume d'Espagne, ûls d'Arnaud de Montespan et de Marguerite de Barthe. Il avait gouverné l'Eglise de Pamiers avant d'être promu k i'évéché de Comminges.

L*abbaye de Bonnefont ne nous offre que le nom de deuxdo ses abbés dans cette période, — Bertrand I" et Arnaud V. Il en est de môme de celle de Nizors, que gouvernèrent

successivciiiciil Bernard du Puv et lîciiiard V.

Le cardinal do Pérlgord, en 1376, acheta la maison d'un nommé Maoran, sur la parmsse de Saint-Semin, et ycon-

TEMPS INTBRHÉOUIRBS. 427

struisit un collège. La mort Fempécha de terminer son

œuvre, qui fut conduite à sou terme par les soins de Grégoire Cette maison .devait renfermer vingt pauvres écoliers, dix pour le droit civil et dix pour le droit cauuiiique. U y avait, de plus, quatre prêtres destinés à la directioQ spirituelle du collège et au service de la chapelle qui fut dédiée à saint Front de Périgueux. Cette maison était située me du Taur, et est aujourd'hui occupée par le grand séminaire du diocèse.

Gaufrid de Yeyroles ne survécut pas longtemps à la fondation du collège de Périgord : il mourut à Toulouse dans la même année, le 10 mais. II avait gouverné cette Eglise pendant seize ans. Après sa mort, le siège resta vacant pendant deux années, et ne fat rempli qii*en 1578.

L'ordre de samt Dominique possédait alors a Toulouse l'une de ses plus grandes lumières, — Vincent Ferrier* Il était né à Valence, en 1537. Ayant commencé à quatorze ans ses études théologiques, il entra en 1374 dans Tordre des dominicains. Âus^t qu'il eut feit sa profession, il vmt à Toulouse pour y compléter ses cours, et après deux ans de séjour en cette ville, il la quitta pour se rendre à Lerida, où il reçut le grade de docteur. Nous le retrouverons plus tard à Toulouse exerçant avec un étonnant succès le ministère de la prédication.

Vincent Ferrier était encore à Toulouse lorsque, le 7 ocietore 1377, la duchesse d'Anjou y donna le jour à un prince qui fut appelé Louis, et qui succéda à son père dans le royaume de Naples et le comté de Provence. Le duc apprit la nouvelle de la naissance de cet eniiuit au siège de Montségur en Bazadois ; il revint aussitôt à Toulouse et y fit

célébrer de grandes fêtes poar les relevailles de la duchesse.

Jean de Gardailiac fut nommé à cette époque archevêque de Toulouse. Ce fut Fun des plus illustres prélats qui aient gouverné cette Eglise. 11 naquit dans le territoire de Cahors, , au lieu qui porte son nom, d*une très lUostre Emilie. Après avoir terminé ses études à Toulouse avec la i>lus haute distinction, il y fut reçu docteur et y professa le droit civil. L*académie de Toulouse Tenvoya auprès de Clément VI pour défendre ses privilèges. Le pape ne put s'empêcher d'admirer son éloquence, et le nomma évéque d'Orense en Espagne. Cardaillac ne partit pour son diocèse qu'après la mort de Clément Vi, dont il prononça leloge funèbre ; il prêcha aussi pour la cérémonie de rintronisatton dlnnocent, qui lut le successeur de Clément.

Jean de Cardaillac fut transféré de révêché d'Orense à Farchevêché de Biagues en Portugal, il tint plusieurs synodes dans son nouveau diocèse, visita TégUse d*Astorga, où il fit une très belle harangue, et fut choisi pour prononcer l'oraison funèbre d'Agnès de Castro, reine de Portugal. Sous Pierre le Cruel, il fut jeté dans les fers à Bui^os; mais il fut délivré par Henri, frère de Pierre. Le roi de Castille l'ayant envoyé k Rome auprès d'Urbain Y, il traversa la France, s*arrêta au château de Cardaillac pour y visiter sa famille, et se trouva dans cette contrée à l'époque de la mort de Bertrand, évéque de Montauban, son frère, dont il prononça Téloge. Sur ces entreEûtes, Urbain V mourut à Avignon; Cardaillac fit son éloge a Spolète. H revint ensuite en France, donna sa démission de Tarchevéché . de Bragues, et fut nommé patriarche d'Alexandrie et admi-

TEMPS IKTERHÉDIÂIBES. kfà

nistrateur du dioeèse de Rodez. En 137%, nous le trouvons légat apostolique auprès de Tempereur pour traiter de la paix entre ce prince, le roi de Hongrie et les Bavarois ; en 1Ô7;), il prêcha à Paris devant le roi (Charles, le jour de rAnnonciaUoQ, et baptisa à Toulouse, Tannée suivante, le fils du duc d*Ânjou.

Ce prélat revint à Rome en 1378 ; il assista à la mort de Grégoire XI et à Télection d'Urbain VI, qui le nomma administrateur du diocèse de Toulouse. Sa nomination fut couiirmée par Clément Vil. Dans cette baute position, Cardaillac sa montra fidèlement attaché à son prince le roi de France, qui se servit de son habileté et de son éloquence pour réduire sous sa domination les villes de FAquitaine arrachées au joug des Anglais. La grande confiance qu'on avait en lui, lit que Pierre de Chalais, évêque de Montauban, Finstitua son exécuteur testamentaire en 1379.

En 1380, Cardaillac prit sous sa protection Tordre des frères prêcheurs, et ordonna à ses suffragants de se charger de la dtfense de ces religieux, en exécution des bulles que Grégoire Xi avait données en leur, faveur. Par suite de son t dévouement à cet ordre, il voulut que la fête de saint Thomas d'Aquin fût célébrée le 7 mars avec toute la solennité * possible, et enrichit i église des Dominicains de Toulouse de plusieurs ornements très précieux. Il publia à la même époque, avec l'aide de Bertrand de Nogaret, son ofiicial, un ouvrage qui a pour titie : StattUa curiarum dviUs, ermmum ^ appeUaiionum et nMarimoniorum Archiepim' patûs tolosani.

Les peuples du Languedoc, tàtigués des exactions commises par le duc d* Anjou, obtinrent du roi qu*il serait

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remplacé dans son gouvernement. Bertrand Du Gnesclin fat

nommé après lui ; mais ce grand capitaine mourut au siège de Châteanneuf de Randon, le 13 juillet 1380. Gaston- Phébus comte de Foix fut alors chargé de commander en Languedoc. Ce prince ne jouit pas longtemps de son commandement, car, Charles V étant mort, Charles VI son fils nomma le duc de Berri pour gouverner la province à la place de Gaston.

Gaston ne vît qn*aTec un extrême déplaisir que le roi lui eût enlevé cette charge ; il assembla les notables à Toulouse pour solliciter une décision dans les circonstan* ces délicates où il se trouvait placé. Les uns opinaient pour la soumission aux volontés du prince, les autres au contraire pour la résistance. Un parti mitoyen remporta : il fut décidé qu'on députerait au roi pour lui faire de très humbles remontrances, le suppliant de confirmer le choix qu'avait fait son père de Gaston-Phébus. Du resle^ ce prince s'était attiré Taffection des peuples par la douceur de son gouvernement et les victoires remportées à Rabastens-du* Tarn sur les compaguies, qu il tailla en pièces, après avoir lait pendre à un noyer plus de quatre cents prisonniers Êûts dans le combat.

Les capitouls de Toulouse se rendirent en France auprès du roi, qui les admit à son audience ; le duc de Berri , oncle du monarque était présent. La demande qu'ils adressèrent ne fut point accueillie : Charles déclara que le Languedoc n*aurait point d*autre gouverneur que le duc. Les députés partirent , résolus à résister. Le roi , dans l'espoir de sauvegarder le choix qu'il avait lait, écrivit à Gaston- Phébus pour lui annoncer sa détermination. Le comte ré-

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pondit'au roi qu'il ne souffrirait en Languedoc seigneur ni partie, ui par conséquent le duc de Benï. Charles écrivit alors aux barons et aux prélats de la province pour les engager à se soumettre à ce dernier prince. Toulouse, Narbûiiuu, Beziers et Nîmes persistèrent dans leur désobéissance.

On devait s'aliendre a ce que le duc de Bcrri chercherait k se soutenir dans son gouvernement par la force des armes, et que Gaston-Phébus ne négligerait rien pour per- ' sister dans ses projets. Ces deux princes se rencontrèrent dans la plaine de Revel, au diocèse de Lavaur. Le combat ne fut pas de longue durée : Gaston mit en déroute les troupes du duc de iierrl , le 15 juillet 1381. Cette guerre dura quelque temps encore jusqu*à ce que le cardinal d*Amiens, par les ordres de Clément Vil, fît accepter la paix à Capestan, vers la ûn de décembre 1381. Toutefois cette paix ne mit pas un terme aux troubles qui désolèrent la province, car, le duc de Berri ayant voulu lever de nouveaux subsides, les paysans des trois sénéchaussées se soulevèrent de toutes paris et s'armèrent contre les ofliciers du roi et les maisons les plus opulentes ; ils prirent le nom de Tuchins ou Coquins et se donnèrent des chefs. On eut beaucoup de peine à réduire ces bandes de vrais brigands. Ce fut à cette fin que le roi convoqua à Lyon, au mois d'août 1583, les communes du Languedoc ; il y déclara qu'il évoquait à son conseil tout ce qui regardait le tuchimu, et appela dans cette viUe Jean de Gardaillac, archevêque de Toulouse, pour qu'il l'aidât de ses conseils. Charles VI, en récompense de Tancienne fidélité de ce prélat, lui fit présent de 2000 pièces d*or.

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Avant de se rendre à Lyon, Cardaillae, igooraot I époque de son retour, voulut doter son église méiropolitaiDe de piasiears jojanx destinés à orner les vases sacrés. Parmi tons les objets d*art dont îl enricbit cette métropole, on distinguait on magniiique reliquaire d argent doré qui représentait la téte on ûgore de saint Etienne soutenue par des anges ; sur le piédestal un voyait saint Martial portant une iiole pleine du sang du martyr ; dans rintérieur du buste, étaient conservées des reliques de la téte de saint Etîemie .et une ampoule renfermant des parcelles de sou saug. Ce reliquaire périt dans Tincendie qui consuma le chœur de la métropole au dix-septième siècle.

De Lyon, Jean de Cardaillac se rendit à Paris, où il sacra, le l*' janvier 1384, Philippe Dumoulin, évéque d*£vreux. Il était de retour a Tuuluase au mois d'octobre 1585, puis* qu*il assista à deux imposantes cérémonies qui eurent lieu à cette époque dans cette ville. La première fîit Félévation soleoueile des reliques de .^amt Jacques le Majeur à Saint- Saturnin. La basilique devait ces reliques à la libéralité du comle Alphonse Jourdain, qui les avait obtenues des rois de Castille. Ces reliques consistaient en une partie du crâne et quelques ossements. Le 15 octobre, Jean de Cardaillac, assiste de l'abbé de Saint- Saturnin et de plusieurs prélats, se rendit dans la grande nef, qui était décorée de riches tentures. Toute la noblesse de la ville remplissait d'élégantes estrades élevées à grands frais autour de la nef; on remarquait'parmi les assistants le duc de Berri, frère du roi Charles VI. L'archevêque fit la vériùcation exacte des ossements et les montra au peuple. Les reliques furent ensuite divisées ; la plus grande partie fut renfermée dans

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une caisse en forme de tombeau, armée de bandes de ter. Le procès-verbal de cette élévation fut placé à côté des ossements dans une boîte de plomb supportée par quatre taureaux. Cette caisse fut renfermée dans une châsse de bois revêtue de lames d*argent. Quelques autres reliques du saiul furent reiUerinées daus un buste d'argent. Ce buste était dû à la munificence du duc de Berri» qui donna à cette occasion huit cents écus d'or, une chaîiic d'or d'oii pendait un saphir d'un grand prix bordé de rubis et de perles, avec un châton de quatre rubis d*où pendaient encore de magni tiques parles ; il olïnt de plus deux pièces de drap d'or. Tous les seigneurs de sa suite présentèrent à l'offrande de riches vases d'argent. A la procession solennelle que l on fit autour de l'église, les reliques étaient portées par des prêtres sous un riche dais. La cérémonie fut terminée par le chant des vêpres.

La seconde cérémonie fut la consécration solennelle de Végllse des Jacobins, qui eut lieu le ^ octobre. Le cardinal Guillaume de Godive ou de Godin, religieux de l'ordre de saint Dominique et évéque de Sabine, avait terminé ce majestueux édilice, où il voulut reposer après sa mort. L'archevêque de Lesbos, religieux carme, présida à la consécration. On y voyait Jean de Gardaillac, de Castelnau évéque de Cahors, Jean de Ricux, Gui d'Auxerre, Jean duc de Berri, le comte d'Ëtampes, le comte d'Armagnac, celui d'Âlbret et de Pardiac, le patriarche de Jérusalem, Raymond Béquin de l'ordre des frères prêcheurs, et le cardinal de Thureï.

Après ces cérémonies, le duc de Berri quitta Toulouse et étabht gouverneur général du pays le comte d'Armagnac

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