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mm IKTBIHÉDIAIBIS.
son neveu, aux gages de mille francs d'or par mois. Pendant Tabsence de ce prince, d'Armagnac fit tous ses efforts pour délivrer sa province des Anglais, qui occupaient plusieurs places et qui môme s'étaient approchés de Toulouse ; il fit , en effet, un traité à Rodez, en 1587, avec leurs principaux capitaines. Cette négociation fut terminée moyennant une somme considérable qui fut payée aux Anglais.
A cette époque, Jean de Gardaillac donna k sa métropole la belle cloche qui porta son nom et la bénit solennellement. Deux cents ans après, ayant été endommagée, elle fut réparée par les soins de Jean d'Orléans, ainsi que Fattestaient les inscriptions qu'on y voyait gravées (1).
Le duc de Berri revint à Toulouse en 1588 et y séjourna jusqu'au 22 novembre. La province se trouvait alors dans un état déplorable par suite des exactions de toute espèce dont s'étaient rendus coupables les ofiiciers de ce prince ; c'est ce qui porta un saint religieux du diocèse de Toulouse appelé Jean de Grand-Selve à se rendre à la cour pour exposer à Charles VI la situation du pays. Malgré tous les obstacles, Jean parvint jusqu'au monarque, et en présence même du duc il lui traça un tableau saisissant des calamités qui pesaient sur sa patrie. Le roi Técouta, promit qu'il ferait un voyage dans ces contrées pour remédier à tons ces abus, et prit le religieux de Grand-Selve sous sa sauvegarde.
Au liiûment où Charles VI se disposait à parcourir les provinces du midi , Jean, roi d'Aragon, lui députa une
(4) Anno à Chmto nato, etc. (GAm , Mém.y 985). — Cette cloche fat fondue Ion de la Révolution française.
TBlIfS INTIEMÉDUUBI. 43^
ambassade extraordinaire puur le prier d'envoyer à sa cour des poètes des Jeux Floraux de Toulouse, afin d'y établir des concours de poésie semblables à ceux que les Sept Troubadours avaient institués depuis longtemps en cette ?iUe. Quoique Thistoire ne nous parle pas des suites de celte ambassade, on ne saurait douter que Chailcs VI n'ail Hait droit à la prière de son royal allié, se servant pour cela de Tentremise des députés que le Languedoc avait envoyés auprès de sa personne. A cette époque, il n'est point encore question de la fondation de Dame Clémence.*
Avant son départ, le roi suspendît de son gouvernement de Languedoc et de Guienne le duc de Berri» et se mit en chemin le 2 septembre 1389 avec une pompe vraiment r()3alc. Après avoir visité diverses villes, ce prince arriva à Toulouse le ^9 novembre. Un auteur contemporain décrit ainsi son entrée :
« Si partit de Carcassonne le roi et alla k Toulouse, où » tout Languedoc altendoit, et fut reçu et festoyé si gran- » dément, que cestoit merveille de veoir celte lyessc. Kl y > avoit tant de gens es rues à le regarder, qu on ne pou- » voit passer, si estoient les rues par où il passoit encour- ■ tinées et parées d'oroemens ricbes et beaux : et les coo- » suis de la ville, vestus d'habits royaux riches et beaux, » portèrent le poésie au roi , et les petits eniàns alloient » devant portans en leurs mains bannières de fleurs de lys, » criant : Noël ! vive le roy t et les suyvoient les proces- » sions, l'université et le clergé, dont il y avoil uioult, et » auprès du roy estoient les ducs d'Orléans, de Bourbon, » et assez loin d*eux les barons et seigneurs du païs. Puis * le sénéchal et viguler en leur endroict, et les suyvoient
'436 mm INTBUrtDlilEBS.
» par ordre les gens des mestiers vestus de livrée et por-
» tans bannière de leur oilicc, et par où le roy alloit, les « tables parmi Toulouse estoieat mises où toutes manières » de gens beuYoient et mangeoieut en passant ; et en celle » joye, alla le roi à la maistresse église louer Dieu, et de » là au cbastel Narbonaois son royal hostel, où il demeura » un mois pour sçavoir comme ses officiers le faisoienL, et
> pour ouïr compte et déterminer les querelles du païs. » Et en tant que le roy demenroit à Toulouse, ?indrent à » lui ses vassaux, le comte d'Armagnac, et le comte deFoix » enToya pour lui, et aussi y feurent les cheyaliers et esGu- » yers du psûis, et feit le roy crier que tout homme qui te- » noit M de lui vint à Toulouse, et il le rece?roit ; et plus » quiconque se sentiroit estre for£adct, il feroit droict et » raison, et pour ceste cause Cûloit-il venu au païs ; et fut » celle parole bien prise en gré de toutes gens qui dirent :
> Bien soit venu le roy ! Et puis que le roy Qt receu ses ■ hommages, et le païs réformé en bon estât par le conseil » de ses oncles les ducs de Berri et de Bourbon, lui feit la » cité de Toulouse de grands dons de vaisselle, et ceux de » la ville lui leirent de grandes requestes, desquelles le roy
> leur octroya les aucunes qui lui sembloient bonnes, et » les autres non, et donna le pays de Languedoc au roy » trois cent mille francs de bonne monnoye. »
Pendant le long séjour que Charles VI fit à Toulouse, il chassa plusieurs officiers qui désolaient la province, en lit condamner un très grand nombre, et nomma à leur place des hommes probes et honorables. Parmi ces officiers se trouva Jean Beiisac, qui fut brûlé ;vif, le mardi avant laféte de Noël. On vit alors arriver à Toulouse les grands vas-
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saux de la sénéchaussée et des environs qui vinrent rendre hommage au moDarcpie ; c'étaient Philippe vicomte de Lautrec, le comte d*Â8tarac, le vicomte de Gimoez, Gaillaume de Rabastens, Roger de Comminges, Jourdaiii de riile, le vicomte de Garaman. Le prince donna plusieurs chartes et fit certains règlements pour la police de la ville de Toulouse» eutr autres sur les costumes que devaient porter les femmes prostituées.
Un jour le roi, étant allé chasser avec sa cour dans la forêt de Bouconnô, fut surpris par la nuit et s'égara. 11 fit alors le vœu de donner le prix de son cheval à la chapelle de Notre-Dame d'Espérance, située dans le cloître des Grands-Carmes à Toulouse. L'obscurité de la nuit s*étant dissipée, le roi put retrouver sa route et alla aL cuiiiplir son vœu. Cet événement était représenté sur une peinture murale à côté de cette chapelle, où Von voyait les figures du roi , de son frère le duc de Touraine, du duc de lioni bnn, de Pierre Navarre comte d'Ëvreux, d'Henri de fiar, du comte d'Eu , d'Olivier de Clisson connétable de France, d'Enguerrand sire de Couci. C'est à tort que quelques auteurs ont prétendu que Charles VI avait institué k cette occasion un ordre de chevalerie. 11 existait depuis longtemps an couvent des Carmes une société ou frérie du nom de la Ceinture de Notre-Dame d*Espérance (Zona de Spé), à laquelle furent affiliés seulement le roi et les seigneurs de sa cour. Noos possédons un acte authentique de raffîliation de ces princes, dans Iciiuel les religieux i ai mes s'engagent à faire célébrer dès messes, à certains jours de l'année, pour tous ces seigneurs, en récompense des aumônes et largesses qu ils avaient faites a la chapelle de la frérie.
43S mtn iMmHtoutiu.
Gaston-Pbébus comte de Foix se rendit aussi à Toulouse, sur rinvilation de Charles VI. Ayant avec lui six cents cavaliers, il alla descendre au couvent des Jacobins. Le ieudemain de son arrivée, il se rendit à cheval au château Narbonnais, à la tète de deux cents chevaliers de sa cour. Tout le monde admirait son port majestueux et sa mâle beauté. Dès qu'il vit le roi, il fléchit le genou et se releva. Quand il fut près du monarque, il s'agenouilla encore ; mais le roi le releva, Tembrassa avec effusion et le retint à dîner. Â la première table se trouvaient le roi, Jean de Cardaillac archevêque de Toulouse, le duc de Bourbon, le comte de Foix, le comte de la Marche et de Vendôme ; à la seconde, étaient Jean d'Àlbret, le comte d'Harcourt, Philippe de Bar, et quatre chevaliers de la suite de Gaston-Pbébus; à la troisième, étaient le maréchal de Sancerre, Roger d'Espagne, et huit chevaliers de Foix. À une heure on se mit à table; à quatre heures, le comte de Foix rentra au couvent des Jacobins avec le même appareil qu'il avait déployé le matin.
Quelques jours après, Gaston-Phébus donna un magni»
fique dîner aux principaux seigneurs de la cour du roi ; la table, de deux cents couverts, fut dressée dans le petit réfectoire des dominicains, dont la voûte fond d*azur était ornée des écussons des grandes familles de France. Â la fin du repas, Charles VI entra dans la salle avec sa cour, et demeura jusqu'à la nuit au cuuvent, où les seigneurs passèrent leur temps à jouer à la lutte, au dard ou à la pierre. Gaston fit de grands présents aux officiers du prince; ces présents consistaient en soixante coursiers, palefrois, et autres chevaux de main.
TIMPi lNT£&MÉi)UiabS. 439
Gaston-Phébus n'avait pas d'enfants légitimes. Le vicomte de Castelboa, son plus proche parent, l'ayant méconleoté, cela le détemuna à fsdre donation au roi, après sa mort, du comté de Foix, de la vicomté de Béarn et de ses autres domaines moyennant la jouissance du comté de Bigorre et cent cinquante mille francs d*or. Le comte de Foix quitta ensuite Toulouse, et le 7 janvier 1590 Charles VI le suivit à Mazôres, et rentra en France après avoir conquis Taffectlon des Touloubaïas pai sa bonté et i aliabilité de ses manières.
Quelques mois après le départ du roi, Toulouse perdit
Jean de Cardaillac son archevêque. Ce prélat mourut le 7 octobre 1390, et fiit enseveli dans un tombeau de marbre devant Tautel principal de Téglise métropolitaine, du cdté de l'épître, avec une épitaphe. Cardaillac gouverna le diocèse de Toulouse pendant douze ans, et y fit briller les plus sublimes vertus. Son éruditio[i égala son éluquence : il remplit plusieurs légations auprès des papes, de l'empereur et des princes, et laissa plusieurs ouvrages inédits dans la bibliothèque des dominicains : des sermons pour tous les dimanches et fêtes, de Tannée, des diascours synodaux sur la convocation des conciles, l'inauguration des évêques, la collation des ordres, la visite pastorale, le sacre des rois k Reims, et plusieurs autres ouvragés qui attestent que personne ne le surpassa en son temps parmi les évêques dans Tart oratoire et dans la science ecclésiastique. La bibliothèque publique possède encore en manuscrit les sermons de Jean de Cardaillac. •
Ses richesses étaient immenses et sa générosité en égala la grandeur. La magniûcence de ses ornements pontificaux
440 TEMPS IMTBimiUUIBJtS.
les rendait éblouissants : c'est ce que nous pouvons déduire de rinventaire des divers objets qu'il laissa à son Eglise. On y remarquait des mitres hautes et basses d*un précieux travail (mitris et mitreriis) ; un ornement histoné où était représentée Thistoire de Judith ; des boutons formés de grosses perles enchâssées dans une plaque d argent massif du poids de quatre marcs, destinés à attacher le pluvial ; un frontal d*or mcrusté d*images ; deux cassettes d'or servant d aiguières ; des statues d argent massif ; des encensoirs et aspersoirs du même métal ; des croiiL et des chandeliers aussi en argent ; des tapis k Faiguille brodés d'or avec personnages ; un livre des concordances dont le prélat se servait dans ses discours ; deux manuscrits des sermons de saint Augustin qu'il expliquait au peuple.
François de Gonzié succéda à Jean de Cardaillac dans Varchevêché de Toulouse. Il était né à Genève, de Pierre de Conzié et d'Ancelise de Verbois. 11 fut élevé à la cour d'Amédée Vi, dont il était allié par son aïeule, et y donna des marques d'un excellent esprit et de rares talents. A l'âge de vingt-quatre ans, il fut nommé évéque et prince de Grenoble. De cet évêché, il passa à la métropole d*Arles aVec le titre de grand camérier du pape Clément Vil. 11 fut nommé archevêque de Toulouse en 1390, et n'occupa que « très peu de temps ce dernier siège, ayant été transféré à celui de Narbonoe. Ce prélat est connu dans nos annales par Taustérité de ses mœurs, sa sévérité à fiadre régner la discipline ecclésiastique, sa prudence et son habileté dans les ailaires les plus délicates. Il devint vice-chancelier de TEglIse romaine, légat d*Âvignon, administrateur du domaine de Saint-Pierre, légat auprès de l'empereur Sigis-
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mond, et désigné cardinal par Eugène IV. 11 mourut à Avignon en 1432, chargé d*ans et de mérites.
Pierre de Saint-Martial, né an château de ce nom au diocèse de Tulle, successivement évéque de Rieux et de Carcassonne» fut nommé archevêque de Toulouse après la translation de François de Conzié au siège de Narbonne. Â peine avait-il pris possession de son Eglise, qu'il présida, assisté de neuf évèques, à la translation solennelle du saintsuaire dans réglise du Taur. Bertrand Dumoulin, abbé dé Gadouin en Périgord, craignant que les Anglais ne vinssent à piller son monastère, résolut d'apporter cette insigne relique à Toulouse. Lorsqu'elle y fut arrivée, Pierre de Saint- Martial se rendit hors des murs dans Téglise de Saint-Roch qui venait d'être nouvellement construite (quartier des Minimes), et là il montra le saint-suaire au peuple rassemblé au nombre de trente mille âmes. Une procession à laquelle assisteront les capituuls, le clergé et la noblesse, fut faite dans rintérieur de la ville ; le saint-suaire fut déposé au Taur. Cette relique éprouva bien des vicissitudes : d'abord Charles VI ordonna de la porter à Paris, où l'accompagnèrent révèqtie de Saintes, Fabbé de Cadouin, Passesseur des capitouls et le syndic de la ville. Plus tard, elle fut reportée à Toulouse et déposée au collège de Saint-Bernard, d'où Ton croit que les religieux de Cadouin la reprirent avec la châsse d'argent qui la renfermait et la cachèrent dans leur abbaye.
Gaston-Phébus comte de Foix venait de ternuner sa carrière ; il était âgé de soixante ans environ, il eut d'Agnès sœur de Charles-le-Mauvais, roi de Navarre, un fils nommé Gaston, qu'il lit mourir, dans la persuasion que ce jeune
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prince avait voulu attenter à ses jours par le poison. GastOQ-Phébus est cité dans nos annales comme un prince valeureux, affable et libéral. Sa eoar était brillante ; il était musicien, et surtout intrépide chasseur. Ou croit quil est l'auteur d*UD traité sur la classe qui a été imprimé. Sa meule se composait de seize cents chiens. A sa mort, il laissa un million d'or dans ses coffres. 11 avait disposé de sa principauté en Êi?eur de Charles VI, qui envoya aussitôt plusieurs commissaires à Toulouse pour prendre possession du comté. Mais Matthieu de Foix vicomte de Gastelbon fit si bien valoir ses droits à cet héritage, que le roi lui en donna l investiture. Matthieu fut reconnu dans tous les domaines de la maison de Foix.
Des tnjubles assez graves éclatèrent à celte époque clans luniversité de Toulouse ; voici quelle enlutToccasion. Les gens do roi obtinrent une taille ou imposition de soixante mille francs des habitants de la province. Les suppôts de luniversité de Toulouse prétendirent être exempts de payer ces subsides : les fermiers voulurent les y contraindre : alors 1 université les frappa d'excommunication. Les gens du roi suspendirent les privilèges do corps universitaire. Le recteur, les professeurs et les écoliers en appelèrent au roi et lui envoyèrent des députés. Le 17 octobre 1392, Charles VI, voulant pacifier cette querelle, donna des lettres par lesquelles plusieurs membres de Tuniversité devaient être exempts de payer les subsides pour les revenus de leurs bénéfices et pour tout ce qui était nécessaire aux be* soins de la vie. £n même temps le pape Clément VU travaillait k la réformation de Tuniversité de Toulouse, et de de nouveaux statuts furent promulgués en 1394.
TBMt& l.NTEEXEDUinBS. - 443
Le roi, ayant eu cooDaissance de divers crimes dont les juifs étaient accusés, rendit un édit le 7 de septembre de cette année pour enjoindre aux juifs et aux juives de quitter promptement le Languedoc. Cet édit fut publié à Toulouse au mois de décembre ; son exécution ne fut pas difficile en cette ville, car il n'y existait que douze Êonilles de ces religionnaires.
Pierre de Saint-Martial embrassa à cette époque le parti de Pierre de Lune, qui , après la mort de Clément VII, avait été élu pape, et dont laeceptation prolongea un schisme déjà si long. Larchevéque de Toulouse avait un frère dans le sacré-collége, et un intime ami — le cardinal d'Âigreiéuilie. Ces deux cardinaux ne voulurent pas signer Tacte authentique par lequel leurs collègues avaient déclaré qu'ils refuseraient la papauté si elle leur était offerte. Il est à présumer que Topinion du cardinal de Saint-Martial avait exercé une certaine influence sur Tesprit de Farchevéque, qui fut désigné conune rexécuteur testamentaire de d*Aigrefeuille.
Benoît XIII (c'est le nom que prit Pierre de Lune) était un rusé pontife ; il feignait un désintéressement quli était bien éloigné de réaliser. Il se forma en France un parti assez puissant en sa faveur qu'embrassa l'université de Toulouse ; c*est ce qui détermina le roi à assembler à Paris, le 2 février 1395, la plus grande partie des prélats du royaume pour recevoir leur avis sur Félection du nouveau pape. Us forent presque tous é'«m qn*il fallait que ce pontife renonçât à sa dignité, pour le bien de l'Eglise. Nous ignorons si Pierre de Saint-Martial fit partie de cette première assemblée.
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Dans l incertilude des événements, ce prélat déjà sexagénaire voulut Êdre son testament, qui porte la date de 1397. Il institua dans son Eglise quatre prébendes qui portèrent les noms de Sainl-Martiai et de Sainte-CatheriDe. 11 fut appelé par le roi à la nonvelle assemblée qui devait se tenir à Paris après Pâques, en 1308 ; mais n'ayant pu entreprendre le voyage, il se ût représenter par Vital de Castelmoron, professeur à Tuniversité de Toulouse et prévôt de Saint-Etienne, Dans celte seconde assemblée, on se prononça encore en faveur de Fabdication. ^université de cette ville n'eut pas plutôt appris la décision de cette assemblée, qu'elle adressa un mémoire au roi où elle se prononçait contre le sentiment acceptée prétendant que se soustraire à Fobédience de Benoit c'était embrasser le parti du schisme et de rinjustice.
En attendant, Pierre de Saint-Martial vivait retiré au château de Balma, où il signa le testament de Jean de Faudoas, le 8 juin 1598, créa une vicairie perpétuelle pour le lieu de Miremunl Jans son diocèse, cl donna une somme considérable pour fournir aux frais d'une châsse d'argent destinée à renfermer le corps de saint Exupère dans la basilique de Saint-Saturnin Ce fut en mémoire de ce bienfait qu'Aimenc, abbé de cette église, favorisa une fondation annuelle de prières pour le repos de l'âme de Tarchevêque de Toulouse. Ce prélat s était entouré, pour l'aider dans son administration, des hommes les plus éclairés et les plus capables ; nous distinguons parmi eux Jean Corserius, qui porta le titre d'ofUcial de l'archevêché de Toulouse. Cet officiai avait un tribunal ou cour qu*on appelait en latin Capella, Là étaieut portées les questions les plus impor-
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tantes du droit canonique, et jugées par des hommes très veJTsés dans ces sortes de matières. Les décisions de Jean Corserius ont été recueillies pour la première fois et imprimées par Etieniie Aufrory, docteur en l'un et l'autre droit, offîcial de M^' Du Lion, archevêque de Toulouse. Elles sortirent en 1538 des presses de Benoît Bonyn, à Lyon; en 1617, elles furent de nouveau publiées dans la même ville par Antoine de Harsy. Les décisions canoniques de Jean Corsérius sont au nombre de cinq cent une, et toutes commentées par Aufrery. Le nombre et la nature des réponses nous prouvent la réputation de science dont jouissait à cette époque rofficialité de Toulouse.
Cette cité avait alors pour sénéchal Colard d'Ëstouteville, qui se trouTait mêlé dans Taflaire de la succession du comté de Foix. Matthieu vicomte de Castelbon, successeur de Gaston-Phébns, venait de mourir : aussitôt Louis de Sancenc, connétable de France, mit sous la main du roi le comté de Foi&. Mais Isabelle de Foix, sœm* uuique de Matthieu et femme d*Archambaud de Grailli, fit valoir ses droits sur ce comté. Comme ils étaient entrés dans Foix pour y recevoir foi et hommage des seigneurs et des habitants du pays, le sénéchal de Toulouse faisait défense aux peuples de les accueillir. Celui-ci, en effet, après avoir reçu les ordres de la cour, se mit à la tête de quelques troupes pour arrêter les entreprises d'Isabelle et d'Archainbaud. Cette querelle prit lin par Thommage que rendirent au roi les nouveaux princes de la maison de Foix, qui devinrent la souche de la seconde branche de ces comtes.
Colard d'Ëstouteville dont nous venons de parler publia, le G juin 1399, des ordonnances touchant les robes des
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capitouls» le salaire des officiers, et les frais communs de la police de rhôtel-de-ville. Elles coatienneot soixa&te-huit articles et farent dressées par Pierre de Campredon et qaelques autres notables. Parmi ces articles, le vingt-neuvième regarde les frais communs, et mérite de fiier notre attention. Il est ainsi conçu : « Item ioc avis que d'el fait Uc la • violetta, de la englantina et del gauch, que se fassa » coumo accoustumat es ; so es a saber que pezen totas » très hun marc d'argeo, et per la violetta otra le marc, » hun franc per la flor sobirana. > Cet article prouve évidemment qu'à cette époque le prix des fleurs du Gai-Savoir se prenait sur les frais communs, et qu'encore il n'était point question de Damé Clémence ; mais nous la verrons bientôt paraître.
Nous avions laissé la prévôté de Saint-Etienne de Toulouse entre les mains de Jacques de Villeneuve, qui n*est connu dans Tbistoire que par quelques transactions qu'il fit, soit âvec Constance de Poitiers, prieure des augustines, soit avec les religieux trinitaires, soit avci: les capitouls de Toulouse au sujet de la construction des murs de la ville, soit enfin avec la maison des Onze Mille Vierges, il mourut en 1575. Jean de Casillac, Gilbert de l'Etrange, Adalbert de Sade, lui succédèrent dans la prévôté. Nous apprenons que ce dernier prit possession par procureur du prieuré de de Saint-Jacques à Muret. Vital de Castelmoron lui succéda et fût promu à i*archevéché de Toulouse.
L*abbaye de Sl-Saturnin de Toulouse nous offre, parmi ses abbés, Jean de Nogaret, docteur en décrets et professeur célèbre, qui mourut en 1360. Après lui , Rainoold de Valigoac, Vital Blasia, Antoine de Bruguière-Chaiabre, Ai-
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meric de Noël gouveriièreiit cette Eglise. Celui-ci embrassa le parti de Benoit XIII, qui le créa son graod référendaire et conservateur des privilèges de Tordre de Citeanx. En celle qualité, il oidonna à l'official de Toulouse de casser une sentence d*excommanication qu'avait portée Toffîcial de Mirepoix contre le procureur de Bolbonne.
Guillaume de Lorme, prieur de la Daurade, fut nomme abbé de la Chaise-Dieu ; après lui , Bernard de Malodon fit rendre à son prieuré plusieurs églises dont on l'avait dépouillé, et contribua à la destruction de rbôpital de Saint-Esprit qu'on avait construit auprès de la Daurade. Bernard Fabri et Raymond de Vairac gouvernèrent successivement cette maison. Ce fut sous le priorat de ce dernier que Jean, mattre général de Tordre des carmes, donna des lettres authentiques en faveur de la célèbre confrérie de TImmaculée-Conception établie depuis déjà plusieurs années dans l'église de la Dauiade. Par ces lettres, celte confrérie était rendue participante de tous les privilèges attachés k cet ordre. Nous possédons encore les anciens statuts de cette antique société qui porta le titre de confrérie des
Raymond d*Hunaud, Guillaume de Médèrc, Jean d'Albret, Rostang d'Ausois, dirigèrent en qualité d'abbés le mouastère du Mas-Garnîer ; Âymengarde et Richarde celui des chauuiuesses de Saint-Saturnin à Toulouse ; Laure, Nava de.Laville et Saure du Pin celui de Saint-Pantaléon ; Arnaud de Cabanac, Arnaud de Vesca, Etienne de Bartés, Etienne Guarin Tabbaye d'Eaunes ; Bernard de la Fours , Bertrand, Galîn, et Pierre d'Olier celle de Grand-Selve. Le monastère de Salenques fut gouverné par Marguerite et
44S TBMPS INTIlMÉDtAIilS.
Marguarite de Levis, Je TiUustre famille de MirepoiiL. Raymond Garsias, Arnaud de Gord et Sanche devinrent abbés de La Capelio. Le couvent de Sainte-Claire à Toulouse compta, dans cette période, Claire de Limas et Françoise d*Elbont au nombre de ses abbesses.
Jeau de Lanta succéda à Pierre de Saint-Martial dans VéTêché de Rieux. Pierre garda cet évéché pendant dix ans; Jean mourut en 1392. Après lui, Jérôme deFoix, Thomas et Guillaume du Puy gouvernèrent cette Eglise.
Jean de Falgar, Bernard de Galm et Jean de Tomecy devinrent abbés de Feuillants ; Bernard de Planvilliers, Martin et Pierre Aubry le furent de Calers. Ce dernier de^ vint abbé de Bolbonno après la mort de Guillaume et de Raymond ; son nom se rencontre dans plusieurs transactions* qa*il passa arec Mattbieo comte de Foix et Geraude ISavailles vicom lusse de Castelbon.
L'Ëgiise de Comminges eut pour évêque, après la mort d*Hugues de Cbatillon, Bertrand de Cosnac. Né dans le Limousin, il entra dans sa jeunesse dans Tordre des chanoines réguliers de saint Augustin. Son esprit délié, plein de prudence et de sagesse, le lit employer par Innocent VI dans plusieurs affaires difliciles à traiter, en particulier dans le recouvrement des rentes qui étaient dues au collège des cardinaux. Grégoire XI l'ayant créé cardinal sous le titre de Saint-Marcel, il fit sa démission de révèché de Comminges. Guillaume d'Espagne,, fils d'Arnaud seigneur de Montespan et de Marguerite de Labarthe, occupa après lui le siège de cette Eglise. Il avait été pendant vingt ans évêqne de Pauiiers, et fonda quatre bénéfices dans l'église de Saint- Frajou. Après sa mort, Comminges eut pour évèque Amé-
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iius (le Lautrec, de Tillustre famille de ce nom. Ce prélal, qui avait été chanoine, chancelier de Toulouse et docteur en dccrets, tut d aburd fait évoque de Couserans, et passa ensuite à L égUse de Comminges, qu'il gouverna jusqu à son cardinalat que lui conféra Clément yil. Menaud de . Baibazan lui succéda eu 1590, et il gouvernait encore le diocèse de Comminges à la fin du quatorzième siècle.
L*ahbaye de Bonnefont eut pour abbés dans cette période Bertrand V, Arnaud V, Bernard III (qui reçut en hommage de la noble dame Ricque de Saint-Félix la ferme de la Terrasse) et Aiiuud YI, qui lut Iransfêré à Tabbaye de Bolbonne. Celle de Favas ou Lumière-Dieu fut gouvernée par Gandors des Monts, qui devint la fondatrice du couvent de rAbondance-Dieu, Frosie de Blanquefort, et Raymonde, à qui Marguerite comtesse de Comminges confirma le pariage du lieu d*Anam. Nizors ou la Bénédiction-Dieu nous offre trois de ses abbés, qui tous portèrent le nom de Bernard.
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