‹ Histoire générale de l'église de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours recueillie des monuments les plus authentiquesChapitre 23 sur 37 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

DEPUIS l'ÉPISCOPAT DE BERNARD DU HOZIER, EN 1452, JUSQUA CELUI DE JEAN D ORLÉANS, EN 1502.

Charles VU, après avoir chassé les Anglais de la Mormaûdie, résolut delesexpnlw aassî de laGuiemie. Cette expédiljoa, à laquelle prirent part le sieur de Panassac sénéchal de Toulouse et le comte d'Armaguac, mit toute cette pro- ^Dce S008 le domaine du roi. iBordeaux fut pris en 1452; et les Anglais se virent forcés de quitter le royaume.

L*électton de Bernard du Rozier , l'un des plus illustres prélats qui aient occupé le siège de Toulouse, fut approuvée par Nicolas V, qui le nomma conservateur des privilèges de Tordre de saint Dominique. Son premier soin fut de répandre dans sa ville épiscoi)ale la confrérie de l'hiiniaculéc Conception érigée dans Téglise de la Daurade, et d'en approuver les anciens statuts auxquels il avait Csdt de nombreux changements (1). Désireux de rappeler son clergé à Tobservation de la discipline ecclésiastique, il convoqua à Pâques son premier synode diocésain. Les règlements qu'il y dressa forment soixante-dix titres, ^r la foi, Tadministra-

(I) U publia à cet effist une ordonnance qui a été imprimée en 46S4, et que nous possédons.

soi TlWrS IMTBKHiDlilUS.

tîon des sacrements, les sépultures, rexcommuDîcatioo, la

vie des clercs, les usuriers, les sorciers et les devins, et sur plusieurs autres matières. Ces statuts synodaux sont venus jusqu'à nous, et on ne peut assez en admirer la sagesse (1).

Cest à l'année 1454 que se termine la grande chronique deGmIlamne Bardin, fils de Pierre i^rdin dont nous avons déjà parlé. A Tépoque de rinstallation définitive du parlement de Toulouse, il fut nommé conseiller clerc à ce parlement. Il claii prêtre, aiiiii qu il i afiirme iui-incinc dans sa chronique qui commence à Tannée 1031 et finit à Tépoque que nous parcourons. On lui reproche d*aYolr inséré des faits complètement erronés et qu'il n'aurait recueillis que sur des traditions incertaines; ti mérite cependant plus de confiance pour les faits qui lui sont contemporains. On a cru que cette chronique n'appartenait pas à Guillaume Baidin, et on a supposé qu elle avait été composée sons son nom beaucoup plus tard. Nous la croyons authentique, tout en reconnaissant qu'il ne faut admettre bien des assortions que sous toutes réserves.

Toulouse vit alors paraître son premier historien dans la personne de Frère Etienne de Ganno, religieux franciscaii» du couvent de cette ville. Il était né à Lavaiir d'une famille distinguée, et montra de bonne heure beaucoup de goût ponr les recherches historiques. Â la prière de Bernard da Rozier, il composa ses Annaks sur Toulouse, dans lesquelles . îl prétend déterminer d*une manière précise l'époque de la

(4) Ces stalttts ont été imprimés en 4669.

TKMPS IKTE&MÉOIAIBES.

fondation de Toulouse sous les Juges disrael. Une critique

plus sûre et plus éclairée a £ait bonne justice des assertions du bon franciscain qui ajoutait foi à toutes les îà!b\e& populaîres et leur donnait asile dans ses écrits, n dédia son livre à Pierre cardinal* de Foix, alors archevêque d'Arles. Ce livre a été imprimé sous le règne de Louis Xi. ^

L église de Notre-Dame de ia Dalbade fut terminée en 1455 ; elle avait été commencée sur remplacement de Fancienne église. Le i*' novembre de cette année, Bernard du Hozier la consacra soienueilement. Ce moDument appartient au style gothique de cette époque; mais on avait banni toute les ornementations dont le moyen-âge avait surchargé cet ordre d'architecture. La tour du clocher était surmontée d*une flèche élancée qui fut abattue à la révolution fran* çaise.

S'il faut ajouter foi aui archives de l'ordre de saint Dominique, Féglise du couvent des dominicains k Toulouse et une partie des bâtiments nouvellement construits auraient été violemment ébranlés à cette époque par reflet d'un tremblement de terre, et les religieux auraient été réduits à une affreuse misère. Ces archives reproduisent une bulle de Nicolas V qui autorise les dominicains à réunir toutes les aumônes nécessaires pour arrêter la ruine de leur maison. Quant aux privations que ce monastère fut obligé de s'imposer, on en découvre facilement la cause dans l'affreuse stérilité qui désola la province en 1459. Pour ce qui est du tremblement de terre, nous n*avons trouvé aucune trace de son existence dans nos annales. Cet ordre venait de recevoir nn nouvel éclat de la canonisation de Vincent Ferrier ; c'est ce qui porta plusieurs nobles et bourgeois

504 TltMPs> IMTE1UI&DIAIB£S.

de Toofeause à solliciter Férection d*iine confirérie en son honneur, laquelle fut établie dans une splendide chapelle dédiée aux Rois llages^ dahs le doitre des Jacobins, et qui

existe encore.

Déjà le parlement de Toulouse se mettait en opposition avec te siège apostolique, puisqu'on t460 Bernard du Rozier se vit forcé par un arrêt de cQtte cour de révoquer certains actes qu'il avait produits en Tertu de plusieurs lettres du pape qui n'avaiciiL point été sanctionnées par le parlement. Lorsqu'on apprit à Toulouse la mort de Charles VII, qui avait succombé le 22 juillet 1461, de magnifiques obsèques furent célébrées dans cette ville en son honneur. Le dauphin son fils, qui prit le nom de Louis XI, lui succéda. Ce prinee révoqua plusieurs officiers du Languedoc, entr'autres Pierre Vannier, président au parlement de Toulouse, et Pierre de Ligonne, procureur-général ; le sénéchal Galaubier do Panassac fut remplacé {)ar ïlugue.s Maucip seigneur de Bournazel. Le nouveau roi pourvut aux places vacantes des conseillers clercs du parlement, entf autres à celles de Jean Gentian et de Barthélémy d'Ârtigneloupe, qui venaient d'être nommés évéques de Lavaur et de Pamiers. Dans le mois d'octobre, il approuva les priviléges, ^immumtes, us et coutumes de Toulouse.

Louis lU s*empressa de récompenser ceux qui avaient servi sa cause pendant qu'il était dauphin : ainsi, au mois d'avril 1462, il céda le comté de Comminges à Jean bâtard d*Armagnac, et rétablit Jean V comte d*Armagnac dans ses domaines, dont il avait été dépouillé sous Charles VIL Ayant donné rendez-vous à Tours à Gaston IV comte de Foix, il convint du mariage du fils de ce seigneur avec

TEMPS IMTERMÉDUIKKS. 'oO'S

Madeleine, sœur du roi. Celui-ei se rendit à Bordeaux pour

ja célébration du inaiiage. Gaslon de Foix déploya pour cette cérémonie une grande magnificence. Jean comte de ^ Comminges, maréchal de France, reçut de la générosité du roi la seigneurie et la ville de Saint-Béat.

De Bordeaux, où il avait institué un nouveau parlement, Louis XI s'avança jusqu'à Bayonne dans le dessein de s'aboucher avec les rois de Gastille et d'Aragon ; il prit ensuite la route de Toulouse, et se trouvait à Muret sur (baronne le 24 mai 1463. Deux jours après, il lit son entrée solennelle à Toulouse. On alla l'attendre au château de Braqueville ; Etienne de Rouaix portait Tétendard de la ville, et était suivi des capitouis et d'une foule de peuple. k la porte de Muret, on avait préparé une table sûr laquelle étaient placés. une croix, un raissel et le canon de la messe. Les capitouis ayant prié le roi de faire serment de conserver les privilèges de la ville, le prince se découvrit, . ôta ses gants, et lit le serment d'usage. Les capitouis lui présentèrent alors les clefs de la ville, qa*il rendit avec ces

mots : Nous vous les cmnmando?is à garder. Le cortège se mit alors en marche. Le roi marchait sous un dais magnifique ; il était accompagné de Charles doc de Berri son frère, du comte de Perche, de Jean de Foix prince de Navarre, de Jean d'Armagnac comte de Gomminges, de Tristan-l'Ermite, et de plusieurs autres seigneurs.

Louis XI trouva les habitants de Toulouse dans la désolation : un affreux incendie venait de consumer les trois quarts de cette ville. Le feu ayant pris, le 7 mai, à la maison d'un boulanger près de la place des carmes, un vent ' du Midi très-violent favorisa le développement de cet In-

506 ftm «miitoiAiBis.

cendie qui dura douze jours. Sept mille soixaute-quatre

maisons toutes bâties en bois rurent consumées ainsi que '

le couTent des Augustios, et il périt un grand nombre d'ha-

bitants. Touché de ses malheurs, le roi aeeorda à la ville

une e&emplion des tailles pendant cent ans.

Le peuple, qui est sourent aveugle dans son désespoir,

attribua cet incendie aux Catalans qui se trouvaient alors

en assez grand nombre à Toulouse, prétendant que ces *

étrangers avaient voulu se venger de ce que le roi s'était

ligué contre eux avec le roi d'Aragon. Pour apaiser la fureur populaire, le juge d*appauK fit jeter les Catalans eu prison. Cependant on ne tarda pas à découvrir la cause de i mcendie, qui n'était autre que l'imprudence du boulanger et de sa femme. Ceux-ci ayant été condamnés à mort, leur exécution allait avoir lieu sur la place du Sâlîn lorsque le roi, qui logeait à la Trésorerie, venant à passer, leur fit grâce : ce qui n*empêcha pas ces infortunés de mourir plus tard de frayeur. Louis XI assista a ia procession générale de la Féte-Dieo, le 10 juin, et se tint sous le dais derrière le célébrant. Le comte de Foix parut aussi k cette cérémonie, portant un habit de velours cramoisi et ^effisK ant tous les seigneurs par sa magnificence. Le roi partit de Toulouse vers la mi-juillet 1465 et prit la route de Touraine.

Peu de temps après le départ du monarque, le prieur de la Daurade céda aux religieuses de Sainte-Claire l abbaye de SainiCyprien occupée par les dames bénédictines. Celles^ ci s'étaient retirées depuis très longtemps au couvent de Saint-Rome, ayant à leur tête Adaiaïs de Rivale. Les clarisses, qu'on appelait les religieuses de la Porte parce que

Tnvs umuiÉDuiin. W

le monastère se trouvait situé près de la porte de la ville, continuèrent d'habiter cette maison jusqu*k la Révolution

française, y menant une vie irès-pauvre et regardées comme de saintes filles. Griles qui survécurent à la révolution organisèrent de nouveau leur communauté rue Velane, sous la direction du Père Gaillard, religieux franciscain. L'ancien monastère des pauvres clarisses, dont Féglise existe encore, forme aujourd bui une dépendance de 1 hospice S^-Joseph de la Grave.

L*année 1464 vit mourir k Avignon le cardinal de Foix dit le Vieux, à Tâge de soixante-dix-huit ans. Nous avons déjà parlé de ses riches fondations à Toulouse. U avait dressé, pour le collège qu'il avait établi sous son nom, des statuts qui furent confirmés par Tristan évéque d'Aire et Gareiac évêque d*01eron. Ce collège produisit des hommes illustres, tels que le cardinal d'Ossat, Pierre de Marca ar- €hevéiq[ue de Toulouse, et Bosquet évêque de Montpellier, La bibliothèque, riche en précieux manuscrits, avait appartenu à Benoit XllL Malheureusement pour la ville de Toulouse, ces manuscrits forent dispersés et en parjUe achetés par Colbert pour la bibliothèque du roi.

Gabriel Galaubiac de Panassac, ancien sénéchal de Toulouse, mourut aussi en 1464. Il légua par son ^testament cent livres tournois de rente au couvent des frères prédsenrs de Toulouse, à condition qu'on y chanterait tous les jours une messe pour le repos de son âme et pour sa famille, dans la chapelle dédiée à saint Gabriel. Selon son désir, son nom et ses armes furent gravés sur les murs de celte chapelle, avec l'inscription suivante, que nous transcrivons ici pour donner une idée de la langueirulgaire

liOd TEMPS INTBBMéDIAUBSr

q»i était alors pariée à Toulouse : Mi es la capella de Mous-sur Gahrid de Panassac, camiUé segmu de Panassac et chambellan del rey nostre segnou. Ce riche et puissant seigneur se montra aussi très généreux à Tégard des ermites-

augustins.

Les états du Languedoc, qui s'assemblaient de temps à autre à Toulouse, à Beziers et à Montpellier, portèrent leurs doléauces au roi sur ce que le parlement tenait ses séances à Toulouse seulement, tandis que, d'après les conventions établies, il devait être dcambulatoire, et être tenu pendant un certain temps dans chacune des trois sénéchaussées ; c^est ce qui détermina Louis XI à accorder aux habitants de Montpellier la translation de ce parlement eu. cette Tille par des lettres du 14 mai 1467. La cour des aides, qui se trouvait alors entièrement séparée du parlement, y lut aussi transportée.

De nouveaux troubles étaient sur le point d*écïater dans le royaume, car le duc de Normandie frère du roi s était retiré très mécontent auprès du duc de Bretagne, et on disait que ce dernier et le duc de Bourgogne se proposaient d'appeler les Anglais en France. A cette nouvelle, le roi convoqua toute la noblesse et les milices du royaume par des commissaires spéciaux. Le sire de Fonlamlles fut particulièrement chargé du Languedoc. Le sénéchal de Tour louse ayant convoqué, d'après les ordres reçus, la noblesse de cette ville pour le 4 décembre, les milices qui furent levées eurent pour destination de se rendre auprès du comte de Candale, vice-roi du Roussilloii. Les Toulousains ne voyaient qu'avec peine la translation de leur parlement à Montpellier ; ce fût donc pour les calmer que Louis XI, qui

mm INTBIUlADIAtlD. S09

aimait beaucoup Toulouse et qui se montra constamment bienveillant à son égard, rétablit d*abord Tofiice de jugt^ mage. Il dunua cet emploi à un médecin de Toulouse, Guillaume Bruni, qui était *ie médecin particulier du roi. Bi iiiu sut prulilcr de la faveur du |)rincc, et obtint le rétablissement à Toulouse du parlement et de la cour (les aides.

Cédant au sentiment d*une noire ingratitude, le comte d Armagnac favorisa secrètement le parti des ducs de Bretagne et de Bourgogne, et ûi quelques mouvements dans la province : ce qui engagea le roi à donner le commandement du Languedoc à Antoine de Cbabanes comte de Dammartin, à qui il fut ordonné de se rendre à Toulouse et de rechercher avec soin ceux qui avaient embrassé la cause des princes. L'évèque de Castres, frère du duc de Nemours, était accusé d'avoir employé le temps de ses études à Toulouse à ménager la reddition de cette ville aux Anglais. Dammartin exécuta les ordres du roi, et au mois de mai 1469 il mit tous les domaines du comte d'Armagnac sous la main du prince. Le comte sortit du royaume, et n*opposa ainsi aucune résistance à Texpédition de Dammartin : mais il rentra bientôt après, et se retira k la cour de Charles duc de Guienne, qui le rétablit dans la possession de ses domaines. 11 faut observer que Louis XI, dans l'intention de détacher son firère Charles du parti des princes révoltés, lui avait donné le duché de Guienne. Le roi , irrité de sa conduite, envoya contre ces seigneurs Gaston du Lion, sénéchal de Toulouse, qui alla assiéger le comte d*Armagnac dans Lectoure. Sur ces entrefaites, Charles duc de Guienne étant mort, cette province fut réunie à la couronne. Malgré sa vive résistance, d'Armagnac fut vaincu à Lectoure,

540 TUM iNTBBHlDIitBIf.

et se trouva enveloppé dans le massacre qu'y ûreai les troupes du roi, le 5 mars 1472.

Jeanne de Foix femme de Jean V d*Armagnac, après avoir été dépouillée de tous ses joyaux et de tous ses titres, fat conduite au château de Bazet dans le Toulousain par Gaston du Lion. Les traditions du pays afiiiment qu'on l'enferma dans les souterrains du château, et on montre encore aujourd'hui les restes de cette prison ténébreuse. L'histoire de sa grossesse, de son avortement, et de sa mort peu de mois après la perte qu'elle fit de son époux, est évidemment controuvée puisqu'il est certain que Jeanne vivait encore en 1476, car elle présenta une requête au parlement de Toulouse afin de rentrer dans les domaines du comte ; Louis XI lui donna même une pension de six mille livres. Il est probable qu*elle mourut de chagrîii au château de Buzet, mais nullement des suites de quelque crime commis sur sa personne.

Pèndant que la comtesse Jeanne de Foix languissait au château de Buzet, Bernard du Rozier donna au pape Sixte IV sa démission de Tarchevéché de Toulouse en faveur de Pierre du Lion. Il fut porté à celte cession par Pierre du Rozier, son neveu. H avait gouverné l'Eglise de Toulouse pendant vingt-quatre ans environ. Toujours généreux envers son église métropolitaine, il l'enrichit d'un orgue ma- * gnifique placé à l'entrée du chœur, au-dessus d*un autel dédié au Corpus Christi. Après avoir laiL construire des stalles pour le haut et le bas chœur, il donna plusieurs insignes reliquaires, des croix incrustées de pierres précieuses, et jeta les fondements de la chapelle des Brassiers (aujourd'hui des Morts), où il institua une célèbre confré-

TEMPS INTERIIÉDIAIBES. 544

rie. Voulant doter la basilique de Saînt^rnin des marques, de sa muniiiceuce, il donna les sommes nécessaires pour établir la grande verrière qui éclaire la grande nef de

cette église. Auteur fécond et presque inépuisable, il composa plusieurs ouvrages en Thonneur de la mère de Dieu, de saint Etienne et de plusieurs saints, des commentaires sur les livres sacrés, des sermons, des explications sur le droit canonique, des écrits sur Tautorité du pape et des évoques, des histoires, et des traités sui' la physique. Son çbef'd*œu¥re est le livre renfermant les actes de la légation du cardinal de Fois en Espagne. La bibliothèque des dominicains à Toulouse possédait son Traité sur le Pouvoir spirituel) et celle de Paris son Traité sur la Liberté de l'Eglise. Il ne faut pas s étonner, après cela, que les écrivains de soa temps Taient appelé un prodige de science, et aient avancé que rien de ce que Tbomme peut savoir ne lui était étranger.

La piété de Bernard du Rozier égala sa science. Plein

d'une sainte et infatigable ardeur pour le bien de son clergé, il tint des synodes et dressa des statuts, prit le plus grand soin d*étendre le culte de la Sainte-Tîergç, et fonda quatre obits dans son église métropolitaine. Nous plaçons sa mort au 18 mars de Tannée 1475. 11 fut inhumé dans le sanctuaire du chœur de la métropole, du côté de Tépître. Plusieurs miracles s'opérèrent à son tombeau. Quoique Pierre du lion eut été nommé archevêque de Toulouse du vivant ' de Bernard du Rozier, il ne prit cependant possession de son âége qu'après la mort de son prédécesseur. Il parait que Varchevôché demeura quelque temps vacant : c'est ce qui résulte d'un testament de Matthieu d'Espagne fait à

5tS TBMi'S INTCUMRUUlUCâ.

Anragnedans le Tooloasain, au mois â*octobre 1475. Pierre

était Béarnais d origine et frère du sénéchal de Toulouse. Il aTait été abbé commaDdataire de Sorèze.

Le parlement était rentré à Toulouse au commeocemeut de cette année ; la peste qui avait désolé cette ville l'avait forcé de se retirer successivement à Albi, à Réalmont , à Gaillac et à Revel.

La mort du duc de Bourgogne, arrivée le 5 janvier 1477, vint délivrer le roi d'un redoutable ennemi. Louis s'empressa aussitôt de convoquer la noblesse de la province pour Êûre la conquête des états de ce prince. Gaston du Lion, sénéclial de Toulouse, qui servait alors sur les frontières de Flandres, écrivit aux principaux officiers de la sénéchaussée pour que Ton fît partir de cette ville les milices ainsi que six ménages de gens de métier et deux de gros marchands que Toulouse restait à fournir. La peste continuait toujours ses ravages, et nous voyons encore le parlement obligé de fuir en 1481 à Saint-Félix de Caraman, de là au Bourg-Saint-Bemard, et ensuite à La Sal?etat- Saint-Gilles, doiiii rentra à Toulouse le 12 novembre.

Pierre du Lion sut s*entourer dans Tadministration de son diocèse d'hommes très capables, parmi lesquels on distingue Matthieu de Ponet, son vicaire-général, et Etienne d'Anfrery. Le premier, très versé dans la connaissance du droit canonique, publia en 1481, au nom du prélat, une célèbre ordonnance (que noùs avons encore) en faveur des églises paroissiales. Un abus s étaiL introduit au préjudice des recteurs et vicaires. Il existait alors dans diverses églises des Tables ou sociétés destinées à recevoir les offrandes pour être appliquées au soulagement des âmes des trépassés.

TEMPS INTBUUBDUiaKâ. ijiJ

. Certains membres ne rendaient plus aucun compte ; quelques préitres même» s'étant fait nommer par des laïques auiit fonctions de directeurs de ces Toiles, attiraient ainsi à leur profit toutes les offrandes. L'archevêque ordonna qua l'avenir aucun ecclésiastique n'eût la témérité d'accepter dans FEglise une place quelconque par nomination laïque ; bien ^Jiius, i défendit expressément d engager les Mêles à laisser par testaiftent des legs pieux à ces Tables au préju^ dice des églisas paroissiales.

Pierre du Lion attribue i érection de ces Eglises au pape saint Denis qui vivait au troisième ^ècle« et déclare que tous ceux qui, sous l apparence du bien, — sub qiuldam sipem imi — chercheront k rompre Tunilé de ces Eglises, seront semblables à ceux qui déchirèrent la lobe sans couture du Sauveur, ou aux. I&raëUtes qui sacriiièrent sur la montagne d'Oreb. Nous apprenons de cette ordonnance qu'on oilrait pour les âmes du purgatoire du pain, du vin, des œufs, des pigeons et des poules ; que ceux qui voulaient frustrer le recteur de ces offrandes allaient attendre les ûdèles, et surtout les femmes, à la porta de l'église ou sur le chemin pour détourner ainsi les oblations £ûtes à la paroisse ; que des prêtres ne rougissaient pas de faire un honteux trafic eu se rendant dans les cimetières et répandant des bénédictions sur la tombe des morts. Rien n^égalela sainte indignation de cet archevêque contre ceux qui portent préjudice aux recteurs : . « Ceux-ci, dit-il , ont planté la vigne, et des prêtres étrangers (pereyrini saœr dotes ) viennent en prendre les fruits, > Cette ordonnance est imim^trimée dans la collection de messlre de Peyronnel, curé du Taur, t. u, 1.

ÔI4 TEMFb IMEaMÉUUthES.

Ëlieone d'Aufréry fut élevé à la dignité d^official du dio-

cèse de Toulouse par Pierre dp Lion. C'était un célèbre juriscoosoUe Dé dans cette ville, oà il avait professé le droit dès râge de vingt ans. Il fut créé plu^ laid prcsiJuiit aux enquêtes. On a de d'Aufréry un ouvrage devenu célèbre sous le titre de Dedmnes CapeUœ tolotanœ, qo*il composa étant oliicial. Il importe d'observer que cet auteur n'a fait, dans cet écrit , que commenter les décisions de Ck)rserias dont nous avons parlé plus haut. A la vérité, le travail de d'Aufréry est plus étendu que le texte primitif. L'ouvrage de rofficial fut imprimé pour la première fois à Lyon, en 1558, chez Vincent de Portanier, et plus tard en 1617 dabs la même ville* Nous ne donnerons pas .ici Tanalyse de cet ouvrage, qui n*offre aujourd'hui presque aucun intérêt. Ou a encore de cet auteur quelque^) autres écrits qui ont tous pour objet le droit civil et canonique.

Oii alLi iLtuc à Louis XI la foridatiuii à Tuuluiisc des rcligieux de la petite observance, au £aubourg Saint-Michel. 11 ût construire à ses ûrais Féglise qui ^ste ^core et les anciens bâtiments. Sixte IV confirma cette fondation royale. ' . Au commencement, du siècle suivant, M. de Buisson enrî* chit ce monastère de plusieurs meubles et vases précieux ainsi que d'une belle bibliothèque. C'est en ce lieu qu'il' choisit sa sépulture.' Au dix-septième siècle, cette maison fut cédée aux récollets, qui Toccupèrent jusqu'à la révolution française. £lle a été, de nos jours, cédée aux missionnaires du diocèse. Le roi ne survécut pas longtemps à cette fondation ; il mourut à Tours le 50 août 1483, peu regretté de ses sujets et laissant la couronne au dauphin son fils, qui prit le nom de Charles Vlll. Après avoir été reconnu

TËMFS INIËllMEUUIKES. «ilu

• comme souverain aox élats de Tours, ce prince conûrma dans leurs charges, le 12 septembre, tous les officiers du parlement de Toulouse. Plus tard,il en augmenta le nombre de quatre conseillers clercs et dlaïUant de laïques. Celle augmentation servit à former dans le parlement la chambre de la Toumelle. Il confirma aussi tous ^es privilèges et coutumes de la ville de Toulouse.

Le plan que nous avons adopté dans la composition de œlte histoire ne nous permet pas de parler ici des assemblées des états du Languedoc, des doléances que présenta aux rois de France cette province, et des concessions de lautorité royale. Quelques faits cependant méritent d'être ici rapportés : ainsi, au mois de janvier i4S4, Ghafles Vlli érigea en comté, on faveur de son cousin Jean de Foix, la vicomié de Caraman et les trois baronies de Saint-Félix, d*Auriac et de Bauville, sous la redevance 'd*une paire d*éperons d'or à chaque mutation de seigneur. Celui:-ci , qui desceiidait de Pierre d'Euse frère de lean XXIi, avait pris le nom de Foix parce quil était fils d*Isabeau de Foix, et aussi parce qu'il avait épousé Jeanne de Foix ûlle de Matthieu de Foix comte de Gomminges et de Catherine de Coaraze.

La sénéchaussée de Toulouse devint à cette époque le théâtre d*une guerre assez vive entre Madeleine de France d'un côté et le vicomte, de Narhonne de l'autre. On a vu plus haut que Madeleine, soeur de Louis XI, avait épousé Gaston prince de Viane, fils de (îaslbn IV de Foix. Elle eut de ce mariage François-Phébus, ^ui devint roi de Navarre par Eléonore son aïeule^ Phébus mourut sans enfants, et laissa héritière Catherine sa sœur. D'un autre cote, Jean

ulG TEMPS INTERMÉOUim.

(le Poix Yicomle de Narbonne et second fils de Gaston IV disputa cet bérilage k sa nièce ; de là, guerre, atlaques et défenses réciproques. CSiaiies Vlil, désirant donner un appui Il Catherine, lui fit épouser, en janvier 1484, Jean fils d'Alain sire d'Albret. Dans le dessein d6 soutenir les droits de sa fille Catherine, la princesse de Viane remplit le ^omté de Foix de ses troupes et mit à leur tête un capUaiae nommé Robert k Diable^ qui y exerça beaucoup de ravages. Le vicomte de Narbonne s'avança alors à la tête de cinq mille hommes d'armes dans le Lauraguais, campa à Sami- Félix de Garamaa dans le dessein d'aller attaquer AuleriTO qui appartenait à la princesse de Viane et au roi. 11 réussit à s*en emparer. L'interrention du monarque dans ce diffé-

rend fit suspendre les hostilités et opéra la remise de quelques places dont le vicomte de Narbonne s était emparé ; mais cette guerre dura quelque temps encore, et ne

fut terminée qucn 1497 pai ie traité de Taibes.

Nous avons d^à vu qu'après la vaste incendie qui détruisit la plus grande partie de la ville de Toulouse, le roi Louis XI l'avait exemptée des tailles pendant cent ans. Les états de la province qui se tinrent au Puy en 1^ firent au roi des réclamations h ce sujet, préteiidaiiL que la position de Toulouse ayant changé, il était juste qu'elle supportât sa quote-part des impositions. Le roi parut avoir égard à ces réclamations, et déclara que Toulouse payerait sa portion sur les subsides. On conçoit que les habitants chcTcliècent ii s en défendre. Ils y réussirent en effet, car Charles VIU confirma le don des tailles accordé par son père. Du reste, la peste qui éclata à Toulouse dans Tété de 1485 justiiia la concession du prince. A celte occasion, ie

TEMPS LNTËHMEDlViUtiS. 517

liarlement se transféra a Lavaur le 23 juillet el y séjoorDa* Jusqu'au mois de septembre.

La t«rrîbl0*i&qaî8îtîoa d^Espagne poursiimt à Toulouse, . en 1487, ceux qui avaient lui ses senlences. Il y avait alors dans cette ville Jeao de Pedro Saochez, qui avait été brûlé en effigie dans sa patrie. Il était venu demander un asileaux Toulousains. Malheureusement pour lui, Antoine d'Augustin, gentilhomme de Saragosse, faisait alors ses études a Toulouse avec quelques auli cs Espagnols. Animés d'un zèle •peu éclairé, ils demandèrent que Pedro fut arrêté : ce qu*on exécuta. Aussitôt Antoine écrivit à Pierre d*Aug:astîn, son frère, pour qu'il prévint les inquisiteurs de Saragossc de ce qui venait de se passer. Pierre d'Augustin communiqua cette allai re au frère du lii^ilil, lî il lui décidé qu'on écrirait à Toulouse pour engager Antoine à retirer sa plainte et à consentir que Pedro fût remis en liberté. Ce conseil fut suivi. Pai* une imprudence impardonnable, Pierre d'Augustin avertit les inquisiteurs de Saragosse, qui demandérent à Toulouse l'extradition de Pedro. On répondit de cette ville que ce iugilif avait été mis en liberté, et qu'on D*avait plus de ses nouvelles. Pierre d'Augustin et les amis qu il avait initiés dans cette affaire furent alors condamnes * à subir à Saragosse une pénitence publique..

Gaspard de Santa-Grux, frappé aussi par TinquisitiOn d'li)spagne, avait encore pris la fuite et s'était réfugié h Toulouse, OÙ il mourut, après avoir été brûlé en effigie à Saiagosse. Un de ses fils, accusé d'avoir favorisé l'évasion de son père, fut arrêté par les inquisiteurs et condamné à subir un auto-da-fé publie. On lui remit ensuite une copie du jugement rendu contre son père^ et on lui ordonna de

518' TBMFS UfTKBMéDIAIREâ.

se rendre à Toulouse pour présenter cette pièce aux dominicains. Celle pièce perlait que le corps de son père serait

exhumé pour être brûlé. Tout cela fut exécultè. Si , d*ttn côté, on est étonné de la rigoeuf de l'inquisitiott d*Espagne, de Tautre on doit i èire beaucoup plus de la foiblesse d'uo. £Qs qut ne pvél&re pas la mort Vexécution d^une sembla* ble mission. iNoU-e impartialité nous oblige ù dire que lesfaits que nous venons de rapporter sont extraits de Tbistoire de rinquisition de.Liorente, aqteur très opposé & ce célèbre tribunal.

Au mois de janvier 149!, mourut à Toulouse ranehevé-

que Pierre du Lion, après avoir gouverné cette Eglise pendant seize ans. Lorsque la mort le. frappa, il venait de * rendre justice k un prêtre du diocèse de Montanban nommé- Antoine de Cardaillac, en lui conférant leglise paroissiale do Castelmairan que lui avail refusée Jean d'Auriole, évèquede Muiilaiibau. Après .vi uiorl, [Musieurs chanoines de Saint- Ëlienne demandèrent pour arcbevéque Pierre du Kozier,. neveu de Bernard,, prévôt du chapitre et abbé de Montolieu. L'élection eut lieu le l! février, et le 18 d'autres chanoines élurent Hector de Bourbon. Ce dernier était lils naturel de Jean duc de Bourbon et frère de Matthieu de Bourbon gouverneur maritime d'Aquitaine et de Provence» et de €harles deLovedan d*oCk sont venus les seigneurs de Malause. Hector était é^eque de Lavaur lorsqu'il lut nommé au si^e de Toulouse par une buUe d'Innocent Vlii* Pierre du Rozier et les chanoines qui l'avaient élu appelèrent de l'élection dllector au parlement de Paris, et firent confirmer celle de Du Rozier par les archevêques de Narbonne et do Bourge?, qui se disputèrent le droit de conlirmalion.

Pierre ne paraissait nultemeat disposé à céder à Hector :

aussi, le 22" 'septembre 1491, prit-il possession solennelle de Tarchevéché eo slnstallant dans la chaire épiscopale. Le pape, qui aTaît été inétmit de ces- prétentions, fit signifier au chapitre de Saint-Etienne qu il entendait maintenir Téleetion d'Hector de Bourbon. En vertu d'une commission aposloUquc, l'abbé de Tasque, îiommé à cet effet commissaire, fit assigner les deux parties au château de Malause, et y donna une sentence définitive en faveur d'Hector. Appel ■fut interjeté de celle seulence au parlement de Bordeaux, qui termina Faffûre contre Pierre du Rozier. Cette longue quei elle causa beaucoup de bruil et de scandale dans Toulouse, chacun prenant parti pour ou contre les nouveaux élus. Les choses en vinrent au point que le parlement fut oUîgé d'intervenir, requérant tous gentilshommes à l'effet de garder la ville et défendant toute réunion ou assemblée. La victoire resta h Hector de Bourbon, qui ne demeura paisible possesseur de Tarchevéché qu'en Tannée iëOO, après de longues et pénibles contestations. Du reste, pour consoler Pierre du Rozier de sa défaite, on 1 éleva sur le siège de Lavaur.

Charles Vlll êlaiil iuort sans entants à Ambuise le 7 avril 149^, Louis duc d'Orléans, son plus proche héritier, lui . succéda sous le nom de Louis XIL A peine ce prince eutil pris le^ rênes de l'état, que Toulouse s'eniiuessa de lui envoyer des ambassjtdeurs, soit pour lui rendre hommage, soit pour le prier de continuer a la ville ses privilèges. Le 10 mai, le capiloul Martin d'Ëstaug porta la parole. Le. roi se montra très bienveillant et confirma les privilèges. Le parlement envoya, de son côté, des dcpulês au roi. A leur

'ÙiO ' • TEMPS IMfiaMEDlAlUES.

retour, ils trouvèrent la ville entière en proie à la plus

grande désolation par suite de la disette qui, celte année, affligeait tous les habitants. Le soin que prirent les capitouls de chasser les monopoleurs de grains et une sage distribution de secours en prévinrent les terribles suites..

Louis XII rendit plusieurs ordonnances pour le bon ordre de la justice et certaines règles à suivre dans i éducation publique à Toulouse ; Louis d*Âmboise fiil nommé commissaire royal pour rexécution de ses décret*?. Il se rendit à Toulouse au mois d*août , et fit enregistrer au parlement ces diverses ordonnances. Celles qui étaient relatives- à rCniversité éprouvèrent bien des difficultés : on prétendait qu'elles étaient contraires aux privilèges de ce corps savant. L'archevêque Hector de Bourbon et son officiaU d'un côté, rabbé de Saint-Semin de l'autre, qui se disputaient le titre de conservateur, firent opposition. Tous les religieux entrèrent dans la dispute, qui fut heureusement terminée par un arrêt du parlement qui conservait à chacun ses droits acquis. Louis d'Amboise avait été aussi nommé prélat réformateur de toutes les églises et abbayes des provinces do Toulouse et de Narbonne.

Le décembre 1500, Hector de Bourbon, qui venait d'être créé chevalier et chef du conseil de Pierre de Bûur-< bon, rendit nner ordonnance pour confirmer les privilèges et statuts de 1 ancienne conii crie des Toiosaius établie dans l*église de la Daurade. 11 rendit cette ordonnance en présence d'Antoine de Sabonières son onicial, de Louis Boc son.procureur fiscal , d*Ëtienne de Riome recteur de Cepet, et de Jean Malorlic recteur de Préserville.

Dan.s nolie icvuc rétrospective, nous allons maintenant

TEMPS IMHilMbDI.UilbS. lïM

nous occuper des abbayes et antres établissements religieni

du diocèse de Toulouse à la lin du qtuuzièiue siècle. A Bernard du Rozier qui devînt archevêque de Toulouse succéda dans la j)révùté de Saiiil-Etienne Akun de Coëlivi, érôque de Preneste et cardinal, lequel mourut k Rome en 147i. Après loi, Jean Duchâtel, frèrè de TAnnegui-Duchâtel, occupa cette dignité. Il eut pour vicaire-général Guillaume Ynard et fat évéque de Garcassoime. Pierre du Hozier succéda à Jean Duchâtel. Nous avons déjà rapporté son histmre. U se démit de sa prévôté.

L'abbaye de Saint-Saturnin fut gouvernée k cette époque par Jean de Jeaobae de Limoges, mort en 1462 ; Bernard du Uozier, qui lit percer la grande rosace qui éclaire la nef de la basilique ; Jean de Gaufredi, cardinal ; Gilles du Val, conseiller du roi Louis XI , et Laurent LaDemand, évéque de Grenoble.

Le prieuré de la Daurade était toujours sous la direction d'Amalric de Senerges dont nous avons déjà feit 1 éloge. Il fut frappé d'eicommunication parce qu'il , avait dilîéré de payer quatre-vingt-dix écus à G6me de Médicis et aux marchands de Florence attachés à la cour i)ontilicale. Ce l'ut à ses soins que la célèbre conifrérie des Tolosains dut son éclat, la confirmation de ses statuts et la lu rpétuité de sa durée. Oa chercha vainement à l'élever à plusieurs abbayes: il sut résister à toutes les sollicitations. Il céda aux clarisses le monastère des bénédictines de Saint-Cyprien, et devint le soutien de son prieuré, dont l'église et la maison avaient été dévorés par ies flammes. Son successeur fut Jean- de Morlhon, iils du président au parlement, qui dissipa tous

lia TESlVi INmXËUIAUltS.

les biens do^ monastère et introduisit le relâchement dans

la discipline monastique.

Jean de Falgar abbé du Mas-Gamier abdiqua son titre eu 1457 à cause de son grand âge ; Audouin de Gain lui succéda. Il avait été prieur de Saint-Sardos. Louis d'Alberti évêqne d*Âire lui disputa Tabbaye, qu*Âudoaln garda jusqu'à sa mort. Après lui, Geraud du Prat, d'une illustre race et prieur d'Auvillars, gouverna le monastère. Cest à cet abbé que le Mas dut toute sa gloire ; il fit construire un nouveau couvent et Tentoura de murailles. Après avoir augmenté ses domaines en achetant de Jean.d'Izalguier seigneur de Castelnau plusieurs terres, il lit réparer les fermes et les moulins de son abbaye ; H poursuivit ceux qui avaient usurpé les biens et les fit rentrer dans le de-^ voir. L église du Mas lui dut tout son éclat, et la sacristie seà' ornements. Il fit une fondation pour trois prêtres séculiers et un clerc qui devaient, tous les jours, chanter une messe solennelle à Tautel-de la Vierge. Les bienfaits de Geraud du Prat lui firent donner le surnom de Grand.

Nous ne trouvons dans cette période qu une seule abbesse de Saint>Semin à Toulouse, Antoinette de Casarte ; (lUeiUe à Saint-Pantuléon : Alicnurdc de I.aroque, Claire de ' Punctis, Pétronne du Mont, et Jeanne de Bérailh. — Jean de Thailhapède et Jean de Casalières gouvernèrent fabbaye d'Eannes. — L abbaye de Grand-Sclve fut dirigée par Gilles de Morban jusqu'en 1459. Après lui, on trouve Bertrand d'Albi, Arnaud Blanc, Antoine de Narbonne évèque de Values et abbé de Fonlfroide, qui se démit en faveur du cardinal d*Amboise. Celui-ci eut pour successeur Louis de >'arbuime, frère du précédent.

TtMrS INTBEMiDiAlMB. 52$

HenrieUe de Gausao commença à gouverner labbaye de

Salenques en 14(j0. Elle reçut au nombre de ses filles Béalri& et loiande de Foix ainsi que Grisca d^Ëstoo. Après elle, Eléonore de Foix, de niiostre maison de ce nom, fut élue abbesse. Son monastère fut réformé en 1482 par fes soins de Tabbé de Giteaui. On croit que* c'est elle gui en appela m pape Sixte lY d'une .sculcitoe d'excommuiiicalioii qu'elle 2tvait encourue de la part de Tabbé de Citéaux pour avoir refusé de recevoir dans sa maison une religieuse qui n*avaît pas demandé le consentement au comte de Foix, d'après les conditions de la fondation. Agnès de Montant lui suc- * céda. Les prénionLies de La Capelle eurent pour abbés Dominique de Melou, Bernard Doyal et Bernard du Moulin. Les religieuses de Sainte-Claire, urbanistes, eurent pour abbesses Arnaulde de Grimoard, Marguerite de Durfort ei Jeanne de GrossoUes.

Pierre Bonaldi succéda à Hugues de Raffignac dans 1 evôcbé de Bieux. Son testament est daté de Toulouse, en 1462. Après lui , Gaufrid de Barilhac occupa ce siège. Il avait été par deux fois nommé évêque de Carcassonne par le chapitre de cette ville. Ce fut lui qui unit à son chapitre de Rieux le prieuré de Saint-Félix dans son diocèse. Il eut pour successeur Pierre d'Abzac de Lâdouze. I^é dans le Périgordd*ttne très-illustre famille, celui-ci devint docteur en droit, professeur .à l'université de Poitiers, conseiller du roi et abbé de Lagrasse. C'était un hdmme profondément versé dans les lettres divines et hamalnes. Le roi le choisit pour présider les états de Montpellier. Plus tard, il assista aux états de Tours, et présida ensuite ceux du Puy. 11 fut transféré au siège de Lectoure, et enlin k la métropole de Nar-

5U TKMPS rNTSUMÉBlAtftES.

bonne. Hagues d'Espagde loi snccéda sur le siège de Rieux

quand il quitta celui de Lectoure. Ce prélat lit construire une salle destinée à renfeimer les archives et les diplômes de son chapitre.

L'abbaye de Feuillants fut successivement gouvernée, pendant les cinquante dernières années 4» quinzièine siècle, par Jacques Leclerc le Bourguignon, qui abdiqua en faveur d'Arnaud de Calvaire ; Jean de Moratre, docteur en droit

canon, et Giâllauine de BonneTal , archidîaGre de Gom-

miûges.

Antoine Solier- était abbé de Galers en 1459, et passa de

celle abbaye li celle de Bolbonne. Maurice de Palabat, moine de Fontfroide, lui succéda. U fat .question d unir Tabbaye de Galers k celle de Bolbonne. Cette union était dé|à commeucée lorsque le chapitre général de Clairvaux en arrêta rentière exécution. Jacques de Gailhard, moine 4e Fontfroide, maître en théologie, succéda à Maurice, et Julien de Palicîer à Gailhard. Ce dernier était bachelier en décreis et mwuB de Grand^Selve. Son élection fht cassée au chapitre général, et un autre abbé fut élu à sa place.

Ainsi que nous l'avons observé, Arnaud-Raymond d Es- ' pagne occupait le siège de Comminges en 1450. Ce siège demeura vacant depuis 1462, époque à laquelle mourut ce prélat, jusqu'en 1465. Les auteurs ne s'accordent' pas sur le successeur 'immédiat de Uaymond d'Espagne ; les uns croient quje ce fut Jean-Baptiste de Cibo, cardinal sons Sixte IV et qui devint pape sous le nom dlnnoeent VIII ; d'autres aûirment que ce lut Jean-Baptiste de Foix, et nous regardons ce sentiment comme beaucoup plus probable. Jean-Baptislc de Foix n'apparlenait pas à la grande famille

T£MPS IMEaUÊDlAlftBS.

lie ce nom ; il était fils naturel d'ArclKunbaud de Grailli captai de Buch, qui avait pris ie nom de Foi& par sa femme Isabelle, fille de Matthieu comte de Foix. Il fut d*abord abbé de Saint-Sever en Gascogne et ensuite évêque d'Acqs. 11 devint évéqne de Comminges en 1467, et assista en qualité de témoin aux conventions matrimoniales entre Bertrand da Puy et Domeage de Binos. L bistorien Sandovai assure qii*il se rendit à Pampelune en 1481, et qa*il assista à rentrée solennelle que fit dans cette ville Frauguis-Pliébus roi de Navarre. Nous ie trouvons, quelques années plus tard , à Tarbes, où il' assista au contrat de mariage d*Ânne de Foix et de Gaston d'Etampes. Il gouverna pendant vingt-quatre ans TEglise de Comminges, possédant en même temps Tabbaye de Saint-Saviu dans la vallée de Lavedan. Il mourut en 1501 «.laissant son chapitre héritier de ses biens et d'une portion des dîmes du lieu deTrusaguet qu il avait acquises de la reine de Navarre comtesse de Bigorre.

L abbaye de fionnefont fat occupée, dans la période de cinquante années, par deux abbés : Bertrand et Aniaud- Guillaume de. Mauléon ; celle de Nizors, par deux encore : Bertrand de Jeanhac et Manand d*Aure, lequcA devint évéque de Tarbes. Blasietle et liose de Alontclar gouvernèrent rabbaye de Fabas.

Page 1