III
48S TSlirS IJiTBBMÊMàlitBS.
ils sont cilés avec éloge daos ceux du cardinal de Joueuse.
L'ordre des frères mioeurs reçat alors à Toaiouse une marque éclatante de la générosité et de la munificence de révéque de Qunmioges Pierre de Foix. Ce grand homme était fils d*Archaiiibaiid de GraiUi vicomte de Béarn et d*lsa> belle, sœur de Matthieu de Foix. Après avoir fait ses études a Tojilouse avec la plus grande distinction, par une humilité profonde il renonça à- tontes les gruideors de la terre et embrassa la vie religieuse dans le coovent des franciscains de Morlas en Béarn. Malgré sa résistance, le souverain pontife le tira du cloître et le nomma évêque de Lcscar et ensuite de Commioges. 11 succédait dans cette église à Manaud de Barhazan, car Gerand d*Anre, qui avait été élu par le chapitre, ne fut pas reconnu par Mai Un V.
Ce- fut en 1426 que Pierre d^ Foix pht le gouvernement du siège de Comminges, à Fàge de vingt-deux ans ; il fut crééi cardinal au titre de Saint-Ettenoe au mont Ckelius. L*amoQr qaTû avait pour son ordre le porta à construire à Toulouse la magnifique église des Cordeliers et à créer un collège pour vingt-six écoliers. La chapelle de cette maison fui dédiée à saint Jérôme ; il Fenricbit d*une bîUiothèqne magoiiique où se trouvaient réunis de très précieux manuscrits. Cette dernière fondation ne fui faite qu'en 1457, pendant que Pierre cardinal de Foix gouvernait l'Eglise d'Arles. Ce collège porta son nom, et fut aussi désigné sous celui de la Vaehei à cause des armes de la maison de Béarn à laquelle appartenait ce grand homme. (Ce collège est aujounf hui occupé par les Dames de la Compassion.)
Le comte de Fdx convoqim rassemblée des états du Languedoc à Beziers pour le 8 juillet 1428. Denis du Mou-
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TBXIP9 U«T£a]l6l»UlftU. M
lia s'y iroofa, et le roi lui donna une gratification de quatre cents livres pour les dépenses qu'il avait iailes. Ces états, qui ne s'ouvrirenl qu au mois d'août, accordèrent à Charles VII des subsides pour résister aux Anglais, et nomméreiit des députés pour les étals généraux qui s'ouvrirent à Chinon* au mois d'octobre. Cette dernière assemblée demanda au roi de réunir en un seul les deux parlements de Poitiers et de Beziers ou Toulouse, ce qui fut exécuté : en sorte que le parlement du Languedoc, qui n*avait duré que huit ans, fut réuni à celui de rraucc jusqu'en 1445, époque à laquelle il fut* rétabli pour toujours.
Pendant les états généraux de Chinon, le comte de Foix fit sa résideûce en Languedoc pour garder cette province que les routiers infieetaieot encore, et en particulier André de Ribes. qui occupait diverses places dans le Toulousain. Ce capitaine fut pris et mis à mort. Le comte exerçait une véritable autorité souveraine en Languedoc,.car Hélie, prévôt de l'Eglise de Uieux, ayant été nommé juge-commissaire et exécuteur apostolique dans le Languedoc et la Goienne pour Vextirpation du schisme et de Thérésie, ne put remplir sa mission sans le consentement du comte, qui la lui accorda par des lettres qui portent la date du SO décembre 1428, à condition qu'il agirait de concert avec quelques jurisconsultes qu'il désigna.
L*amiée 14^9 vit les affaires de Charles VU changer entièrement de face par les exploits de Jeanne d'Arc, la levée du siège d'Orléans, et le sacre du roi à Reims. Les états du Languedoc s'étaient assemblés au mois d*août a Carcassonne ; ils se réunirent de nouveau le Vo, octobre. Ce fut dans cette seconde session qu*on nomma des députés pour
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aller complimenter le roi sur son sacre, qui a?ait lieu au
mois lie juin. Denis du Moulin, archevèquo de Toulouse, était au nombre de ces députés. 11 nous est impossible de suivre ici toute la durée des états du Languedoc qui s'assemblèrent si souvent a cette époque ; nous dirons seulement que le roi, se trouvant à Gergeau le 5 mai 1430', y confirma une ordonnance da comte de Foix relative aux capitouls de Toulouse qui avaient été continués dans leur charge à cause des soins qu*ils s'étaient donnés pour maintenir les peuples de la sénéchaussée dans le devoir.
Ces peuples étaient perpétuellement vexés par les routiers, qui , au nombre de six mille hommes d*armes, désolaient la province. Le comte de Foix donna commission au chevalier Jean de Mauléon de les réprimer : celui-ci ordonna aussitôt au sénéchal de Toulouse d'assembler le ban et Tarrière-ban de la sénéchaussée pour aller combattra ces brigands, qui furent ainsi tenus en échec.
Toulouse possédait alors les quatre ordres mendiants ; dominicains, franciscains, augustins et carmes. Ces religieux firent ensemble un accord touchant les diverses soletnnrtés qui devaient se célébrer dans leurs ordres, et auxquelles Ils étaient tenus tous d'assister. Cet accord avait encore pour objet certaines préséances dans la distribution des grades universitaires. Le comte de Foix se vil obligé d mtervenir dans un différend qui s*é1eva entre Jean du Puy, professeur de théologie, dominicain inquisiteur que le pape venait de nommer à révôché de Cahors et qui voulait garder avec son évêché cette dernière charge, et frère Raymond de Manassio, à qui le roi avait accordé la place d inquisiteur depuis que ,1e premier avait été 'prendre possession de
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\on êvêché. Nous igiioiuus le l ésullal de ce dilîéreud, dont le comte s'était réservé la couuaissaoce.
Les capitouls en appelèrent au monarque de Tamende de dix mille écus d'or k laquelle ils avaient été coadaiiuiés par arrêt du paiement pour avoir ôté des mains du sénéchal de Toulouse une femme du lieu de Porlet près de cette ville, accusée de plusieurs crimes. Le parlement avait , de plus, privé ces magistrats de Texercice de la justice criminelle. Le roi , se trouvant k Vienne en Dauphiné au mois d'avril 1434, examina les plaintes des capitouls, modéra le prix de Tamende et leur rendit Texercicetle la justice. On comprend que le sénéchal Jean de Bounay dût faire opposition à ces actes ; mais la décision royale prévalut.
Le roi témoignait toujours ljeaucou[) de confiance à Denis du Moulin puisqu'il 1 envoya» pendant qu'il était du côté du Rhône, en ambassade auprès du Iroi. de Castille et de Léon pour traiter de quelques affaires relatives aux deux couronnes. Ce prince récompensait toujours magnifiquement les services de Tarchevêque, car il lui assigna 3200 moutons dor pour ce voyage, dont 2000 lui furent immédiatement payés et les autres dans Tannée suivante. Ce prélat était vraiment infatigable : k peine de reluur d'Espagne, il se rendit à la cour de Savoie pour assister aux fiançailles d'Amédée avec lolande, fille de Charles VII ; de là il lut envoyé auprès du duc de Bourgogne en Flandre avec le seigneur de (jaucourt. Avant son départ, il reçut du roi 800 livres tournois et 900 k son retour. Dans toutes ces légations, il eut pour secrétaire Pierre Lenormant.
Jean comte de Foix touchait au terme de sa carrière. 11 mourut k Mazères le 4 mai 1456, et lui inliumé à Bol
486 TBMl':» IMKftMàDUltKS.
bonne. Gasltiu sun fils lui succéda. Le roi ne se pressa pa:^ > de nommer un lieutenant en Languedoc, et administra pendant quelque temps la pro? ince par lui-même. Les états du Languedoc ayant été convoqués à Beziers, ils s'ouvrirent le 8 janvier 1437, et oo accorda mille éciis d'or à Louis, fils atné dn roi pour ses affaires. Do Moulin se trouva à ces états, et accompagna Charles VII dans le voyage que le prince fit alor& en Languedoc avec le dauphin. A Montpellier, il usa de son ascendant auprès du monarque pour rengager à donner cent livres à prendre sur la recette de Toulouse aux franciscains de celte ville. Cette commuuâulé ne possédait pas de rentes ; elle était composée de cent religieux, et le chapitre général de Tordre, au nombre de quinze cents moines, devait se tenir k la Pentecôte dans ce couvent. L'archevêque obtint la place d'intendant de la justice des aides pour la province et celle de menlbro du conseil privé. Le 7 juillet 1458, du Moulin assista à la grande assemblée réunie i Bourges avec un grand nombre d*évèques et de jurisconsultes. Cs fut là qu on établit la fameuse pragmatique-sanction, (rélait une ordonnance en vingt-trois articles. On y adopta la plupart
. des décrets du concile de, Bâle ; on y reconnut l'autorité àes conciles œcuméniques supérieur^ à celle du pape ; on y abolit les annales, les réserves, les expectatives, la multiplicité des censures et des appellations à Rome, les jugements ecclésiastiques hors du royaume, et on y rétablit les élections canoniques. Un auteur moderne (1) {wétend que - la pragmatique n*avait qu'un petit défaut, celui d'être
{I) RoRRRACiieii, Hift. univ.^ tom, xxv, p. 574-572.
TLMP6 HiTSaMDUiaU. M7
» radicalemenl nulle ; car, dit-il , tout contrat est nul qui » n'est pQint coosenii par les deux parties contractantes. » Or, la pragmatique était tin contrat entre les Eglises de » France et le pape pour régler les rapports mutuels de • part et d'antre ; le con^eotement do pape y éiait donc » absolument nécessaire. » Tout cela est assurément très juste ; mais l'antaur a oublié ce qu il a dit un peu plus haut, — que les députés d'Eugène IV furent convoqués à Bourges, et qu'ils y furent entendus : en sorte que le défaut de la pragmatique devint^ comme on le voit, infinimm petit.
Après rasseniblee de Bourges, du Moulin rentra à Toulouse, puisque, le 48 juillet, il assista au contrat de mariage d'Ayssin de Montesquiou dWngles avec Dulcie de Faudoas, fille de Beraud de Faudoas.de Barbazan.
' Les routiers, ayant à leur téte Rodigo de Villaudrant et d'autres capitaiiïes, exerçaient de continuels ravages dans toute la province. Vêtant emparés de la vHle de Sainte- , Gabelle dans le Toulousain, ils s*y fortifièrent. Jean de Bonoay, sénécbal de Toulouse, ne pouvant les réduire par la force, prit le parti de traiter avec eux, et leur fit abandonner leur place d armes moyennant une somme qui leur fîit comptée. ■ ■ *
Le 25 mai 1439, Louis dauphin de FrajQce, pendant que son père était à Lyon, fit son entrée solennelle à Toulouse, et iiit logé à. la sénéchaussée. 11 n'était alors âgé que de seize ans. Le roi , qui avait une entière confiance à Denis du Moulin, le donna pour conseiller au jeune prince.. Ce fut pour le récompenser de ses bons et loyaux services que ce prélat fut transféré à rarchevéché de Paris, où il mcurut
en 1447. Il avait gouverné TEglise de Toulofise dix-sept
dos. et avait passé la plus grande partie de son épisco^i dàns les légations et les ambassades. Le joutn^iste de Charles VU le traite de prélat cupide, et même de concussiuonaire. Tout ce qu^ou peut dire, c est que, slt servit son prince et sa patrie, il ne le fit pas gratuitement, et eut te soin de se faire payer des sommes considérables pour ses . diverses ambassades. 11 légua une certaine somme pour la constrttotion-d*an péristyle et d*ai^ portail à son église ca^ tbédralc, ouvrage qui fut exécuté par son successeur.
Au mois de juillet, Pierre du Moulin, maître ès-arts, vice-chancelier du Languedoc, licencié en droit civil et canonique, Juge des appellations des causes civiles, maître des requêtes, et frère du précédent, fut élu pour lui succéder. Il fut mis en possession par Bernard du liuzier, pré- • vôt de la cathédrale. Ayant accompagné le dauphin 'à Toulouse et se trouvant en cette ville au moment de son élection, le roi lè nomma |i la Ueuteilance des aides ou • subsides, et lui fit compter deux cent cinquante livres tournois.
Louis dauphin était encore à Toulouse le 10 juiMet. Il nomma des commissaires pour visiter plusieurs personnes, hommes, femmes et enfanis, qui s'étaient répandues dans ^ la ville et sénéchaussée de Toulouse, et qui se. trouvaient infectées d'une espèce de lèpre appelée capoterie, Un traité . fut aussi conclu avec les, capitaines des routiers qui s'étaient emparés de Seisses, Braqueville, Beauzelle et Villemur, traité par lequel , moyennant une somme de deux mille écus d'or, ils consentirent à abandonner la province. Louis partit de Toulouse à la fin de juillet. Etant à Albi, il
exempta le nouvel archevêque du service d^uu chevalier
ptur le ban. Les routiers, après le départ du dauphin, coDtiDoèréDt d'exercer leurs ravages ; bien plus^ des sei-* gnenrs formèrent contre le roi une conspiration dans laquelle on entraîna le jeune prince. JeandeChabannes, sénécM de Toulouse, entra dans cette ligue» A cette nouvelle, Charles VII destitua l6 sénéchal (28 mars 1440) et nunima à sa place Galaubiac de Panassac» auquel il adjoignit.le vicomte de Lomagne pour son lieutenant enlanguedoc.
Le vicomte se rendit à Toulouse, et le 12 avril il assembla tous les ofûciers de la sénéchaussée» leur fit part des ' événements qui se passaient alors en France, et requit renregistremenl des lettres d'institution du nouveau sénéchal. L'assemblée répondit que les lettres étant adressées aux généraux de la justice dans le pays, on ne i (juvaii les enregistrer sans leur ordre ; que Pierre du Moulin étant Tun des grands justiciers, on pouvait loi présenter ces lettres. Alors le ^comte pria l'archevêque de se rendre à - rassemblée ; mais le pr^ s*excusa sur ce qu'il n'était pas le seul des généraux et qu il n'avait pas les sceaux. Cette excuse n'empêcha pas le vicomte de se rendre le lendemain à la cour présidiale, suivi de Tarchevêque et des capitouls, et de son aultuité mit en possession le seigneur de Panas^ ' sac. La rébellion des seigneurs de la cour n'eut pas de suite : ils vinrent demander pardon au roi, qui le leur ^iccorda.
n parait que Pierre du Moulin s'étàit rendu auprès du
roi qui avait entrepris un voyage dans la province à la fin de novembre 1441, puisqu'il partit de Montpellier pour se rendre promptement en Gascogne afin d'engager le vicomte
490 fEMPi) IMËRMÊmAlASS.
de Lomagne k ne pas causer trop de dommages dans ic pays du Languedoc. Voici quelle avait élô l'occasion de ceUe prise d'armes, Les Anglais assiégeaient à cette époque la ville de Tartas en Gascogne sur le sire d'Albret qui en était seigneur. Le roi, ayant résolu de la secourir, cooToqoa à cet effet tovOes les milices dn royaume ainsi que la noblesse de là sénéchaussée de Toulouse, et établit le quartier gàaérai dans cette ville pour le 1*^ avril i44â. Mais le viciHUte de LmiiagiiG n'avait pas attendu les ordres du prince : il slétait déjà mis. en marche* Ce mouvement de troupes, causa beaucoup de désordre dans la province : ce qui força le roi à donner l'ordre au sénéchal de Toulouse de séparer la noblesse d^à réunie. Alors le roi s*avanca vers le Languedoc, n était à Limoges le i mai. Après les fêtes de la Pentecôte, il se dirigea vers Toulouse, y ht son entrée solennelle le 8 juin 1442, vôtu de noir, monté sur un cheval blanc, et s'avança sous un Jai> biodé d'or porté par les capitonls. Il descendit à la sénéchaussée. Ayant rassemblé son armée aox environs de la ville pour la journée de Tartas, il en partit le 12, après y avoir laissé son conseil. Le ' 13 juin, il se trouvait à Ijrenade sur Garonne. Tartas s*étant rendue, il était de retour à Toulouse le 26 juillet; nous Ty trouvons encore le août avec la reine qu'il y avait laissée. Cette princesse quitta bientôt cette ville, et
le roi alla faire plusieurs excursions dans la province. *
Pierre du Moulin se vit obligé de promulguer la bulle d'Eugène IV en fkveur de Tarebevèque de Narbonne et de
ses suiïragauts. Dans cette bulle il ordonne aux inquisiteurs de s'entendre toujours avec les évéqnes dans Texeroice de
leurs charges et de leur prêter un mutuel appui. Cette
TËUPii IMERMËPIAiaEi». 494
promulgation fut nécessitée par la eondulte que l'iiiquisileur ^de Toulouse Uni à Tégard de Tarchevêque, conduite qui suscita un procès entre les deux parties, mais qui n'eutpas d'autres conséquences.
Charles VU demeura avec toute sa cour à Montauban ^ tout le mois de janvier 1443. Le chroniqueur Bardin affirme qu'il tint à celte époque dans celle ville les trois états du Languedoc ; que la présidence en fut donnée à Bertrand , de Laroche-Fontenilles, évéque deMontauban, au préjodice des archevêques; que ceux-ci, irrités, se retirèrent de l'assemblée, à Fexception de Pierre du Moulin qui prétendit que le roi avait lu droit de choisir le i)résident. Le chroniqueur donne ensuite les noms de tous les prélats et de tous les seigneurs qui assistèrent à cette assemblée où^ le roi annonça le rétablissement prochain du parlement à Tou- • louse« Ces circonstances ont paru &buleuses à de graves historiens. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il assigna les états du pays de Comminges k. Toulouse pour le 17 lévrier, afin de contraindre Matthieu de Foii à donner la liberté à Marguerite de Comminges sa femme, qu'il tenait jprison- Dière et qu'il avait fait transporter dans Tune des tonrs du château de Foix.
Les états de Comminges se trouvèrent ajournés jusqu'au 26 février. Le roi entra à Toulouse le même jour, et le c^amcdi 0 mars il stipula iiu accord avec Matthieu de Foix par lequel la comtesse devait être mise en liberté ; qu'ils jouiraient ensemble du comté de Comminges, et qu'après leur mort ce comté serait réuni à la courouue. Immédiatement la comtesse Marguerite fut mise en liberté et conduite a Toulouse. Celte illustre dame, qui était très vieille, se
. 491 TUIPS tKTXlIlltolAlUtt.
reiMlit à Poitiers où oUe mourut peu de jours après. Matthieu de Foix épousa alors en secondes noces Catherine dame de Coaraze, et jouit du comté de Commiuges jusqu^à sa mort, arrivée eu 1451 . Après lui, le comté fut réaoi à la couronne.
Marie d Anjou suiTÎt le . roi son époui à Toulouse. Lea- • trée de la rêne M magnifique. Le dauphin la portait en croupe sur un cheval blanc ; elle était vêtue d'une robe bleue doublée d*hermine, et coiffée d'un cbaperon de gaze blanche relevé d'un côté et d'autre sur le froat. Les capitouls soutenaient, au-dessus des illustres voyageurs, un dais aux armes de France et d'Anjou. La ville, k cause de sa noble et joyeuse entrée, lui ût présent de cinquante marcs d'argent ouvré valant cinq cents livres.
Pendant son séjour a Toulouse, le roi accueillit favorablement les demandes qui lui furent adressées par les états du Languedoc sur plusieurs points, et entr*autres sur le rétablisseraent du parlement dans la province. Il rendit aux capitouls Texercice de la justice civilQ et criminelle, grâce qui leur fut octroyée à Foccasion de la conduite bonorable que ces magistrats avaient tenue à cet égard en payant la somme de six mille réaux d*or à laquelle ils avaient été cùndanincs dans l'affaire du sénéchal dont il a été parlé plus haut. Le roi leur remit cette somme parce que la ville avût beaucoup souffert de Tarmée, et qu*un vaste incendie avait consumé une grande partie de la cité.
Le roi partit de Toulouse le 8 avril i44^, suivi du roi de Sicile et de toute Sa cour, et prit la route du Limousin. Conformément à ses promesses, il rétablit, par un édit donné à. Saumdr le 12 octobre, le parlement du Mngue-
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doc et en fixa la résidence à Toulouse. Il ordonna qu'il commencerait ses séances à la Saint-Martin d'bivei: ; quli . serait composé de quatorze juges, savoir : deux présidents laïques ; douze conseillers, six clercs et six- laïques ; deux grefHers, et huit huissiers. Aynard de Bleterens fut nommé premier président et Jacques de Maux second président. Le 1 01 nomma rarchevéque de Toulouse et un autre évêque de la province prélats assistants ou consieiUers d'honneur. Par suite de diverses circonstances, l'installation du nouveau parlement n'eut lieu que le 4 juin 1444. Ce jour-là, Pierre du Moulin célébra la messe du Saint-Esprit. Après la cérémonie religieuse, les gens du parlement se rendirent au liéu fixé pour leurs séances; l'archevêque et Targentier du roi prononcèrent de très belles harangues auxquelles le premier président répondit , et la cour fut installée par Jean d*£tampes, maître des requêtes de Thôtel du roi, et Jacques Cœur, son ai^^enlier.
Par l edit de création du parlement de Toulouse, les commissaires généraux sur le fait de la justice avaient été révoqués, et aussi ceux des appels des aides. Ces divers commissaires firent opposition à ce que le parlement évoquât les affaires qui étaient de leur ressort. Afin d'éviter tout conflit, le roi institua ou plutôt rétablit une cour des aides qu*il incorpora au nouveau parlement. En conséquence, Pierre du Moulin, Jean d'Elampes, Jean d'Assi et Pierre Barilhet furent institués juges souverains sur le (ait de la justice des aides et des tailles, et installés en cette qualité le 20 novembre, après avoir prêté serment à genoux entre les mains du premier président.
Le 1" août, Pierre du Moulin présenta en son nom une
494 rem intïiuiévuius.
requête au {Xiiiemeui à i eilet d'obteuir qu ua cerUin clerc nommé Jean Asctier, qui éUit dans les prisons de la coor» lui fût remis. Cet homme était accuse d'avoir cité en cour romaine Pierre Boissié, curé de Sainte-Sigaiaine au diocèse de Lavaor, et cela contre la défense qui avait été portée par la pragmatique-sancUon. La cour interrogea le prévenu et voulut connaître sa cause. Ce ne fut qu*après un premier jugeiiiciil qu'il fui livré à rarchcvêque et tiaiisféré dans la prison de roûiciaiilé. L'appel qu'il avait interjeté en cour de Rome lui fit rendre la liberté.
Depuis sou installation, le nouveau parlement, à cause de rétendue de sa juridictioa, se trouvait nécessairement mêlé à toutes les graves affaires de la province : ainsi, au mois de sejktembre, il confirma les anciens arrêts qui avaient été rendus touchant la liberté que les esclaves recouvraient en se réfugiai! L a Toulouse, contre les prétentions des commissaires do roi d'Aragon ; au mois de janvier 1446, il s*OGeupade Taffaire de révéché d^Uasès entre Alain de Goêtîvi et Guillaume Soyberti qui se disputaient cet êvêcbé. Une sédition des habitants de Lectoure ayant éclaté contre la garnison royale, le parlement interposa son autorité pour . arrêter le désordre.
Les états du Languedoc s'assemblèrent plusieurs fols a cette époque dans la ville de Montpellier. L'assemblée de 1449 accorda plusieurs aides et subsides au roi,,et trois cents livres à Pierre du Moulin pour aToir dressé les constitutions 4u pays et pour les frais qu'il avait iaits durant la tenue des états. L'année suivante, ce même prélat obtint mille livres ix cause des frais de son ambassade vers le roi en Normandie dans les intérêts de la province.
imiM iMTKiuiÉoiiius. 495
La prévôié de Saint-Ëtieaae de Toulouse fut successivement occupée, dans la première moitié du quinzième siè- , cle, parNicodas Tercius, qui succéda k Vital de Castelmoron, et qui assista au concile de Pise en 1409. Apres Jui, Chatard d'Aicard fut créé prévôt, et fut enseveli dans la chapelle de Saint-Laurent. Etienne de' Gaillac, docteur en décrets, vint après lui ; il exempta les h^itants du lieu d Escalquens de plusieurs servitudes, et approuva les statuts de la réforme du cbiapitre de Saint-£tienne que Dominique de FlcM'ence et Févcque de Lavaur avaient dressés par ordre de Marliii V. On voyait autrefois, vis-a-vis de la porté du doitre de SaintnEtienne, le tombeau d'Ëtienne de Gail- . lac qu'il avait fait construire de son vivant. Bernard du Hûzier, chancelier de TËghse de Toulouse, professeur en Fun et Fautre droit, fut élu pour lui succéder pendant qu'il remplissait à Rome les fonctions de référendaire auprès d'Ëugène IV. 11 était qé au Mas*Saintes-Puelles dans le Lauraguais. Dans sa jeunesse, il. prit rang parmi les chanoines de Saint-Etienne, et enseigna pendant vingt ans le droit civil et canonique dans Funiversité de Toulouse. A lionie, il lit admirer .^a i'<iro ciuqueuce. Il lut d'abord promu aux évêchés de Bazas et.de Montauban, et bientôt après à Farchevéché de Toulouse, comme nous le verrons plus bas.
L'abbaye de Saint-Saturnin fut encore gouvernée, dans les premières Années de ce siècle, par Aymeric Noël , qui devint évèque de Condom. Bernard d'Aurival lui succéda, et à celui-ci Foulques de la Rouère. Ce dernier lut créé conseiller clerc au parlement de Toulouse. Nommé conservateur des privilèges des dominicains, il défendit aux oftl-
ctaux de la province de Boui^es d'exercer sur eux aacune
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juridictiOQ. 11 présida aux obsèques d'Aynard de Blet6reni&» premier président dii parlement. Il était né à SaiotLéonard dans le Limousin.
Le prieuré de la Daurade nous offre, dans la période gne nous Tenons de parcourir , des faits dignes d*in1érêt. Pendant que Raymond de Vayrac était encore piieur, Jean de Gapdenier, seigneur illustre, institua les moines de cette maiaûii ses légataires uiiivorsels. Hayiiiund lut élu abbé de Moissac ; après lui, Jean de Maussio et Gui de Vayrac parent du précédent gouvernèrent le monastère. Celui-ci fut aussi élu abbé de Moissac. Raymond d'Ârentes remplit la * place de prieur après Gui; il était l)àtard , et professait le droit canonique à Toulouse. Le comte d* Armagnac, dont il était conseiller, avait puissamment contribué à lui faire obtenir cette place. Pierre de RocaseU, prieur claustral, fut envoyé au concile de Constance, et son monastère s'agrandit
par les libéralités de Marguerite de Tarride, qui lui céda une vaste maison.
Raymond d Arentes s'eiïorça de secouer le joug de Fabliaye de Moissac; mais son monastère devint la proie des flammes eu 1421). Lc:i religieux alors existants s'engagèrent à reconstruire la maison à leurs dépens ou à ceux de leurs fiunilles, à la condition qu*ils demeureraient toujours dans le prieuré. Cette condition fut acceptée par l'abbé de Moissac, et devint la sburce de la destruction de la discipline claustrale et d'une Infinité de désordres dont on eut beaucoup de peine à arrêter le Qours. Le nombre des religieux fut réduit à quinze par Raymond, dans Tintention de s'approprier les revenus des divers offices. Il ne put cependant réaliser ces projets sur ce point , les moines en .ayant ap-
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pelé au cardinal de Foûl. Raymond fut pourvu du prieurd de Saint-Orens d'Auch par Eugène IV. A peine cette promotion futroUe connue de labbé de Moissac, qull se hâta de nommer prieur de la Daurade Amadric de Sen6rges> homme également distingué par Ihonnêteté de ses moeurs^ la noblesse de sa naissance et sa piété.
L*abbaye du Mas-Gamier fut gouvernée par Pierre, Gi^ rard, Peladon (qui aliéna le ramier de la Garonne pour fournir au vestiaire de ses religieux), par Raymond d'Avidat et Jean du Falgar ; — celle des chanoinesses de Saint- Saturnin ne nous offre que le nom de deux abbesses, Aude d*Izalgoier et Françoise Pilote ; — celle de Saint-Pantaléon^ le nom de (jaiilarde de Braderie, de Bertrande Siiva et d'Aliemorde de Raroque. Le monastère d^Ëaunes ne compte que deux abbés : Guillaume Durandi et Jean de TaBlepède ; ' Grand-Selve deux encore : Jean Azeniar, qui fut destitué par les abbés de Maurimont et de Gadouin à cause de sa mauvaise admiiHitralion, et Gilles de Morban.
L'abbaye de TOraison-Dieu, qui avait été complètement détruite dans les guerres des albigeois, et dont la mense fut unie à celle d'Eaunes en 1344, reprit peu après son ancienne splendeur; elle fut reconstruite, au quinzième siècle, à Muret, et reçut alors dans son sein des vierges de la plus haute noblesse. Jeanne Desjardins, Marguerite de Bonnefoi et Gratienne de Ritouret la gouvenièrent jus* qu a la moitié du quinzième siècle : depuis cette époque, ou ne retrouve plus la série de ses abbesses qu'au dix-sep- ' tième.
Marguerite de Levis , qui gouvernait Tabbaye de Salenques^ jeta un grand éclat sur cette maison. Ses brillantes
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qualités et son influence y conduisirent des filles de la plus haute distinction, parmi lesquelles nous remarquons Eglantine et Mirade de Foix, ainsi que Marthe de Pardeilhao. — La Capelle eut pour abbés Bernard de Porta, Etienne de Lachaii et Raymond de Descut ; la maison des clarisses à Toulouse fut gouvernée par Françoise Delpont, Messeade de Morlan, et Eduarde de Tourneur.
Nous avons laissé, au commencement de ce siècle, Guii- • laume du Puy sur le siège de Rieux; il fut promu à révéchê de Mirepoix, et eut pour successeur Pierre de Levis chanoine d'Agen. A ce dernier succéda Vital du Lion, prieur de Saint-Û^raîs d*Agen, qui fut évincé de son évêché de Rieux par Gauceliu du Bousquet. Ce dernier était docteur en droit à Toulouse , juge à la chambre des appels civils et de la sénéchaussée. Il fit présent à son église d'ua magniiique calice sur lequel il fit graver son nom. Hugues de Raffîgnac fut promu à Tévéché de Rieux après la mort de GâQcelin ; il unit les prieurés d'Oursas et de Muoidavezan à son chapitre ; il consacra son église cathédrale, et y fonda plusieurs obits. H se démit de son évéché pour se retirer à Sarlat, où il mourut en odeur de sainteté. Son corps fîit transporté à Rieux, et inhumé derrière Fautel de la chapelle de saint Sixte dans la cathédrale.
Jean de Pequaimoud, Jean de Proguan, un autre Jean de Pequaimoud, et Sanche de Lagoussan, gouvernèrent successivement Tabbaye de Feuillants ; Jean, deuxième du nom, et Antoine de Solère celle .de Gaiérs; Arnaud III, Elle de Foix et Raymond celle de Bolbonne.
Nous trouvons encore âlanaud de fiarbazan sur le siège de Comminges, au commencement du quinzième siècle. 11
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eut pour successeur Geraud d'Aure, dont l élijction ne fut pas confirmée par le pape, comme ayant été faite par le chapitre contre sa volonté. Pierre de Foix lui succéda. Nous avons déjà parlé de ce grand homme, qui fut transféré à régllse d*Ârl68. Après lai, Grimoald et Raymond d'Espagne occupèrent le siège de Saint-Bertrand. — L*abbaye de Bonnefont ne nous offre que deux abbés dans cette période : Jean et Vidian; celle de Nizors, deux autres : Bertrand et de Jânnac ; et celle de la Lumière-Dieu, deux abbesses : Raymonde et Jeanne de Billy.
Picnc du Moulin présida les états du Languedoc à Toulouse, au mois de février 1451. U fut bientôt après atteint de la peste qui ravageait la province, et mourut au château de Balma le 5 octobre. Son corps fut inhumé dans le chœur de sa cathédrale, avec une épitaphe. Avant sa mort, il fit construire le grand portail d*entrée de Téglise Saint- Etienne , soit à ses frais, soit avec les sommes qui avaient été léguées par Denis son frère. Les statues de ces deux prélats se voyaient autrefois sur ce portail, placée^ dans des niches et couvertes d'un dais. U restaura le palais épiscopal, et construisit de vastes bâtiments au château de Verfeil. Pierre du Moulin gouverna l'église de Toulouse pen- . dant douze années. Son successeur fut Bernard du Rozier, dont nous avons déjà parlé.