TEMPS MOI>F.R.NKS
jet de transformer tontes les rellgienses de son diocèse et
(le sa province en chaiioincsscs. Au mois de novembre, il se rendit, avec révêque de Saint-Papoul, de L'Àngle, au monastère de Prouîlle, porteur d*ane lettre de cachet qui tiéieudait à la prieure de recevoir k Taveuir des novices, el communiqua le projet de séculariser cette maison. de Bellegarde gouvernait alors Prouille ; elle supplia les évêques visiteurs de faire tout ce qui était en leur pouvoir afin de rendre non avenues les lettres en question, et s'opposa à Inexécution du projet énoncé. 11 existe une correspondance très curieuse entre fà^ de Brienne et M"*^ de Bellegarde sur celte affaire qui traîna en longueur et laissa Prouille dans son état primitiL On accusa dans le public Mi^ de Brienne d*étre seul le fàuteur de tous ces troubles. Tout en cherchanta réformer les monastères, ce preiat ne s'oubliait pas luî-méme : en 1769 il fut pourvu d*une riche abbaye commautlcilaiic au diocèse de Beauvais. Nous le trouvons ici avec révêque de Mirepoix, Tristan de Gambon, commissaire royal au chapitre de Tordre de Grandmont au diocèse de Limoges, où son mauvais vouloir et ses tracasseries aboutirent à la suppression de cet ordre dont les revenus furent tinis à révcché de cette ville.
Clément Xill venait de mourir; il ont pour successeur Oanganelli, religieux de Saint-François, qui prit le nom de Qément XIV. L'assemblée générale du clergé de France s'attacha à condamner plusieurs ouvrages contraires à la religion. Un certain Audras, professeur à Toulouse, venait de publier, sous le titre d^Hktoire générale à l'usage des collèges, un abrégé"; de VBssai sur les mmirs, de Voltaire. Ce livre fut dénoncé à 1 archevêque qui se vit forcé de le con-
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damner f»ar um sentoQce^daiée du (i août 1770. D'Alemi)ert afSinne qu'il résistaile plus possible aux soNièHattièiis de sctti clergé pour la cGiiclaiiiiiaLion de cet ouvrage. Cette conduite de Tabbé de Brienne fit naître contre loi éss tss^ catures et des pamphlets ; le plus satirique de tous fut eeM qui a pour titre : Brevet de gmnd aumônier^ de réf&rma^ teur des réguliers et de grand f^ager. Nous appr^noBS de cette satire qu'il avait formé le projet de réunir les huit collèges des boursiers au collège royal et de s'en approprier le revenu, montant à iOO,000 livres. Le parlement inteYr vint et le prélat ne put exécuter ses plans. Il présidait ^ cette époque les états du Languedoc 6n Fabsence de Tar^ chevèque de Narbannc, et se fit nommer iolendant de la grande voirie pour sou diocèse. Plus attentif à s'occuper de quais, de ports et de canaux que du gouvememeAt de son diocèse, il exécuta les plans dont la chambre de commerce avait eu la première idée; îl força les bénédictiDS à abandonner leurs jardins pour la construction du quai qu'il ût prolonger jusqu au moulin du Bazacle, et fit creuser le canad qui porte son nom et qui unit le port de la Garomiè au canal du Midi. 11 avait déjà grandement contrarié les bénédictins pour la construction de leurnouvelle église» eà les forçant d'élever un dôme et une façade principale sur lè nouveau quai.
La satire dont nous parlons rapporte sur le compte da prélat des anecdotes si scandaleuses, et une entr autres arrivée à Montpellier pendant la tenue des états, qa*oa a de la peine a y croire.- On voit avec peine que, tandis que les autres évêques de France publiaient partout des mandements contre Tincrédulité, rien ne fut publié par ses soins
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liaos son diocèse sur um malièiô aussi importable, il êlail prîDcipaleiBeDt occupé sa réception à VAcadémie français«j. 11 âvail cependant paiiois de beaux moments : aiusi, e& i77â» quand il £ut qnestion de rextinctîou delà C0Dgr6gatioQ de Satnt-^Ruf et do bref de dément XIV qui Tincorporait à celle de Saint-Lazare, Tabbe de iineone parla <sontre la suppression en zélé défenseur de la discipline régulière.
Le ti juillet 1773, Clément XIV donna le bref qui sup<-
primait la société de Jésus. Par une remarquable coïncideuce, tous les parlements de France étaient alors exilés et remplacés par celui qui prit le nom de Maupeou. Si la cour eût pl is quelques années plus tôt cette mesure énergique, la reUgioQ n'aurait pas eu à déplorer cet acte du souverain pontife dont les conséquences furent si fatales, car un ordre supprimé ouvrait la voie à la suppression de beaucoup d^autres choses. Louis XV mourut le iO mai 1774; la même année vit mourir Clément XIV et monter Louis XVI sur le trône. La disgrâce du chancelier Maupeou fit pressentir le retour des parlements. En effet, cette magistrature fut rétablie le 12 novembre 1774. Le rappel de celui de Toulouse, qui eut lieu au mois de mars de Tannée suivante, causa dans cette ville une joie qui tenait du délire. Le journal de cette rentrée, que nous avons sous les yeux, retrace les brillantes fêtes qui furent célébrées à cette occasion, et rapporte les harangues qui lurent prononcées par tous les corps de la province, L*arehevèque de Brienne se distingua au-dessus des autres par la magnificence avec laquelle il traita le parlmnenl dans son propre palais. La congrégation de Saint-Antoine de Vienne avait uuc
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maison à Toulouse. C'était un ordre de chanoines réguliers» fondé, an xi* siècle, à Vienne en Dauphiné, et réformé dans le xvii' par les abbés Tolosani et de Grammont. de Brienne avait fait assembler le cbapitre général de cet ordre et aYait déclaré qa*il ne ponrr^t plus subsister tel qa*il était. Les membres de Tordre» effrayés par cette déclaration, se réunirent aussitôt à Tordre de Malte afin d'éviter les coups dont ils étaient menacés. Irrité de cette union , de Brienne parla contre elle avec beaucoup de force dans Tas* semblée du clergé. Il prit dans son discours la défense des règles canoniques, qu'il prétendait violées par cette union. Sa Yoix se perdit au milieu des constants efforts que , Ton fit de part et d'autre pour bâter cette union : Pie VI, qui venait de succéder à Clément XIV, la consomma par une bulle du 17 décembre 1776. Uannée suivante, les cbanoines de Saint-Antoine de Toulouse construisirent une nouvelle église et un couvent sur les dessins de RivaLs. Ce couvent existe encore et sert aujourd*bui de quartier général.
On voit par ces détails que M^^ de Brienne était l àme des assemblées du clergé qui se tinrent a cette époque. 11 porta encore la parole dans une circonstance relative à la rareté des vocations dans le clergé séculier. Son rapport est très remarquable; il y découvre les causes de cette pénurie, parmi lesquelles il signale en particulier le cliaugement de destination des maisons ecclésiastiques qui étaient de* venues communes à tous les citoyens. Rendons-lui ici Justice : il s'éleva contre les abus du patronnage dans la nomination des cures, et se plaignit du peu de ressourees qu'offraient les bénéfices ecclésiastiques pour les prêtres âgés et infirmes. Si Tarcbevéque était opposé mji ordres reli-
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gieiuL, il était du moias très favorable au clergé séculier : ce fut lui qui donna Fidée de la création des petits sémi* naires où les enfauts pouvaient être élevés gratuitement ou du moins à un prix modique pour Tétat ecclésiastique. Le rapport de de Brienne est plein d excellentes vues pour ramélioratiou du sort du clergé.
Les princes et les princesses se succédaient à Toulouse. Le duc et la duchesse de Chartres (M''* de Penthièvre) arri- Tèrent en cette ville et y demeurèrent peu de temps. Le 20 juin 1777, Monsieur le comte de Provence y fit son entrée solennelle; il descendit à Tarchevéché, visita tous les monuments publics, assista à une séance des Jenx-Floraux, fit inscrire son nom sur les registres de la confréi ie des pénitents bleus qu*il visita, et accepta une féte splendide que lui offrit M. de Caraman à son bel hôtel de BonrcposCnie Velane). Le prince avait une suite de vingt-quatre personnes. Deux jours avant son arrivée, Tempereur d'Autriche était venu à Toulouse dans le plus strict incognito, sous le nom de comte de Falkenstein. Sa Majesté descendit à rhôtel du Grand-Soleil, et se rendit k Farehevéché où W de Brienne le reçut avec une exquise polite^sse.
Gonséqnemment au désir qu*il avait émis de Térection des petits sénuuaires, M«' de Brienne obtint des lettres patentes en 1779 pour en établir un dans sa ville épiscopale. Cette maison, dont M. Jalabert fut nommé supérieur et MM. Delmas et Bouuery directeurs, souvrit dabord au collège de Périgord, et fut transportée ensuite an faubourg Arnaud-Bernard, dans les bâtiments du couvent de la Merci qui venait d*étre sécularisé. Cet établissement se maintint jusqu'à l'époque de la Révolution française.
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L'Eglise de Toulouse perdit aloi s un de ses pi cU es aussi ' distLQgué par sa naifisanoe qne par sa pieté et ses travaux littéraires, M; Fabbé d*lféliot. Né à la fin da sîède préoé-dent, il avait iait dexceilcQ tes études au coilége des jésuites. M* de Maniban, grand archidiacre de Toulouse, ayaixt* été nommé évêque de Mirepoix, l alliia auprès de sa personno et lui doaoa la directiou de son sémiiiaire. Lorsque ce prélat passa à TarebeTécbé de Bordeaux, Tabbé d'Héliot revint à Toulouse, et accepta la cure de Colomiers, qu'il gouTema peudaut vjogt-deux ans. Le roi l'ayant mmmé à labbaye du Parayneuf, il se démit de sa cure et devint professeur des libertés de l'Eglise gallicane à Tunlversité de Toulouse. Son goût pour les livres le porta à former une riche bibliothèque composée de quinze mille volumes, qu'il donna de son vivant au clergé, à condition qa*oile serait rendue publique. Une vaste salle fut construite, par les soins de de Brienne, près de Tarcbevéché pour rece* voir ces volumes. L'arcbevêque y fit transporter aussi une grande partie de sa bibliothèque. Cette riche collection de livres a formé la seconde bibliothèque que Toulouse po&~ sède. M. dHéliot composa sur Thistoire locale plusieurs ouvrages, qui, malheureusement, se sont égarés; un mémoire au sujet de la prétendue préférence de Fdrcadel sur Cujas k Toulouse, est le seul qui Soit venu jusqu'à nous, li mourut à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. L'abbé de B^, goi&seillerHîlerc au parl^nent, prononça son éloge au s^ 1 Académie des sciences.
Nous ne. pouvons oublier dans nos annales on aliire' prêtre qui nous a laissé un ouvrage justement estimé sur les Origines de Toulouse^ l abbé Audibert. Il était simple
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vicaii o (laii^ ici paroisse de Verîeil lorsqu'il publia une samL& dissertation pour montrer qu aux temps des Tectosages Toulouse était située sur les hauteurs (|o[ dominent le fleuve au sud-est de la ville actuelle et sur le sol qui porte encore le nom de VieUk'Toulou$$. Cette dissertation, que Tabbé Audiberl dédia à Tabbé de Barthélémy, garde des médailles du roi, parut en 17()4* Les arguments et les recherches sur lesquels Tauteur s'appuie pour étâ* blir son sentiment paraissent très plausibles.
La curiosité publique fut vivement excitée à Toulouse, cil 1780, par une singulière aventure. Deux jeunes muets âgés de 16 à 18 ans lurent promenés dans les rues et places de la ville. La comtesse de Solar avait eu un enfant sourd-muet, qu'on avait vu jeune à Toulouse ; cette dame s'était attachée à un autre homme, et reniant avait disparu en 1775. On était k la recherche de cet enfant lorsqu'il fut rencontré sur le chemin de Péronne; il indiqua par signes qu'on Tavaît abaodomié, les yeux bandés, dans une forêt. C'est peut-être cette aventure qui a donné lieu à la pièce de théâtre si connue, VÀbhé de Œpée. Nous ignorons quelles furent les suites de cet événement.
L'assemblée générale du clergé qui se tint en 1780, était justement alarmée des maux qui afOigeaieDt la religion et que produisait principalement la publication des livres impies. M^* de Brienne fut écarté, à cette époque, du bureau des affaires ecclésiastiques, où, du reste, il avait paru avec quelque éclat. On eut des soupçons sur l'ardeur et la sineérité de son zèle à combattre les doctrines philosophiques. Dulau, archevêque d'Arles, fut nommé à sa place. Le prélat fit tous ses efforts pour détruire les mauvaises impres-
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sioDS qu on avait reçues sar la sincérité de ses sentiments
religieux. Il se rendit k Toulouse et y produisit des œuvres qui ne purent qu'honorer son épiscopat; il institua trois nouvelles paroisses ; Cruix-Dduiadc, Lalandc et Sl-Miclicl, au faubourg de Toulouse; il dota cette dernière d'une maison de charité, qu il confia aux sœurs de Saint-Vînceht de Paul; il présida ùTouverture de la chasse de saint Thomas pour en extraire une relique dont les dominicains firent hommage à l'Infanl duc de Parme; il aida les i)elits aiigustins de Saint-George à construire leur nouvelle église, dont la présidente de Caussade posa la première pierre, et qui . n'existe plus aujourd'hui; il conûrma les règlements de la congrégation du Bon Pasteur, qui, du faubourg Saint- Cyprien, s'était transportée dans la paroisse de St-Seruin à lancien hôpital ou couvent de Saint-Orens (rue Matabiau).
Ce fut en i782 qn*il tint à Toulouse son célèbre synode, au mois de novembre, où assistèrent tous les dignitaires, abbés et délégués du diocèse de Toulouse. On s'y occupa principalement du sort des prêtres à portion congrue , de la nécessité de ranimer l'esprit ecclésiastique, et l'on y publia d'excellents règlements de discipline pour la conduite des clercs dans le monde. L'archevêque y donna plusieurs ordonnances relatives à l'admission aux saints ordres. M. Mathieu, curé de la paroisse du Taur, prononça le discours d'usage sur rexcelience du ministère. Ce discours produisit un si grand effet sur rassemblée, que le prélat quitta 1 etole qu'il portait et la remit, séance tenante, au prédicateur, en témoignage du plaisir qu'on avait éprouvé à rentendre.
L année même où se tint le synode, une maladie conta-
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gieuse soette) exerça ses ravages dans la ville de Tonlonse. Cinq uiillc personnes en fiuent alleinlos. et près de quatre cents succombèrent au fléau. Le ciel, fléchi par les prières pnblifpies, envoya un mudecin jilus e\|iénmenté que les autreSf—firunete — qui trouva un remède bien simple aux ardeurs du mal et arrêta la conta^^on. Ce fut en [)i ndiguant ses soins aui nirilados que le P. Sérane, ancien jésuite, fut atteint du mal, qui Tenleva au clergé de Toulouse dont il était 11' modèle et aux lidèles dont il était le guide et l'ami.
Le P. Sérane était né à Perpignan, en 1712. A Tage de dix-sept ans il résolut d'entrer dans la compagnie de Jésus, el lit son noviciat à Toulouse sous le P. Cayroo, dont il a écrit la vie. Son attrait le porta vers le soin des malades et il prit les hôpitaux pour le théâtre habituel de son zèle. Ses travaux dans la direction des âmes furent couronnés des plus éclatants succès. Lorsque la compagnie de Jésus fut détruite par Clément XiV, le P. Sérane se retira au diocèse de Perpignan, se consacra tout entier aux missions de la campajjMie , et accepta une cure qu'il gouverna pendant deux ans. 11 forma alors le projet de pa^er dans le Nouveau-Monde pour y prêcher TEvangile. Des circon^ stances imprévues le ramenèrent à Toulouse, où il fut re^u comme un ange du ciel. La mort vint le frapper le 17 avril 1784. Sa réputation de sainteté fut si grande que, malgré la défense expresse qui venait d'être donnée d'inhumer dans les églises, le parlement dérogea en sa faveur à ce nouveau décret, en permettant que son corps fût enterré dans l'oratoire de Nazareth, sous les degrés de Tautel , où il repose encore aujourd'hui. Un anonyme composa son éloge his torique.
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^ M«' de firienne publia» à eetie époque» plusieurs ordon- Ddnces : par la première il prescrivait la lecture en etiairè
des lettres patentes du roi qui approuvaient la réduction des fôtes chômées, concession faite à Tesprit philosophique: Tautre défendait au clergé paroissial de rien exiger des fidèles pour radministration des sacrements. Ce prélat fit partie en 1787 de rassemblée des notables, et se trouva dans le bureau du comte d Artois. Cette assemblée avait été indiquée pour aviser aux remèdes à apporter aux embarras des finances. Ce fut à la suite de celte assemblée que M^^ de Brienne, qui avait une certaine réputation d habileté» fat transféré à la métropole de Sens et porté au ministère malgré la répuguance du roi, qui ne l aimait pas. Il devint bientôt principal ministre, et toutes les mesures qu^fl prit fareut marquées au double sceau do la précipitation et de rétourderie. Ce prélat n*apparUent plus désormais à notre histoire. Il avait gouverné Fégltse de Toulouse pendant vingt-cinq années. C'est à lui qu'on dut la grande réforme liturgique dans ce diocèse ; il modifia la liturgie romaine et, en introduisant le rit parisien , il conserva tout ce qu il put de la première. M. Tabbé de Vanmalle, Tun de ses grands-vicaires, Taida puissamment dans la publication de tous les livres liturgiques qu'il fit dans les dernières années de son épiscopat à Toulouse. Il laissa en cette ville la répu-^ tation d'un homme actif en administration. Plus heureux s*il y eut laissé celle d'un prélat régulier et pieux !
Sous son épiscopat, MM. Du Bourg et fiontaric, chanoines de Saint-Etienne, fondèrent dans Fancian séminaire de Caraman, au foubourg Saint-Etienne, une communauté sous le nom de Don Jésus; elle était destinée à recueillir les filles
tnin MODiuiis. 474
de mauvaise vie qui voulaient 3e QouverUr.àOieu. ËU6$ iffouvaieot dans cette msàsm une instrafition solide, une
active sui veiilance, des occupations proportiouiiées à leur état. Un. terrible ioeeudie dévora cet établissemeat, que la dévolution vint bientôt détruire. M. Bemadet, curé de Saiut-l:.tienuè, fonda aussi, sous M^' de lineuiie, la maison des Frèree des Ecoles chrétiennes. M'^" de Pibrae et de lla^diiigue contribuèrent par leurs largesses à duter ces nonvelles écoles.
Un spectacle vraiment digne d'intérêt fot donné, vers cette époque, aux babitauls de Toulouse. Trois cent treute esclaves chrétiens, rachetés dans les Etats baitaresques par les Iriuitaires, furent conduits en cette ville, où ils séjournèrent quatre jours. On leur fit parcourir la ville au milieu des plus vives acclamations et d'abondantes aumônes. Chaque esclave avait à côté de lui un enfant vétu eu ange qui le conduisait avec une chaîne d^argent. Ces captifs libérés coaiiuuèrent leur route.
LiVttE XXXVUI. • :
DEPUIS LËPtSCOPAT DE Iff^ DE FONTANGES, ESI 1788, JUSQU*AU
CONCOiiDAT ENTRE PIE VU ET BONAPARTE, EN 1801.
Ce dénier livre de notre histoire doit reniermer le& évè* nements qui marquèrent, à Toulouse, la Révolution fran*
çaisc. Si Ton ne doit que la vérilé aux morts, on doit des é&XFÔs ani vivants. Fidèle à cette règle, nous rapporterons
les faits tels qu'ils se sont accomplis, laissant au lecteur . judideux et impartial le soin de les apprécier.
A côté des parlemeuts, ou lustitua en France une nou^. velle magistrature qui prit le nom de Cour plémère et de grand bailliage, Toulouse en posséda comme les autres villes parlementaires. Le grand bailliage de Toulouse véonl peu. Sa naissance, sa vie et sa mort furent racontées en vers et en prose. MM. de Lartigue, de Sabalos, de Berriè, : de Mont, de Montané, d*Ësptgat, de Cknnpayré, Cbarles Lancelol,Bellegarde, et quelques autres, avaiout été nouunés ■ officiers de cette cour provisoire. Les membres du parlement qui avaient été exilés ne manquèrent pas de s'égayer aux dépens de ces nouveaux, maj^'istrats; et c'est à eux que ; nous devons les facéties qui furent alors publiées sur te* grand bailliage de Toulouse. Passe encore pour cette court mais parut alors, sous le titre : Le TimUmsain à HmKidte,
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uu pamphlet où la majesté royale était trisleiBCut insultée eo la personne de la plus aimable et de la plus infortunée de toutes les reines , et où l'on demdUilait le lolour des parlements, qui ne tardèrent pas à reparaître.
n est très important, avant de poursuivre Tordre des laits, de iixer le lecteur sur l'état personnel du haut clergé du diocèse de Toulouse, ainsi que sur celui du pouvoir séculier.
Au mois de juin 1788, Ms' de Fontanges, successivement évéquede Nancy, arcbevéque de Bourges et aumônier de Marie-Autoinette, fut upmmé à rarchevèché de Toulouse. 11 n'arriva dans cette ville que Tannée suivante.
La ville de Toulouse renferniait quatre abbayes : Saint- Semin, abbé M. de Narbonne-Lara; les Salenques, abbesse M"^âeVilIautreîx; les chanoinessesde Saînt-Sernin, abbesse M"« de Riquet; les dames de Saint-Pantaléon, abbesse M** de Montbel. Le diocèse comptait cinq abbayes : Eaunes, de Tordre de Cîlcaux, abbé M. de Cambon; la Capelette, ordre des prémontrés, abbé de Cambon, évéque de Mire* poix; Grand-Selve. ordre de Ctteaux, abbé' M. de Grillon; le Mas-Garnier, ordre de saint Benoit, M»' Tévéque d'Âx ; Favas, ordre de Gîteaux, abbesse M"* de Bastard d*Anbaise.
Le chapitre mélropolilaiii se composait d'un prévôt, M. de Malaret; â*un chancelier, M. de Cambon; du grand arcliidiacre, M. de Cry ; des archidiacres, MM. d Aldéguler, de Barbazan, d'Aspe, de Grumet; de vingt-quatre cha- DOines, voici les noms de ceux que nous avons connus : MM. de Cambon, de Barbazan, Druilhe de Saint-Médard , de Ver, du fiourg, des Innocents et de Saint-Félix ; de quatre hebdomadiers : deux seulement nous ont été connus ,
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IfM^ Boonal et Cabaoel ; de fiQgtrquaU^ pFét)e]çidé&, parmi lesquels MM. d*Aarier, Saint-JéaD, Luerés, Pagan, Benat* ben, Maison, ont vécu jusqu'à nous; des prébeadés de la doQzaiiie, dont MM. Audibert, Le Gris, L*Arroy on! véca jusqu'à nos jours: des prébendes de saint Dominique et des prébendes de sainte Catberine. .
Le chapitre de Samt*Serain avait à sa tète M. de Nar^ bonne-Lara; il était composé de vingt-quatre cbanoines. MM. Lade?èze, fiouzigoes» CiorDac, d'Olive, Flory, Devin, de Laffont, ont vécu jusqu'à notre temps. Le cbapitre de risie- Jourdain avait pour doyen M. de ConigraQ; ^! étault composé de dix chanoines, dont on senl, M. d*Ayries, nous a été connu. Le cbapitre de SaiuL-Féllx avait pour doyen M. du Cronzet; il comptait douze chanoines. Le chapitre de la Daurade avait ponr priear dom Manry.
n y avait à Toulouse, en 1738, huit paroisses dont les cnrés étaient : à Saint-Etienne, M. Bemadet; h Saint^Sernin, M. Castillon; à la Daurade, M. Saint-Côme; à la Datbade, le P. Roore, oratorien; au Taur, Mi Mathieu; à Saint-Pierre, M. Escafre; à Saint-Nicolas, M. €ampardon; à Saint-Michel, M. Chabanettes. Le diocèse renfermait environ deux cent vingt-cinq paroisses, divisées en quatre archiprètrés : Gardouch, le Lbeim, Grenade et Montastnic. Toulouse renfermait cinq grands séminaires, celni dxivdipcèse, supérieur M. Amblard; celui de Saint-Charles, sapérieur M. de Saint-Félix; celui de la Mission, supérieur M. Cayla; celui de TOratoire, supérieur le P. fieaodoiUL; celui des Irlandais, supérieur iM. de iMac-Karty ; il y avait aussi un petit séminaire dirigé par M. JalaberL L'ordre de Malte avait pour grand'-prieur,àTo!ilouse,M. de Sade4fazan.
La ville a?ait deux grands collèges : celui de FEsqullle,
recteur le P. Rouaix ; Collège i uyal, principal l'abbé Suruge. Od comptait neuf collèges de boursiers : Saint^Raymond, de Narbonne, Saint-Martial, de Maguelonne, de Périgord, Sainte-Catheriae ou de Pampelonne, de Mirepoix ou de Saint-Nicolas, de Foix ou de la Vache, de Secondât. On • comptait encore à Toulouse vingt commuuautés religieuses d^hommes et vingt*deux de femmes; douze chapelles privées ou oratoires, ^x maisons de charité et deux grands hôpitaux. Nous donnerons, à la lin du volume, le^tablëau de tous les établissements rdigieux.
Le parlement avait pour premiei pi ésidenl M. de Cambon, et pour présidents MM. de Senaux^ de Sauveterre» de Sapte. deMengaud. Indépendamment de la grand'chambre, il y avait encore la chambre tournelle, deux diambres des enquêtes, la chambre des requêtes, qui avaient chacune leurs présiiiouU et conseillers ; il y avait ensuite les gens du roi qui étaient : M. de Rességuîer, procureur général, et MM. de Catellan et de Latrène, avocats généraux.
Le tribunal du sénéchal était composé de trois chambres, deux civiles et une criminelle. Ce tribunal avait à sa téte le sénéchal, qui, en 1788, était M. le comte de Portes. Les chambres civiles étaient présidées par le juge-mage, et la chancre criminelle par le juge-criminel. Le tribunal du capitoulal avait à sa téte les huit capitouls ; il possédait aussi les gens du roi et ses avocats, comme les autres cours. Les capitouls de 1788 étaient : MM. de Bonfonlan, de Caulel, Grammont, de Senovert, de Gounon-Loubens, Merle, de Manent-Duroux et Esquirol. L*université existait avec ses facultés do théologie, de droit, de médecine et des arts.
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Pftrkni lè$ tfivens professeurs, qoqs distingiions MM. Bàrthe,
Pijon et Laroque à la Lbôologie, qui cuiupiait aussi ses professeurs conventuels des cinq ordres religieux (bénédictins, dômlnleains,' 6armes, coriîelierséi àiiguslins); MM. Hunàt, Gouazé, Labroquère et Rigaud, au droit; MM. Dubernarcl, et Gardeil, à ia médecine; le P. Aouaix et le P. LarpipiT. guière aux arts.
Après avoir donné cet aperçu général sur les institutioa^^ religieuses et civiles de la ville de Toulouse, noui; reprendhs ie cours des événements.
Le 9 juillet 1788, le chapitre de la métropole s*asseii(ibla pour délibérer sur la convocation que venait de laiic radministration municipale de la ville d'un conseil généré de tous les ordres pour délibérer sur les moyens It prendre dans la situation actuelle. M. Fabbé d'Àldéguier, chanoioe . archidiacre, et Fud de messieurs les cellériers, furent dépu- , tés à cette assemblée.
Le 10, un de messieurs les cellériers annonça qu'il avait reçu un billet de messieurs les capitouls qui prévenaient le chapitre que, par ordre supérieur, le conseil général ne, pouvait avoir lieu. Un des membres déclara alors qu'il n'en fallait pas moins faire une éclatante démarche auprès des autorités pour détourner les maux dont on était menacé. Eu conséquence de cet avis et de la délibération qui le sui- , vit, le chapitre écrivit au comte de Périgord pour le prier de lever les obstacles qui s*opposaient à la tenue du conseil . indiqué. Le même jour, le cbapilre écrivit k M. le baron de Breteuil, ministre d'Etat, pour solliciter le retour des membres du parlement. 11 fut décidé qu'on enverrait ces ^ deux lettres au nouvel archevêque, en le priant de vouloir
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bien parla[;er ta solliciUidû de son cbapilre qui lui avait éci'it eu ce sens.
Le 12, le chapitre écrivit à M. Tabbé de Montesquieu, agent génoial du clergé, en lui adressant les deux lellres précédentes et le priant de vouloir bien les soumettre à l'assemblée générale du clergé de France. En même temps MM. les curés de la ville dû Toulouse, s étant réunis, adressèrent de très humbles supplications à M. le comte de Périgord; elles portaient : « (Jue le meilleur et le plus > juste des rois rende aux lois toute leur activité, à la pa- » trie ses généreux défenseurs, à leurs Ckmilles désolées • leurs cbels et leurs appuis. » C était encore le retour du parlement que demandaient ces pasteurs.
Le 24 juillet, le chapitre de Saint-Sernin s'assembla extraordinairement, et adressa une lettre à M. le baron de Bretenil, ministre d'Etat, dans laquelle il retraçait le tableau des malheurs qui aflligeaient la ville, malheurs qu'il attribuait à la disgrâce du parlement. Ces bons chanoines conseillaient au roi la convocation des états généraux, et envoyèrent copie de leur lettre à M. de Narbonne leur.abbé, et au premier président M. de Cambon; à l'un, pour le prier d appuyer leur demande, et à l'autre, pour lui témoigner rintérêt qu*ils prenaient à la disgrâce du parlement.
Les vœux de tous ces corps religieux lurent exaucés. Le t octobre, M. de Montchenu, qui avait succédé au comte de Périgord, envoya à tous les officiers du parlement des lettres de cachet qui leur eujoigoaieat de se trouver à Toulouse le 17, pour y attendre les ordres du roi. Le 16, M. le procureur gciit;! al reçut la déclai aliun du roi purtaat convocation des états généraux pour le mois de janvier pro-
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chaiQ. Ce fiU le 20 octobre qu'eut liea U veAtrée soleimeUe du parlemeui, au milieu des traosporis de Taliégresse publn que. Tous les ordres religieux vinrent eomplimenter le premier président de cette compagnie, et un Te Dcum fut chanté à. la métropole pour remercier le ciel de rheureu retour des magistrats.
Le 24 janvier 1789, le roi publia le règlement déterminant le mode des élections aux états généraux. Elles étaieot à deux degrés. On devait d'abord cboisir les électeurs, qui, dans l'assemblée de la sénéchaussée, devaient eux-mêmes élire les députés aux états. Les lettres.de convocation arrivèrent à Toulouse au commeucemeul de lévrier.
Chacun en France se croyait appelé à opérer la r^éné^ ration sociale. Les curés ne furent pas exempts de cette prétention. Le 26 janvier, ceux delà ville et du diocèse de^ Toulouse s'assemblèrent, sous la présidence du doyen, M. Câstillon, curé de St-Sernin. Ils posèrent en principe que leur influence était nécessaire et dans les assemblées de la province et aux états généraux, afin d'y plaider la cause du peuple; qu'il était indispensable que le dergé du second ordre entrât dans toutes les administrations. Il fut statué : 1* qu*on présenterait un mémoire à .Sa .Majesté, tendant à appeler les curés aux états généraux; 2« qu'on commuai* qoerait ce mémoire au garde-des-seeaux, à M. de Villedeuil, ministre d'Etat, et à l'archevêque de Toulouse. Le 28, il y eut une nouvelle assemblée des curés, où Ton créa une commission qui devait nommer des députés pour assister à l'assemblée générale des trois ordres.
Le 24 février, M'^ de Fontanges arriva k Toulouse. Le lendemain, il prit possession de son siège avec tous les
honneurs dus à son ran« ; il fui, le même jour, harangué par l6 paiiameot, tes autres cours, et tous les corps de la tille. R donna ses pouToîrs à rancienne adminisiratioD, n'emmenant avec lui qu'un seul grand-vicaire, M. de Fontalart. Peu de temps après rarri?ée du prélat, on s*oc* cupa a Toulouse de l'élection des membres aux étals généraux. La sénéchaussée de cette ville se divisait en quatre sections qui, chacune, devait nonuner quatre députés. .Ces députés étaient ainsi répartis : un du clergé, un de la noblesse, et deux du tiers-état. Ces derniers, sans attendre l'ouverture des assemblées électorales, se réuniient à l'hôtclde-ville et y formèrent un cahier de doléances en trentesept articles. Ils demandaient la délibération par téte, et non par ordre, la liberté de la presse, l'égalité de l'impôt, Tadmission de tous les citoyens à tous les emplois, chacun dans son état, sans distinction de naissance, et d'autres innovations. Les avocats se réunirent à leur tour, et de* mandèrent d*étre représentés dans rassemblée qui devait élire les députés aux états. On lit droit à leur demande, et deux électeurs, MM. Bragoaseet Romiguières, furent ajoutés aux cinquante électeurs.
L'assemblée du clergé de la sénéchaussée de Toulouse se tint dans la grande salle du synode, à TarÈhevéché. Ce fut dans cette assemblée que parut ie P. Sermet, qui devait jouer un si gramd rôle à Toulouse dans les annales de la Révolution. Il était né en cette ville en 1752. A l'âge de seize ans, il entra dans l'ordre des carmes réformés de sainte Thérèse, où Tattira le P. Michel-Ange, son frère aîné. Il enseigna d'abord dans le couvent de Toulouse la philosophie et la théologie avec succès. Employé à traiter
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des affaires délicates dans les différents monastères de soq ordre an ËArope,. il partout admirer son • adresse: l'Bes recherches hfstoFlqaes sur Toulouse Im donaèrent entrée dans FAcadémie des scienciiâ de ^eette ville ; las sermoDs qa*il prêchait, et Qu'il u^vait peut-être ^pas cbmposéfiV' hti valurent le litre de prédicateur ordinaire du roi. Il avait déjà fail coQcevoir quelques soupçons sur la sincérité de see eeutiments religieux lorsque, k roccasion de la réforme des routiers, il osa émettre assez publiquement des opiaioas hostiles aux constitutions religieuses des dlvérs ovdres de FEglise, et se permit des expressions peu décentes sur Fitlustre réformatrice du Carmel. Le P» Sermotsedédomoia^ geait des abstinences prescrites par la règle dans des repas succulents et nombreux qu'il prenait chez les grands, et eu particulier chez M. de Lassus Saint-Geniezî dont il étaift^ le commensal assidu, line manquait pas d'un cerlaîii espni: mais cet e^rit descendait souvent jusqu'aux expressiOD& les plus triviales, surtout dans ridiome patois, qu'il em*ployait ordinairement dans ses conversations. Dans l'assemblée du clergé, il attaqua les biais ecclésiastiques, qa*ë. prétendit ne pas appartenir aux pasteurs, mais aux tidèles.
Du 5 au 8 avril, tous les députés de Toulouse aux étals généraux forent nommés. Le clergé élut M*' de Fontanges, lâbbé Chabanelles, curé de Saittt-Micbel;Gausseraud, curé de llsle-d'Albi; Pouch, curé deMazamet, et Lapani, curé de Dienpentale. La noblesse nomma le marquis do Panât, le marquis d'Avessens, le marquis d'£scouloubre, le président de Maurens et M. de Palaminy. Le tler»4tat dobuiu iMM. iUby, Voisins, Monsinat, Fosse, de Laprade, Campmas, Lartiguo, juge^mage ; Viguier, avocat, et Roussillou. Tous
ces dépotés se préparèrent à pârlir pour Paris, chai gés des cahiers de leurs commeltaDts. Ceux du ciergé de Touloose devaient préseulei au roi les très liunibles doléances des ordres meodiauts de cette viile. Ces doiéaoces avaient été dressées le % mars 1789, daos une assemblée générale des provinciaux et supérieurs de ces ordres. « Sire, disaient- » ils, les religieux sont les plus nudheureux et les plus » accablés de vos sujels; ils traînent une existence incer- » taiue. Depuis vingt-ciaq aos ou conspire contre elle. Des » lois surprises à votre religion, différentes eommissîDns
• établies sur les réguliers, Textinction de plusieurs ordres
• religieux, la destruciiou d*uu grand nombre de couvents,
» des loiilatives illégales, des procédés révoUaiiLs, ont dé- » terminé Topiniou publique contre les religieux. » Ces observations n*étaient que trop vraies. Les signataires de ces doléances demandaient : i*" que la profession religieuse fat valide à seize ans; S* que le nombre de neuf ne fut pas nécessaire pour qu'un couvent pût subsister; 5" (jue toute coounissioQ pour la réforme des réguliers fût supprimée; 4* que les évéques n'eussent d*aotre juridiction sur les réguliers que celle qui leur est attribuée par le saint concile de Trente; que la discipline des monastères fût protégée par les lois; 6* que les réguliers, relativement aux impôts, ne pussent être plus chargés que le clergé séculier du n^me. Nous trouvons dans ces doléances la signature de tous les provinciaux et supérieurs de ces ordres.
Le 5 mai, les états généraux s'ouvrirent à Versailles. Ils étaient composés de onze cent (luaranlc-huit individus. Le ciergé comptait quarante-sept évêques, trente-cinq abbés ou chanoines, et deux cent huit curés. La chambre de la
&8I fKaM'MoftKKflEs.
CK)iilôssô comptait deux eei^ soixânte'^& 'd^aléâ; celle' ^ tîei^-élst/einq cent qcn^-tiiig|Hdix-htt1ti itte^ facile 4e prévoir que cette dernière absorberait bientôt les imx autres ci atisMistàUia-ttj^ie ans^tôt' qaè les {Mvotfs seraient vérifiés en commun, sans distinction d'ordre : ihnf6vatioQ dangereuse qui laissa déjà entrevoir rétendùe des prétentiôDS du tiers-état. La noblesse et te ok^gé i^iitèrent d'abord, mais bientôt quelques-uns de leurs membres se: laissèrefld entrains.
Certaines dispositions da règlement dti 91' janVrer bles^ sèreat vivement les chapitres des églises de France. Eu tfet, ce règlement détruisait rofdre'anden pour la eompo^ sitîon de la chambre du clergé aux états généraux, en introduisant iadividueUemeat dans les assemblées et déclarant élîgailes et électeurs pour les éttfts une foule d*eGél^lflsliques de campagne qui n'avaient eu jamais le droit d'entrer i&dividtieUemeat dans ces assemblées; taiMlis 0*11 privait de toute représentation les séminaires, collèges, hôpilaux et autres établissements publics; et que^ pour ce qui regar* datt les chapitres. Ils n*étaient appelés aux àssembMids d éieciion qne dans la proportion d'un sur dix présents pour les chaftolnes et d'un sur vingt pour les préfeendés «I habitués du cliLeur. Le chapitre métropolitain de TiÈMi* louse carat devoir adresser au monarque des représentatiOfi& et protestatioBS contre ce règlement; H s'assembla ca^itttlairement le 15 mai et approuva la lecture d'un projet de représ6Dtati(ms. Ce projet, quefai sous les yeux, est plMtt de raison et de sagesse : il y est montré jusqu'à la dernière évidence que le règlement détruisait Tordre ancien^ sanetibnnait iine vérîts^ injustice, était contrais' h' Toifdre
TBMM KOMBftlS. 483
hiérarchique» et faisait naître eiiirc les diiïcrents membres à» la hiémeliw un esprit de désiiDkm et de discorde dont Teffet serait très préjudiciable a la religion. Les chapitres de Saiat-Sernin et de la Daurade adhérèrent pleinement aux {NTOtestatioiis de celui de la métropole, et le parlement en* .rçgistra ces actes le 27 mai.
Le 17 juin, les états géDéraux, sur la motion de Tabbé Sieyés, député de Paris, et après de longs débats, prirent le nom ù! Assemblée mtùmale. Les membres de la chambre du clergé et de la noblesse qui ne s'étaient pas encore joiiils aux Communes (c*était le nom du tiers-état) opérèrent leur réunion le 27, par ordre du roi, et dès-lors tous les rangs furent confondus dans la nouvelle Assemblée mUonak, Le 14 juillet lut marqué à Paris par la prise de la BastiUe. Dans la noît du 4 août, rassemblée vota Tabo- Uiiuu des droits féodaux; le clei^ô consentit au rachat des «Urnes, à Tabolition du casuel moyennant l'augmentation des pensions congrues, à la suppression des annales et du droit de déj^rt ainsi que de la pluralité des béoéfices. La iioblesse admit la suppression de ses pri?llég6s et des |bstices seigneuriales ; le tiers-état abandonna les privilèges particuliers» Tout eela fut voté au pas de course et couronné
par un Te Deum et par le titre donné au roi de RestauraiemC' de la liberté française, filiientôt, sur la proposition de Mifabean, les dîmes (urent entièrement supprimées.
Cette suppression dépouilla le clergé de plus de la moitié ifB ses revenus, et jeta Talanne dans toute Téglise de France. Les curés de la sénéchaussée de Toulouse adressèrent, sous ie .titre de />mi des Pasteurs sur les ddmesj des repnontrances à la nation et au roi ; ils portaient leurs do-
léances aux pieds du ministre Necker, qu'ils açpelaieT>t illustre bienfaiteur d'un empire perdu ; ils faisaient les olfres les plus généreuses, et s'efforçaient de prouver quQ
les dîmes ii avaient point d'autres pi upriétahes réels aue
les pasteurs 4es paroisses, qui, seuls^ dans les premiers
temps, avaient été investis par les propriétaires des biens alors existants. Necker n'eut pas le temps .de recevoir , ces
doléances, car, dès le 11 juillet, roi avait renvoyé son
ministre.
On voulut alors donner une comitution à la France. Elle fut précédée de la fameuse Déclaration des droits de Vhomme.
Il est inutile d'entrer ici dans l'exposiiiuri des articles cette constitution. Les maux dont la France était menacée remplissaient d'aïuci luiiie le cœur de Luuii XVI. Il éci iviL à tous les évêques de son royaume des lettres closes pour demander des prières publiques. En conséquence, des ordres du roi, de Fonlanges adressa aux fidèles de son diocèse un mandement qui ordonnait une procession sokaiielle pour le rétablissement de la paix dans la monarchie. Cette procession, composée de tous les. ordres de U ville, partit de 1 église métropolitaine, se rendit à Thètelde-ville, à Saint-Sernin et à la Daurade. Ce fut le dernier acte du culte public k Toulouse.
Cette ville, comme toutes les autres, organisa sa garde nationale, qui fut formée de quinze légions. Douze nobles^ furent mis à la tête d*autant de légions. Celle de Saint-B^rtlielemy, commandée par le président d'Aspe, était formée de jeunes ^ appartenant anx ÉunUles nobles et parle:.' mentaires. Les opinions de cette légion étaient connues : elle professait le royalisme le plus pur. Aussi, tes attentats
Ses 5 et 6 octobre, consommés à Versailles contre la majesté
du roi, excitùreiit-iis son indignation : ce qui lui faisait dire hautement q[ue l'Assemblée nationale n'était qu'une assemblée de dau^ieux. Les députés de la noblesse et du clergé de la sénéchaussée de Toulouse adi essèroiu, le 16 octobre, une déclaration à leurs commettants. Us y protestaient contre les insultes dont le roi, la reine et la famille royale venaient d'être l'objet. Cette déclaration déplut à la milice citoyenne, qui, s étant réunie le 19 novembre par ses députés, sous la présidence du sieur Douziecli^ oncien commandant du guet, publia contre elle une protestation.
Le clergé de Toulouse, marchant sur les traces de celui de Paris, avait versé au trésor la somme de 865 marcs
d*argent lorsqu'il apprit que, le 2 novembre, TAssemblée nationale avait déclaré que tous les biens ecclésiastiques appartenaient au peuple français. Cette spoliation sacrilège fut proposée par levéquc d'Autun — Tallcyrand-Périgord — et combattue par l'éloquent abbéMaury.
Le commencement de Tannée 1790 fut marqué par la divisiiisn de la France en départements ci la prestation du serment de fidélité à la nouvelle constitution. Les membres du cler}j;é crurent devoir le prêter, parce que cette constitution, qui n était pas encore entièrement terminée, ne contenait rien qui touchât, au moins directement, au sptrt- £Mt^ Conséquemmcnt à cet acte civique, de nouvelles administrations prirent la place des anciennes. Le capitoulat fut détruit à Toulouse, et on iuslalla ^alllliiiu^lration récemment choisie. M. Rigaud, professeur en droit, fut nommé maire. Les négociants Bertrand, Sabatier, Balar, Esquirol Vignolles, Marie, Carol, Sacario et Caslau; les avocats
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Romiguières, Bragouse, Malpel, Beiloinayre et Gary ; les bourgeois d*AdfaéaiaTâ> Ghanllac et Boubée fdréùt^ âdi^ membres de cette administration, qui prêta le serment civi^ que dsm le grand Consistoire, en présence des ofliciers du parlement. Bfàt aussi oa?ért uo registre oti tonsfês^eito^ii^ étaient invités à donner leurs noms pour marque d'adhésiun.
Dans la séance où le serment fut prêté, l'abbé Barthe prononça un discours m fayenr de cet acte, et fit inséfer" dans les journaux du temps que c était à sa persuaâve élo* qnence qu'on était redevable de Tadmirable accord ai avait régné dans l'assemblée. Cet abbc clait né à Monredon, près de Narbonne, dans une condition assez obscure. R dut son éducation au seigneur de ee lieu. Entré dëas l'étal ecclésiastique, il lut attaché au chapitre de cette métropole^ ou à celui de Carcassonne, jusqu'à sa nomination à une chaire de théologie h Toulouse, -et devint doyen dè cette faculté. Il s'était déjà fait connaître dans un conseil de ville qui avait précédé la création de l'administration nouvelle^ et dans lequel il avait demande la conservation du chapitre de Saint-Sernin. Il donna pour prétexte à sa deiaande le martyre de cet apôtre, l'antiquité de la basilique, ét'le nombre considérable de reliques qu'elle renferme. Barth^ embrassa avec chaleur les principes de la révolution. Afin» cependant, de donner le change sur ses opinions, il publia des éléments de théologie qu'il dédia à M^' de Fonlanges. U eut une discussion très animée avec radministration âidic^ saine au sujet du fameux jubilé qui avait été accordé aux pénitents noirs. La bulle de concession de ce ji^lô était datée de Tannée 1782. Pie VI déclarait dans sa bulle qôé le jubile aurait lieu à perpétuité toutes les fois que la féte
de riiivcation de h sainte Croix arrivi'iuil viii vuiKliedi, et q\^^ pour gr^uûèrd £oi& seoleraeot, k jfiiM ^ joQf de la (été, n*tmporte le joar de U muiae. Cette Imlle ne ret^ut sa première exécution qu'au mois de mai 1790. Cette «QOéeTlà rtoveation de la saiirte Ctoîk, n'élatt peiaf un vendredi ; mais, en vertu de la seconde concession, on ouvrit le jubilé. VdtM Baçtbe eosiposa m kmg màmàr^ qui fat inséré dans les jcmrnaiix, et dans lequel il prétendait qm le jubilé était do nulle valeur parce que le souverain poDtiiè, dans sa boite, n'avait aocordé le jubilé une seule fois, sansdistlnetioii de jour, que pour Fannée immédiatement suivante : in j^roximè futuro an»o lucrifêcimdam. Toute la qoesUen se réduisait à savoir si ces termes de*vaienl s entendre de l auiiûe qui suivi cul ou la concession ou bien la publication de la bulle. Vadministration diooé* saine embrassa ee dernier parti, et le jidMlé s*euvrit avee un éclat inaccoutumé. La renommée 4& .prédicaieur (le P. Ssiuisr) augmenta l'affluenca.
Le biuit se répaudit bientôt en France que le comité fKïdésiastique formé au sein de TA^siembUie nationale iS*oc« cupait de la vente des biens eeclésiastiqaes. .L*a]arme* fût jetée dans le clergé, et de plusieurs points du royaume des adresses partirent pour FAssambiée afin d'^oigoer ee malheur. Le 10 janvier, les religieux mineurs conventuels (pordeliers) de Toulousenenvotyèrent la leur» qui demandsut la conservation de leurs eouvents. Parmi les signataires de l'adresse, les PP. Ardusset et Graiieux ont vécu jusqu à nous. Dans la prévision des maux qui allaient londre sur la religion en Franœ, M*' de Fontanges publia un excdient éprit qui a pojur titre : CvumUratùm sur ks imit^jk la
. 4^ Titmiimmem.
puissance spirUuellt et de la iJuissancM civUe. Il y montre
cette .4erQi^re,il a dw»uà ûsQÏt mnJm ûo&qg& ai lacU&r (iplioe de l*figlis6, et qtrelfo^ doit^ kMer à losiproléj^
dehors quand Us se trouvent attaqués. Ces divers écrits iCemp^hèrenlpas rA^embléei de 6tii»pii]|ieri to 13 fèftton les f ceux monastiques, et de déclarer, le 14 avril, que FaiijaiQiatraliDn de$ Imns ecdéâiastîqufis u^appartenait plii&aii elergé. Ce décret erata partout en France les jteles réciaiiiaUuns. Les nombreux catholiques de Toulouse st réonirent le 18 avril, a?eo la perim&sion de Fautori^ miimt* ci^le, el résotorent onaniinemeDt de demander à l'Assein* blée nationale que. la religion catholique fût déclarée la r^im é$ VEUU: qoeie siège épiscopal» les diapilrfiS' de Saint-Etienne et de Saint-Sernin, les cures, les séminaires eiks maisons religieuses fusseiU conservés; et l'on priait les offiders municlpaoïdesaspoidrerles opératioiis ordasTr nées par l'Assemblée. I
Le avril, les cordeliers de TonloïKe préseiâ^nent de» St^ûMiHafisaa maire et ans offiders municipsex, l&at défelarant quiis ne voulaient point abandonner leur saint état, et les eonjnrant de leur laisser la ioobsance de leair grand cuuvcnt. De son côté, le ciiapure métropolitain adre^^:i des protestations énergiques au corps municipal, dédâf aot à son tour qli*ii acquitterait toujours les lendâtioBflrétabliflB et continuerait de célébrer le service divin dans sou égliso. De pieux laïques prirent aussi la défense de qoelqoes établissements religieux r ainsi Tavvjeat Limes publia tn écAt pour démontrer que Tutilitê publique demandait qu oo «OBr servât la maison des mis^naires de* Boqneville ,et oàkà de SainL- Antoine -du-T ou de Vienne. Plusieurs religieux se
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crurent obligés de proleslor en particulier contre les démiA de rAMmblée nationale. Le» PP. Noël et Sirvin Gal?et, religieux carmes; les PP. Louis Mâuret et Crebassan, bé- Dédictins de baiot-Maur, envoyèrent leurs énergiques déciantiiAtt à la monidpalité. Tous les étaMissementB religieux de h ville et du diocèse rivalisèrent dû courage pour condamner les décrets. On M {Miissammenl excité à Toulouse à cette résîsiance par un écrit que nous supposons avoir été composé et publié par MM. les vicaires gt'uii raux, et qui porte pour titre : Avis aux cathoHquêê de TouUnm. Cet écrit excitait le zèle de tous les habitants à suivre rexemplc 4es principales villes du Languedoc, et mettait en demeure la numkupeUté d*aecon!er une réunion des citoyens pour
la manifestation du ^mlimetu public.
Le S mai, s'ouvrit dans ia belle chapelle des Pénitents"- Noirs le jubilé dont nous avons déjà parlé. La station fut précbée par le P. Sermet. Une loule immense se pressa pendant huit jours an pied de la chaire. Le prédicateur lit, dans plusieurs circon^Uiices, sa profession de foi, déclarant que jnsqu à la mort il demeurerait iidèie à rËgbse, dont il exalta Vuntté. Entr^antres sennons, il en prêcha un sur Jéîîus-Christ considéré comme pierre angulaire de FEglise; sa péroraison M marquée par un de ces mouvements oratoires qui, liabilemcnt mcna^rês, produisent toujours de l'effet sur rauditoire : il descendit de chaire avant la lin de son discours, el, montant à FauteU û prit entre ses mains la divine Eucliat isliô, ia montra au peuple, accompagnant cette aetiûD de parûtes expressives et brûlantes. Le peujde, âge- Dooillé, fondait en larmes, mais roeil de Torateur était sec.
Les actes de 1 Assemblée nationale l'elalivcuiciit k la i eli-
gion catholique, avaient justement alarme les amis4e:ia 'reli-, gipnr J<)uiaj|S6/«itaU agitée, x;ast^ôqi4d(U6ri9j^
ô^ns, laquelle ils jaiSsSuraient les habUa^te sur toutes Iqujrs,
trer condsîeo ces craintes étaient loodées. , Le i^Joillet iut déciélée.Ia con^imim oiç}«{ë,(it(..,çM'|/é4: Cet acte renversait jusqoe. da&s -$6s fondemonte ranlique.
discipline de l'Eglise et brisait les liens de sua unité : acte trop connu pour que le$ principales 4ispositionâ en soii^ içi ra|q;K>rtées, mais qu'il suffît de Jire une sente fois pour^ Qomprendre conabiea elles furent conpablj^s daoi> leurs ^ipTi dpes et peniicieusejS dans leurs effets. > ^ m
Dès Tannée précédente, il s'était formé à Toulouse, comme à Paris, une ^ii|(é des Amis, de lu Gon^iUuii^nt^ qsn tint d'abord ses séancaç cbez F4AiQ, aj« PetîtryeçBajll^ (aujourd'hui rue Louis-Napoléon), et ensuite chez Boyer;; limonadier sur la placer Royale. Ën elle âo tran^i^t^ dans un local dépendant da coUége royale près delégliso; des Jacobins. .JLà se réunissaient tous le.s ^aUés du. .parti diniocrsktique, et cette société, devint comme le genne dHi tribanal révolutionnaire. La garde nationale, commandée par Pouziecb, voulut apsi devenir une. puissance; eU^ convoqna tontes les gardes nationales des villes voisine^», efc lit une fédération au petit pied, qui eut lieu le 4 juillet sur la promenade du Bonlingria. L'abbé Bat the y .parat^en s^*». tane et portant la eeintare tricolore, célébra la messe, en, plein air, et prononça un discour;s emphaU(iue dans lequel il prouva aux moins al^arvoyants qoe la nation a;vait agi ^rèa iîagement eii vendant les ]>icns du dergé. 11 entonna ensuite
h"TeDeuvi, et se fit remai-quer eû celto occasion par mùgratidè axallation d*idé66 révc^tionoàires* Le& a^oeats Veyrieu et Rouzet prononcèrent âfossi des discoors. Les gardes oaUooales furent passées m revue par Douziech, qui ne fit pas de très grands Ms d'ëioqoeaee ; on dansa, on but et mangea jusqualanuit, et cinq cents patriotes montalbanais vinrent rehausser Tédat de ia fête. La milice Cftdjrenne Tonlnt se donner des anm6niers : Barthe accepta cet iiouneur à Toulouse, et le P. Sermet à Saiot-Geiiie^.
On s*oecupa dès-lors d'organiser à Toulouse VadiHiMê-* tratioii dêparlementalc. L'assemblée électorale, formée par les assemblées cantonales, ncmima les citoyens qui, au nombre de trente-six, devaient oomposeï* cette administration. L*airocât Mailhe fut nommé procureur général syndic, el TaYocat Ricard secrétaire. Ces trente<*six mraabres en élurent huit pour foi mer un directoire permament, car radministration générale ne devait se réunir que temporairement. Ce directùiré fut composé des «ito^fens Mories» Cailhassou, Saubat, Dorliac, Niel, Dupau et Pelleport.
Pendant qu'avait lien à Paris la grande fédération géné^' raie (14 juillet), le village de Saînt^niez ent anssi ia sienne. Ce fut eu cette occasion que le P. Sermet abjura tont son passé, et que, dans on disconrs écrit et prêché en tengue vulgaire, il excita le peuple contre tout ce qu'il y avait de irespectable dans TEglise et dans l'Etat. Sous le ^édénix prétexte' de corriger quelques abus, il dédbîra le clergé et ia noblesse dans des phrases exaltées et où la hardiesse de la pensée et de Vexpression annonçaient la terrible réaction qui s élait opérée dans son âme. Ce discours attira an P. Sermet une satire très piquaoie ; il y
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était dêcliiré en miiQ ^lècos, et les notes de Fauteur éîsûéûi eveatQ hmmap fdtts' i&dsîTes qfoe le texte. Vor^iéH^ ^ Saiiit-Gcuicz i> cllurça de répondre à celte satire par une Lettre qu'il adressa âu club des Âmis de la constitution/tt ne iat pas très heureux daàas sa réplique.
On s occupa aussi à Toulouse de former radminislraiicrfi* dtt district. Picot de Lapeyroase eu lût toottuniè président*:' l'avocat Malpel, procureur-syndic, et le praticien Trébos, secrétaire. Cette administration nomma, à son tour, uo" direefoire composé de cinq membres: Lapeyrouse; Càn&âs»' procureur; Sabalhier, négociant; Baville, propriétaire, et llngénieur Pin. Le district choisit Fanciea Sénéchal pdor lieu de ses séances. ' - '
Le 24 août, le roi accepta et promulgua la consHiution CÊimk du clergé; Il répugnait k cette démarche éclatante; elf' ne s'y (lél(3rmina qu'après les vives instances du comité de' llÀssemblée et dans Tespoir que les négociations qu'il avaiti entamées auprès du siège apostolique pourraient le déga^ * ger. Cette acceptation lui causa les plus mortels regrets, lî' était du devoir des évéques présents à TAssembléé natio*-^ naie de prolester contre cette e&nsiîtwUon. dé Boisgeliii, ^ archevêque d' Ai X, se chargea de cette protestation, qui prit * le titre à'ExposiHûn d» principes, monument Smpérïlissâilef^ de logique, de clarté et de inodcialiun en faveur des droWs" del Eglise indignement méconnus par TAssemblée. ?ous les ' évéques présents à Paris ^gnèrent YEœpbUtim, à Ve^àèèfiSioA'^ de levèque d'Autan, Talieyraud-Périgord ; de révôquc de'* Viviers, Lalontde Savines, etderévéquedeLyddasoffragaût' deBàle, Gobel. Les autres évêques de France imîtt'rèrit cètit " de Paris, à rexccplion de 1 archevêque de Sens, Loméniede -
Briennc, etdcrêvêque d'Orléans, do Jarente. Laplupartdcs ç^pit(;^â4e.Fr^uacâ (Joattèreat leur adhéaioa } cehii de Tcta-' iQUse donna la sienne le 27 no?eii^)re : elle était signée de M. de Malaret el de l'abbé Déjean, Siictétaire.
Ce même jour, TAssemUée oaiionale décréta que leseeclésiastiqucs en fonctions qui ne prêteraient pas serment à la coasUtulloQ i»araieat remplacée- il est à remarquer que* dans ce décret la consUtutioa cifile du clergé xi*etait point menliwiûée, et que le mot général de camtitution paraissait s*appliquer à Tacte politiquede Tannée précédente. C'était un piège dans lequel tombèrent plusieurs ecclésiastiques. d*aiiieurâ très respectables.
Un incident assez curieux vint un instant occuper k Toulouse rattenlion imbliquc. Au commencement du moisd'août, H. r^kbbé Dirat, l'un des vicaires de Saint-£tieime, monta en . chaire à la messe de paroisse, et termina son discours p^r la lecture d'un acte de consécration à la Sainte- Vierge, Qilf. 88 trouvaient quelques phrases relatives aux neuveaux
décrets de rAssemblée. Sur l uiviLaUGn de l'orateur, le peuple prpsterné répondit. à.baute voix: Ainsi soit-ii! A cette nouvelle, lesofficîers municipaux orurent à une oonspimtion et demandèrent des explications à M. iiernadet, curé de la ifiétcq^ole. Ce dernier «dressa, le li août^ un certificat: aux conseillers municipaux dans lequel il protestait contre tQut;Ce qui s'était passé dans sou église au sujet du lait en. <ïUfestion, assura la mumcipalité de son entière soumission aux décrets de l'Assemblée, et écrivit son serment de fidélité à, la joi^au roi et a la oonstitutiOQ. Oa pouvait croire que H, Bernadet oe.pai^aiticî que de^la con^titutiODpolitique.. . , . '
.494 TpnsmwBiw
- L^Q^^il sQ^lfii^htQ^ abolit iom les lrii>uDau& cienne créatioD, sous quelque â^oauuatian qi^il^ tfmvA. Les pailemeiits setrouvci cnt ainsi fi appûs de mort. Lachani- 1)1^ des vacatiûitô du. parlemaatda Toulouse, r^^ig^ une prot08tatiou énergique qui-ne loi xpie le prétexte de la condamoation des joûagistrats de notre, cour mveraioô). Mailhe, procureur général syndic, dénonça cette pcQtesr tatton h TAssemblée nationale, qui rendit un déerel ipi ordoûuait Tarrestâtion immédiate 4le^ tous les signatairoik Ces magistrats cherchèrent alors leur salut dans la foito; quelques-uns se reiidii'eni à Vitturia, un Espa-^Tie. Les signataires étaient: les présidents d*Aspe et de Mauiliaaf le procureur général de Rességuter, les conseillers de Bardy, Durègne, Cucsac, de3ioutégut, de Firmy, de Lafont-Rouis^ de Ségia» d'£scalonne« Rigaud» et les conseillers clerfis. 4e Cambon et âe Rey. Plusieurs de ces magistrats rentrèrent malheureusement en France. La protestation si énei^^^^e de la chambre des vacatbns excita toutes les fureors des
jacobins. Le 2 octobre, Barthe prononga un discours virulent ^ntre cette chambre ; ce iiU loi qui demanda qu e la protestation fût dénoncée k TAssemblée nationale.
L*administratioa départementale ne vivait que de dénonciations. Ms" de Caofibon, évéque de Mire^i^» y fui dénoncé pour une lettre écrite h son chapitre : Vabbé Dèzes, chanoine de Saint-Ëticnne, pour la nomination d'un curé à Montaudran; Tabhé d'OU?e, vicaire généra) de Kahbé de Sauil-Sernin, pour un discours qu'il avait prononcé en plem chapitre. Le conseil ordonna que touâ ces laits, seraient ppr-* tés à VAssemblée nationale, et le chapitre de Saint-Somin poursuivi parce qu'il avait fait co^se connnune avec TaUb^
lirOiive et qu û lo justiiiait sur le iait de s être porté le dé- «Kmddtetirda grand-ficaire.
On procéda, à la même époque, à la vente des biens des 4)ommaiiaatés religieuses, biens qui furent oédés à vil prix et ne manquèrent pas d*acqnéreurs. Les moines eurent encore la liberté de rester daii:5 leurs couvents; ils recevaient une pension alimentaire queTAssemblée avait TOtée en les dépouillant de leurs propriétés territoriales. La vente commeaça, à Toulouse, au mois de décembre, par les biens des minimes.
- ' Le grand secret des révolutionnaires était d'opérer dans respritdu peuple une diversion à tous les brigandages pu- Wics par des fêtes demi-patriotiques et demi-religieuses. Le 25 novembre, un service funèbre fut célébré à Saint-Ëticnne pour les itères dfarmes morts à Nanej. L*àbbé Barthe prononça un discours dans lequel il comparait lo ^anciens aux martyrs. On pourra juger du talent de Forateur par ce passage où, voulant donner une description du combat, il dit: « Un ofïicier, Télite des Decius de la France, Deàks, se » place au devant de la bouche du tube foudroyant, Tem- » brasse, mot obstacle h rexi)losion qui devait être le pré- »' Ittdedu plus désastreux des combats, et demeure attaché » au tube fnlmlnant. Ces enragés le criblent de leurs coups » de feu. Soudain le signai bruyant du carnage est donné, • le bronze éclate et vomit mille globes enflammés. » Tel était alors k Toulouse l'un des dieux de Tcloquence révolutionnaire.
Cet abbé Barthe sollicita fiadministration départementale dè sommer M»"" de Fontanges do nommer des vicaires généraux dont les sentiments fussent plus en harmonie avec les
496 TIMPS VODBlUfBSr
besoins de l'époque que ceux qui étaient en place. L' archevêque ne tînt aucun compte de cette sommation. Au club des jacobins, il accusa le lieutenant de la sénéchaussée Laroque-Monlané et l'avocat du roi Laporte-Marignac d'avoir refusé d*enregistrer les décrets de FAssemblée nationale. On voit par là que ce doyen de l'université était le plus éhonté des dénonciateurs.
Le 12 octobre, rassemblée électorale du district procéda a la nomination des membres qui devaieui ioi mer sou tribunal. Ëlieélut pour juges: Bragouse, Arbanère« Romiguiëres, Veyrieu, Taverne et Boubée. Loubers, Guyon, Faurô et Roques fuient nommés suppléants.
Nous avonsdéjà observé que le serment demandéau clergé présentait une formule assez ambiguë, ce qui donna lieu à quelques ecclésiastiques de le prêter avec plus ou moins de restrictions. De ce nombre fut M. Bemadet, curé de Ssûnt- Etienne, ainsi qu'il conste du certificat buivant: « Je jure et » promets d'obéir à la nation, à la loi et au roi, et de main* » tenir de tout mon pouvoir la constitution décrétée par » TAssemblée nationale, acceptée ou sanctionnée par le roi.» Mais ce vénérable prêtre ne tarda pas à s'apercevoir de Ferreur involontaire dans laquelle il était tombé, et le 20 novembre il lit sa rétractation, renfermée dans l'acte qui suit: « L*an 179Q et le vingt-sixième jour du mois de novembre, » à Toulouse, devant nous notaire de ladite ville a été pré- » sent M. Pierre Bernadet, docteur en théologie, curé de la » paroisse Saint-Etienne, lequel nous a déclaréqu*i1 rétracte ■ l'acte qu'il a passé le 26 octobre dernier devant nous, au- » quel effet il renonce purement et simplement à sa qualité » de premier vicaire ; de quoi nous avons requis acte, etc. »
TBKV8 HODBBMia. 497
Nous rencontrons sans cesse sur nos pas le do}cii liai tlio. Le ^ décembre, il consacra une séance tout entière de so& cours de théologie à réfater VExpoiUitm de principes des évêques de rAssemi^iéc nationale. La conclusioa obligée de toutes ses leçons était qu'on agissait avec beaucoup de sagesse en Tendant les biens du clergé. Il contribua ainsi puissamment à cette spoliation sacniége. Â cette époque, Von vendît les propriétés des chanoinesses de Saint-Semin, des Pères de Saint-Antoine, des giands carmes, du chapitra de Saint-£tienne, des Salenques>des trinitaires, et autres communautés. Cest ce qui détermina le chapitre de la métropole à adresser aux officiers municipaux une Protestation, dans laquelle il exposait la marche qu*il devait suivre dans les circonstances où il se trouvait placé. Cet acte est signé de JW. d'Âldéguier commissaire, iirujihe et Barbazan.
Non content d*avolr rétracté son serment, M. Bemadet publia, en janvier 1791 , un écrit qui a pour titre : Principes de la doctrim catholique sur la pmssaace spirUudle, Ces principes sont au nombre de cinq, et Fauteur les développe dans l'ordre suivant: l*» la foi ne varie pas dans la véritable Ëglise, et la vérité venue de Dieu a d'abord sa perfection ; 2** il y a dans TEglise catholique u le racine qui est la communion avec la chaire de Saiut-Pierre, dans laquelle tous les autres sièges gardent Tunité ; S"» ce sont les évêques que le Saint-Esprit a établis pour gouverner l'Eglise de Dieu ; 4" les évéqqes sont de droit divin supérieurs aux prêtres ; 5" si Jésus-Christ a dit aux apôtres d*ens8^er les nations, qui seraient sauvées en croyant, c*est donc aux nations à croire et non à enseigner. L'auteur, prévoyant les maux qui menaçaient la religion en France, fait de toucbants adieux à
498 TiUlM. MlUUKiUlBft.
ses paroissiens, La pidilication de eet écrit app^ ooe r6* poQse sous ce titre : Lettre écrite à M. Bernadetpar un de m paroissiens. L'auteur aaonyme opposait M. Bemaâetàliii*
même. C'élaiL ia conséquence naturelle d une démaixhe ua peu trop précipitée.
I^talors à Toulouse tin 'écrit aDoayme coùtre le c&Sbai des.prêtres. Le lecteur pourra juger de la force des raisons
que raafteur apporte pour IkToriser le inarlage des prêtres.
Tout dansTEvangile, dit le profond écrivain, concourt àcombattre le célibat ; Elisabeth, déjà avaacée en âge, doYieat léconde; le Sauveur assiste à des noces; toutes ses paraboles sont tirées de Tétat d'époux et de père; la sagesse des cinq vierges est récompensée par Tarrivée de Tépoux; le figuier stérile «st maudit ; et eufiu saint Pierre n'est placé a la tête de TEglise que parce qu'il était marié avant son apostcdat. Nous n'a£ur4ons jamais rappelé dans cet ouvrage ces inepties s'il n'eût été nécessaire de montrer la faiblesse de ces écrivains qui préparaient par leurs productionsle plusmiséraible schisme qui ait jamais existé dans TEglise.
Ce schisme allait être consommé par le serment à la constitution civile du clergé qui devait être prêté par tous les évêques, prêtres et religieux du royaume de France. Après bien des discussions au sein de TAssemblée nationale au sujet des restrictions à apporter au serment, et dans lesquelles révèque de Clermunt, celui de Lydda, Mirabeau et Cazalès prirent tour à tour la parole, cette assemblée décréta que le serment prescrit le 27 novembre dernier serait prêté purement et simplement dans les termes du décret, sans qu^aucun des ecclésiastiques pût se senrir de préaml)nles, d'explications et de restrictions. Le4janvier 1791, l'immense
TEMPS MUDSftNfili WJ
mijorîté des ecclésiastiques de TAssemblée refusa le ser«
ment. Parmi les évêqucs qui le prêtèrent, on ne compta qot TaUeyiaod et Gob^.
Le 1 G janvier, de Fontanges adressa à tous les prêtres de son diocèse uoe lettre au sujet du serment qui bientôt devait leiur être demandé. Il rendait compte de sa conduite à rAssemblée, et déclarait intrus et scbismatique celui qui, contrairement à l'autorité des saints canons, oserait s'asseoir sur le siège de son Eglise. R annonçait k son diocèse renvoi de la lettre pastorale de M»' 1 evéque de bouiogue à laquelle il adbérait pleinement» déclaiait refuser le serment, et terminait ainsi ; « J'ai cru do mon devoir de confier à vo- » tre piété et à votre zèle mes sentiments et les principes de » ma conduite. Xignore s*il me sera permis d*entretenir » encore les relations nécessaires avec le clergé de mon » diocèse; la violence, à laquelle il est possible qu'on, ait » recours, pourrait seule m'empêcher de remplir un devoir » si cber àmon cœur, mais alors le plusardeat de mes vœux > est qu'elle ne soit dirigée que contre moi. » Cette lettre fut publiée ainsi qu'un mandement portant les dispenses ordinaires pour le carême prochain. Cette dernière pièce fut afficbée, contresignée par Tabbé Martin, secrétaire de Farchevèque ; elle était revêtue du sceau des armes du prélat. Le conseil municipal fut puérilement indigné de cet acte téméraire : labbc Mai tiii fut cite et condamné à 50 francs d'amende. Larrèt porte qu*il s est rendu coupable de Taudacieux forfait d'avoir donné à ce prélat les titres de Monsei gneur et de Grandeur, abus, dit-on expressément, qui remonte à Caligula, le premier qui se ût appeler seigneur. Barthe continuait encore ^e^ leçons publiques, li consaci a,
500 TBMI>S MUUBRNBS.
au commencement de février, plusieurs séances à expliquer à sa manière Tinstitution canonique et la primauté du pape, il touchaitau moment de son triomphe. Le 16 lévrier, un courrier extraordinaire envoyé par les électeurs â*Anch porta la nouvelle de sa nomination à révêché de cotte ville. Le temps était venu où Toulouse devait avoir à son.tour un évêque parla grâce de la Ck)nstitntion. Le 18 février, le pro* cureur général syndic écrivit aux chefs des districts pour * leur annoncer officiellement le refus de serment de M^' de Fontanges. Il indiqua la réunion, pour la nomination de son successeur, à Saint-£tienne. L'invitation portait expressément qu*on devait implorer les lumières du Saint-Esprit. A peine de Fontanges eut-il appris la convocation du corps électoral, qull adressa aussitôt de Paris aux membres qui le composaient une lettre touchante pour les engager, par les raisons les plus solides, à ne pas consommer le schisme à Toulouse par la nomination d*un intrus. Cette lettre porte la dalc du 11 février. Toutes les justes réclamations du prélat lurent inutiles, et le 1" mars une députation du corps électoral vint annoncer au directoire que M^* de Loménie de Brienne, archevêque de Sens, ayant réuni la majorité des suffrages, Tenait d*étre élu et proclamé évéque métropoHtaia du Sud. La députation invita le directoire à assister à une messe solennelle et au Te Demi qui fut chanté le lendemain au son de toutes les cloches et au bruit du canoii.
L'élection de Ms^ de Bricanc uvail sans doute été déterminée par la lettre suivante qu un député de la Uaute'<îarcmna écrivit le février à Fun de ses amis à Toulouse : « En ce » moment le président de TAssemblée lit une ieiti» de la » municipalité de Sens portant que M*" le cardinal de LoiBé-
» nie, noire ancien archevêque, y a prêté serment à la tête » de son clergé. Tel estrempire de la raison sur des iium- * mes éclairés ! Qoel exemple poar notre dté, si nos ecclé- ■ siastiques se rappellent encore la couUaace et la Yéaén^ » tien qu jis doivent à notre archevècnie t »
Le sieur Dalga fut expédié à Sens pour annoneer k de Loméuie sa nomination. U arriva eu cette ville te 6 mars. A cette nonvelle, M. de Ghambonas, maire de Sens, un officier municipal et tous lesofliciers de la garde natiunale se rendirent à Tarcbevéché, et supplièrent S. £m. dene pas se séparer d*eQx. L*Eminenc6 ne répondit rien. Dalga était porteur; 1" d*une lettre du président de 1 assemblée clectotaie an cardinal : elle portait la signature de €aUha$soui 2*^ d'une seconde lettre des membres du dit ccluiio du déparlement de la Haute-Garonne au même cardinal, signée Leygue, ChauUa, Saubat père, Ê)orUac, Niel, ùupau et Mailhe, pvùcureur syndic ; 5'' d'une troisième lettre des membres composant le directoire du district de Toulouse au même pr^at, signée Picot, Baudres, Baville, Balar et MiUpel procureur syndic; 4** d'une quatrième lettre encore au même, signée Picof de La^nme; 9* â*une cinquième lettre écrite toujours au môme par les maire et olliciers municipaux de Toulouse, signée Rigaud» Bertrand et Bakari 6*" enfin, d'une sixième lettre écrite à de Loménie et signée Maream» de Puymaurin, qui était sans doute lié d'amitié avec Tancien archevêque. M«' rarcbevêque de Sens refùsa la métropole du Sud.
Barthe publia à cette époque des conférences sur la Constitution. Le jour même de cette publication parut un écrit
ayant {mr titre : Expmtim de la doctrine consktmment eu-
mm ismms.
seignée dans la facuUéée théologie de Toulouse, dans toque!
toutes les propositions de Barthe étaient réfutées avec cette supériorité de talent qui Délaisse à TadYersaire que la houte de ladé^te. Cette BxpositUm est ce qui a été publié de plus solide contre la Constitution civile. Elle avait pour auteur Tabbé Laroque, Ym des profestôurs de là foculté de théo* logie, dont la mémoire, sous le double rapport de la vert» et du talent, sera toujours en bénédiction dans le diocèse de Toulouse.
Le G mars, Malpel, procureur général syndic du district, donna lecture au club patriotique d^une très longue adresse aux curés et aux fidèles du diocèse sur la légitimité de la constitution civile. Ce volumineux écrit n'était qu'une fastidieuse répétition de toutce qu'onavait d^k publié de sophis* mes, de fausses explications de textes, d'interprétations mensongères des faits pour soutenir une déplorable cause. La réfutation de cette brocbure ne se fltpaslongtempsattendre. Deux fonctionnaires du diocèse de Toulouse, cachés sous ie Toîlede lapseudonymie» répondirent aux étranges assertions de Malpel. Cette Réponse est d*une grande étendue; on y trouve réunis tous les plus forts arguments contre la constitution civile.
Le moment apin ochait où le clergé de Toulouse allait être appelé à prêter ie serment à cet acte. On répandit alors plusieurs publications contre le serment, ayant pour titres : Instruct ions d'vn curé à ses paroissiens ; Lettre d'un ecclésiastique de Parisà un ecclésiastique de Toulouse. Le dimancbe 6 mars fut désigné pour la prestation du serment. La cérémonie eut lieu à Fissue de la messe de paroisse, dans la nef de Téglise Saint-Etieune. Le serment fut refusé par
l'archevêque) les vicaires géoéraax» les chapitres de la ville, les curés et les vicaires, les supérieurs et les dlreeldur^ des
séminaires de ia ville. Les petits augostins, les béûédictins de la Daurade, les cerdeliers de la grande observance, les chartreux et les capucins n'eurent aucun jureur. Les grands augustiûs dûDaèreot trois jureurs, les grands carmes aussi trois, les dominicains un, les minimes deux, les cannes dé<chaussés quatre. A la Da}bade, les PP. Roure, curé de la paroisse, et Rambean, supérieur du séminaire, refusèrent le serment. Chez les doctrinaires, tons jurèrent à Texception du P. Théron, recteur de la maison de Sairit-Uorne, et du P. Rouaix, recteur du collège de TEsquille. A Tuniversilé, tous les professeurs refusèrent le serment, krexceplioii de l'abbé Barthe. Au> collège royal, tous prêtèrent serment, àTexceptionderabbéSuruge, principal. Quelques ecclésiastiques, attachés aux diverses paroisses, au nombre d'environ huit à dix, prêtèrent le serment. Le- nombre des jurenrs s'éleva dans cette assemblée- à quarante-cinq, parmi lesquels on distinguait plusieurs clercs de sacristie^ et de jeunes commis de magasin déguisés sous te costume occiésiâstique.
En entrant dans l'église, l'abbé Chaudon, professeur au 4SoHége royal, promenant avec sa lorgnette ses regards sur
l'assemblée, dit au P. Sermet à iiaule voix; « Je suis coin- » plètement déshonoré; il n-y a pas ici un seul ecclésiasti- » que dont rcxemple puisse me servir d'excuse. » Il était sur le point de sortir lorsque le P. Sermet le retint. A peine le vicaire de &int-Etienne eut-il terminé l'office paroissial à midi, que Sermet monta en chaire et prononça un assez long discours conforme à ses principes et à. la circonstance».
Au momeiH où Torateur faisait Téloge de de BrienDe« desiannnures se firent entendre dans rassemblée el finenl étouffés par les applaudissements des ciubistcs. Le peuple, assemblé sur la grande place, attendait avec in^tience les jnrem; oenz^oi forei^ insultés k lenr sortie de réglise, el quelques-uns d*entr'eux ne durent leur salut qu a la fuite. Le soir da même jour. Ton des oiatoriens qui veiuto&t de prêter serment Toulnt dianler un psaome à Toraiaon de piorante beum à la Dalbade: personne ne répondit; et les fidèles sortirent de Téglise avec le dergé. fi porta sa plainte à la municipalité, et s'abandonnait à d'inutiles invectives iers^^un plaisant s'écria ; Obtenez donc m décret comme U fmU que je chante.
Deux jours après la prestation du serment, le P. Sermet alla prévenir le cnré de la Dalbade que les maiguilliers de son église Tavaient nommé pour y prêcher le carême, et le pria de lui donner son agrément. « Je vpus le déiends, lui » répondit le ciiré« Je sais bien que vous prêcherez malgré
» moi, puisqu'auGuoe autorité ecclésiastique n'est aujour- » d'bui respectée ; mais, ne pouvant pas vous interdire reo- » trée demoD église, j'en sortirai aussitôt que vous y parai- » trez. * lï tint en effet parole, et le lendemmo, Sermet étant monté en chaire, le curé sortit, suivi de son clexgé et de tous ses paroissiens. Dans le diocèse, sur six archiprètrès, un seul prêta le serment; sur quatre cents vicaires, douze obéirent aux décrets; presque tous les curés restèrent fidèles. Plusieurs monastères répandus dans le diucese , tels que les bernardins de Grand-Selve, les bénédictins du Mas, les feuillants de Labastide, les capucins de Grenade, les réjcoUets de Yetduu, Ms prémontrés de la Capeieile, les cor*
nom sofiomu. W
delim de Muret, doimèreal 1 exempte d uiie loôbiaolable férmeté.
La ?oa du souîeraui ponlife ne tarda pas à se faire entendre au mflieii de ces défections. Pie VI rendit le braf Caritas, dans lequel il déclara hérétique la constitution civiie du clergé, lança une sentence de m^^^m contre tout eeelésîastique qui avait prôté serment à cette CkmstitiitioD, happa de nullité les élections qui avaient déjà été faites dans ipirtqaes d^Mutements pour plnsieiirs sièges ^kiscopanx, et déclm que les nonveaux élns n'avaient aucune jnridic* lion. Ce bref, répandu eu France, amena quelques rétrac* talions: mais la plupart des assermentés persévérèrent dans le schisme.
Le chapitre métropohtain de Toulouse écrivit alors à Ni' de Fontanges pour lui dsûre part de la conduite qu'il avait tenue à 1 occasiou du serment civique. Le prélat répondit au cliapitre par une lettre affieetoeiise, dans laquelle il donne les plus grands éloges à sa fermeté, et se plaint de ce que les circonstances le tiennent éloigné de son troupeau.
Nous avons déjà dit que le cardinal de Loménie avait refusé la métropoto do Sud. 11 écrivit au corps électoral pour le prier d'agréer son refus, et lui adressa le mandement qu'il venait de pubiiersur le serment civique. Ce mandement fut la au dob patriotique, an milieu des fdus vife applaudisse* ments. En même tcmi^s, l'un des députés de Touiouse écrivait aux électeurs la lettre suivante : « La nominatioD du » eardittri de Loménie klamétropote du Sud a été approu- » vée par les hommes sages et éclairés. Me est aussi » bouorable pour le corps électoral que flatteuse pour le
S06 TBIIM MOKMUB.
» cardinal, qui » quoiqu il lait bien .senti, na pu se décidei* « à soivre les sentiments de son cœur. •
A la nouvelle du refus de M»' de Brienne, toutes les espérances du P. Sermet se ranimèrent, il fallait donner aux électeurs Fidée de TopportuDité de sa nominaUcii : on employa alors un moyen assez singulier. Le 25 mars, Sermet se rendit à rassemblée du elub patrîoti(|ae et littéraire, et Ik m citoyen nommé Car.*, donna lectnre d^one pièce de Yersen Thonneur du R. Père. Le poète racontait un songe mystérieux dont 11 avait été favorisé, et dans lequel Sa Révérence luii^lait apparue sous le costume d'évêque métropolitain du Sud. Cette scène produisit son eiSeL Les élec* leurs, touchés jusqu*aux larmes à ce récit, nommèrent deux jours après le P. Sermet à la métropole du Sud. H reçut aussitôt la visite de tous les corps administratifs et des commissaires des légions. Le^on des cloches et le bruit du canon annoncèrent k la cité la consonmiation du schisme. Le jour* nal s'exprimait ainsi : < Cet ecclésiastique recommandable » par ses luiiiièi es et ses vertus a accepté, et n'a pu ie refa» » ser aux vœux de ses concitoyens. »
• Le 29 mars, le nouvel Intrus, accompagné de la garde nationale, du corps administratif, de la société des Amis de la CoDstitution, se r^t à la métropole pour cbanter un Te Deum. Le soir du même jour, Sermet fit son entrée solennelle au cluh; tout avait été préparé pour sa réception. Le maire et rmtrus s*umrent dans de mutuels embrassements ; une femme plaça sur la tête de Sermet une couronne civique; une autre lui adressa un discours dans lequel elle disait que le Sauveur avait prouvé sa divinité par la résurrec-r tion des morts, et 1 assemblée sa sagesse en i cssusciUul un
TBHrS MUOfiBNES. 507
apôtre. « ie sois bien éloigné, Hpondit le métropolitain,
» d être apôtre : l'un d'eux convertit dix mille juifs, je serais » bien beorenx de convertir cinq à six prêtres réfractai* » res. » Il achevait à [ici no ces mois inspirés pai la plus sijicère charité, que deux femmes de la paroisse Saint-Sernin s'approchèrent ponr loi donner des fleurs, pendant qn*à la tribune ou débitait des vers à sa louange, qu'un enfant de sept ans le complimentait, et que M... répétait à haute voix ces paroles : « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » La joie de Sermet était au comble; il sortit de rassemblée les yeux baignés de larmes.
Le 1" jour d'avril, le directoire du département de la Haute-Garonne ayant été assemblé, Sermet fut introduit. 11 exposa que, dans son arrondissement, aucun évèque n'ayant prêté ie serment prescrit par les décrets de rAsscmblec nationale, il était nécessaire qn*en conformité de l'article 4 du décret du 50 janvier il lui lui indiqué par le directoire un évèque en France, parmi ceux qui avaient prêté serment, qui pût procéder à sa confirmation canonique et à sa conséciation. Le directoire indiqua alors MM»" les évéques de Piaris et de Limoges pour conférer la confirmation canonique et la consécration au métropolitain du Sud.
Sermet part pour Paris, et dès le neuf avril il écrit aux membres du directoire à Toulouse. Dans celte lettre, il fait part des difficultés qu'il a éprouvées de la part du comité ecclésiastique au sujet de son institution, et annônce que Me* Tévéque du CSers, Bartfae, a été désigné pour lui conférer cette institution. 11 parait se délier un peu de l'obligeance de son confrère, puisqu'il prévient le directoire qu'en cas de refus de l'évéque du Gers, Gausse-
tiOS TRHTS MODERNES.
rand, évéque du Tarn, a éié désigné par. le comité pour pr^
céder à cet acte exigé par les décrets. Il demande qu'on expédie à Auch un homme de confiance qu*il désigne, le sieur Fédas, et désire que Gausserand arrive à Toulouse la raUe du dimanche des Rameaux. 11 esi>ère pouvoir être sacré le lundi de Pâques, si Ton est assez expéditif pour lui envoyer les pièces. Il prie, en terminant sa lettre, les messieurs du directoire de veiller à ce qu'on envoie à Auch où à Albi les vasesnécessaires pour les saintes huiles.
A peine Bai llic a-t-il appris Télection de Sermel qu'il écrit aux électeurs pour les féUciter de leur choix. Il leur an* iK>nce qu*il a tout disposé pour le sacre de son métropolitain qu'il se propose de faire à Toulouse, assisté de 1 evéque do Périgueux et de celui d'Albi. Gausserand fit {dus encore : se trouvant It Toulouse, il se rendit, le 16 avril, à la société des Amis de la Constitution, et y prononça un discours éminemment patriotique dans lequel il témoigna sa joie da celte élection. SermetfutsacréàParispar Gobcl, évêqaedeLydda.
Le métropoUtain du Sud ne diléra pas son arrivée à Toulouse. Le 7 mai, à six heures du soir, la voiture de Ttoferus parut à la hauteur du pont des Minimes. 11 fut reçu par la municipahté au mitieu des chants patriotiques. Lelendemaia> Téglise métropolitaine fut profanée par son installation ; quelques jours après, il y lit le sacre des évoques de Narbonno et de Pamiers, assisté des évéquesde Bordeaux et d*AQch. La Providence cependant donnait à l'intrus de sévères leçcms r on lui adressa sous le nom du F. Féhx, son confrère, une lettre dans laquelle le langage de Vindignation rappelait de lerriijles souvenirs et faisait de cruelles menaces.
L'installation du P. Sermet sur le siège métropoUlatn exi«
TEMM MODBftNES. 509
geait une éclatante protestation <lc la part du pasteur légitime, dette protestation, ne se fit pas longtemps attendre. Le 20 mai, M^' de Fontangcs publia sa lettre pastorale adressée au clergé et aux fidèles de son diocèse contre
riiili usioii do Serniel. Après avoir déploré le schisme qui désolait r£glise de Toulouse, le prélat montre la légitimité de sa mission, et prouve la nullité de sa destitution de la part de 1 Assemblée nationale. S'adressant ensuite à Sermet, il emploie pour le ramener tout ce que la douceur évangélique a de plus persuasif. C'est dans celle leltre paslorale queTarchevéque déclare nuls de plein droit tous les actes de juridiction de Tintrus; défend à tout prêtre séculier ou régulier de le reconnaître pour évoque ; ainsi qu'à tous les fidèles» d'assister à sa messe ou à celle des intrus. La lettre est terminée par la concession des pouvoirs au clergé demeuré iidele, pour laciliter i exercice du ministère dans les circonstances présentes.
Au mépris de tant d'énergiques prolcstalious , le schisme n'en poursuivait pas moins son cours. Après avoir lait célébrer dans l'église métropolitaine un service funèbre pour Mirabeau, mort dans les premiers jours d'avril, les électeurs du district procédèrent, le 24 mai, à la nomination des curés constitutionnels de la villo de Toulouse, qui furent installés le dimanche 29. Le 15 juin, Sermet publia son mandement, qui portaût cette suscription assez singulière : Dans la communtop du Saint-Siège apusiulnixe. Ce mandement se réduisait à dire : les évéques de l'ancien régjme vous adressaient une lettre pastorale ; moi qui vous connais, je m eu dispense. Je suis très mécontent des prêtres non conformistes. Le temps viendra où je vous donne-
540 TiiMPs MODERNES.
rai dds iQslructioii$ plus étendues. JSa attendanl, calmeK*-
vous au sujet des fruits de la terre : j'ordonne l'oraisoii U« quarante heures^ et Toraisou pro vitauiio sclUmuUe,
Dès les premiers jours de mai, les officiers muuicipaiix s'étaient présentés dans tous les monastères d'hommes et de fenunes pour receyolr une déclaration de sentiments de la part des personnes qui les habitaient. Ces déclarations furent formelles : tous les religieux et religieuses déclarèrent ne defoir sortir de leurs maisons que par la force. Parmi les protestations, nous distinguons celle du P. Nocl Cah et, grand carme, professeur de luniversité; celle de Tabbé Suruge, principal du collège royal, et celle de M"* de Pousan, supérieure des visitandioes.
Le 10 juin, le directoire du département de la Hante* Garonne fit paraître une proclamation concernant les sœurs de charité. Des scènes déplorables ^ étaienl produites à Paris contre ces vénérables filles; elles crurent devoir envoyer une adresse à l'Assemblée nationale pour se plaindre de ces désordres. Cette adresse provoqua une motion en leur faveur, et le ministre Delessart écrivit à tous les directoires pour lenr ordonner de veiller à la sûreté de ces filles et leur £aLciliter Fexercice de leur ministère auprès des pauvres. La proclamation dont nous venons de parler avait trait à la publication de la motion et de la lettre du ministre.
On redoutait beaucoup à Toulouse, ville éminemment aristocratique, la réaction royaliste. La légion d'Aspe ou de Saint-Barthélemy, composée, en général, de jeunes gens appartenant aux familles parlementaires, inspira de sérieuses inquiétudes : on décréta sa dissolution. Ce fut alors que
tiUBi KODSUieS. 644
la plupart de ces jeunes hommes parlirenl pour l'émigration. La iuite du roi, du 20 Juin, et sou arrestation à Varennes a?aient répandu ralanne dans les provinces. Les autorités toulousaines prirent des mesures contre les entreprises de Topposition; on forma alors une garde d*élite où ne forent admis qne des patriotes éprouvés. Cette garde fnt connue sous le nom de la bande mire. A côté de celte garde fut institué on corps de gendarmerie destiné à remplacer la nuirécliaussée. Les sieurs Delmas, Qi lier et Péri guou se mirent sur les rangs pour obtenir la lieutenance de ce nouveau corps. Les deux premiers obtinrent la préférence, à rexclusion du dernier qui était alors simple officier.
£n réponse au mandement de Sennet, on répandit de toute part la lettre pastorale de M^"" de Fontauges. Elle fat dénoncée au club, condamnée au feu, et brûlée sur la place Royale pendant qo*on brûlait aussi sur la place du Salin Teffigie du prélat. Divers écrits furent alors publiés contre le mandement de Fintrus. Nous distinguons celui qui a pour titre : Réfiexûms d'un catholique romain, on Sermet convaincu d intrusion^ d^hérém et de sclUsme. Sermet devint Fobjet des plus vives attaques, soit en prose par des lettres, soit en vers par des chansons, et cela en français et en patois. Toutes ces productions étaient répandues dans les villes et les campagnes, et n*avaient d*antre but que d'appeler m souverain mépris sur TEglise constitutionnelle de Toulouse et son chef.
Il y avait dans cette E^^lisc (luelqucs hommes qui ne manquaient pas d*un certain talent : tel était le P. Druilbe, doctrinaire de Saint-Rome et curé intrus de la paroisse du Taur. Il crut devoir publier une lettre pastorale aux Mêles
!)4 1 TUUS XflDBftHIS.
dfi-Q^tte paooisse. Cette fmbfiration aitte à Géi«eclMMtti>-
que plusieurs répooses de iâ part des âdèles et de plasieui^ aieiDtMies âa cèttgé. Du; siour Lacpslei de Fiaisau^ fimwe ,immflitotîoiiiiel de- la DMfeade, e»lm mm ém^Tfaifimpa/lÊt délâiadre le serment et le schisme, il fut aussi viciorieus^'ment réCuté par diverses lettres qui lui lurent adressées. M. Dardenne, curé constituUoimd d Auriac, près de Caramu, publia cuoeore uoeapcdûgia de sa induite. Cette apologie fut vifemeot attaquée par deux écrits. Ton adressé am citoyens d'Auriac et l'autre au sieur Dardenne.
La société des Amis de la Constitution avait lait venir de Paris le buste de Mirabeau, sculpté par Boudoo.ll fol décrété que, le 14 juillet, on ferait à Toulouse rinauguration de ce bttste^ L'église des eordeliers fut elioiaie poor la eûrémonie. A l iicurc indiquée, les élèves des écoles, les administrateurs du dé|)artemeat, ceux du disjlriot, les oC^iars municipaui suivis de toutes les légî^, les tribunaiiz et le clergé constitutionnel, Sermet en tête, se rendirent dans cette vaiste ^ceintOi Le buste de Mirabeau élsit placé aar une estrade. An moaient marqué, te P. Roger, ancien doctrinaire,, déroula un long manuscrit et lut un éloge de Mka* beaa, dans lefvel il voulut prouver qu -en Mindbeaa la fflnuioe avait pLTilu son libérateur, I Kuropc son flambeau, le genre hunu^n son ami< Leffroyal^e tumulte qui se produisit dans cette assemblée empécba rorateur de se faire entenèse. Dans ce discours, que nous avons sous nos yeux, et Tune des pièces les plus curieuses de répofoe, le P. .Rogor y exalte Montesquieu, la Constitution anglaise. Voltaire et Rousseau. Pourquoi faut-il qu'à côt^ de cas derniers noms rorateur ait f^acé celui de Télémaque et de son immortel
niffâ lODtMBs. 543
auteur? Si l'on pouvait prendre au sérieux toutes cas phrases iidiculôs, l omiire de l'illustre archevêque de Cambrai aurail élé humiliée d*UD pareil rapfirocheiiieikt Le bostede Mirabeau fut promené daus toutes les rues de la ville, et déposé ensuite aa lieu ordinaire des séances des frères et amis.
Jusqu'à cette ^[loque les anciens titulaires étaient restés dans les églises avec les intrus, sans commuDiquer avec enx : il fallut eniiu abauduaner ces églises paroissiales et chercher un asile dans les oratoires particuliers. Un décret émané de Tautorité du directoire permit de célébrer les saints mystères dans les chapelles ; mais il fut déieudu d'y entendre les confessiOBS. Le 3 juillet, le directoire du district de Tuuluiisc s'assembla oxtraordinaircment au sujet de la nou- ?ell& circonscription des paroisses de la ville de Toulouse. M. le procureur général syndic déclara que, conformément aux décrets de T Assemblée nationale, il était urgent de procéder à la nouvelle formation des paroisses. On donna lecture de quelques pétitions, dans lesquelles IMes paroissiens de la I>aurade s'opposaient à la translation de la paroisse à Féglise des dominicains: ^ ceux de Saint-Pierre demandaient régUse des cbartreux. Un des membres voulait que < Ton ne gardât que huit églises pour les paroisses déjà existantes et que les autres fussent démoHes. Cette proposition fut vivement combattue. La démoiiuon des églises fut regardée comme un acte de véritable barbarie ; on déclara que la paroisse Saint-Etienne était beaucoup trop étendue et qu'elle serait démembrée pour en former deux autres. La Douvelte circonscription fut décrétée ainsi qu'il suit : {" la cathédrale; 2" la paroisse Saint Augustin, k l'église
^14 rvm mdubiikv».
des giaiiils aiigusUns ; «V la paroisse St-I'Aiipère, à l'i^^'lise des grasyd^jcarovdâi A'' losiSkutr^s paroifises fureur laîasé^ dansteurétal primitif, saof les; translations plus tatil opérées.
Le 6 août, les Frères des écoles chrétieBuoes, qui ne postaient alors qu*une maison à Toulouse au iwbooig SU- Elienne, fermèrent leurs classes. La persécution élevée ixmtre Ge& pieux instituteurs n'était que le prékde de celie <dont les prêtres demeurés fidèles allaient être ïobieL Le 18 du même mois, les pouvoirs récemment établis i*. Toulouse rendirent Tarrété suivant :
I* Lescurés et vicaires, les yicaires ^néraux, les membres des chapitres, les proiesseqrs de l'université, les religieux de tous les ordres, les supérieurs et directeurs des séminaires, sont tenus, dans le délai de trois jours, de quitter la ville et de s éloigner à quatre lieues de distance.
2"* Les susdits se présenteront à la municipalité du Beii et déclareront ae rien vouluii faire contre l'ordre public.
3^ LesmunieipaUtés veilleront avee soin sur b co&duite des susdits.
4" Les autres prêtres non conformistes pourront se présenter dans les églises paroissiales pour y dire la messe seulement. ' • - »
â"" Les églises paroissiales seroat seules ouvertes, pour, la cAébration des saints mystèi^s, à lout prêtre indistitctement; quant aux oratoires designés dans l arrêté, ils ne seront ouverts qu*aiix prêtres conformistes.
^ Les portes eictérieores des églises de toutes les maisons religieuses seront fermées, et ces églises ne serviront qtt*aux religieux et reUgieuses qui les habitent. CoaUmnément à ce décret, les prêtres ci-dessus désignés quittèrent
Toulouse ei m reUrèrenl ii quatre lieues <le distancée. La petite ville de Noè se disUngxn par rempressemeot qoe^ni-
ronl SCS habrtiiiib k recevoir Icf? prêtres persécutés; ils leur olfeirent' une généreuse hospitalité ot pourvureiit à tous leurs besoins.
^ L arrêté dont on vient de parier excita l'indigaatioD de fous les honnêtes gens et prbfoqaa la publication de deux ♦V.rits qui avaient pour titro, l'un : nr/lcsitm^ aux auteurs 4e l'arrêté, et l'autre : Adrem au département dé la Haute- Garonne sur les persécutions quèprommt les prêtres catho- Hques. Ces écnls uc produii^ironl d'autre effet que celui de manifester une énergique protestation contre la violation des droits les plus sacrés des citoyens.
Le 30 septembre, l'Assemblée nationale ou consliluantc résigna ses fonctions et fot remplacée par FAssemblée I^slative. La nouvelle Conslilution fut acceptée par le roi. Cette Constitution si péniblement élaborée renfermait bien des articles qui devaient justement alarmer la conscience des catholiques. On vit siéger dans la Législaiv c dix évèques conslitotionnels et dix-sept prêtres assermentée. Les députés à cette assemblée pour la Haute-Garonne fui ent Mailhe, Cailhassou, Dorliac, Rouède, Pérignon» Gonent, Prqjeaû» Cazes, Veyriea, Teole et Gérard.
Le clergé de Touiousc lit, au- mors d'octobre de celte année, une perte^bien sensible dans la personne de Tabbé Pijon, missionnaire de Notre-Dame de Roqneville. Cet ecclésiastique estimable à tant de titres fut si vivement firappé des maux qui menaçaient FfigUse de France qoe Ton attribua généralement sa raorlk l'impression qui lui fut catisée par la publicat,ion do l'arrêté qui dispersait les pasteurs
(itO TEMPS VOt»KBNK.S*
légilimes. Je ne puis mieux kirc connaître ce saint prêtre quen rapportant les expressions dODf.se semt onde ses collègues pour annoncer sa mort : « Roqueville» disait-il, a perdu son ornement, le diocèse de Toulouse sa gloire,^ la chaire de vérité son héros, la pénitence sa ?îctiine, les prêtres leur modèle» la terre un juste; le ciel a reçu un bienheureux. » M. rabbé Pijon est particulièrement connu par un bon ouvrage qui a pour litre : Témoiynages de la divinité de N. S.J.C, ■
Les catholiques, se voyant privés de toutes les églises destinées au culte, adressèrent au directoire du département une pétition pour obtenir Vouverture de quelquesuns de ces temples. Les pétitionnaires se fondaient sur Texemplede là capitale, où les prêtres insermentés pouvalent librement exercer leur ministère dans certaines égU* ses laissées à leur disposition. Cette pétition excita le zèle des constitutionnels>, qui adressèrent à leur tour une contrepétition au directoire, le 2 novembre, pour le prier, au noni de la liberté, de ne pas autoriser l'ouverture des églises demandées. Cette seconde pétition fut couverte de près de six cents signatures.
11 existait au couvent des grands augustins une société de femmes connue sous le nom tiers-ordre. Quelquesunes de ces femmes avaient embrassé le parti de la révolution. Elles adressèrent une pétition au directoire du département, tendant à leur permettre de s'assembler de nouveau dans leur chapelle, et à forcer Fancienne supérieure à leur livrer les titres et ornements qui appartenaient à la société. Ces filles demandaient encore à être dirigées par un prêtre assermenté. Sermet, par une déclaration qui porte la date
TEMPS MÛDKUNEb. al7
du 17 oovembre, approuva la pétition de ees bonnes ci-
toyeooes. 11 avoue (jue, vu le jpetit nombre de ministres ewutitutionnels, il sera plus convenable que les pétitionnaires suiciil clirigt'os [sur le curé de Li paroisse. Cet aveu e$t précieux dans la bouclie du métropoUlaiu, et nous apprend qne toutes les cures du diocèse furent bien loin d*ètre remplies par les intrus.
La féte de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, approchait, et Sermet ne voulut point manquer une occasion aussi favorable pour expliquer et justiiier sa conduite. 11 se rendit dono à la basilique le 29 novembre; et y fut reçu par le P. Hubert, ancien provincial des miiumes et curé constituMonnel de SaintrSemin. Sermet oôicia in païuificalibus, et prononça un très long discours, que nous possé* dons en entier et dans lequel il poussa le meu:)uuge et rhypocrisie jusqu'au cynisme. Il est certain que ce discours,, devenu aujourd'hui très rare, offre en faveur du schisme constitutionnel les arguments les pUis forts que le comité ecclésiastique de FAssemblée avait pu réunir. Le métropoiitain Ut imprimer ce discours, et l'on truuvc à la lin une lettre qu^il eut Taudace d'écrire à Pie VI pour lui assurer qu'il demeurerait toujours uni de communion avec le siège apostolique, et qu'il analhématisait toutes les hérésies.
Ce fut k peu près à la même époque que Sermet fit processionellemeul la translation du corps do saint Thomas d'Âquin de Téglise des dominicains à la basilique de Saint- Saturnin. Cette précieuse relique reposait encore sous le àplendide mausolée que lui avait élevé la piété de nos pères, lorsque, à la prière de deux religieux de saint Dominique qui avaient embrassé le schisme, le métropolitain se
{>49 TWÊM mmmm.
détermina a opérer cette Iranslatioii. La châsse de vei'meii fut eolôvée de sa itase jet déposé^; dans iô& ci^ptes del SaiDt-SèmiD jnsqu au jour dù^tte fbt^dépomlléade^tdùtes* ses richesses. ' ■ . • / •=
L'Assemblée légisbîtive rendit, le â9 nevemlira; m déoreir ))ar lequel elle ordonnait que tons les prêtres qui n*aTaieol[ pas encore prêté le sermeat à la constitution le prète-^ raient, sons peine â*être privés de leur pension et de tout; Iraiicment. Le sermenl exigé alors se présentait sous une forme nouvelle : on ne demandait plus le serment direct à la constitutîOD civile du dergé, mais seulement à Tacte. coiisLiiutiomiel de la nation. Ce changement dans la ibrme laissait toujours le fond dans le même état» car dans cet acte constitutionnel se trouTaient des dispositions qui répugnaient à la conscience de tout prêtre catlioUque, ^ par exemple, Uéleetioii des ministres do culte par le peui^e. Ce iiuuvcau sermeiU m diiTérait donc en rien de celai do 1790. 11 devait être refusé par le même motif, il le fut À Toutouse; et la Lettre d'un eeelésia^m âe Paris, que l*oasuppose être Tun des députés du clergé, vint Ixxer à Toulouse ropinioû publique sur la nature de ce serment
Le 20 novembre, mourut à Toulouse François-Tristan de Cambon, évêque de Mirepoix. Il appartenait à uua femiUe distinguée daos la magistrature. Né en 171$, Il consacra dès sa jeunesse à Télat ecclésiastique. Après de bonnes études, il vint de Paris à Toulouse se placer som lu direction de M** de La Roche- Aymon, dors arcfawéqoe de cette dernière. ville. Le prêial attacha Tabbé de Cambon à son Eglise eu* qualité d'arcbidia^e. Une charge de ccmseiller* clerc au parlement vint encore ajouter à la considération
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dont jouissait lu jouiie aichidiacre. Louis XV récompensa les travaux de Tabbô deCambon par Tabbaye deLaoa|i«Ua, en 1757. Au mois de mats 1768, H fut nonnné à révéehé deMirepoix, et succéda a de Cliaiïii^iluur, Fun des plus pum et des pU» charitables prélats de France. La iMsilité des communications établies dans son diocèse, de grandes rouies ouvertes sur plusiaurs points et par ses ordres, tômoigiUDeiit de la sagesse de son admîmstralkm temporeUe; la paix et rbannouie unissant tout sou clergé dans les liens. d*une charité parfoite« rhôpital de Mirapoix rebâti à ses dépens, des secours abondants envoyés périodiquement dans chaque presbytère peur le soulagement des pauvres, témoignaient de sa piété et de son zèle.
On laconte qu'en 1782 se trouvant à Aix poui un procès relatif aux droits de son siège, et ce procès devant être jiigé> le surlendemain, une lettre loi annonce qa*une maladie épidemique ravage son diocèse: il se rend aussitôt à Mont- • pellier, eondoit avec loi le célèbre médecin Fonqaet , •arrive à Mirepoix, et parcourt tout son diocèse avec Fouqaet« lequel arrête le cours de T^démie par un remède prompt et facile. L'abbé de Gambon apprend que la population de Toulouse est en proie aux horreurs du même fléau : il détermme le docteur à Taocempagnerdans sa patrie, et c*est jiar l'activité de ce grand évêque que Toulouse est délivrée d'une épidémie (la suette) qui, dans Tespaee de dowe jours, enleva plus de mille personnes» En 1790, sa t résistance aux décrets de T Assemblée nationale, la lettre qu'il écrivit à son chapitre et à son clergé poar l'exhorter au refus do serment lui méritèrent la gloire d'être dénoncé à celte «^semblée. Menacé à Mirepoix dans sa liberté, il cher-
cha un asile à Toulouse. iLè culte qu'il avait voué au]^M«
doolebiis; K^'possdâkil mie âîagnifiqu«7ilBbli6â[fèqtt6i'0^ posée des ouvrages les plus rares et doûi les^ belles éditions ' miincfliflat ôiiilai le liitvUaphitei distiDgaé* . - ' ^
Il publia, le 8 juin, une letti e pastorale, datée de Toulouse, adressée au clergé et aux Hdètos de soa £gtise. G^te tettrar contenait les dispositions I» pre&dire pour -Mt^ie le scbisme qui menaçait le diocèse de Mirepoix*. . . -
Il feçnl avant de mourir les secours^ de ia religioii far le niinistère d'uu prêtre catholique, et dans la crainte qu*après sa mort sa demeure ne fut violée par l intrus» U avaii pres^ crit Tordre de ses fanéraîlles de la msnlèië la plu» staople; Ses craintes ne furent que trop justifiées : Sermet, qui reelierahait l^oecasion de parader sons son nouveau eostmaM, ôkpotat à la timille la déponiHe nfortelle de révêque, «t, soutenu par une autorité qui ne connaissait pkis de règles, il rarracha de sa demeure. L^mtrat} Taecompagna jiisqo*aii cimetière de la paroisse où se fit Tinhumalion. On était sur le point de descendre le corj^ dans la fosse lorscpie le bruit se féffiuidit que^ te funille avait mis un maone^nin- daiat fai bière à la place du corps. Sermet fit aussitôt ouvrir le cer^ coeil et attesta lldentité en s^écmnt : Oui, if m bim là Ib âe mm mtfifrè, II n*était fiennis qu'à eet 'taBue de parler ainsi auprès d'un tombeau. • . , -
Le 23 novembre, il fit célébrer un service îïïMkb iMior de Cambon dans Téglise métropolitaine , ci le journaliste de répoque appela cet acte de Sermet un acte d'Aiw»^ néMé pj0twe. Le même jour, partit à Tootouse uâeJeitre adressée au P. Uyacinlbe, dans laquelle on lui disait, au^
Rijel de la |>oinperQiicbLc duai ii avajl cuiuuré i éxéi|u&4tt Mirepoà.: ^ift.iiisld^ qUoiqoB morl^ cooéamne lesn^ » chanls qui lui survivent... Toutes les marques de dignité » dûttt voufi avez accompagné les >ûb£èqQe& de.ce TFais{K)nn » tife de la religkm, ûdI élèam yetta teiniblic me ve^dh
• SQntation théâtrale qui a rempli d'indigimliou le plus » grand naaàiTe en anttséà vo$ dépeaSiOcite fraie de spes»^ « taleors;.. le ?otts ai vu pour la première fois, j*at m se > ramasser sur votre figure tous les traits des- sclûsmatir » qui, à différeoli» époques, cul décbiré ïmM du
• corps mystique de J.-C. Ce cadavre placé au milieu do » cette église des môciuiets était poor tous comme la téte » sanglante daPréoarseor.^ •
Sermet ue lut point touché de ces mauiiastauons de Tindignation pnbligoe, et ses prêtres ooastltntîoniiels n'en iû^ saient pas moins des efforts pour justifier leur schisme. Cest ainsi que Tabbé Lacoste, vicaire de la Dalbade, publia* III mois de décembre, un écrit ayant pour titre. : Lêtm à un curé non conformiste, il fit hommage de son livre au conseil général de la Haute-Garonne qoi, ten(^ de cette déférence, arrêta que les frais d'impression seraient à la charge de radministration. ie but de l'auteur dans cet écrit était de justifier lésennentà laeonstltulion.
Au commencement de Tannée 1792, la situation de l'Eglise de Toulouse devint de plos en pins critique. JLes prêtres qni demeurèrent dans la ^lle se hâtèrent de composer un couâeii de conscience destiné à éclairer le clergé catiioiiquâ dane sa marche* Ce conseil lut composé de MM. Pijcn» Amblard, Mac Cartby, Delnias, Noguié et Baibaiice. On écrivit à Kb' Tarchevéque pour lui fmo part de ia déli^
béraliuii qu'on avait prise, et le pi eial iui cluniia sou approbaliOD. ■ . ' ' ;-ii'.î.'r' v'* ' ;w ûe Pontanges, mii«vêq«i6 de^l^tiloaèe, regardant soû retour dans son diocèse comme impossible, s occupa dès- mesures à pi»i^ 4)om' IS'goatern^eat èpiritoel dd"son Eglise. Ses vicaires généraux étaient tous dispersés : il fallut pourviHr aux besoins du troupeau par la uoioinatioii d*une admtDistratioii noofdlle. M. Du Bourg fut nommé vicaire général à Toulouse, M. Carrière à Grenade, M. Saltel à Gardoufih, M. Montjousieu à Muret. M. Campardon reçut aussi des lettres de grand^vicaire, mm il opposa- au 'cheiit de Me' rarchevêque une résistance que son admirable mo^' destie rendit toujours victorieuse de tous les eflbrts qif cm^ pouvait faire pour en triompher. Ces ecclésiastiques, dignes sous tous les rapports de la conliaoce du ciei^é du diocèse, reçurent des înstructioiis particulières et des pouvoirs' trèsétendus. Je dois ici fixer spécialement 1 attention du lectew sur le premier de- ces gra&ds*vicaires, M. Tabbé Du Bourg; > qui fut, pendant les années désastreuses de la Révolution; Tbomme de la Providence pour tous les maiUeureux étrange tutélatre de FEglise de Toulouse.
M. Marie-Jean-Phil}pi)e Du Bourg était tssu d'une iamiile ^cienne et honorable du Languedoc qui a donné à TEglise' et à TEtat des hommes distingués. Il reçut sa premièn» éducation dans la maison de son père, et annonça, dès soo enfonce, une inclination prononcée pour Tétat ecclésiastique. Après avoir fait ses humanités au collège d'iîarcourt à Paris, il entra au séminaire de Saint-Magloire pour y suivre le cours de théologie et s'y préparer à la réception dos saints ordres. 11 prit ses degrés en Sorbonuc, et à 1 âge di>
TfOm WOMUlMâ. 513
"11 ans lui ioçu docleui . l)e relour ii Toulouse, M. l'abbé Du Bourg fut nommé cbaDoine de Saint-EUenDe. Il em* brassa avec ardeur toutes les œuvres de zèle. La direction dû plusieurs cuauuunauLès religieuses et des personoes séeofières; la visita des pauvres malades, sur lesquels il répandait les secours de sou inépuisable chanté ; la fondatkHi de pittsieors établissements, parmi lesquels il (aut distîpguer la maisoB du Bon-Jésus pour les filles repenties, occupaient tous ses instants. La Uévoiution le renooutra au mlUeu de toutes ces belles actions, et, comme je viens de le dire, U^' de l'uiilanges iixa sur lui son choix pour lui contier le gouvernement de son diocèse. Onze évéques imitèrent son exemple.
La persecutiou contre les prêtres insermentés se déclarait de jour en jour d'une manière plus ouverte; on prétextait les raisons les plus frivoles pour les tourmenter. Déjà on avait interdit aux tidèles et aux prêtres l'entrée des églises des maisons religieuses, ne leur laissant un libre accès que dans les églises paroissiales. On avait été forcé, dès le commencement, de cél^rer les saints mystères dans ces mêmes églises avec les intrus, quoique à des heures différentes et sur des autels diUéients. il était cependant à craindre que cet état de choses ne Êtvorisàt le schisme ; aussi, après une discussion tUéûlogique sur ce point de discipline, savon , si on communiquait ti» dioimis avec les schimastiques en célébrant les offices dans la même église; il fut décidé qu*on devait leur abandonner lôs églises paroissiales, et qu'on célébrerait dan^ les maisons particulières ou dans les oratoires privés, (ietle détorrainalion ilevenue indispensiible donna à l'Ëglise constitutionnelle le coup le plus teriibie qu'elle put
recevoir. Le métropolitain du Sud en comprit toute la portée; dès-lors il mit tout en œuvre pour a^peleji' sur ^ré; très non conformistes toutes lè% rigueurs des agents du pouvoir. A cet elTct, il eut recours au talent de M. le procureur général syndic, qui lit paraître alors son l^fiieuiL réquisitoire. Ce magistrat, après avoir exposé les motifs qui avaient détermiuê la promuigation de ra4:rcté du mois d'aoû^ dernier, discutait la position des Mêles qui ne voulaiei^ pas snivre les prêtres insermentés dans les églises paroissiales» il blâmait leur conduite, et prélendait les condamner par une déclaration de M. labbé d'Uéliot qa*il jugeait fayorable à sa cause.
Le réquisitoire tendait à montrer que les prêtres inser> mentés ne devaient pas abandonner les églises occupées par les constitutionnels, et qu'en fréquentant ainsi tjue les fidèles les oratoires ou se ri^tirant dans les maisons partjçulières, ils appelaient sur leur tête toute la rigueur des lois.
 la suite de ce réquisitoire, la çlunicipalité de Toulpuso
envoya une adresse à TAssemblée nationale au sujet de$
troubles qui agitaient de toute part le district, et dont on regardait les catholiques et les prêtres ildèles comme le$ coupables auteurs. On y représentait ces prêtres comme une imde fanatique, source, par leurs attentats, du discrédit des assignats, de Faccaparement des denrées. Ces accusations étaient accompagnées des plus horribles blasphèmes contre la religion catholique. Cette adresse produisit une im^^S; sion si pénible dans les esprits, que les municipaux eu£* • mêmes cherchèrent à en retirer tous les exemplaires. Uij arrêté suivit de près Tadresse: il fut statué i<* que les religieux ou religieuses ne pourraient admettre aucune per-
sonne externe daus leurs églises, et qu'en cas de contraven-
■ ' ' "il
tion, leur entier tiraitement serait séquestré entre les mains
du receveur du district ; 2*" que tout, rassemblement dans
les lieux privés, sous prétexte de célébration de la messe ou
des offices, serait iiileidit sous de fortes peines.
La première disposition de cet arrêté ne devait plus être bientôt applicable. Ce fut dans le conrs de cette année et à diverses époques que tous les religieux et religieuses qui, jusqu'à ce temps, avaient pu babiter leurs monastères, en furent cha&scs par la force brutale. Alors commencèrent les sacrilèges spoliations des églises paroissiales et de toutes les antres églises on oratoires de Toulouse.
Le 24 janvier, Sermet écrivit à Danglars, évêque du Lot. Il se plaignait dans sa lettre de ses vicaires généraux, qui sans doute nVaient pas voulu se soumettre à son autorité. Cette lettre fut surprise et publiée avec des notes explicatives du texte. Sermet se montra vivement contrarié de cet incident ; et, comme ses vicaires avaient porte plainte contre lui au directoire du département, il se vit obligé de se justifier auprès des membres qui le composaient. La lettre qu*il leur adressa dénote un homme qui prenait sa place au sérieux. « Jusqu'ici, dit-il, je n*avais vu que mes devoirs; » aujourd'hui on m'a a[>[iris à connaître mes droits. » Les vicaires généraux de Sermet ne se tinrent pas pour battus; ils écrivirent Si ceux de Paris, qui, dans leur réponse du 20 lévrier, nous apprennent que la dispute entre le métropolitain du Sud et ses vicaires avait pour objet la part que le conseil de révcque prétendait avoir dans le gouvernement extérieur du diocèse.
.\u r/)mmencemet du mois de mars parurent différentes
5f 6 TBMtR IIOIilllkHBB.
réponses au réquisitoire du procureur ^énéi-al syndic. La f^s remaniiiable fat celle des catholiques de- iIV)iiloiiâe . VtSd contestation assez vive s'éleva ;i la même é[)oque entre M. l'abbé d'Héliot et le procoreur syadic. Le premier se plaignit qu'on avait mal interprété^es parèles^ èt: èrtit devoir manifester ses sentiments, au sujet de la iréquentation des églises possédées par les intnis, dans une déclaiiation authentique qui ealoTait toute espèce de doutè^ ^r ses opinions personnelles.
Les fidèles de Toulouse reçurent avec un religieux respect le nouveau bref de Pie VF sur les affaires ecclésiastiques de France» en date du 19 mars. Le souverain pontife donnait des éloges au repentir des prêtres qui avaient rétracté leur serment ; il s affligeait de la persévérance dos quatre évêques dans le parti qolls avaient pris, et de la témérité de ceux qui, en s'intitulant évéqnes œnstUuîknned^, osaient parler par dérision de leur communion avec le Saint-Siège. Il ne voulait pas les frapper encore èt se contentait Je leur douner des mua /lions. -
Sermet insultait par de mauvais calembourgs à ces actes de Vautoritédu Saint-Siégè. Le mandeméni quil venait de Caire paraître au sujet du carême, reçut deux réponses. Le sérieux qui s-attacbe à cet onvrage in'empêche de leâ analyser ici. Ces réponses offrent, Tune d'elles surtout, les traits de Tesprit le plus satirique qui fut jamais. Je ne puis . par le même motif rapporter ici la compMnte adressée - à révôque métropolitain au sujet du décret de TAssemblée légi^tive qui abolit, le 6 avril, le costume épiscopal; eHe a pour titre : Aâkux du P. S»rmet à sa etùix. Il perdait tous les jours cette popularité dont il s'était montré si ja-
loux. Ses piètres cufistitiiliounels lui écrivaient de toute part qQ0 aulorité était mécanaue. Celui d Auterive Ini avait écrit déjà, dès le 37 lévrier, qae h maire nVait point voulu recevoir son uiaud^meiUet qu il avait vonu coatrc lui les plua grossière ÎDjures.
Vuulaiit, par (juelques actes ôclataïUs rassurer ses amis alarmés, il établit un sémioaire diocésaîa dans le. couvent ' des Pères de Saint-Georges. Là, sous la direction d'un certain abbé Létu, se trouvaient reunis quelques jeunes hommes entièrement étrangers aux études ecclésiastiques, qu*ii éleva rapidement au sacerdoce. Il faisait des visites pastorales; et lorsque les clocUes de la ville annonçaient son retour, les journalistes se plaignaient hautement de cette marque extérieure de respect. On l'attaquait sur le faste qu'il déployait dans les solennités publiques, lui qui avait tant prêché la simplicité; on s'élevait contre sa coiffure, son portier à épaulelies, sa chaise à porteurs, ses laquais, ses mules et ses gants brodés d'or, ses tapis au chœur et son écusson aux armes.
L'Assemblée législative avait proclamé la . tolérance de tous les cultes,' et ce fut sans doute pour se conformer k ce décret que la municipalité de Toulouse abolit, le 1" mai, b procesion qui se faisait, toutes les années, le 17 de ce mois. Le rapporteur s'exprimait ainsi : • Considérant que « la procession doit être regardée comme l'apothéose du fa- » natisme, un monument dlgnorance et de superstition » honteux pour la ville de Toulouse, et indigne de figurer » parmi les cérémonies touchantes, fraternelles ettoléran* 9 tes d\ine nation libre, je conclus à la suppression. » • Ce uétait pas assez pour la révolution d'avoir à Tou-
TEHM «ODBUtlS.
louse im club des Jacobins, la ville tut cloléc à cette époque d-on comité philanthropique, sur la motion d'uD sieur Loubet. Parmi les administrateurs du département, radieliuf^uait Tavocat Capelie, de la commune du Faget, dont Texagération patriotique lui mérita la place de juge cHmmd cl plus tard celle accusateur public m tribunal révolutionnaire. Le directeur de la poste, Lapelonière, devint suspect au directoire de favoriser la correspondance des émigrés avec leurs parents à Toulouse. Le département arrêta que toute lettre allant à Tétranger, ou en arrivant, serail ou- . verte, et on prit les mesures les plus énergiques pour bife exécuter cet arrêté.
Le 9 mai, on s*occupa dans la directoire du départemeoi de l'envoi de Targenteric des diverses églises à la Monnaie.
Le 16 mai, la société des Amis de la constitution, séante à Toulouse et présidée par Ltgnac, prit une délibération ten* dant à répandre avec profusion dans le public une lettre du P. Hubert, curé constitutionnel de St-Sernin, au secrétaire du cardinal-ministre d*Etat à Rome, en réponse à celle que lui aurait écrite ce personnage au sujet de la constitution civile du clergé. Nous croyons à rautbenticité de la réfioiiBe du P. Hubei t, mais non à celle du secrétaire romain. Tous ces prêtres constitutionnels avaient recours à tous les moyens possibles et aux plus étranges inventions pour avoir.Tucoa* sion de manifester leurs sentiments.
Les travaux de l'Assemblée législative tendaient tous an renversement de la religion. Elle supprima toutes les corporations religieuses et tout costume religieux et ecclésiastique. Le 27 mai, elle rendit un décret pour condamner à la déportation les ecclésiastiques non assermentés. On sait
que Louis XVI apposa son veto à ce décret le 19 juin, et que le lendemaio il fut atUipié jusque daus sou palais par une populace en fureur qui proférait contre lui des cris de mort. Contormément à ce décret, l'autorité municipale rendit le 21 juin, à Toulouse, rarrété suivant : 1'' De ce jour au 15 juillet prochain, le.> mairo et ofiiciers municipaux feront un état exact de tous les prêtres insermentés et ci-devant religieux résidant actuellement à Toulouse, lequel contien* tiendra les noms, âge, lieu de naissance et dernier domicile de cliaque individu ; 2*" jusqu'à ce que cet état soit fait, les maire et officiers muiticîpanx suspendront Texpédition des certiUcats de résidence, et tiendront un registre pour les déclarations ci-dessus; il est défendu aux prêtres insermentés et aux ci-devant religieux résidant a Toulouse de se rassembler au^elk de cinq personnes, sous peine d*ôtre arrêtés comme perturbateurs du repos public et conduits dans la maison des ci-devant cordeiiers, oii ils resteront jusqu'à ce qu'il soit pourvu à leur déportation.
Comme d'après l'arrêté de l'Assemblée il suffisait pour qu'un prêtre fût déportéde ia dénonciation de quatre ou cinq individus de la commune, on conçoit qu'une pareille disposition mettait les ecclésiastiques sans défense à la merci de leurs persécuteurs. Il fallutdès-lorsprendreun parti extrême contre cette loi injuste ; tous les prêtres ne pouvaient point quitter la France, tous ne devaient pas rester. Les plus jeunes se dévouèrent, les autres partirent pour l'émigration ; un assez grand noiribrc jetés II Toulouse dans l'ancien couvent des dames de SainterCatherine, rue du Petit-Versailles, furent déportés^dans la Charente, aux îles de Ré et d'Olé- . ron. Je n'ai pu me procurer que les listes supplémentaires
€90 ttÊÊmmmuum.
des prêtres émigrés, rûdu&ôu déportés du diocèse de Tou-
Sainte-Catherme, cent six déportés et deux cents émigré en Ë^god. JAais ces liste» iSOBt iÀm loia d^^tre.ompiètes. .Les pi^tres^i i^t^reiit &Toii^ ponrévugnls aux yeuxdupouvoir, et se trouvèrent obliges de se dcroher, aa pédi de ieor vie» aux ? iaites domiciiiairee et aux nombrénsds amstatieDS qui, tous Ite jours, iwpllsâaiefil les prisons de victimes. '
Lea dames de la première uoMesse et les religieu96s lerent enfermées dans le monastère des chanoinesses de SaiDtrSerûin. Depuis le mois dâoût jusques à kiiE de raonée eoreat lieu toutes les spollatio&s dés é^Uses^ des maisons religieuses, des bibliothç(|ues, la fonte des cloches et notamment de celle dite CardaiiUaCj placée sur le clocher de là métropole, du poids de' 5250 kilogrankmes. On yiola aussi à cette époque toutes les sépultures dans, les divers<es églises, et notammentà la Dalbade et à St-Btieniie, pour enlever les cercueils de plomb. Les orgues des difféicuLcs paroisses et de qudques communautés fur^t brisées. iUen ne put mettre à Tabn d'un vandalisme brutal Torgue magnifique des eordelîers, qui était regardé avec raison comme un des plus beaux qu*il y eût en -Europe. Plusieurs eloctiers furent démolis; cefnt-ï œtte même époque que Ton détruisît la beHe flèche de celui de la Dalbade. Iq tiens d'un témoin oculaire les détails suivants sur la destruotion de ce cloelier.
L'administration du district se trouvant un jour réunie dans le lieu de ses séances, aux Âugustins, et n'ayant plu$ rien à Tordre du jour, un ancien procureur ad parlement proposa la démolltiuu de ce monument. Sa proposition lut ac-
vans HODBttOBk 531
ceptoc et exécutée saus délai. PendaiU que les démolisseurs étaimI à'rcBom, SI eontempialt-ses raiDûs. Voici quelle lot la lin de cet homme : infatué des assignats, d annonça qu'il aUaii vendra pour du |)a|;^er-moiuiaie sa uiaisoii el un bien dejoampagne qu'il possédait près deTouloose. H nemanqna pas d'acquéreurs qui lui donnèrent plusieurs millions de aas propriétés, i^a dépréciation eompiète do papier le rédmsit à la plus affreuse misère, et un jour où il avait été chercher quelque secours au sein d uoe Camille honorable, il tomba mort sans qu*aacim symptôme eût annoncé ime fin aussi prompte.
On exigea à ceUe époque un ilonveau serment des prêtres, celnî de liberté et d'égalité. Quelques-uns de ceux qui avaient déjà reiusé celui de la constitution civile crurent qu'on pouvait en sûreté obtempérer pour celoi*ci an décret de l'Assemblée natiuiuilc. Dans la prison de Sainte-Cathcrine« où se trouvaient un grand nombre de prêtres du diocèse de Totdoose destinés à subir la peine de la déportation, plusieurs se déclarèrent en faveur de ce serment, ei^*autres le R. P. Théron, oi-^evant doctrinaire. Du reste, quand on eût cru ce serment tolérable, il offrait à ceux qui se seraient déterminés à le prêter une barrière impuissante coiftre la perséculion. Le dab desr Jacobins, ou société populaire, devenait tous les jours plus exalté contre la reli-
• glon-et ses ministres. La conduite d'un petit nombre de prêtres a^crmeutés qui vinrent y déposer leurs lettres
' d'ordination et réclamer rautorisauon de contracter de sacrilèges mariages, ne conferiboa pas peu à -augmenter l'exaltation de celle société. C'est de là que partaient toutes les mesures violentes contre ce qu'on appelait les oppositions.
032 TEMPS MOURftNBS.
Ce serait une ciirieuke étude que ccUe ilé' tôils Us voies
part de ses membres. L*un voulait qu'on vendft les blehs des' émigreSj^Paullre ^qu^n^^^^^ aii'x siicicté's^ '^6 Hb'iiârëk •pour les e'npger
ges. Celui-ci voulait que toutes'fy^ âdminislrations tinskeni leurs séaiices' bubïiquèis i cé^ui-là dëiiiàtilikii!^qâ^ rât du quart de tous les l)iens de tout ciloyeu qui ne rharcberait pas au secours de la patrie. Les correspondants dé l^nVannoîiçîiien^^ ()ué' fa gûiildtine z^ik '^ilii iijjli^J^è^ permanence et quelle avait commence li iarre quelques expéditions ; on demanda qu'elle fût au^si éri^ëé a Tou^ù^é' sut là placé de lâ'Lîbérté:''*'-"''^ ' ^^^^^^^^v^
Les événements marchaient à Paris avec une èffrayàntè i^lilité: 'tfii moià de'iiîiii ab SI s^pteÙbi^^'é'^irékt'Agii^i fameuse journée du 20 juin, la translation de Louis XVI au temple, les massacres de septembre à lAbba^ë, iux C^vmes ei; à;s^uk^ Vis^b^'K^â^ tive sur le divorce et le mariage, ainsi que sur le sertnbiA de liberté et d'égalUé, et la Vente dé tous les ï)ï^l^'â:^fésiastiqaes.
séances et fut remplacée par la Convention, dont Texistence se partage en frôis péno^esr W it sépÎÉiiâ^ré^'^ljr^ jusqu'au ôl mai 1705, elle offre le spectacle de deux parlîs' jacobins et girondias/ qui se disputent la victoirë. 'Xu 51 mai, les jacoDiDs soat yainqueurs, et les ^irondms sont im» molés ; le règ[ie de la terreur commence et dure quatorze mois. Au 9 thermidor (1794) Ja Cbovêntion comi^^^ s éteindre au milieu de ses excès.
Vers la lin de Tannée 1^92, la plupart des prêtres noti
TIHPS MODEJLNBS. «33
a:>seri;nenté^ du .diQCè$^ de Tou|ot|se quittèrent la )Prance ;
(le Saint-Sulpice, qui se rçlira au monastiTC de Moulserral;
poine 4e Saint-Etienne, qi^i furent arrêtés sur la frontière ot dupouillé^ dç Uiut Targ^uL (^u ils possédaient ; les aMitVs Jl(atl]|iep^ Tiin çuré. djii Jaur et Faiiire son Vicaire ! Fabbé Lamarqiie, exisiant encore et parvenu à Fâgc do 98 ans, plusieurs curés de la ville et du diocèse, les vicaires géuéraux et on grand nombre de chanoîoes. M'' de Fontan^ês se retira à Palma, capitale dos iles Baléares.
Le défuirtement de la Haute-Garonne envoya ses députés a la Convention : ce forent les avocats Mailhe, Rouzet et Delma,s .de Toulouse, Pro^ean do Car^)0ûne,^ Calj6s, Ayral, Desacy^ Pér^s, Estadens, Drailhe, curé constitutionnel du Taur, Mazadc vi Julien. (]e> (léjmlt'S étaient en relation cga^ai^eUe avec \q» jacobins .do Toulouse, qui trouvaient ^e jes choses n'allaient pas encore assez vite à Paris. Ôh ne peut miçux retracer letat où se trouvait .Toulouse à la fin de 179^ qii;ei^ , rapj[>or)ant ici la réj^pi^ ai^x éclaircissements demandés par Carnot : » • • •
n'^ repdu ses çonpiptes. , /
j » ^e département, ayant^^oisc depuis longtemps les^sols additionnels ^e 1791 y a dépensé plus de cent mille écus 3Ùr les futurs de 1792 et 179S dont les rôles ne sont pas encore laits, et il vient d'entamer Jes.soU de 1794. , . • .\ucons travaux publics ne se font, on laisse dépérir
qui les ont lait faire sous l'ancien diocèse, cl dans deux au; trois ans, iaute d'entretien, les ouvrages seront cnîAéfi saosi retour. - ..:
» muiiiCipaiitô a revendu les biens nationaux qu'elle ayail achetés? par un décret? eBe ^a feU varser dans l» oaiase' fes à-^omptes payés par les acqoémrs, a dépensé ces 6om^ mes, n'en a rendu aucun compte, et n'en a rien versé daos la caisse do disIrietraiiMi qu^elle était tenue de le £sfir^aux termes, de la loi.
» 11 u'aété reuûs à lacaiasè du district que vii^-^ciuq ou vingt-six petites tètes de diamaats provenant des aaertstîés des églises supprimées; cependant il est notoire que plusieurs ^^ises étaient ric^'eiueBt pourvues de pâemnee ? réglise métropolitaine possédait une grande eroix ide Ter^ meil, toute recou'Verto d'émoraudes, xle turquoises, de grenats, de vermeilles, d^amétliisles, et peot^tred'aDtis&fier* res encore plus précieuses, ■ ■
» ]>ans la mmeégUse, le buste d'argent de 8ainl£ti£Du^ en était recoirrert ; on gaidiît à la sacristie un* magoîfiqQD saphir, monté sur un anneau, qui avait appai tenu à saiot Louis, et un rubis donné par feu Mûntc)ial^ archevêque*: .
» Aux dominicams, il y avait une Vierge d'argent dont les carnations étaient érnaiilées, avec la ceuUure de rubis; le collier de dfianaals et des bagues de diamants qni ovaioiil été données, étaient attachées a la couronne.
• Plusieurs bagues de diamants étaient suspendues aa col du buste de s»nt Thomas d'AquîD.
» Enûn une riche bague de diamants jaunes était attar Ghée à la croix d'un bel ostensmr de veroieiL
» Dans d'autfes églises, il y en avait aussi t teut a disi-
tmm:mmmm*
paru; tica été éépuâé lUûâ U caibse.dM.iiiiMiriPit cgi^W^
» Tous les ornements, dont une grande quantité Ms riûbe, tout hà iiagô, Urata laif^iitorift des œuvrais et égUa» »ppamé8 ont été jportéd au dépèl h la anuiifsipalilé, sans iûvcutiiiie, saas chaigement, et y ont lestc uu temps très coDsidérable ; et comme proeMAi^ iaveuyuirft^ séa d*abonl par k miuiiGipaUté étaient très isexaets et supcrliciels, que les récollemôûts laits par cèûQMUissâirôS des distrii^a étakot infimmeot ploa éteodoe, on mm qu'il n'existe aucuiii; trace ni des uns ni des autres-
» La vérité veu4 qa'oii dise qjXon a doimé de ïs^uH»rie ainsi qae desoroamenia et du linge à ptusM^paroîa^ ses de la Tille et de la campagne.
» 1^ dilapidation des lttbliothàqitos,tab^ et estampes préoieuses des cocivent$, SQrtoQt des chartreux, n*a pas été moindre : il est prétendu qu'un oClicier muxùcir pal a cyt voiturer chez lui, de Aiiit, ime^liaiitité immense
de livres provenant des charUcux, et le sieur Baziêge, orfèvre, ainsi que ses vcîsios» poBrcaieBit donner les ^usoît gneme&ts les. plus pesitife BUT ce ftôt.
» On pourrait aussi en obtenir de précieux d'un cordon- Di^ 1096 dans )a collège de Sois. ToojQiica ealrii vrai que lors (le ces expéditions le sleui Philippe, greffier dans les bureaux de la. mimicipalité, voitoraît eu pleia jour les plus préoeex ; qoll les monttaitdaffts tes bomm, et disait qoe les ofliciers municipaux les lui avaient donnés. Dans ce nombtre. d •omorages étaient ks^ Fàtts de fiod^în.
« Aujourd'hui le département a nommé les deux citoyens Da^pres et Ligoac pour aller dans toutes les bibUothèques
^1 WÊmwmMfm^
dnidépurtemeut du la Haute-Gaî'uuoe reclierclier it>ti' Uv!^es qui coolieDûeot des prmcipes opposés à la ré<viekuiéi^^)élht^ I^VBfiiadKUèsIdjsio'/fil ifiemslidYoo miaomez — -Issuofl
dilièttiâtBytomto<^Mearriic<^^ dèiub £i an^b ^u^b^^ » On a fouillé et démoli dans les terres et dans^ifiti:^^
poi^fia MoiVii|s^tuyattx.ditii|itoi3db lie iiètidxjm^e&wà&i^ si «(xl'esIciluemioèiflÉiiltiiMail éli^tetiiMlilesimQii*
gradé; on en a enlevé, depuis 1 évacuation, croisées, portos», cbaiDbraDli»V'Pli4mi4d>JCkeffîiQé«^^&c^A^^ ce qui était cloué et ficbé. .Jio.7' ^1 lu kî biqw — firryA ,t iADjourdbui on voiUuo ^publiqueiiieiit le mobi^^Ms
» On y a déjà porté soixante douzaines tde ^efrviëitei» ô»> i
noffl^BblBitt âaisdes éklin<iu|iprlméèd«iKeqii^
mensede rampes, balustrades, chand^ers:, laoïpes et autre»' i usteaaiei dB<«onKej^dd'.)]ailHi^des moweâuirâtfemi^ turatâçs plus préolwE,>«èls»qiifciiifaiffistI eiito]irdtr0i8bintt par un grand-duo 4te Toscane ; uq taibleau ^l'eprôsen^dkfi^ une Vièitev'lMr^ AwM ^«n-siàlmBli trace. * • -j. -a — ,i>'''*rM y*^! fA^^.ivMn ,nôilyl
BrJ^ JyiJâêQi^^ li^ c<o^Y6Qé$ UUes létëluiml
messe» ttl kiiiaKOteprite^tbiqpfifoiif^^ é
€l les marbres. Le8i.ar4s;regi'cLlGionl toujours la. spoliatioiin>. de «esWtt&âftg..:»" ;.iii!p ôfl ot' f, j>t;n3ifi/£ 'ii up Jii ,«tfiHO«i;o
Il appartient à rhistolre de consigner dans ses )ann^es ia iq part (pAt^liacwdef àém^i^ k^llaatâ^fiasinttQnplHIiâadi cette oe«iAfmiatktti.n:. '■>) u-^^ m • •>i'i''.i<')Mi OS? >»b o-'j,
Rouzet, — se montra ouvertement ia?orable4f iiOiiis XVI^i aybl^uilikl A|u#ilft<^o0iélfodfi» toobio$4B TaulùuadU'acoiiâa de tiédeur dans la durée dlii|aeMès>oIbiGOlaii||Diiaib Tà
Âyral — vota pour la mort. * • -'^ ' ' JDbSKif: ¥<ila.{|Hmci4*i «mort iao^ le-oBens. de J4aftUi^ 0t mourut rfMd^^tomps après, expriMaDtde9.l*eiiiilrâ8ii^S' <
plus déctoauts de son vote. • "'joq Pérès, màMé^^^kmmi^-^km^ifm^^ piiucc eL .^on oxputaion k la paix. U montra toujonrs des pi^iipi^dettqnQdéraliabi ^ miii'.a"'iia .â^H'^i^^-; dl)(;^;rv * IScMent^HMiTOla^la BétiuflMiK.felft*6iivaiBiiiDoàd& ptÊex.fj'jf JUruiiii^ — vota la rédusioa, le iiaunK8einept;à4la|iaix, a
Masade'^TOta ilréclliskni pef pétueiode'fLQuis on:; Julien, ministre protestant, — vota pour la mort, .y^m Uiimâitîe iQlii di eèt^inioctiiiifi mbat^-ftit Md^ainé
à mort, C3aiés écrivait que 22,000 patriotes étaient sous les • armes^alDtpaci doi^èl Ck)in«ityèD(!^»iif «l^i^otégâ*^ la jtistioe ^ naUonale, et qu*i1s avaient juré de ne quitterPirl»^<^f!|ipfÔs^"' l'exécution du tyran. Maithe fut lo rapporteur de ce grand pradèAi»iI»aBltd»eda6i;iao0lrtO^ 'Pouloti^' îi^tall^-plft^^lft^ tendu iVarrêt de Pari«5. ©Ii y avait fait le procès au tnonar^-'f»^'' que dès le décembre : il avait été déclarë^oéapable et
digne de mort. Deux leUres avaiefit été écrites par eetto société pqmUife à} la fiêfimtion^ ï^m^ pour ïiB^m^ë juger ce prince sans appel au peuple, et l'autre pouiiftli^i mander le jiigomeot de Ums les membres de la^^iànâlie royale. 11 fol fuit ane cblleote paniâ les frères etuiila<paiMrf fournir aux frais du voyage du messager Chargé de portePi à Paris ces deux missives. • « • ! • '
Le SI janvier, à dix heures m qatsi da niatiii% U tête de Louis XVI tomba sur lechalaud dressé au milieu de la place de^ ]a Bévolotlon (anjaurd'lmi de l&Concorde). nantie fot le prenner Si annoncer à Tonloiise cette catastrophe. Est recevant cette lettre la joie des jacobins tut extrême ; la conduite des-dépatés du départemcol qm D^avaieut pas toIb la mort du roi excita leur indignation : il fut décidé que leurs noms seraient efifocésdeslistes de la société et leurs eiigie& brûlées et qu'on enverrait d'antres dApntés^ k leur plaeë;. Le supplice de Louis XVI jeta la conslet nation dans la cité tolit entière; mais, Gomiae au temps de Wfon; les- lanae» devenaient aeeusatriees et ron condamnait toeoopîrs écliap*^ pés k la douleur. . La véritable Eglise de Toulouse se vit alors foi«6e de se caclier' dans les maisons fiailicBlièffeft fà les lieux les plus obscurs; les ministres catholiques furent obligés d'avoir recours à divers t^avastissejaaats fooi? écliapperanx perquisitions joutnadières dîngées confieeem^ Us changeaient perpétuellement de demeure. On avait pratiqué dans l'intérieur' des babitations ^des cachettes de sûreté, ét {des dVine û»is la Pro^den» opéra des prodiges en faveur des victimes poursuivies par la fureui: des tyrans. J*aurais désiré connaltise lesr noms de touB œe prêtres généreux qui, à celle époque, se dévouèrent à la
mort pour ne pas abaadonAcr les tidcks de lEgtise de
M. Tabbé Du Bourg était comme lamt^ et la vie «lui aiùlaaiapt tous ca& confèaseurs de ia fou U plaça foatre oento prêtres ^ns les différents qoairtiers de la vUle ou dans ies environs. Tous se couduisaient par ses ordres. H avait établi SCO quartier général oliez M* Verlbiac, me iSl-Raaiésiy,
ul de ili se trans[>oi lail pai lout où Tou l éolamait le sccuiii s
de son ministère* Devenii robiotdes perqoisttioiia lea |4os sévères, U n'à^appa plusiemu Ibis que par aoîTade à la fureur de ses eonemis. Sa tête fut mise a prix, et mille écus (tevaioDi être la récompeDsedd cM.qai le livrerait* FaasanI un jour sur le pont qui joint la ville au faubourg Saint- Cyprieu, il est reconnu par on de ses plus re(lautable(i adversaires. Cet homme eut la pensée de le tuer» fliais une terreur secrète s'empara de ce malheureux et il ne put exécuter sou proiet. Obligé de veiller à ia sabsiatanoe de tons les pauvres de la Tille, il se oonâa toujours à la Pkv*vidence» et la Providence ne faillit jamais pour lui. Daua ime circQostaDce particnlière il était «u» aueane ressource : toui-ii-coui) un inconnu se présente et lui remet une somino de <|uaraiil» louis; ^elques joars aftrès rinconaa doubla la somme. M^d^Andonnetet M. Auguste Pujol, devinrent les msti'uments de ia Providence pour la distribution de ces amnÔBes. €e dernier m*a soaveDt noonlé qu'il allait porter des secours aux prêtres et aux malheureux à la faveur des ténèbres do la nuit, et que Mi Du Uourg versait des torrents de lames lorsque ses ressoiiroe& étaient épuisées. Je ne puis mieux faire connaître cet homme iqcompaiable qu eu
rapportant iici la lulXicquc Al. i'^libOjJ^igiiapf^eftijiî^à^^^^
.^ofjpiJno 8ffi(î ;î9l) aqmst au ench feiuaaiaoT aob qui fif . Jai ^ rhQpfiQur ^parta^çr, J^eg,(j[^^^
et sa charité. L*UA ,et Ti^^lrie furept ioépij^sablgs. L^flèfilj>
il^lébra 4îpi>^^apwiBpjl \^ saints mys^re^. Il içiç Ij^yaif tflij^ JOUIS avaut cinq heures, il faisait son oraison ji^sgq'à.^ix,^
Uiraque ie^,dan«^ ^^ PT^^^M FffiVfW?8« ïfflW^J?^ îl dîsaîtr de soite la mes^e, et toute 1^ jpf)8|iée..éf^^ ,cQf}-, sacrée à i^.Ar^vaiL^iigH^, plusieurs pçrspnnp^^'^iji[aigg{^
dune foule de diocèses,, il s'était ménagé ,(jlçs^mpy(sps|]^j^
ment des noi?j\r|8j|esret se 4M'ig^aH|)fH^^
Fontaijps et M*^ ciplaTo.uv du Pin gEêl|ils
.IlIdCQ
, ;.».H^ secwiv>^;#jJî^açmeint, pç^d^-^nt la terreur,, les fli;êrj tr^^,^es religieuses, tgfj^, c^,i^ de i^^ul^
dm m court espace imfiK ^ÙG^^fi^vf^ 4i^^fcèy^ ,tri J^S .çer/ainç |*mps Jt^ lerresïgf, ,éf^t si grande qu.q j
PkM^éPm^m^t^^^nm, ^éthsm^i'pmi^ voler iMP près des malades, el ce ne fu^fAi^s^ilêllO^||id)Sti$ié^
que nu us arrêtâmes son zèle. Nous étions alors chez M. Sudre, rue Sainl-Remézy. Il alla en.ooBfeMir uo dans
la rue des Tourneurs dans un temps des pins critiques.
y-'^ ^11 envoyait dansies divôr^'àWotrdissement^dte^*pfetres
giand's^Mé pour la gloire de Dieu et le^ salut 'de^i-âiiièsï rf laiiéatt ^rendre compte' du ttieti 4^ s*opéràit UtM^
fdùt' ie monde que les dangers ne fêpouvanteraieut
» Je lui annonçai là mort de M. do Hochcmontés : il ie mil à gent)ut'diaQ» flnétàiàt, leva le^'maios aû tïeï/ testit
son digne trère, se consolant de sà tûort par l'espoir ÔittS ttMi imïés fiii avaidttt mëi'Itè' w m'/^ U
aussi colle de son cher neveu ]yielchioi* ftii'tî amiaitbien tfeh^ drement : ce fut toujours la même résignation. ^•■'^ ■
ment. S'étanlTU obligé, dans une occasion, dlnterdit^e nh prôtre ; ' il $é cbxbpbétei àveé xÈàé moàMliéû "^àn^ éxèteiple qdt 'céiittytaTi^'srngUlf^fànM k rà^éb^'-^^l^^oltrè' de éis prêtre. Celte douceiir opéra on si heureux effet sur
et qu'il reprit ses fonctions. Jô fds^^êW tëftioin dans cette âfïàire t citait Ûin^ la^itis imàé iémûr. Avec le temps èflâ rSSBxbû ]é pbàMIs^ rappéfèt^ï^t^ àmtkidtéë de la vie toute sainte do monseigneur levêque de Limoges'.' Jô né dotitè pbiilt^ Uii Ifiâtattf ({ùll Yie '^it dàtis }èl séjoar
des bienheureux ; il est mémo impossiWo de ne pas le pen- Bèr, ^Ér peU'qaVm4iMlé6iiâs86sop
Il D'est gaere, dans TMatoire générale de FEglise^ 4e tàh blean ptas inléMriuit^qtie cék&idii &fmkeiiÈm(Utté'ptèttés puur le salut des fidèles dans ces circonstances critiques. Les ti^ii parli(niliei«de le(fi^ et de leor présence
d*e$prit potor éb dérdbenr aux ponrsAlftès des rëvolâiicniBàirds sont admirables* L'abbé de Cliièze, Yicaire général de Careassonne, cet bbmntie à la live alliire, s^était déguisé soas le cosiuiue de garde national ; il se faisait présenter les armes aux divers corps de garde, et menaçait très sérieusement de tonte la rigueur de k discfpline militaire les soldats qui lui r^usaient les hooiiears. Il rencontre un jour une troupe de gens armés qui Tarrètent et Ini disent qiulls . sont à la recherche de Vabbé de Chièze. — Attendez, leur r^ondit-il, il ne doit pas être loin d'ici : et U se mit k leur tête pour le chôrcber. — L*abbé de€lilèze nie se trouva pas. Un Câpucîn exerçait la médecine et s inti oduisaiL aiasi dans ' les maisons pour administrer les sacrements. L'abbé fierqmsot, appelé de tonte part pbni* sôn ministère, panconndt Ms rues de la ville chantant à plein gosier les chansons patriotiques. L'alMDoaarre, janelencuré de Saint^Ësupëre, vi^tait ses malades déguisé en petit maître et portant ;i sa boutonnière le bouquet obligé de ûeur d'oranger. VsLÏÀ)é Ortrie, -qui M pltis taird eunS de la Dalbade, ddguiëé sons un costume bizarre, vendait dans les rues de la ville de la poudre odontalgiqoe. Le père Classé, devenu portefiûi, offrît ses bras au service dés passanl^. On reneentmit dans les rues, marchant côte à côte, un cUaudronniei noir comme
wm M0M%im. 543
un cyclope, fredonnaut les airs de la pittoresque Auvcrgae, ilBliiiiQ iiifOià )^!afli0er étaient fdeaxjNrô-
très, et ces prêtres étaient obligés à chaque instant âe ohaager de deHkeure ot souliraieut tous les geuras^ privations. Le dévoueneat iiQ'on admiiait alors dans m eodéstett- .ques se faisait également admirer parmi les fidèles.
La 17 mars, m aete da dé(Mif temant joignit aux oonnoues â*a?oir à transporter toutes leurs dœhes, à rexcepiion d'une seule par clocher, à Toulouse. Le dépôt des cl ociies se trouvait au Falais^Justice, dans la saUa dite des Procureurs; c'est tic lii que partait le mcLal poui h fabrication de la monnaie dû ImUoo» qui disparaissait bientôt dès qu'^e aTait été mise )»n olroolatîoo. On se vit obligé» pour y suppléer, de créer des bUkls de mniiaim de très minime talear*
Le 21 avril, la Convention rendit un nouveau décret contre les prêtres demeurés Mêles. En vertu de ce décret tout otto^efi était tenu de dénoncer, arrêter on iure arrêter les émigrés et les prêtres, dans le cas de la déportation. jLfls persolines comprises dass ce premier article devaient être piuiiee de mort dans les vingt-quatre beures. Par un second article tous les ecclésiastiques séculiers et réguliers, Irères convers et lais« qui n'avaieol pas prêté le serment
ik liherié et (l'é(jaUti\ di vnient être embarqués pour l;i Guyane française. Les vieillards âgés de plus de soixante ans, les infirmes et cadocs, devaient être renfermést sous bnî-
. 'taine, dans le chef-lieu du département. Par suite de ces décrets deux cents citoyens forent, .«n un jour, enfermés dans la prison de la Visitation à Toulouse, sans mandat
• d arrêt ou piocédure quelconque. Le ^ avril, le conseil
TEMPS XOMUnS.
général de la comiuuDC prit oiie délibéraliôn'relalivé à la prétendue sûreté publique.' L*arrêtê était dhisé en qùiDze articles. L'article 7 assignait la maison de Samte-Cathei'ine
chai, pour la délcnlion de ceux contre lesquels on aura décerné un mandat d'arrôt. ' '
A la iiu'iiie époque la guerre fut déclarée a TEspagfië.
Les représentants du peuple Projean et Gbaudron-Rous« seau armèrent les premiers à Toulouse le 25avHl. *]îs étaient envoyés auprès de l'armée des Pyrénées-Orientales. Hs se présentèrent aux Jacobins, où les frères et amis tes tétèrent de leur mieux. Peu de jours après, ^s hîr^rtt''™- Vis des représentants Lcyris, Ysabeau et Gareau. Cette guerre d^Espagne devint la cause et le prétexte des réqùii^tiens et des spoliations les plus exorbitantes. Tout fut réformé à Toulouse. La direction de la monnaie fut conâée à Georges Lôubet, chaud patriote; Forfèvre Ârtauâ ô^ithiSl la direction des postes. Après avoir expulsé des bospices civils les sœurs de la charité et les aumôniers, on nliâma
une nouvelle administration dans laquelle on figurer
Roques, juge; Lespinâssè, capitaine du génie; Mailhol, antiquaire, et trinchant, négociant. Onze commères; tcU*
nés patriotes, remplacèrent les sœurs de Saint-Mncent.
Arrivèrent alors à , Toulouse le député Mailhe, Lombard, Làchau son collègue et rex-càpucîiî Chabot. Hs (^^éot
voyés par la Convention pour visiter les déparlements de la
XMMt» 11UDBH.\E«. 4)45
récliaufler le p^liiolUme des pojuilaliuas. On oiïriLen ho-
nobl^se et les^itres réodmiXK^oa^ en parçhen#, yélio orné 4fej?racie»s<^^Ufs. qui itxteaihcérés, oii.p^gi^^^
.pôle, dont la nel vi uait d'être aéCQrée dn litre fastiiuux do
les prêtres réfractai rcs, et sollicita des mesuras énergiques tendaut à réduiic ces
Is patrioti^i^e du p^oc^rel^• général Malpel n'était plus àjla.piiiijit^.cle^.cir^qûsto^ aya^t fait juq réqui-
sitoire pQMr qiie le^ détenus dans les diverses prisofis fussent jujg(js, ^)unis s il:> étaient coupables, et mis en liberté s'i^
,j[)^coup trop tol^ran); oh demanda sa Restitution. Elle fnt accordée, et Ion nomma à sa place, un jeune homme de ?ipgf;^ip^,^s. Ça^^elsarra^n, pomii|é Descon^b^îs, ^a-
tripfeardent et jacobin, s^ns toutefois eu partager le cynisme.
àmétAi^ mm mw'êff^'mUf'Mié
6,^64, hop^paes d^^ns le département popr aller renforcçf stitn^ ,à/Tpql(>)i$e ; il ^irétenâs^it (ju'eUes n'étaiQnt |iilas
546 Tfmf.mi»mM^
<)9§t^e 2^,rési§^^ ^ parti maratisie-M hOommùm^ Un s*en occupait activement à TouloQ$9,^Bkaiâ^l0»..(aIg^Rerttfl
lions du radininistralion départemeotale firent ayorteriCe projet. 11 fut cepeudant d6pîiijb^v<|iii^v\ya.l^gci»YM ooiEii$taDoe8f tDQte^^lQs^ amiterild^d^ ié^mniM^en CQmmm et Cormeraient ainsi m grand mmisunre qui devrait
da département défraient a«9si se réunir 4 Toutonse^pon» porter, li^ vœpx de leurs commettaots. Ce grand consistoire al ces assemblées prUnaiises .rnspiraieiit de jaste& jaqiiiélQ*'
des aux représentants du peuple Baudot et Chaudron" Bmsequ. Ceaxici* pac le moyen dViimiâsaiEes secrets et d'e^lons^ parvinrent à eonnaftre.le Irot deriM^Saiiissfio» nouvelle; leur correspondance avec le parti montagnard devint très acUve,- et les ordres roçw de Pans^ en ditte-du 25 juin, leur ordonnèrent de frapper à Toulouse an coup décisif. Us le frappèrent. . • , \ • v; -
Le '29 join, dix t»tojireiis 'des pins notablés pannî les au-( torités furent arrêtés simultanément. Dardignac, président^ de radministratioa départementale; llKrazteeb^ géoéc^ é& la l^u>âe nationale; Arbanère, président da ^strîet; Léid5et< directeur d6 la monnaie ; Rey , maire de Totilouse, et B^rra» jeune forent: les.prtoipaiix.' Les, prdconsttlsjes^eig^ sar Pwis. A cette nouvelle les sections s*agitèrent ; on pro*; posa de se porter à l'bôtel^de-viUev de seoipanr des.anàiU' et d'arrêter le^ deux représentants. Si Ténergie avait étéi Tâme de ces îûsûIqLious, le fédéralisme l'emportait à Toulouse», el le règne d^ la tejxenr a!f trouvait arcÉtér.itaii8 m marche, fut {^as ainsiv ét^ les terrerisl)ê&;«filrafdîs
\Kii i'arreslatioû' des dix chefs enn«jmis linirent pai semparëf des buroMix «t par chasser fédéraUmB, dont le parti Itit complètement «fliinco. * " -
•Fiers de leur vietoire^ les citoyens représentanls rendirent, le Saoftt, rarrdté mitant :
! « l.cs représentants, considérant que les capitouls étaient
• une inatilatkm perferse de la tyrannie pour opprimer le
■ pmfi^ per le peuple même, en arrachant de son sein » ceux qui, s'ahandoiinant k une Taiiilé ridicule, payaient « chèrement le droit de ne point partager les rertus de » leurs égaux pour acquérir les vices des usurpateurs de la » sonieraineté nationale, arrêtent :
Tons lee aneiene capitools et tons ceux qui ont
» des titres de capitoulat les reoiettront au citoyen pré-
a sident de la société populaire, qui les reoem dans la » saHe de la société, sans donner de reçu Seront é^a-
■ lement remis ïesportrans des minionU et les regis-
• très du capitonlatqni sont consenrés à rhôtel commun
I» Le terme fatal de la remise des titres et des portraits » expire le 10 août, à midi.«..* Les titres du capitoulat et » les portraits des capitools*.... seront brfilés sur fautel » de la patrie, à six heures du soir, aux cris de : Vivo » inégalité!*... Le-déoenciatenr des contrevenants sera
• récompensé par la République. » En exécution de cet ordre, quatre centsoixante4ix*huit tableaux et portraits de caiiitouls fmtX peités sur la plaee publique, lacérés et brûlés.
•Le 10 aoÀt, fat acoeplée à Paris la nouvelle Constitution républiea&ne et le tribunal révdnlîennailre institué. Le 29, soixante-<(utnze personnes furent arrachées à leurs familles,
o48 TEMPS XUDSaNKS.
à, Toulouse et jetées dans Ja|>rison de la^VisUatio^
temps après parut le fameux arrêté pour ordonner la levée
eamasse oui devait oorter sur les froutièresious les citoyens
-des lois oppressives ordonnaient.: 1° la^ecUer^he des armes toute espèce ; JK^» |*epl^vç|neut, chez tous ,lçs b^itants^
de tout ce qui pouvait être utile pour équiper cette nouvelle
Alors se fixèrent à Toulouse deux nouveaux représentants,
les/citoyens PaganeLet EfarUgoëte. lis commçncërent leur
= 'Tî t> v/ 'Tx* J^\d:'d\'-^.d*J'\x^ N'^;nfî'\ .o'nf..i*i/Cii oifiiu sanglante mission par I mstitution du tribunal révomtion-
uaire, aui devait tenir ses^ séances à la grand chambre du
palais. Ce tribunal était cèniposé. d'un président, d)^ trois
juges, d'un accusateur public et de douze jurés. Chaque
juré recevait 13 francs par jour. La procédure consistait en
r.: [■ ,-'.d'; : • . 'ii- J ï^j }s.;'U:H>y\ J
deux procès-verbaux : le pren^er a arrestation 4u preveni^,
et, le second du prétendu délit. Le plus souvent il n'y avait
aucun témoin. Après des débats dont la brièveté é^it ef-
frayante, on posait cette seuiequestion : Lac/^^f-tl çou-
pahle? Alors tous les jufés se levaient l'un après Tautré et
répondaient : Ou%,laccmé est coupable; ou bien : L$ fait est
constant. Et aussitôt l'arrêt était exécuté, sans appel. Plu-
sieurs victunes lurent, a cette fatale époque, traînées, devant
ce tnbunal et exécutées a Toulouse, d abord sur la placjij du
Capitûle, où 1^ guillotine demeurait en permanence* . .
Nous devaos ^aire cpnnattre icl les deux représentants
-r'xhiU. : •■ J ïf,u iTi-iîïï» (d>.idd) i):td,.A,-: lir- "tm;^ du peuple qui firent a Toulouse fonctionner H guillotine.
Dartigoëte était député des Landes à la Convention. Se trou-
vaut malade a l'époque de la condamnation du roi^ il se fit
TIIPS MODBiRBS. 549
poirier ^* ' i'^âssemblée et y vdial ' la mori di prince et là prompte execuiton Ofi 1a sentence. En?oyé âsns plnsiettrs d^^pariements, il fit uîje guerre de cannibale k tous les b'bjets tfu càlte cathoUquèVet (iansait f/noîe autour du bûcher qui les dévorait. Jamais femrae ne parut devant lui sans rougir. Il faisait mettre les mères et les' iiÙos en réquîsiiion pour le spectacle dans lés villes il passait, et y paraissait lui-même habillé de manière à révolter la pudeur. 11 fit plus d'ane fois atkaclier ,dos déte* nns à des mangeoires, où on leur jetait h plus dégoûtante noiirriture, comme à de vils animaux. Décrété d'arrestation en 1794, il fot arrêté et ensuite amnistié. Paganel; cure de Noillac, fut député du Lut-et-Garonnc à la Convention. Il y vota la mort de Loois XVI, et fut nommé, en i805, eheir de bureau à la chancellerie de la Légiou-d^onneûrt Le président du tribunal révolutionnaire de Toulouse fut duguèny. Cétait un notaire de Gascogne, espèce de Brutus sans portée. Nous avons déjà parlé de Capelle, qui devint accusateur public.
Le tribunal révolutionnaire ne fonctionna à Toulouse que pendant trois mois, depuis le 15 janvier. 1794 jusqu'au 20^avril. 11 prononça quarante-trois, condamnations à mort, nombre bien grand sans doute, mais aussi bien inférieur à celui de la plupart des départements de France. . ^ Pendant qu*on célébrait à Paris, le tO novejpdbre. la fête de la Raison, Toulouse eut aussi la sienne. Le temple con- "^sacré a cette nouvelle déesse était, la nef de.Féglise métrofwli'taihcf^ Au pilier d^Orfeans s*ëièvait la statue de la divinité, et la cbaire évan^'élique avait été transformée en tribuno aux harangùes^Ce fut à cette occasion que le citoyen Paga-
mi et le citoyeu Descombelâ, prucureur gepéral syndic db département, prononcèrent cbafiiUi.Un jdifloootfs DltraKmfOK Mltiooiniro. JLe otioyea Cafvéry^déMtun fioèffidà^«»i^n sor les gloires de la rdUpû buoiaioe. • Un nombreux orcliesi tre y exécuta on bymne se ternûimt par ces ^(Vi m t
Terrassé par voBecNtps» qoe le dernier esdave .
SoÎTe aa tombeau le dernier roi
. La tin dô rannée 1793 fut marquée par le marjage de cpieliiQes prêtres, la spoUidieii ooiiiplàta do toutes losLégfiH SCS en argenterie, liililoaux, >tatuos, ornemcnU, reliques des saints ei orgues^ et par des iêtes patrioëq^. -
: L'année i7M s*oiifrit> à Tonloude, par de «auglamM» e&écutioDs. Parmi les condamnations à m<Mrt, nous cUecoo» les prindpsdea :
L'épicier fiomaot, pour avoir médmmment èt dam des Yoes- contre-révolutionnaires manilesté des idées .contimb res k celles de la fMilasifid. ^ '> > '}
Le vilfier Aui iolles, pour avoir servi J'iiilcrmediaire à la cerrespoodance entre un émigré et sa £aimUa« : -« «j *i
Le négodant Lignères, comme enneod du ittodjîmtnn; i\
Le R. P. Hazeratt^ religieux de Toiidre^e la Meroi» urateur^loquent. ^ ;......(
Jean-Baptiste Delisle^ curé de SeUeriTe^r-âàve, pour avoir rétracté soo^ serment. /m»; 'f/.;.
Josepii Jaiibert, béa^âler de 4*égUte é» Thotiy^ ^iir infraction aux décrets. ' f
Géry Âllaux, curé de Sainte-âadegOAde, |H>^r avdk iail précéder son sermeot de^ veslwictîons et d'explîonîonsl^';
Francis À^uie, vicaire, consUiuUonnel de Saint^^uguatiu
tlIN'JMBIIMa. M
de Toulouse, pour être t auteur cl un complot tdodant à aoéimlirhililwrtéietJégailéi
•' liabriel Lalour, prêtre do Nck;, convaincu de uavoif pas {flièlé .Id sanaeDl lib^tè-el d'épié.
De Boutahe-IVini, fnttondaiil d*iluiofa. /
Le comte Dubarry (^Jean).
Tristan d'£s€aloDoe..
M"* de Cassai! ii«}e de llabaudy.
Pajûl» komma de kû* pour avûir écrit des iatires eikse tfcmiîeiil exprimées dee opIoipDS contre-réfoUilloi^
L'abbé de Beanfort^ pièire à Biqgaièii», poor sfélra
opposé au mariage de M'** Toulza avec un prêtre asseruteaku
On compte encore parmi les victimes de m tniranat :
Jacques et Pierre Cherdier, de Seysses-Tolosanes ; — François Pinoiix, de k valiée d'Âran; Ânmd Caoeenxvde Carbonne; Pierre Lestrade, boodur de lioirilms; Arnaud Dcipech, négociant ii Viliefranche; -rr Jean-François BoisloDg de Garlés, capitaine de la miliOR; Jaatt*Fierve Halarat, de Sérignac; — Jacques Bcaac, do Saiol-Sabinâ'Ëscanecrabe ; — Baptiste Pla, de Trédos» vaUéejd'Araa; — Henri Bessat, dessinateur ; — Raymond Lansait,deliarel; — Maurice Clombel, de Mazamet; — Jacqu^ Bagens» d'Aacamville; — Pierre Lamire« de GrisoUas;'^ François Vinsac, honune de loi; — Jean-Baptiste Romignières, d'Aucamviile; — Jean Capmartin^ meunier du Jlâ&^îaniittï; llfcM digère, bMme^de toi.
Tels sont les noms que uoui> avons pu recueillir; an grimd nMbre'd'aMm eoiltï lOH^ a vu
88ilS TBMVUMMBMIQnr
détenus. Tous les - prisonniers les accompagnèrent^ à fte^ pMc^ i^é^supBftata) foranU ptési dans tosnaèhate ideil^
Conciergerie, où, par une providence particulière, ils ptt«^| reDt recfiffpji^^eyiïqur^/deiareUgiond^ M. Tabbô Dubois et do P. Gdssé. lU ^utttèrenl Toaloiise dans les premiers
jours de juin. Les six parlemeiilaires de la chambre des
dfil>Mffon^Ho«ls^dé CtoEu^iddlligaud, liiralilr^sônAMiiéffi
à. Pans, k l^^ floréal (âO àvnl). Le 2i prairial anr 11, Qa&è^
vante : .."^T^orî",'? -^^-à^ -h
' (iig iCiioxEi^^ ABVAfiSESiM^Hfi^.tottS ,^€&dfiiaDytcfiottBdiUecfô auipurlinitoiâeiXIdÉlqnsQL^^ffe.fiv^ cÛn^Mdâ^ëailt fKurH> tis^ à rexcepiion de quatre, do&tdouxiuiirme&depuia 118^^ ne ponvaiâ Irntepoitôs^ââii^mQti^oqpiiiMl^ afiOîdeilteHeineBtfftl qiie'jeftnd^partiri dès q^^ supportée lai jVoitnre. Uû sub^itut.iLaMJcr-davaat proenceU) géiénl^èti nA gneffier i^nt ldiDîlonvaib'jill ileot) à^Mmi indiquer un autre dans lo momisiit :rje vais ai en Jnstmirfir^ i]iuuÂdiatcaD0ntjût ilâra>ipiDdi:ei h'ibitnQb dal
» JeMiôfiÉs 4^àpfflrenM aissi .MigMeidë'ocettèl commune, appelée Bt^ln, veuve d uii^ci^davanit Mucat^ieâUb parti^^^or. MliefïËaltifiiii^^àPaKiaipnfeieâeà^a^ trata;)Elie;a^etéi^px^lMie»lnlÉ^^ fahveote<de'cdtta(i denrée : eât jpi^tesJbdi;iie isoftiJiui^iragBiuiiLait^co^ damini
conseillers était actuellemenfeikfilliriB&iqGafitev prefÉeri)
GN»$âltiyt et Peg^^ conseiltersinilô ^tair^^fe «danes toirft diiweteppte.j»>peefifei» soieot odtDpnsi teliel» teMgiA te toijcas nùiîlii uesetfiiinistQliftraîMilr
■ r". u V • ' T iî':n. , Capelle. » '
meut de Toulouse furent condamnés à mort à Pai is, et' exée«|é& à* la l^rrièroi &a Tt(m* Cél^m MM. de âa|»te,/
de Gaillard, de Kibonnel, de Lacaze, de Poulariés père et filsv4»ifai8âa^'€BiMaîgin, â^Cam,^ laBioiieyi^tairiio-
qiian, du Blanc, Du Bourg, d'Aguin, MôIiDérl de MurelSiù
uLe SfiEessidpri- eîaq habitants de Tpulouse furenbxûa-i>
nnMaxif> de'îla tg^dè natiamldrrilDaiaeli^ l«r; ûé^odMi?^ Smemm^ M kSiffiéd6çiuS£DanajetRBiîati^ joiitei)^' les derniers viiq|lifiB!liBBBibr8s^iiq|M léô^t;^ ceLaitiut :'MM. d'iLspev de Rey, Bardy, Lespinasse, dHiétottviile; iJaaItolte-fudiottvelfi luipdÉiuals^ jtauilMarec/ ram0i^Clalna|andpflff£iqiHU^ Iié8|âia{jiie'^4*Anes&9ael;o dmiLasbordosy de Yalhausiv de fieliooy La:»âu&-Neiiliei;« Gniir : lararâts ée>Moulrieii$i>1tocaier^ilÉGn^'9fi|rr^
lut Perrey et ie grefûeivTrhiquecMïgieSi Lô-S^^^^ Ëléonore*Doroibée de Riquet, épouse d'Ëmmanuel^ÛUDi^
Iwnv premier président du parlement, monta sur l'échataud à ^u:lûae (te i'ai^ cooic^, eornooie i^'a^at pds
t .'Au milieu de ces exécutions sanglantes» la Ganventit^ éôecéia rexistonce de VËIre^Mfirdliie ât^ yimidejMilétâil Fâme^ et 'dtPdôDQa qu'âne féte sê^ ciXiAïtéê^iSiix^i^^ France. Toulouse eut la sienne le 2Q prairial. On nous a ednser^é ia deacnptipii de eetta fètef; Is« 4«)ttëÉêpMi«i'd^!lsl placu de la Liberté (le Caiiitole), Le représentant DarligoetCv ua^ bouquet de Itors à la maio,. entouré des magisIraU el des inendïi^de la société popiilait«^'mé&U sor ane^eslira^ improvisée et harangua tous les démocrates. On se mit en manshe au bniit du îcàmm. ie iMMrtdgé "se mdit sdr^es allées du BouHn^lft ^•soiVantla Giand^Rue , la place do Salio etxeiie du Palais. Le poète Carré avait composé no hymm à IWn mprém^ (pil< fiit chaaté'^ - ehcMir dmid tout le parcours. Un monticule avait été élevé au milieu^ 40 Tespace; le cortège &*y groupa^ tout ai^urv^ eîlQ9«ii'l^.«v,.'^>mt6ttr nm&Àé'pae le^ lelnitë dHnMnièâali prononça un discours qui se terminait par ces mots : « Etre des élfes, séiim dètoaies Iesibiàtfàis)uimu'..«*^loiM» hlotê el ^ve la Réj^ublîquÀîr * ^sslt6t lès attistesi dn théâtre accompagnèrent le cbai^ d'au moud h^em oompis^ enfeoi^ par Carré, n était ccAbiiosé de ipois^ nnroptoe^; il»
première, fut chantée par les pères et les fils: la secondey par les mères et les Ultes^; la tcoifitômoi par^toulietpeupte;. Les: ^oplkes; ebantéèSv^DbSGdoiMi!^ agem.ikatioiial' pvèB'to
disiiict de /Foulouset. ipuononça^^^ second discours, el^ki
Ed i03tiiuant la fête de l'Etre suprême, la Convention
les jours ddcadaireâ^ c'û9^*àkei irtôM' Iàs^pff nioK. il
serait trop locg de rapporter ici U>u$ lus titres doniieb à ces
fâte$« Ofk trouve jmoi m titras : tans les im de h vie, lee vertus purement païennes, ragrlcultare, Vindustrie, les iueu& et la poi^tt^nté» la liberté et TégaUté, la haine des tyrans, ta oélébratton de ces ffttee imposées étaient orâl*nairement accompagnée de repas patriotiques, où chacun était oitktgé ée porter sou pM et de man^ ep publie, les tables se trouvant dressées duis les mes et les places de la
Jotoos maintenant ou coup^*œil sur les aenfitoices
iju'éprouvèreiU les prisonniers de tout sexe, de tout âge et d^ t^ute condition qui,, au nombre de près de mille, se trou?aie«t entassésdaoB les plîeons de Toulouse, la Visita«^ tiou (place do ce nom), Sainte-Catherine (me Lalayelte), le déuécbal (me Matabian), et les Carméliles (rue Férigood^ Dès Tannée précédente, onavaHoommenoé par inteitiireattK prisonniers toute ce^uotcation directe avec leur Camille» tours amis ou lewS'diàirgés d'affaires, fiieutôlils ne poreiii plus recevoir leurs aliments de^ mains de leurs dumesti- <PM9 r^une naoda ^falroiiobe fut cbasgée de les leur. £ûre»pasr. ser. On mwra la phis grande partie des fenêtres, el les mers des jardins lurent exhaussés. Si Tau voulait écrire à sa iamiie, on ne ponvaifc le faine que d^nne manière trèei
courte, le nombi u des ii^iics étant limité. Les plats que Ton
portait du deboFj»au]^ détenus étaient enlevés et remplacés
s8é nm^mm.
des alifflràls'qlielqàkbifé '^éëÀ^l!a^i^/La Yib cuinmuuu
de maïs et d^orgo, dii vin aigre, et une pôrlion de viande pourrie oit presqad crUô. CëS aliments étaient à la chargé
lûes énormes. Sbns lè prétexté de réquisitions^ on entevà fiâi-tfStéb^l^ra fli^&iiÂ^^^ leuré souliers.' Les satëiiiles
èffrayer par des menaces de mbrt, qui trop souvent etaîéni
''" Toutes les églises furent fermées et le culte exlérieuir aboli. Le 7 brumaire an II» le métropolitaiii do Sud fut jBtê dans la prison de la Visitation. H ^ trouVâit là" confondu avec dès prisonniers qui étaient îbien éloignés ^e partager Ses sentiments retis^enx et politiques. Sôii séjour dans cette prt'sdn fdl' potir laVlM' ioifig malyre; il protestait de son i^péntir, réclamait une indulgence qu'on n*était point dis- 0sé à' iili éecdtidér; et sdllidikh' line' cbiai^ charité ne lui offrait que par le silence. Le 18 brumaire, il fut transféré à la prisoD des Carméliles, ob d'abord il avait -été plaèé. UdthbnÉïditt'Vtatièiieoàrtità '
On s'empressa, lï cette époque, d*organiser une armée 'réTOlutlottnaire à Toulouse, dont Udgtiëny fut mnàké^téa^ mandant. Cette armée était chargée de la circulation des grains/ de rèquérir tous tes objets qui pouvaient être utiles -a'ux h5t»ifotik;mil!tàirës''ontiQt^ ârmééi» / de protéger !k sans-culottes, d'arrêter et de conduire en prison tous les snspects et deïaToriser JaTmarche du char révolutionnante. Ferrand fut nommé maire "de toutoUse,'et après ïôl èrouisac. Sous radministration de 0$ dernier, la guillotine fut
transportée :<le Ifi place du Capit9lçLjî^ Ja, Por;le?N0u?et.
dp la soc|été flgw;a^çftt 4^ opip^^p^^^in^
fjue qou^ laissons daps lV^bli pt^ur l'I^QUpejJfj.dqs famillos,
▼eiijanèe de la ^oimpHiDe, spécialement $lwit|[f iij(»:n(ipv#>r
tpp(|is les dtînQnciatioaâ^tj,^ dy lairo droit. Ce fut d^^l i^ écpité que. le sieur Dq]9^o,.4a Fi))nM^ déf^oi^ l^^^ cipalité tout enlicrc de cette commune, comme favorisant le culte de la B. Germaine. Cette déaoaciaUoQ fut ceuyp^Q^ à ragent national près di| di$brict La manidpalUé d^J^^l^rac rp^ut un sévère avcrtisseii^nl,qi|i aurait pu avoir j^oui^ ell^ de.p|us funestes suites, . » • .
^ La France entière gémissait sous le poids de la terreur» et.la po^ritéaura^e la p^.à,çriûrif tes iaUfk,^,()û^ orimes dont la véritô «st atle^t^ par |*iin|HMrtiaU|é deiFliistQirj»» La, c^ute de. Robespierre au 9 tb^rmi^c|r ^;^7 juillet 171)4) vint apporter ^uj&figifjs adaQCi^)»e#ep) aa^îW^ di^.|ajp^d^ jCéi Avènement fut annoncé à Toulouse par Mailhe ; Do^ ^mb^ls lu^^ ji,lettççj^.i^. clu^ ^^f. b(^ç[iflft^
contiQuait à. pos^ij^ui^^p, Ips.déteops <ju'il,ia(5cusfdt40fiço% plot. Malarmé (de.ja MeurLlxe^.^arriva alors à Toulouse pour
jpar 90, arrêté portant la date , dii U T^ndf&iDiaire an Ijy[
d^ toutes les. chapell/^si a^lriÇt ^^qijie xielle? fl[ui„«EI!wi^
d'égliseiJ paro^siales ; 2° la destruction de toutes les images,
J^Je^ ]t» <?pK ,en . qoelqne lieu qa'eHes fu&sçnf .plac^.
câtbolique dans tout autre lien que dans iegiise principale:' i^n était onlaaoé tariotoistres «liaai^qtféB lë^ campagnes pour se rendre dans les chefs-lietrx du district,' où ils devâieikt vivre sous la survattlaoce des comM& tèfé^ liitîOQaaîm; S* il était âéfBndo d0 céléfanMt.l» leles et diioancbes, sous peine d'être enfermé pendant dix jours. Oû ne pouvait se daoa lea . jcomttiaoas voisuie& de U sienne, ponr asôster à Telfifle ditin, sons peine, de tingjt jours d'emprisonnement. . î
: Malarwé se eonstitoa cbef du trikmnal qui devait; juger les détenus. Ce tribunal était composé de six membres de" la société, populaire. Plusieurs prisonniers toent jais en libisrté, mais le .{dos .grand ncusibre daneara enoone dans
les fers. Le pi ocunsul étail un homme assez galant : aussi la plupart des femmes^ détendes auSénécbal, et entr'autroi la comtesse de Latour, soeur de la docbesse de Polignacv trouvèrent-elles grâce devant lui. Par arrêté du 15 iriniaire an 1(1.(4 décembre- i794)> ta société des Jaoobins ftit feianée» et tomba ainsi sous le poids de ses propres excès. 'i M U potûbre 1794> les^ e<»nmi$saîi?as.dn district vinrent à Sakm-Satttniin pour relËner loote l*aigenterie de Foliée. Ils appelèrent auprès d'eux le P. Hubert. Celui-ci, revêtu 4*nn surplis e|t 4'iine iUsto* « mesure qn'esi dépooiltaH les bustes et les reliquaires de leur argenterie, en r^mit les: reliques et les remejlt^it euy:e les mains du sieur Aubert«> mande dês an^s sfiim depuis viQgtreiAq ans. iGe. deoeies'!
plaçait avec soin les reliques dans les armoires où l'on tenait l§si busteset reUqui^res, observait de les placer à4roi)a<M|: àgaiMto, al^lument^ la même plfbce qa'eHes oecupaieBl
armotit^^ La saiûtc upioc, loufatoiéÉ (iaus un tube deciis- Ui^ ^yetiiiéa;<iii rtb|ii9ira> ê»inemfià èanssiictta» fiwi^
twre^, et placée dans le tabernacle de la chapelle du Saint-
de les dépouiller de leur argeikteria. Les' cliâsBes remftftt'es âd fetuiies ile coivre, fareot laissées aussi eatièremeui iotades. L'orfèm jqui idémontait châsses, b«stes et teMqvaircs, pril à la première levée 700 marcs d'argent, et plus de 1700 à la seconde.
! le dfmaiiefae 16 mars la basilique ftit fermée et
tout culte cessa dans son eoceinte. Quelque temps après, le P; Gassé, religlm de saint François de la grande observance, MM. Gabriel-Pierre Limes et François-Médard Pontié, kuques délégués par M. Da Bourg, Yicaire général de M. de PonUmge^, cherebèrent à préserver les reliques renfermées dans la basilique d une profanation qui parais* sait immiiieBile. k cet effet» ils se rendirent dans k maison du sieur Passerieux, sacristain du chapitre. A sept heures du soir, ils pénétrèrent dans la basilique par la porte da (Mtru, doiit le sâcriGlalD iTétait preciiré la elèf; ils étaient aoeompagnés des époux Passerieux et des époux Labat. Ayant 4çoufé les elefe nécessairéâ dans la^saciistie, ils oamrënt toofes les cbape^ et armofrès oH leé ilsfiques a^ient été reuiérmées à Tépoque de la spoliation des bust^'Prénant suGéessItemeni (A»4Qe fiaïqM de reliques, ils l'enveloppai eiU dans un linge attaché par les quatie angles et scellé, ayant le soin de fiomérotepcbaque paquet, et déstpantUi place 4*«ti il avait été tnls. 41s tmnsperlërenten^Ue (Ufks la sacristie des corps mmts toutes les grandes châsses,
560 IKUPà MOUËlLNBS.
M rangeant par ordre et plaçant au-dessus le nom du
saint auquel chacune appartenait. Toutes les reliques qu'ils avaient trouvées furent renfermées dans un coifre, et trans^ portées d'abord à la maison de M. Pontié et ensuite dans rhùtei de Comminges. Le lendemain du jour où se ût Tenlèvement des reliques de la basilique» les mêmes personnes voulurent fiaire une seconde tentative à Teffet d'enlever les grandes châsses; mais elles trouvèrent la porte fermée en dedans.
Le 22 juillet 1795, la liberté du culte fut rendue mumeutanément aux catholiques. Alors les trois commissaires cidessus désignés se rendirent à Vhôtel de Comminges pour procéder à la vérification des reliques et les placer dans des capsules, afin de faciliter leur translation à la basilique. Cette vériûcation se lit en présence do M"* de Comminges, de MM"** Lelong et de Poucharramet, pendant que ces pieuses dames récitaient les Litanies des Saints. Le lendmain, M. Du Bourg se rendit à l'hôtel de Comminges, accompagné des commissaires. Les capsules furent distribuées aux élàves de la pension de H. Pontié^ qui les transportèrent à la basilique. Les reliques furent remues solennellement par M. Du Bourg; on lesydéposa sur le grand autel du cbœur* Alors les commissaires prêtèreaL le bci uieiit solennel, entre les mains du vicaire-général et au pied des autels, que les reliques qu*i]s présentaient étaient absolument les mêmes que celles qu'ils avaient enlevées de la basilique, et qu'ils garantissaient sur la religion du serment Tint^té et Fauthenticité de ce précieux dépôt. Après la prestation du serment, les capsules furent replacées dans les armoires où se trouvait chaque relique avant le premier enlèvement. On
TEUPS MODE&MB& 561
retrouva les autres reliques que les commissaires n'avaient point eu le temps d eulever aux mêmes lima où le P. Uubert les avaîeni placées. Enfin, les grandes châsses (tirent aussi retrouvées intactes dans la sacristie des corps scunis^ et dans le même ordre qui avait été établi lors de fenlèvement nocturne opéré par les commissaires. Après cette première opération, M. Du Bourg délégua MM. Jean-Etienne- Marguerite Vidal et Jean-Denis Gailhive, prêtres, à Tefifet d'apposer sur toutes les reliques les sceaux de Mk" de Fontanges.
Cette opération eut Heu dans l'après-midi do mêhne jour. Les ecclésiastiques scellèrent successivement les capsules et les cliâsses, ainsi que toutes les autres reliques qui n'avaient point été enlevées de la basilique.
fiouillerot, que Malarmé avait conduit à Toulouse, se montra facile et compatissant; la plupart des prisons fbrent vidées par ses ordres et plusieurs membres de la société populaire furent jetés dans les fers. Sous ladminislration de Bouîllerot, on s'occupa de la réorganisation des sociétés savantes et littéraires. M. Picot de Lapeyrouse fut chargé d*opérer la translation du Jardin des Plantes du local de la sénéchaussée à celui des carmes déchaussés, qu'il occupe encore aujourd'hui. Le statuaire Lucas s'occupait activement de la création d'un musée.
Toutes les constitutions qui avaient gouverné la France pendant la révolution reconnaiasaieni, en principe, le libre exercice de tous les cultes; mais ce principe n'avait point encore reçu son application. La Convention parut revenir à des sentiments de modération et de tolérance, et les tœux des citoyens sur la liberté des cultes lurent entendus. Le
21 février, elle rendit un arrêté dans lequel on- rocDnntfîs*sait à chaque inditidu le droit d*ex^cer son cultfi« à condition qu'on- ne iérait aneéne oérâmonie exiéiieorei' ei 411e le gouverncmeiU m paierait ^as les ministres et ne duanerait aucun local.
Conformément k ce déeret, le service divin fot célébré ostensiblemeut a Toulouse dans plusieurs maisons particulières; notamment chez M. Du Bourg, place Sainte^-Scarbes, chez M« Lassus-Laborde, rue des Gestes, et chez M. Bernady, au iauboui^ Saint-Cyprien. Une manifesiation éclatante «ut lien dans cette dernière maison le dimamdte des Rameaux. On avait dressé un autel sur une galerie supérieure; toutes les cours et les jardins étaient occupés p&r une fonle immense qui versait des larmes de joie : plusieurs prêtres assermentés, touchés de repentir, yiureot lûre leur rétractation au pied de cet aotel.
Le 50 mai, la Convention rendit un décret portant qu'on céderait, pour i exercice des cérémonies reiigieuâes> les églises qui n'avaient point été aliénées, et que les prêtres, pour avoir le droit de faire publiquemeot les fonctions de lenr ministère, seraient obligés de foire une déelarattm de iùumisshn aux lois dê4a République. Quelques ecclésiastiques crurent pouvoir faire cette déclaration. Ce décret lut mis à exécution à Toulouse par un arrêté du départemcnl en dalG ûu 24 prairial an 111 (17 juin 1785), par lequel il était ordonné aux muaidpaiités de désigner les églîs6s.jKm aliénées pour être de nonvean consacrées an culte* Dans.les lieux où un seul édifice ne pouvait suffire, à cause de la population, on devait en désigner autant qoe Texigeail le nombre des fidèles. Les mesures nécessaires étaient près-
«rites pour flxer l'heure des cérémonies dans les églises où ï osk était obligé d'adoietlre plusiâurs cultes. Ou voit par eelU disfiositkni qna las calliQiii|aes se trouvaient encore
exposés à se rencontrer dans un même iieu avec les scUismatiqnes.
Uopinion publkpie se prononçait d*une manière éclatante en faveur des prêtres qui se tiouvaieot encore en* fermés à Sainte^Catherine. L'ÀntùterroruU, journal de Toulouse, publia divers articles pleins de vigueur contre la persécotkm iMruUle qui les retenait encore captifs. Le repré*
' sentant dn peuple Laurence, qui avait soccédé à Gobmbel, avait annonce, dans «a proclamation du ^ floréal, qu'il venait rétablir Tordre et faire régner la justice. Ces principes proclamés avec une consolante énergie, avaient ranimé les espérances des prisonniers, et le 3<nessidor (âl juin) ils crnrent pouvoir adresser une rédamatîon en bveur de leur liberté. I/ribi)é Marccpuil, au nom de tous les prêtres rççius ' à Satnte-Catberine, prononça devant Laureaoe un discours dans lequel, en rappelant au représentant les promesses qu'il avait laites» il sollicitait sa bienveillance. Mais la force vint olrtenir ce que sollicitait la prière.
Le 12 messidor (30 juin), pendant que Toa eUiiL assemblé à la déade, des cris à Scdnte-^aihmneJ se ârent entendre. Aussitôt une foule innombrable d'hommes, de femmes el d eniants se précipita vers la prison; la garde opposa une
: inutile résistance, les portes fiirenl brisées; et cette multitude reiiiiilu IjiGiUùl la prison. Les reclus, effrayés et tremblants, crurent d'abord qu*ou venait les égorger : ils fuirent de toutes parts. Instruits cependant bientôt après de la véritable cause de ce mouvement populaire, ils refus(;rent
^4 twu uimwmé
de quitter la prison, dans la crainte que leur iibci lé ne leur déviai lunesle, et o& se vit cootraint de les arraclier de vive force de la prison. La plupart d'entr^enx se retirëreat au Capitole. Lear destlûatiOQ se trouva lixée par larrété que rendit, sur œt événement, le représentant du . peuple. Cet arrêté était ainsi conçu :
Art. 1*'. La municipalité de Toulouse continuera les infor-; mations commencées contre les auteurs des événements qui
ont eu lieu dans cette commune le 12 messidor, el notamment à Toccasion de la sortie des prêtres reclus. Elle rendra compte jour par juur des progrès de Finstruction.
Art. 2. Tous les prêtres sortis de la maison de réclusion demeureront dans la ville de Toulouse sous la surveillance de la mufiicipalité, jus(|ua ce qu'il en ait été autrement ordonné. Les effets à leur usage, qui sont actuellement k la maison de réclusion, seront provisoirement remis à leur disposition.
Art. 3. Le directoire du département de la Haute^îiaronne est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui sera imprimé et aClicbé.
Le premier soin de l'autorité ecclésiastique, après qu ou eut obtenu la liberté des cultes et les églises désignées, fat de réconcilier celles qui, pendant la terreur, av:u( ni été profanées. Ëa conséquence, le 17 juillet, MM. Du Bourg et MontjoQsieu, vicaires généraux de M. de Fontangcs, rendirent uiic ordonnance qui prescrivait l'ordre des cérémonies qui devaient avoir Ueu pour cette réconciliation: et le lendemain, I^rence portait un arrêté par lequel tous les
prêlies mis eu liberté [irovisoire étaient obligés de se rendre, dans tes viogt-qiiatrè heures, à la immicipalilé de Toulouse, pour y faire la déclaration du lieu où ils voulaient û&er leur domieite. Ils devaàeot être placés sous ia sunreîHance de la nimictpaUté dans laqielle ik anraîent établi ce domicile.
Gonformémeot à Tordonnance des Yicaires généranx, la réconciliation solennelle des églises eut lieu à Toulouse. Le dimanche 19 juillet, jour de la fête de Notre-Dame du mont Garmel, M. Dq Bourg, accompagné d*ttn peuple immense, se rendit, a seiU heures du matin, à Téglise des grands carmes. 11 monta d'abord en chaire pour adresser quelques paroles ani fidèles; de ]h il se rendit à la porte extérieure, et, prosterné au pied de la croix, il y fit, au nom de ceux qui avaient participé au schisme, l'abjnfalio& de leurs erreurs. Aprîs avoir prononcé la profession de foi, il s'écria : Persévérez-vous daos le dessein que Dieu^ TOUS a donné de vivre et de mourir dans le sein de rEglise catholique, apostolique et romaine? La voix du diacre, qui seul devait répondre, fut couverte par celle des assistants, qui s'écrièrent : Oui, mon père, avec la grâce de Dieu! Et lorsque Tabbé Du ik)urg porta sa main sur r£vangile, ils levèrent tous la leur pour jurer de ne jamais se séparer de rEglise.
Le chant des prières de la réconciliation était à chaque instant interrompu par les sanglots ; on ne pouvait se lasser de contempler ce vénérable prêtre que le ciel avait conservé d'une manière si miraculeuse au sein de la persécution.
Lorsqu'on cul a[»[>ris que c'était k M'*« Yerlbac en particulier que l'on était redevable de la conservation de M. Du
Bourg, ie peuple se leodil dans )a m&isoD qu'elle occupait roe Saint-Remésyt Vesàm ée fi>m et la port& eii tmrn^ phe jusqu'il l'église des grands carmes. Le 24 juillet, M. Du Bourg reodit uoe ordonuance qui Uxait ainsi qplû suit les jours où devait se célébrer la réoondliatkm éoâ diverses églises^ . . . .
« On donnera l'absolution des censures, et Ton réconci-i liera les églises, comme il est prescrit par notre précédente ordonnance, dans Tordre qni snît, si les dMKrenles dbapelleft sont disposées. ^ . ..
» La cérémonie se fera : \
» Dimanche 26 jniHet, à Saint^EUenne.
» Lundi 27 juillet, à Sainte-Ursule, représentant piovi-? soirement la Danrade.
* Mardi juillet, à Saint>Jean, représentant provisoi-^ rement la Dalbade.
» Mercredi 29* imUet, an Tanr.
» Jeudi oO juillet, à Saint-Nicolas. •
» Vendredi 51 Juillet, aux Augustins-
» Samedi i* août, à Saint-Rome.
» Le dimanche 2 août, à Saint-Sernin. »
Dans cette ordonnance il était dit que M. te curé de la paroisse Saint-Pierre n'avait point attendu les ordres de fantorlté poor onvrirsonr église, et il y était excusé de €61 acte en faveur de son zèle et de sa piété. L'église Saintr Pierre fut donc la première ouverte, et l'on y célébrar une retraite solennelle qui, pendant Tespa^ de huit jours/atlira un grand concours de peuple.
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litaioe; 6t oe mène )o«r (Ait lien «ne asseoitiëe 60iii|»06ée
de prêtres assârmaBtés et lûâeroiôQtiés. Ces derniers lireat tons leors efforts pour mmaiier a» ceatr» dd rnnilé ceux qiuf
rambitioii avait scduils ou la pcui ontrainés. Ij^nr zèle fut cûuroQfié de quelques succès : vingt-trois rétraotatioos earent lieu, et le 28 quinze autres parent être jointes aux
premières.
Au miiiea de toutes ces manifestatioiis» bêlas i bien tar*
dives, d'un sincère retour à Tordre, la révolution ne se regardait pas encore comme vaincue. Le 28 juillet, jour de la décade, la municipalité se présenta à la métropole, ni unique en tête, pour y célébrer les fêles de la République. Le peuple défendit lui-môme les portes de TégUse, et la municipalité se vit forcée de se retirer. An même instant une scène bizarre vint occuper la curiosité publique : une vingtaine de femmes traînaient à ta fontaine de la place Saint-Etienne, un pauvre juif qu'elles avaient surpris dans Téglise. — Nous allons te baptiser, bii disaientrc^es, et disant ces mots, elles le plongèrent dans le bassia. Cette immersion était bien loin des noyades.
La Convention iiiisait Mcore célébrer par des fêtes le retour annuel des faits les plus uiarquants de la dévolution. L'anniversaire do 9 tbermidor donna lieu à un bomme que nous avons oonnn, le citoyen Sakit-Jean, professeur de Tbistoire philosophique des peuples au lycée provisoire de ToekHise, de prononcer un long diseours dans lequel û s'éleva avec force contre les excès des terroristes. « La » révolution du 9 tbermidor, disait-il, a retrempé les » caractères : Fadulation et la bassesse ne sont plus à For-
^ vam wurnim
» (Ire du jour. Ainsi, en lia^^uiiii d un trait vigoureux le » Ijftbleatt 4e fm longa^s ioforMuoes, je lèverai ^'«be-nuÉi > » hardie le vofle qui m» a caebé d longtemps les «rtmes
» de nos 0Pi>i esseurs. » L'orateur évoqua les màaes d Harmodios et d*Arislo^jtoB, libéraleors d'Athènes, el la aeii«> .
venir lIcs lûtes Pancuhénées. Il ne lui pas heureux dans sa
pnoisopg^ à la gkûre ée Voltaire et de Rousseau, qui étaient certainement la cause de la Révolution française.
Aristide et Thémistocle terminèrent son discours.
La Go&Yentton était fortement liraiUée entre les iWiMBs et les réactîonnaHres ; eUe vooHit proclamer une constitntioii nouvelle qu'on a(^a la Constitution de l'an Ul (septeaibre Cel ade posait en firiDeipe la stmiommeU du peuple français, et déclarait que nul individu, nulle leuinon partiette de citoyens ne pouvait ^'attribuer cette souveraineté. Le poumr Uptiatif était attrâmé â âeQK conseils qui devaient être élus par les citoyens, celui des Anciens et cdai des Qiintt-Cm^.hd pauoùit $sBécuiif était diâégoé h vm Directoire de cinq membres nommés par les deux conseils. Parmi les diaposilions de œUe C;onstituiîon, iious remarquons les suivantes :
« Nul ne peut être empêché de dire, tkiiire, imprimer et publier sa pensée.
» Les biens des émig^ sont irrévocablement acqu» ait proût de la Bépoblique.
» Nul ne peut être empêché d*exercer, en se oonfiMr* mant aux lois, le culte qu'il a choisi.
• 11 ne peut être formé de corporations, ni d'a^sociaUaiiii contraires k Tordre pnMie. «
Lu mauvais vouloir de la Convention envers le «lergé
laUiobque se loaDiiesta au 20 fruclidor (6 septemliie 17^5), jowr où elle renoiifeU eoiitre tai les décrets de fmeriptioo.
Elle tléclara que tous les uiiiustres des culles qui, ayant reâiaé Tacle de JMieninoii amx bdûde la lè^nMqm eiigé |iar la loi da 11 prairial, oo ayant ajouté des restriolîcms, ou rayant rétracté, exerceraient un culte quelconque dans les édifices publios oo dans les maisons partieulières, ou
partout ailleurs, scraieut sur-le-cliamp arrêtés et conduits dans la maison de détention d un des départements les plus voîsiiis de teordomidle.
Ainsi, la persécution allait recommencer. Peu de jours après, le 7 vendémiaire an IV (28 septembre 1796), parut une nouvelle loi qui afait pour objet {'«xvfM'e» et la pélioe du culie. Cette loi youiait que nul ne pût exercer le mi- Disière d*aiiCQii culte qa*au préalable il &*eât lût devant la liiunicipalilo la déclaration suivante : « Je leconnais » que Tuniversalité des citoyens firançais est le souverain, • et je promets soumissîoD et obéissanee aux lois de la » Hépublique. » Ces exigences de la Convention mirent une grande division daas le clergé ; les «as, croyant ponvoir en sûreté de conscience signer cette déclaration, les autres la regardant au contraire comme dangereuse. Sans blâmer ici les ecclésîasiiqQes qui, à la laveur de x^uelques interprétations, crurent pouvoir signer cette déclaration, nous ne pouvons que donner des éloges k ceux qui crurent devoir la refuser.
L établissement du Direetaére nous donna la paix avec rEspagne. Deux citoyens de Toulouse on des environs avaient été employés dans cette guerre et s y étaient distingués, les généraux Pérignon et Rougé. Le premier eut
d*â6$ezi)eaux iaitsdlapmes à la Joûijuièi'e, à SatDt^ébstôUeo,' k ht MadelelDe et k Reses. Ces snecèsial^ valurent te^ lîtii*
d'ambassadeur eu Espagne, après la paix. • ■*
I^âôoototH^^kGonvôQtiootemiiiamtmattX. Lei^ jour (4 'brmDaire) elle publiait ime amnistie géfié¥i^, doti^ furent exceptés les prêtres déportés ou sujets à la déportation,^ detle loi iwoa¥^ le oonrg des dénondettoiiâ el des arrestations, et dans quelques localités l'échafaud fut encore teint du sang des prêtres. A Toulouse» le 8 décembre, jour de rimmaealée Coneepâon, aamomeiiit où, dans les dîfiéreii^' tes églises, les prêtres se disposaient a céiéiirer les saints mystères, les eommtssaîFes^e la conunutiese préseotëreiit et leur déelarèreet qu^Hs étaient obHgés de se rendre devant' les officiers muniapaux pour y faire leur déclaration de soumission aux lois. La plupart 4e ces prêtres forent jetés dans les fers. Leur captivité eut bientôt un terme. '
Le l*' pluviôse an IV (21 janvier 1796), on célébra à Toulouse Ta&nifmaire de la mort du foi. Le sieur Vcyrleu, procureur général, y i>i ononça un discours brûlant du plus ardent patriotisme : il y fot question de.Aeune à la to^tmé^. â^anumr pour la République, et de dêtxiUement smê'bortiêp pour h bonlieur de tous et d un chacun, A cette cérémonie parut un homme étranger à Toulouse, maie qui s'y étellr établi depuis quelque temps : celait le citoyen Destrem, négociant à Fanjeaux. 11 y parut en quî^itéde commissatrar du Directoire auprès de la municipalité. Destrem- avaitf acheté à vil prix le monastère de Prouille, qu'il lit déniolir,et dont il vendit les matériaux, à Texception des pierre» qu'il fit transporter à Toulouse et avec lesquelles il construisit une maison assez spacieuse près de la porte 6aiiit-
Tun iMwiiin. anri
EUeoue. Ou lui avait douué le nom de Âiaximum, à cause 4a soD anllMMittattie pour oette izMsare. Il était iiâliml que Désirera prononçât aussi un discours à ia suite de Vesyrieu. Bfiaueoap plus pnideot, il si&à tira en eotonnant une chansckD, doat tt était Fauteur, à la gloire de VarbrB 4e la liberté.
L'Ëgliae oouatitatioDiirile n'était ploa en France qa*un
édifice tombant en ruines de toutes parts. Plusieurs de ses évéques étaient morts, quelques-uns avaient renoncé à leurs fonctions, â*autres avaient abjuré leur état, mettant le comble à leur apostasie par de scandaleux mariages. Cinquante é? éques restaient encore à oette Eglise. Quatre d*entre eux avai^t formé, dès Tannée précédente, une* espèce de comité sous le titre ù*évéques réunis. Le 45 mars, ils écrivirent une lettre encyclique à leurs frères, et recommandaient parliculierement la formation de presbytères, c'estràrdire d*un conseil de prêtres destiné à soulager l evéque dans ses fonctions. Trente^eux prélats joignirent leur adhésion à celte lettre. Quoique nous n'ayons pas de preuve positive de celle du P. Sermet, tout porte à croire qu'il était du nombre des trente-deux. Après la révolution du 9 thermidor, il put sortir de prison. La Révolution, en le précipitant dans les fers et le destituant par un acte public de toutes ses ionotions d*évéqae, avait jeté sur lui un peu de gloire. Rendu à la liberté, il poursuivit toujours ses idées de schisme. Sa correspondance nous apprend qu'il tint, des synodes à Saint^ienne, dans lesquels il dressa défi canons et fit des règlements, conformément aux délibérations des éijèques réunie. Son obstinaliou lui aliuaii de
Doovelies aMaques, et» au mois de mars et davril* paru-
rent deux écrits dirigés contre lui; le premier ayant poui^ liire : Letire à Miom€rPmûal-iI^aeitUk$ Srnmei^ ca/ràié iéehautté, m réponse à son mandement,* et le secbnd '} Smnet l'imposteur CQiuiatnné par Imrméne. Il trouva eacoré m redonlMB adversaire âms un joaroal périodique ijm t>arul à Toulouse, sous le titre de Feuille villageoise. Celte feuiUe éiUttt destinée à ranîiaer la piété daos le ceeur des peuples ^ à leur doener, par le moyeu de la presse, des. iusti uctions dogmaliqaes et morales sur les points les plus essevtiels de la reliipion. Dans le numéro de ieplmbtey elleanuonçâit le retour en France, et en particulier à Toulouse, de beaucoiup de prêtres déportés ou émigrés. Quelques-uns d*entre eux arrivèrent, ext effet, dans cette ?ille, et selivrèreiil aux fonctions de leur ministère sans qu un paï ut devoir les trouUer de noumu.
L*Ëglise de Toulouse perdit, ^ cette époque, on des plu& illustres confesseurs delà toi, Le P. Cassé, religieux cordelier de TétnHte otoenranoe. Jelé, pendant les jours de li^ Terreur, dans les cachots de la Conciergerie, il put offrir les consoiations de la religion à la plus grande partie des victimes qui sortaient de cette prison pour monter à l*éclia-^' laud. Ses funérailles furent un véritable triomphe : plus de six mille catholiques y assistèrent*
Le gouvernement du Direelotro eonmionQ» ses tralvai» la même époque. La Convention, en abandonnant le pouvoir, avait pris ses mesures afin d*entrer, au moins pour les deux ' liei's, dans la coinposilion des conseils. Les cinq premiers directeurs furent Lareveillëre-L^peaux, Bewbell, Letournenr. Barras et Camot, tous ayant voté la mort 4a roi, à rexception de Rewbell, et tous ennemis des prêtres calhu-
liques. l'euiiant le uiuis de janvier, le Diiccloire s'appliqua à laîre exécvitor les lois les phis iyramûqœs contre les piètres réfraetaires: il avftil pris pour programme ees mois adressés k tous les commissaires : DiMe leur patiefice. Par saile de ses ordres affreoK, dns-faait prêtres furent encore
mis à mort sur lo territoire de la république, daii.^ les GiAq premiers mois de celte amiiée. On sait que, dans cette période, Drailbe, TeiHloctrinaîre, re»ntré constilotionBol du Taur à Toulouse» rex-cuiiventionuel, se montra le plus ardent an conseil des Cinq-Cents contre les prêtres insermentés, et poussa à toutes les mesures de rigueur contre eux. Un auteur anonyme opposa à la conduite de ce misérable un écrit qui a pour titre : Leeti dêlajusike.
Malgré quelques mesures transitoires qui tendaient à favoriser les prêtres et tes nobles, le Directoire ne se montrait pas animé à lear égard d*intentîons très bienveillantes. En juillet 1796, les vkites domiciliaires recommenoàrent k Toulouse, et Ton y célébrait toutes les (êtes bizarres de la Révolution devant l'autel de la patrie. La tbéoptàilantliropie eut aussi quelques adeptes en cette ville. Le 17 février 1797, le Directoire avait renvoyé au corps légisiatii un grand nombre de décisions contre les prêtres : celui-ci refusa de seconder cette nouvelle mamfiBstation de haine contre la religion. Nous le verrons bientôt faire encore quelque cbose de plus pour elle, li avait cependant soumis k la discussion un nouveau serment de soumission aux lois de la république, dont Teffet devait être puremml ' cml. Ce serment allait être déiéré aux prêtres catholiques. Dans une cireonstance aussi délicate, les vicaires généran?^ de rarchevêqoe de Toulouse prirent conseil du prélat, qui
9^4 tlKfft MOiHnuflttk
leui' adressa à ce sujet une inslraciion très détaillée, eu date da 20 avril 1797. Je oe rapporte point ici celte ias^ traction : après Fairoir lue attalivemeAtr je crois qoii eei^ tains esprits ùlwl ou ambitieux, ne saisissant pas le véritable sens des principes qoi y sont établis par te prélat, pourraient en tirer des coiiséqaenees qui étaient bien loin de sa pensée.
Les Ticaires généraux de M"^ de FoAtanges adressèrent
alors plusieurs instructions aux fidèles; Tune était adressée aux anciennes religieuses du diocèse, Tautre prescrivait des prières publiques, une troisième exposait certains points
djg discipline.
Le 24 août, le oorps législatif rendit décret pour le
rappel des prêtres bannis de France. Ce décret irrita les ennemis de la religion, et le 4 septembre (18 fructidor), quelques directeurs s*empàrèrent du pouvoir. Le corps législalii fut décimé; les persécutions contre le clergé recommencèrent avec plus de violence que jamais; les visites domiciliaires et nocturnes, les déportations à Garenne et à Tile de Ré reprirent leur cours à Toulouse comme dans le reste de la France; il y eut même plusieurs condamiiaUoos à mort. Cet état de choses dura jusqu*à la fin de Tannée 1799, époque .à laquelle le Directoire fut renversé et Bonaparte proclamé premier consul (18 brumaire).
L'histoire civile et politique de Toulouse de cette époque présente quelques foits dignes de remarque. On créa me fonderie pour les canons, sous la direction des sietm Berthac et Laodeur. Cette fonderie fat établie dans le couvent des urbanités (rue de la Dalbade). Le général Sanl, fils du docleur de ce nom, commandait à Toulouse les trou-
.pes Uo la garnison* LMafiorreoUon ro^l»le, marchant $m lài Uacos de la YeacUie, prit alors naissance daos le département. Qualques assasainats dont eertains patiîotea forent victimes jetèrent l'alarme au camp républicain. Les insurgés étaieat 6ommaDdé& par de Launay et Rouyer ramértcain , qui avaient âous leurs ordres MM. de Panlo , de.Laage, du Faur d'Enqnns, Auguste d'Aguin. Celte insurrection ne fut pas assez habilement conduite, rénergie manqua à plusieurs de ses membres : c'est ce qui précipita sa ruine.
Nous terminons notre histoire par la revue rétrospective desélablissemenis rèUgieQx du diocèse de Toulouse pendant le dix-huitième siècle.
Au commencement de ce siècle, la prévôté de St*Etieune était occupée par François de Bertier, qui mourut en 1705. François de Madron, lils d'un conseiller au pai lement de Toulouse, lui succéda. Il eut un procès avec Tarchevéque au sujet de 4a stalle destinée au prévèt, procès qui ftit porté au parlement de Paris et fut gagné par le prévôt. Après lui, ton de Gabrerolles de Villespassens occupa la pré* vôté. 11 ru un testament très détaillé, instituant les pauvres de la viUe ses héritiers. Son corps repose dans Tancieune chapelle de Saint-Etienne (Saint-Roch). lient pour successeur Guillaume de Juliard ; celui-ci, Guillaume de Béton, auquel succéda François de Cassan, qui mourut en 17Ô9 et fut remplacé par Tabbé de Malaret.
L'abbaye de Saint^Saturnin fut successivement occupée par François Sanguin de Livry, Henri de Roeset de Ceilhes de Roscoël, de Fleurigny, et de Narbonne-Lara. Cette abbaye
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est aujourd'hui complètement détratCe. Elle étaîl situé» sur ia^^ande place de S^UU-âeiQin et occupait la partie occidenbda^de la liasUique. àxa bàtimenU 4e Tâbbaye jétait attaché un cloître k arcades romanes; .dans ce cloître se troovaiiâiat deiu;ctiapeilâ$ assez vastes, ruoexlédiée à ISoif^ Dame de Bonne-lHou?eUe, et Tautre à Notre*Dame du Salut, destinée à la sépulture des abbés.
ie prieuré de la Daurade fat gouTerué dans cette période par Jean-Baptiste Lourdet, qui mourut à Paris, Guiyaiirae de la Borde et dom Maury. Le monastère de la Daurade eiiste encore et sert à la maoufocture des tabacs.
Le Mas Gariiicr eut pour abbés Henri dcNesmoiul, arcbo vèque de Toulouse; de Sorbs; de Ca^Uane-Majastre, chanoine de Riez; de Belzunce, ?icaire géBéral de Macsellle; Charles-Auguste de Quien de la Neuville, évêque d'Ax. L'église de cette abbaye est complètement détruite; il re^e encore une portion des bâtiments elanshrani.
Françoise de Richart, Marie de Tiffaut gouYcrucrent les dianolnesses de Saint-Saturnin, dont la dernière abbaeae fut M""' de Riquet de Borirepos. L'église et les bâtiments sont consacrés aujourd'hui à l'une des prisons département taies. Nous ne connaissons des abbesses de Saint-Paotaléon que la dernière, M™* Barou de Montbel. Le monastère a été complètement détruit; Téglise était située sur le sol occupé dans kl me de la Pomme par les maisons portant les numéros 59 et 61. L'abbaye d Eau nés ne nous dire ^\an seul abbé dans le cours du dix-huitième siècle, de FoucAsd. M. de Cambon, neveu de Icvèquc de Mirepoix, en a été le dernier abbé. Une partie de l'église eiiste encore» aici^i qu'une portion de l*abbaye occupée par ûesi particuliers. -
Grand'Sôlve eut pour abbés Joseph do la Trcmouille cardinal-ardkeTdqae de Cambrai , Frédéric Lanli de la Roëre, Louis de Veri, et le duc de Crillon. Ce monaslèni a élc détruit de foDd OQ comble; il ne reste plus qu'un pan de BraraîHe de rentrée principale. Las spieodides reliquaires de (iiaud-Selve ont été déposés dans 1 église paroissiale de dooillac.
L'abbaye des Salenqnes comp(a pour abbesses Gabrielle de Sirgau d'Erce, Jeanne de Mouùilet, de ViUautrei&, et de Foye. Ce monastère est aajoiird*biii presque entièremeut détruit. Il était situé dans la rue qui [K)rte son nom.
La Capelette fut gouvernée par François de fiertier, Montezun de Saint-iary, de Sainte-Vermine, de Latour vicaire général d Mais, et François Tristan de Cambon, évéque de Nirepoix. 11 hc reste plus rien de cette abbaye située pics de Mui villc.
Le siège épiscopal de Rieux fut successivement occupé par Antoine^^François de Bertier, qui mourut le S9 octobre 1705; Pierre de Charyte, de Jouan de Sommery, Jean de Catelan, et Josepb de Lastic, dernier évéque. L'abbaye des Feuillants eut pour abbés Jean-Baptiste de Pradillon de Sainte-Atuie» ISicolas de Saïute-Scholaslique, Jean Granier de Saint-Ignace, Louis Palarin de Saint-Côme, dom Dorât et dom Papillon. Il n'existe plus de cette abbaye que la cour d'entrée et quelques mines de Féglise. Calers fut gouverné par Barthélémy de Grammont-Lanta, François de Ver> dier, de Berthou, et Guyonnet de Monbaien. Ce monastère est presque entièrement détruit. Bolbonne eut pour abbés Charles AndraulL de Langeron, Barthélémy de Salignac- Fénelon , de Ghoîseul-Beaupré. Georges-Lazare Berger de
. 'il
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Charency, d*Ormesson, et de Montesquieu. Celte magoilique abbaye existait naguère; relise a été détruite ; il n'en reste aujoiird*bal que de belles ruines.
Le siège de Commiages fut occupé dans cette période par Jean-François de Bresay de Denonville, Olivier^Gabnel de Nubières du Bouchet, Antoine de Lastic, Cliarlcs -Antoine d'Osmond, et Ëustacbe d Osmond, dernier évéque, lequel se démît de son siège et mourut en 1824 évèque de Nancy. Nous ne connaissons que deux abbés de Nisors : Alexis Prati de Fontaine et Jean Debosse* Ce monastère, situé près de Boulogne, est entièremeot détruit. Quant à Bonnefont, il fut gouverné par Bernard de Podeox et Alphonse de Lansac. Il ne reste que quelques i uiiies de cette belle abbaye.