IV 4S
ç^ilùub à SCS eûtes, — au-dtivant son purtu-croi.K h cbevai, r-» derrière lui son ,€^i*osse à si](.ctiQvauxr, — r .ia ii^i/r blesse dans quarante carrosses. Arrivé sur la place Saint- Etienne, U lut reçu par le chapitre, et s'étant revêtu de.aç.§î tiat)its pontiûcaox dan» la maison 4ite du Bakm, il reçut à l'entrée de l'église la harangue de Louis de lici lier, ûvôque de Rieux. Etant monté k Tautei du chœur, il y donna la bénédiction solennelle au peuple, et se retira à Farcbevéh ché, où il reçut la visite et les présents des capitouls, qui^ le soir, lui offrirent un souper splendide^ Le 17 mai, jouç de la fête de la délivrance de la ville, il offîGia pour la prfK mière fois pontiûcalemeût.
de Montchal trouva le diocèse de Tonloase parfaite^* ment administré, '[uoique le canlinal de La Valette ne fût point dans les ordres et qu'il résidât peu dans son arch§^ vécbé. Il avait choisi pour vicaires généraut ceux qui avaient gouverné ie diocèse sous le cai dinai de Joyeuse : de. QUmels, de Yidelli* de Bertier, de Oaret. Ceux-ci rendii rent plusieurs ordonnances, en synodes, sur Tobligalioft pour les iidèles d'assister à la paroisse, sur la résidence^ des curés et lobligation de porter Thabit ecdésiastique».' Philippe de Cospéan, évêque d'Aire, administra le diocèse de Toulouse et rendit aussi plusieurs ordonnauces; il eut soin de renouveler toutes les règles de discipline établie^ SQus le cardinal de Joyeuse. Il tint plusieurs synodes, et un entre autres au mois de mai 1615. Après lui, Jean de. Rudèle, vicaire général du cardinal de La Valette, entretint le bien qui s'était opéré dans ie clergé. Tel était letat (iu. ' diocèse lorsque Charles de Montchal prit le gouvemenie^t de sou Eglise.
Le prince de Gondé, aprèâ la levée do siège de Saint- Aïfriqiie, se' rendit à Toolonse, ofù 11 arrivâ le 15 juin ati soir. Les Etats qui étaient toujours assemblés allèrent le èéSuer le jour même» Us avaient accordé quinze cente livres aux jacobins de Touiouse pour leur chapitre général qui devait se tenir dans leur couvent et où Ton devait faire réiévation des reliques de saint Thomas d'Aquin. Elle se fit avec beaucoup de pompe le jour de la Pentecôte, 11 juin 1628, en présence du chapitre général de Tordre^ qui fut tenu alo^ h Toulouse pour la cinquième fois. Les pré^cieuses reliques qui étaient renfermées dans une châsse de bois furent transférées dans une châsse d^argent et placées dans un superbe mausolée nouvellcnicnt élevé. I.e jour de la Trinité, 18 juin, elles furent portées par toute la ville dans unè procession solennelle à laquelle Charles de Montchal offlcia pontificalement, accompagné des évêtiues Pierre de Donnaud de Mirepoîx, Claude Duverger de Lavaur, EllemiedePolTerél d*Alet, Jean-Jacques de Pleyres, coadjtrteur de Saint-Pons, et Jean de Plantavit de la Pause de Lodëve. Tous les ordres de la province et un concours extraordinaire de peuple se trouvèrent à cette cérénnoiiie. La procession lit une station à la cathédrale de Saintfilfenne, o& le prince de Oendé, à la tète de la noblesse Fattendait.
' Ce prince se rendit aux Etats peu de jours avant leur 5téparatiot! pour leur rendre compte de son expédition, et y faire voir que la perte qu'il venait d'éprouver devant Saint- Affirique n*était pas aussi grande qu*on pouvait le croire. Il
partit de Toulouse le 2o juin, alla joindre son armée aux environs de Lautrec, s'avança vers Castres, ravagea tout
Uigiiizeo by LiOOgle
le pays et enleva un grand nombre de {ilsustia Ma veAi^ gîonnaires. . ' i - ; • .-m c
Pendant celte expédition h peste exerça d affreux ravages à Tooloase. On ûi construire des ^banes au milieu jardins qui entouraient Toratoire ^ Sainf-Aubin ponrf placer les pestiférés ; puis elles furent transportées beaucoup plos loin, — au pré des Sept Denéen^ sut les bordfi de lu. Gaiuiuie. Le clergé séculier et régulier rivalisa de zèle pour le soin des malades ; les capucins surtout furent admirables de dévouement, kax secours natuneb din ajouta ceux que la religion peut offrir : des processions furent organisées ; les capitouls firent hommage à Notpe^ Dame de la Daurade d'une lampe du poids de trois céntR livres. Grâce aux prières publiques et à la création de bureaux sanitaires, la contagion dinunna insensibtemenl^
Au milieu des ravages de la peste, Charles de Montciial rendit sa première ordonnance qui embrasse les points les plus essentiels de la discipline acelésiafttîqne. Bllè porte la date du !1 juillet 1628. Peu de mois après, la Rochelle tomba'au pouvoir du roi. La prise de cette placé fat suivie du' traité de Nîmes, et le eardîtial de Rlchedieu se disposa à se rendre à Montauban puur le faire exécuter. Son Eminence avait envoyé en cette ville le sieur de Guroh pour y faire les préparatifs nécessaires à son arrivée. L archevêque de Toulouse et 1 evêque de Pamiers, qui étalent rendus pour Vattendre, s'aperçurent que les armes du cardinal étaient sui muntées de la couronne ducale et de la croix de légat, ce qui donna lieu à ces pi^ts de supposer que son dessein était d-obtenir du pape oette dernière dignité. Larchevéque était encore à Montauban au
Digiiized by
ram «odbbiibb. VÎ7
commoncemeiU de l'auucc puisque François Maran^ soa grand-vicaire, rendit à Toulouse une ordonnance rel^live a« fléau de la peste : ce qui prouve que le fléau p levait pas eai^ov^^ eniièremeui cUsparu à cette épo- <|Qd. Bn effet, nos annales font une description vraiment
iiiïrayantc dos ravaj?es que la peste exerça dans cette cité. hsk. plupart des habitants prirent la fuite. A la peste se mêla bientôt la flunine ; tous les tribnnaui vaquèrent, et les de GlémoDce-lbaure furent suspendus. La contagion /wpécba le cardinal de fiieheUeu de se rendre à Toulouse ; de- Montpellier, il fît route pour Âlbi, en passant par Saint- Sulpiçe et Bitzet, où il reçut une dcputation du parlement, entra dans Montauban le 30 août Ce fut dans celte ville
qm la paix fut accordée aux calviiii^.tes. Sur ces cnU ciaites 1» prince de Gondé arrivait à Saint-Jory, où il lut complimenté par un icapltoul et deux gentilshommes qui lui portèrent des piauites sérieuses sur la conduite des soldats .aux eoivirons de la ville. Les membres du parlement, les oapitouls et Tuniversité se rendirent à Montauban pour y complimenter le cardinal ; on débita les harangues en latin, :dt le caardioai répondit dans la même langue* Le ministre confia auK capituuls le soin de détruire les fortifications de .KHiles tes viUee des rebelles du diocèse. ■ ta peste continua ses ravages en 1630 à Toulouse; les besoins étaient extrêmes : c'est ce qui détermina le sieur Grteiy« reeteor de la Dalbade, à instituer la ville pour soa héritière. Les fonds provenant de cette hci vjiiité fuient plus lard employés aux prix du collège de l Ësquille.
A cette époque les familles de Cambolas et de Ciron contrilKuèrent puissamment à rétablis^mcnt dos religieuses de
Notre-Bame récemment ioiidées par M"*' de Lestonnac mar-
deatnt âalëôO^ jâe Ridis^rd de Lestonm^efe de dcMî»^
Eyquem de Montaigne, ^(»ur de Tauiear des Essais. A Taga de dixisepl ans,.^ épousa. Gi^mmarq^âùUmlS^^ dont -elle eut^sept enfants ; trois moururent en bas âge. A qmr
rante ans» elle devint veuve. La répuUUoa de sainteté. d'A&H tœnelte de Eongneville et de la maison des femillaiiliite$ ïouiouie l attirèrentdans ce cuuvent, où elle ne resta quepeu de tempe; eUeyprit cependantcrhabift le. il juini^. pouvant supporter les austérités de celte règle, elle revini à Bordeau;^^, toijyours résolue à quitter le monde.! £Uf^ confia ses projets aa P. Des Bordes, jésuite, et ils- Iraeè^ rent ensemble le plan d-un institut spécialemeiit destiné ^ l'éducation des jeunes pi*ote$tantes converties^ Ce 'Ptonb reçut son eséontioD, gr✠à la bienveillanee du cardinal de Sonrdis, du maréchal d'Ornano, et à Tactivité du musk Moisset^ curé de Saiate^Coknnbe à Bordeaux, qntobtiotfc enfin du pape Paul V l'approbatioa de ce uùuvul iui>iituiv le 16 a.v£il 1607. . .
En 1619, H*^ de Lestonnac vînt à Toulouse pour y létar^ blir ^on institut. Cétait la cinquième maison qu elle ioar^ dait elle-même.; Elle , conduisit avec elle Jeanne de Baiyifir
niés, MargiioritL' do Blanchard cl Marthe de Laruque. DeS! obstacles imprévus arrêtèrent toutefois Toauvre de- cette' fondation, qui fat reprise en 1650 et heureusement t6r(-> minée. Les premières ouvertures furent faites à Jeaii die> Rudelle, vicaire général du cardinal de La Valette. On: destina d'abord à ces filles Tancien séminaire des Pi\ IjuaùdicLins, situé rue du Taur ; de là on les transporta près du-
couToiil des Grands -QirmQs. Mais cette première fondation AH^'f^rtemeAt éproitvée fxar Pincbiifitanoe' et le déplorable caractère d'une dame de qualité, qui avaiL aclicLé de ses âeDierS ' la maisoaiqa^occupaieot M""^ âe Lestounao el ses fiHMj Les soiiiB les plus tmiehanls^, h plus respectaensé déférence do ia part de ces saiates religieuses no purent fléchir cette femme, qui chercha à Ikire résilier le contrat de donation. Ne pouvant rien obtenir, M""* de Lestonnac et ses compagnes retournèrent à Bordeaux. Ainsi- la fondation dt( Toolouse échoua pour la seconde ibîs. Enfin de noovelles négociations furent ouvertes par cotte mémo dame ^''«n dineère repei^r conduisait à une éclatante réparation. File se servit de la protection de Cliai les de Montohal, quii après avoir pris toutes ses assurances, écrivit à Bor* desiux pour obtenir le retour des filles de Notre-Dame.
A îa prière de ce prélat, Catherine de Guérin, Marie de Reolns« Claire de Laval, Prudence de Monrevel et Jeanne de Joly arrivèrent à Toulouse en 1629. Elles s'établirent dans une maison située rue Valade, vis-à-vis du couvent des capucins, où elles eurent beaucoup à souffrir de la famine, de la peste, et de diverses oppositions, soit de la partdeift habitants, soit aussi de la part de la femme dont nous avons parlé. Enûn, en 1630, grâce aux UMalités et aux soins des deux grandes familles dont nous avons parié, eUèar s'étahfirefft non loin du couvent des domtencams, où elles construisirent plus tard une vaste maison dans la rue qilii porte encore le nom de Notre-ûame^u-^Sac, et qu'elles pdssédènrent jusqu*à la Révdn^n française. M"^ de Lesr tonnac mourut le t février 1610. On poursuit aujourd'hui lo proc^ de sa béatification.
i$6^ TBOM «MMtttMK'
' Près do cimq mille personnes ^jjûiient à Toulouse
thnes, on compta le premier présiâeiitr'Lé Hazmnsï^i qiiif ttoumtle iû oclobce et M inhumé ^ajQmXharUen&ai^
bliques, des processions, on fit un vœu aux reiiqucs de* satalt Edmond; roi d'Angleterre^ qa» paasédaife la hTwrlfqpiè de Saint-Satntnin^ Ycea qui ne M réalîsé.qHe» hmm^^ 1^8 tard. Do Paris, où il se trouTait alors, rarctievèqQ& Charles de Mobtelud écriifit aux eapitoois qa'é »raiti;Ai^ vœu au pied des autels, pour la délivrance do la viH«,' d'aller processionnellemeDl à Notce-ûame^(iaraisQn4^él^ qoll raeoomplîraît à so» retoiir. 'rî>
Ce prélat eut alors uu démêlé assrrz vif avec le.repteuc et ]es>profès6ear&d6 riim?eiBité de Toakmse» aa^in^ids la préséance dans les cérémonies publiques. L'archevêque prétendait avoir le pas snr le redeur, même dans lee^eonb cdoTs de l-nnitersité. £ë coasël dardi déeida énftlTeai^ ék prélat; mais le corps enseignant entreprit de justilier se^ privilèges contre Charles de Montcbal, et pobiia'im miisifs» qui a pour titre : Avertissement pour les recteur, docteurs, régents et profesmurs de l'unwersUé de Tolm. Q&t é&nti:^ plein dlhtMIj'renférffle Plûstdre à peù prte complète éB Tuniversi té de cette ville. 11 fut composé par le sieur ;de Villemonté, raft{K)rt6ur dans' ceUe a£teilr^ ie reeleiur adressa ens(oite une requête au roi en son conseil privé, et répondit à toutes les injures et attaques quon avaît<dirw gées eontre le corps qu'il présâdift. L*falâtoin» ae iBons apprend plus rien de cette affaire. - " ' '-r
Un évènemMkt d'une toute autre iiiii!H)rtàiiee> doit rnain*^
manl^ooiis tH:cu(ier* MariOiCle Mùdids^imèrt^Uc iiuuis XIII, €ài€sMm é^rlâàiiB *&oa* frère . détestiient . la oa«âmail de Richelieu ; lU formèrent un parti puissant dans le bul iteeodr m jdifigcâoe; faratites eSorla t le cardioai sui se^mMenir. La reine et 8ob â< sorlireiit do Foyamne et se rélugièrent daas les Pays-Bas. Gasioa ei&voya de» ëHissaims aux hognenote da LaagQedôo.peiir les eogagBr à prendre les mes ; d'un autre côté, le duc de Guise, enneiDi da ordinal, envoya des députés aux Ëtats daLaugnedoe pour les feine entrer dans le fiertî d'Orléans. Par dessous main, Alphonse dËlbèue, de FU^rence» évèque é'Albi et créalore de la reine-mère, ayant apfm que le
duc de Montmorency était très mécontent du cardinal, ne négligea rien pour rengager à ettbrasâer Aa cause de la réiii»-]iière^ lui envoyant son nevea à Pézenas pour activer ceUô importante négociation. La duchesse sa lemmc ne demeara pas étrangère anx démardies qn'oa fit auprès de hii. Il céda enfin à toutes ces sollicitations, embrassa le parti de Monsieur, et réscdiii de laira soulever en sa favettr tonte la provinoe*
Cependant liémeri, espion de Richelieu, fut averti de. ces démarches et en fit part au canitoal, qui domia ordre an marquis Des Fosses, gouveiucur de 3Ioutpcîlier, de s'emparer de ia personne du duc. Le coup fut iBH/ià dans w voyage >que fit Montaoreney le 20 juin à MontpeUier: mais il ne put,réus n . Aussitôt le duc leva ouvertément le masqne et se rendit dans le Vivarais pour s*assaper des places situées sur le Rhône. A Bagnob, il rencontra Soudeilhes, son capitaine des gardes, quU avait envoyé à la^eoor et que le cardinal loi renvoyait, le suppliant de ne
ÀA4 ^atea iMMkHIliÉlilE!
pas embrasser le parti do la rciao. Le duc n'ôcouta ni Souh ddilbes ni CMâe de^Ribé» arclie?èqQ6<4e i^ai^MiAe^ iqtû rengagent- ^vcâneflï à né p»s diéàenenlé plrti* ^'«dK "i^û ( Àya^l appris que Monsieur avail rassei&blé fodquiig troupes et était entré dans )e royaume, ^il s^hemktt imé le Languedoc. Il ne l'attendait pas si tôt, et fut contrarié de eette entreprise un pea trop^précipilée, car il n'avait^pas eu le temps encore de se saisir des principales plaiees^iet d'organiser son parlL Le temps pressait. Le 22 juillet, il so rendit aux Elats, où ré?ôque d'Aibi déclara oâTertmeni
qn'û fallait se joindre au duc afin de délivrer la province du joug qui pesait sur elle. L'arcbevéque de Narbonnes'opposa vivraient à ces projets; mais la confiance q«^i^n* avait au duc était si grande que les Etats u bésitèreut pas à' se dévouer à lui. «
A la sortie des Etats, rarchcvôqne de iNai ljonnc et les* commissaires du roi> Miron et Uémeri, furent arrêtés. Dee^ gardes (brent placés aux portes de Fésenas dans la crainte que les inerni>res des Etats ne quittassent la ville. L apreiH midi, il les fit assembler sons^ la présidence de d*Ëlbène(<it dont le discours tendait à faire accorder Toctroi an duc. Cet octroi fut voté et accepté de la part du roi : les prison^ niers forent rendus à la liberté. peine les Etats éHleni»*' ils congédiés que le duc envoya Guilleminet dans tous les diocèses poor liîre les levées nécessaires, coi^rmémenl-àî roctroî. Les levées des impositions' et celles des troupe^^ s'exécutèrent pour le service 4m rai. On se .servait de- 'Oft;; nom parce qu'on pensait que le prince ignorait cei^ inlri^f gues. Montmorency cherclia à s assurer alors des diverse»* places. Âlbi, Lodève, Uzès, Saint-Pons embrassèrent sdi»
liUiU par suiio dos sulUcclatioas de leurs ôvêqnes. Nîmo^ itt^sUi; Bi^iûrs lut puis, et fortifié par le^diàc; NarboQi^o résista'eno(ire*'Iie imUet, le doc ôtait-à Agde, d*où II partit bieuUtt après pour ^Iler anid^iVani da Mousieiir, qui élail lutifé dans laprarince.
Ce prince aiiiva dans lo royaume avec doux uidle chevaux liégeoîSt aUemaads ^ wailoo» commaQdôs par Matterttiki ebaïKWie de Trêves, et Des Granges. Il passa daas l'Auvergua et le Gcvaodao, où l'évèque de Monde refusa do M imrn les portos de sa ville épisoopale. 11 reçut ià Tabbé d'Klbèno que Montmorency lui envoyait pour le supplier éà retarder sou outrée daus la province; mais sa précipi^. tallou gâta tout. Le 30 juillet, Gaston et le duc se reneontrèreat à Lunel; le leademaiu 51, ils se trouvèrent devant Ntmes, quils ne purent prendre. Ils s'emparèrent du châ-. leau de Heaucaire, qui fut assiégé par le maréchal de Viré. Monsieur et le duc se reUrèreut à Pézeuas.
:)Le parlement de Toulouse avait d^à pria ses mesures pour empêcher que le haut Languedoc ne se déclarât eu &vaar de Monsieur; la présence du maréchal de Sehombei^ contribua beaucoup à maintenir cette province dans la soumission au roi. Ce monarque» ayant appris la défection do Montmorency, résolul de marcher en personne en Languedoc pour arrêter la rébellion. Il se mit à la télo de ses tronpee el prit la route de Lyon. Montmorency envoya alors Caudiac auprès du cardinal pour lui làîre des proposUiouâ de paix, qui ne lurent pas acceptées. Le 23 août, le Fût déclara le duo criminel de lèse-majesté et déchu de tous Ites houneurs, gi^ades et dignités. Lu ii sep^mbio , il arriva, à l^ou.
Mil nMmwmumBi •
Mousieur s avança alors vers Beziers dans le dessein IfaMp TOCS toAR0US8iUûn'à>ltt'Beiiik)tils0de;i^ iEn|ë»NafNi:»> fitains qui venaient à don secours. Ces étrangers' rebbouà^ aèrent Mshmin À la nduveile de la Biar6b6/iki rok».L^ iijiift
le prinee maicliëjiReût à«ift roile«^ arriva à Castres. Ce maréchal dirigea ses troupes vers le chàtesade Saiut-F^ de Gataman, dont le ^siear de «iogéÉ ée MatllàD ist ses trois- frères sf^taieat emparés air bmii/iifr Monsieur. Le 1 9 août, le château lut investi par Schombergi SaîDl-Preoil 6t te marquis d^Ânibrâs, à Taidê de^i^rtillem' de Toulouse. De leur côté, le duc et le prince se diragô^ reut vers Casteloaudary, pe&dant que le château^ de âaiotl» FéMx était remis à S<^€M)€iPg par Pabatidnn que M.eife firent les sieurs de Juges moyenûâut une somme de. dix mille livres. • . '
- Enfin les tl(3ux armées se trouvèrent en présence dans une plaine près de Casteluaudary. Saas entrer i(;^iidaBs4e 4étaîl'de la bataitte qui y ibt livrée le septembre; niaâs nous bornerons à dire que Montmorency y ût des prodiges ^ TiAeMffi' U s'étail^porté ave6 intrépidité Ters lârtcavaifflw royale pour la charger, lorsque le comte de Rieux, prévoyant le danger qoi le menaçait, voulut le détourner jde tétte attaque» jVtvimMir 'de répemdit Uîûttc; U*$i&t fins temps de temporiier; donnons Imràimmt, — MonamÉH, répliqua le comte, p mxmf&i à im pMi. Aussitôt iiiail^ morency, k la tête d*un escadron, s'avança vers le camp royaliste; son escorte lut en partie tuée, en partie jmad'jan fuite. Le duo re^ un coup de ^Ira à la>gorgev qol l^tB^t en fureur; il poussa son cbeval, franchit le fossé, ronvei^sa tout ce qui S'Opposait à son pAsss^ê etparvini josqu'aitssep-
ttème. raog. 4u mémo instant^. il . reçoit deux ^baUesi^qui entrant poc la b&od»» et^ lui romi»diit: te donta. .Son eheval s'abat sous los coups de mousquet qu'il a reçus et tombe flMkrlt eotraîmat k due daos sa «hnta* Celui-ci»- oe pooTa&t flrdéiNumiMen cxiAzMHmmmenùyf ei pria qui Teth touraieut (jlô ue pas rabaudonueret de le iaire coutesser. iiiim une bague de aoa doigt et chargea le sergent Sainte*^ Mane de la remettre a i>a femme. Voyant Saint-Preuil, le ÔDO B'éma^ : M J SaàtU-Pmûl/ — Courage, mon maître: ce n'est rien, répondit le capitaine. Montmorency fut porté d*ia|)ord dans une métairie, près de Ca^^eiaaudary, où L\uiia6nier é» âehomberg le confessa* On trouva sur son corps dix-sept blessures. H fut eribuilc placé sur une âibeUe couverte de manteaux et transporté à Casteioaudary. Le peuple, en le voyant, jetait des cris de désespoir. '/ Le combat de Castelnaudary ne dura qu uue demi-beure, !ët finit par la prise de iMontmorency. Le 5 septembre Schomberg conduisit lui-même le duc à Lecteur c et le lit enfermer, sous bonne garde» dans le cliàteau«On vit alors «m grand nombre de villes de la province se soumettre au roi. Ce prince apprit à Lyon ces événements ; il s'avança {ven ia province, et arriva le 14 au Pool-Saint-Esprit. Là, Chaudebonne, député par Monsieur, apporta au roi les .demandes de son (rare qui avaient trait. à la délivmce de Mfflafmôranoy, à dlitenir une place de sûreté» et au r^taUis- ^ cernent de la reine-mère dans ses biens et. pensions. Ces «arlîdes forant refusés. Après quelques n^ociations» la ?paix fut conclue à Beziers le 29 septembre, entre le '■rok etson frère. Gaston accepta le pardon du roi et se • soumit b toutes, les- conditions imposées. Il ne fut point âût
niëatioD du duc de Montmorency. Le 11 octobre, Louis XHI m rbovertnre dés Etats dam eette derdfèîrêf'Vflie.' Le t^,^ il se dirigea vers Narbonne, après avoir essuyé sur la route un épottvàntable orage par suife duquel ses égmpsi^es, ceux de la reine cl de la cour, fmeiit perdus en partie; £nûD, le 22 octobre, Leurs Majestés arrivèrent à Toulou^ et y entrèrent sans solennité; Lorsque lè parlement àllà' saluer le roi, celui-ci dit à la compagnie qu'il voulait la nommer jiige de Montmorency. Le 2^ octobre, le M ordonna au duc do Hrézé d'aller à Lectoore avec un corps de cavalerie chercher le duc et remmener à Toulouse; La ville fut occupée par di^ compagnies dû régiment defs gardes et quatre de celui des Suisses; la garde de la cité fut commise à ces derniers.
Le 27 octobre arriva le duc, escorté par huit compagnies de cavalerie. Arrivés aux portes de la ville, le marquis de Brézé sortit dû carrosse, fit fermer les portières, monta ïcheval et le suivit immédiatement. Il était midi : lesmous^* qnetaires du roi environnèrent le carrosse et le conduisirent à rhÔtel-de-TîHe. Les rues et les places, depuis la barrîèi^è/ de Montpellier jusqu'au Capitole, étaient bordées de soi* dats, de gardes françaises et suisses. Le marquis de Brézé remit Montmorency enire les mains de Launay, lieutenasnt des gardes du corps, qui fut chargé de le garder avec vingt ' de ses hommes et cent suisses. Le duc deseèndit de càr^' rosse, les yeux bandés. La ci^ambre ou il fut conduit existe encore; elle ouvre sur la seconde conr; on y monte pat* ' des degrés en pierre. La cheminée fut i^rillce, les fenêtres murées et la porte garnie de grosses barres de fer. Il fut gardé dans sa chambre par quatre gardes qui veillàieiit'
tpuF-àniQur icbirui^giûi) 400 chambre v,û{$iii^,
Les viand^slui tvdvmt servies loutes haidiéeis;, ss^ns ciouteau i^.luuicheUe. , . ,
,Au96U^.a|^ès soB armée, le «ar^e^des-^Geaux e&Toya au parlement les procédures qui avaient été faites contre M* MilBS coQsistaiaQt dao& i*" uuû informatiou faite k Narl^Ofine par Jean de Lansson, maître des requêtes, et dans laqudio avaient été entendus comme témoins Jacques Sirots, écQjer, sieur de Saiote^Marie, archer des gardes du corps du roi; Antoine BoutUlon, sergent d*an régiment des gardes; François Comminges, Saint-Preuli, Jean de la Rou-» dière, capitaines aux gardes; Boger de Bouffors, aidemajor; Claude de Jicauregard, qui déposeront sur la prise du duc ; â"" rinterrogatoire qu^avait subi Pierre Guiliemioet, greffier des Etats, qui avait été mis eu prison el qui avait jqslUié sa conduite sur la violence que lui avait faite le duo de Montmorency pour Tobliger à signer les commissions des l"]tuts; 5* les nouvelles lettres par lesquelles le roi coiçmit le parkmeat da Toulouse pouj:. faire le procè& à Montmorency. — Anne de Cadillac et Qément Le Long fUjT^. nommés C9muns.saires; pour couUnuer les procéduriers.
Deux heuies après i cuiivêc du ducù rhùLcl-de-villc, les deux commissaires se rendirent auprès de lui pour lui donner lecture de la commission royale et commencer sod interrogatoire. Les commissaires iirent mander le duc dans un» des salles où ils s'étaient arrêtés, et le greiïier lui ayaul donné lectaïc de la commission, il répondit . « Bien » Que, par le rang que je tiens eu France, je ne doive être » jugé que dedaos et par le parlement djei Paris, qui est la
S88 TBiM MOPEKHflS*
» seule cour (les pairs, mon aHairc néanmoins est d'une » telle conséquence, que, s'ii ne plait au roi d'étendre 6«r » moi les fruits de sa miséricorde, il n'y a point de juge qnl » nait le pouvoir de me condamner. Touti i ois je suis tort • content que messieurs du pailement de Toukmsé'^ôiekKt » commis pour mes juges : je les ai toujours fort honorés » et les estime fort gens de bien. » Les commissatres s'assirent au bout d'une table et firent asseoir le doc \isuÂïk gauche. Ils commencèrent à l'interroger sur les charges et infbrmations. U nia avoir sa qne le duc d'0(léan8>^t venir en Languedoc ; bien loin de l'y avoir appelé, il soutint que les Etats ayant eu recours à la protection de ce prince, il avait cm trouver quelque assurance auprès^ loi, et no pouvait mieux faire que de se jeter dans ses troupes, dans Tespérance d'y trouver sa sûreté. Il nia a»isi avoir eu des intelligences hors du royaume contre- lé^r* vice du roi, et assura que c'était par les ordres du4ûc d'Orléans que plusieurs villes s'«taient déclarées euisa faveur. Il avuua qu'ayant conçu un vif resseiiliiiient^àu sujet des calomnies que rarchevêque de Abonne écrivait contre lui au cardinal de Richelieu, il avait M prietise prélat de se retirer de Pézenas. ' ■ '
Le lendemain, ^ octobre, les deux commissaires 'lui firent subir un second interrogatoire. On lui présenta la délibération des Etats, qu'il nia avoir signée ; mais il avoua avoir signé, par ordre de Monsieur, les commissions polir la levée des impôts et des troupes. A la tin de cet itxterrogatoire, le duc déciara que si le roi voulait loi a/banfcder la vie, il le servirait mieux que jamais; et quil ne le souhaitait que pour employer le reste de ses jours et son
tsaAg pour lû service de Sa Majesté, et pour réparer Icb iiiaii^emâiitg qu^ik recooBaUsait ayoir fait^, £Q$vite A fut ;rD06^noM> am- les sept témoins dont on a déjà parlé, et il ] â^oaa t<Mlt «e. qu iU avaieut dit de lui ioucbaot la journée de j'CM^indary. Van â*eiii» étant interrogé s*ii avait connu
le duc daas le combat, lépoiidit, les larmes aux yeux, que -40 V93mt'Kmi couvert de sang et de ïuinée, il avait eu de f^lfr pcâne à le reconnaître; mais qiie lui ayant vu rompre de ieuiâ rangs et tuer des soldats daas le septième, il lûs^ jmgé que C6 ne pouvait être antre que lui. Le greffier
Guilleminet lui ayant cLé confroiilc avec la signature de la r. dâiii)|éraUûn des Etats, il se mit en colère» rappela £aus- .,9aimv^ soutint qu*il avait fatMiqué son seing^.
Fendant que le duc subissait son second interrogatoire, i^Jm seigneurs qui étaient à la cour s occupaient à faire des
priùrcs à Dieu et au roi pour obtenir sa grâce. Le cardinal . ; de La Valette, le iionee du pape, le duc de Ghevreuse, le ;dao d*£pernon, implorèrent la clémence de Sa Bls|jasté. j.jQuelques gentilshommes se mêlèrent à la procession des .;|éQileQte lÀm\ qui se rendait à Saint-Sernin pow hono* . ,rer les reliques des saints apôtres Simon et Jude dont on
fusait la fête ce même jour» Madame la princes^, so&ur du •.duo, alla* faire sa dévotion à Notrei^me d^ Briagui^res.
Dès le matin, le duc lit appeler auprès de lui le P. Amoux, /ÔésiiiO, qui s*3r rendit avec la permission du roi. Le prir SOnnieF.Uli dit qu'il avait désiré sa communication pour i/se biea disposer à mourir, et que intention 4Uit 46 . )yro une coilfes^on générale. Il devait être jugé le lendemain ; mais il fit demander au roi par le P. Amoux et ..pan Lâuoaisr 4e différer le Jugement pendant toute la mati-
née, afin d'avoir le temps âe. se pi;é{Namr à ta idovI^ Il pri$
LauDay de dire au cardip^l <le Skhalieu, de part, ip*^ iêtait'SOA serritewr, et qne^i par sa fatireiir Je roi Ivii 9QU^ servait la vie et lui faisait miséricorde, il vivrait de sorte q^il m & QÙ repeaUrait jamis; (|uau reste, ii était résolu de mourir, si sa mort était plbs utile à VEtat que sa vie. t
Le même jour, M. le gui de-des-sceaux, accompagné ôe siK maîtres des requêtesvalla au parlement. Messieurs de ia cour députèreat ud président et deux conseillers pour le recevoir. Il eatra dans la grand cbambre où tout le parlement était assemblé, prononça un discours sur Tobjet de sa pi u^cDce, cl lil déposer sur le bureau toutes les piçr ces du procès. *
Le duc de Monlmorency passa la matinée du vendredi 29 k feire une confession générale, à entendre la messe ou il communia, et à prier Dtieu qu*il lui fît la grâce de lai ao> corder une parfaite tranquillité dame. L après-midi, il travailla à ses affaires temporelles, et disposa entr'auUres d'ua tableau d*un grand prix (un Saint-FrançcMg) on &,Teur du cardinal de lUchelieu, et fit le cardinal de La Valette soa exécuteur testamentaire. 11 écrivit alors à la iliocbesse $91 femme la lettre suivante : « Mon cher cœur, je vous dis » le dernier adieu avec la même affection qui a toujours » été entra nous. Je vous conjure, pour le repos de ma» » âme, et par Celui que j'espère voir bientôt par sa misé- » . ricorde dans le ciel, de modérer votre ressenûnent. .J*ai » reçu tant de grâces de mon doux Sauveur, que vous a\ uz » tout sujet d'en recevoir une grande consolation. Adieu » encore une fois». 11 écrivit aussi deux lettres. Tune à la princesse el l'autre au cardinal de La Valette. Sur le soir,
à 9 heures, un gcntilhomrae alla par Iruis fois se jeter auie pieds du roi pour lui demander la grâce du duc de la part de Monsieur. H n'eut d'autre réponse, sinon qn*ii était entre les mams du parlement. La reine élait résolue, de son côté, à demander la grâce ; mais Richelieu Ten détourna. Il empêcha la princesse de Condé d entrer :i Toulouse, alla lui rendre visite au Clusel, et rengagea, dans Tintérôt delà grâce qu'elle voulait solliciter, à s'éloigner : ce qu'elle fit en se rendant chez le baron de Saint-Jory, à trois lieues de Toulouse.
Dans la nuil du 29 au 50, les compa*,niies du lêgimeiiL des gardes, qui étaient campées aux environs, entrèrent dans la ville, et se rangèrent en ordre de bataille sur les places. Les gardes du corps eurent ordre de se saisir de toutes les avenues du palais. Ces divers mouvements se iirent au son du tambour. On porto à huit mille hommes le nombre des troupes royales qui se trouvèrent alors réunies dans la ville. Le 30 octobre, au matin, les chambres du parlement s'assembiorent, et le comte de Charlus eut ordre du roi de conduire au palais Montmorency. Avant de partir de rhùtel-de-ville, le duc demanda au P. Arnoux s'il ne vaudrait pas mieux jpour son salut, pouvant excuser sa conduite sur les conseils (pi*on lui avait donnés sous prétexte de bien public et sur des pièces justilicatives, de s'avouer entièrement coupable et de ne pas chercher à se justilier. Le P. Arnoux répondit affirmativement, et le duc se rendit à sa décision, il monta dans un carrosse avec le comte de Charlus, Launay et quelques autres ; les portières étaient abattues. Les gardes du corps et les mousquetaires l'escortèrent jusqu'au palais. Il fut d'abord introduit dans la
292 TBXi>S MODEIIMBS.
salle des Maiiiiaux; ensuite Charlus le fil entrer dans la grand chambra, présidée par le garde-des-sceau& deChà:' teauneut, qui avait été page dû connétable son père. .
Dès qu'il parut, la plupart des conseillers voilèrent leur visage et versèrent des larmes. 11 se plaça sur nne sellette élevée au niveau des sièges des juges ; il était découvert, libre, et richement vétu ; il prêta serment de dire la vérité^ et répondit aux questions d*usàge. On procéda ainsi qoMÎ suit à son interrogatoire.
D. N'avez-vous pas signé la délibériation des Etats du * Languedoc que vous avez convoqués à Pé^énas ?
R. Après y avoir réfléchi, je déclare Tavoir signée*.
D. N'avez-Yous pas appelé et fait entrer M. le duc d'Orléans dans votre gouvernements
R. Non, monsieur. Le prince étant entré dans le royaume, les Etats de la province du haut et bas Languedoc Vont prié de protéger leurs privilèges.
D. Monsieur ne vous a-t-il pas excité à prendre les armes?
R. Je ne dois point chercher des excuses sur la personne du frère do roi.
D. Qui vous a donc obligé k faire ce que vous avez fait? R. Mon malheur el mon mauvais conseil.
D. Quels sont ceux qui vous ont suivi au combat?
R. Je suis d*acrx)rd avec tous les témoins qui m*ont été
présentés de tout ce qui s'est passé sur cet article.
D. Avez-vous eu des intelligences avec les étrangers qui
s'étaient dirigés sur la frontière et eiaiciil entrés dans le comté du RoussiUon?
TEMPS MODEILNBS. 293
R. Non» monsieur. Je n*ai jamais en d*inteUigenee avec
les étrangers pour nuire en aucune façon à 1 Klal.
D. Ne reconnaissez-vous pas avoir failli k la Méiité que vous devez au roi, et ne méritez-vous pas la ibort?
R. J ai commis beaucoup de fautes contre Dieu et mon prince; comme pécheur que je suis, je mérite la mort audelà (le lûut ce qu'on peut dire.
Après cet interrogatoire, le duc sortit de la salle et demanda à y rentrer pour dire un moi & la cour. It 8*exeosa alors de ce qu il s était emporté contre le greffier Guilleminet; que ta vérité était telle : qa*il Favait obligé de signer la délibération conLic son consentomeut. Après ces procédures, il fut reconduit à rhôtel-de-ville avec la môme escorte.
Dès que le duc fut parti, Ciémcnt-le-Long ayant fait le rapport du procès et dit son sentiment qui forma Tarrét; on alla aux u^ii nions. Toute la compagnie ayant opiné du bonnet sans rien dire» le duc fut condamné à être privé de tous ses honneurs et dignités, et k avoir la tète tranchée sur un écbafaud sur la place du Salin. De plus, il fut ordonné que les terres de Montmorency et de DamviUe seraient privées iiour jamais des titres de duché et pairie, et qu'elles seraient confisquées au roi avec tous ses autres biens. L^arrét fut prononcé le 30, à onze heures du matin. Le roi commua le lieu du supplice, et ordonna que l'exécution serait faite dans rhôtel-de^ville; il accorda de plus au condamné la permission de disposer de ses biens.
Arrivé à rhùtel-de- ville, le duc se prépara à terminer son sacrifice : il remit son testament entre les mains de Saint-Preuil et le chargea de le présenter au roi et de lui
S94 TBWS MOOBtNIS.
demafider pardon de sa part. Le cardinal de La Valette se rendit alors auprès de loi» Keiitrefiie dara une heure. Le
duc lui confia son valet de chambre, et le pria de lui do^ ner cent pistoles pour son chlrorglen. Les adieox loreul déchirants, et le cardinal partit aussitôt pour son abbaye de Grand-Selve. Le comte de Charlos ^tra bientôt après pour lui demander de la part dn roi le b&ton de maréchal' et le cordon de Tordre du Saint-Esprit. 11 les lui remit en disant : Monstenr et cher cousin, je rends volontiers et le bâton et l'ordre à mon roi, puisqu'il juge que je suis indigne de sa grâce. U se dépouilla ensuite de Fhabit qu'il portait et en fit présent k l'exempt des gardes ; puis, s'étant revêtu d'un habit de toile qu'il avait fait laire à Lectoure , il remercia tous ceux qui Tentouraient A midi les commis^ saires et le greffier arrivèrent. Le comte de (^harkis conduisit à la chapelle le duc qui y descendit un crucifi]^ à la main et portant snr son habit de toile une mauvaise easa« que de soldat qui se trouva là par hasard. Le duc se mit ï genoox devant l'autel, entendit la lecture de Tarrét, se leva, et dit aux commissaires : « Messieurs, je vous remer^ » cie, et toute votre compagnie, à qui je vous prie de dire » de ma part que je liens celarrest de justice du roi pour » un arrest de la miséricorde de Dieu. Priez Dieu qu'il » me fosse la grâce de souffrir chrétiennement Texécution » de ce qu*on vient de lîr^ « . Les commissaires se retirèrent, et Tun d'entr'eux lui dit ; Monsieur, nous allons foire ce que vous nous avez demandé et nous prierons Die« (ju'il vous console. Le comte de Cliarlus et Lauuay le livrèrent alors au grand-prévôt, qui le remit aux mains de Texéeuteur.
. Api^ être denwiiré qoel^oos instants dao$ la ebapeUe.
avec le P. Arnoux et trois autres jésuites, il demtoda s'H m coû?6ûait pas , par forme d'expiation , d'aller à Uécba^ feud nu*fîeds et en chemise ; pnis il remonta dans sa chambre ; et qoand il en sortit, un des siens, voulant fixer sa robe de chambre sur ses épanles, îl la r^eta, disant : 11 n'en faut |K>înt ; nous irons tont blanc en paradis. L exécuiiuu tut dilErée jusqu'à ce que Launay» qui alla trouver le roi, fat de retonr. On fit , dans cet intervalle, de nuuvulles instances pour obtenir la giàce ; h maiéchal de Ghàtîllon, entr'autres, dit au roi, ^e 1& visage et le& ftm de cenx qu il voyait lut feisûent eomiaftre que Sa Majesté lerait plaisir à beaucoup de personnes iii Elle par* domiait au doc de Moiilm(»rency. A quoi le roi répondit il ne serait pas roi s'il avait les sentiments des particuliers. Launay étant revenu, TexéGuteur eut main levée. L'exécutioii avait été fixée à cinq heures : sur la demande du condamné, elle fut avancée de deux heures parce qu'il désira, par un sentiment de loi, oKNirir à la même heure: où expira le Sauveur dos liorames.
Deux heures sonnaient à Tborloge de rb6tel4e-ville lorsque le duc, ajant appris que son exécution devait avoir Ueu dans rhôtel-de-ville, dit au P. Arnoux qu'il souhailait volontiers mourir publiquement pour soufïrir avec plus d*ignomiDie ; néanmoins qu'il remerciait Sa Majesté de «ette faveur et grâce. 11 pria le P. Arnoux de ne pas l'abaur donner ; de remettre à leur adresse quelques lettres qu'il avait écrites.; de donner a la princesse de Condé, sa sœur, un reliquaire qu'il portait à son cou, et une bague à Mademoiselle de Bourbon, Sii nièce. H quitta alors son pour-
S96 TBN» MMIlMiSft .
poîQl» se iQil en caleçon, et demanda; fii ioi^ Qtaii<|irélfco'' Sttc la réponse àffimialiTe, Il s*éoria 4*006 >Tn:.fi»i9ne et j Allons, parlons! 11 descendit de sa chambre» tenant un ^ crucifix à l£\ Biain, et traversa Tespace qui le s^ftapait û» rla ^ première cour de rfaôtel-de-TîUe, ayant h sa droite- le y P. Amoux. Le3 officiers des gardes le saluèretit profondér e . ment sur son passage. L*écha&ad était éle? dd i|iiatr6t;:t pieds dans cette cour. Le duc s'inclina vers un père jésuite ■ et Tavertit de. laira en sorte que sa tôte , après aii^oir ^téiq séparée du corps , ne lomliAt pas k terre, et de lâcbei:' dcL'r. la recueil] s il ie pouvait. 11 mout^ ensuite duu pasfennû snr réohafjsmd avec le. P* Amoux et son cUrargien^* et 8^ j(
tournant du côté des assistants au milieu desquels se trou- -î valent le greCtier, le grand-prévôt et ses gardes» les.capin.'.:tools et leurs offiders, il salua la compagnie el leur diU « Je vous prie de témoigner au roi que je meurs son très > humble sujet et avec un regret extrême de ravoir offaoséir' i » Je lui en demande pardon, de même qu'à toute lacomT . » pagnie *, ' .
Il demanda ensuite où était rexéootenr, qui ne l*ftvailr point encore approché; en le voyant, il lui dit ; « Mon ami, ^ lie-moi,baDde-mot les yeux,et lais promptement ton offîce^ik - • On lut dit que le roi avait ordonné qu'il n*auraût pas les . yeux bandés. Il répondit : Je ne saurais mourir avec asseft^i de honte. Après M croisa ses bras, et voyant que sonekirorf > gien voulait lui lier les mains avec le cordon de sa mousLa- ^ che, il se tourna vers Texécuteur et lui dit : C'est tOD mé«^îl' tier, fai8*-le. Alors rexéeuteur lui lia les mdns, et M. âeî^ Montmorency lui demanda : Suis-je bien comme cela ?^:- L*esécuteur répondit qu*oii ne lui avait pas coupé les^cheK-
vein aissez près. Coupe-les dooc k toa gré, lui âit4i. Son cbinifigîQn voolQt y mettra les laaiiig, mais H le repotissâ par ces mots : < Uu gvmd pécheur, comme je suis, ne » ijp&Qi moarir atec assez â*igiiomime. JésnsHQiri&t a élé >^ non-seulement battu, mais servi par des bourreaux ». Ators rô&écuteur lui coupa les cheveux et arrangea sa chemîseraiitoiit du cou. La doc se mit ensuite à goDomt devant le poteau, sur lequel il se mesura pour prendre une posMire qn ae le fît pas trop souffrir à cause de ses blessures, reçut une dernière absolution du P. Amoux, récita soo Ju manu&y bai^ le cruciiii, et ayant piaoé sa tète sur le pottaa, dit à Texéciitear : Frappe hardiment. Au même iiislaut la tête fut séparée du corps par un seul coup de doloire.
Il était deux heures et demie. Après Vexécution, on ouvrit les portes de rbôtel-de^ville : ie peu{^e se précipita en foiâe antoar de Téchafiitid, et étancha le sang du supplieié avec des linges. L'exécuteur montra la tête au peuple, puis elle fut livrée» ainsi que le corps, à depx ecclésiastiques ofieiers du cardinal de La Valette, qui les portèrent à i église âaiaU-Saturnin. La dépouille du duc fut renfermée dans nn oercnell de plomb et défMisée dans la chapelle de Saint-Exupère, sur un riche catafalque. Les cordeliers et lesiiaeobias céiàbrèrent rofiice funèbre, et à neuf heures du sonr le eereoeil fut descendu dans une fosse au même lieu, • et^ demeura jusqu'en lii^Q, époque à laquelle il lut placé dans le magnifique mausolée que Félicité des Ursins fit élever à sa mémoire dans la nouvelle église du monastère de:la Visitation qu'elle avait fiût construire à Moulins où elle s^était retirée et où elle avait Êiit sa profession religieuse.
t98 THt» ■OMUII& :
Le cœur, de MoDtmûre&cy fut porté 4 k maisoa peûtessa des.jésuites. ' .>,'îv j'v
Ainsi mourut dans sa treute-iiuitieme année Uemi II due de MoiitiiiûiBDBr et de fiâmvilte^ ipm^ macéclud et amiral;* comte de Dampmarliu et d'Ossemont, clicvalier des ordres du roi et gouvemeor du Languedoc. 11 M poU, afîabAev magnifique, générem, bme à Ja guêtre, quoique plus ka* pétueuî que prudent. 11 est difficile deiexcuser à légard de ' son roi, contre ldc[ael il porta les armes ; il ne Test pas moins d'excuser le foi, et surtout le cardinal de Richelieu ^ de n'avoir pas o^vt le pardon à ce haut seigneur lor3qu^ Tavait accordé à Gaston d^Orléans, beaucoup plus coup^^ que Montmorency.
On composa plusieurs relations de la mort du diuc^ et Simon Cros de Bezîers pubUa sa vie. La peinture et la sculpture ont reproduit ses traits de longues épitaphes^ea prose et m Ters ont été consacrées à sa mémoire. îkm croyons uiulile do les rapporter ici. 5Iontmorency n'eut poiul d'enfants de Félicité des Ursins« Dans le malheur qui< le frappa, il fot encore hem'enx de pouvoir eflacer par une mort aussi chrétienne les galanlenes et les faihiesses de.s^ {Miemière jeunesse. . '*
Le roi partit de Toulouse le dimanche 51 octobre^, à neuf bûur^du matin. Le l*' novemhre<> à Fronton, il looh cha deux cents malades, et revint à Paris par Kontaubaii et Limoges. La reine ne partit que le 2 de ce mois ; elle s'embarqua sur la Garonne avec le cardinal de Eiohelietii le gardc-des-sceaux de Châteaiineuf et le maréchal de Schomherg, nouveau gouverneur du Languedoc. A kèiàt arrivée à Bordeaux, le eaidijoal y tomba dangeiwaseoMiit
TUIM MOmillIlS» «99
malade, et le 17 fiOYeml^e Schoinberg y joaouriU d uoe attaque d*apoplexie. Le duc d*HallwiD, son fils, succéda à soû gouveroement. Au mois de juillet 1G53, il écrivit aux capilouls pour leur annoncer son arrivée, qui eut lieu avec un certain éclat le o août : il fut reçu à Saint-Etienne par le prévôt da chapitre, 1 évéque de Rieux. Otaries de Moatolial partit blentdt après pour Paris, et assista à rassemblée générale du cierge de France en 1 655, où il prononça le discours au roi, dans lequel il prit la déleuse de Vordre du clergé, et fut nommé rapporteur dans l'affaire de la nullité des mariages des princes sans le consentement du roi. Peu après, il fit paraître un mandement qui ordonnait une pro« cession générale pour obtenir du ciel le bienfait de la paix dans la guerre que la France soutenait alors contre TEspagno, et où le duc d'Hall win remporta une éclatante victoire àLeucate. Il était encore à Paris au mois de juin 1637, puisqu*il y sacra Noël Du Perron, évéque d*Angouléme et Alain de Solmiaihac, évéque de Cahors.
Ce fut à la procession générale dont nous venons de parler que Charles de Montchal fit la tran^ation solennelle d*une insigne relique de saint £lûi dans Téglise des dominicains. Cette relique avait été cédée aux orfèvres de Ton* louse par révêque de Noyon, Henri de Baïadat, par les soins d^Ëtienne Lourdaus, orfèvre de Toulouse. On composa à cette occasion un cantique à la mémoire du saint Les sentiments exprimés dans cette jpiëce font beaucoup plus d*honneur à la piété des auteurs qu'à leur talent pour la poésie. La relique de saint Eloi était renfermée, aux Dominicains, dans une très belle cbâsse d-argent, et exposée & la vénératioii publique le jour de sa fête. On termina, à
300 TSm HODBtNSB.
là même époque, ia châsse de saint Edmond, par suite da vœu làl. à ee sain, UW<m de la peste. ^' ^^
Il existait, non loia de Toulouse» sur le territoire de la commune de la Vallette, un oratoire dédié à la mni^ Vierge, sous le nom de Noire -Dame-de-Monlen. En Tannée 1658, noble Antoine Dufaye seigneur de Launaguet et damoiselle d'OlîTier donnèrent uneclocbe à cette chapelle J Cette cloche est aujourd'hui à la Vallette. L'oratoire est détruit; il n'existe que Fancien cimetière.
Toulouse s enrichit à cette époque d'une nouvelle maison religieuse.. Une femme riche et pieuse, M'"'' d'Andoïn, ras^^ sembla auprès d'elle douze autres femmes veuves comme elle, leur inspira le dessein de se consacrer au service des pauvres; elles allèrent s'offrir à l'hôpilal Saint-Jacques pour y soigner les malades. Ce premier essai ne fut pas heureux , c'est ce qui détermina ia fondatrice à acheter de ses deniers l*hôtel de Nogaret et à s*y retirer avec ses Û\\e§ spirituelles. M"* d'Andoïn leur doiiua des règles qui furent approuvées par W^. de Montchal. ËUes se consacrèrent à' Téducation des filles pauvres, auxquelles elles apprenaient^ la couture et la lecture. Ces dames, qui prirent le nom de leur fondatrice, ne vivaient pas en communauté; elles occu* paient dans la maison des appartements séparés, et nu se réunissaient que pour la prière du matin et du soir. Leur maison était située rue des Arts.
Plein de zèle pour le salut du troupeau confié à ses soins. M*' de Montchal entreprit, en 1639, la visite de sî>n diocèse. Il faisait précéder sa venue des exercices de ia mission, donnés par les prêtres du diocèse. Le 15 janvier/' il arriva à Lavernose, cure alors desservie i)ar Pierre d<j
TEMPS MÛDERNF.& 304
Bonnefoi ; il était accompagné de M. Flous, son vicairegénéral, chanoine de Saiut-Ëlienne, et de ses aumôniers. Le lendemain 16, îl ût faire la première communion des enfants, et fit eûtciidre une éloquente prédication : le soir^ il administra le sacrement de confirmation, et déclara l au* tbenticité des reliques de la vraie Croix, de saint Jean-Baptiste, de saiul Eutrope et de saint Martial. Le prélat, à son retour a Toulouse, convoqua à Tbospice Saint-Jacques une assemblée relative à l'administration des biens de cette maison. Le parlement ût opposition aux ordres de Tarcbevéque, qui ne se laissa pas arrêter, et frappa d'excommunication le président de Garant , les conseillers Jacques de Cassagneau et Pierre d*Âgret , les avocats généraux Thomas de Maniban et Jacques de Maimicsse, comme coupables d'avoir attenté aux droits de Févéque.
Le prince de Gondé venait d*être nommé lieutenant général du roi dans les provinces du Midi. Après avoir fait deux voyages à Toulouse, il y ouvrit les Etats de la province, le 25 novembre Î639, dans le réfectoire du chapitre de Saint-Ëtienne. L'assemblée fut composée de douze évêques en personne, des grands-vicaires des évêques absents» des commissaires du roi, d'un grand nombre de barons» €e fut dans ces Ëtats que Ton donna une gratification de trente livres à Mathelin et à sa bande de violons. Cet artiste célèbre dans nos contrées était né à Toulouse, et mérita, par son rare talent, d*étre créé par Louis XIII roi des violons de France.
L*arcbevêque de Toulouse n'était pas trop Tami des abbayes exemptes. Il venait de recevoir un bref apostolique qui plaçait sous sa juridiction les cbanoines de baint-Ser-
302 Tiiifs mBime.
nin. Ceux-ci reftisèrent d'obtempérer ii ce bref, ce qui obligea Charles de Mootchai a avoir recours au:& capitouls^ Deox foreot désignés pour prêter main-forte an prélat, qai se rendit au consistoire pour exposer les taits. Le parlement manda les capitouls, et d'après leur rapport la conduite qu'ils avaient tenue fut approuvée. La nomination des capitouls ayant été renouvelée, larchevèque lit signifier aux noumux élus un arrêt dn conseil qni ordonnait que cette nomination lui fût communiquée, ou à ses vicaires généraux, pour obtenir m certificat de catholicité. On déit^ bêra aussitôt contre cet arrêt, qui ne ftit point exécuté, à ce qu il parait, comme contraire aux usages établis*
Les lettres étaient toujonrs cultiTées à Toolonse aree éclat. A cette époque, M. Gabriel de Vendages de Malapeire, doyen du présidial, commença à réunir quelques littérateurs dans son hêtel (rae du Canard). De son côté, le célèbre Péiisson, dont la famille étiut originaire de Toulouse, de concert avec son frère afné, imita cet exemple , et en réunit quelques autres à l'hôtel de Carapunaud. On comprit que ces deux réunions ayant un même but, il conve* nait de les réunir, et M. de Garéja, conseiller du présidial, leur oftrit son hôtel pour y tenir leurs séances. Elles prirent bientôt le titre d*acadtoie; et comme les membres qui la composaient se rendaient aux séances une fois la semaine pendant la nuit, la lanterne qu'ils étaient obligés de porter leur fit donner le nom de Lantemiêtes, qu'ils retinrèot sans peine. Cette académie naissante institua un prix pour un sonnet en Thonneur du roi, donnant elle-même les rimes qu'il fallait remplir. Elle fit frapper une médaille allégorique sur laquelle était représentés, d'un côté, un
iipollon et de Faolre vm éknle atvec cette exergue : lucetna
in «itiOé. CeUe société, dout nous m pouvoDs ici suivre tonteftJâs phases» devint coDune le germe de Tacadémie
des sciences, inscriptions et belles-leltœs établie au siècle saivâAt,
Ce fttt en Fannée 1641 que se tint à Mantes, diocèse de
Chartres, la célèbre assemblée du clergé de France, à laqoelie Tarchevéque de Toulouse prit tant de part. Le cardinal du liichelieu n avait rien tant à cœur que daugnt^ter le trésor du roi aim de laire respecter son autorité : c'est ce qui le détermina à fistire rendre an roi un édit, le 18 avril 1039, dans lequel on déclarait « que les ecclésias- ^ tiques, communautés et autres gens de main-morte » élaient entièrement incapables de posséder des biens » immeubles eu raxice ; que le roi pouvait les loroer d m 9 vmder Imrs mains dans Tan et jour de racqnisilion, feute » de quoi les biens retournaient au domaine royal ; que, » d'après les anciennes ordonnances, il devait être distrait » au profit de Sa Majesté une partie des héritages amortis, »• ou qu il serait pyé uue liuauce équipoUeyate à leur valeur, » sans quoi les amortissemeots seraient dédarés nnls ; que » cependant, au beu de réunir à la couronne les immeubles » non amortis^ le roi se contenterait d^une indemnité, » moyennant laquelle les commAinantés et les ecclésiasti* » ques pourraient posséder ces biens». On uomma des commissaires pour la recherche et la liquidation du ditMt d'amortissement auxquels étaient soumis tous les établisseipents religieux, à Texception des carmél^s, des jésaifees et'des monastères existant seulement depuis trente ans. A la suite de cet édit et pour en presser i exécution, ou
304 TBMPS MODEBinS.
rendit plusieurs arrêts qui paraissaient d'une rigueur ei^lrème. Aiosi, il fut ordonné que chaque béoéûaier<:tui ne présenterait point ses titres dans quinzaine .paieraîi'lè tiers du revenu d'une année de sou bénéiice. De plus,,,pn fit payer de fortes sommes pour les insinuations» téeidplions des titres, expéditions de la chambre de ledit et des commissaires et les comparutions au greffe. De cette.J9e|^nière, les particuliers profitaient beaucoup {dus de- Fiàéît que le trésor du roi. En janvier 1640, ou rendit un second édit pour £ûre financer céûi qui étaient exempts dfis taiij^s pour la confirmation de leurs exemptions. Des {drâiles unanimes s'échappèrent alors du sein du clergé sépuli^r^et régulier contre ces rigueiirs extrêmes; on composa.:!^ livres où le cardinal était tort maltraité. >
Gependànt l'assemblée ordinaire du clergé de flfi^e approchait. Le cardinal, qui était intéressé à Téloigner, 36 servit du prétexte même de Tamortissement pour en dispenser Tépiscopat, attendu que des sommes considéral^es entrant par ce moyen da[is le trésor, on n'avait pas besoin des subsides de l'assemblée. Afin d'augmenter ces scmmds, le 6 octobre 1640^ fi fut donné un arrêt du conseil :pmé portant que tous les bénéûciers payeraient par chacune des deux années suivantes le sixième dureyenude leurs bésé^ fices, et que pour cet effet cette portion serait saisie entre les mains des fermiers. On colora cette entreprise e&^âéclarant qu'en payant cette sixième portion, oti serail>.âis^ pensé de fournir la déclaratiou de leur acquisition et du droit d'amortissements Par suite de ce dernier arrêt, les revenus dos évoques et des chapitres furent saisis. Aussitôt des plaintes unanimes se firent entendre; l'abbé de Saint-'
TiMfS modunbs. 303
Vinceût, agent général du clergé et frère du premier présiâeDt au patiement de Toulouse, fit opposition. Le conseil
rendit alors un second ai ièt qui fit défense aux agents, de ia part du roi, de tenir aucune atisemhlée générale ou partidilière.
Sur les instances de Tabbé de Saint-Vincent, ia plupart des prélats se î^éunirent ou s'écrivirent dans les provinces pour protester contre cet arrêt attentatoire à la libci te de TËglise, et que le roi avait conârmé. On émettait plusieurs avis : il ÊLllait écrire an cardinal, au roi lui-môme, prier Sa ' Sainteté d'user auprès du prince de son autorité apusLoli-
* qiie, et si ees moyens étalent impuissants, faire fermer les ^ églises. Les évêques de la province du Languedoc firent
parvenir au cardinal des observations importantes sur la ' eonduite qu'on avait tenue envers le clergés L*arcfaevèque de Toulouse, qui était bien Tune des plus grandes lumières de TEglise de France^ fut invité par. les agents à &ire le voyage de PariSj et $*y disposa, ce dont le complimenta - Tarchevêque de I^arbonne. Ëiéonore d Etampes, évêque de CSiaiIres, fit comprendre au cardinal que rassemblée ne serait peut-être pas aussi contraire à ses desseins quMl le croyait, et qu'on pourrait encore en tirer de bonnes sommes ponrle trésor. b*aprës ce sentiment, rassemblée fut autorisée; mais on lui assigna Mantes, au diocèse de Char- très, pour le lieu de ses séances, parce qu'en qualité d'évé- . que diocésain, Eléonore espérait en être élu président*
• Dans ce dessein, révéque de Chartres chercha à éloigner ' les prélats les plus influents, et fit presser Tarchevéque de
Bordeaux, qu il ledoutait, de prendre le commandement des forces navales qu'il commandait.
iT ta
Mais ce prélat écrivit des lettres très pressantes à lai*- .cfaevôquede TVmloQse pcwr le supplier 46 s» fitîre déf^iitar par sa province et de partir aussitôt. En même tempé, rat)bé de SaiQt^YiDceût éerinvt aux évéqoeB de la prdttaflb de Tonlonse pour leur dire que la nbminatioti de'CShaflêls de Montctial était indispensable, li le pressa directement par de très TÎves instances, le priant de prendre en maiti la cause de l'Eglise. Uasscmliicc de Toulouse eut lieu, et Farchevêque fut nommé. A peine cette élection lut-^Ue connue, qu'elle reçut TapprolMition générale : révêttifèWAMt écrivit à Tarchevèque , et en congratula TEglise ; mm lit l'arobevéque d'Auch, qui recommanda expressément atik députés de la province de se conformer en tout aux sentiments de rarcbevêque de Toulouse. ' ' - - ' A peine ee prélat ftit^il arrîTé à Pans que le cardinal ^Ufi Jit savoir qu'il désirait être en correspondance avec lui, fet •qu'il espérait de sa part an service absolu eiune jpi^ëàte de ne douter jamais de la justice de tout ce qu'il pourrait exiges de iuL Charles de Montcbal demeura mflexible et ne TDUlnt poii^lengàger sa parole, quoique révêquede llâAtesf» son parent, loi eut offert des chevaux payables quand il serait cardÂnalj dignité qu'il ne pouvait manquer d'obteniir. L'arehevêque reçut iin:a3sez froid accueil '^ucardito, qm cependant Tinvita à dîner^ et lui fit de grandsv éloges; Itli disant qu'il était au eouranl de son - mérite îst le '^tuSè!^ sait depuis longtemps. Il le pria ensuite d'ôtro favôtaftlë^lk Févêque de Chartres, prélat peu régulier. Mais l'tarcèèitê^ qne demeura inébranlable pour donner FexduMonf'^iji Eléonore d'Etampes. L'assemblée s'ouvrît à'-MiMleS' ïè tô.fiévriec -i^ijiet Haarohevêque dé Twà^ W^^W^è
rwKH «ODims. 307
Sens on furent nommés présidents. 11 régna toujours 1q
.pin» pwthk accord entre ces dens arcbevéqaes» ïun, ceinî
de Sens, ne prenant aucune détermination sans l'assenliumi de Taiitre; cetoî de ToBiouse^M»' deMoulehidjoiiaDt un Mb franri rôle dans cette assemblée, mi par les discours quil y prononçait, soit par les ccmimissions qa*il .dirigeait. Le cardinal loi faisait de temps k autre des |iré?ch
..nances et rinvilail à dmtï a Uuel.
. Ub jour que Varciievéque de Touknise sfy était rendu» «emoie il entrait dans la chambre du cardinal pendant qu*il leptandaitla messe, lUciielieu prit lui-même un carreau et ^e pls^ SOI» lès genoux du préiat, lui offrant ensuite une chaise dans la ruelle de son Ut. H le prit ensuite pai ia main, le présenta à M. le prince, lui lit mille proteslatioDâ» Jui asfifttffant qu'il aspirait à son amitié, et en même temps 1} ût semblant d'essuyer quelques larmes. L^archevèque était bien éloigné de refuser au roi les sommes qu'il de*^ jmandait sur les biens du clergé, pourvu que tous les droits inssent sauvegaidés et que les eugences eussent certaines borne», car il cherchait à tout concilier. KévêquO'd'Autun ayant un jour émis l uiiiaiou que tons les Lions do 1 Eglise .^ept au roi^ M*' da Nentchal la combattit avec force; le jid a?ril, H prononça un très long discours contre Falîénai^çn^e la,place de rece^veur général 4a clergé^ et montra J^e daittgei^s qnlly avait peur le coops de Tétât -d'airoir'un receveur en.titre qui pourrait se ranger facilement du côté iippp^é À Ja majorité de rassemblée^ LooarâiAal de Bichelieu, qui trouvait dans Vercbevéque detTcridouse un homme ^ufL grand, carabe et diuae diuUure peu commune, ^c^ait.de l^empe k autro'^ lui donnef dt^déplaisir; ainsi
309 TntM ttWBMItt.
Il s'efforça à celte époque de lui enlever l'abbaye de SateV Sanvenr-le-Vicoitite, qo*il tenait du eavdiDalid&lAYjatollès point en litige dans rassemblée de Mantes était les sobsides que réclamait ie cardioal. Sa Majesté , avait détnandé douze ééiit ïMé li^^ i fassemM^ èn avail'àteovié sept cents. Mais les archevêques de Sens et de Toulouse et quelques mitres-prélats avaient refusé de signer k déiiX béralion et étaient sortis de l'assemblée. La cour avait été instruite de cet incident, et, le 3 juin, le elianoelter dépui;a à Mantes le sieur d'Emery, qui y pr<mODça ùU'iiKseeuld^Sè virulent dans lequel il déclara que les susdits ai chevéque^ avaient, par leur l^traitei perdu la dignité dé pré^entsuél qu'ils aviaient fôrfeit à 'leur dévoir; qu'en conséquence le TOi leur ordonnait, ainsi qu'aux autres prélats, de se retiré d^ùs léùrs diocèses et ^ ne plns' se 'mékir <d^iicoi)i6f '^éltf' "bêration, sous peine de désobéissance. Il ordonna ensuite aux prélats de le Éikre, eti celui ^Toulouse de iDiitfOh Uettt^ la èassétfë 'idrt 'dépànèisiént nduî^i>eb eeûMt<â% années précédentes. L'archevêque de Sens répondit avéè 1)éaQc6tipdëfeiîUet6;«lcdinmé'^ oekd'dià'Votilotttb
ïàrrêta pour qu'ils pussent dire :idieu a la compagnie, et ife sortirent. On entendit al6rs dans Rassemblée un âonoM gémissem(biiftK^fc*Htiièsiër Vitrà!, êd'<tefêâAti«É' iMs^lif jeta aux pieds dé Tarehevêque de Toulouse; i'évêqfae' dfe Boulogne rembriai^v 'lÀéàm&t'«d8â'.'M«^^d^^ dit alors : Nolite flere super me, sed mpêr ' vm flete. A ces mots i'évêque de Nîmes lui di^ 7 II mibU que wus ik)us
ibant gaùdéntésà conspectndoncilÂh quia digniJyibiti mnt\^i.
rfiitiuit do celle aliaiic : L archevêque de Toulouse pat k eu nwrtjfr powr vm-fàm pamr pçut .persécuteur.
Rsrsonnedins cette measion n'égala la grandeur d'âme at rhéroique Icrmcté de notre archevêque ; il rûlusa.bardifiieaft deraidre à JBmery. les actes de rassemblée, et ne les remit qu'au secrétaire. Les prélats cuugédiés se reiidiroiU à Poifisy, et résolurent, de ne pins paraitç^à Tassembléet levs même qa'ils y seraient rappelés. de Montohal se rendit ensuite chez 1 un do ses parents, près de Paris, où M refiut tanlde^ vifiites qa*il fut obligé de s^éloigner dans la crainte de donner de l'ombrage à la cour. 11 arriva enlin litins son diocûse, A una Mené environ, de sa ville épisco*pale, il trouva cent dnquan^ hommes à cheval accompa? gnés. d!autant de carrosses où se trouvaient les présidents, les ccpseiller», le^eapilools, et toot^ la noblesse. Le peuple se porta à sa rencontre en si grand nombre que sa voiture •p«t <à peine se irayer un libre j)as$«ige. 4rriyé à Sainte jEfienoe^ il noeikla'. en çhawe et proi^ça un très éloquent .Jiscours s\»r ces paroles : Pax vobis. Sou palais ne désepr- ^ fBS' V!6m^ M^^ de Montcb;^,^ ^^^BXfpsé des
Jlfémoif«es très curieux sur cette fameuse assemblée de iUanleSi 4ans. le^^^ ie . cardUi^i ..4^ il^içbj^lv^u estioçt «l!ftailtcafté;,r ainsi <pe',pta^ear»;pré]^t$.de <|ette assemblé^. fR y; raconte, entre autres choses, la mort du cardinal de
imaniireà j^terles^plua 4^sQl4ii(f)s,^c(^tnclft« W ^^torn^ I ^ut de cette^ Eminence*
^ Pendaiit.soa séi^r.^P^i'j^^ M^'^e/Mû^^ le sacre
•deJtoHDnil^emiiktéTé|(|^ ^Ivi^-
uihacs é^ôque de Cahors, et dlleuii do MaupaSi évêque dij
310' TBifs mmtÊsm,
de Sofèze. En it>4i el le 18 jnai, ii reçat à Toulouse ia^ dernier souiHr d'fidnrl de Sponde, évéque de PaiÀiers. Cet illustre prélat avait eu le bonheur d'abjurer le calvi-^'^ vMb dAiâ le^foel il était ué. Il éoiûposa un traité sur les-' câ&etières callMdiques, on il parle des ttiotife de sa ebmvéi^^ stOB. Ordonné prêtre à Rome, en 1 606, il devlut le mod^ de toutes les vettos ^aîcerdeCales. yé d*ime étroHe âmHié* atec le cardinal Baronius, il composa un abrégé de sesgrandes Annales qui reçut les éloges de toute rfiuro^i savante. Paul Vie mit à la tète de la maison de ^éIn; Louis des Français ; som sa couduite cette maison devint le centre et le rendez-voos de tous le» hommes dislhiK> gués de Rome. En 1626, il fuL nommé par Louis XIU a lëvôehé de Pamiers, qu'il refusa d'abord et qu'il iai ensâitd» fttt^ d*aeeepter sur les ordres du pape. Après avidÉ^« rè(iîîî à Rome lonction épiscopale des mains du cardinal de Marquemont, il partit pour son diocèse de Pamiersî «il Hr fit son entrée solennelle le 27 mai 1626. L'histoire de son épiseopat ne nous appartient pas ; il nous suffît de àÈtj^ que, jusqu'au |o«ir de la démission qd^ -fil' en 'ft^éttr dé^ Jean son neveu, il fit briller aux yeux de son troupeau les plus sublimes feitos. : ; ' î
' Api^ s'être démis de son évêché, il se reiidit à Paris pour y continuer les Annales de Baionius, ce ^'il exécuta^ fusqu'à ràïinée même de sa mort. Seiiftànt ea: ft^'ainp^o^ cher, il vint à Toulouse et y mourut à l age de soixante-^ 9iinze ans. Son corps 1^1 enseveli dans noi cahresiHi'^taë» vis-à-vîs îdé grande ichapelle de Tabslde, il reposai encore. On y a placé sou buste^avec- une épitapfae que^ composât • lé' eéieiWe'liîMoiïiieii dé P«iie ^9iVm ¥t9B(mi^
n.iais$^ sa iieUe l)ii>U(4hè<2ue s^ui miaimes do Toulouse. .
(MW mênid année monrotle roi louis Kllli dboat la viUe. célébra les funérailles avec toute la magiiiiicence possible. Ûfèrmùu funèbre fut (Hrôobéo à Sain^Etieiuiepar Je c^* > tteme> Hofeur. An service lanèlir» succéda une procession générale pour l'heureux avèuement de Louis XIY, tandis qae les députés de la Tttle avaient an Louvre la première audience du nouveau roi, et que d'Espagne^ a gcuuux, liamngnait le jeune monarque. Les députés étaient de retour à Totilonse te 18 octobre.
.1 La reine-régente nomma, en i6M, le duc d'Orléans,.omàe du roi* gonvemeur du Languedoc, à la plaça du ma-^ réchal de Schomberg. Toulouse fut témoin à cette époque 4*une epleadide cérémonie qui eut lieu à Saint-Sernin pour. Yélévatiioa solennelle des reliqnes de ssâot Edmond et de» quatre couroniués.. Le 15 juillet, de Moutchai, arcbc:. lt(|le de Tottloiiae, accompagné du chapitre, du prepdar
présideiil au paricniaiit cl de MM. les capitouls, se rendit
da«e les crypte» devanlie ii^ où était .eo^v^i.te.corps é0 saifit Bdmond. Le sépulcre dn pierre, 4¥ui était renfennâ
une petite voûte dans Téiiaisseur dun^ur, fut ouyqrti el Ton procéda à la vérification des reljqiie8s'd(MktiP9i4re8$a la nomenclature. Les ossements furent placés dans une qat$ee.deb9is« etla.cai»sQ Tut déposée dimik^ljacbapeUe de la SfflfatOffipine. La> eérémonie de réléva^oot fut filée, an 13 novembre. La veille* à. quatre heures du soir, Tar- 4i0T<éqMO, .lectu^itrev les capttoula el^MM. d^-parlemiuty se rendirent dans les cryptes, et les reliques furent portées ^)j^n^j(l9i99>^iia< uidieu de. \^ grande, nef.. Apr^ le§ avoii; e«iem4e9iTjMiHkseigneuri\offiQ^ L^ topde-;
maio, 1|5 DûYefubre^ M»' Farclievèque se rendit à hoil. ' beaiilfi^ siatiQt^âails. la baailMpie. La aef' étsl^ofiiéé ilr^ riches. tentures ; toutes les châsses des saints qui reposent./ daAS Ti^se étoia^l 4i»poséoft ant des gradins. ¥if»-àirrYk^4vj:» trdoe de Tardievêque, on vcffeUt les ^siéges des 'é?lqim'4e£{ la proviqce, qui assistaient à la cérémonie au nombre de'l' hniU e^de cbiupie. -Qôlé 'étaîenfe rangés par âvdreàeft âia»>>i
noines de SaitU-Satuiain, MM. du parlement en robes i roups, l6& d^fitoora de runivefsHéj les Irésoner^ généraig « de France, les oapUonls, et toute la noMesse de iaoïib» «
Chacun des assistants tenait en ses mains un flambeau «
all|ioiéi la pmaîQUd ^t plaeée seiis les voûtes 'telBÉilBÉ^ <
Après l'évangile de la messe pontificale, Tarchevêqu© « m(^ ,en ^^9m pour adreas^r iiuslques. paroles jk>i>sît « sesoblée...- • ; ■ • , - . . j :■. * v;v.rv;qti «
Pendant qu on élevait à Toulônse les corps de œs saints^ « celnii de jt^i b-efg^rd^fieif^aiiie étottdéèowreriè KIm d» d;^ « manière suivante. Françoise Pérès^habitant à Pibrac^^etM n venj^% ea^^i^^^a^^^e dw I^égUse-panQissialev.YîâieniiBP le cariJAoBi^pJIfijBoJas.CSwiiMC^ d$f^la«d Aaroas. sb Ces deux hommes se disposèrent à creuser uneiosse \kfà4 sa vis>de.la$çlmr^. fis 0ii^v^^nlAn,e.d0s pieri^diai tenaieBiao le pavé^ de-i^égKse^ e<^ coflofflafiacèmnt 1i ^nr&vsssiSa^rrBfoo poiv^ y 4â],^^€^i le corps d une pare u te de Uo^B^ineU jàiBaB&i promiers pfQOhe^ . Hig^lls^efiissoTM'iietin; 6p«Kao3
vanté : il venait de mettre à découvert le coriisdïine jenne .ol ûUe dâtt$. ^wf^MÉ^^ état..d*iintégflit64i jCs^^adavie. se^toœrait^ijp si rapproQbé du pavé d9 rj^U$è.^<q!Mr>leroanltobnénr>((fai;«i^ sa pioiilie, (mleva un fragoi/snt. dq Bôz^.AussUùLUrançoisejbii Pér%^%^^iff^l^^fi^^ jjqpeuplB immé^'Qitiâqpoflridîfl
dê'Oillô étODuantc découverte. M. le cmé de Pibrac, accom^ pagDô de presque 'teas ses pmiesieBS, se raidic & l^égiise, etdôYaal ce peuple agsemblé il procéda à TexaineQ de ce CQf|i&'€^^iii fiappadtabordloi» le» fl^pedateors, c^estqaè ' la fraotom da net laissait voir titte chair vive et rosée. Tete les memlnres étaient^a leur eotier et très flexibles; le&MlHeiiieiil^ el le soeke qui eonvràiè&t lé corps étaient intacts. « La cbair, dit le premier biographe de la bien^ 9 Iwranil^^ paraissait seoslldement molle en pldsiears » eBAmHs; les<Hig1es des pled^ et des mains étsâent eàcore » adhérait k la cbair; la langue et les oreiiies, quoique
9 dBMdiées, étaient parbitement conêert^i. On
» trouva sur le corps une guirlande formée d'œillets et » d!^s:de seigle; les. fleurs étaient légèrement fanées; les ' ' » épis n'avaient rien perda de leur conlenr natar^le, et feir » grains dont ils étaient remplis ayaient la même fraîcheur 9 f^*eD tea^M ieî la ttolBSon; Un oieige 4tsât pfoeé entre les' '
» mains de la jeune ûlle. » • ; •< t
toâ^apeFQ^ijNMitètide la difformité qoe présentait une de .ees' 'likbhB ëtt\to' quel(pi«e't^^ éii6m^ 'eilî^es' aut^idn cou. A tous ces indices pkiéiëBFrs témoins, et entaiSEUlnë i^iaaçiâseiPétfèsv déi&larèifenl qne <^ corp^iètait ' '
celui de Germaine Cousin enteriiée k cette même place, daosjeetteiégiise/depaiâ ^quarante-quatre ans^ qu'ils avaient l consMvé 8ijtaoavenlrlî%sFidèli$<dé'^poqi^ €ll dè tdnVèë^' i les.circQjiâtancesde ses funérailles. On parla alors de qudM''"' qa^'éièiiBmenlsrt^e^^ideitiùië *coi^^ terrOy placé idails un cercueil ouvert, et le cercueil fiit ''^ ado68éjpfi>iîiul6der.*réglisev près de^Ijn diaire, de teU^ ind^ nière<qii'dn)ilôtii«Ér 'léqiieorpà éi>lMi^tttiiée:' fr'|iatîilt'què<'''^
3U: mim.mmmi»i\
plusieurs jUiûUf^ délermiiièreat iô curé Uq Pibrae à donneiii cette |)laeef.ai] mmi&l^ li n» ooifai'ailpaiMieHrt paa^dèilos^
discuter ici. Ou procéda eusuite à rcnterremeiit de. ia!
&iiiiUe €(mMD. Une grande pOTlie de la générathm cdAtefiB»^
poramo de Germaine existait encore; il eût été à dé^ireiTi que Ton eût alor» iûteiTogé.toiis oes téiKHiis et dressé desR actes authentiques de ces premières dépos-itious. En pro-.) Gédaot ainsi ou aurait MailUlDJeiuent sauvé de FoubU mûi iDôaHé de €ircoii8tatice& de sa vie* Ttmtefbis, an BombrQ(> des liabilanls de Pibrac qui assistèrent, en 164i, \\ la déit| couTerte .de sou eocps, et çui .aiRMent ieu ia^ pieuMritergarep Dieu en réserva deux que nous verrons, dix-sept ans plus; tard,; Tenir déposer, eu présence du Ticaire-géoérai 4eilar*cbev!§qa6 de Toulouse, les faits de lavie-de Germs^e'd0iill& ils avaient été eux-mêmes les témoi os. ; - . * " ' i ui ^
: Apfès ia:âéooaverl»<inei7eiMeu8e.du;ooi^.de^pB^ le dèl voulut attester sa sainteté par un é^lataïit prodige^ la^u^spAÎAstax^ée de M'?^de|fô^e : ooi/jinoD
Jte iBA^ibabîlaift eD;itoii maïuâr un riCîhe;<^1àlboim&f appelé François de Beauregard, coseigncur , de Pibrae, Uf était DOttvelleiueBt marié àtrès eii}eltouie<âanie^.^aitiif doi €litoeDt-4kds.'Le^del avait bén^ par la i^isK
sancedun fils; sur lequel reposait toutes leurs espérances.' Le corps de Germaineravait été plaeé dtiXKit .à. cAté<d^ote| chaire, et tout auprès du banc ûcigticuual de la comtesser
de BeauvegefÂ^'La, vue de cici oautovm pftriyi^saUàOKiuiAea^pj beaucoup cette dame, et plusieurs fois elle avait maotflsl^ hautement .le déiir jde le voir éloigoé de son banc, iin >uLir eUe ^éprotiva vnw t .^Up ^ unâ/ doiiiM»»» nvMtote ; ^ bieBÉAta jno/
utoère se forma : Tenlia&t ne voulut plus preodre le sem de sà mère et fàt réduit à 1» dernière eictrémité. Tons les médecins et chirurgiens de Touiouse lurent cousultés sans <|o'oii |4I apporter un remède à ses maux, qui pbralsBuent
acquérir tous les jours une intensité alarmante. Cotte isituatioa jeta M*^ de Beauregard dans une profoode affliction. Son marf , la vojfwit en cet état, lui déclara que sans doute le mépris qu'elle avait fait du corps de la bergère pouvait bieo attifer sur elle un ctiâtiment du deL ToDcd^ de cet avertissement, la comtesse se mit aussitôt en prières et so plaça S0U6 la protection de Gennaine» dont la sainteté Qisaiiimçait à jeter un certain éclat par rinveation mirar ouleuse et toute récente de ses ossements. - i^endailt een. sommeil, la oomtBsse M profondément agitée. S'étant éveillée au milieu de la nuit, elle vit sa chambre subitement sillonnée par une clarté toute céleste^ ef linéiques nisfents apr?)s, elle aperçut la jeune bergère qui venait à elle environnée de la splendeur des saints. * Germaine ravertit que sa pilèrô était exaiieée, que son^ ulcère disparaîtrait, et que son enfant reprendrait subitement ses forces. La vision disparut* de lieauregardii né pouvant eonlénir les transports d)s sa joie^ sert -de sa chambre, éveille son mari et ses domestiques, leur raconte lar tislt^u merveilleuse dont elle vient d*être favorisée et la promesse qui lui a été faite. Au même instant Tulcère dis- ' paraft, la plaie est cicatrisée, et Fenfant reprend sans di£â* <^lé 'ô» mémè sein qa*il avait liaguèria rejpbossé avee Uni • de force. • . . ^ - >• » .!•*
iilje^ lendemaifiv'ia pdVQisse ^de'Hbi^' Vil un speciaolemidiiBiil digne^4MimiratâM açeom*
S46 TmwmBMMi::
pagnée du comte soa époux et de toute Sâ maison, portaçit eÊÈm-m hm Bfin pelit;«ii&iit, se Mdità ïéifm'k.rÊttà^ malgré la longueur du chemia; elle y fit célébrer une messe solenoelle d*actiou^,de.gi*âce&^ se prosteraakumyieb ment'dBTant le corps de la bergère et loi offiii soa mdaÈxi. Elle racoata à tous ceux qui étaieut présents les fayeuiâ dont elle avait été . lunaorée, et. pour montrer sa gratiliMf^i elle s'engagea à faire hommage d'un cercueil dei)l(»aûéb pour y reoiermer le corps de la bergère. Parmi les dûoaesi tiques de la comtesse, se troo^ uoe jeuBe- fiOe de^gU six ans nommée Françoise Pagèse ; elle fut le témoin lidlale dé cet évè&emeol, et l'attesta sons k ioiido. sen^ent^ eà rnuote lTOO, à M. Horel. ' ^[u^uff ' te cercueil de plomb aya&t été disposé, on y placa^ le eerps de la. pieuse berg^çetoe pft^iBUfii.dépôtifialitiain^ porté dans la sacnstie. • ' . . .v',^: n;;')
Toakmse Veorichitiàcelte époque d'une ooufiBeiajâeveâ ilue pies tafffl tvès télèln quiîMrètablîe'SOQS<ia)àajdl nom de Jésus au couvent des dominicains, par les soins Jet Ifi' xèle^'ii^i'Guilianme MotUiiea^ jpdeiâ^ de eette'ioaiisbQ. M de Montchai ca aiiin ouva les règles. Il donna atissi son ai^^tiûu ài des statuts que :<le&.idomiaiûaias!i(aa^eol dmsâs {looi> une BmisoDr^foiphelhial^ pbB^aotisri^dîBB& tion des religieuses dOi Sainte Catherine. Ce derpieiijiiO|. àastère .pe(rdit-iadrar8a;|H|^rev Ja0queiiadtdeL€av8is.imi9)| de Pierre de Rabaudy. Cette fenmïe avâk^eeiftmèocé'à cueillir daa&:isa i maisûâ dasifi^es pénitentesr quiipbiSi 4ei4 forent'iplaeéissî âti (x>iiTeûtHilé41a!.'MeâeMDë^i|^ tôliers, et cuiiu coniiées aùX- dames du RQfugei^rqelUii TaantUfrP'^ide est eëëir&'daiis^.las'iMiDalûStdûfiVinis^
mmuQWBiiRi» 34T
par m bautô pieté et sa scienee, or «lie counaissait la Uairtie laUhe ûi le» Père» île ITfigttsd, et parlait ptosto» langues virantes. Elle mourut en 1644 et fat iuhuniée ëalië'i'église dd S^iiite^^tberiiie. > J'Llaaifiée- aifvante, nevrat a«»si k' Toulouse dom de Euade, ancien cvètiue de Couserans. Avant d'être élevé à l^é|ii0copat, Brano de Ruade avait eoanbraesé la règle des ûbartreux au niDnastcrc de Vauvert, diocèse de l'aris. ûemre de Beileganle, êvôque de Ck>useiaDSf ayaot été tlaoîi§ré'àrarebevéctaé de Sens, désigaa an voipoor liiî eùccéder Thumbie chai treux, qni ne céda qu'aux ordres da 94m iKéoéral pour acœpter la icharge pastorale. Dom de
Ruade luL siu rc II Paris par les mains de son prédécesseur, et pôt > possession de révéebé . de Couserans m II fOiivMfluoe dioefeee pendant près de. vingt amiéee. Vers l'an 16iO, son âge et ses iiiiii mités le foreèreui do donner eavdémiasiûa defi'Son siège., il se Tetiraiàéa ebartreofie de Ifoolouse, où il mourut dans un état voisin de la folie. 11 fat^MmiBé au. .loilieu du ^piire de 'la communautés > v •o(ËtaiverBalé.'de Tcmlcpiss cbardlkait avëo (enafÉesson toutes les occasions possibles de continuer sa guerre contre tojtettes: La l'^lsâilâil^'eUeiis^^ aai'jeémr^pt de^iAugustins podn âtatder-Bin^' UB^miivrage du P. Ànnaf^ poitaiitLpeâr titre : i>éi/èas# dê ta smneâ^^ wog^ane^ Qd rellr flini,âd|fedo tôtètitofur/son^opiMis^ qui l'àscal- adressa la dÎKMseptième et la dix-liuitiëme Lettre imkMiBliéy »iBgitflprofefipé imdap^ et lâ lW(409ietà7Tèiflotlse; niK6iai^(9l dirigea, en cette villei' eoiiynÀ>^ateur».'èebieûiiége .daiila compagaie. Pênmi lekiiAmbnttiimMwdgeBiiëQiiiËi m fdpmiEl» 'dn ''dKtîngilfe
318 mu» Mnm.
eielui qui fil l'objet de la cemurc de notre université, et où ranleor traite 4)e ia Samce WÊ&y8»n$* Pour eiiteiidreueas mots, il faut observer que la science en Dieu est Tattribut par lequel il coauaii. tûvit€|S choses. Or choses '.soDt: 1* on simplement possibles, 2« on existantes et-de^l exister, 5* ou devant exister coudiLiuimellement. Cela posé, les théologiens distinguent en Dieu trois espèces de scieiàÇj^ eerrespondantes : la première se nomme science de sim^^e intelligence : elle a pour ûi>iet les choses pos^I^s; ^ deuxième se nomme science de vision : die a pour les choses qui ont existé, qui existent ou devant exister;, la troisième se nomme sci^nce ^nç^mm^ parce qu eUe Uenl»,!^ milieu entre les deux autres. Celte dernière a pour objet les futurs condiUouuels. L'école s'est partagée sur la science moyenne : on «r appelé molinistes et çw^ru^M tes sans de cette science en Dieu» , et thomistes les adversaires, iû P. Aunat se montra donc le défenseur do la sci^tHif moyenne, et les docteurs de la sacrée £»cuUé de tb^qlogie do loulouse défendirent la lecture de son llyre.con^fi^ ayant été pi^blié sans rapprobation d^.doçteuRS. ^. \
Ce n était pas seulement la [acuité de tliêologie qui.é^^ opposée au^ jésuites. : le chapitre de $aiat-£tieane s^assieoi^t
Lia exlraordiuairement lu ï 'o mars 1^46 et \>ni la deiii).^7 ration, suivante : .
« Le samedi 15 mars 1646, au Ueu capitulaire^e V^i^ de Towlouse, à huit heures du matins fiu^eot pn^ésenS) assemblés en chapitre MM. de Ciron, chancelier; de Maran, grioaui-arçbiçliacr^. I de ]Uen(ut,, chaire ^ Ca(elp, l^t^f^e.
(Boidaj, liarfassi, Audèie, lioyerv Fions, Tousio, La Bourgade, Dufaur, Lalbal, dn Panté, tous chanoines de ladite
* Le sienr de Maran, célérier et grand-arcbidhicre, a
rap|)orté ((ue ces jours pass(!s un P. jésuite faisant la doc- •trina ehrétienne» à TégUse Saint-George de cette Tille, auroit publiquement dissuadé le peuple de se venir confesser k celte église ces fêtes de Pâques , mais bien â!aller îfi leur maism où il y a d*excel1ens confesseurs ; et sur ce auroit protV'ré des paroles fort indécentes et scandaleuses ^i méritent punition. Sur quoi a été délibéré : que inhibl* ^lons et défenses seront faites auxdits jésuites de faire dorénavant la doctriae en ladite église de Saint-George, ni en 'aucune autre qui dépende de celle-ci; ains que d'autres prêtres seront commis à ce faire; et que MM. les cêlériers commanderont aux Ticaires desdites églises de ne permettre point que lesdits jésuites y retournent; et qu'il sera informé d'autorité de M. 1 ollicial desdites paroles et discours indécens* — Signé de CmoK, chancelier. »
Les ennemis de la Compagnie proi)ageaient une certaine prophétie contenue dans le testament de messtre Jean de Càh-îère, conseiller' au parlement de Toulouse, et dans laquelle ce magistrat représentait en 1561 cet institut comme dé?ant exciter de grands troubles dans TEtat, et se montrer ennemi des rois et des parlements. Les elîorts des adversaires des jésuites devinrent impuissants pour arrêter !è cours de leurs travaux; ils agrandirent én effét leur collège, et obtinrent de la ville un subside de 2,400 livres piôlor construire de nouvelles classes.- '''H'*' de Monlchal parut encore avec éclat dans l'assemblée
du clergé en 4646 el y soutint les dr'oits de l'Eglrsei Ad moiSide débémlïrâ âë i*anùëé^^itiintô, il se tMiiviMPaii^ sa ville épiscopale, et fit transporter dans Tune des ctia^p^les de là calikédrale (telle de Saiot-Aleiis) les oorps ^d^ Baymcmd iScriptor ai^hidisMi^'dé Viilelôngue iët dë^BerHÎ^ son clerc, massacies à Avignonet. Ces corps reposaient depuis l^'^daus le clèHrë de SÀim^fitieDne f41s^fbi^ placés du côté de révangile. L'inscription que M*^ de Mùûicbal ôt graver indique eocore le lieu de leur sépulturev^^^
'Pleiu soliidéudë péni- k Si^^ilmé eeâéiîai^^ publier les ordonnances de saint Charles Borrôliiée, eh et dëeoihitôglia-éëtt^ 'tf^u ihandëtf^
^oùîîl ûî m magnifique éloge du saint archevêqiie de MilSlif. Ce fut ik i un des derniers actes de son administration, ckf| ^élàiit HBiidâ '^x Etsife do^ I^uguédoc à'CÉdïàé^^ )f ^ modrut le 22 aoùti Sentant arriver sa fin prochaine,^ âemàiida leiï deriâei^ sacif^mentsi #iF)rë^ dési à^iii^'^
mots : Mmanus tuas, Duminej conimendt) spîriiiii^ meuiîi
mort de cet éniinent prélat^ 'qne les chanoines de Sainl^ £tieune se transportèrent à Garcassoûûe peur iPéèl^ttéHk
de spïéndides funérailles. On y voyait Jean-Louis de Ber^
«Hiér. 'évôqué dd lliéékliéai^ Daffli^^ de^L^^
Fossé, de Castres; Pierre do Marca, de Couserâris*^ ÏPrançtiit
de Cauletj'de Pamiers, qui prononça son oraisort ftm^re.
n M'iiÉh]tàé>èaà$^'!éIsàiëkiàk^^ iMt piéè^^NP#ÔÉfe
pal, et ■ repose aujourd'hui danfe lë i no^fead'^'éÉii^àu dëè
TIMES HftPKgtnifi Sêà
. Tous les auteurs contemporains célèbrent à l'envi cet j^iBj^able prélal qui, peâdaal yiugt4r0i». ans, d épifiCi^ pat^ jeto le. plus vif éclat sur le $iége de Saini-Satiiriûiu ^^(Q^c^,ecclésia:^iique do do Moniçhal tenait du.pro- /^ge» 'riBA ne lui était étranger : il possédait les langues Jiébraïques et grecques. Il annota les historiens primitifs de j^JE^lise, et ses aaaotatipos obtmreat les suiïrage^ de toat Je-iOlergé de Fraocee II possédait vm oonnaissance appro fondiô de tôu;s les conciles, du droit civil et canonique* ^'étooaajOi^ i^agacité de son esprit lui facilita Vacquisition toute? le^ sciences sacrées et profanes. Il avait formé à jUjjTfkiids fcais .ji^ae iounease bibiiotUèquO; parti^ulièremeat composée de mousorUs hébreux, grecs et arabes qu'il offrait vulunticrs k tous les savants de son îiiècle. Plusieurs nj^aijyv^crll^. 4oût il était, posaosseur Durent imprimés ^aus la suite ; tels que la synopse .des lois de Psellins, le Aiiscours de 1 empereur Léon sur saint JNicoias, les /oejuvres
^çres grecs sur les uvarigilcs de samL Matlhieu et de saii^^
^ar<«T.^^i^9'^i»^)i^^^^ ^ m .loi pro?
liguèrent tour-à-iloar les plus justes éloges; les épUres ^citij^t)çs ^^(^iy^rs autetir^ qui placèrent leurs ouvrages ^l;f«»^s^&fM$pi(»^vQ^tf(I^.aa,f!re{9I^^ la^i^riéM
de tus connaissances et la fécondité de son génie. Par ses
g^î^qpn^,fureîitdonnée$,^i|ipphliG. r». > ^ ,.y,Mm PP^dQns. up, .^r^ jf^pd ^Qijjbce. (J^'prdonaapcos 4y)f> 4f^^(i|^]|M4,,siiir |ilf)siw^;P9iiijÇ^;.de>
^iiçlé^ia^lique, dont quelques-unes portent le nopi de so? vicaires généraux Raymond de I^affont, François
8tt
Pierre do Flous. On remarque parmi ces ordonnances eeUafl lpli ôatpoor dbflBt la tnmlfltlNifi 4» W. Tétkiae?M sdintEloi aux doniinicams; «t F^Vation dci corps de saifït ËdmiMid dans h èasilique dç Saiot-Saturnin. .teiMéi&âuiai sur lé . minisfèiSB da cardiad^âe J^beira ooïkt là Mal ouvrage sorti de sa plume qui suit venu jusqu'à nousv On troQYe enme.plasieiars de m iellrflfs el de sâs» émm9$ dasB les procès^eriMilx é9s assemblées du- clergé de France* Le célèbre. Balzac entretenait avec lui .une mug^ pondance saifie. ' oo^^asl
Grâce à lactivité de son zèle, plusieurs établissements religieux se formèrent sous son épiscopat à Toulouse et dans le diocèse. U érigea tm séminaire dans la paroissé^ W Saint-Pierre-des-Cnisines. Les dames de Samte-lirsule et de la Yisitattion àgrandti^nt lenihs motiastèrès; leâ"première$ s*établirent à Grenade, et les cordeliers à Flsle-Jourdain. Il fonda et dota la maison des missionnaires du diocèse à Roqoeville, dans la-i^a^ôlsse ^d^Wmtf^tecard, auprès d*inie antique chapelle dédiée ^^.jl^^ier^e.^ W du Refuge eoDstruisirent une nouTeHe maison dans la paroisse du Taur, et les carmélH«^ dÂnsf^Cille^de SaiiAt-Saturnîn^ Ubôspice Saint-Joseph-de-la-Gràve fut considérablement agrandi, et celai de Saint- JacqniBS^i'e$«l,.im nop^èl ordre de religieuses destinées au service des malades. H approuva les statuts dune célèbre confrérie érigée à Sàint'^Ëtienne en l*honnenr du saint Sacrement. L'église de rinqnisition fut construite et enncMe de' plusieurs tableaux roprésentant la vie de saint Dominiq£ë'.''Iiès capitoùts décorèrent le tombeau dos comtes de Toulouse, et placèrent sur la porte une inscription en vers latins, dans 4e goût du temps.
de Monterai douua tous ses soins à la conservatioii #isilneiis: de' soa aiiltofôelié, et put Téoair à la mense épiscopale plasiears domaines que ses prédécesseurs «rsieiiit aliénés, il restaura le palais épiscqpal et lit placer bette iihsbriptiiiiâiBhdMsiiS' de la porte 'principale : BmMt domui sei'vi lui. Domine, ut sit in setnpkernum coram te, it^tîâte «leore à Toulouse den& monuments «OBsaerés à efc luémoire ; le premier est uae inscripôôn gradée donb l^égtiee da Taur et qui a trait à son arrivée à Toulouse (1); le second est son épitaphe (2). ;
(4J HELIGIONE . VIHTL TE .
Oi; :1. i ' . '
GLORIA . BT . EBUDTTTONE . INCOMPARABILI . iO A. ILLf ST . ET. RKVEREND. " ' ^
g$'f 1. > • : fifi* CAROLO . DB . MONTCHAL . RBGI9 . €ON«)UAUO . , /
, ^ TOLOfiàKO * ABCBIBP . DIGNISSIMO .
.llii jî:. CàTBOUCiB.VBatïàTW.'LiniINI. " i • : ■ '
. , suo . uam. . mos^Ni . tabpu .
^ fOraU . StDàTUBO . ^
* ^ QtfOD . TnRBMVH . sonsutsr . '
no onoâ»?.??!.''^'^''"" - ""•^'fëtf'lfâù &
BT. ECCLK^^lAE . DISCIPLINA.
-moi o\ limyTOÙt' ^W^» - kîiii;^ :)iv'
SEDIT . ANNIS . 23 . AETATIS . SDAE . 62 . ORIIT .
TnwAâKmmr
Arépiscupat de de HoQtchal m rattache la pabik^b
trouvons d'abord le livre des Vèiffiuê momies et chrétienHêâ et ^ : jdotif -M Samt^^t,.. puMi^ pac; ie^ 1^ i/A'^'^^^
Q&Yi^e composé coiiire le ÀmQ de Vincent ila^éeU sud Fiiniiwnlte ccmc^j^n do lai saiatei^eiSei>Ma9iit;^|^Qifo MUeur Jean' de Satnte^Bfarte, docteiir de la faodté dedF&UH toose. I^e but d^cfît écrit, ost . de motrer ia vôiUâlddcjiiâ
martyr saint Saturnin, par le P. Odo de Gifisey, dô la coriit PQgoiû de.JéanSf jaqitfag8.4|iikj)(|i pi:^ et n'est q«*iin.-tla9H ddinbles.'' f» ." -'^7 J ur- 'ofMq A Vépoque 4^ la mort de 31^' .de Montcliial i 'Elieaaô
ouvrages. Cet es.Umablo autour prenait ie titre ; de-' pr(?^r^? tolosai». Il naquit à ToulûiiS0u.VdiiSv )'aiu^'^iâ^A^^ avoir &ît ses premières études, il s*adonna à la jurispradence, et prit le grade de docteur en droit civil et canonique. Dégoûté du monde, il embrassa Tétat ecclésiastique et se livra à son attrait pour la prédication. Nous le trouvons en 1610 à Paris, haranguant Louis XUI encore jeune* Il se fit entendre avec plaisir dans les chaires de la capitale. Apres avoir parcouru la plupart des provinces de France en véritable missionnaire, il alla se fixer à Fermitage de Nofre-Dame-de*Garaison, et voulait y finir sa carrière lorsque U^' de Montchal rappela à Toulouse et lui confia la cure de Saubens, qu'il garda jusqu'à sa mort, arrivée uq peu avant celle du prélat son bienfaiteur. On a de cet infatigable auteur : IMa Vie de Afs' de Donnadieu de Griet,
éf9è(fm.à% Gomutinges; 2*" le Lis du f al de Garaison; Bnmistoir» de NoIrd-DainMe^lâfle de EPOsoUres; if Bouquet à& myrte de TAmante sacrée , qui n*est autre elMi86i4u*ttiie desoriittoti des» livift fMtreôuros parie Sai»* Tcur dans sa passion ; 5* les douze fondements de la Cité deJDiieci; 6^ des CoDiréries péaiteates; 1"* les PoUUques diré|ldiiii«B; S* le Mystère de la Crohi; 9> les Œxums mêlées^ dans lesquelles ou trouve un panégyrique de jyraêèïXIU» QQ dlseoiHB.aQ roi, le réail de la conversion â»^if^^et^lP*i'de Fontrailles^ une conférence entref tm jéraite et ua ministre de Montauban/ plusieurs discours acqdlmiçies 8«r dîners sujets ^gmatiques et moreux, tin • plaidoyer sur la préséance des avocats sur les médecins; dasiattres dmrses et des pièces de poésie; 10* un panégyrique- historique de -saint Tliomas de' Olniorbéry^ Tous' ces ouvrages d'Etienne Molimer sont écrits d'un style très éiApâ ei^pf^seiiteni pemUntéfét* i ' : • ' *
iù îKn'jî-'.s" »! • t f ' . , .. „ • ij ['!.) >u 0 - '
, LIVRE xxxyj. ^
DEPUIS LA MORT DE DE MONTCHAL , EN * Ï6Sil , JUSQU A LA GONDAMNATIOir DU DE FÎNELON À tOtlLOUSE^ klH ï^dl^l^^
.:^ ; ' •/ , -vj jinilH
Têehé de Toulouse. 11 était Ji&^m prè^ de la yiUp ^ P^a ou Béam, 4aii8 ie maao^ .de^^ aiE^tepf^ai^j^iiPQ^ ddlfor^iet de GaUierine de Lartet. Il fat baptt3é daQ^,!^^ moiaastère «d^ SwtiJRierre^OrGé ai^ :dip$^8^i.'4g| T^otes^ .4 fit 8« proqûèHTfiâ éludfis l^t^fwh.^ eosnltoià Toulouse. A râ^e^de^yingt-deux aus^ il fut créé^BSi6y}§fê(à>
paguie. Gonstamoieat fidèle a la loi ^Or^sesraneélresy ^ iip^ tout €i^ œayr^ pour ^élruive, dan^ sa patrie, Théiôô^ii^
reiigiQD catboliqifô devait être rétablie <eo BéarDi/ j^t^i^
KRglMWteldei Forgues; dontfilrrom plpçieur^ eo^iH^^^Hi p'U perdit, m Déjà; twiii^ieatiieof • telles imm
çonnaissanoe aPF<^fondie deSiâiviûes ,Ec^it^r€s et des conf ciles, son zèle pour la propagation du catl}^ilt^i$ipic||utxi^
TEMPS IUMIBIIII8. 3S7
Le i ui ayant élevé la cour de Béarn au rang de parleméat de France, Pierre de Marca fat nommé président avec dispense dage et de finances. Le premier ouvrage qui sortit de sa plame lut la grande histoire du Béorn» composée d*après les monameots authentiques* Son rare mérite le lit appeler au, conseil privé du roi; il fut alors invité à régoiidre à m oqvragie qui portait le titre CiOptatus GaUus^ et il le fit en publiant son livre de Y Accord du sacerdoce, de Empire et des libertés de l'Eglise gallicane, livre qui blessa nn pea les oreilles délicates de la cour romaine.
Pierre de Marca avait embrassé Tétat ecclésiastique ; il fA Ébmmé par lé roi à l>éTâché de Oouseraos. U erut ^iÈd^ uCile de publier, à Barcelone, en 1646, un opo^e explicatif de son preuuer écrit. Cette puMicatlon lui ouvrit MWolè à lii cooBécraticm ^isoopâlB, qu'il i«çatrk NavtMM; ôa 1G4S, des mains de Varehevêque Oaude de Rubée, assisté de Oémeni de aomiiv évèqtts-^ Béiîérév^delU* cmiWfmsÀ\ a^ ât^lè"' étél^CHNS^^'^i^ Barc^ooe par Té^éque de Babylone. Â peine a^ait-il prêté
noiiamé à Farcbevêché de Tnulouse. Il écrivit à celle uoca- ^June^lètlife à^inaeeenl X, daàe^làqoMle' il4^ regardait mmm M^ê êms^^]mt^ff^lîÊ^fm r^pi^aeieMul
historique entre saint ËKupère et louocent ^^ Immédiate^ m» 4^ Itt^nMtiiittiéi^rilpFétâ !Mmit- 9(1^^ bientôt après pour Toulouse, où il arriva an mois de mars Hôëv^^ait Maèé-ebstifiém«i^4oate éspèae de sc^iôté
iltoù^ 1^61 ^pouvmis passer ici sous science la manière dont il se conduisit dans le gouvernement de Gatalogne^tiili^M
m^ii été copQé par 1^ XQÏ ; il y rétablit les fîjmuces, apais» ^ sMWqiBi iteikfii»a ITaiitocHé i^oyald»* sâ-âtiumlir.t^^dBS-
pectcr de tous, à lal point qu'étant UhïiIjc dangereusement
loiiis qu'il (ionoa à i'admiaistr^tiai^ de cette proviujsejna ée' CtOaionia illnstrata, où Foq trouve rassmt)^é tout:
mMv' surfcatte profiiise^ Il ccnnposa eoeomiioiMMOfins
taire sur les Psaumes^ uBe dissertatioQ Stir la primauté lf£^|i^âe:L7€Hl el de 4|«^quftS:aal8es;jifi6:'fefiôoâ4 ééeret du pape ^^gtt^ p(W ^fiiaiiatito«âo duqiiidm
i>Oûale geaécai;'- • ' '* ■ > ^^;!iJi'i
•u éfki^ %init tiei^. lA'{MyUi«m. â&jSégoiûnof
évêque de Meaux, dans la ckapellc du Pclil-Bourbon j\
Toriouger par preimmiir, dio ^ i^ënâttrtaiiKriEtstardeolll^ bonne. I/annéa &ulVai^i comme (^a vient de le diraié)^>s<gi nsQdll à.T(»A«»eiiScik'pr«ti^r setn Ailâ^étid)tole9 petUs-
augusUas à la place Saint- Geor},'es, auprès d'une cha^ielte dédiéû à aeosmt>,et oùi s& tco^^v^itaiis^iiJiiu^hupitÀl
p^^ovinoiale qui se tkt à Toulouse péu éc t^emp^ ap^èi^ ^^UI
clergé deFraiieeiquI iseftiiit'dâDS 'Ie^aDQées 1656> eit Mïïh^ Avant de partiri ^ûttn ia* o^iiiialpv^'ûûiiûa leiis|«iii d& sus^ dtoeè^ein iRiftfrtf tFii|i9t^ i jRainttondrd^nKiÉaDifil; oDlifeiir^im vicaires généraux, qui rendirent en son naiiiii:âne^))reiDiènfd[ o«d<moanidi'SUV to9Lirrâii)iii0iWâBl dont laatégliielrièlâi^éë
âié&leec 'orâoaoaace que CQofirma Pierre de Marca. €d pf^V0f»il^*éirtiiaommé h Parc^evdoliéde TonloiM
lorsque, d6 coDcert avec les autres évèques présents à toi», iil 8ipa kl lettre par m éeiite au pape Ibiioeéiil X»
en 1053, pour l'acceptalion de la constitution qui condamâait^'lês «iaq lameufies propo&itioDS de JaDSéoius, aîasi que aeltd (pillK écrivireiit li ce sujet k tbns les^étèques de France. Nous trouvons encore sou nom dans les nouvelles MriBtqfuI Ittrent éeritefe par lids* mdmes^ évêqoes dans k» années suivantes, soit au pape, soit au roi ou à la reine, sait au «ardiaai* Le septième jour de mars 16116, de Mampdeki paroie.4aii6' Tittaeiiiiblée, crt déelara qa'àprH avoir pris connaissance de la bulle d'Alexandre Vil sur Fafiù&ire du jansénisme, il concleait à racoeptatèûo de «elle bulle et à la rédaction à*m formuktire, qui devdt'étre'^gné par tcmslés membres du dergé séculier et régulier, sans en eiceptet^lm coiMsaiifltttéa; éoA feixànési'Aiû&i Farebe^Qé de Toulouse se montra l'intrépide adrersaire de la doctrine jaiiSéQ'»téelle'atfmseird0S>droits^ ' '>4Alu<f eoimîléièétoènl id& répiscopil>^e'|Vfi»i{m> %é Mtoa se ntttachent> quelques laits digues d'être rapportés dans eetoe faifeitoirbj^Lef premier ^^iifise nos regalnl^eâl) l^éfabli»^ sèment des séminaires. A la fift^de répîscopat do M*^' de M0Qlslu4Ç'epi{ i6âl, il'iexistaic à Touioiise>un séffliâaire»
sur-un londs (lupendunt des biens de la liunillo de te iioiri? peœ Mb ftà^moiid iBoimàly (irélrev déctem^ieii'tliéologievqul avait institué, en 165ô, une comuuiuauté de prêtres, soufe lnéH»i(i^e>iiSawte^Marie«'Ge séminaim ,£ut établie auifaii-^ bèurgiSMeB^Bdi imb lannio qui porté wfumi U^'éê^
Montchal, et après lai Pierre de Marca résolurent dè fôt^)^^^
tence en lui appliquant un legs considérable que liÉÛ MM. de CktsU, dOAt I-uq était curé de Baziége et ràiairàr caplto^l, àvàleAtlÉssS^ 1^^^ af|«à'fl(llDMftÉ>pfi»f de la porle Saint-Etienne. Mais les contestatiotis surveou^'^ empêchèrent rexécutidn de ces i^loDtés. Vers' la «ÉMè^ époque, lé P. de Saint-Pé, préH^de FOriatoh-ev'fiW'^fe"voyé^ à Tooïeuse poar y ^tal^ir un sémioaipe, d'aprèâ les ordretr] et àVéè^Ieâ^'fcmàè db èanlihaï^'dettitlliélîeb:' Gé'flifoièt i^i«> point alors de suite. Nous ïii^renons d'une orduniiaiice des?^ ^ii«6>généraùx dé Ms' de Mfttiisa, qii*eQ 1^ il^existfaiti FMl^èbfe ^minaires' è^tbQlàmé, d^fis l\A<'âéi^€lll?lë^ ordinàntis devaient passer^ trois mois avant de recevoir les > (M^v ie idéÉi^ dë^Càjrtaeltig^a ClÉl^tt^ Ut legatt^ comme celui do di^èse, ainsi que l'indique Vorcionnaace^ de Ms^ de B0Ql6O(i6ttt; eu date de raueée l^ê4y CSedtP iÉâtô[^^fB|3iBd6i^<N^ 4^^^^^^^ IIP Afigiftctt)
(Jtieiques années plus tard ■ . '•'''^ r- ^^ ^- '< . i nrh?:)
Ttmjm^ nouvel ordre coufttt SoilS ié nom d'HéspHiillèPesiâ Le bUt 4é €ettô 4uétiltitibn charitable étail^4e^ prbdigiiêri
dans le monastère même. Ces dames obtinreat îaîpfertlfeaf
tm d*«in"^ie^«id*afgeui»' aâi «iifii^ttie^te^itîSm^itf. tem
établissetueut -était ^itué rbe Matabiau, ^^âfu^ptièftt^^^CGd^' aûjoanâPIl^ IdddiHântt&iftiifléiligQra ^^'^ Inomoiuaâiiuoq ' Toirtoufeerlut alors' 'téttifoin d'une giande cérémèniie' relias gieuse^^ai^^'pû^ ii)hiel~Kôlévatid^ reliquat ij^^saiofe*
Raymond. Depuii> la murt de, ce saint personiiagc, sua corps
P^eâtt-coU4g6..Bii i652v peste ayant ravagé la ¥illa-4e. Xôrtousô,. le prtewj^at et le8.capitpuis.,iirent.>WMi d'offrirr
saiût. Le ilcau ayant pris fin, la \ille se mit en mesure crac-,
cgmi^ m Y<»Q^i9e qai lut £ui &a ifi96. IS: 17 s^pteiabrav iri4roi9fb(snre9''da rtprèa^nMdt les çonijarâBsaîres à ce déai-
gat^ $3 rendirent à la chapelle du collège i^^iul-ii^ymond, etiii^i «éputei^j fut .dômoU. Tilb, vifiaira-géoétrol,
^yaQt,ç(its à découYert les ossements^ montra k4*asseHd)lée, lliilét^.âqi ^ te rej]4an(na .av^ Jj^y^utres ^e^q^^ 4^s|^opuii«ll&diâ9«!i^Quî iiit dép9^ dans la ebapeUe de : SatAtrGill§s. h Saiut-Semio. La fête de I eié\ ation ik^t
vieairedTgéaéfaw^^eKeri^ dB.Marcarei^ nae oi7âon> im^ qùimàïqmlV(^Qkà» \B, $o\^^ la vie
enfin l'ordre de la cérémonie. Le iO noveuibce., MM.; 4%
GwlNilasrddXa»9fa%0tid^ ar^u, fibaii^4Mi»t)i9/l>iPil^l^ se^ reaiftreinl^att parleQaienl>. powr inviter celte ^ur soiweTi niift$j*iô>.i|>re$eulèrent îà ses memtiri^fti«iAP^)jttft tos|M<tei
ments à F effigie: du ^sainU-^'- '> , ■ ,. 'vi-jî; ;. <! - .liu
JiaymôBdiifet placé) ê^m> W im^^ foef, sur wne es-n tfijjla mg»iûquemejQyt>(to3ârte<ii»éi(éqB^ 4ejLowhex.x>lôeiâè pontificaiemenl aax pn9nriimrfir4ms«'.lA' ifiq^M^fliolfe
messe fut chantée par le uièmei' évêque,;; api'ès la nie^se eitajo&l^âftooidajiM ri^iM^ijitsaUôa-^iâireiitfiptai^
^^^^^^ ^^RI^^Bft » fl^^J^^^PH^^ f
châsse de buis qui les renfermait duus la bejle châsse?
^ccompagoés de tous les p.cétr^ de leur arohipçè4ïfti>\3ô ren^^i^. i :SitiD<rSaniia pour Ténérar lea? nelipKisitiiid
dernier jour de l'octave, elles furent portées pi occssioijuiili kment daos iiiojtéri^r de la m rûtoar^f k'^àQimi^ G€ttmmiges prononça le panégyrique du «itpli edftailcMMfl fot repliée dan^Ja, chepeUe du KîoUi^ge.
Pierre de Marca.sQ:Mtinilie«cim:2iiiPii^9)à/^^^ te rélévation des reliques de saint Raymond; il y donn^la
dé CarboD, évêque de Saint-Papoul, Il eaipjQyaî)taB$i3oi^
te publication nouvelle é^ 'h ^Ui^ tM^éma^ éiitéi^ p^ llU^i4û.^3l^terMl»ih&. En perpétueik ^rfitetiofti^e; to^q
dom d'Achéri, qui &'occupait;alojfs,de la pubiioaùoft:d^'aoji âpidMge^ Q^tettottiieu4Sâ4àti^ttré(|aâ(^eiirt^ ia^iNMrjmlQ^frépMtMKel U plm halile»Tertiiquie^v;(av«1| pouctolyet^li^ réi>0iidre i^.jyaiq quô^ljôïtguiSolui aîaijt^iadff^i
quoa altribwait àlldtTamn^ sur leimystère de rEueharistie-i
voile de 1 auuuymu, deux jietj^'de^Ji^CMaiJrô iVaii^^QMêftHftate cDBire^Jesiégeapûiiitoliquet'ltcrui /prudent (k^^
par line maladie subite qui le réduisit à telle extrémité ^K aût/^ nsioevoir l^^mierB 'isaNirM^ixts* JLa scditiide d*IsJiy, près de Paris, lui rendit la santé; et il se disposait à rentrer «dans soq diocèse, loisqu'iMst mis au i^og des âiiniifwdelft^tBronfie , qaM^tâigéftià isirfvre tofroi ù I>e la il se dirigea vers Naiboune, après avoir paredura 1«8 priodpblôs villes de la Provence, et assista aux Etats. Il fut frappé de la grandeur des monuments romains répandus sur cette terre si riche en glorieux ^ouveoins, et âè mtihf tfàvril sie dirigea ters Touloose^ !• ..■ 'i Ulii'ùlâil pas mcuiii arrivé en celte ville en 165S, et ti^aBfeista^as à Ventrée «olëimelle du prlnee ^e Conta, qui fêm'h Toulouse èn allant prendre possession dé-son go»* t^rniément de Gnienne. Ge prince Itit harangné par le {itesfâeMîdéf 'la^^ Terrassa. Au !moiide notireiiibret'lesJtflâi-» tes généraux do l'archevêque rendirent une ordoiiiiauce pQm f 'pMà^mè buUe f^eentê'd'Aletimâfe Vlt^eniaveur iefàtMmeMk edtfcaptiim^dri lnltVIerge.^Sor tm^mmi^
fin^sV le- (Ordinal Maziarin ^ reodii à Saint-Jean-de^Luz pminifp tiéffMlierilàf ipaitf èttirfe'léfc ^èèncotinëeidé) F^wiÉe' jét
tfËSpagtte; 'Marca Ty^suivil, et en fut très honorablement ri9A)<iA^èi ai^oift^sroeeptélit pn^messedu >vejage ^eLeon NqMMfii v^«Meu«e, ^éi randll^ dftyghAiièë-4iieMKoei*e^«i deilà'àiToulouse, où il arriva au comTûOBcem^t4'octobre* R^l^IftsIÉAiniBOt ^ la* nritte de I nfêtilreu^iMd0i(âépelise pour sa bienvaruie. Deux cap itou Is et qnaUe anciens âlëmil%)MAieir ÂiCtotamti^iéti^le^^oodubimiU^àiJerc&e^ fâeUMitiès ^mi^ffauetiM ûwBmiiébfaAisim^ dtf^ooMS^ loire eti trois ^lë^dcsivlhrent^e «omi^limenter^ eiisuite le MWlEiÉi cliplMiiiil^ieiiM irolsiiaiMlresi>â9èKitt4e «ilaië} fiors^
3SI Mivs Mttbflibtts»
qu il alla visiter le Gapitole, on lui offrit pr^èâts ûe'lk tille et une stdendide oôllatioii; ' • ny. : • Peu de jouts après l'arrivée de Pierre de Marca, les Etats du Laûgaedoc s'ouTiireiil à Toulouse da&s le réfectoilr^^ Augustibs. Aussitôt te$ cftplto«1s réçài^tles'leïh-é^'V^ de la Yrillière qui anuoDgaient l'arrivée du jeune môhar^ que; il âéfèndait expressément <|a*dn fît aucuii' ^pad^ pour son enlrée. Le 14 octobre 1659, Louis XÏV afriva^, avec Anne d'Autriche sa mère et Philippe d'Anjou frère, à la porte dè Saint-Cypriéni 6ù il fut imràniUd^^f le chef du consistoire. Le roi fit serment de conserver fotii les privilèges de la viUe et arriva jusqfa'à la perle â cathédrale, où il fut reçu par rarchevêque en habits podfP^ iicaux. €e prélat lui adressa un discours plein d'éloquenc^^, ét ayant eoùduit'le prince à Fautâ dtf cbonltri li eméittit^ Te Deum; ensuite le roi se rendit à Tarchevêché. fcè' éàir^ dinal Mazarin' suivit dé près ce prMcé à T6ùl6usiéf il ârritaf të'i^^mreiritife/fàëte^la- ce^Ul^ fe roi ttiêmè se trouva sur sort passage; l ayant daiaé' ^dfe
i^rém'Wmii niftcéS^ dii cÉ^^aH^M^ij^^
les capitouls. ' ^'^'■♦hJiî'i k ?io;jvK,n<ia9 efroia^eîqzji
'^-lA présence dé Leurs Mëjestés excita à TèÙfoUsié' ïé^^iim
reine-inerè co&mùnièrent à Saint-Etienne et offrirent lë tikin bénit. Lé payant và^^^Utt
Ton conduisait deux criminels au supplice, leur lU graéé? Au môi^ de décembre, Pierre de Marca, i la tétê^^dél^iW
adressa un discours dans lequel il sut coudflWlei^ttrtéi^lt& du foi èt céttX de là i^M^ièlm^^^^^ %é
. by
JH^^^^^^ÎR^^^^? ^^^^^^
28 décembre puur la Provence, après avoir nommé les capitouls pour 1 anoée suivant^,. coDtre la^ apcieû^ usages^ , , (^>rsque Hasarin vint à Toulon, il venail de ;sigper la laioai^ paix des i^yrénées, qui fut ratifiée d^s cette viU(e |iiar.i9'ri>i et eoûQ pronmlgaée, et deot lloDion da jeune prince avec l'infante d'Espagne devint le gage. Cette Emi- 9^Açe toiorait i arcbevéqud de iQulouse de toute sa cou- ^2^)^ : d^k le miwtre V^mi nommé coinmissaire dans afraii}e scandaleuse doût la cathédrale de Metz, ou se le grapd fipafiuet^ av0 été te théâtre, par ^ji^ite 4e&longs démêlés entre Bndacier, évôque d'Augu«Nte 1^ siji^r$^{iQt,de Mej^t ^ chapitre de cette [église. U lui £)9P96a encore le 90m de se rendre sur les frontières, aveç l^y^iullie Serroni, évêque d'Orange, afin de déterminer Ic^ Ij^^e^.d^^Çi^nte AarbomuÂs^et,^ la proimç^ d^ .Tar^ ragonne. , •
>. Mant la d^rt de Pierre de Marca pour sa.mi^u, Qi^ T^0^,.isu^:inrâ do j^aw
^^^cl^i^^g^ dp la, prçyipc^ poui ia nomina^on il ua agçnt à
expressions échappées à Fauteur de la vie d^ r-illusirp
^^t(à se plaindre; deiî procédés de qijel-
mojr|Çs ne nous apprennent rien de précis aur cette afia^e^
?Ï^l dl! i'i , • f'f:-! Vf..' lî.'ii^. 71' A^' jl'.-'.iiJ'iv.'.- -.i."
différends étaieat,siJirifsi)u? i^ntfe les Pèi;çs du liers-or^^j.
336 TBMPS MODSaNBS.
Ce religieux avait poussé trop loin les choses, et le général lui avâit ordoQQé d*arrêter le cours de ses iDQOvations. Poar «6 dérober à ses poursuites, le P. Henry, agent du provlnr cial, et quelques autres religieux, s'étaient retirés au couvent de rObservance. Le P. Ëutrope les y poursuivit : ce qui força ces derniers k se placer sous rautorité de Tarehevér' que. Inutile précaution , car le P. Ëutrope les fit arrétei? devant la porte du couvent, au grand scandale de laTeligioD, ce qui força les vicaires généiaux à jeter rinterdit sur 1 église des tierçaires. Cet interdit fut levé bientôt après, sur la promesse de Tentîëre soumission du coupabla'^ A côté de ce scandale, qui ne fut que passager, en exis^ tait un autre permanent, que le procureur fiscal signala à Varcbevêque. Quelques curés, vicaires et autres ecclésiastf<< ques avaient pris alors Tbabitude de quitter Tbabit sacer-i> dotal, de prendre un costume simplement laïque, et, k la faveur de ce costume, de se rendre dans des maisons d^
jeu ou cabarets. Pour remédier à ce désordre, M^' de itfarc^ rendit une ordonnance qui devait être lue k la messe de
paroisse, chose dont on eut pu se passer peut-être, et dans laquelle il frappait de toutes les censures de TEglise tous les prêtres qui, après un séjour de trois jours, ne porteraient pas la soutane et le manteau long, avec défense expresse de laisser célébrer la sainte messe à ceux qui ne se conformeraient pas à ses ordres.
Cependant Tarcbevêque poursuivait sa route, et arriva h- Perpignan, où Fattendait Févéque d'Orange. Il reçut les plus grands honneurs dans la première de ces villes, et se joignit, à Ceret, aux envoyés d'Espagne, nommés Michel Salba et Joseph Romeo. L'histoire de toutes les négocia-
Tmts HODBBRU. 337
lions auxquelles donna lieu la démarcation des nouvelles limite& fut tracée par Tarchevéque et adressée à Michel Le Téllîer, son intime ami. Une fièvre aiguë, dont il fut saisi à Perpignau, ne Tempécha pas de composer une savante dissertation sur le chef de saint Jean-Baptiste conservé dans l'église des dominicains de celle ville. Sa convalescence durait encore iorsquil rentra à Toulouse. Il se rètira alors au château de Balma. Ce fut dans cette demeure qu'il composa son célèbre ouvrage qui porte pour titre : Marea Hispamea. Cest dans ce livre, dont Vérudition étonne, qu'il cludie la gcu^^raphic des provinces du Roussillon, de Ceret et d'Urgei, décrit toutes les antiquités de Narbonne et de la Septimanie, recherche la position de l'antique Bliberis, et désigne les peuples qui ont habité la Catalogne et la province taragonnalse.
• Pierre de Marca rendit alors jilusieurs ordonnances, soit pour rendre à Dieu de soleoueiles actions de grâces pour laconclusion de la paix des Pyrénées, soit pour le mariage de Sa Majesté, soit enfin pour régler quelques points de discipline. 11 partit ensuite pour Paris» où il assista à la mort du cardinal Màzarin. Le roi le fit entrer au conseil de conscience, avec plusieurs prélats. II s'y occupait des ^res les {dus graves lorsqu'il fut atteint â*une maladie dont les suites devaient le conduire au tombeau. A cette, époque» 11 composa une dissertation sur ÏJnfaillibiUté du pape, pour réfuter une thèse soutenue en Sorbonne, et ce fut là le dernier de ses ouvrages.
Fendant son séjour à Paris, ses vicaires généraux rendirent, à Toulouse, deux ordonnances relatives à quelques évënemènts importants; Tune avait trait à la naissance du
338 Timik'JÊS»mm Dauphin, et l'autre ii l'établissement des Filles do TEnfaiicu^ GeUd.nuôm élaa^didYeaoe à Toulon te fo}BF/ite iaosé^ Disme, il importe de teiraœr ua lableaa rapidd^'-de^'èéttp jtéréaie et de. iaire coooaitre ses progrès à Toulouse. ; > .n; . Conaelios JacMseniusv dooteardeLoarain, foi élevé soîi le siège d'Ypres en IGoj. H avait pour ami intime Jean DuTOKgier de Hauraone» abbé de SaÂDt-Cyran* Il coiii$;iera vingi-d€9x années de sa ?ie à cemposer on livre âîiqo^il douna le titre (ÏÀugusiimis, Avant de mourir, il recoioer manda la pubUcation de eeJivre, en le soamettanl 'â'Awn^ au jiigciîiont (le l'Eglise romaine. Vax de temps après sa MQriy parut ïAugustinus, qu^Urbain VOI condamna par.s^ Mie In emiflcnfî. Malgré ce premier jugement âogmali^ que, quelques bach^ers de la faculté de Paris énoncèrent des opinione erronées empruntées à ce livre : 6'est qe qoi détermina le syndic Cornet à en extraire quelques propositiiQns qu'il soumit, de concert avec les çommissairas nommés h cet éSkij .à la censure de la Êiculté. Ces propbsiltoBS lurent réduites à cinq; elles sont connues dans l'école. En 1650, les évêques assemblés à Paris écrivirent à Jnnocenl X pour le pder de condamner ces propositions. Après le plus sérieux examen, le pape publia sa huÏÏQ .Cumoccasiom^ ia 31 mai 1663, dans laqu^ il condanma te €inq pro^ positions. ■ • • • ■ • * • •' .
■ Pour se sou^raire à ce second, jngemenl âa siégé
apostolique, les partisans de ÏAitgugthm înTentèrenf la célèbre distinction du fait et du droii, prétendant que qas propositions n*étaîsnt point dans ce livre, m que^ st)ell0&.y
étaient, elles n'y présentaient pas le sens qu'on leur avait donné en les cpndasemant. Alexandre VU» par sa boUa jitf
mcnmrdaièù du 16 octobre 1656, déclara que ces propositions étBîeat réellement eonlenues dans TAin^àitis, et qu'elles avaient été coudamuocs dans le vrai scds de Fauteur. Le dergé de France accepta avec reooonaissuAce cette dernière cofiskîtation, qui réduteatt à néant la prétendue dislincUon inventée par les jansénistes ; et aûn darréter les progrès do mal, on dressa on formulaire par lequel on déclarait condamner luui ce qu'avaient condamné Innoeent X et Aleiandre VIL Les partisans de YAugMinm , prétendirent alors que les éTèques n*aYaient point le droit de dresser un pareil iurmuiaire et encore moins d'en exiger h, signature. Gomme les cbefe du parti Tenaient de déclarer, dans les cinq ai Ucles qu'ils opposèrent aux cinq propositions, qu'ils étaient prêts à (Mr m tout au souve^ F8în pontife, Alexandre VII, par la bulle Bêgiminii, datée du 15 février, dressa» à la prière de Louis XiV, un nouveau et célèbre formulaire, peu différent du premier, avec ordre exprès à loui lu clergé séculier et régulier, y compris les religieuses, de le signer purement et simplement. Â Tauto* rité du pontife se joignit celle du roi.
Alors le parti se sépara en deux camps, les tolérants et les rigiâeB» Les premiers aTanoèrent qu'on pouvait aper en conscience le furmulau e, sans déclaration préalable sur le £ait et le droit, pourvu que dans le fond on gardât sur le fait m $Utnee respectueux \ — les seconds déclarèrent qu'on ne pouvait pas signer le formulaire, ou que, si on le signait» il fftUaitànparàvant déclarer que la soumission por-
lait sur le droit ol non sur le fait: en d'autres, ternies, qu'on pouvait signer, quant au droit, que les propositions énoncées étaient hérétiques; mais que, quant an lait de
savoir si elles étâtent de JâDseoius, TEglisç, d'après eux, n*étâni point iQ£»UUble. sur 4»s sortes, de iaits» on ne deTaîl à ces décisions en cette matière qu'ti» sUenee respeetueuofi An nombre des rigides, se rangèrent les évêques Paviiioa d'Alet, Ganlet de Pamiers^ Basenvai de Beaur^s et Arnaud d'Angers.
Sans entrer ici dans des délais sur la paix de Qé^ ment iX, dont abusèrent les jansénistes, la oonstitntîoii d'innocent Xli aux évêques de Belgique, et Faifaire du 4M de amsdencB^ il suffît de dire qa*en iTOë-Glément Xi, fiap sa buUu Vineam Domini Sabaoth, renouvela tontes les cons- Ututions de ses prédécesseurs sur Taûiaire du jansénisme* déclarant formell^ent qu'on ne pouvait satisfaire à Tobéis^ sauce qui leur était due par le silence respectueux.
Donnons maintenant une idée succincte du jansénisme^ Les erreurs janséniennes se réduisent a dire : 1^' quelques commandements de Dieu sont impossibles à des bommes justes qui Teulent les acccnaplir, et qui font à cet eiïet efforts selon les forces présen^^s qu'ils ont : la grâce qui les leur rendrait possibles leur manque ; dans l'état de ia nature tombée, on ne résiste jamais à la grâce intérieure ; 3** dans l'état de la nature tombée, pour mériter ou démériter. Ton n*a pas besmn d*une liberté exempte de nécessité : il suffit d'avoir une liberté exempte de coaotion ou dô contrainte; 4*' c'est une errreor semt-pélagienne'de dire que Jésus-Christ est mort et a répandu son sang pour tous les hommes ; les semi-pélagiens étaient hérétiques ea ce qa*ils pensaient que la volonté de rhomme pouvait se soumettre ou résister à la grâce prévenante. Tel est en substance le système de Jansenius. Chacune de ces cmq
TEim «ODBBNkS. 341
proposiliOQS qui le composeal oui été déelarées hérétiques. Mous ne parlons pas id d*iine partie de la qnatrièmia proposition jâuséDienne, qui a été condamnée seulement comme ÊHisse.
11 résulte évidemment de ces propositions que, depuis la chute d'Âdam, le plaisir est le seul mobile de Thomme, inévitable quand il vient, invincible qnand il est veno. Gela posé, ou il vient du ciel ou il vient de la terre: dans lo premier cas, il porte l'homme au bien ; dans le second, au mal. La volonté humaine est donc nécessairement entrahiée par celui qui est actuellement le plus tort; elle fait donc invinciblement, quoique volontairement, le bien ou le mal, et ne résiste jamais ni à l'un ni à i autre. D'après ce système, il y a absence comfdète de mérite pour les bonnes ceovres et de démérite pour les mauvaises, et la liberté humaine est anéantie.
Le jansénisme fit des prosélytes en Hollande et en France au sein du cleigé séculier et régulier, des communautés religieuses de femmes et de la haute magistrature, grâce à rambur de la nouveauté, k la sévérité apparente de la morale, et au goût de la dispute. Cette hérésie ayant eu les jésuites pour adversaires, tous ceux qui étaient ennemis de la compagnie se rangèrent volontiers du parti opposé. Au jansénisme se rattachent des noms devenus fameux : ceux de l'abbé de Saint-Cyran, d'Arnauld, de Nicole, de Pascal, de Port-Royal de Paris avec ses petites écoles, de Port- Royal^es-Ghamps avec ses soUtaires et ses pénitents, de la mère Angélique et de la mère Agnès, de toute la famille des Aruauld et de celle des Le Maistre. A cette hérésie se cattacbént enicore des monuments littéraires élevés par
Lancelot sui les langues grecque et latine, la géométrie et te logkiue, et le$ trpp GéAkbre^IH'ainnek^é^B^^
Dès son apparition en France, le jansénisme eut d'assez nombreux adep^s à Toulouse ; le chapitre de SaintrËtienae comptait parmi eux Dnfour, ^iâaîre général de rarciicnrâque, le chancelier de luniversité, Gabriel de Giron, le chanoine Pelier, quelques communautés» et plusieurs iir milles de la magistrature, parmi lesquelles on remarquait celles de Juliard et de Oron. Toulouse eut aussi â(»iPoit- Ro3^1 dans la maison de rEnfsuice» fondée par la dâ»e de Mondonville.
Jeanne de Juliard naquit & Toulouse» de Gilles de Juliard conseiller au parlement et de Jeanne de Puymisson; elfe n'eut qu'un frère, messire Denis de Juliard, président aux enquêtes. Des rapports d*intime amilié unissaient k funllle
(\g Jnliard à celle de Ciron, qui était aussi parlementaire. M. Gabriel de Giron fut donc naturellement amené à connaître de Juliard. Ces deux âmes se comprirent, thi projet ou du moins un désir de mariage fut formé entre elles; mais les dooces combinaisons d*un réciproque amour ne purent être réalisées, à cause de la modicité de la fortune de Tun et de Tautre. M'^ de Juliard lui donnée, le 1^ décembre 1646, à M. Charles de Turl&v conseiller au parlement, seigneur de Mondonville (1). Quand
(4) CeUe seigneurie, située au nord-ouest de Toulouse, appartennît primitivement à la maison des comtes de risie- Jourdain, qiii, en <o79, la cédèrent à Gui Du i aui de Tibrac. En 1G20, celle seignoune lui vcadae à Charles de Tarie, père da inari da U*» de Uondonfille. 'Ësè 1*700, cette terre entift par héritage dans la funBle des d'Ailes ^ et, en 1145, dans oélle des Du Boorg Rochemonteix, par le mariage de Valentin Du Bourg avec rhéritière dès d'Aliez.
on connaît le cœur humain, on comprend iacilement que Jii. da Ciroo dat étrd ptrofoodément affligé de ce marîagd, a que, regardait c^ nnion eomne un secret afertîssei&ent :du ciel, il ait pris le parti de se retirer, du monde el d ea- •Irer dans Tétat ecdésiasligiie.
Elevé au sacerdoce, Gabriel de Ciron continua à voir ^ et de Moodoavilie, qui habitaient la coaieoa Juiiard. •Ce fut là que moanit Charles de Turle, six ans après soa mariage. Ou aHirme que Tabbé de Ciroa 1 assista dans ses ; derniers moments. Il laissail sa jeune veave sans enfiants,
mais avec de très gmnds biens. M"'" de Mondonviilo iorma /dès^ors le projet de se oonsacrer au senrice des pauvres et :i Fédueation de la jeunesse. Elle commença à réamr» dans la maison qu elle habitait, non loin de la métropole, quelfolies demoisdUes qu'elle initia dans ses prQjets. Cette petite communauté, dont nous plaçons le berceau en UV.ïï, aaugpjkentade teUe sorte que, Tannée suivante, ëie comp> riait • soixante et dix filles. On ouvrit des écoles pour les i nouvelles catholiques, on allait en ville visiter les malades, ; on distribuait à la porte de la maison du bouillon et des remèdes. L'abbé de Ciron dirigeait cette communauté naissante et. la fondatrice.
■ De ce premier essai à rétablissement d*mie congrégation
j érigée dans toutes les formes, il n'y avait qu'un pas à laire. M. de GroQ s*occnpa en secret, et de concert avec la fondatrice, de dresser les constitutions du nouvel institut, qui ^ devait prendre le titre modeste de Cfmgrégation des FUlea .de V£nfmce. M"'* de Mondonville acheta de ses deniers nne vaste maison dans la paroisse Saint- Pierre, vis-h-fis des Chartreux, et s'y transporta avec sa communauté. Les
3U m|pr womÊtm
choses farent menées rapidement, el le 15 janvier 1662^ J^aa Dufottr* Ticaire^^éiiéfai lis' â8 Mam, appiroim les constitutions nouvelles. Ces constitutions déclaraient formailemexit que l'iastitut n'èiaài érigé que pour les persouoes qui n'aYaient du goût m pour le monde ni pom* la vîtf religieuse. Ainsi les Mes de TEnfance gardaient leurs nonns de lEiniitie et le titre de dmoiseUe^ et ne pcôrtaient- peis dô costume religieux ; le noviciat était remplacé par Ymai, è£ la profession par la liaism. 11 u'y avait pas de clôture. La fin de rinstitut était d*élever de jenoas pensionnaires, âè> donner gratuilemeiii des leçons aux enfants des pauvres, de seignef leâ malades en toute manière, et de recneittir les nouvelles catholiques. La maison admettait trois smles^ de Uiies : 1** les nobles, les bouîT^ouises, 5* les servantes.^ Les premières avaîenl seules voix, délibérative et pouvaient être élues supérieure, intendante et économe.
Il ne dev^t point y avoir de chapelle extérieure dans k maison, mais un simple oratoire; jamais le Saint-Sàcra*' ment ne pouvait y être e)(posé. Aucun oliice, aucune prière né pouvaient être dits autrement que d'iqurès larègle; ^ L'institut ne devait pas plus avoir de supérieur particulier i que les simples fidèles. Les exercices spirituels se réduisaient à la prière commune sdivie â*une demi-heure d*orai- l son, à une lecture après dîner, à Turaison encore à quatre heures, au chapelet à cinq. Quant à la messe, on pouvisât « aller Tentendre à la paroisse si Ton voulait. Les filles de « 1 Eulance ne devaient se confesser que dans Tégiise pacois- •< siale; le confesseur ne pouvait jamais être un rdigieuai, . mais un prêtre séculier pai mi ceux approuvés par Févêque. ^ Ou trouve au chapitre 41* ua petit article ainsi conçu : On '
uns «OHN^n.. U5
pourra loger le confesseur dam k quartier séparé,..,,, avec rMimàia mpérkm. Le eonbsfleurderËaiSaiiice, d*aprè6 les règles, avait ordre de renvoyer ses pénitentes/en tontes tours peines intéridores vraies ou imj^ioaireSf à la commu- Bicatioii k la snpôrieiiro. Cet arfîcieestk romarcpier. Il esl eupore un autre point digoe d'attention, c'est celui de la réaoplÎDii des filles à la liaùon. La réeeptioii pouvait se Êdre sans la messe ; et si la supérieure avait mouvement de dire quelque chose^ die pouvait le iaire en toute simpiiiôlé (<^« 14^). Le tableau que les constitutions font des qualités d'un coniesseur de l Eofance est curieux à retenir. «.Si Ton trouve no confesseur tel qu'il le faut, homme r sage, discret, suffisamment capable, aimant rinstitut et » en ayant Tesprit, éloigné du caquet..., portant les filles à • la correspondance à la supérieure, on ne doit rien épar* » gner pour le conserver : c'est un trésor pour la maison » (ch* 41?). » Il était très expressément défendu aux fiHes de rEnfiunce d*avonr des rapports trop muItipHés avec les confesseurs XHi ordinaires ou extraordinaires. Ces rapports sont appelés des démangeaisans, quand on a une supérieure pour cuiliiilLiliiquer dans les véritables besoins (ch. i^*").
La chiqpÂtre 43« des constitutions regarde la supérieure. Hy est dit : « La supérieure donnera éudimee une fois le
» mois à chacune de ses filles , leur montrant un sein
» >de .fiompossîcm oiuvert sur toutes leurs misères, qui les
» invite à n avoir rien de caché pour elle ; elle leur fera
» dâ temps en temps de petits entretiens. » La communion pascale dépendait seule du confesseur; toutes les autres devaient être réglées par la supérieui e, prenant garde, estil dit au méme lieu, que ces communions ne soient Ikites
par imilatioû, jalousie, propre estime et vanilé. L^arUcle des ^sorrectioiis à Infliger aux ûUes Técsdcsitcanted' est ^piiol» essentiel h noter. « La supérieure imposera les pénitences » proportionnées k la grandeur des fautes, et hors le «cas 9 de flcandale on de nuoiTaise édificatioD, e|te v^m fefa » point faire publiquement; mais elle pourm les iancef » et les reprendre ^am le temps et les circonsÉances qok » porteront plus de confosion, pouryo que toat se passe » au-dedans sans que les étrangers m cùmu &mnaimuia0é,f Dans toutes ces consUtutions, qui renferment einquaoletrois chapitres, il n*est pas dit un seul mot sur le temps et les jours où les filles de rËnfonoe doivent se confessar et eommnnier. À?ant de les composer, Vàbbé de Oreii s*était rendu à Paris et s était mis en communication av^ la maison de Port-Royal : auffîi ces règles r^fermentHslkis la line fleur de la morale et des pratiques janséniennes. Le id mars 1662, M*** de Mondonville fit le vœu simple.. #t annuél de stabilité, de concert avec MM^ de Belle4sle, 4e Chambert, Donnadieu, d^Hortis et deCusios. Les Juliard et les Giron étaiei^. alliés à beancoup de lamiiles à Toulouse, c*est ce qui explique la rapidité des progrès toujours croissants de l Ënlance. M'°' de Mondonviile était une femme jeone, spirituelle et belle ; Tabbé de Oron avait des taleate, une bonne mine et de Tentraio. 11 donna d abord six de ses ' parentes à la fondatrice ; Bt. le premier président Fieab^t lui confia ses filles; M. d*Âguesseau, intendant du Languedoc, lui donna les siennes et ses nièces; M"''' d'Aguessa^a se prit pour die d'une grande. amitié; les demmsellâs de la i>lus haute noblesse vinrent se ranger auprès d'elle ; le prince de €onti et de Longuevilte se déclatç^reoi à la
courses protecteurs; la reine elle^^même lui écrivit pour ia charger d*aUer accomplir im vœa qa*eUe avait £3ûl à Sainte^ Camille, au diocèse do Mirepoix.
€^)eDdaQt les adversaires du JaaséoisiQe* k Toulouse, ^Mmçorent quelques soupçons; les GonfitiUitloas ibrent lues par diverses personnes de Fordre ecclésiastique et trouvées eontrairea eu tReu des points à k ^aciplioe de TEglise. Des mémoires furent envoyés a la cour, dans lesquels on se plaignait de la facilité avec laquelle, eu Tabsence de 1 archevêque, le vicaire-général avait donné son approbation. L'acte de iondation était aussi Tobjet de la censure. M. de Lonvois se mit en rapport pour cette afiîaire avec M. Ëtienne
Potier (le la Terrasse, président à mortier, qu'il chargea de «urveiller r£n£ance. M"« de MondooviUe reçut un avis secret de la cour sur les premières attaques dont elle était Tobjet. Un anonyme lui écrivit, à la date du 17 mai 1662.
'Malhenreusement cette lettre fat égarée par la fondatrice et tomba entre les mains d*un sieur Antoine Gilles, familier du président, qui la remit à ce magistrat. On avertissait la dame qa*il était nécessaire de faire an plus tôt apfnrouver son institut à Rome, et on lui en oiirait les moyens. Les jansénistes avalent à Rome un agent secret qui portait un
• nom de guerre, Oméga. H devait, par lentremise du cardinal Chigi, neveu du pape, solliciter une bulle, ou tout au
'doins un bref. Après quelques difficultés, ce bref fut accordé par Alexandre VII, le 6 novembre 1662, avec la isottdition expresse que les constitutions seraient approuvées
' par l'ordinaire du lieu et ne contiendraient rien de contraire aux canons et aux décrets apostoliques. Lorsque ce bref ai^rîva en.Prancc, il y avait déjà quelques
mois que Herre de Marca avait cessé de vivre. Le cardiual de Retz ayant éoimé délais^ de FardieTédié de Paris, le roi nomma l'arohevêqoede Tofiloose à^ttemétropoïeJ Vers leiDOSilâ. mai, le noarel élu fut pris subitemeat par une fièm ardente qm. mit ses jonn eo pdril. P^arsoaâô que le terme de sa vie éiait proche, il Ut une confession géDérale de sa vie aa vicaire de Saint-Bolpice» et reçut avee une grande piété le sahit-viatîqae. Il prononça à eelté occasion quelques paroles pleines d'éloquence et de senti'^ meni sar la divine Eiichariâtie« et consola tonte TassistâXM qni fondait en larmes. Il lit i cciLer auprès de son lit plu-* fiienrs passages du Nouveau-Testament, ainsi que du Traité de saint François de Sales sur rAmoor de Dieu. Ân cotilM Hiencement de juillet, il reçut ses bulles de transiaiioa à rarohevéché de Paris. I>ès que les dianoines de la métro<^ pôle eurent reçu communication des bulles, ils ordonnèrent Toraison de Quarante-Ueures dans toutes les églises de la cafHtale pour le rétablissement d'une santé aussi précieuse. Ces vœux ne furent pas exaucés, et Pierre de Marca mou* rat le 29 juin 1662, à Tâge ^e solxante4iuit ans, entre lé^ bras d^Etienne de Baluze, quil laissa dépositaire de tous ses écrits. Gallois de Marca son âls, présent au parlement de Pau, n'arriva à. Paris qu'après la mort de son përe.
iiidci)(3iïdamment des trois grands ouvrages dont nous avons parlé, rarchevéque de Toulouse laissa plusieurs dlsK sertations savantes sur divers sujets, entre antres, sur répoque de la première prédication de rEvangile dans les' Gaules. Il se montra toujours défenseur des droits du Sain^ Siège et ennemi déclaré des jansénistes, car ce fut lui qui en 161)6 dressa le premier lornmlaire dont nous avons
TMOB «QDmPBL 348
pai'la. li eut le soiu de faire publier, par ses vicaires ^^èoéraiDC, toales te cbnstitatioiis ponlifioate au soj«t do jansénisme; aussi les parli.>ans de cette hérésie Tont-ils assez loaiyrjâté dao» leurs divers écrits^ Le jugement qu'eu porte Bossuet dam sa Défense de Eai Déclaration de 1682 it esi guère plus favorable : il 1 appelle un très célèbre géoie, $kari$smum ingenium; mais il le regarde comme peu versé dans la science lhéolùgi(jiie, in theo'mjia non salis exerciuutm, m peu cbaogeant daus ses opinions, et accoutumé, àcaose de sa grande facilité, à se jouer au mtUeu de sentiments divers» enilii pas assez arrêté dans les matières ecdésiastiques. Le doote fialuze, auteur de la vie de ee prélat, est bien loin de partager celte opinion. Ce qu'il y a de certain, c'est que Pierre de Marca entra assez tard dans le sacerdoce, et qa*il a laissé des ouvrages qui attesteront toujuui's sa pruiunde érudition, sa cûnuaisbaacc de l'antiquité sacrée et sa prodigieuse £icilité.
Après la mort de Tillustre prélat, qui laissa à Toulouse d*împéris8ajUies regrets, les vicaires gênéiaux capitulaires Dupuy, Mirman et de Lafont ordonnèrent des prières pour le repos de son âme, et firent un inaginliiiue éloge du pontile. Le nom de Jean Dufour ne se trouve pas dans cette ordonnance : c*élaît un appui de moins pour M"* de MondonviUe; aussi les vicaires généraux, cédant aux avertisse* ments secrets qui leur forent donnés sur la maisoo de l'Enfance, écrivirent à la cour, et obtinrent une lettre de* Cjacbet par scûte de laqueUe ils défendirent à ladite dame de continuer ses exerclees dans rétaUksemeni dirigé par ses soins. Labbé de Qrou devait être absent de Toulouse à répoque de cette ordonnance, car il avait été nommé
vicaire générât eapitulaire avec les autres, et son nom ne se trobve pas 8nr côtte i^èce. Sur ces entrefaites, 1^ roi nomma II rai chevêché de Toulouï^e Charles-François d*Aim glure de Bourlemoût, évéque de Castres. Ce prélat eutpow (lëréClatide d^Anglure, matquîs de Ly^tiomlB ûe'lkm^ mont, et pour mère Angélique d'Aquaviva. !l était depuis long-temps prévôt de la cathédrale de Metz lorsqa*U M nommé évèque d'Aire, ensuite de Castres, et enfin archet, vèque de notre métropole. ■ » ' '
Nous avons déjà dit que M< le prince de Conti étàît \è protecteur déclaré de M"*** de Mondonville. Grâce à sa puissante médiation, Forage qui commençait à gronder sur la tête de la fondatrice s'apaisa. Elle obtint des lettres patentes datées du mois d'octobre 1663, et enregistrées au parïe*^' ment de Toulouse peu de temps après. Nous laisserons lèi celte femme poursuivre son œuvre, et ne reviendrons à rEnûmce que pour rapporter et sa destruction et les causés qui la déterminèrent.
' Au mois d'octobre. 1664, d'Anglure obtint ses bulles èt prit possession de son siège par procureur; Son premier SOIR fdl de feire fâgaw \b f^tnvMknte h tous ceux qui
dépendaient de son autorité, et pubtia à ce sujet le mandement suivant : '
« Le jansénisme étant une héréae d'autant plus dangereuse que ceux qui ont entrepris de l'établir la défendent avec plus d*artiflce, Il est du devoir des évéques, à qui l'apôtre saint Paul recommande de veiller à la garde du troupeau que Jésus-Gbrist leur a confié^ d'empêcher qifit ne se répande dans leurs diocèses et n'infecte de son veoia les âmes qui sont commises à leur conduite* C'est pouniooi
Dieu nous ayant aj^pelé au gouvernement de ce diocèse, fiouâ avoA^ jcru que, pour comioeacer otilement Texerdce de nos foBetkms ardiiépîscopales, il élaît importanl de nous opposer avec vigueur à cette nouvelle héi eâie et d en arrêter le cours, eu nous serrant de tous les moyens que nous truLiverons les plus convenables. Et d'autaiU que nous voyons avec regret que les j^oisénistes pratiquent en nos jours ce que saint Augustin rapporte des hérétiques de son temps, dout les uns défendaient publiquement et à la vue 4e tout le monde les dogmes impies qpe TEgUse avait condamnés, les autres les enseignaient en cachette, soutenant dans des maisons particulières ce qu ils n'osaient annoncer publiquement, nous estimons que, pour remédier à ce mal que la trop longue tolérance pourrait rendre incurable ; et pour distinguer en même temps ceux qui rejettent sincè" rement les erreurs condamnées par le Saint-Siège dans les cinq propositions d'avec ceux qui ne les condamnent qu'en apparence, nous devons obliger les ecclésiastiques de notre diocèse, tant séculiers que réguliers, de condamner indis* tipctement les cinq propositions extraites âe ÏAmgustism 4e Jansenius, dans le sens propre de Fauteur, comme elles ont été condamnées par deux constitutions apostoliques; ^ exiger de tous, comme une marque de leur obéissance et de leur foi, la signature du 1 urmulaire aulorii^ par deux assemblées générales dn clergé et appuyé par lettres par« tentes de Sa Majesté.
. » ;A ces causes, nous avons ordonné et ordonnons à tous dl>yens, ebanoines, cbapitres, abbés, prieurs, conventsv communautés séculières et régulières, maisons de religieux et de retigieâsest'caïés,; vtoaires, piètres babiUms, béné-
SSt MIS iifiiBiim.
ïièiers, et généralement à tous ecclésiastiques, doGleuis, fRîncîpani dfis collèges, régents, prafesseors, maltred d'école de cette ville, faubourgs et diocèse de Touloiise, se disant exempts on non exempts, de souscrire an Fonua-^ iairé mis an bas dans un mois après la publication ém présentes. Passé ce terme, ils seront soumis aux. peines portées par le droit contre les hérétiques. »
L'archevêque ordonne qu'on lui représente son ordonnance signée; il d^nd ensuite de lire, garder ou ret^ûr le tt?re de Jansenlos.
Formulaire.
« Je me soumets sincèrement à la constitution du pape Innocent X, du trente-onième may mil six cent cinqnaole* trois» selon son véritable sens qui a esté déterminé par la constitution de nostre sainct Père le pape Alexandre YIU du seizième octobre mil six eent cinqaante-six'. Je teaogi^ nais que je suis obligé en conscience d'obéir à ces constitiH tions, et je condamne de cKbot et de boaeba la doetHoè des cinq i)rupositious de Coinelius Jaiisenius contenues dans son livre intitulé : AugusUnus, que ces deux papes el les évesques ont condamné; laquelle doctrine n'est point celle de saint Augustin, que Jansenius a mai expliquée oontre le vray senis de ce sainct docteur. » ï
n faut observer qu'on n'avail pas attendu a Toulouse la prise de possession du nouvel archevêque pour accepter les diverses bnfles des papes relatives au jansénisme, 0Ê que radministration ecclésiastique avait publié à ce sujet diverses ordonnances dès Tannée 1657.
L ardiÊv^que présidait aux hladià. du Languedoc lorsqu'il éorivit aux capitouls pour leur amumcer sa prochaine arri* Tée^ £lle eut lieu au uiois de mars 1665, avec tou^ les IwûoeQrs. dus à 80Q rang. Peu de jours après son intlidliition, il alla yisiter les travaux du canal du Midi. Nous igiMMroDS s il consacra 1 église des Canues-Oéchauââés, qui fut terminée cette année, et s'il assista à la cérémonie de la canouisaiiou de saint François de Sales, célébrée avec vae grande pompe dans la chapelle des dames de la Visitation , ainsi qu'à celle de la béatification de sainte Rose de Lima, qui eut lieu aux Dominicains. Ses vicaires généraux ordonnèrent, au mois d*avril 1666, des prières publiques pour la reine Ânne d'Autriche, qui mourut à cette époque. Il est à remarquer que le nom de M. de Oiron ne figare pas dans cette dernière ordonnance. Atant de quitter Tad*ministration diocésaine, ce dernier avait signalé soa zèle en faveor du jansénisme en frappant d'interdit denx pères capucins, Simplicien et Vincent, qui, dans une série de prédications fûtes à leur église, s^étaient élevés avec beaucoup de force contre cette hérésie. €*e8t par cet acte qu'il marqua le terme de sa carrière administrative, il consacra depuis ses loisirs à composer piosieurs ouvrages à Fusage de i'Kul.iiiCe, tels que le Traité des Vœux, les Aois a\m Sufénmres de cette mamn^ et les Réglemente partkuUers*
L*année 1667 vit s'ouvrir à Toulouse le canaï du Lan« guedoc, œuvre étonnante pour le siècle où elle lut exécutée, 6141111 a immortalisé le nom de son auteur, Paul Riquetde Bumepos. Ce grand homme mit quatorze années à former ce prcijet» à en tracer le plan et à le réaliser au milieu des plus grands obstacles. L'ouverture, de ce canal eut lieu à
d*ÂnglBre eélébra'ie$ saitH^-W^^ '^^- 4«SÊb
dressée en plein air, assisté des quatre évèques sQffragant», en ppôseDoe du parlewneoti' c^itoul»^ de la, nc^lessdiift d*un peuple immense. Le d«6 de Veraenil, qui, cette ann^ était veauà ToaLouse, assista saosdQUte à oettefête. ;{
Le 26 avril 1667, M«' rarchevèqne tînt une asaei&biM synodale où il rendit plusieurs ordoonaflces sur diyei;$ articles de la disciplioe eoclésiastique»
C'était fépoque, à Toulouj^e, des monuments et 46s inscriptions. Ms" de Berihier, évéque de Rieux, enrichit H chœor de la métropde du bas-relief représentant la dation de saint Etienne, qui fut exécute en maibre bianc par le ciseau de Gervais Drouët. On plaça d^ inscrif^tiaDs en vers latins à Vile de Tounis, à rarc-de4riompbe da pont, du côté de Saint-Cyprien et du côté de la ville., te temps, qai détruit tont« les a anjonnd'hai complètenteiil effacées.
L'Ëglisô de Toulouse perdit, en 1668, Tun deses ppétcee les plus distinguée par ses vertus et ses talents : l*afa£id Jean de Cambolas mourut dans cette ville le 12 mai, ea odeur de sainteté. U naqfuit en 1509, de Jeande €a^mbolj^| conseiller du roi et président an parlement de Toulousai auquel on doit le iiecueU des décisions notables du parl^j^ ment de cette Tille. Jean de Cambolas fnt destiné dëS 'S<i9 premières années à l'état ecclésiastique, et fut pourvu d'un canonicat au chapitre de Saint-Saturnin. U consacra sa. via aux bonnes œuvres et à la composition de plosieurs ou*? vrages qui sont venus jusqu'à nous. U donna au public la ModMe de ia Vie chrétienm* lâm iMus Gmckmatoribm
TBMPS MOOEBNES. 355
êgbmênéii adUcH. — Okcmm fait «n l'asêmblés du dirgk
Nous apprenons de cet cciii jnr labbé de Cambolas se r^odit à Paris porteur d'une lettre de Tarcbevéque de Toolouse, et <{Q*ayant été admis au sein de rassemblée générale du clergé, il y prononça on très long discours sur la nécessité de former les jeunes eoclésiastiques à la prédi* cation apostolique et sur les moyens k prendre pour arriver à cette Un ; que Tardievéque de Reims» président, loua beaucoup son zèle; et qu'étant de retour à Toulouse, il y publia les ouvrages que nous venons de citer. On possède encore de cet auteur des Répecâons sur la diversité de la doctrine qui s'a<^itait alors en France , et un Dialogue chrétien eotre ua directeur et son pénitent sur la même matière. L*abbé de Cambolas mourut dans Texercice de toutes les vertus sacerdotales. Son cœur fut placé dans la chapelle des carmélites, et déposé (rfus tard dans la basIU*' que de Saint-Saturnin, où il repose aujourd'hui.
Bientôt après, Toulouse perdit aussi son archevêque ; Rfp d*Ângture mourut lé 25 novembre 1669, à Tâge de soixante-quatre ans. Il avait gouverné notre Eglise pendant (ing années, et y avait lait admirer sa générosité envers les pauvres. Il fut inhumé dans le sanctuaire, auprès de l'autel, avec , une somptueuse épitaphe. Cette inscription tumulaire, en rappelant sa noble origine, cite le nom de Saladin. Cette citation a trait à Tun des aïeux du prélat, qui, au temps des croisades, étant tombé en la puissance du soudan tfEgypte, obtint la permission de rentrer en France pour aller chercher sa rançon, revint ensuite auprès du soudan, remporta une éclataoïte victoire sur les ennemis de ce prince, et préféra renoncer à une alliance avec la ûlie du
336 TBXPS XODBRNKS.
Soudan plutôt que d'abjurer la foi de ses aucêtres. Lorsque M»' d'ÀngUire fit sa iireiniife visité colïégd des jisujieâj le P. Maugot ût jouer devant lui un drame en verg latîni iambiques qui retraçait cet évèDement ; cette pièce pofti pour litre : Ânglurus, seu fortiludo christiana, ' "
Ms' de Bouriemont se montra plein d'une sainte activité pour le bien de son clergé. H rendit, en 1664, une céltrbre ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les aspirants aux ordres mineurs et sacrés de faire une reti^itè de plusieurs jours att séminaire de Carmaing. De concèfi't avec M^' de Ventadour, évéque de Mirepoix, il unit à ce séminaire tous les biens du collège de ce nom, appelé ausli do Saint-Nicolas. Il chercha, peu de jours avant sa mort, à rétablir la concorde au séminaire des Irlandais qu'Anne d'Autriche avait fondé à Toulouse pour douze prêtrê^ irlandais destinés à aller prêcher la foi dans leur patrie. Ce séminaire s'ouvrit en 1660, et eut pour premier supérieur Daniel Mac-Carthy. Sous le successeur de ce dernier, des intrigues et des cabales jetèrent le trouble dans la communauté ; c'est ee qui força W d'Anglore, par une ordonnance en date du 2 mai i6(i9, à reléguer les deux chefs de la brigue au séminaire de Carmaing. Le calme était un pja rétabli à la mort du prélat; mais ce calme nctait que le précurseur de nouvelles tempêtes, et ce séminaire suscita aux successeurs de W d*Anglure les plus grands embarras jusqu'à ce qu'enfin, dans les premières amiécs du siècle suivant, par arrêt du roi, Télection du supérieur fut laissée au choix des archevêques de Toulouse. Ce séminaire, qui a subsisté jusqu'à la Révolution française, était situé dans la rue Valade, à Tangle de cellé de la Bastide. '
TIXFS H0DIBKB8. 357
Nous croyons devoir placer àTépoque où mu$ sommes la mort de M. Simon de Pc^yronnet» coré de la paroisse du Taor. Les premières circonstances de sa tic nous sont iaçûanues, U lut pourvu de la cure da Taur sous l épiscopat de de Montchah Ce prélat lui confia le soin de recueillir tous les conciles, statuts cl oiduiiiianccs ^}iiodates du diocèse de Toulouse depuis les temps les plus reculés jusqu*à lepoque contemporaine. Ms' de Marca Tencouragea dans ce travail, qui parut en 1C69, imprimé par f ordre de Mc' de Boorlemont et aux frais du diocèse. Cette collection si précieuse commence par les statuts de Bernard Du Rûzier, en 1452, dont le manuscrit avait été conûé à M. de Peyronnet par Tabbé de Reilhac, chanoine de Saint- Etienne, homme très versé dans la coxmaissance des anUquités sacrées de Toulouse. On trouve ensuite les constitutions synodales do Jean d'Orléans, promulguées en liiôl. Ces constitutions sont d'une immense étendue. Vient en troisième lieu le concile provincial du cardinal de Joyeuse, en 1590, annoté par Simon de Peyronnet, et là se termine la première partie de la collection.
La seconde partie renferme les ordonnances de Pierre Du Lion, en 1481 ; des vicaires généraux du cardinal de Meudon, en 1551 ; du cardinal de Joyeuse, en 1592; de Philippe de Cospéan, administrateur du diucèse de Toulouse ; des vicaires généraux du cardinal de La Valette ; de Charles de M( >ntclial et de ses grands-vicaires ; de Pierre de Marca et de ses grands-vicaires, et de M^' de Bouriemont. On trouve ensuite des instructions diverses de plusieurs évêques de Toulouse sur un grand nombre de points de dogme, morale et discipline. La seconde partie est ter-
mmQ par les oïdQuuaûces synodales de MoosetgQQur de
' Simon Peyronnet Goâq>osa encore un catâlogœ assez** éteadtt des évêques de Toulouse, depuis saiat batumia josqu'à tm tempe, suivi de; oeM des offidaux métinopotiK tains; un livre qui a puur titre : Onomasticon sanctum, oit e&pUcaiioQ des mots ancieas; un catalogue des noms de tous les saiDts renfermés dans le iiiaityrologe romain, aved des annotations historiques et critiques; et un traité sur ies sufGrages en Êtvenr des âmes du purgatoire. • r>
Pierre de Bonzy, évoque de Beziers, fut nommé par le roi à rarchevéché de Toulouse. Peu de temps apfès son élection, la reine le désigna ponr son aumônier. Il obtint ses bulles et prit possession de son siège par procureur. Le roi de Pologoe le fit revêtir de la pourpre romaines Son épiscopat à Toulouse fut de très courte durée, ayant été transféré presque aussitôt à Tarclievêché de Narbonne* Il arriva ineognUo à- Tonloose le 9 août 1672, refosant tous les honueurs dus à son rang; il était accompagné du marquis de Ca^ries et de la marquise sa sœur. Les seuls actes de son épiscopat qui soient venus jusqu'à nous, sont une visite qull lit à la maison de TEnfance et Tapprobat jtion qo*il donna aux statuts des FUks de la ProMmeei Cette communauté, dont les membres se dévouaient au soulagement des pauvres et à rinstrucUon des enlants».eiil pour fondateur M. Tabbé Mercadier, prêtre de la congréfgation des Oblats. Leur maison subsista jusqu'à la.Aévot lution française. £lle était située rue Matabian, près^di Refuge actuel. Les providentes ii'avaieDt ni vceax Itf clôture.. , . * : ; ^
Le 22 novembre 1674, Josepb de Ittontpezat de Carboo, éYèque de SaiDt-Papoal» fat nonuné archevêque de Tou« louse. La ville lui envoya une députalion à Montpellier, où îLi&e tFûuvail.à la tenue desËiats, pour le léliciier. 11 reçul ses Jolies rannée suifante, pi it possession par proeoreor, et -prêta serment entre les mains du roi. Au mois denomsÉbte 1675, il fit homotoguer à la chambre des comptes les lettres par lesquelles on lui donnait pouvoir de prélever aes fruits* 11 négligea de signitier leur inscription en temps otile aux receveurs : aussi un* canonîeat et la ohancelleiie étant venus à vaquer à Toulouse, un certain Clément obtint ces bénéfices du roi, et celui que Tarchevéque avait nommé fut obligé de se pourvoir en parlement, le droit de ré^le ajant son eûiat à cause du déliaut de signification des précédentes lettres.
Deux maisons religieuses de la ville de Toulouse, celle des cordeliers et celle des minnnes, perdirent, à cette époque, l'une de leurs gloires, quoique dans un degré différent : les cordeliers perdirent Matthieu Viste, frère côDversfle lear ordre, qui se sanctifia dans la pratique de toutes les vertus religieuses, et particulièrement de Thumililé 6t de- la charité. Le P. Pétix Cueillens a donné sa Vie au public. Les minimes perdirent le célèbre P*. Magnan, sathéoiaticien et philosophe distingué» Il était né à Toutoase, ^ GommeDcemifnt du siède. 11 entra, dès sa pre*inlère jeunesse, au couvent des minimes de Toulouse, et y ^ professicm. Ën 1656, il lut envoyé à Rome pour y proftisser les sdences mathématiques et physiques : ce qu'il Mt avec le plus grand éclat. 11 y puhhason premier ouvrage Ae Pmpeciim h&rariâ. En 1 651 , il fut élu provincial d^Aqui-
360 tUMWBÊÊUm.
tmne. Pendant qui! exerçait cette cUarge, il publia sa PhHo8(4ikia sam, ensuite soa Cours d& pkiiùBopkie, Bett d'aiiiices avant sa mort, il composa un écrit qui a pour tiii& iDe Usu licUopeouniœ, et quia été traduit eu frauçaift. Ce dernier ouvrage fut censuré par quelques évêquee^comme fàvorisant l'usure. Louis XIY, qui, à son passage à Toulouse» avait visité le P. Magnan dans sa cellule, Toulat l'attirer à Paris; mais ce religieux, qui était aussi humble que savant, résista aux sollicitations du monarque. Honorédans FEurope entière par tous les esprits vraiment sérieàx;^ le P. Magnan mourut avec la réputation d'un excdlent' religieux. Le P. Saguens a composé sa vie.
L'université comptait à cette époque un professeur célètH*e, Jean de Majoret; il enseignait le droit canonique, bon fils publia de savants commentaires de Laneelot de Péroose, dus à la plume de son père; il les dédia à Philippe de Berthier, évéque de Rieux. Cet ouvrage se recommande aux bibliophiles par la beauté de son exécution typographique. La cour du présidial eut aussi son auteur; Paul Darailhe, oonseiUer en cette cour, composa un assez long poËme en Fiionneur de l'immaculée conception de la viergo Marie* Antoine de MonUaur publia un livre dont l'originalilé d^sse toutes les bornes ; il a pour titre : PaUadm Tolosœ ludicra. 11 est dédié au jeune dauphin de France, et renferme dix-huit pièces de vers sur différents sujeti où Ton voit passer les hommes et les événements contemporains. Cet ouvrage, devenu très rare, est Uluslré par u» très grand nombre de figures emblématiques.
L'un des premiers soins de Ms»" de Montpezat, en pro-K naut radmînistration du diocèse de Toulouse, fuidinstituei;
uo YériUble sémuiaire, car avaut lui tous les établisse-^ laents destinés aux jeunes clercs mériUiest à peiDe ce nom. il Hnt, en 1677, un synode où il dressa de très sages règlements pour la création de ce séminaire, qu^il confia aux pères de la compagnie de Jésus, sons k direc» tlon du P. L'Alleinaïui, iJiovÏQcial, et du P. Louis Duiauty, qui passèrent avec TarcheTéque tous les traités nécessaires à rétablissement dnraUe de cette maison. Indépendamment des IoM6 qui lurcût volés par le clergé séculier pour son eotrelien, rarehiprètré de Garaman fut uni au nouveau séminaire, qui uc souvrit que quelques années plus tard.
Pendant que de Montpezat s^oecupait de Téreciion de son séminaire, le roi nomma k rarchidiaconé de Pamiers uu nommé Poncet, protégé du secrélaiie d J:ltal de Châteauneuf. Caulet, évéque, ayant refusé le serment de fidélité à la cour des comptes, le droit de régale se trouvait ouvert dans ce diocèse. L evéque protesta contre cette nx)mination. PoBcet porta alors sa cause devant rarcfaevéque de Toulouse, qui, donnant raison au régaliste, cassa les actes de son euffiragant. Caulet porta ses doléances à Rome. Le pape parut peu satisfait de la conduite de M*' de Montpezat, et lui exprima son méconlenlemeut dans un l)rei daté de Vannée 1(>79, et dans lequel il se plaint de ce qn*il a fsivorisé la prise de possession de Tabbesse de Sainte-Claire du Salin, qui, nommée par le roi et ne pouvant être acceptée par les religieuses, s'était emparée de vive force du monastère à la tète d'une fouie de soldats armés. On voit par ces faits que Tarchevéque de Toulouse soutenait vive* ment les intérêts de la cause royale. ^ . U s'occupa activement du soin dos |)auvres, et pour
venir k leur secours, il dressa les statuts d'une confrérie' de ehftrité dan» son église métropolUdine, et à: laquelle^^inili
lo clergé et la noblesse donnèrent leurs noms. Plein ^de> zèle pour la s(^aûité du Cttlle, il rédigea m Prùpî^ dm Smnfy pour son diocèse, où Ton remarque l'office de fiioi^l sieurs bienheureux nouvellement canonisés. Sous son épiscopat, les pères de TOratoire ouvilreiiltrn sémiDairè din^ la paroisse de la Dalbade. Cette cure avait été unie à eetia' commnnauté dès Tannée 1624. L'intention des oratoriaos;/ en formant lear séminaire, n'était qne de réunir quidcfoes clercs pour le besoin de leur église et la pompe des cérémonies. Malhenrensement cette maison, qni était asser mal famée à Tovloase, et qii^on appelait par ironie Rêfh^ gium peccatorum, devint un ardent foyer de jansénisme^ el <Hi y Gonstata Texistence d'une presse secrète d'oti sortait une Gazette ecclésiastique destinée a soutenir le parti.
La mort vint tont-à-coup frapper Pierre-Paul Biquet laii: moment où Hallail jouit* du fhilt de ses travaux. Il espiray en 1680 à Toulouse, où son nom est devenu immortels 'A fut inhumé dans h nef de Téglise Saiut-Etienue; atf< modeste pierre indique seule encore aujourd'hui le lieu ois reposent ses cendres. L*année qui suivit da mort, le canal dù Midi devînt navigable dans tout son cours. La^uéra^ lion contemporaine s'est montrée justement reconnaissante envers ce grand h(M&me. Ses déscendants publièreiitv6(i 1803, rhisloire complète de sa belle œuvre. Vingt-trois ans plus tard, on éleva sur les pierres de Naurouse un monuf^ ment à Isa gloiré; Béziers et Toulouse lui ont élevé de» statues, et les poètes ont chanté son génie. ^ ï T
L'université de Toulouse attira à cette époque le^ reganta
de Louis XIV. Par m é^ii de 1081, il établit deui. chaires aisaéémiqiids eû faveur des PP. jésaites. Noos ignorons de
quelle uiainère cet édil l'ut accepté par le corps enseignaiiL ; nuiis eette faveur royale donnait une plus grande liberté à la ecmpagnie, et la mettait k couvert des vexations inoes** santés dont elle avait été l'objet. Par un autre édit daté de le roi institua, dans Tuniversitô de la même ville, une chaire de droit français. Jusqu'alors le droit civil ou droit romain et le droit canonique avaient été seuls enseignés dans les faeultés de droit ; Louis XIV résolut de eonsacrer des leçons i»articulières au droit français dans les universités de Paris, Toulouse, Montpellier et Cahors, et Antoine de Martres fut le premier prolesseur nommé dans notre ville*
L'université de Toulouse fit k cette époque une perte irréparable eu la personne de son doyen, Antoine Dadin d'Haoteserre. Ce professeur naquit à Gabors et vint encore jeune se fixer a Toulouse. On trouve réunis en lui Thistorien, le romaniste et le canoniste. £n 1643, il publia à Toulouse son ouvrage sur les ducs et comtes, et son livre sur ïorigine des fiefs. Ces deux écrits furent composés pour Aonner de la force à Tantorité royale. £n 1648, il publia son Histoire d'Aquitaint, recommandable par l'exactitude des laits et la simplicité du récit, ta môme année, il devint professeur en droit civil à l'université, et doyen en 1671. Vers l'année 1659, il donna son livre de Fictlonibus juris^ qui est un commentaire du droit romain. Plus tard, dee commentaires sur les Institutes de Justinicn, les textes de Tryphonin et plusieurs textes du Digeste sortirent de sa plume. Ses travaux sur le.4roit canonique ne sont pas
304 TMIli.liqpBiMB^
inuiiis nombreux ; il publia six livres de dissertaiioos. sut le droit canooique* Ses commentaires sur les décréta^ d*InDoceiit IH lai acquirent beaueoup de gloire en -Europe, et l'assemblée générale du clergé de France le chargea^ par Forgane de révôque de Laon, depuis car^iuak d'£slrâo^) de K^iiter le Traité de V Abus do Fcvrct. En 1674, d'Hauteserre ût paraître dix livres sur les OrigimS' monaaiq^^ que suivirent des notes sur Grégoire de Tours, les Vîas des Papes , par Âaastase , et un commentaire siu: le$ eUmmtines, .
Pieux autant et plus même que savant, Hauteserre se montra toujours un par£ait modèle de toutes 'les voictas chrétiennes, n mourut à Tâge de quatre-vîDgfr^eQx ains» eft fut inhumé dans Toratoire de Nazareth, dépendant du charpitre de Saint-Ëtienne, où Ton voit encore aujourd'hui Boa buste et son épitaphe.
L*année même de la mort de Uauteserre se déroulsdt à Pans l'affaire des quaire articles de rassemblée de \6S)^ Personne n'ignore que la célèbre Dcclaratiau fui anienée par Tafiaire de la régale ; que la premièi:e idée appartieirt à M. de Golbert ; que Bossuet, quoique parttsaa d^ la doctrine de la Déclaration, n'aurait cependant pas voulu que rassemblée la fît paraître, dans la crainte d'aigrir laiiOfcent XI; que les intentions du roi se trouvant en opposition manifeste avec les désirs de révèque de Meaux, celui^ s^ chargea de la rédaction des quatre articles pour méDa^er la paix. Louis .XIV rendit un édit qui déclarait obligatoire renseignement des quatre articles* Celédit, enregistré, an parlement, fut accepté, a peu d'exceptions près, par le clergé séculier et régulier, ainsi que les corps enseignant^.
'mtVS «OOBKNBS. 365
Les quatre articles tureut aussi acceptés à Toulouse comme
. Ce fut en l'anuée 1683 que les pères jésuites uuvi irent, an qoartier des ffauts^Murats, dans la me de la Sén6chaiissno, le premier séminaire diocésain. Le 10 mars, jour de samt Joseph, patron de rarchevèque, le prélat bénit la chapelle, et y célébra les saints mystères. Le local était d'abord très peu propre à un établissement de cette nature; en acheta quelques maisons Toisînes, et Ton put y loger jusiiuii soixante clercs, ('c séminaire n'exista en ce lieu que trois années, ayant été transféré, comme nous le dirons plus tard, dans la maison de l*Enfance. Le prélat partit peu de jours après pour se rendre à l'assemblée générale do clergé de France, à Paris, où il reçut les provisions de fabbaye de Giniont, à laquelle il venait d'être nommé.
Nous touchons maintenant à la destruction irrévocable
de la maison de FEnfance, dont il faut reprendre rbisloire. ^elque soin qu*apportât M-^ de M ondonville à £ûre garder le secret sur les affaires de sa maison, il était bien difficile qu'il ne fût trahi en quelque endroit. La paroisse de Saint- Pierre eut en ce temps pour curé Tabbé Lierre, homme d'esprit et de piété. Ayant conçu quelques soupçons sur la doctrine enseignée à FEnfence, il adressa quelques questtons à une fille nommée Laflèche, qui refusa d'y répondre, let avertit Madame de i indiscrétion du confesseur, qui fut ânssHôt évincé. Uabbé Lierre dut sans doute avertir les vicaires généraux de M»' d'Anglure, qui, par un acte du mois de mat 1666, enjoignirent à la fondatrice de fermer ses classes. Elle obéit, tout eu protestant, partit avec quel-
366 TBMfS 'HOOtimBI.
queS'Unes de ses ûlles^ pour Montesquieu, où elle arat établi une maison, et dispersa les autres chez ses amis. ^^
C'était une femme bien adroite que M"»* de MondonviUe! Au plus fort de Torage, elle appréud que rarGheTé<|ae désire obtenir la place de secrétaire des Etats pour tin dô ses protégés nommé Mariplte. De concert avec Tabbô de Giron, elle parvient à gagner certaines voix aux Etats, et fait savgir au prélat par son confldent que, grâce à sa médiation, cette place est assurée au protégé. De là, FalM de Giron passa à Fétat de désolation où se trouvait i*Bii^ iànce, et pria 1 archevêque de vouloir bien en examiner les constitutions. Le prélat y consentit, et après les avoir soumises à l'examen du P. Ferrier et du P. Roques, jésuites, qui en retranchèrent bien des articles, il consentit à les approuver, sur la promesse expresse que lui fit Vabbé d*opé^ rer les retranchements indiqués. Cette condescendance de Tarchevéque déplut beaucoup à la cour.
Rien ii uiiiL les cœurs comme la communauté de chagrins et de disgrâces : aussi les liens qui unissaient la fondatrice à Tabbé de Giron se fortifiaient tous les jour^! Fatigué de se rendre à l'Enfance le matin et le soir, le pieux chancelier trouva plus simfde de loger à côté rétablissement dans une maison séparée, mais de laquelle on pouvait se rendre à l Enlance sans être vu de dehors i dés-lors les entretiens devinrent plos fréquents et plds libres. Les méchantes langues glosèrent un peu sur ce changement de domicile, mais on laissa gloser. M. de Giron partît ponr Paris; Madame Ty suivit, accompagnée de M"** de Prohenques, dont nous parlerons bientôt. £iie y reçut ua grand nmnbre de visites, et fâ^^ de Sévigné parle 4e ce
:Vuyage en ces lormes ; i\ous avous ici M"' de Moadonviiie, et UHA'lQ monde la court voir.
'M^** de La I urilicrc, Iille crun conseillerai! parlement de .Toulouse, étaut sortie de TEûiaQce, où eiie était peusiou- •uaire, dévoila bien des faits k son père» qui se crut obligé d'en avenir la cour. Oû venait d'apprendre à Paris que de Mondonville s*occopait des affaires de la régale : aussitôt une commission fut envoyée à Potier de La Terrasse, avec ordre de recueillir avec le plus grand soia tout ce qui regardait cet établissement, et M. d^Âguesseao, intendant de la province, reçut celui d'intercepter les lettres écrites à la fondatrice. En vertu de ce dernier mandat, on * intercepta une lettre écrite de Paris à la dame, et dans laquelle on lui exposait en toute francliise les accusation» dont elle était l'objet de la part de SP>* de La Furetière, qui avait déclaré au président : 1* que Madame affectait avec ses filles des airs de grandeur, et vivait au sein du luxe et deia mollesse ; S" qu'elle confessai ses filles, et les fifusalt piéeher à tour de rôle; qu'elle avait souvent des cooférences secrètes avec des personnes étrangères qui entraient déguisées dans la maison pendant la nuit ; qu elle-mùme n'avait pu Mre ses pftqnes dans la maison pendant les deux années que M. de La Furetière Yy avait tenue. Nous apprenons de cette lettre que celui qui protégeait à la cour Mp? de Mondonville portait le nom de guerre de Custodinoi,
La fondatrice n épargnait pas à ses filles des corrections mann^es, et cela pour les moindres fautes. Ces correC" tiens, qui consistaient en de fortes disciplines administrées par de, vigoureuses servantes, se donnaient le soir dans une ^tambre obscure qa*on appelait f^abro. M"* Le Bel fui
368 TBHK HOIIKIINES.
rudement fustigée, et mourut peu de temps après. Elle avait deux oncles à Toulouse appelés Du Boulai, Tua avocat et l'autre capitaine d'infanterie. On répandit le bruit que leur nièce était morte des suites des mauvais traitements qu*e11e avait reçus à TEnfance. Ces messieurs, aidés de leurs amis et de quelciues soldats, prirent toutes leurs mesures, et après avoir reçu toutes les autorisations nécessaires, s'emparèrent du cadavre de leur nièce que Ton portait au cimetière, le firent déposer dans la boutique d'un frater nommé Montplaisir, et y firent vérifier le coips, snr lequel on trouva des marques assez suspectes. Du Boulai fit dresser procès-verbal de cette visite, laissa continuer Tenterrement, partit ensuite pour Paris, vit M. de Louvois, fut présenté au roi et lui porta sa plainte. Sa Majesté donna ordre aussitôt an président de La Terrasse et an procureur général àe Maniban d'infoimer sur cette allai re, qui ne fut pas poussée plus loin.
Un second événement du même genre excita tellemeut la fureur du peuple ([uMl se porta en foule à FEnfance, menaçant de détruire la maison et de brûler la fondai rice. Des avis lui vinrent bientôt après de la cour, où elle eut un nouveau protecteur dans la personne de M. Le Tellier, nommé chancelier de France. A la suite de ces avis, elle partit pour Paris avec Fabbé de Ciron, lut reçue du chancelier, des ministres, du P. de La Chaise, et de plusieurs personnes de la cour. Elle plaida sa cause avec tant de force, parla si longtemps et si bien qu'elle finit par capter les suiliages de tous ceux qui la vuent. Un s'aperçut cependant que tout ce qui tenait au parti janséniste allait la
visiier, ce qui déplut beaucoup aa rot et ne le rendit pas
très favoiablc à cette dame.
De retour à Toulouse, la fondatrice reçut un coup affreux par la mort inattendue de M. Tabbé de Giron auquel elle prodigua les soins les plus touchants. On répandit sur ce cber défunt beaucoup plus de larmes que de prières à rEnfancc. M""' do Mondonvillc, s érigeant en véritable i>apesse, lui donna les honneurs de la béatification ; elle com-* posa une oraison pour Tinvoquer, et tous les soirs, la communauté prosternée, disait à haute voix. : saml Gabriely priez pour nous. Il fut inhumé sous le porche de 1 église métropolitaine, et le l*. Dumas, doctrinaire, composa son éloge.
Dans rintervalle qui s'écoula depuis la mort de Tabbé de Ciron jusqu'à l'alTaire de M"** de Proheiiques, le cardinal de Bonzy, archevêque de Toulouse, fit sa visite à TEniance, parcourut la chapelle, les offices, le réfectoire, les classes, les chambres, et n'y vit que du feu* £n 1677, Ms' de Montpezat, successeur du cardinal, fit de son côté sa visite, et approuva tontes les ordonnances de ses prédécesseurs relatives à lEnfimce. Tout était calme alors, lorsqu^en 1682 arriva l'évasion de M"* de Prohenques, qui porta un coup terrible à la fondatrice. Cette jeune personne, fille d un conseiller au parlement de Toulouse, avait été placée à lEnfance pour la soustraire aux poursuites d'un jeune avocat qui prétendait à sa main. Sa vocation était un peu forcée; elle forma cependant sa Uaism, s'accoutuma tant bien que mal à sa nouvelle vie, eut le talent de s'insinuer bien avant dans les bonnes grâces de Madame, et devint sa principale confidente.
870 TBMVS IIODUmS.
de Prohenqaes avait m caractère difficile à dompter. M'^ de Mondonville aurait dû la méDager : elle ne le fit pas. Du mécontentement on passa aux murmures; des murmures à la crainte d*Qn châtiment justement redonté, et de la craiutc au projet d'évasion, qui lut exécuté lo 24 novembre par- une fenêtre du re^e-cbaussée. Cette évasion jeta dans de grandes frayeurs la fondatrice. Tous ses effoi ts pour ramener la fugitive devinrent inutiles. Un véritable désespoir s*empara de Tesprit de cette femme lorsqu'elle apprit que M"' de Prûlieiiquus, méprisant la sentence d'excommunication qui avait été portée contre eUe par W de Montpezat, se rendait à Paris pour demander justice au roi. Celte fille se présenta au P. de La Chaise et à M. de Louvois, qui informèrent le prince de toute cette affaire. Ordre fut donné de recevoir les dépositions de la fugitive. Ses réponses furent claires et précises : eHe dévoila les indignes traitements dontétadent victimes les filles de TEnfance de la part d'une femme ambitieuse et bautaine, la doctrine qu'on enseignait dans cette maison» et Ibrtifia les soupçons qu*on avait conçus sur la publication de certains écrits contraires au droit de régale. On accusait le P. Gerle et Tabbé Dorât, vicaires généraux de Pamters, de composer ces écrits. Le premier fut condamné à mort par le parlement de Toulouse, et exécuté en effigie le 20 avril 1680. fl se cachait avec soin, et dans sa retraite continuait à devenir plus coupable par de nouvelles publieafions. On soupçonna que ces deux ecclésiastiques recevaioiit un asile dans TEnfance, et que c'était là qa*oil imprimait ces pamphlets contre la majesté royale; M"^ de Prohenqnes déclara qu'elle ne pouvait affirmer
mm MODWtt. 971
qu*il y eût une imprimerie à r£û£aQce; mais quanl aux livres dont il était question, elle affirma en aroir relié elle-même plusieurs exemplaires. Pour ce qui est de MM. Gerl0 et Dorât, eUe âii que bien des fois avait servi en secret à manger k des personnages inconnus. Ces dépositions si accablantes auraient inlaiUMement amené à rbenre même la destraction de FEnfiince si M. le ebance* lier, entièrement dévoué à la fondatrice, n'eût détourné, avec une prodigieuse adresse, TiMiage qoi grondait sur cette tête. L'affaire de M"' de Prohenques fut arrêtée, sa dot. restituée, et les dépens entièrement payés.
fÊP de Mootpezat était aux états de Hontpdiier lorsque arriva levasion do cette demuisclie. A son retour, il prit snr cette al[aire les plus amples inièrmations, et le 12 janvier 1685, il se rendit à TEnfance. Tout y avait été préparé d'avance pour le recevoir. Etant arrivé dans une des salles de la maison, il y trouva une presse à relier et une demolr selle qui reliait de pelits livres. Il demanda aussitôt s*il existait dans rétablissement des presses, formes, cbâssis et caractères d'imprimerie. On comprend que M"** de Moop donville ne fut pas très embarrassée pour répuudre que NM« Psch et Bûsc étaient les imprimeurs de r£ni!ance. Le prélat adressa ensuite plusieurs questions à chacune des fiUes en particulier, bors da la présence de Madame; mais comme eell^ci avait parfoitament bien fut la leçon à ses demoiâeUes, Mfi^ de Moutpezat ne put rien découvrir et se retira en donnaol des éloges à la fondatrice.
Peu de temps après, il se forma à Toulouse un comité dirigé par la cour, qui, malgré les protestations da cbancelier de France, soopoonnait toujours M""' de.MondcMkville.
37S TEVPS XODiniBS.
Ce comité avait à sa tête le président Potier de La Terrasse ; M. de Maniban, proeurenr général, Tîntendant de la province, et qu6lques conseillers, en étaient les membres. Ce ecmilté parvint, par lea moyens les plus extraordinaires du
monde, à tout découvrir dans rEnfance. Vivait alors k . Toolouse un abl>é nommé de Saint-GiUes, menant grand train et ayant pompeux équipage. Il était allié au préâ-* dent de La Terrasse, et avait donné pour pensionnaire à Ffinfanee une charmante petite nièce. Me do marquis de Tiei goville son frère. Sur les bruits qui couraient, il résolut de retirer sa nièce de cette maison, et Madame refnsant de la lui rendre, il la prit de vive force dans le ear- * rosse même de la fondatrice au moment où elle se rendait de relise de la paroisse à r£n£aince.
Dès que Fàbbé eut sa nièce en son pouvoir, il Tinter^ rogea avec soin sur tout ce .qui se passait dans la maison^ et les réponses de M"' de Tiergeville ne firent que confir*mer ce que Ton savait déjà. M""^ de Mondonville eut l'imprudence de parler à une de ses amies du procédé dont Tabbé avait usé k son égard, et 8*oub1iâ ju qu'à lui raconter certaines aventures de jeunesse sur ce personnage. Cette amie, plus imprudente encore, rapporta à M. de Saint-Gilles les paroles de la fondatrice : dès-lois il se mit en communication avec le comité, et lui Ht part des plans qu il avait conçus pour perdre la fondatrice et sa maison. Il crut qu il était nécessaire dMntroduire dans r£n£ance un homme qui lui fût dévoué, et qui, en s*insimiant douoe^ ment dans les bonnes grâces de la fondatrice, pût parvenir à découvrir bien des choses sur lesquelles on n'était pas encore pleinement informé* Il prit seul la conduite la
mns liOMUMis. 313
responsabilité de son projet, et partit pour sou abbaye, ou plutôt pour son prieuré, situé à ce que nous croyous, dans Id diocèse de Ldçoii. Ià, il trooya tm ancien aumônier des gardes-françaises nommé Grégoire Alphonse, qnll crut très propre à remplir son but. Des promesses furent faites, des instmctions données. Il font convenir que ces instructions sont un tissu de mensonges et de fourberies, et que de pareils moyens d*arri?er à la Térité n'étaient guère dignes de deux prêtres, dont l'un avait créé le rôle qu il a?ait fait accepter à ]*autre.
Quoi qu'il en soit, Grégoire Alphonse partit pour Toulouse en véritable Gabaomte, vêtu d une soutane rapetas* ' sée, coiffé d'un viens chapeau, chaussé de gros souliers poudreux, portant un bréviaire déchire sous son bras, et à la main un bâton noueux. £n arrivant à Toulouse, il se rendit à l'hôpital de Satnt*Antoine, où l'on recevait les panvres pèlerins. Le lendemain, il se présenta à TEnfance pour demander l'aumône. La portière fut frappée de son état de maigreur et d'abattement, et, lui donnânl un morceau de pain» se contenta de lui demander s*il était malade. Le len-* demain, il revint à l'Enfonce et fusant semblant de verser quelques larmes, il dit qu'il s'appelait Jean Trévegat, angevin; qu'il était curé, mais qu'on l'avait dépouillé de sa cure, el que les jésuites étaient la cause de tous les maux qu'il avait soufferts. On rapporta ce propos à Madame, qui lui fit donner de la soupe. Pendant dix jours, TréTegat vint h l'Enfance et s expliqua enliu sur le compte des jésuites de manière à Caire croire qu'on Favait arrêté dans sa paroisse et conduit à Versailles; qu'il y avait vu le P. de La Chaise ; qu'on l'avait accusé de servir les intérêts de
314 T&MPS 1I0D£BN£8.
deux prélats ennemis de la compagnie, et que le confesseur du roi Vavait lait dépouiller de son i)éûéUce. Tout cela fut dit arec un air si ^ncère que la portière 's*y prit, en ater^* la fondatrice, qui iit servir à Trévegat uuo portion de viande.
Trévegat comprît alors que son rôle aunut du succès. Il se hasarda à demander si Madame ne pourrait pas lui procurer quelque honnête condition où il fût à l^abri des
coups de ces maudits jésuites. On lui dit qu'il allait copier un bail à ferme, et que par là on jugerait de sa capacité. Il copia, en effet, ce bail, et y trouva trois Irrégularités qu'il signala à l'intendante, M*"* de VarangeviUe. M"' de Mondonvilie désira naturellement connaître ce personnage. On rintroduisit chez la fuudati ico. Son extérieur la déconcerta d'abord; mais elle fut si satisfaite de ses réponses qu'elle crut devoir le retenir. Alors Trévegat lui préséiita de faux certificats, entr autres une attestation prétendue de son évéque,qu*il tenait cachée dans son soulier. Il fut alor^ décidé qu'il serait chargé de mettre en ordre les papiers de la maison et qu'on lui donnerait quatre cents livres et la table.
Voilà donc Trévegat installé à rEnfance. L'abbé de Saint- Gilles revmt de la cour et vit son homme chez Fun des conseillers du parlement, où celui-ci s'était rendu pour un procès que la maison avait en cette cour. M. de Baville, nouvel intendant du Languedoc, ayant appris le rôle qdo Trévegat jouait dans l'Enfance, lui fit donner des instructions très précises par Tabbé de Saint-Gilles. Peu de jours après, on ilonnà à Trévegat une fausse lettre écrite par sot frère (qui n'avait jamais existé), et dans laquelle ce frèré
TBMPS XODEKKIS. 375
parlait du P. Cerle et de Fabbé Dorât comme de deux saints persécutés. U découvrit un jour que deux personnages Yêtas en paysans avaient porté à l'Enfonce deux
flacons garnis de paille : il crut reconnaître, k quelques taches noires, quMIs contenaient de Tencre. Gommunlca* tion de cette découverte fût faite au comité. Un jour on vint Tavertir que Madame désirait le recevoir "dans son appartement privé. La fondatrice était asâse dans un grand fauteuil, ayant à ses côtés MM"" d'Alençon et Nouveau. Lorsque ces demoiselles furent parties, Trévegat donna lecture à Madame de la lettre en question. GeUe-ci versa des larmes, poussa des soupirs, appela ses Mes, leur communiqua la lettre, et après avoir reçu de Trévegat le serment de lui être lideie, lui ordonna de se tenir prêt à partir pour Gastelnaudary, afin de déposer des l>aUots en un lieu appelé le Porc de la Biche.
Avant son départ, Trévegat vit les membres du comité, et U fxA décidé qu'il ouvrirait en route les ballots : ce qu'il fit dans une ferme. Il y trouva des écrits contre la ré*;;de et pleins di^jures contre le roi et ses ministres. Âpres avoir copié quelques-uns de ces écrits, il arnva au Parc, remit les ballots, et reçut du prêtre qui habitait en ce lieu un signe qu'il devait remettre à Madame. Ces ballots avaient été placés sur une âiiesse qui était au service des demoise^, et qu'on appelait XAsrgonitê, A son retour, Trévegat remit au comité les copies de ces ouvrages, et Ton apprit que ces mêmes écrits venaient detre répandus dans tous les diocèses voisins. U était donc constant que M"^ de Mondonville faisait publier ces écrits injurieux au roi. ISous arrivons à une nouvelle découverte. Une nuit. M""" de
Varangeville vînt éveiller Trévegat, lai ordoDiia de s'bà*
bilici* proprement et de se rendre chez Madame. Là, il reçut ordre de partir tout de suite avec trois hommes habillés de noir, qull devait conduire hors de Touloase* h travers champs, sur des mulets. On nomma ces hommes MM. d'Orget, Joue et Philippe. Ou partit, et Ton marcha a petites journées. Enfin, après quelques jours, nos voyageurs arrivèrent k une ferme près de Blaye ; là, Trévegat fut congédié et rentra à Toulouse.
Le comité perdit un de ses principaux membres dans la personne de M. Etienne Potier de La Terrasse^ qui mourut à Vàge de soixantenlîx ans, le 8 mai 4684, et fut Inhumé au noviciat des jésuites, M. de Baviile et Tabbé de Saint- Gilles demeurèrent toujours unis pour poursuivre rEn<^ fance. Trévegat leur fil rhistoirc de son voyage, et au portrait qu'il leur traça des personnages, il (ut facile de reconnaître que le P. Gerle et Fabbé Dorât étaient du nombre. Les courriers que M, Tintendant envoya à Bordeaux apportèrent la nouvelle que les voyageurs s'étaienl embarqués pour Gènes. En apprenant ces détails, la cour fut indignée; le roi assembla un conseil extraordinaire, et après un sérieux examen, on conclut à la suppressioD immédiate de l'Enfance. Le ch^tncelier de France prit alors la parole, et par un long discours fit modifier la décision, qui ne fut exécutée qu'après sa mort, arrivée le 50 octobre
La cour, désirant avec ardeur mettre un terme à cette
affaire, lit. savoir au comité de Toulouse que, pour agir avec une plus parfaite connaissance de cause, il était nécessaire d*introduire dans TEnfance trois filles, deux du pre-
TSMPS NODERMEf. 377
mier ordre el one da troisième, qal lussent avec da
dévouement, de la patience et du l'adie^se, découvrir tout ea qui se passait daus cette maisoD. Ce projet fat accepté; restait reiécQtkm. L*abbé de Sainl-GîUee jeta aiissitôl les yeux sur uoe demoiselle de Montpellier qui se trouvait ' alors à Toulouse, M'^ de VerdaroD. Cette demoiselle était connue de M. de Maniban. L'abbé, 1 ayant rencontrée chez une dame de ses amies, lui dit à l'oreille que le roi avait besoin d*eUe pour une affaire très importante. Dès que M"* de Yerduron eut connaissance du projet, elle opposa u&e vive résistance, et ne céda qu*à une iQ?itatioD de la main du roi. Il fut décidé qu'elle irait d'abord se confesser ii M. Pelter, chanoine de Saint-Etienne, grand ami de M">* de MoDdonville; qu'elle lui ferait part de sa vocation pour TEnfance; quelle irait habiluellemeut à la messe et aux vâpres dans l'église de Saint-Pierre, en affectant de se placer auprès de la fondatrice et de la saluer profondément. Aiin d'éloigner tous les soupçons, le jeune Ladainc, secrétaire de M. de Baville, devait servir dintermédîaire entre le comité et la demoiselle.
Pendant que M'*" de Verdnron arrangeait l'affaire de sa vocation au confessionnal dn chanoine Pelier, Trévogat trouva une lettre que celui-ci écrivait à Madame pour lui faire part de la ooaqoête quil venait de foire dans sa nouvelle pénileiiLc. l'n jour que l.i iondati ico revenait de l'église dans son carrosse. M"' de Yerduron se trouva sur son passage et la salua avec un air plein de grâce. Il n'en fallut pas davantage à Madame pour taire approcher son carrosse. Ayant appris que c'était là la personne dont le chanoine Pelier lui avait parlé, elle mil tout en œuvre pour l'avoir.
378 TUi» aoQiiUus.
EDe se servit de FaliM de Saint-Drais, qui secoada patbi-
tement ses inlenUoûS. M'"'' de Mondonville et M"'' de Yerdaroo se virent, se parlèrent» et son entrée dans TËniance fut décidée. Le comité choisit deux autres filles ; Tune était Pralin et Tautre la Solu^ bonne et vigoureuse languedodemie, dont Tintervention dans les afiair«s de f Enfaince offî^ le côté le plus plaisant qui se puisse imaginer.
M*^ de Verdoron entra à TEnfance, et n*eut aucune peine à âiire accepter PraUn et la Solu par la fondatrice sur les éloges qu'elle fit de ces deux liiles, chacune selon son rang. Pralin plut beaucoup par Fair de majesté qui la distinguait; la Solu se montra avec une tournure si épaisse et si niaise en apparence que Madame fut un peu rebutée. Cependant, considérant que cette fille était très robuste, elle conseoLit ;f la prendre à son service. Voilà donc ces trois filles installées dans r£nfance. On fit parvenir k 'M"*' de Yerduron, avec laquelle les doux autres devaient correspondra, toutes les instructions nécessaires à chacune d*elles. Une femme nommée Bouchard, qui logeait vîs^hvis de TEnfance et qui y venait tous les jours, devait rendre à Ladaine les lettres de de Verduron, et celui-ci à rinlen^ dant. M"" de Mondonville fit la réception de ces trois filles de la manière la plus solennelle. Elle était assise dans un grand Êtuteuil de velours cramoisi comme sur un trône; les prétendantes se mirent a genoux pour écouter le discours de la fondatrice et recevoir sa bénédiction. La Solu enleva tout le sérieux à la cérémonie par la manière dont elle la reçut : elle croisa ses bras sur sa poitrine en tordant le cou, et s*éCFia : « Bénis soient Dieu et la très s^te » Vierge, femme de saint Joseph, qui me donnent aujour-
m d'hui sa sainte bénédiction de la main de noire aimable 9 maîtresse. Aussi la reçois-je bien de toiUes mes iorces. » Tonte la ernupatgole édafo de riiie.
Diaprés les instructions données à cette bcmne fille, elle denrait Miear d*étre attachée à la coisme : aussi montra* t-elle une maladresse si grande pour la préparation des aliments, ipi^ajant reçu l'ordre de laire blanchir un lièvre avaot de le mettre sar le gril, elle savonna dans feso eette pièce de gibier et la plaça sur le feu avec sa foumire. On lit beaucoup dans r&i£anoe de ce trait.
Le jour fixé pour la confession de M'** de Verduron arriva. On vint la prévenir qu'elle eût à écrire ses péchés pour les présenter à Madame. Elle fn% ensuite introduite dans la chapelle particulière de la fondatrice. Au milieu de Fautel était le portrait de Jansenins; a droite, celui de SainVCyran, et à gauche, celui de Tabbé de Ciron. Entre rautel et la porte, étaient placés, appuyés contre le mur, un prie-dieu recouvert d*nn beau tapis, et à c^té un siège doublé de velours cramoisi. M*"' de MondonviUe était assise dans ce siège. de Verduron vint s'àgenoolller au priedieu, et commença son Canfitear. La fondatrice lui adressa êtes questions telles qu'il est impossible de les traduire ici. La pénitente, en flUe d'esprit, répondit toujours négativement, affirmant à sa directrice que la grâce avait toujours été i>ictùnmi9e m elle.
Tous ces détails étaient transmis à la cour : c*est ce qui détermina le roi à rendre une ordonnance, datée du 24 octobre 1689, par laquelle il était défendu à de Hondonville de recevoir des fdles jusqu'à nouvel ordre. ' Les trois prétendantes furent admises à entendre un
380 TlMfS MODfiBIiBS.
superbe sermon que M"'' de Varangeville prèchSa à TEnfiincei' et qui m fut qu'une longue diatribe contre tout ce qu'il y a de plus respectable dans la religîoii. Vint ensuite le tour de la confession pour M"" Pralin et la Solu. La première se tira de cette épreuve comme M'^* de Verduron, au grand déplaidr de la prêtresse. Quant k la seconde, voici ce q«r arriva. M"* de Varangeville, étant allée un jour chercher cette fille, elle la conduisit à la chapelle et la fit mettre k genoux. Sur roiilro qui lui lut donné de rapprocher de Tautel, la Solu répondit qu elle n'était pas prêtre, et qu'un; de ses cousins lui avait dit qu^on ne pouvâit le faire sans la pei mission du pape. Ici se passa 'une de ces scènes de laquelle on pourra conclure combien la Solu était précieese au comité. M"' de Varangeville prit un missel, l'ouvrit, et plaçant la main de la servante sur le livre, elle lui dit : Jurez fidélité à Maàa/m. La Solu reprît : Jurez fidélUé à Madame, « il faut être bien bête, répondit M"* Laborde,* » qui était présente, pour n'entendre pas ce que l'on voeue » dit si clairement » La Solu répondit : 71 faut être Uen béte^ et le reste. Impatientée, U^^"" de Varangeville ût répé-^ ter chaque mot k la Soin, et ainsi finit la cérémonie.
Cette lille découvrit cnliu 1 existence de l'imprimerie dans la maison de r£n£3in€e. Les pupitres ou casiers fonnaieni dans une chambre haute une espèce de lambris. Les cametères d'imprimerie étaient renfermés dans deux boites placées dans l'intérieur d*un coffre qui présentait à Texté-^ rjLui 1 1 forme exacte d'un siège de lieu d aisance ave© sa lunette et son couvercle. Ce siège était placé dans une masure ouverte au fond du jardin. Dans la ehanbre haiite, on descendait par un escalier pratiqué dans 1 épaisseur du
TBltPS KODIKiin. 381
mur, et on arrivait dans une salle remplie de bois. Là, existait sous les toiles da carrelage un trou ob Ton tenait ks cbà&sis. Dans Tembra^re de la croisée, se trouvait une cloison mal assujettie, et qui donnait entrée à un cabinet
étroit où se tenaient les presses. La Solu fut conduite dans ce dédale de cachettes; elle porta elle-même Tencre, les caractères, les cbâssis dans la chambre des lambris, assista à l'impression do quelques feuilles, en saisit une qui n'était antre qu'un passage de la vie de M. de CIron, et donna avis de CCS découvei Les à M"'' de Verduron, qui en lit part au comité.
Arriva enfin le jour où la Soin fut appelée pour faire sa
confession à Madame. La manière grotesque dont elle se présenta à ce tribunal triompha de tout le sérieux de la fondatrice. Nous croyons devoir rapporter Ici les questions et les réponses de la directrice et de la pénitente. « Com-
• bien de temi}s y a-t-ll que vous avez été k confesse? — » Cinq mois. — A qui vous confessiez-vous:' — A un do- » mimcain. (La fondatrice frappe du pied et soupire). —
• Avez-vous eu des images? — Ma chambre en était toute » tapissée, et si j avais su quil n'y en eût point ici dans » la mianne, j*en aurais porté au moins vingt. — Avez-
• vous ouï la messe les dimanches et fêtes? — Toujours m cinq. — Avez-vous honoré votre père et votre mèret — » Je ne passais jamais devant eux sans leur faire la révé- » nmce« Tous les samedis, j'allais chercher des ûeurs au » jardin pour mon père; j'en donnais aussi à ma mère, » qui les attachait à une sainte-vierge de plâtre ; je mel- » tais toujours beaucoup d'huile à la salade, pour que mon » père ne me grondât pas. — N^ave^vous tué personue?
3SS TBMK ■ODBBmS.
» — Si, Madame ; uuô fois uu coq, que Jétraiigiai avec » ma jarretière, ce qni ii*empécha pas mon père de le » maoger; et, en le mangeant, il disait : ali 1 monsieur le
> coq, je léos ai maintenanl dans mon pot; tous ne nie » m;iiip^ci (^z plus mes herbes. » La fondatrice riait aux éclats, tout en cactiant sa ligure avec son mouchoir* — « Am-Toas eu des gakaus dans yotre vie? Oui, pla- » sieurs. — Qui étaient-ils? — Ils étaient rouges, jaunes, » verts, et de tontes couleurs; j^en avais mie eorbeiUe • pleine. Mais M"" de Verduron m*a dit qu'on n'en portait » pas ici, et je les ai donnés à ma cousine Dorothée, qui
> s'en est parée comme un autel. (Les galants étaient des » rubans.)
> Âvez-vons dérobé? —J'ai pris des Ihiits à mon père
> et nu reliquaire à ma mère, qui m*a bien battae.
» r^'avez-vous jamais commis d'adultère? — Trois lois en » ma vie. — Avec quif — Toute seule. — Expliquez- » vous? — J accompagnais un jour ma bonne maîtresse à » confesse, et j'entendis, sans le vouloir, qu'elle pnmonçàH » ce mot. De retour k la maison, je lof demandai ce qa*il » signiâait. Elle me dit quon commettait un adultère
» quand on p dans Féglise» Gela m'est arrivé trejs
» fois. »
A ces mots, M'"' de Mondonville ne put plus se contenir, et éclata de rire d*une manière si bruyante que la Solo en parut tout étonnée. Là Unit la confession de notre rusée languedocienne. Les trois prétendantes entendirent; cpel* qnes jours après» prêcher M"" d'Alençon dans le même ordre d'idées que M'^« de Varaageville.
Trévegat élût toiqours dans la maison, remplissant son
TimS VDMUIB8. 8S3
rôle à merveille* M*"* de Mondonville eat avis qa*on loi eQvoyail d*Ângleterre trms ballots de livres par nne lettre, écrite eo style de macar<méi, qui lut intei ceptée el expliquée àla eoiir. Elle appela Trévegat et loi dit de se préparer pour un loiQlain voyage. Il eut ordre d'aller à Bourg, près de Bordeaux. Là il devait se rendre chez un certain monsieur Salée, prêtre, dont la maison portait sur une pierre le monogramme J. H. S. On y voyait un guidon aux armée de France et une cage dans laquelle était un sansonnet qui répétait sans cesse ces mots : Vive le roi et tous ses Ims ami9. Trévegat partit et se rendit à la maison indiquée. Le sieur Salée lui ouvrit la porte, tenant en sa main un chapelet blanc. 11 remit à Trévegat deux ballots, qui (urent placés sur VArgamu, et le voleur rentra à Toulouse. 11 avait eu le soin, comme la première fois, d'ouvrir les ballots, et y avait trouvé des livres à demi reliés, toujours contre la régale. M** de Mondonville ordonna emife à Trévegat d'aller porter ces ballots à Tabbé rvozet, au Parc de la Bicbe.
Nous devons observer que les jardins de l'Enfance donnaient dans une rue étroite nommé rue de la Bmide^ et que, dans cette rue ainsi que dans celle de Pargaminières, s'ouvraient plusieurs petites portes auxquelles M"'*" de Mondonville avait donné des noms singuliers : le clou^ le raisin, le palmier, la colombe, la loi, etc. Il arrivait souvent a rËn£aAce des étrangers vêtus de coslaimes divers, tantôt en ermites, tantôt en jardiniers ou colporteurs. L*dn d*entce eux saiua un jour Madame par ces mots : Mémento^ Domine, DaM. Madame répondit, en portant la main gauche sur son front : Credo, Le messager lui remit alors des lettres.
aâ4 TCHPS MOliBKNBS.
Dans uoe autre clrconstaDce, un second messager enliâ
dans son appartement et, s*incUnant profondément, dk : Veniat super me misericordia tua, Domim* Â ces iBOts Madame fat ailerrée et versa des larmes. Peu de jours après, elle fît murer toutes les petites portes du jaidin, et ne laissa ouverte que celle. qu*on nommait la loi, qui donnait dans la rue Pargaminièrcs.
Cependant les nouvelles que M'"' de Mondonville recevait de Paris lui annonçaient que son institut et sa personne étaient sérieusement menacés. Dans la prévision U une prochaine déroute, on eut soin de faire disparaître de TEofance tout ce qui pouvait compromettre^ Les portraits de Jansenius, de Saiot-Cyran et de Ciron disparurent; les papiers, livres, ebàssis, bouteilles à encre, presses, casiers et caractères d'imprimerie, fureiit enlevés. Les i)uiiiLures que Madame avait dans ses appartements disparurent à leur tour. Deux prêtres, introduits dans FEnfance, présidèrent à tous ces transports : Tun s'appelait Peric de Valenciennes, et desservait une cure dans le diocèse de Tulle; Tautre se nommait Ragèse, et se trouvait employé dans le diocèse de Bordeaux. Le dernier orage grondait sur la tète de la Mondonville. Le 19 janvier 1686, le roi fit défendre à la fondatrice de recevoir des pensionnaires dans sa maison. Enfin le \% mai fut rendu un arrêt du oonsml dans lequel ' le roi ordonnait que toutes les maisons de Finstitut de TEnfance situées dans son royaume fussent mpj^rmées; que les biens meubles ou immeubles apportés par M«« de Monduuviiie ou toute autre personne leur lussent rendus ; que les pensionnaires seraient rémises à leurs parants, el les demoiselles de TEnfence placées oô bon fôur semblerait.
avee défense expresse de se réunit jamais. Cet arrêt fat envoyé k iM. de liaville, qui le remit au sieur de Mariotte poor le signifier dans le mois de juin : ce qui fut exécuté*
Vm même temps, d'après les ordres de la cour, M^"" Varchevèque rendit, le 2 Juin, une* ordonnance dans laquelle il supprima ladite congrégation dans tout son diocèse, releva toutes les filles des engagements qu'elles avaient pu contracter, lança Finterdlt sur les chapelles des diverses maisons, el délégua M. Bernard Fortassin, son vicaire général, pour Texécution de son ordonnance. Il crut devoir écrire en particulier à Tune des filles de FEnfance pour lui témoigner qu'il ne pouvait décliner les ordres de la cour, et lui conseiller, ainsi qu*à toutes les autres, de se soumettre aux ordres de Sa Majesté. Le prélat écrivit, au mois de juillet, au P. de La Chaise au sujet de toute cette affaire. Nous apprenons de la réponse du confesseur du roi que toutes les démarches quun pourrait faire désormais en foveur de rËnfance seraient inutiles. 11 fait espérer à Varchevêquc que le j)rojot quil avait conçu d'uiiii' le collège de Saint-Martial à son nouveau séminaire pourrait avoir son exécution.
Il était ordonné à M. de Baville de faire arrêter l'abbé Nozetau Parc de la Biche, Tabbé Salée à Bourg, les abbés Peric ci Ragèze à Toulouse, et par forme Trévej^at. Ces arrestations eurent lieu. Déjà M*^ de Mondonville était partie pour Paris, où elle mit dans ses intérêts les princesses même de la cour, et s'oublia assez elle-même pour solliciter la protection des jésuites. Tout fut inutile, et dès le mois d'avril elle avait reçu ordre de se rendre à Cou-
tances en Normandie. Elle se trouvait donc absente de
386 tmn modeikes.
ToQlOQse quand rarrêl fut signifié, et n'en apprit Texécution que le lieu de sou e&il. U est très importaDt^d^oi^ser* ver qaeeet arrêt de suppression fut rendu sur les oonclor sions du chancelier d'Aguesseau, dont la ûUe était encore à rËD^ce, mats qui en sortit bientôt après.
Désolée autant qu*on peut Tètre, M*^ de MondontîUe chercha quelques consolations k ses maux dans les lettres touchantes qu^elle écriTait à ses fllles, soit de Paris, soit de Coutances. Ces lettres, duui nous possédons un exemplaire, et qui n*ont jamais été imprimées, ne respirent que la mysticité la plus élevée, la résignation la plus absolue. La première de ces lettres, elle récrivit à Toulouse, un instant avant de partir. Elle dit : « Je pars en petit équipage et » comme une pauvre, avec une seule lille, une calèche et » un seul valet. J'ai une satiî^tioii sensible de ce qu'eu » cela je tâche d*imiter Jésus^Christ Notre-Seîgneur et sa . » sainte mère dans leurs voyages. » La fondatrice se dévoile tout entière dans cette comparais(m. Elle annonce son dér part pour Coutances : « J'ai reçu un ordre du roi qui me » relègue à Coutances, en basse Normandie* Je m'en irai 1 dès que j*aurai un équipage. » On se demande qo*eit devenue la calèche de Notre-Seigneur ci do sa sainte mère. Elle continue : « Jécris à Monseigneur de Toulouse de voue » vouloir protéger. Je salue tous nos amis et amieSé » ^
Au moment où elle écrivait ces lettres, M*^ de Mondoor ville se croyait frappée seule, et ignorait encore la suppression de son institut. Dans une troisième lettre, elle dit : « Je m'en vais toujours du c^ de mm exil. Coutances» 9 qui en est le lieu, est si reculé que je ne pourrai guère » vous écrire; je le lais à présent, en vous disant que la
tMM KOMSBMt. 317
• Providence vous remet riasUtut entre les mains Que
» chacune de mes filles se regarde comme chargée de
» tout rinslitut et de moi pour m'aider à porter ma croix
» et pour pourvoir à ma subsistance Elle annonce
son arrivée à Ck)ntanee$ : « Me voici an >ieu de mon exil » depuis hier.*. J ai oublié de vous dire que saint Jean
• TEvangéliste est mon patron, à ce que Yùa m*a toujours
» dit; ainsi priez-le beaucoup Que chaque fille de
» Tinstitut fiasse une communion pour le roi, et un jeûne
• au pain et à Veau à mon intention. Je recommande à
» Durand de veiller sur les domestiques J ai été cou-
» solée de savoir que vous mangez de mon fruit de Saint<» » Orens. Je suis encore consolée de ce que les directeurs » de la Grave et autres plaignent nos Mes. » Dans une de ses lettres, Madame emprunte le langage prophétique : elle commence ainsi : « Pour mes très chères liiles les » enfonts de mon cosur, deux, écoutez! et vous, terre, » soyez attentive aux paroles de ma bouche! Dieu a parlé a » mon cœur^et a ouvert ma bouche pour dire à celles qu'il » m*a données... » M"** de Mondonville fut enfin informée du coup terrible qui venait de frapper son institut. Aux mois de juin et juillet 1686, elle écrit à ses filles et les avertit qu'elle coniiait tout, les exhorte à la patience, leur défend d'd)éir à rarcbevéque par rapport à leur liaison^ et espère contre toute espérance.
Il devait lui en rester bien peu lorsque, par lettre de cachet, elle fut enfermée dans le couvent des hospitalières de Coutances, avec défense expresse h la supérieure de la laisser communiquer avec qui que ce fût. Cette mesure de rigueur extrême avait été prise à la suite des interroga-
>38S TBMPà Mûi>EH:t£3.
toires que M. de Baville avait fait subir ani demoiselles de YerduroQ et Praliû, à Trévegat et k la Solo. Tout fat découvert par cette procédure, et Tirritationde la cour fat
telle que xM™' de Moiidonville dut s*cstimer très heureuse de ae pas payer de sa tête ses iacoocevables imprudeoces* Tous les efforts que tentèrent les filles de TEnfance auprès des deux puissances puur relever les ruines de leur institut devinrent inutiles. Au mois d'octobre 1686, la maison de l'Enfance de Toulouse et celles de ce diocèse furent fermées, et les ûUes dispersées en divers lieux. Tous ceux qui avaient servi les desseins de la cour dans cette afitaire reçurent des récompenses proportionnées à leur Lundilion.
Le premier qui prit la défense de Tinstitut de 1 Enfance fut le célèbre Antoine Arnauld, auquel on attribue l'écriL qui a pour titre : ^Innocence opprimée par la calomnie* Les filles de TEnfance composèrent plusieurs relations et mémoires. L'Enfance eut un historien dans la personne do Simon Reboulet, ex-jésuite et avocat à Avignon. Il donna au public, en 1734, sa célèbre Histoire de T Enfance, composée d après les mémoires du temps, parmi lesquels il &ut distinguer ceux de Tabbé de Sabazan, curé de Montastruc, au diocèse de Toulouse, qui les avait composés sur les récits véridiques de quelques filles de TEofance retirées dans sa paroisse. Cette histoire est très peu exacte dans les dates et Tarrangement des faits. Ainsi Fauteur fait écrire M*^ de Verduron, en 1686, au président de La Terrasse, qui incontestablement était mort deux ans avant la suppression de FEnfimce; mais ces erreurs ne portent aucune atteinte à la vérité des événements. M. Tabbé de JuUard, chanoine de Saint-£lienne et neveu de la fouda-
TiMFs modkinh. 389
trice, publia, en 1735, un mémoire justificatif dans lc(iuel il relevait les erreurs commises par Reboulet. Ce mémoire attira de la part de Reboulet uue Réponse qu'il publia en 1737, et dans laquelle, tout en passant condamnation sur les erreurs de dates et d ordre chronologique qu'il avait commises, il reprend en sous-ordre les principaux faits, en indique les sources, et les met au grand jour avec des détails inconnus. M"* de MondonviUe, son institut, l'abbé de Juliard et tout le parti furent écrasés \m ceXie liéponse. ia seule qu'on lit à ce dernier écrit, fut de condamner au feo par la main du bourreau les livres de Reboulet, à la sollicitation du marquis de G...., autre neveu de M*"* de MondonviUe. Cétait un saeriûce offert pour apaiser les mânes de cette femme aussi coupable que malheureuse.
S'il nous est permis maintenant de donner ngtre opinion personnelle sur une aflaire qui occupa à cette époque et la cour et la ville, nous dirons en toute impartialité : M"'* de MondonviUe avait beaucoup d*esprit, un caractère énergie que, une âme dévouée. Après la mort de son époux, elle entra franchement dans les voies du salut, et son attrait pour les bonnes œuvres était sincère. Malbeureusemenl elle fut jansénisée par l'abbé de Gron, qui gâta son esprit et faussa sa reUgion. Certainement rien aetaitplus respjectable que Tlnstitut qu*eUe forma, considéré en lui-même: panser les plaies des blessés, distribuer des.remèdes, visiter les malades dans les hôpitaux ou a domicile, instruire les nouvelles catholiques, former l'éducation des jeunes perspnbes et donner rinstruction gratuite, quoi de plus beau ! Les constitutions furent dressées par Vabbé de Ciron seul^ qui les saupoudra d'un lastidieux jansénisme, depuis
390 TEMPS tfODKBMÂ.
le commencement jusqu'à la fin. Il eut le soin de flatter là
fondatrice, en lui conférant dans sa maison une autorité portée au-delà de tontes les bornes. 11 lui dit de prêcher et de faire prêcher ses filles : elle le fit, et la doctrine janséûieane passait par toutes ces bouches fémlmnes^ avec un indicible cbanne. Il lui dit de diriger ses filles/ et au besoin de les confesser : elle le fit. Sa curiosité naturelle était tous les jours excitée par les confidences demî^sincères, demi-fansses, qu'on lui jetait comme un appât séducteur. Il lui dit de ne pas oublier qu'elle était comtesse» dame de la selgiieuriè deMondonviHe et autres lieux : elle ne Foublui pas. De là, des appartements meublés avec un luxe austère mais beau, des carrosses, des laquais en livrée, une table délicatement servie, des airs de grandeur et de petite souveraine, des fauteuils qui étaient presque des trônes, uue cour de jeunes filles nobles et belles comme elle, empressées toutes à la servir et à brider la Êtveur de ses regards.
M*^ de Mondonville se perdît tout entière dans Tabbé dè
Ciron et dans ces prêtres de Pamiers et d'ailleurs , grands et infatigables propagateurs du jansénisme. Us lui direit qu'il fallait imi^rimer et répandre des écrits contre la régale: elle le fit, et devint la victime de sa complaisance et des convictions qu'on avait formées dans son esprit. Bile poussa l'amour de ces convictions jusqu'à un véritable fanatisme qui Faveugla sur les dangers qu*elle courait, lui fit mépriser les avis que -hii donnaient ses amis, la rendit esclave de la voloMe et des inspirations de ces hommes qui la précipitèrent dans Tabtme. Elle mourut cbez les 'hos|NtaHères de Coutances> eu 1702. Heureuse, si avant sa mort elle pût
TKMPS MODBANKS. 391
reeoimaitra ses erreurs et accepter, pour les expier, le sort rigoureux qui la conduisit au tombean.
rarcheféque de Toulouse mourut Faonée qui suivit la suppression de l'Enfance. Il avait gouverné celte Eglise Pli»ndant quatorze aas; il lut iaiiumé devant Tautel du eliceur de sa métropole. Après sa mort, ou reçut à Tou* louse un bref dlnnocent XI, dans lequel ce pontife le blâmait de la eouduite qu'il avait tenpe à l'égard des filles de l'Enfance. On comprend que ce bref était dirigé bien plus omtre les partisans de la régale qu'eu laveur d'uu institut qui n*était certaluement pas très dévoué au si^e aposto*lique.
Jeau-Baptiste-Michel de Golbert de Villacerf, évéque de Moutauban et abbé de Saint-Pierre de la Cour (le Mas de Verdun), fut uouuné arcbevéque de Toulouse. Ce prélat se trouvait à Nîmes à Tépoque de sa nomination ; il y reçut «me lettre des capitouls pour sa bienvcuue. Quatre membres furent députés afin de prendre ses ordres. Il refusa tous les bonneurs pour son entrée, ce qui n*empêcba pas que tous les capitouls aaliass^t le saluer. U eut d*abord «me contestation assez vive avec messieurs du parleme&t au si^et des premières visites, contestatiou qui fut dinmée par une ordonnance royale.
La première année de l'épiscopat de de Cîolbert, les d^es du> Saint-Ënfaut-Jésus, connues sous le nom de Dames Noires, s'établirent à Toulouse, rue d'Astorg. Ces dames avaient été fondées par le P. Barré, religieux minime, et ayaient aidé puissamment M">« de Maintenon dans les preâuers smns à donner aux demoiselles de Saint-Cyr. Jolies demeurèrent en poâsession de rétablisseoient ^
391 TËMPb MUDtfat(l0«
Toulouse jusqu'à la Révolution française, iedr inslitnt
avait pour but 1 éducation des jeunes deiuoiselles. " > Is séminaire dn diocèse», dirigé par tes PP. jésoitas, Hat transporté à cette époque dans la maison de l'Enfance, qui fut achetée au prix de quinze mille livres. Ainsi ces reti'- * giecQL devinrent propriétaires, ou du moins possessears . d'une maison qui s'était constamment montrée leur im^ . pl^cable ennemie. Cest dans cet étahlissemeat qbe le& t sulpiciens dirigèrent plus tard les clercs du diocèse. •
-Une nouvelle colonie religieuse vînt s*a]H:iier à Toulo|isd., pour le service des malades. W de Colbert appela dans" sa ville épiscopale les sœurs grises, que saint Vincent de " Paul et M"*" Le Gras avaient fondées à Paris. £iles prirent» en 1689, la direction de Tbospice de Saint-Jacquesw Elles-; arrivèrent au nombre de douze. La ville, par ordre du l oi^ 1 leur compta miUe livres» et paya tous les meotikis oéœà-^
saires h leur établisscmciU. Avant qu'elles ne prissent la-, direction dfî rhôpilal, œtle maison possédait, pour le;ser^ ; viee des malades, des Ibères de là Charité et des sclenr^ r séculières auxquels on donna une pension de retraite. j< •Mf' de Colbert n*avait pas encore reçu ses bulles; leites j lui Tarent expédiées le 5 octobre 1G93. Décoré du pallium . le 9 novembre, U prêta serment au- roi, et prit pojEiisession ; le W par procureur. Le dimanche 7 fôvrier, ;îl M >sqn o entrée à Toulouse. 11 eut un démêlé avec TarclieYêque a d'Aibi pour laipréséance aux Etats du Languedoc, eo^l'abiMiq scncc de l'archevêque de Narboiinc. Au mois d'octobre, vun 'i arrêt du cQnseil, tenu à FontaiaebleaUydéfiida.queà'aEcba^ i vêque était obUgé de rendre visite à tons lès président^q les con^Ue^s. de Ja gcaud^cl^ambre» les prjtîàdenis aux^n»
TKUcs MOoeaMt. 393
enqaéles, le doyeo, le soosHloyeD, les pirocureurs el les
avocats généraux, avant d'être reçu au pai leinent.
Ce prélat s*oeoupa de régler la htorgie de son diocèse ; il publia, en 1697, un nouveau Propre deê Saints, dans lequel Careai introduits les offices des serviteurs de Dieu nonfcdlement isaiioiiisés. Le bruit des miracles qai s*opéraient tous les jours au tombeau de Germaine de l^ibrao porta Ms* de Colberl à se rendre en ce lieu, où il ordonna une enquête sur la \le de la bergère et rauthenlicité de ces prodiges. U tit ouvrir le cercueil, examina le corps et en constâta la parfaite intégrité, lacques de Lespinasse, ancien capitoul de Toulouse, récemment nommé postulatenr de k cause de la béatification de la {Meuse bergère, se présenta au prélat, qui l'assura de son zèle à mener à hQUûQ lin cette affaire si bien commencée.
La compagnie du gai-sa?olr fiit élevée à cette époque au rang d'Académie par lettres patentes de Louis XIV datées de Fontainebleau, du mois de septembre 1694. Ces lettres rappelaient la haute ancienneté de nilustre compagnie, les services qu'elle avait rendus aux belles*lettre& et à la poésie en paiticuller , donnaient de nouteeux statuts, et fixaient le nombre des membres k trente-ciu<|, qui, plus lard, fut porté à quarante. Il est ordonné au maire et aux capitonls de prèter la nouvelle académie le gVand consistoire pour la iiifciure dû la Semmce et la distribution des prix; et pottkr.lea séanèi» ordinaires, la salle qoi tient k la galerie des Illustres. Il est de plus ordonné à la ville do payer une rente annuctte pour les frais des jeux. Cest ici le lieu de papter^de tous les fKVf rages qui ont été composés au sujet da dame^ Clémence, de la compapiie du gai s^avoir et de
TKMPS MCIDEBNBS.^
rAcadémie des leiu-Floranx. Le premier auteor est Pierre
de Cazeoeuve qui, en 1059, composa un livre ayant pour titre : De l'Origine des Jtmx floraux, Ën 1X15, M. de LaloQbère donna an publie son Traité de Vûriginê des Jmsô floraux; c'est là que l on trouve la lettre circulaire des sept maînteneiirs de 13^3. En 1764, M. de Ponsan, trésorier de France, composa une histoire complète des jeux floraux* Vingt ans pins tard, Charles de Lagane, procarear du roi en la sénéchaussée de Toulouse, publia un disoonra contenaot Tbistoire des jeux floraux et celle de dame Clémence. Cest dans cet oumge qne Lagane attaopia âireo«' tement l'existence de cette dame. L'académie répondît à Charles de Lagane par un mémoire très étendu, où sont durement énoncées les preuves qui attestent Texistenee de la restauratrice des jeux. A la fln du dernier siècle, un auteur anonyme fit paraibre tm pamphlet contre le mémoire ; il a pour titre : les Rêveries académiques. De nos jours, M. Poitôviû-Peytavi a donné une nouvelle histoire de VAcadémie. L*exist^ce de sa restauratrice a été encore attaquée par un savant professeur, et nous avons cru devoir prendre la défense de ce fait historique sous le titre Etudes sur Clémence d'Isaure.
L'année même de la visite de M^' de Colbert à Pibrac, mourut à Toulouse, au couvent des pauvres darisses, Germaine d'Armaing, dans une grande réputation de sainteté. Cette fille était née à Pamiers.eh 1664. £lle se Jivra de bonne heure k tontes les austérités de la pénitence. Cédant à un irrésistible attrait ^ui la portait à la vie religieuse, elle choisit Tordre de sadnte Gbdre^ et se présenta au couvent de Toulouse, uù elle reçut rhabit des mains
de M** de Lanfiefoe, qui e& étài supérieure. Elle Técot
trente-quatre ans dans cette maison, comme le modèle le plus parÊdt de toutes les vertus portées jusqu'à Théroïsme. Sa sainteté fut attestée par des prodiges. Son corps repose aujourd hui dans l église paroissiale de Saiat*]Nicolas. Sa vie et ses lettres spirituelles oot été dcouées au public.
La province eccié^astique de Toulouse s'occupa, en 1699, comme toutes celles de Féglise de France, de la condamnation du livre des Maximes des Saints, de l'archevêque de Cambrai. Le septième jour de mai, à neuf heures du matin, s'assemblèrent, dans le palais aitlûépiscopal, l'archevêque de Toulouse, de Colbert; de Berlier, de GramoDt, de La Broue, de Nesmond et de Verthamont, évêques de Rieux, de Saint-Papoul, de Mirepoix, de Montauban et de Pamiers. Les prélats se rendirent à la chapelle piMir assister à la messe du Saint^^Esprit. De retour dans la salle d'où ils étaient partis, et chacun ayant pris place en son siège. M'" de Golbert lit donner lecture de la lettre du roi qui ordonnait aux évêques de s'assembler pour accepter le bre{« M. Compaing, chanoine de Saint-Ktienne, ayant été choisi pour secrétaire, lut le bref d'Innocent XII portant condamnation du livre de Fênelon. Après cette lecture, la séance fàt levée et renvoyée à trois heures de l'après-midi.
A la reprise de la séance, on lit diverses réflexions sur le bref du pape, et l'assemblée fut assignée au lendemain*
Le lendemain 8 mai, après avoir entendu la messe, les prélats oavrirent la séance. On fit apporter sur le bureau te livre des Maaimes des Saints; on examina avec le plus grand soin dans le livre les vingt-trois propositions censu
396 TEMPS MOUCRNKS.
rées pàr le bref. Ce travail fut assez long, et la séance fut
levée. Le 9 mai, le sieur Daric, vicaire général à Lonibcz, présenta ses lettres et fut admis. On regut des lettres de Lavaur par lesquelles le grand-vicaire de cette Eglise s'excusait de ne pouvoir se rendre à rassemblée. Dans^ l^ dernière séance, après plusieurs observations important^, le bref fut accepté, et les prélats ordonnèrent qu'il serait publié et exécuté dans leurs diocèses respectifs. Ainsi, se termina à Toulouse ra!£aùre de la condamnation du livre de Fénelon.
L'année 1700 fut marquée à Toulouse par le commen-»
cernent d(;s informations juridiques au sujet du procès de la béatiiication de Germaine de Pibrac. ^.^
Conformément aux ordres et à là promesse de M^^ 4ff Colbert, le 7 décembre 1C99, le R. P. Josei)b de Morel^ prêtre de la congrégation de TOratoire, curé de la paroiss^ de la Dalbade à Toulouse et vicaire général de M^" rarcbevêque, rendit une ordonnance qui indiquait le commeDcj^-^ ment des informations. Il fut décidé qu*à cause d'unç mission que donnait M. le curé de la Dalbade dans une deS| paroisses de la ville, aux fêtes de Noël, on différerai^ jusqu'au commencement de l'année suivante.
£n effet, le 3 janvier 1700, M. de Lespinasse^ fon^é,.^ pouvoirs de la communauté de Pibrac, se rendît à Toulouse auprès du P. deMorel, dans la maison de l'Oratoire. Apr^ avoir exbibé à M. le vicaire général tous les titres j^ ^l'^c:^ créditaient auprès de lui, le postulateur fit les déclarations suivantes : 1*" que, par un efTet de la divine providence. ^ il existait un corps entier qui se gardait dans la saci;isti^^d^ l eglisc de Pibrac, reniermc dans un cercueil de bois, con-
TBWn XODIRNIS. 397
serve dans le iiiènto élat depuis soixante ans; 2° que ce corps élait demeuré enseveli pendant quarante ans, comme il était déclaré dans le pi ocès>verbal de M. Dufonr, vicaire général de M^^ de Marca; 5°qu il était constaut que ce corps avait appartenu à une bei^ëre de ladite terre de Pibrac qui avait uiené une sainte vie et était morte en odeur de sainteté, ayant nom Germaine Cousin, dite la Bigote k cause de sa grande piété; 4-'' que, depuis qu*e11e avait été déterrée, Dieu avait opéré un grand nombre de miracles par son intercession en faveur de ceux qui s*étaieni dévotement voués à elle ; qu'ils avaient reçu instantanément la guérison de leurs infirmités, telles que paralysie, épilepsie, hydropisie, scrofules; que plusieurs avaient recouvré la vue au moment où ils se vouaient à la bergère;
qull se faisait joumellemeni un grand concours de peuple dans 1 église de Pibrac pour rendre grâces à Dieu des guérisons instantanées qu'on avait obtenues; 6« que, cette afiluence croissant de jour en jour, on avait enregis- ^ tré divers actes publics relatifs à ces miracles ; 7^* que, pour , constater encore d'une manière plus précise un grand nombre de prodiges que Dieu avait laits et faisait journellement pour manifester la vertu de sa servante la dévote bergère» et pour donner suite au décret émané de M^f de Carbon, archevêque ^de Toulouse, qui avait ordonné de faire un prôcèà d'information sur ladite Germaine, sa vie et les miracles opérés par son intercession. M"' de Colbert avait fait lui-même la visite du corps et ordonné qu'on procédât aux enquêtes; 8*^ qu*il n'était pas juste que, puisque Dieu manifestait ouvertement sa volonté, un si précieux dépôt restât plus longtemps dans l'oubli et sans aucune récom-.
398 nm moouM»,
pense en ce monde de la sainte vie que cette dévote fille avait meQée peadaat les viDgt-deux ans qu'elle avait véca ; 9^ qne loi, Jaeques de Lespînasse, avait reçu commission de Rome d envoyer le somiiiaire de la vie de ladite Germaine Cousin et le procès d'enquétd sur les miracles qoe Dieu avait opérés et opérait encore journellemenl en faveur de ceujc qui s'étaient voués à sa protection; lO** que le temps préssait afin de ne pas perdre roccasion fovorable qui se présentait de seconder les désirs de personnages éminents dans Tordre ecclésiastique qui sintéressaient à la cause
Tel fut Texposé ûdèle que M. de Lespinasse ût en présence de M. de Morel, sollicitant la faveur que le vicaire général se transportât à Pibrac et ûxàt le jour où il commencerait les informations.
Nous terminons Thistoire de Téglise de Toulouse, pour le dix-septième siècle, par notre revue rétrospective, qui embrasse celte période tout entière.
Au commencement de ce siècle, Antoine de Bruguières- Chalabre occupait la prévôté de Saint-Etienne. Il mourut le 29 Juin 1(>U6, et fut inhumé dans le chœur. Après sa mort, la prévôté eut trois compétiteurs, Jean Daffis, Ber* trand Daffis et Bertrand de Berthier. Jean demeura paisiWe possesseur de cette dignité. Jl était évéque de Lombes. H fit don à la métropole de riches tentures représentant la vie des principaux évêqaes de Toubuse. Sous son gouvernement, le chosur fût incendié, et par ses soins la voûte; les orgues et les stalles forent confectionnées dansFespace de trois années, li mourut^en 1614. 11 eut pour successeur.
Bertrand de Bertliiti , tils du seigneur de Montrabe, de Saiot^Geoiés 6t de Kocbe-Montels. Ceiai**ci abdiqua ea faveur de son neveu, après avoir triomphé de François de La Prusse, frère du premier président de Ciary, qui lui disputait la prévôté. Il mourut aveugle en 16^. A Bertrand de Berthier succéda Jean-Louis, qui fut nommé coadjuleur dbe son oncle révéque de Rieux, sous le titre d'évèque d'Héllopolts, et lui succéda. Il possédait, avec cet évéché, la prévùlé, iabbaye de Lézat et celle de ia Capalette. Il se démit avant sa mort de ces abbayes^ de la prévôté et de son évêché, «'tant parvenu à un âge très avancé. Antoine- François de Berthîer, neveu du précédent, lui succéda dans toutes ses dignités.
L^abbaye de Saint-balurniu fut gouvernée dans cette période séculaire par les cardinaux de Joyeuse et de La Valette, arcbevêques de Toulouse; par Jean Coëfller, Uuzé d*£fnat et François Sauguln de Livry. Le prieuré de la Daurade eut à sa tête Marc de Calviëre, qui céda Véglise de laDalbade aux oralorieos, en 1620; Marc de Calvière, son neveu, qui fut inbumé à Saint^Ëtienne dans la chapelle de la Sainte-Vierge, à l'abside; Jacques-Charles Amelot, et Pioël-François de Brion.
Le Mds<]larnier eut pour abbés Christophe de Leslang, évêque de Carcassonne; Jean Alard des Plans; Guillaume de Guilhermin, qui unit le monastère à la congrégation de Saint-Maur, en iG-il, et mourut à Montpellier; Pierre de Gau, chevalier de Malte, qui se démit de Tabbaye eu faveur de de Golbert, archevêque de Toulouse.
Les chanoioesscs le Saint-Sernin à Toulouse eurent pour abbesses Marie de Saint-André, Charlotte Ruzé
400 TMM XODSIKNM.
d^Effiat, Antoinelte de Tiffaut, Barthélemte deCafel, Fraii'
çoîse de Ulchart. Celles de Sainl-Pantaléon eurent Catherine de Savigoac ; Hélène de Sainte-Croix, qui fonda les abbayes de Sainte-Marthe, de Tlle d'Albi, de Cablehiaudaiy et de Moncuq ; Marie de Sainte-Paule et Françoise de Jalia^. ■
L*abbaye d'Eannes fut gonvernée par le cardinal de Joyeuse, Henri de Lorraine, Henri d'Authemart, Françoise Barthélémy de Grammpnt qnî, en 1668, releva les miiieB de labbaye et de ré^^dise, et son neveu, qui fut évéque de SaîDt-Papoul. Grand-Selve compta parmi ses abbés : No^ ret de La Valette, qui fit construire le chœur deia graiHl^ église; François de Joyeuse; de La Valette, pour la seconde fois; Armand de Bourbon-Conti; le cardinal Mazarin, et Gabriel de Roquette, de Toulouse. Le monastère de TOraison-Dieu, à Muret, eut pour abbesses Catherine de Benqué; Anne de Bizede Saint-Elix, fille de Bertrand de Bize iselgneur de Saint-Elix, et d'Alberte de Latou, qui se retira dans Tabbaye de sa fille el y apporta tous ses^^Jriieiifr; Antoinette et Elisabeth de Gaugeac de Barrière. Fabb9^ de Salenques compta parmi ses abbesses Miramonde de Labiston, Jeanne de Mauléon, Marguerite de FrancoD, Anne de Noé, Philiberle de Noé, qui transféra son abbaye à Toulouse, et de Surgan d'Ërce.
L*abbaye de la Capalette fut gouvernée par Bertrand d^Escars, Jean-Louis de Berthier, évéque de Rieux, et François de Berthier, son neveu. Nous trouvons à Lé* vignac, Madeleine de Campcls, Marguerite Du Faur et Hlme pibrac pour abbesses.
Jean-Baptiste Du Bourg, évéque de Rieux, dent nom avons déjà parlé, mourut en 1602, et fut inhumé daos
TEMPS MOOBaMS. 404
réglise des cordeUers de sa ville épiscopale. Il eut pour
successeur Jean de Bertbier, prévôt de Saint-Etienne, abi}é da Mas-Garnier, de Sftint-Sever, de Silvaoes, chancelier de Mai guei ile de Valois, agent général du clergé de France; il fut nommé ôvèque de lUeujL en 16ûi, et mourut en 1620, âgé de soixante-quatre ans. Il était recommandable par sou lèie à remplir tous les devoirs de sa charge et sa diarité envers les pauvres, U fut inhumé daus le chœur de sa cathédrale, qui n était pas encore te uni née. Jean-Louis, aoQ neveu, lui succéda. Celui-ci se démit en laveur d*Ân- Ijotoe-^rancois de Berthier, qui devint évêqtie de Rîetix en ItiGS.
Après la mort de Jean de La Barrière, abbé de Feuillants, celte maison fut gouvernée par vingt abbés, dont 1 histoire ne nous a conservé que les noms qu'il serait trop long de rapporter. L*abbaye de Caders nous offre ceux de François de Nobles, de Montfaucon de Roquetaillade, et de Barthélémy de Grammont> évôque de Sai&t-Papoûl ; celle de Bolbonne, ceux de Philibert de Villcmur de Pailhés, et de François de Pailhés.
Urbain de Saint4]îelais était encore évéqtie de Comminges au commencement du dix-septième siècle. Il eut pour succesiieur Gilles de Souvré, qui permuta le siège de Comminges avec celui d*Auxerre qu^occupait François de Donnadieu, qui lit sa démission en laveur de son neveu, Tuu des plus grands évôques de Gomminge$« Barthélémy de Griet de Dounadieu était fds de Ferréol de Griet, seigneur de Villepinte, et de Jeanne de Donnadieu, fille du seigneur de Puchairic. Il naquit, à Montesquieu -Volvestre. 11 prit d abord le métier des armes, visita Rome, Naples etrÂlIe-*
magno; et revint dans sa |)atrieen 1617. Son idclim^im lB portant vers l'état ecclésiastique, il fut inilié au sacerdoce H wmïé à révéché de Gommiiigefl,. en A6â5. 11, se reoâii aussitôt dans son diocèse, quMl édifia pendant douze améH^ par la pratique.de toutes les vertus épiscopales* ILfiioarui en 1657 à Alan, an odeur de sainteté. Ses eàtrailles foraift inhumées dans la chapelle, qu'il avait construite en ce lieu ; son cœur fut porté à la collégiale de Saint-Claudeos^ et son corps enseveli à Saint-Bertrand, où Von voit encore son tombeau. Etienne Molinier composa sa vie. Hugues de Labatut, archidiacre de Gomminges, lai succéda, et rnounit en lOU. Gilbert de Choiseul Du Plessis-Prasliu fut nommé évéque de Comminges la même année. de Gboiseul posséda révéché de Comminges vingt-deux ans, et passa ensuite à celui de Tournai. Il se montra plein de zèle pour la discipline ecclésiastique et la visite de son diocèse; il institua un séminaire, et chaque année célébra son synode, aimant à recueillir les sentiments de tous les membres de son clergé. 11 joua m assez grand rôle dans les affaires du jansénisme, et se conduisit toujuurs dans les discussions avec beaucoup de prudence. A Ms^ de Choiseul succéda Louis de Rechigne-Voisin de Guron, évéque do Tulle. Après ce dernier, Jean-François de Brezay de Deaou- TÎUe, archidiacre de Chartres, fut nommé évéque de Comminges en 1693. Il institua à Saint-Gaudens uu séminaire dont il coniia la direction aux Pères de la compagnie de Jésus.
L'abbaye de Bonnefont n'eut que deux abbés pendant le dix-septième siècle, Antoine de Coust, vicaire général de-
Condou^, el Charles-Henri de Cassagnet de Fimarcon, Celle
TEMPS ltOIt£UN£â.
de NÎKors fat fjjoavernée successivement i^r Jean Bretons Octave defiellegarde» évêque de Couseraas; Bénigne Biûn> Ae^j aamènier da roi ; Amat du Nbzet, audîteor de Rote; François de iitmii qui i)eiiiiiiia l'abbaye avec Téglise de &ûni^aeqaes du Haut-Pas à Paris; François du CoureU jiesepli de Mencaup, el Alexis de Fontaine^
LIVUË TRENTE-SEPTIÈME.
DEPUIS LA CONDAMNAT IOi\ DU LIVRE DE FENELON A TOULOUSE, EN 1698, JUSQU A L BPISCOPAT I» DE FONTAN«SS, EN 1788. •
Le dix-huitiëme siècle s'ouvre dans nos annales par la
mort de M. Vendages de Malepeyre, Tua des hommes les plus distingués et les plus pieux que Toulouse ait produits. Né en cette ville d une ancienne famille, Maîepeyre s'appliqua dès sa jeunesse à Tétude du droit, de la théologie, des mathématiques, de la philosophie et de la médecine. Il n'était pas étranger k Téloquence et à la poésie. £q lui les qualités du cœur étaient plus recommandables encore que
celles de lesprit. Il professa une ilévotion singulièie pour la mère de IHeu, et composa sept cents sonnets en soi» honneur, fit construire à ses frais la magnifique cbapelte du Mont-Carmel dans l'église des grands carmes, détruitô aujourd'hui, et dont il nous a laissé la Descripiùm, Cette chapelle lui coûta cent mille livres. Son hôtel, situé me du Canard, était rempli de gravures, portraits, bustes et statues représentant la mère de DleQ. U institua à VAaa^ demie des Jeux-Floraux, dont il était mainleneur, un prix annuel pour le sonnet à la. Vierge, et voulut être inhumé i| l'entrée de la splendide chapelle qu'il avait si richement décorée. 11 mourut le 5 mai 1702, à Fâge de soixante-dix^
huit ans. Il était conseiller au présidial, et Ait Ton des
premiers luembres de la société des Lantenmtes. Nous donnons plus bas on catalogue de ses ouvrages (1).
La théologie mystique (bt enrichie d*ua nouvel ouvrage dù k la plume de M. Compaiug, docteur en théologie et en droit, chanoine de Saint-Etienne^ sous le titre de Sdenee du salut. Cet excellent ouvrage, qui renferme tous les devoirs du christianisme, fut dédié à de Golbett. Ce prélat appela, en 1707, k Toulouse, les messieurs de Saint- Lazare, compagnie loiidée à Paris par saint Vmceol de KuL Ils vinrent au nombre de trois et s'établirent au
(4) De la Nature îles Comètes, in-S^, <661. — Lellre d'un Toulousain au R. P. provincial des jacobins de la province de Tolose, in-4". — PanésnTique de Notre-Dame dir Mont-Carmel, pour rouverture de sa chapîHe, in-S®. — Panégyrique df> saint Juacliun, in-80. — Traduction de quei(|ucs passages des Pères de i Eglise en l'honneur de la baifiie Mère de Dieu, in-3*. — Les Privilèges et Règlements de la Confrérie de Notre- Dame de la Conception, in-B*». ^ Description de la chapelle de Notre- Ottme du Mont-Carmel, in-i», 4692. — Cinquante sonnets sur la vmsfdkn^ bmm\é9 de U sûme Ttetfa» — GiDiç[«uiie sonaets sur la ,pa88ioii de Notre-Seigiiear Jésos^rist» — Cinquante sonnets sur tes pfîndpales fttes ds la saiiole Vierge, in-4^. — te Psautier ès Kotre-Hame, ou la Vie de la Hère de Bien, in-'f 1 ^ La Dilvo* ^ $sk glorieux- sftîDt' loashain* M9l Diaoours sur rimnaeidd» ^nception, prononcé par M., de Malcpeyre. à rouverture de racadâmie de Saint-Orens (manuscrit). — Discours sur l'Assomption de la Vierge, prononc^î à l'ouverture de fâcadémie de Saint-Orens. — Discours sur la ualure de l'ode. — DisicrUlioa sur la nature de la dévotion. — Dis-* i'ours sur l'amour et sur l'amitié contre les insensibles, 111-40. — Universae philosophise cursus. — Tmctalus theolotricus : do Deo uno et triuo, de angelis, de sex dielnis, de statibus lumiius, de peccatis, gratiâ, fido, ipfi, cantate, et in specie de penitentil — De Mcdicinâ mathematicft, i;^iiuepd4 sanitale, de statu natur^li el,;prH}terQ§i|jDntli ;ÇiN:pai;is humani, de qoantltate, de signis divinatoribus, in-fol.
famhmtg Matatoiaa, où «ron volt encore les^restes léur
séminaire, .h l'angle du boulevard. Ces messieurs reçurent dâos leur maison quelques élèves pour ks préparer an» saîcerâoec^, et se livrëfeiit partieulièrement aux mlssioa^ dans les campagnes, ministère qu'ils exercèrent avec le plus
grand zëie pendant' quarante-'cinq ans, ^que à^Iaquelié ils s'unîTent aux prètros^ de Garaman, comme mm te verr(ms en son lieu. . ^
M"' de Colbert fonda; en 1709, une niafson'd&isto^'M
faubourg Saint-Etienne, et y appela les sœurs de saint Vincent. Après avoir construit à ses frais la iiiaieoa^i e!tîste encore, il la laissa héritière de tous m hiîm àpébs sa mort. Catherine de Souche lut une des premières supé^ Heures de cette maison, gouvernée aujourd'hui paplilarie>^ Chailullc Théodeline de Georges de Fadat.' A- peine cet étabUssement était-il fondé, que T^u'ohevéque. de Toulouse mourut à Paris, le 11 juillet 1710, à Fâge de soixanle^ douze ans. Il fut inhumé dans 1 église des minimes de là pifice Royale. Le chapitre de Notre-Dame, dont il étsit chanoine d'honneur, lit les fiais de ses obsèques. Ce gi aiid prélat gouverna uotre ISgiise pendant dix-sept ans. Il<«s4 le f)remier qui ait composé un càtéchistoe pattieùltei^ à l'usage de son diocèse ; au moins nous n'en connaissons pas de plùs anden rédigé dans la Ibrmé ordinaird et^spMà^ lement destiné aux fidèles de TKglise de Toulouse. Il se montra ^oujours très jaloux de son autorité. Ën sa qoaiitd de pré^dent' de^ l'aduiinislrattmi des hospices, il^Vèlffi»! exclure les capitouls de Thospice des Incurables, et leur lit ùter la présidence de celu^ de Saint-Jacque$ . pouir lia- fsàte^ donner én son absence à ses vicaires généraux. «'» -'^
TBaiPS MOUEUNES. 407
- Cannée même de ia^ mori de fanabev^ique, les jésulles obtiiii oiiL la cluiire des arts, devuiiue vacante par la mort 4tt tituiaire,. et ea prirent possessiou par lettres patentes. Lo eoQseil'de ville voulut s'opposer à renregistremeat de ees lettres : il se fondait sur la perte que 1^ habitants toaiefit. d'une pbice importante, et enr ee que les jésuites en j)osscssion des arts seraient maîtres d'accorder on de refuser le premier grade, ce qui occasionerait la dé^eriiou desi^cteses de TEsquille.
Au commeiuseiEent du dix-^huîtième siècle, des trouves
éclatèrent dans les Cévennes; des bandes nombreuses de protestants, excitées par lu minisire Jurieu et les déclamattons du calvi&iste de Serres, se répandirent dans ce pays et y commirent toutes sortes d'excès, brûlant les châteaux et les églises, égorgeant les prêtres et les catholiques. On donna à ces huguenots forcenés le nom de Camisards,. M. Havilie, intendant du Languedoc, ût lever dcsti oupes da<t^ sa provinee pour réduire ces rebelles : Tonleuse four-* tiit ses bataillons. Les Camisards forent réduits par les année et Ja prudence d« maréchal de Villars. :\ Le 12 juillet 1715, François de Beauveaw» successivenent évéque de jlay/oune et de Tournai, fut nommé archevêque d0; Toulouse. H fit son entrée en e$tle .vt)te raffinée suivante, reiusa les honneurs dus à sa dignité, et n'accepta pelSjliaraAguedes capitouls à labaaUeue.Dèsles premiers jOTirs d& son arrivée, il assista à la <iérémonie de la ^no^ IWisaMpïi^de^int l^ie^.V, quitû^t.célôhreê aux Jacobins avec une giiande. pompent et. j:0çut< dans son palais Elisabeth do Franco, allait epou:>cH;riiilii*i>e V n»i d'Ksi>ague.
4 a mJ.
498 rmns nmsÊKÊêt
Toulouse perdit à cette époque son annaUate^^lecBuift de LafeiHe. Il était né è €s»tdliraiidary, et fdt awiml.te
roi au présidiai de cette Tïllet S'étaot fixe à Toulouse, ïi. M nommé syndie et quatre Êok^ eapitoul. L'Aitadémîe. (te Jcux-F loraux, dont il était mainteneur, le choisit pour son secrétaire perpétuel. Nous lui rouvrage J0 pk»
complet sur la ville dé Toulouse. Les Armai», don^ll est Fauteur, méritent d*ètre appréciées, malgré quelques înexaotitudes qu'elles reofermeot. Peu d0 temps avast A mort, il donna son Traité de la noblesse des Capitoiils, M. de Lafaille était très toa caiboliquev «ucereBieûL Utiaehé à la^ religion de ses mieêtres.' On lui doit aam la création de la galerie des Illustres, où la ville lui donna une place apiès sa mort, arrivée dans la .quatfe^viiigf^ sèisidine année de son âge. • / >
L^ordr^ de saint Dominique perdit aussi à Toulouse son Mstorien^ Jean^acques éd Perdn; qui nous a laiM ouvrage précieux à plus d'un titre, sous le nom de Monnn tMim tomM^ teitimni Pm. pnjBêioa. Le P..d&l^6Éeiq joignit \ quafités à*lii9torien un caractère aitoafal&'lèt gracieux; il vécut toujours esclave de ses saintes r^es^ fBt montra |dem à^vm Inépuisable' obariié enjirersr.les malheureux. Son livie renferme des détails pleins d'intéréti itôn-seuleoient sur- la^ ikiaisa^ de san.ordre k ToulôoaB) im^s enoove sur riférësi» des Alli^iB^ le» ounoiles qui Tont combattue, le tribunal de la sainte }D(|uxsition, luntt vbrsité kmiousalne, les^généatogies éesr.<granâc8 fiHoâUea^ii description de la belle église des dominicains avec toutes ses richesses, ses reliques et^s tombeaniXy rblstoire- d» Ici. traii^tHm corps d0 saiiit T|Éonias'd*Aquio, les diomiiies
TEMPS jnûDKUNBS. 109
IttnÉres de ïùsûn de mni 0onialpe k Taulotise, la te**
daLiûii de la chapelle do ISotre-Damo de Bmguières, et la ûûûkàm du Hosaire. L'auteur aurait pu sans doute abrégea seÉ léBite, qu'a mtte soureiit à des digressions et à de» passages des Pèr^s asse;^ iniUiles. Malgré cette proioitê* fiouf rage est tcës codeQx, et peut Mrexoiviilté aveo svan^
tage pour I histoire locale.
Vara le mèiue teiup» mourut eucore à Toulouse FnuHjots Sayle, doelmir en- médedoe* professeur aux arts libérauK de Tuoiversité de cette vUle. Panai les iiombreuii ouvrages M^ wmi médeelQ» on distingue sou Discaumsitr ïtoofah
rience et la raison, dans lequel il prouve que, dans Louiez les seieuees» il faut se servir des. lumières de Fune et de loutre, n était mendlMre de la soaLM des La&temtstes et de celle des Jeux-Floraux, l\ mourut à Tâge de quatre-vingts * pff ans»
Toulouse vil s'élever d;u)s son sein un aouvel ordre retigieux. Pierre de Tournier, prêtre, eousejUtotr eliarç au pafisment, prieur de Glairmx, doyeo de Ffiglise d'ikO^ rillac, et M^^ JElisabeth de Laymeries, établirent en cella vitte ane flldson du BeiHBafiteor^ onbeqm avatt pti^ fiH¥l$ à Paris par M™'^ de Combé. Cet établisseDiont était destiné à'TeNieiliir les jeunes ôlles p^ite^esivii iu4 éiev^ dans.M rue dii Sénéchal, eurle sol lrouvaleDt»autrofoie construits le couvent ut i iJiùpital deSaint-Urens» dettè commor inafé oaiesaniie égvmmr dè gHra&da^ mm i maisgrâeià^ protection de M«' de Beauveau et do ses successeurs, elle
{mt eontiau€a:îtt$qu'À4a»âôfoltttion fc^tse>lf^Uea()uWlto DpéraH, If*' rbnterélpei appccMm câtte luaisou ^R 4711b,
Sismi de se . reuLire» ù i^aâ^emi^lêi^ géuéi^ idUi :Ci^i g«) 4^
446 TEMl^ MOUBRKBS.
Franoe, Il éUU à.Pam à la inoiiite Loub>XiV,v4<iMfiu^
ie l^sopteoibre 1715. Le 22, les capitouls écrivirent m duc d'Orléans pour le féliciter de sa nomiûaliûn. au iitHC^ de régent; ils reçuroat < des ' lettres du roi;^ da 'duaKldu Maine et du régent. Deux d'enti'e eux furent envoyés m il«palaiioii auprès da -jeane moQ^-^r-^ui «tes vo^i mp beaucoup d^aménité, et leur promit de conserveft-vlaft privilèges de la Yille. - . . . -. "mu» !
Les capîtottls sollicitèrent auprès du régetit ua ptiYîlég^ afin que les étudiants en philosopluo du collège de TEsquillQ passent, jouir, comme ceux des jésuites, de la malti!ifie>-«èsf arts; ils firent encore plus : par arrôt du conseil, ce Tocdf» l^e fut iocorporé à luniversité, de manière qu6> si»^ aspirants ne ponvaieni être gradaés» ni see. profasseori avoir voix délibérative dans les assemblées. Trois chairoi? de théologie furent accordéies aux jsKîobias. EUe^ .ami^^ ^é-fondéeset dotées par Tabbé de Tourreih Cdi abbé étailt prieur do Moubazin, et passait pour un boui|me ttx^ v.pr$<l dans Ja théologie, ieft. donunioaiiiiâ .fire&t ;eQiisljiQi^.,iiQfi( vaste aalie pour y placer les chaires noiiYellcs. • • i i)
Les,ûUes de r£abince, dapu(i$: Jia.mûrt de J^^^/detJï^l dOD^illOv avaient été mises: «n liberté; /guelquest^iiii^sr
restèreut à ïonloMSie dans des maisons particulières,.» ©ficon
p^t à.peu tPi!^9. oiémes {aj»cttûiis.^a;elle&,ce«ip1i^
saient dans leur institut. Le nouveau règne releva Jeurst espérances,. e{„.CQl71â,;eUe^ écrivireat au roil.etau,r^g^ pour.:demander l^upi rétablissement. Le eoaneîl de qodti science fut ?aisi de celte affaire, et demaoJa ïmH diô S^.L'di^ Beauveau. Ce prélat répondit qu*il ne s*opposait pSiS-^n, voUb] isscin^at de i CËmf^nqe. pourviu '^lim i fît ravx^ (msUlm-
iioo9 des ehangements importaiits qa*il indiqua. Les désirs
d« ces filles ne furent pas accomplis, et FEnfance ne se vit pas^recoDstituée.
Le jansénisme releva son drapeau an commencement du dix-huitième siècle et entra dans une nouvelle période de qtterellGS et de dissensions au sujet du livre des Réfieximê morales du P. (juesnel. Cet homme était membre de la congrégation de TÛratoire; il ût paraître son livre en 1671, et en donna «ne édition plus complète en 1675. La lecture attentive de ce livre réveilla de justes soupçons, et on y trouva bien des propositions qui méritaient d*éitre eoniiauiiieeii : c'est co qui détermina Clément XI, à la prière dci roi etda clergé français, à condamner ce livre par la blWe UnigenHm, datée du 8 septembre !715. Dès qotf cette coDslHuliou lut arrivée à Paris, le roi ordonna aux évêqnes qn! y étaient présents de s'assembler pour recevoir la conslilution. L'assemblée s ouvrit au mois d octobre 171% elle foi présidée par le cardinal de Noailles. Quarante prélats, du nombre desquels était M*' de Beaoveau, adop^ tèrenl la bulle, et dressèrent une instruction pastorale pour leurs' diocèses. Le 14 fôvrier 1714, le roi donna des lettres patentes pour la publication de la bulle et la suppression du livre condamné. Sur les conclusions de Favocat gêné-* rai, M.'Joly de Fleury; ces lettres' ftirent enregistrées an parlement de Paris. La bulle UniijenUm fut publiée ix Touft^ase;' ainsi que Tinstructlon qui raccompagnait; le parle** ment de cette ville initia celui de Paris, et après que la âu)ulté de Paris acceptée^ celle de Toulouse Tacceptar
aussi. , ' .> i." < ; ...
sieur KouiUoux avait fait paraître un recueil de pré-
41S TUin HODKINIS.
tendus passages des Pères de i'Egiise en &veur du livre dé Qoesnel, sous le nom d'Hexaples, et le P. La Borde^ ora-
torien, avait donné un autre ouvrage sous le titre de Témoignage de la vériU dane l'Egli^. Avant la mort du roi, rassemblée du clergé s*était occupée de la censure aé ces deu& livres; elle crut devoir terminer cette aiîaire. liés
avis forent partagés: Tabbé de Maupeou, agent du clergé,
ayant osé dire que la censure de ces ouvrages ne pouveiiL pàs se faire sans le consentement de larchevèque du diocèse, M'' de Beauveau notre archevêque s*éleva foriemeni( contre cette prétention, et ce fut à ses pressantes soUicitar Ifons que la censure fut enfin publiée.
L'Eglise de France fut vivement affectée à celte époquo par la défection de la faculté de théologie de Paris, qui^^ déclarant nul ce qui avait été feit auparavant par rapport ' a la constitution, refusa de l'admettre, et mit par là la divifiîon dans Tépiscopat et le clergé. £n même temps» le car^ dinal de Noailles retira les pouvons aux jésuites de sba diocèse» mesure injuste et fatale à leur compagnie. Àlora dommencèrent lés pubf tcàtions de ces libelles, dans lesquels' ces Pères étaient représentés comme les corrupteurs de la' mdralè, et les partlsans des opinions les plus singulières. Le scandale de l'opposition aux décisions du siège apostoli^ que éclata en 1717, lorsque quatre évêques de France, de La 'Broue, éréque dè Mirepoix, de Soanèn dé Sé'néfz^ Colbert de Montpellier, et de L'Angle de Boulogne, iritesrjetèrent appel de la bulle sixï futur concfle généràd. des^ prélats, oubliant le respect qu ils devaient au cbef de TEglise" enseignante, devinrent les fauteurs de cet appel qui causa ikùt dè maux. À la'suitë de ces malheureux évéques^^ pïfu-^
sieurs membres du clergé séculier et régulier, lanl k Paris que daûs la province, devinrent a;)pekitt<<. Les jésuites, les. sulpiciens, les messieurs de Saint-Lazare, la grande famille de saint François, quelques autres communautés, une grande partie du clergé dea paroisses et des chapitres, demeurèrent fidèles aux vrais principes.
Le 8 mars 1718 parut un décret du Saint-OMce : Par cet acte, le pape condamnait l'appel et les appelants. Ce décret inquiéta beaucoup le conseil de conscience à Paris, à la iète duquel était le marquis d*HuxeUes. 11 fut résolu quW le déférerait aux parlements de France, et le cardinal de Noailies y consentit. Le parlement de Paris déclara qu'il y avait abus dans ce décret. Malheureusement celui de Toulouse marcha sur ses traces. Le procureur général Le. Mazujer fit contre Tinquisition un splendide plaidoyer dans lequel il s'éleva beaucoup contre la domination de la cour de Rome et traita très bien l'appel et les appelants.
L'Université de Paris se rangea aussi du côté de ces der* nîers. Toutes les grandes universités de France se conipo-. saient alors de quatre lacultés : celle^ de théologie, $acra facultas; celle de droit, consultissima facultas; celle des arts, f^rœclara facultas; celle de médecine, saiub&rm^, facuUas, La première avait déjà iait son appeL Sur les: conclusions du célèbre Roilin, ancien recteur et professeur d*éloquence au collège royal, celle des arts -lit le si^n; 4e% deux autres s'engagèrent dans la même voie, et Michel. Godeavi, recteur en exercice, amplimmu$ rector, publia; lapp^ de Tunlversité entière.
Les jésuites se mon.traiçnt les plus attentifs et les plus clajûrvoyants a suivre les progrès. du nuiK l)s d^Qijivrirent,
414 tëui»2> mudernes.
à Toulouse un fait ââdes siogolier : Mf« Févèque de Gàhoifé ayant désiré établir la réforme d<ans son uiiiversité, on ucmina pour comlnissaifes à cet e£tet MM. de Costa, con-> seiiler an parlement de Toulouse, et (idspaid Du Bourg, docteur en Sorboune, abbé commaodataîFe de Gimout^ €o deroier partit pour Gahorà, et, au Heu de prendre la route directe et la plus courte, il passa par Lyon. Les jésuites apprireot que oet abbé prc^tait de son long To^age t>olir exciter à l'appel ; ils en écrivirent à Tarchevêque de Tou-^ louse, qui se trouvait alors au& états* Ce prélat porta sa plattKke au régent, qui donna' ordre à M. de La Vrîllièré ^0 faire savoir à l'abbé de Giaiont qu'il eût à quitter le diocèsef et la ville de Toulouse, où il était demeuré en attendatitdë pouToir remplir sa coeifnission à Gabors. Des lettt^es ôffcacbet furent même remises à de B^uveau, couiret Tabbé Du Bourg et quatre docteurs de ht fiicalté de lihé^^^ logiede Toulouse. Cet abbé chercha, par un voyage àParis^ à détourner Forage, et y parvint, grâce à la médiation^dUi bon cardinal de Noaill^, proteetenr^-né 4e messieurs 1^
appelants. . ^f.
Il fut qoesttoa aussi d'opérer une réforme dans fiiAîversité de Toulouse. On y dressa des articles qui étaient tous au préjudice, des jésuites et contraires am privUdgesi dont Ils jouissaîent Ces articles furent hmoU^^ m fftr^ lement, le 18 mars 1718, W de Beauveau se montra très^ irrité de cette réfbnue; il porta sa plainte au garde^-ées'^» sceaux d'Argenson, qui ordonna ati président et au procii^» i eur général du parlement de lui envcvyer ub compleexa^ i do tout ce cp& 8*^it passé, avec défense de rien innover à, j'avcnir. Lo premier président assembla alors la smreo
feicalié , et posa la '(|QOsUod tflsidiense : , dans les nou«
veaux statuts, il avait été question des aHaires présentes. On répondit négaUreniient; le piège ne fot pas découTert,
et l'assemblée fut cuugcdiéo , avec autorisation d'observer le9 règlements nouveauiL.
.' Cette proûédore mécontenta grandeinent rarchevô-'
que , qui frappa d'interdit un prêtre de FOratuire prêchant à .laDalbade. Cet aratorieo, parlant de la passion da San* Yeur, avait fait une alJusio[i assez transparente au P. Qnes- Hh Le prélat lui ordonna de quitter instantanément ledioeôse> On parvint eependant à Fadoncir par des aiplicallons plausibles. L'opposition qu ji mettait contre les appelants se Imdttisil par un mandement dont il annonça la poMicalloii
aux étals. A celte nouvelle, le parti s'a^Mta; doni Lousme, prieur du collège âaint-fiernard etproiésseur de théologie, fut «n des pins emportés. 11 reont alors une lettre dé* cachet qui lui lut envoyée pai* Tarchevêque. On se jilaiguit au régent, qui ûtréToqoer cette letire, malgré le duc de La Vrillière, qui entrait entièrement dans les Yues de de Beauveao.
:JLe pariennent de Toolonse se mit en mesm*e d*empêclver
rarcUevcque de publier son mandement. A cet effet, il rendit un arrèt^iâ'âO létrier i7tô, dans toqàeliHéelarall y avoir aiius aux mandements faits par les évêques de Layauir,tde SaiolrPonset de Vabres, etfaisaitdéÊBnseà tou»aretievêques et évôqnes du liroesprt de imiiè de'semblsMes^» mandepents, sous les peines de droit. M. de Prohenques fiitietrafkiMkrteursde eet arréL' Oétâit une» bien mâovaise vote que celle dans kupiellc cntiail ii*»tre parlement! Le 5 nn^' vemhre, Je.iiégent -ûiQQUfia M^*^ de Beauveau. archevêque
416 TëMPS UOOBKiNES.
de Narboiine, et deori de Nesmood , archetéqne d*Âlbi , aif
siège de Toulouse. Le parlemeol , un peu embacrassé de ces nomifiatiaiis, résolut de devenir plus sftge : ce qm fit (lire à d'Orsanne que cette cour s'occupait beaucoup pliis des allaires utiles mx juges que du droit public. de Boauveau ayait gontenié petidant six ans TEglise de Toulouse.
Son successeur était né en Angouiuuis, et avait fait avec disUoctioa ses premières études à Paris. Il était abbé de Chezy , au diocèse de Soissons , quand il fut élu évêque de MoDtaubauiet docteur de Sorbooue4 Cette ville lui doit son église cathédrale, et ses diocésains conserveront longtenai»^ le souvenir de son éloquence. Sa translation à la métropole d'Albt eut lien en 1703. U assista plusieurs fois aux assena blées du clergé de France, et s'y fit toujours admirer par Tédat de sa diction. L'Académie iraocaise le reçut daos son sein , à la place de llUtistre fléchier. tel étall le nouvel archevêque de Toulouse.
M.de Baville, qui avait gouverné pendant trente-cinq ans la province dn Languedoc , pria le roi de recevoir sa démis^ sion, qui fut acceptée. M. de Bernage fut nommé a sa place. Nou» devons à laplnme de M. defiaville des Mémoim pleins d'intérêt sur le Languedoc , mémoires qui parurent quelques années plus tard. Cet ouvrage est divisé en cinq chapitres : le premier donne une idée génétale dn Langaedoc; le second traite du gouvernement et renferme quatre secticMis; le troisième chapitre a pour objet les droits du roi; le quatrièiue a pour objet le commerce; le cinquième expose les divers ouvrages qui ont été exécutés dans la province.
À peine Ms' de Nesmond eut-il pris possession de son
nxn woùtnsm 4if
siège, qu il fui le témoin des vives contestations qui existaient entre les capitouls et ies administrateors des hospices. On chercha à y mettre nn terme par de sages règle* mcnts qui, reaouvelânt les anciens statuts, devaient fi&er à chaque ordre ses droits et prérogatiTes; ils forent publiés à peu près à cette époque. Nous apprenons de ces règlements qae Tadministration des hospices était ainsi composée : Tarchevéque, premier président , ou, ensonabseiice> le doyen des présidents à mortier, le doyen et le sous- 'doyen des conseiffers, le procareQr général et tes avoeals généraux ; le juge mage et les capitouls en étaient les chefs. JLa direction était C(»nposée de vingtHiQatre inteodaats , huit ecclésiastiques, boit avocals et buit mardiaiiès; il y avait, \9e pliis , un trésorier ou syndic. Cette organisation a subsisté, à peu de dioses près, josqu^à lafiévolution firaiitaifie.
Les hôpitaux n*étaieiit pas les seuls qui avaient des diflé^ rends avec les capitouls : TAcadémie des Jeux-Floraui avait obtenu que les magistrats de la dlé , le chef du oonsiâtbire en tête, accompagneraient les maiiiteoeurs, dans les gran^ jours, jusqu'à la porte exléiieore du Gapilole.. Bésislwoe do ^pildfllal. Appel-deTAcadémioaiipaiiement, qui mainlieilt ^usipi-^à plus ample informé TAcadémie dans ses droits. Aj^ pe1descapitoQlsaoeoas0ild'Elat,quî dMiDddemlifMMmrb Clémence-ïsaure remporta, pour lemonwnt, uue éclatante -"Hetoîre* 1^ pi^vôt de'Saiiitr£tieiiiiB-;,M. Detâtef entamsi utiis disfMrte assez vite aveo- nd' eaj^îtoid 'tiiis'le cbeMr méme de la métropole, au milieu d'une cérémonie retir fieVise^ Le eapitoia Lardés^ étant fwé dMml le .pffév6t pour aller prendre sa place, est repoussé avec violence, lies capitouls s'assembienty et postent ieiir j^ole ap |)re-
4(8 TBMi>S MObERilES.
mîer président de Bertîer, qui assistait à la eérémonie (oa
Te Deum). Le sieur Monlaudier prononça un discours poor soutenir les droits du consistoire, et le sieur Dèzes, préberidé , répliqua avec Téhémence* Il ne fat question de rien moms que de iaire ouvrir une porte exprès à la cin^ quiëme stalle de gauche pour mes^eurs do capitoulat. Lalïaii'e fat heureusement assoupie.
Ms' de Nesmond avait donné de lui une très haute idée ^'Toulouse par la manière dont 11 avait répondu aux capi*touls qui ravalent félicité sur sa nomina^on. « Messieurs > » leur avaitpîl dit^ je ne puis tous exprimer toute la reoofi* » naissance que je conserverai pendant ma vie pour les » bontés dont vous me donnez des marques si flatteuses sur » ma nomination. Je sais, Messieurs, tout ce que vous » perdez..., et je n*âi rien qui puisse vous consoler..... » Je vous demande très instamment votre amitié. Je n*ou-
blierai rien pour la mériter par tuute mon attention aux » intérêts d'une ville que j ai toujours respectée d^uis que » Je suis dans cette province. •• Le 14 janvier \7n, il reçut rinstitution canonique; le 14 août, il prêta sermdDt entre les mains du roi , et le t% octobre il prononça une très belle harangue au sacre de Sa iMajesle, au nom de rassemblée générale du clergé*
Le prélat fit son entrée à Toulouse sans éclat; les capitouls le haranguèrent , et le syndic de la ville lui oUnt les présents ordinaires (cire et dragées). M. de Maniban , qui avait succédé à M. de Bertier en qualité de premier président du parlement, suivit de près de Nesmond à Toy<louse. Le procès entre les capjtouls et TAcadémie des Jéiix* Floraux durait toujours et ne pai^ssait pas prendre encore
TfiMl>$ UODKBKeS- 419
fin. Dès les premiers jours de son installation » M*" Tarche-
?êque s'occupa de la liturgie , et donna un nouveau Propre des Saints pour son diocèse. Il déclare dans ravertissement que, quoique TEglise de Toulouse eut adopté la liturgie de Rome , c*était cependant pour se conlormcr aux anciens usages que ses pirédécesseurs avaient donnés des offices particuliers, et qu*il marche sur leurs traces en faisant imprimer ces offices et en en ajoutant de nouveaux. 11 n est DuHement question , dans le mandement de Fillustre prélat, de 1 approbaUoû de Rome donnée à ces offices particuliers au diocèsi^.
On apprit alors à Toulouse l'élection de Benoît XIÏI, Pierre-François Ûrsini, de Tordre des Frères Prêcheurs. Les dominicains de cette ville firent éclater leurs justes transports à l'élection de l'un de leurs frères : ils célébrèrent une féte splendide, à laquelle ils invitèrent les capi^ touls , qui la terminèrent par un feu d'artifice. Le P. Gaugiran » religieux du même ordre , prononça un très long discours pour célébrer cette exaltation ^ quMl montra agréable au ciel, favorable à la terre, formidable à l'enfer. Les appelants avaient conçu quelques espérances de Télection d'Orsini ; mais le nouvel élu fit rendre au général des dominicains un décret pour exclure de cet ordre ceux qui ne voulaient pas se soumettre à la constitution de Clément XI. Nous ignorons si le P. Gaugiran lit un autre discours sur ee décret
L'assemWéedu clergé de 172Sfiittrës orageuse; M«' de Nesmondla présida etliaiangua la roi. l'évéque de Saint- Flour^ opinant sur quelques articles concernant la juridic*
tion., (lil qu'il était utile qu on établit un bureau pour exa-
JkiO TKMVâ MODERNES.
miner Tétat présent des affaires de TEglise et les moyens d'y remédier. On pressa M»' de Nesmond d'établir ce bureau; mais le prélat répondit qa'ii s'était engagé anprës du âu6 d'Orléans à ne rien faire dans l'assemblée sans lui eu avoîr rendu compte. Le prélat s'étant rendu à Versailles et ayant pris les otdres do duc, le bureau fut consHtué, et noinmâ pour le premier ordre larchevêquedc Rouen, les évèques de S(HSSons , d*Ângers , de Qiàlons-sur-Mame et de Luçon ; et pour le second ordre , les abbés de La Vieuvillc , de La Châtre, Le Normand, Bridel et de Yignaux. Le bureau fit un rapport sur MM. de Golbert et de Lorraine^ éyèqnei de Montpellier et de Bayeux , et décida qu'il fallait demander au roi la permission de tenir des coneilesdans les prt>^ vinces de Narbonne et de Rouen. On s'occupait alors de FafMre des douze articles. On donna ce nom à un nouveau corps de doctrine , que Ton fit paraître pour faciliter Fac^ ceptatioQ de la bulle. 11 va sans dire que les appelants n taient pas étrangers à ces articles; on espérait que le pape les approuverait. Afin dlnslruîre Sa Sainteté, les cardinaux de Bissy et de Rohan et lévèque de Fréjus écrivirent une lettre dans laquelle ils le conjuraient de ne fias donner une semblable approbation, et de Beauinorvt, évèque de Saintes, publia un mandement contre les douze ariideê. Cette dernière mesure reçut Fassentiment de Téplscopat. L'assemblée touchait à son terme; elle se rendit à Fontainebleau , et on profita de ce voyage pour solliciter Ûn duc l'autorisation de censurer douze propositions. Le duc y consentit; mais lorsque les évéques allaient publier une circulaire annonçant cette censure, flff^ de Nesmond les prévint qu il avait reçu, par M. de Mervillo,une lettre pour
arrêter cetl^e publieation. Sur cela, on mît en question d'adresser uue lettre au jeune monarque pour se plaindre de cet iocideot. Cette lettre fut &ite et présentée à la signatare dcâ prélala. L'archevêque de Toulouse voulaii d'abord éviter cet éclat ; il ûoit cependant par la signer comme les autres membres de rassemblée. Cette lettre fut saisie par ordre du duc dans les archives de ra$seml)iée, et nous ^norons si elle fui présentée a Sa flfeyesié.
Toulouse ne manquait pas d*un certain nombre d appelants. D'Orsanne nous apprend, dans son journal, que le P. Hyacinthe Gravezon était le chargé d*afËdres du cardinal de JMoailles à Rome.. Ce reiigieu;w écrivait à cette ^minence qa*il lut enirojiâit des Réflexions, composées par un religieux de son ordre de la province de Tuuiuuse, alors à Rome, et très dévoué au prélat ; il lui anncmçait aussi que )e P. Brimon, de la même TiUe, avait composé quelques écrits &ur les matières du temps. Dès qaune thèse était soutenue dans un ordre religieui raoonnn po«r eimstUution^ Il a i re, aussitôt messieurs les appelants y trouvaient toutjours quelq^a proposition, à dénoncer àM>'de Noailles, en sorte que la guerre était continuelle.
W de Nesmond cassa d'être le témoin de ces combats; 9 mourut à Toulouse au mois de mai 1727, et institua pour ses héritiers les pauvres de l'hospice de la Grave , où son cœur fut porté et inhumé avec une épilaphe qui renfermait Féloge du prélat. On publia après sa mort ses discours, où Fou remar que de la facilité et de l'élégance. 11 eut pour successeur à Toulouse iouis de Bertons de CriUon , fils dq comte de ce nom, qui fut bientôt après préconisé à Rome:, tt était évéque de Saint*Pons.
4îS TKXn» MUDVBfiBi.
Le faubourg Saint-Cyprien , à Toulouse, fût, eette aonée, le théâtre d'une effrayante ioûûdation. La maison du Bqq^ Pasteur ftit entièrement renversée par les eaux, et écrasa sous ses ruines cinquante religieuses ou ûlles , ainsi que le P. Badoa, doctrinaire, qui leur prêchait alors les exer* eices de la retraite annuelle. Ne voyant plus aucun espoir de salut, le P. Badou exhorta k la mort tout son audHoire et Tattendit avec calme et résignation. Cest ainsi qu'il mou-» l'Ut martyr de so^i zèle. On lui doit un ouvrage ascétique 4ui a pour titre : Exercices ^irituels, souvent imprimé et qui jouit encore d*un certain renom.
M«' de Crillon , ayant appris sa nomination k rarchevêché de Touloase, se rendit à Saint-Pons pour y attendre la dé^ putation des capitouls qui étaieriL allés le complimenter. Il aniva incognUo k Toulouse. Les rigueurs de la saison ayaal réduit k la misère la plupart des habitants des campagnes, il ût ouvrir les portes de son palais et distribuer du pain à tous ceux qui en demandèrent.
Sur ces entrefaites se célébra la concile d'Embrun , où fut condamné Soanen , évêque de Senez , et rappel anathé^ matisé. Les jansénistes écrivirent beaucoup contre ce con» elle. Cinquante avocats de Paris firent paraître, dans le même sens, une ComuUaiim; elle fut répandue à Toa-r louse. Le 22 mars 1728, le sieur Robert, imprimeur, fut arrêté par la maréchaussée et conduit aux prisons de rhôtal* de-viUe par ordre de Fintendant, comme soupçonné d*avoir imprimé la Consultation, Les PP. Mondrau et Autier, jésuites, avec lesquels il était hé, vinrent le visiter dans sa prison et lui donnèrent quelques conseils. Robert fut élargi, de Crillon se montra très animé contre les appelants.
TEMPS liOOBlU<IS. 4S3
Le Z juillet , il rendit une ordoDDance par laquelle tous les
prédicateurs et confesseurs de son diocèse étaient tenus de se présenter devant lui pour signer le formulaire d'Âlexandre VU. Celle mesure prouve qu'il existait encore dans le diocèse quelques prêtres qui n'avaient pas satisfait à la bulle. A la suite de cette ordonnance , le prélat publia ses statuts synodaux, dans lesquels il renouvela tous les règlements de ses prédécesseur».
On s'occupait alors beaucoup de l'affaire de l'office de Gr^oire Vil, nouvellement introduit au bréviaire romain par un décret de la congrégation des Rites , du 25 septembre 1728. Le parlement de Paris Ut supprimer la légende, et les appelants la représentèrent comme un attentat de la cour romaine. Le grand-chancelier écrivil au procureur général du parlement de Toulouse, pour lui prescrire de simphes réquisitions au sujet de la légende^ et qa*on se con< tentât de saisir les exemplaires et de lesjdéposer au greffe, ayant le soin de- ne pas fiûre Imprimer Tarrét qui pourrait intervenir.
Vardeur des jansénistes allait toujours croissant à Pai is et dans les provinces. La soumission pleine et entière de W do Noailies et celle de plusieurs membres du clergé séculier et régulier ne firent que l'exalter encore* ËUe éclatait tantôt dans la Dénoncialion contre les.jésuites , tantôt dans iQ&RmotUrauces à M^' de Paris (de YintimiUe), et dans d*atttres libelles. A la prière de ce prélat, Louis XV donna, contre les jansénistes , une célèbre Déclaration qu li pubba lui-même en lit de justice, le 3 avril 1730. Cette Dêdaraiim m fut enregistrée qu*avec une certaine peine au parlement de. Pans, et c'est ici qu'on doit constater ce maibeu-
4t4 TUM IMIIMMIS.
reux cûQlUt qat ûù&ta entre 1 a^utorité royale et. k$ çoqrs âouvei^aiiies, qui, par une Êïtale opposition, fîurentla cause despius grands maux, Déclaration fut apportée k Tourloose ie % mai* £n l'absence de M. de Maniban, le parl^ ment fut présidé par M. d'Aspe. On comptait dix-sept opinants ; onze votèrent pour l enregistrement immédiat, et six. pour l'opinion contraire. Les opposants étaient Wi* de Sapte, de Lafont, de Bruscat, de Cbalvet, de Capeila et de Trincalie, ciMiseiUers. ia Dédaratim foi enregistrée;*
Les appelants lassaient la patience dn clergé et des fidèles. M. de Loupes, académiciea de Toulouse, avait composé une ode sur la grâce, qui avait été couronnée aux Jeux- Floraux. Le parti le soupçonnait d avoir fait imprimet 61. distribuer la Ênneuse chanson contre M. de Montempuis. Celui-ci, qm était chandne de Notre-Dame de Paris et a'vait professé au collège du Plessis, était accusé de s'être mtror> : duit à la Êtveur d*uu déguisement à la Ckmiédie-Française^ Celle aveatLire n échappa pas à ia verve du P. du Cerceau, qui composa sur ce Mi une chanson pleine d'esprit, il. de Loupes avait composé une cantate sur le Saint-Sacrement « dans laquelle on crut voir quelque application à la cmqnante-aixi&ine proposition condamnée par b bulle* Les.* jansénistes chantaient déjà victoire, maiû li fut facile de les détromper en leur loontrant que Ic^s vçrs de . racadéipicieià ne lenfermaîent rien que d*orthodoxe.
M. de Loupes appartenait, sans doute, à une nouvelle académie dea sciences qui venait d!étre fondée à Touloosa par les soins des sieurs Gouazé , médecin ; Carrière , chirurgien; SaiEe» pharmacien; et fiorrust, mathématicieiu Le président, M. de Rességwer, obtint. du cardîm^ ^
Ttlin IU)DBIUIIS. M
Pleory Tautorisation de tenir des assemblées, qui devaient être composées d'assodés sim{des et ordinaires. Le eomte de Caraman fournit au frais d'inslallatioiK laquelle eut lieu dans nne des tours de la TUle, vis-à*Tis Téglise des péni" lents noirs. Plus tard, celte académie fut légalement instituée par lettres patentes.
La faculté de théologie de Paris, ayant enfin accepté la constitution, envoya à celle de T(mlouse ses délii>érations. M. de Boisset, doyen, donna lecture des lettres de cachet du premier ministre, et la déclaration fut acccptcc, avec cette clause toutefois, — que les autres décrets de k facnUé parisienne seraient mis de cdté, et qu'il n*en serait point &it mention dans le procès*verbal. A la suite de cette acceptation, on soutint, dans Tuniversité de Toulouse, quatre thèses, deux tentatives et deux sorboiiiques, qui effarouchèrent tout le parti. Celui-ci jetait les hauts cris à la moîAdre attaque dont il croyait être Tobjet. Ainsi M. Herman, supérieur du séminaire de Saint-Lazare à Toulouse, avait dans sa maison un élève qui voulait soutenir une thèse dans laquelle la constitution était présentée comme une règle de foL M. Herman fit quelques objections à l'élève; celui-â en prévint H. Fermât, chanoine de Saint^Seridn, qui crut devoir avertir le supérieur général de la Mission. M. Herman lut envoyé dans un autre séminaire. A cette nu u\ elle, tous les jansénistes de Toulouse regardèrent comme un martyr de la bulle ce lazariste» qui certainement était bien éloigné de prétendre à une pareille gloire. W de Grillon, qui se trouvait aux^ux thermales à i épo^ que de cet événement, parut conlraité que cette aOsore eut été négociée sans son entremise.
426 TftMf^ MUDKftKES.
Il existait alors un homme à Toulouse que tes janséois-
tes accablaient des plus grossières injures: c'était M. Pijon». avocat du roi en La sénéchaussée de cette ville. M. Bréal» doyen de Pamiers, lai avait remis la somme de 600 livres pour impétrer un bénéiice en cour de Rome. Pijon ayaot appris que Bréal était janséniste, ne voulut lui rendre son argent que par décision des gens du roi. Pijon fnt traité d'inlâme voleur. U avait averti la 'cour que la £amille de Cbalvet était suspecte de jansénisme, et, au nom de tous les membres de la sénéchaussée, il avait recommandé une extrême prudence dans la nomination à la place de séné*< chai, promise à cotte famille : Pijon devint un alTreux calomniateur. Nous donnons ici un exemple de Tinsigne mau* vaise fol des jansénistes à Tégard des jésuites. Le P. Del^r, prêchant chez les augustiiics a Toulouse, avait dit que, pour détruire les habitudes invétérées, il Mlait communier souvent. On représenta aussitôt ce Père comme un corrupteur de la morale. 11 n*est rien cependant de plus simple que cette proposition, et la communion fréquente a toujours été regardée comme le meilleur moyen pour détruire les habitudes, c'est-à-dire pour éviter les tristes rechutes. Que liront les jansénistes? Ils l'accusèrent d'avoir iii qu'il fallait communier avec des habitudes invétérées. Voltaire avait raison d'appeler les Provinciales les bettes menteum.
Il nous est impossible de rapporter dans notre Histoire tous les laits qui se sont passés à Toulouse dans le dix^ huitième siècle, soit au parlement, soit dans Tuniversité, relativement aux querelles du jansénisme. Ces Caits sont presque tous identiques: il est toujours question de thèses soutenues chez les dominicains , chez les jésuites et U^n^
mm HO0BMIII. m
les diverses écoles, thèses attaquées et défeodues avec plus ou moins d^animosité de part et d'autre ; de ti?res publiés et qui eurent le même sort. Nous devons seulement constater que, par une condescendance fatale, le parlement se montra, en partie, favorable aux nouvelles doctrines, et se laissa trop facilement impressionner contre les jésuites, que les jansénistes poursuivaient de toute la hauteur de leur orgueil et de toute l'ardeur de leur haine.
L'abbéde Juliard, neveu de M»' de Mondonviiie, présenta, en I73!(, une requête au parlement, tendant a obtenir que VHistoire de l'Enfance, de Reboulet , qui venait de paraître , fut brûlée par la main du bourreau. Cette cour souveraine lit droit aux réclamations du prévôt, et, le 25 mai, rendit un arrêt qui condamna au feu ÏHistoire en question : arrêt qui M exécuté le lendemain, au bas du grand escalier. M. de Monlgazin fut rapporteur dans cette affaire.
La ville de Tlsie-en-Jourdain s'enrichit, à cette époque, d'une précieuse relique de saint Bertrand , auquel elle avait donné le jour. La ti anslation de cette relique se Ht avec la plus grande solennité. Jean Lestrade, prébendé de Féglise de Comminges , nous a laissé une très ample description de tout.ce qui ftit observé dans cette solennité. Cette relique fut placée avec honneur dans l'église collégiale de Tlsle, où on la voit encore aujourd'hui.
L*archevéque de Toulouse se trouvait toujours à F^s et haranguait, le 5 juin 1735, le roi, la reine et le dauphin pour Fouverture de l'assemblée générale du clergé. Il disait au prince : « Plus l'esprit de liberté et d'indépendance fait de p nouveaux progrès , plus nos soins et nos travaux auront » besoin du secours de votre autorité, et plus nous ferons
428 TEMPS tfOUKASgS.
» agir la juste confiance que nous a? ons en Voire Ibjesté. . i»
11 fut iioiumé à une abbaye commaudaUùre au diocèse de
Besançon,
L*ordre des domînicames de sainte Catherine de Sienne
perdit eu ce temps à Toulouse deux saintes religieuses dont la Vie a été donnée au public, et qui , après avoir efierl te$ exemples des plus sublimes vertus, moururent Tune et4au^ ire dans une grande réputation de sainteté. La première iéiUU Gabrîelle de Josse-Louvreins , qui prit en religîûo le nom de sœur Marguerite de Saiut-Jérùme ; elle était née à Colomiers, près de Toulouse, au château de JLarmuré, M. Charles de Jossc-Louvrcins , coscigneur de Colomiers, du Yernet et autres lieux, et de dame Anne de Layrac. La seconde était Catherine Guibaut, née à Toulouse^ dans U paroisse du Taur, de Jean Guibaut, tailleur d'habits, et de Françoise Pergemane. Elle prit en religion le nem d^Agnès de Jésus. Ces deux saintes filles, parties de deux extrémités opposées dans la société ^ arrivèrent au. même but p^r \^ même vole.
M»' de Crilloa fut transféré, en 1739, de rarchevêchô die Toulouse à celui de Narbonneu Le roi nonuna pour l«i sao<: céder Févèque de Tarfoes, Charles-Ântolne de la Roche- Aymon, Uls de Raymond-Nicolas et de Geneviève Baudri de Biancourt, docteur de Sorhonne, ancien vicaire génér;il de Limoges, sous le titre d evêque de Sarepta. Il fut préconi^ kRome en 1745, prêfa serment au roi, harangua c^.jpcii^ au nom des états du Languedoç, et fit son eoirée à Toulouse sans aucun çérémonial. Peu de temps après, le maréchal 4u^ de Richelieu, commanditât pour le roi dans le Laogpedoc^ vint visiter Toulouse ; ou lui rendit de grands honneurs.
TES PS MODKll.VËb.
Ce Tut aa commeneement de Fépiscopat de Mt' de La
Rocho-Aymon, que la compagnie de Saint-Sulpice établit à Toulouse m séminaire sous le titre de SaîDt-Charies. M. Antoine de Calvet, prêtre, fat lliomme q\ie la ProYÎdeoce destina à cet établissement. Il était né à Toulouse, du tré'sorierde France, et jouissait d*une assez grande fortune. Après avoir suivi son cours de droit , il embrassa l'état ecclésiastique, et son attrait le porta à se consacrer à l'éducation des jeunes clercs. Il réunit d^abord quelques élèves à l'hôtel de la Trésorerie, place du Salin; ensuite, il acheta la maison de M. du Mai, chanoine de Saint-Semin, derrière l'abside» et y établit sa communauté. M*' de Grillon avait d^à obtenu de premières lettres patentes : son successeur en obtint de plus amples , avec rautorisation <l'acquénr des revenus ou des capitaux. M. de Calvet se ' dépouilla alors de tous ses biens en faveur du séminaire de Saint-Charles, et entr'autres du domaine de la Cipicre. M. de La Roche-Aymon, craignant qu'après la mort du fondateur ce séminaire ne pût plus se soutenir, pria M. Couturier, supérieur-général de Saint-Sulpice , de vouloir bien accepter cet établissement. Les vœux du prélat furent exaucés, et la compagnie, par un concordat qui fut passé à Paris, en 1747, se chargea de cette maison qui devint ainsi sa propriété.
IHon content d'avoir assuré Tavenir de ce séminaire, rarchevéqne irabUa, en 1744, une ordonnance très étendue sur l'éducation des clercs et leur admission aux sadnts ordres. Il continua les retraites pastorales que son prédécesseur avait déjà établies, et institua d« conférences ecclésiastiques pour tout son diocèse. Le sujet de ces
430 Tuin voDnam»
conférences était pria ordinairement dans la théotogie morale on'tdans les éTangiles de Tannée. Nous possé^ doûs encore le programme de Tune de ces conierences. An millea de ses victoires, le roi se troa?a attaqué à
Metz, en 1744, d'une maladie tellemeot grave que ses jours forent en péril. La France entière fat, à cette nou- Telle, dans la consternation ; un peuple immense se pressa au pied des autels pour demander la guénsoa du mooar^ qoe. Les vceai publics forent exaucés^ et des transports de joie éclatèrent de toute part. Toulouse célébra, à Toccasion de la convalescence du roi, des fêtes splendides dont la description a été donnée au public; Tarcbevêque se distingua, en cette occasion, par les illuiiiuiatioos féeriques de son palais, le repas somptueux qa*ii donna à tout le * parlement et aux capitouis^ et surtout par les largesses qu'il ût au peuple*
n se passait cependant, en France, d'étranges cboses an sujet du jansénisme. Depuis quelques années il n'était bniit à Pans que des miracles opérés au cimetière de Saiat^ Médard, sur la tombe du diacre Paris. François Paris, d'une £amille parlementaire, était entré dans les ordres et par respect pour le sacerdoce s*^t arrêté au diaconat ; il vivait dans robscurité la pins profonde et travaillait même, dit-on, à un état mécanique (il faisait des bas ao métier); son extérieur et sa vie étaient austères. Il mourut en bon janséniste, ayant passé deux ans sans avoir fait ses pàques<> On 1 enterra au dmetière de Saint-Médard , sa paroisse. Les janséoisles vinrent se prosterner sur sa tombe, et alors commença la suite vraiment risible de toutes ces jongleries auxquelles les hommes, même les plus sérieux du parti, donnère^u
TEMPS MOllKniNRS.
le nom de miracles. Ce bienheureux diacre était ud étrange
saint ; il comiuuniquait à ses dévols des convulsions extraordinaires qui leur faisaient prendre les postures les plus ridicules ef les pins indécentes. Elles devinrent si fréquentes (|Q'il exista au sein du jansénisme une caste à part qui prit le nom de convulsionnaires. Ce ne fut plus seulement la tombe de saïul i^àris qui produisit des convulsions , on en éprouvait encore devant ses images : en sorte qu il y eut des convnisionnaires partout. Toulouse eut les siens comme tous les autres lieux. La double autorité royale et ecclé- ^âstique parvint à peine à foire cesser ces scandales.
Le parlement de Paris et ceux des provinces entrèrent •alors dans cette voie iatale des appels comme d abus pour refos de sacrements. Exista-t-il jamais d'aberration jilus étrange que de vouloir forcer les curés ou les vicaires de donner des sacrements à des personnages qui, d*après la conscience universelle des catholiques, en étaient notoirement indignes 1 Le roi, voulant arrêter ces excès, rendit en son conseil un arrêt par lequel il défendit expressément à aucun parlement de prendre connaissance des affaires relatives à lA constitution. Le roi n'étant pas écouté, frappe d'exil deux des conseillers du parlement de Paris : cette cour cesse de rendré la justice. Nouveaux ordres : nouvelles résistances. Cent trente-neuf conseillers des enquêtes et des requêtes sont exilés, et rappelés bientôt après. L*autohté royale perdait ainsi toute sa force; et di'où venait ce malheur? De l'affaire du jansénisme. Il ne faut pas s'étonner, par ce qui se passait à Paris , de ce que nous avons vu à Toulouse au sujet de la condamnation de YHisUnrê de l'Enfame par le parlement de Toulouse.
432 TEMPS MpDBaNBS.
Les jésuites étaient toujours le point de mire des appelants de cette ville. Tantôt c'était le P. Galli qui, prêchant ravent k Saint-Etienne, avait osé dire qa*ane simple iavocation à la Sainte-Vierge suffisait pour attirer sa protection ; tantôt c'était le P. Gottonai ([ui était dénoncé aux gens da roi et aux vicaires généraux comme prévenu d*avoir ea la hardiesse de s'élever contre les appelants. Si le capitoul d*Es(adens £iit saisir des exemplaires des Réfiexûm mûtales étalés en vente sur la place du Caijitole , ce buui les jésuites qai Font prévenu de ce lait. Us ont aussi dénoncé au cardinal de Fleury un dominicain un pm suspect qui devait prêcher le carême à Saint-Etienne et dicté la lettre que cette Ëminence écrivit au chapitre pour lui déclarer qn*il eut a remercier ce religieux. Certainement les jésuites étaient en droit d'obtenir des chaires inamovibles dans lUniversité, comme tons les autres corps religieux. Ils ob* tinrent, en effet, à Toulouse, en 1736, cette inamovibilité; aussitôt les appelants proclamèrent que Vuniversité de cette ville était sous l'esclavai^Mj de ces Pères, et qu'ils étendaient de toute part leur despotisme.
Il était d*nsage qu*à Fouverture des cours de lenr collège, les jésuites fissent prononcer par Tun de leurs Pères un discours ou programme. En 1747, le régent de seconde annonça qu il allait examiner la question de savoir si la science est plus utile au bonheur de la vie que Tignorance ; c*est là une de ces questions qui, par la manière dont on les envisage , peuvent présenter des solutions diverses. Le parlement, excité par le parti, crut devoir se mêler de cette grave affaire ; et au lieu de considérer la proposition sous la forme dubitative, on prétendit que les Pères lavaient pré-
TEMPS XODRBRSS. fàt
bentée sous la loi me affirmative eu taveui- de Tignorance. Le procoreur général déclara que le programme ne serait pas prononcé. Le P. Villars, professeur de théologie , crut devoir, à cause des miracles du B. diacre Paris et des convulsions, traiter cette question : si un même miracle peut être produit et par Tesprit de Dieu et par TespiiL des ténèbres. 11 devint aussitôt Tobjet des plus grossières insultes.
Le collège de la compagnie était très florissant à Toulouse: une nombreuse et studieuse jeunesse venait y recevoir les leçons de ces maîtres dévoués. Cette maison perdit, en 1744, un de ses enfants les plus pieux, Jean- Jacques Daumond. U était né à Toulouse d*une honnête ilunille; à râge de dix ans il fut admis au collège des jésuites, et pendant quatre années il renouvela les saints exemples que Loulrde Gonzague et Stanislas Kostka avaient donnés au noviciat de liume. Cet enfant amiuiK^a d'une manière positive qu'il mourrait le jour de TAssomption. La prophétie fut vérifiée; il rendit, en effet, son âme à-Dîeu le 15 août 1744, k l'âge de quatorze ans, et fut inhumé dans le cloître des PP. de la Trinité. Sa Vie a été donnée au public; Tauteur la dédia à tous les élèves du collège de Toulouse.
Dès Tanuée 1740, le cardinal Lambertini avait succédé à Clément XII sous le nom de Benoît XIV. Onq ans après sa promoUua au souverain pontificat, il accorda, en vue des maux qui affligeaient Titalie et l^Europe entière, un jubilé qu'il étendit à toute la chrétienté. M*' l'archevêque publia la bulle du pape et raccompagna d un mandement qui rendait témoignage et de sa piété et de ses justes alarmes. Ces alarmes étaient causées par les progrès toujours croissants de rimpiété, qui publiait d'innombrables écrits tendant k
étouffer dans les âmes le dernier germe de la lui, c'êtaiciil les lettres sur la religion essentielle à l'Uoimm; lôs Lettres cabalistiques, chinoises et juives; l'Histoire philosophiqftê de l'âme et des pemèei>, i)ar La Metlrie; les Pensées philosophiques^ de Diderot; les Mœurs^ par Toussaint; le TelUamûd ou Entretiens d'un philosophe indien avec un nmsiunnaire français, par M. de Maillet, anagramme du premier nom* Les parlements, au lieu de condamner tous ces livres, s'oocupaieiit Irès gravement de la misérable querelle des billets de confession.
Dans l'année 1750 eut lieu le jubilé universel qui fut ouvert Tannée suivante, à Toulouse, par un mandement de M*' de La Roche-Àymon. Les PP. jésuites, ainsi que les cordeliers, se distinguèrent à celle époque [>ar leurs prédications pleines d'onction et de zèle. On publia divers écrits à Toulouse sur les matières religieuses, parmi lesquels nous distinguons une excellente Méiliode pour la coufemon génêrak, composée par le P. François Barrière, de la compagnie de Jésus. Il élait certes bien nécessaire de ranimer les sentiments de la religion dans le cœur des populations, car Timpiété leva à cette époque un nouveau drapeau par la publication de ï Encyclopédie, vaste diction* naire , en partie composé par Diderot et d*Âlembert , et dont les premiers volumes lurent supprimés par arrêt du Conseil. L'épiscopat presque tout entier adressa des lettres respectueuses mais fortes au monarque, sur les excès commis par les cours souveraines dans les allai res de T Eglise et sur les arrêts aussi odieux qulnjustes qui avaient frappé rarchevêque de Paris, M^' de lieaiiraont.
Les vivres manquaient en province, et à Toulouse en par-
TEMPS MODKlNBt j(39.
ticulier on craignit la famine. Dès-lui , luutcs les administrations se réonireDt pour venir au secours des pauvres. Le parlement, les capitouls et le bureau diocésain prirent des délibérations tendant à faire des approvisionnements ou à distribuer des secours. Ms' de La Roche-Aymon publia une belle ordonnance sur les devoirs de la charité pubHi|ue. Il fut décidé qu'on ouvrirait de grands travaux pdur occuper les ouvriers et les pauvres : la belle foçade du Capitole fut commencée sur les dessins de Cammas; les allées Saint- Michel et Saint-Etienne furent tracées, et Ton forma au point de jonction une promenade circuluic appelée le Boulingrin; le Jardin-Royal fut aussi élevé; les églises Saint-Nicolas et de la Dalbade reçurent des embellissements. Cette dernière paroisse avait alors pour curé M. Bompart , qui avait succédé à M. Payne, homme d*un caractère gracieux et avenant; elle avait été gouvernée avant eux par M. Emery, dont la charité envers les pauvres ne connut pas de bornes.
Le parleftent de iToulouse adressa, le 17 juillet 1752, des Remontrances au roi au bujet du refus des sacrements qui avait été fait à une femme nommée Vanneau, et profita de cette occasion pour s élever avec une force inouïe contre les ministres de TEglise qui s*étaient rendus coupables d'un pareil forfait: il ne les traitait de rien moins que de schismatiques. C est une pièce vraiment curieuse à lire que ces Rmmtranm; elle montre jusqu'à quel point était portée rétrarif^c aberration des cours souveiainob. Peu de temps après, de La Roche-Âymon fut nommé archevêque de Narbonne: il eut pour successeur François de . Crussol, évéque de fiiois, qui fut préconisé à Rome le 20 septembre , et prêta serment au roi en octobre. Dès que sa
4^ TBXI'Ï! MtinKHNKS.
'HOminaliûii l'ut connue, la ville dèlibL'iii ilc dcpulci à, 3Iunlpellier, où ii se trouvait, pour le complimenter. Il refo^ les honneiirs de rentrée qu'on lui offrit. Ce prélat était né au château de iMouLmaur, dans le Lauraguais, d'Alei^andre Galliotde Grussol d*Amboise, seigneur deMontmaur et sénéchal de Toulouse. Il lit ses pi cmirres études au collège de rËsquille, fut pourvu de Tahbaye de Charroux au diocèse de Poitiers, de Févéché filois et de Tabbaye de Saînl-* Germain-rAuxerrois.
A répoque de la nomination du nouvel archevêque, les PP. jésuites, toujours ardents pour le bien, ouvrirent une mission à Saiot-Pierre-des-Cuisines et à la paroisse Saint- Nicolas. L*ttn d'entr'eux, le P. Dezures, préchant à Nazareth le panégyrique de saint Yves, fut accuse de s être élève contre la nécessité des appels comme d^abus. 11 fut aussitôt cité devant les gens du roi et opposa le désaveu le plus complet; il n*en lut pas moins condamné à être admonesté dans la chambre du conseil. On lui défendit pendant cinq ans d'enseigner la réthorique qu'il professait. L'arrêt lut rendu sur le rapport de M. de Montgazin. L'admonestation eut lieu en ces termes : « Vous avez été instruit par arrêt » de la cour, combien elle improuve l'abus que vous avez » lait de votre ministère pour censurer et énerver Fauto- » rité des lois et des maximes du royaume, aussi ancienne^ » qu'elles sont nécessaires au maintien des droits et de » indépendance légitime de la couronne de nos rois contre
» les entreprises de la puissance ecclésiastique Vous
» apprendrez à en connaître le mérite et à les respecter. — » Retirez-vous. » Ou voit par ces paroles quel était l'esprit qui animait la plus grande partie du parlement de Tou-
TBMPS MODIIllIKti. fST
tûuse. Qu'aurait dit ce parlement si FarclieTéque avait frappé lie ses censures ceux qui étaient d*un tribunal inférieur à cette cour souveraine? Le cas est absolument le même. La maison professe de Toulouse perdit à cette époque
Tnn de ses Pères les plus i ecommandables , Jean Cayron. 11 était né à Rodez, en 1672, d'une fàmille originaire de - Toulouse, où ses ancêtres avaient exercé l'emploi de banquiers en cour de Rome et de présidents aux enquêtes. En 1087, il entra au noviciat des jésuites à Toulouse où, après avoir triomphé de tous les obstacles qu'on opposait à ses desseins, il ût sa profession et son cours de régence. Ses supérieurs le nommèrent recteur du noviciat à Toulouse, ensuite recteur du collège, et plus tard de la maison pro* fesse, n mourut le SI janvier 17S4, à l'âge de quatre-vingt- • deux ans, honoré par la ville entière comme un véritable saint. On lui attribue des prophéties et des guérisons mi* raculeuses. Son zèle pour le salut des âmes ne connut point de bornes ; son humilité fut portée jusqu'à Tanéantissement; ses austérités auraient eu de quoi effrayer un courage moins héroïque que le sien. Le P. de Nolhac, recteur de Toulouse, lit de lui un magnifique éloge dans la lettren^irculaire qu'il adressa à toute la province, et le P. Sérane a donné sa Vie au public. Son corps fut inhumé dans l'église des jésuites, à la maison professe; son chapelet et son crucifix furent envoyés à la reine.
M*' de Crussol arriva à Toulouse vers la fin de cette année; il reçut la visite des capitouls eL les la ésriits d'usage. Peu de temps après, il fut député k l'assemblée générale du clergé, dont il eut la présidence. Nous ne possédons de son admiuisli alion à Toulouse que quelques ordonnances qui
nms voDmMis.
uiT[ ont peu d'îDlérét. Ce prélat étail à Paris à l'époque do rodieax attentat eommis sur la persoone de .Lonis XV par Damiciis. Il v mourut lanDée suivaate des suites d'un accideot, et fut iobumé dans TégUse des bamabites. Le roi lui donna pour successeur Arthur-Richanl Dlllon , évéqno d'Evreux. Ce prélat était né à Saint-Germain-en-Laye; il fui préconisé le 28 septembre de Tannée suivante.
Le parlement de Toulouse continuait ses exploits. On suupçonnait de Guinet, évéque de Saint-Pons, d ètro Fauteur d*Qn écrit intitulé : Réfexùm d^un évéquedu Lan-guedoc sur quelques nouveaux arrêts du parlement de TaU" huse. Pararrêt du parlement on ordonna des infonnalions. sur cet écrit. Le prélat ayant publié nn mandement d^adbésion à la lettre pastorale de l archevéque de Paris, la cour suprême du Languedoc rendit nn autre arrêt pour condamner ce mandement, sur le rapport de M. de Bastide, conseiller darc et prédicateur du roi. Peu de temps après, co parlement, poussant les choses jusqu'au délire, s^érigea en faculté de théologie et condamna par arrêt la Hiéologie morak de Bmmbaûm, jésuite allemand, commentée par le . P. Lacroix, de la même compagnie et allemand comme lui. Dominique de Bastard fut chargé du rapport. L'avocat gé* néral Maiaret de Fontboisard déclara que cet ouvrage ren* iermait des maximes opposées à Tindépeudance de la c^u«. ronne, à la personne des rms et à la tranquillité des citoyens* Il Ut remarquer que la réimpiession de ce livre , concourant avec lattentat de Damions, était un crime de Icyse* majesté.
La cour lit droit à ce réquisitoue, et ordonna que cette Tkéologk serait lacérée et brûlée dans h cour du palais par -
re&éculeur de la haute justieei en préseuce d'ua greftier assisté de deux huissiers. Défense fut Êdte aux libraires, à
peine de galères, de vendre ce livre et de le retenir. On manda les supérieurs des quatre maisons des jésuites au pied de la cour ou 1;l lh :in(rchambro ; ils y comparurent le lendemain 10 septembre, et là, debout, en manteau long et le bonnet à la main, ils déclarèrent formellemfflitqulls éiaieiU étrangers à la publication de cet ouvrage composé dans les Etats d*une puissance qui n*était pas la Fiance, et qnau surplus ils réprouvaient tout ce qui pouvait se trouver dans ce hvre de contraire anx commandements de Dieu, aux lois et aux maximes du royaume; ils signèrent cette^ déclaration et en demandèrent acte à la cour.
tes jésuites crurent alors qu*il était prudent de prévenir de semblables accusations, et rédij^'èiciit une Dédaralion expresse de leurs sentiments, qu ils envoyèrent au roi, après en avoir donné lecture au parlement. Hs s*expriniaient ainsi dans cet acte :
« L Qu*ils tiennent et professent, qu'ils tiendront et pro- » fesseront toujours qu'en aucun cas et en aucun lieu, > sous quelque prétexte de tyrannie ou de trouble, de per< » sécution ou de religion, ou quelqu^autre prétexte que ce » puisse être, il n'est, ni peut être permis à personne, de » quelque état et condition qu*il soit , d'attenter directe- » ment ou indirectement à l.i pci sonne des Souverains, et » de dire, écrire, insinuer, favoriser ou £aiire rien qui puisse » porter à attenter à leur sûreté; quMls condamnent et dé- » lestent comme pernicieuse et digne de l'exécration de • tous les siècles, toute doctrine contraire dans tous les » ouvrages qui auiaieiit été composes, non-soulcmeut par
|4(^ mm» HOMHNIB.
» aucua de leur compagnie, loais eocoie par quelque auteur » que ce soit.
» II. Qu'ils tiennent et professent, tiendront et profes- » seroot toujours la doctrine du clergé de Frauce, dôda- » rée dans son assemblée de 16821, qu*en conséquence ils » enseigueut et enseigneront toujours, que la puissanoe
• donnée par Jésus-Ghri^ à saint Pierre, à ses successeurs » et à TEglise même, est purement spirituelle, et ne s'étend » que sur ce qui appartient au salut étemel; qa*iis n'eu
• ont aucune sur ce qui concerne le tmporel, et qu'ainsi » la puissance des souverains au temporel , est tellement » indépendante de toute puissance spiritu^e, qu'en aucun » cas, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce » soit, ils ne peuvent directement ni indirectement être par » le pouvoir des Glel^ déposés, ni leur» sujets déliés du
» serment de iideiité. ;
» lU. Qu'ils sont et seront toujours soumis aux lois, » ordonnances, règlements et usages du royaume, ainsi que
• tous les autres sujets du roi, tant ecclésiastiques que » séculiers, comme aussi aux règles de discipline et de » droit commun ecclésiastique, ainsi qu'elles ont lieu dans » le royaume pour les autres rdigieux, sans quils pnisseat » rien entreprendre de contraire aux droits de& évêques, » curés, univer^tés et autres quelconques, ni laire aucun-
> usage d*aucun privilège quoiqu'il soit, que cooforiné- » meut aux termes des lois et maximes du royaume.
» iV. Que ce qu'à Dieu ne plaise, il leur était ocdoiiDé » par le général on tout autre refétu de quelque autorité • » que ce soit, quelque chose de contraire aux déclarations
> portées €i-4essus, aux lois de l'Eglise et de TEtat, à leurs
» devoirs envers leurs souveranis, au bien et à lâ tranquil- » Kté publique, iis déclarent qulls tieuDenl et tiendroot .» toujours tels décrets ou actes, pour illégitimes tt nuls de » plein droit, et qu'ils seraient et se croiraient obligés de » n'y pas obéir. »
Les eoneaûs de la compagnie ne manquèrent pas d'attaquer cet acte, et ne pouyant le prendre sur le fond , ils prétendirent le prendre sur l uilentiun de ceux qui l'avaient dressé, jetant d'odieux soupçons sur leur sincérité. Pour répondre à cette persécution qui s'annonçait dé^ d^une manière si menaçante , les jésuites ouvrirent à Toulouse les exercices d*ane Mission que les PP. Sérane et Latour donnèrent à l'église Saint-Michel. Cette mission attira un immense concours de peuple de tous les points de la ville; elle fut marquée par les conyersions les plus éclatantes. Ce fut à l'occasion de ces exercices que Dillon publia ses Am mm dmfèsseurs, dans lesquels il résume toutes les règles de discipline doimées par ses prédécesseurs.
Toulouse s'enrichit à cette époque de deux nouveaux édifices religieux. Le 20 septembre 1758, M. le premier président de Haniban posa la première pierre de l'hospice de la Grave, en présence des capitouls, du clergé et des pauvres. Cet édifice, resté longtemps inachevé, a été termine de nos jours. Les bénédictins démolirent l'ancien autel de leur église et voulurent remplacer la voûte par un dtoie; on s aperçut alors que le vieil édifice tombait en ruines et on forma le projet de la construction de Téglise actuelle. En creusant ks luiideiiiciits, oo découvrit des coluiuius, un basrelief en marbre blanc, une Vénus tenant à la main un Amour, une tétetle Janus, des briques sur lesquelles étaient
441| Twn aoraiMift
iosorits des noms romaiû^ eu saillie, une excuvatioD k laquelle abOQtissait na tayad, une moeaîqoe où étaient gravés ces mots : ubi olim. Tous ces objets indiquaient cvidemmeiit qu'à la place de Téglise primitive se trouvait un temple coûsacré aox idoles;
Le 15 octobre 1761 fut marqué k Toulouse par un événement destiné à avoir un grand retentissement en Europe, lil (iuiil on s est encore beaucoup occupé de nos jours : la mort tragique de Marc-Antoine Calas, Notre intention étant de publier un récit exact et fidèle de cette afiEadre, nous nous bornerons ici à signaler les faits principaux. Ce jeune homme était fils de Jean Galas, protestant, négociant à Tovilouse, logé rue des Filatiers. Il était l'aîné des six enfants qu avait eus son père de Hose Cabil;^! : quatre garçons et deux filles. L*un de ces garçons, Louis, avait embrassé le catholicisme; Donal s'était bxé à Aimes; Marc-Autoine, Pierre et les deux filles habitaient à Toulouse la maison paternelle. Il est certain que Calas était obligé, par les lois alors eiustantes, de payer une pension alimentaire k soa fils Louis, et que cette pension était fort mal payée.
11 est certain que Marc-Antoine avait manifesté le dessein, réel ou fictif, de suivre Feiemple de Louis son frère, et que ce dessein était connu de la famille. Ce projet, s'il eut été réalisé, obligeait Calas k payer encore une nouvelle pension k son fils aîné. Des lettres authentiques, et que nous produirons plus tard, prouvent que (^as était très dur et très iUtachè à ses intérêts.
Le 13 octobre, vers les 7 heures du soir, eut lieu le souper ordinaire de lalamiile, auquel lut invité un jeune huuimc, David Lavaysse, arrivé la veille de Bordeaux» Marc-Antoine
assiâta à ce repas. Âvaût de se meiU a a lable, il Tenait de jouer traDqaiUemeiit une partie de billard avec ses amis. Après le souper, Marc-Antoine descend au magasin sans donner le moindre signe d'exaltation, et lorsque Pierre aceom* pagne Lavaysse qui se retirait de la maison Galas, ils aper- ^^oivent l'un et Tautre le corps de Marc-Antoine pendu à la porte inlérieare qui séparait rarriôre-magasin de la boutique donnant sur la rue. Ils jettent des cris, appelkiiL du secours : M. et M'"' Calas, Jeannette la cuisinière, descendent. (Les demoiselles Calas étaient parties la Teille pour la campagne.) On prodigue à Marc-Antoine des soias inutiles. Un chirurgien arrire pour constater sa mort. Le bruit de cet évL'iiciucut se répand au dehors; le peuple se porte en foule à la maison Calas; la justice arriTe, quoique un peu tard. Toute la famille Calas, Jeannette et LaTaTsse sont conduits au Capltole, où ils sont interrogés; le cadavre y est porté aussi. Tous déclarent qu*i]s ont tu le corps de MaroAntoine ekndu à terre (c étail faux). Le lendemain, mieux conseillés, ils déclarent qu'ils Font trouTé pendu à la porte intérieure (c'était Traî). Cette contradiction si frappante éTeille les soupçons de la justice ; les capitouls inslruiseut la procédure, et le 14 noTembre ils rendent une sentence qui cuudamne Calas père, M""" Calas et Pierre Calas à la question ordinaire et extraordinaire. Jeannette et LaTaysse à être présents à la question.
Le même jour les accusés Urent appel au parlemeiU. Devant cette cour suprême, ils prirent pour défenseur M*^ Sudre, avocat li es distingue du baireau de Toulouse. M. de Cassan-Clairac M nommé rapporteur. Pendant Tinstraction» divers mémoires furent publiés par les personnes
444 TEMPS MODBUNES.
intéressées. Le parlement condamna Galas à mort le 9
mars 1762, et la serUeiice fat exécutée le iO. La famille Calas» soutenue par de puissants protecteurs, à la tête desquels se troÛTait Voltaire, présenta une requête en cassation de iarrét du parlement et en réhabilitation du supplicié au conseil du roi. L*arrét de cassation fut rendu la 4 juin 1764; il annulait pour vice de forme la sentence des capitouls et les arrêts du parlement, et renvoyait Taffadre aux maîtres des requêtes de rhôtel au souverain. Elie de Beaumont se constitua le défenseur des accusés, et, le 9 mars 1765, un arrêt de cet hôtel les déchargea de toutes poursuites , ainsi que la mémoire de Calas de l'accusation dirigée contre lui. Le roi donna des gratifications à toute cette famille.
Telle fut la fin de cette trafique histoire, fi est absolument possible que les capitouls et le parlement de Toulouse aient feit fausse route dans la condamnation de Calas: mais après avoir lu avec la plus sérieuse attention, et Tune après l'autre, toutes les pièces de cette procédure qui ont été mises à notre disposition, nous sommes arrivés à ces conclusions :
l"" 11 est certain que Marc-Antoine ne s'est pas suicidé et qu*on Ta pendu dans la maison patemellé.
2® Tous les faits qui se sont produits dans l'intérieur de cette maison depuis 7 heures du soir, heure du souper, jusqu'après 1 i heures , heure li lacpiclle arriva la justice, n'ont eu pour témoins que les accusés. Leur témoignage par rapport à ces foits si importants, se trouvant intéressé , n'a à nos yeux aucune valeur.
En acceptant même ces faits, la contradiction vraiment Inexplicable, quoi qu'on en dise, dans laquelle les accusés
TEMPS MOnKR?iKi«.
sont tombés par rapport à la |)osition du cadavre, est aux yeux de tout homme impartial uu mdice accusateur au plus haut degré. Quand on est étranger à un crime, on dit simplement ce qu'on a vu, tout ce qu'on a vu, et de la manière dont on Ta vu, et on n'a pas la maladresse de se servir d*un mensonge pour éloigner de sa tête une accusation quelcon* i]ue. L'innocence prend une autre route.
A' Il existe dans la procédure des foits qui accusent Jean Calas de la mort de son lils, qu'elle qu'ait été sa coopéraiion à cet événement.
5^ Si €alas est Tauteur de la mort de son fils, la religion est, à nos yeux, étrangère à cette mort. La dureté, ia ténacité et l'avarke de cet homme n'expliquerait que trop l'excès auquel il a pu .xi iiviei .
Un autre procès bien différent de celui de Jean Calas vint occuper k Toulouse, comme dans toute la Franco, l'opinion publique : ce fut celui des jésuites. La perte de cette com- |)agnie avait été résolue ; elle incommodait trop les jansénistes d'un côté et les philosophes de l'autre. Les souverains qui l'expulsèrent de leurs Etats furent la dupe de leurs premiers ministres, et le pontife qui sanctionna sa destruction montra une faiblesse qui imprimera toujours une tache à sa mémoire. La première scène de ce procès se passa en Portugal. Là dominait Carvalho marquis de Pombal, créature de Joseph l*^ Cet homme profondément impie parvint, sur des prétextes imaginaires, à éloigner d'abord tous les jésuites de la cour ; il les comprit ensuite dans h, prétendue conspiration contre le roi, et à Foccasion de laquelle les nobles maisons d'Aveiro et de Tavora furent injustement liappées. Le 5 septembre 1759, un édit royal bannit tous les jésuites
fBMPS MDBBMBS.
(lu royaume, et le 24 septembre 1761 le P. Malagrida liil tMTûlé Goiiiine Csmx prof^ète. Oe eonp eut uii grand retentissement en France, où se poursuivit le procès. Il est né* cessaire d'en suivre avec soin la marche. . Le 9 mai 1760^ le parlement de Paris rendit nn arrêt portant défense à toute personne de former aucune congrégation ou confrérie mm kttres patentes. Cet arrêt était évidemment dirigé con<< tre les congrégations établies ehez les jésuites, congrégations qui, quoique très utiles en elles-mêmes, étaient vues d*assez mauvais œil par le clergé paroissial, qui prétendait que par ce moyen les jésuites attiraient tout à eux.
Le 19 août, l'affaire du P. de Lavalette fut portée au parlement de Paris par les jésuites. Ce Père résidait aux kn^ tilles depuis longtemps en qualité de supérieur, et était accusé de se livrer à des opérations commerciales. On le rappela en France où il se justilia, et revint aux Antilles avec la qualité de visiteur général et de préfet apostolique des missions de la société. On lui confia les affaires de la mission de la Martinique, sans toutefois l'autoriser k faire des opérations commerciales. Malheureusement il ne suivit pas des ordres aussi sages ; il se livra à des spéculations et fut d'abord assez heureux; mais les corsaires anglais ayant capturé des bâtiments français, il éprouva de grandes pertes et ne put faire honneur à ses engagements. Les frères Lioney, de Marseille, étaient ses créanciers ponr dés som-< mes considérables; ceui-ci furent obligés de déposer leur bilan, et les syndics de la faillite obtinrent du consulat de Marseille une sentence qui déclarait la compagnie soiidai* rement obligée k satisfaire aux engagements du P. de Lavalette.
Les jésuites crurent arrêter le laal en a[>pclaut de cette senieBOft au parlement de Parie. Plasiears de leurs amis, sincèrement dévoués à leur cause, les blâmèrent de cette déterminatioiu Quoi qu li eu i^uiU le purlemeiit cuiitirma ia première sentence, par nn arrêt qui, aux yenx de tout honiuii impartial, est un véritable non-sens. Comment, en effet, rendre tout un corps responsable de la Caute de Tun de ses membres, surtout lorsque ce membre agit contre les ordres de ses supérieurs immédiats? La faute des jésuites ne consiste pas, à nos yeux, dans Tappel au parlement de Paris; elle consiste dans la conliance trup aveugle quils eurent au P. de Lavalette, qu^ils auraient dû retirer des Antilles et envoyer dans Tnn de leurs collèges pour pro* fesser quelque classe aux jeunes élèves. Celle alfaire fit un tort immense aux jésuites. Le 17 avril, Tabbé de Cbauvelin d«!nonça les constitutions de la soeiêlé ; le 6 aoùl, le parlement rendit deux arrêts contre elle. : l un appelant comme d*abus des bulles des papes en sa faveur, de leurs institutions, formules de vœux, décrets des orTiéraux et des con-
gr^tions ; Fautre concernait la doctrine morale et pra*
tique des jésuites.
Ces Pères perdaient du terrain de toute part, car le roi ayant nommé en son conseil tme commission pour examiner leurs cuQstituùons, celle-ci leur fut très peu favorable. L*orage qui grondait sur leurs têtes détermina une assemblée composée de plus de cinquante évè(iues, qui, dans leur réponse aux questions proposées par la commission, se montrèrent avec éclat très favorables à la compagnie ; la Providence ménageant ce témoignage et celte consolation à 4es bommes qu*on voulait opprimer. Parut alors un recueil
TKHVS MOOlItlflB.
ayant i)our litre : Extrait des assertions dangereuses et perniâeusês que ks soi-disant jésuites amimt enseignées et pubUées. Au lien de livrer cette fosUdiense compilation, hxme dans lâ plupart des articles et exagérée dans le reste , au mépris qu'elle méritait, le pariemeot la prit pour base des opérations subséquentes. Malgré quelques palliatifs que la cour employa pour retarder la marcbe des événements, le 1^ avril 1762, les noviciats et les collèges des jésoites la* rent fermés dans tout le ressort du parlement de Paris. Le â2 juin, rassemblée générale du clergé de France prit ouvertement la défense des jésnites et demanda leur maintien dans le royaume. La réponse de la cour fut iaible et évastve : aussi, le 6 août, le pariement de Pïiris rendit-il son arrêt définitif qui suppi imail la compagnie de Jésns .dans tout son ressort.
Sans nous ocenper ici des autres parlements de France, nous allons suivre la marcbe du procès des jésuites devant celui de Toulouse. Cette cour avait alors pour premier pré- ^dent M. de Maniban. MM. de Qntalausc et de Chalvet, conseillers > furent nommés rapporteurs; M. de Bonrepos remplissait les fonctions de procureur général. Le 15 septembre 1761, le parlement, sur la demande de M. de Jiojat père, ordonna le dépôt au greiè des constitutions de la compagnie pour que le procureur général pùt en rendre compte ; le 14 novembre Tarrét fut signitié aux jésuites; le 16 et le 18 les constitutions forent déposées au greffe. Le 13 novembre, les gens du roi, par l'organe de M. Lecotnte, avocat général, demandèrent un délai, qui leur fut accordé; on nomma en même temps une commission composée de sept membres , sous la présidence de M. de Senaux.
Tutn HDOBUO». 449
Le i4 avril 17G2, ie jarlement fut. convoque , sous ia présidence de M. de Seoaux, paar eateodre le compte-r endu du pfTOcareur géaénil. M. de Bojat fils, très dévoué aux jésuites, déacNdça à la cour la Samme de Saint- Thomas, comme contenant des maximes contraires à la sûreté des
rois. Celait un procès on contre-partie. La cuur renvoya cetteafKaireaprèsceUedes jésuites. AussitôtM. de Bonrepos» procureor général, assisté de BIM . de Malaret et de Gambon, avocats généraux, commença la lecture de son rapport, qui ftit conlinnée le 30 avril et le 4 mai. Ge jonr-là, il fut domé lecture d uike lettre du parlement de Toulouse à celui de Paris, tendant à lui demander un exemplaire des àmrtiam des jésmtei. Le compte-renda de M. de Bonrepos est assez étendu; nous n avons pas eu le courage d'analyser toutes ces divagations, pas plos que celles auxqiaelles s'abandon* nèrent MM. de Cantalause el de Chalvet dans leurs rapports, dont la lecture ne tint pas moins de sept longues séances, depuis le 5 jusqu'au 28 mai. (Tétait vraiment pitié de voir des magistrats abandonner toutes les a0iaires particulières de leur tribunal pour s'occuper exclusivement des consti* tutions des jésuites, qui, dans le fond, ressemblaient k celles de tous les autres ordres; et si ces Pères étaient susceptibles de vanité, il y avait certes ample matière à éveiller en eux ce sentuneiil en voyant toute la haute magistrature française s*occaper ainsi de leurs constitutions* La conclusion des gens du roi fut — d'être reçus appelants comme d'abus des bulles et brefs, décrets des congrégations, de la formule des vœux et des livres de Tinstitot. Le 22 mai, on reçut la réponse du parlement de Paris et renvoi do Touvrage de* mandé.
499 T^Mi JI§pEW|[«S.
Le 5iuin, fut eiiÛQ rendu l'arrêt contre ia cumpaj^ùe* ^ar )e rap|K)cl Doimoi^iie Basiard. Nous raitportoii9iioî
cet arrêt in extenso, laisseant de cùtc rexposiliou des motifs : «La Cour, toute» les chambrée assemblées, faiâaat.droU » sur les conclasioiis et réquisitions da procureur général » du roi, Ta reçu et reçoit appelaot comme d'abus des » buito, brefs, lettres apostoliques, oracles de vive voix.» 9 qui ont reçu et approuvé l'institut de la société des soi^ » disants jésuites et lui ont accordé des privilèges.; OMiun^ » aussi des constitutions^ décrets des coogrégatiods, ordon* » nances des généraux et de tout le contenu des deui livres « de l'institut de ladite société, comme aussi de la ioniiole » des vœux exprimée dans lesdites constitutions; ce faisant, > et concédant acte audit procureur général d^idit appel » comme d*abus et opposition par lui formée eu tant que » de besoin et que la forme pourrait le requérir, envers » tous les arrêts de la Cour qui ont autorisé des établisse* » ment des soi-disants jésuites dans sou ressort; ce faisant, » a ordonné et ordonne que dans quinzaine, k compter da » jour de la sîgoîficatiou du présent arrêt, lesdits soi^di-!- » sauts jésuites qui ont des maisons et possessions dans ia » sénéchaussée de Toulouse, et dans deux mois, à compter » pareittement du jour de la significaliondu présent arrêt, » tous ceux qui ont des maisons et possessions dans les » autres sénéchaussées du ressort, remettront devers le » greffe de la Cour tous les titres et actes d'établissement » et propriété desdites maisons et possessions^ pour le toat » communiqué au procureur général du roi, être par lui >» pris telles conclusions, et par la Cour ordonne ce qu U » appartiendra* Ordonne ladite Cour que daoslesd^ délais
» iesdib supérieurs des maisons de ladite société romet-
» tront an état des biens^bnds qufite possèdent dans le
• ressort, cl du nombre et du giadc des soi-disauts jésui-
• tes qui soai daos ehaoyoe desdiles fiaaisons. Â permis et » permet ladite Goor audtl proeorear général do roi, d*ln-
> limer sur sod appel comme d*abus et sou opposition le » générai et société desdits sol*disants jésuites, au délai de » lordonnance. Kt faisant pareillement droit sur le surplus
> des conelnsioDs et réquisitioDS du procnreiir générai du » roi, ladite Cour a fàii et fiiit (par provision et jusqu'à ce » qu'il ait été statué déiioitivement sur ledit appel comme
• d*abu$ et sur ladite opposition, ou autrement par la Cour » ordonné) très- ex presses inhibitions et défenses à tous
• sujets du roi du ressort de la Cour, de quelle qualité ei » condition qu'ils soient, d'entrer duis ladite société, soit » à titre de probation ou noviciat, soit par émission de » Tceox dits solennds ou non-solennels; et à tous prêtres, » écoliers ot autres de ladite société de les y recevoir, d'as- » sister à leur émission de vœux, en rédiger ou signer les » actes, le tout sous telles peines qo*il appartiendra. Fait
> parediement inhibitions et défenses auxdits prêtres, éco-
> liers et autres de ladite société, de recevoir, sous quel- »' que prétexte que ce soit dans leurs maisons aucuiii mcm-
• bres de ladite société, nés en pays étrangers, même d*y
• recevoir tous membres de ladite société naturels firançais » qui feraient à Tavenir, hors du royaume, les vœux dits » solennels ou non-solennels, sous les mêmes peines. Fait » pareillement inhibitions et défenses par provision auxdits » prêtres, écoliers et autres de ladite société, de continuer » aucune leçon publique ou particulière de théologie, phi-
»l TBKrS MODERïtHS.
losophie ou bumanités dans les écoles, collèges ou séminaires du ressort de la Cour, sous les mêmes peines, et ce à commencer du Jour de respiration des délais ci-après fixés. Fait aussi inhibitions et défenses par provision^ et jusqu'à ce que par la Cour en ait été autrement ordonné, à tous lès sujets du roi du ressort de la Cour de fréquenter les collèges, écoles et pensions desdits sol-disants jésuites après Texpiration de l'année académique; comme aussi de fréquenter les séminaires, noviciats et maisons desdits soi-disanls jésuites; auquel effet ordonne ladite Cour, que tous les étudiants, pensionnaires, séminaristes et novices yuideront les collèges, pensions, séminaires et noviciats, et ce à commencer, sçavoîr : les novices au premier du mois de juillet prochain ; les écoliers à la clôture des classes, finissant à la fin de Tannée académique; et les séminaristes dans le courant du mois de septembre prochain. À ordonné et ordonne que tons ceux qui continueraient, après l'expiration des susdits délais, de fréquenter lesdites pensions, écoles, collèges, séminaires et noviciats desdits soi-disants jésuites, en quel lieu que ce puisse être, seront réputés et déclarés incapabies de prendre ni de recevoir aucuns degrés dans les universités, et de toutes charges civiles et municipales, offices et fonctions publiques. £t désirant ladite Cour pourvoir par provision à Téducation de la jeunesse, a ordonné et ordonne que dans deux mois, pour toute préfixion de délai, après la signification du présent arrêt, les capitouls, les maires et consuls des villes, les officiers des sénéchaussées du ressort de la Cour, ensemble les universités dans les villes où il y en a, enverront au pro-
TBMPS MODSaNBS. 453
• cureur gcacial tiu rui, chacun séparément, les Mémoires » conteDaut ce qu ils estiment çoAveoable pour remplacer » les écoles, collèges, chaires des arts et de théologie te- » nues jusqu à présent par lesdits soi-disanls jésuites; pour
• ce Haut ou &ate de ce foire, être par la Cour, les cham- » brcs assemblées, ordonné, sur les conclusions du procu-
• reur généré du roi, ce qu'il appartiendra, sauf le droit » des ordinaires et celui d*antres personnes qui pourraient » en prétendre k titre généi^ ou titres par ticuliers. Fait » de plus ladite Ck)ur inhibitions et défenses k tous sujets » du roi (lu ressort du la Cour, de quelque état et condi- » tion quiis puissent être, de s'agréger ou s affilier à » ladite société : comme aussi leur foit inhibition et défen- » ses, sous telles peines qu'il appartiendra, de s'assembler » avec les prêtres, écoliers ou autres de ladite société soi* » disaiis de Jésus, en leurs maisons ou ailleurs, sous pré- » texte de congrégations, associations, confréries, confé- » reuces ou autres exerdces particuliers. Ordonne ladite » €our que le présent arrêt sera imprimé et signifié sans » délai aux supérieurs des maisons de ladite société qui » sont dans la présente ville, et dans quiazaine aux supc-
• rieurs des auU'es maisons de ladite société qui sont dans- » le ressort de la Cour : leur enjoignant de s y conformer, » sous peine d'ôtre poursuivis par les voies de droit pour » fait de désobéissance et contravention aux arrêts de la » Cour. Ordonne que copies collationnées du présent an et
• seront envoyées à tous les bailliages, sénéchanssées et » autres justices royales du ressort, pour y être lues, pu-
• bliées et enregistrées à la diligence des substituts du pro- » cureur général du roi, qui en certifieront la Cour dans
4&4 maS' wmMU.
» le mois. Pioiioacê à Toulouse, en parlement, le cioq « juin m^tsept oent ^ixantesleQX. G^ialioQiié^' Cmui^bb*- » Contrôlé, Verliiac. Monsieur de Bastard, rapportmr.
Le 16 jumela cour ordonna par arrêt de livrer auj^ilaiar: mes plus de vingt limâ de dEfféreais auteurs (qnk*a«e>DHi' membre du parlement n avait jamais ouverts), arrêt qui fut exécuté lé 2â par rexécoteur des baûtes-œaYres. te 19, le parlement rendit un nouvel arrêt qui défendait de dévf)^ Mer ou impétrer les bénéfices dép^dants de la coinpagnie. Le même jour^ arrêt qui ordonnait qtfun exemplaire des Assertions iù.i envoyé à tous les archevêques et év4^ qiies du ressort. Le parlement de Toulouse aceeptait toutas les qualifications données à ce recueil par celui de Paris sans ravoir parcouru, car ces Âsseriiom étaient arrlYées à Toulouse le 15 joio, et Tarrêt était rendu le Itl. Il rea» dit encore quelques autres arrêts pour faciliter Teiécution de celai du 5 juin : on pourvut, entr^autres choses, a la réorganisation du eollége de la compagnie. Les jésuites furent donc condamnés à Toulouse comme dans la plupart des parlements de France; mats, dans tous les arréis <fQi furent rendus, on ne put jamais arriver à l'unaniiiiilé des suffrages. Un certain nombre de conseillers , étaient très détottés à la eompagnie, et M. de Bojat fils se distingua pardessus tous les autres. Elle put compter encore au nombre de ses amis dévoués François de Bastard, qui venait d*éUre nomme premier président du parlement li la place de M. de Manîban, décédé en 1762. Le premier soin de ^ce magistrat fut d'augmenter la pension des jésuites.
Sur ces entrefaites, M»' Richard-Arthur de Diiiun lut transféré à rarchevécbéde Narbonne, et le 3 février 1763
W EUcoDe-Charies de Brieûne, évct|uo dt^ Cuudum, fut nooimé pour im succéder. €e prélai était né àPari&dn i7â7« de M. Nicolas-Louis comle de Brieiinc et de (ialirielle de CbaïuiUart-ViUate. li était abbé dû BeUefontaiae au diocèse deTroyas etiTÎGaire général de Rouen qaand il fiit sacré
» par le cardinal de Luyaes, évéque de Coiidom.
Le 1*^ février 1765, M. de Cambon dénonça à la eour le bref de Clémeid XIII en faveur des jésuites, et trouva toat natnrBl de dénoncer ce bref comme apoerypiie. Un arrêt supprima ce bref, ainsi que quelques autres écrits finis dans le même sens. A Foccasion d un piacet du P. Cbarron, pro?incia], et du P* Delmas, syndic de la compagnie, se poi LiiiL ûi>i)osants à l'arrêt du îi juin, M. de Bonrepos prononça on^ong plaidoyer dans lequel il discuta tous les moyens d'appel déjà mentiomiés, et conclut à rextinction de la compagnie. On prétend que ce plaidoyer n était pai rœuvre du procureur général, mals-qull avait été composé par lin sieur Comtézat, prêtre chassé de plusieurs diocèses. Le président de Bastard obtint une lettre de cadiet qui esila à Montréal ce fanatique abbé.
Le 20 février 1765, le parlement de Toulouse rendit Far* rét célèbre qui proscrivait la compagnie dans son ressort. Il était détendu par cet arrêt à ces religieux déporter Thabit de la société, et d'entretenir aucune correspondance avec leur supérieur général ou autres supérieurs ; il leur était en-
' Joint également de vider les maisons de la compagnie dans la quinzaine. Le surlendemain 28, le parlement motivait «lans un dernier arrêt son refus d'enregistrer Fédit du roi tendant à opérer des modifications à l'institut. L'arrêt d'expulsion fut rendu a Toulonseà la majorité de il voix con-^
M mm ■ouEung.
tiô 39. Le président de Bastard vit avec uoe douleur profonde la mttrcbe qa*avait suivie son parkment On loi attribue ces paroles prophétiques : « Vous venez de donner, » Messieurs, un exemple funeste, celui des ^ppresskMis » vons serez suppriinéB à votre tour. » Toos les biens» meubles et livres des jésuites de Toulouse furent vendus^ « Cette province comptait 700 jésoites, pannî lesqu^ se tsoa^ vaient les noms des plus grandes familles. Leur collège et leur noviciat furent donnés au nouvel établissement jd'iiis-^ tmctton pnblîqne ; la maison professe fût vendue à des particuliers qui en démolirent Téglise ; le séminaire du diocèse qu*ils dirigeaient passa à la compagnie de Saint*Salpice ; leur maison de campagne, située sur la route de Muret, fut aussi vendue à des particuliers. Quelques jésuites de Toulouse demeurbrent en cette ville, occupés aux 'di£féraites fonctions du niimstère; les autres se retirèrent dans leurs familles.
Vers ce même temps, furent publiées les Lettres touloa^ saines^ dues à la plume de Court de Gébelin. Ces lettres, au nombre de tr^te, sont destinées à prendre la défense des Eglises reiormées et des divers protestants condamnés par le parlement du Languedoc. H est question dans ces lettres de Taffaire du ministre Rocbette de Gaussade et des frères Grenier, du procès de Calas, de ITnquisitlon de Toulouse, de rafiÈâre de Sirven, et des jésuites. Ces lettres sont écrites dans le style du temps, c est-à-dire am[)oule et déclaniatoire. On y trouve des détails assez curieux.
Les jésuites étrient certaùnement assez malheureux sans qu'on chercbât encore à les inquiéter. Les amis de la compagnie crurent voir, dans un acte qui se passa au couvent
dci) dominicains à Toulouse, une attaque indirecte (Miigée coQtre eux. Le P. Dofoar, jacobiii et professeur royal de tliéulugic, lit soutenir une Lhèsc, dédiée au très^ugmte i>arlemem de Toulouse — u^mmmo «iMKfii — » aur le pouvoir des rois d'après la dédavation de 4682. Cette thèse dogmatique, métaphysique, historique et apologétique, fut soutenue le dimaucbe 12 août 1764 par le P. Caussonel, sous \à direction du P. Dufour. A la fin de la thèse, ce professeur prit la parole et s'eipnma ainsi : « Les corrupteurs » de toute morale, si justement proscrits, ont toujours > travaillé à répandre des ombres ou du venin sur la doc- » trine de saint Tbomas pour avoir ensuite le prétexte » d*en extraire de quoi étayer leur système ulu amontain. » Cette attaque ne resta pas sans réponse ; elle parut sous le titre de : L^tre d'un jeune écolier des enhdieante m P, Du* jaur. A la ûnde cet écrit, on trouve une liste assez étendue d'auteurs de Tordre de saint Dominique qui avaient adopté les opinions ultraiiiualaines. Tous les corps religieux auraient dû comprendre qu'ils étaient intéressés dans la cause des jésuites, et qu'ils arriveraient à leur tour à éprouver une paiedle destinée.
Au milieu de ees tristes débats, les bénédictins firent poser la première pierre de leur nouvelle église par M. de C17, vicaire général de de Brienne. La construction de cet édifice donna lieu à un très grand nombre d'oppositions de la part des habitants du quartier, qui se trouvaient privés du droit de passage de la place de la HaUe à celle de la Daurade, oi)pDsitions qui furent apaisées par les concessions de ces ' religieux.
Le séminaire du diocèse étant devenu vacant par le départ
4^ mm umMm
des jésuites, Mk' de BiieiiDe prit possession des batimenls^, par arrêt du parlémentrendei en 1769. Eoffrit &lors la direc* tiou de ce séminaire à la compagnie de Saint-Sulpice, qui Tâccepta et y envoya l abbé de Caivet pour ie gooverDer*' Cétail le même qui avait fondé et dirigé le séminaîre 'Saint-' Charles, dont les nouveaux bâtinieitts lurent construits en 1764 : Me Le Tonnelier de Breteuii, évéque de Montaoban^ en posa la première pierre. Le séminaire du diocèse prit dèslors ie nom de Caivei^ qu'il a porté jusqu'à sa destruction, à cause des agrandissements dont ce supérieur Favait augmenté.
Les longs démêlés qu'eut à cette époque le duc de Fitz-
James, intendant du Languedoc, avec le parlement de Tou- ' iouse, au sujet de l enregistremeat des édits royauK^ n ap< partiennent pas à cette Histoire.
L'assemblée générale du clergé de France s'ouvrit en 1 765 . Sensiblement touchée des maux qui affligeai^t rfigiise, elle résolut de faire une protestation solennelle contre les usur- pations de pouvoir des parlements. Cette protestation prit le nom û*Actef du dtrgé mr la religion. Ces Actes* fùre&t souscrits à Paris par trente-deux évôques, puis on les fit passeràtousles évêques du royaume. Rien n*était plus juste et plus nécessaire que cette protestation, car les parlementa ' se livraient toujours à de nouveaux excès : ainsi, celui de Toulouse, par arrêt du 23 février 1765, avait supprimé la hnWe Apostolicuni. de Clément XllI, pur laquelle il confirmait la compagnie de Jésus ; et le 16 mars, il avait rendu un autre arrêt qui condamnait au feu la Lettre du m-dieani ecdier au P. Du four dont nous avons déjà parlé. Un comprend que les Actes de rassemblée du clergé dûrent exciter
la colère des parlenieals, qui coudamoèrent cette piotesia- UoD ai la lettre ciraiilairo aux évéques» . AlDf$ rassemblée
tout entière se transporlaà Vci saillc> , ltj8:^cpLciijl>re 1705;
Loméaie de BrieQoe» afchevéque de Toulouse, poi;ta la parole devant le roi a?ee beaocûopde fermeté etâ*éloqueiiee. Dans ce discours, troi» ponr être rapporté ici, le prélat pril la défense du clergé et parla en feveor de son indépendance. Cii.s dernières paroles furent celles-ci : « Le clergé » sera toujours supérieur à ces outrages. .»
Au mois de décembre, la France fit une perte irréparable en la personne de Louis, fils de Louis XV, dauphin de Franee, ennemi déclaré de tous les philosophes, et sincèreritciit altachéà la religiua de ses ancêtres. Le mars 1766, de Brieone prononça Toraison funèbre de ce prince dans la cathédrale de Paris. H prit pour teite ees paroles de Jé* rémie : AbatulU viagnificos meus Dominm de medio mei^ et mofitra le dauphin évitant tous les écueils de la grandeur et saclianl, dans uu siècle mauvais, pratiquer les plus sublimes vertus. Cette oraison funèbre a été imprimée.
La décadence de la discipline régulière dans les cloîtres eugagea ies évéques de rassemblée du clergé à écrire au souverain pontife et an roi pour les prier de porter quelque
remède :l ce mal. Le roi prit Ic^ devanls sur le [sape, ut ius- Utua une commission dans laquelle se trouvaient (^usieurs archevêques et évéques de France, enlr'autres M'*^ de Brienne, qui devint Tàme de cette nouvelle assemblée. £n su qnalilé de rapporteur^ il domina bientôt la commission qui, agissant en dehors du pape et contre les règles canoniques, muUtDiia les abus au lieu de les corriger. U^' de Brienne avait, par sa place et sa. naissance, de nombreux amis ; on
460 TBMPS JlOttfilWES.
vantait beaucoup ses talents et son activité ; cependant il échoua compièteiiLeQt dans son œuvre de réforme dps régu-
liers» comme nous le Terrons bientôt.
L'œuvre de la destruction des jésuites se ppursuivait en Europe. ËuËspagne, le comte d'ArandaarrachaàCharles 111, cet aveugle monarque, la fameuse pragmatique, par laquelle, le 2 avril 17G7, tous les jésuites devaient être chassés. dju royaume et jetés dans les Etats du pape. L'histoire a raconté et la magnanimité des victimes et la cruauté des persécu,teurs. TannucL à Naples ût consentir Ferdioand III à ope mesure identique, mesure que suivît bientôt après la cour de Parme. Le parlement de Paris . rendit encore un uouvel * arrêt) le 9 mai 1767, contre ces Pères : ils devaient prêter le serment a eux prescrit en 17G2, sous peine d'être privés de leur modique pension. Le août, le parlement de.Toulouse rendit un arrêt semblable sur le rapport de l'avocat général de Camhon ; il était de plus ordonné à tous les jésuites de sortir de tont le ressort.
Mf^ rarchevêque de Touluusc poursuivait à Paris la réforme des réguliers. Le 25 mars 1768, parut un édit de la commission en douze articles. La plupart de ces articles ne tendaient à rien moins qu'à l'extinction de l etat religieux en France, et, de plus, ces mesures étaient prises en dehors de Tautorité ecclésiastique et contrairement à toutes les règles canoniques. Il ne £siut pas se dissimuler que de Brienne n'ait été le principal auteur de ces articles, qui étaient tous empreints de cet esprit philosophique que ce prélat avait laissé paraître dans sa thèse de licence en Sorboune, et qu'il avait puise dans un commerce habituel avec les auteurs de rEncyclopédie. 11 forma le singulier pro*-