DB LA PREMIÈRE ÉDITION
La nécessité d'un livre élémentaire destiné à servir de l)ase à un cours d'histoire de l'Église, le besoin d'un texte classique, sur lequel le professeur puisse étendre et développer son enseignement, ont donné la première idée d'entre* prendre cet ouvrage, les travaux qui ont paru jusqu'ici en ce genre, importés d'Allemagne, et empreints del'esprit de
TIII PRiFAGE.
système qui domine la littérature germanique, sont plutôt des cours de philosophie d'histoire qu'une histoire proprement dite. L'accessoire est ainsi devenu le principal, et l'on a paru oublier qu'il faut d'abord connaître la suite des faits, leur liaison, leur enchaînement, leur gradation successive, avant de s'occuper de les grouper en système, et d'en tirer des conclusions philosophiques. À nos yeux l'histoire est, avant tout, le récitexact, complet, impartial des événements. L'habitude de l'enseignement nous a démontré la nécessité de se placer à ce point de vue, si l'on ne veut rendre stérile l'étude de l'histoire. D'un autre côté, un exposé aride des faits offrirait un inconvénient aussi grave; et suivre trop exclusivement l'une ou l'autre méthode, serait donner dans un écueil opposé. Une difficulté non moins sérieuse, était celle d'établir de l'unité dans un pareil travail. Voici le plan que nous nous sommes proposé de suivre: il donnera, en quelques mots, l'idée de ce livre.
L'histoire de l'Église est l'histoire du développement de la société catholique, instituée par Jésus-Christ, gouvernée par les souverains Pontifes, et, sous leur autorité immédiate, par les évêques étabUs par eux dans chaque diocèse.
C'est autour de la chaire de saint Pierre, de l'Église de Rome, mère et maîtresse de toutes les autres, que rayonnent, comme autour de leur centre, tous les faits relatifs à l'histoire ecclésiastique. En dehors de cette unité magni-
PRiPÀGK. a
fique, de la primauté du Pontife romain, de son autorité visible d'où découlent l'enseignement toujours vivant, la doctrine toujours infaillible, la perpétuité de l'épiscopat, et, par lui, du sacerdoce catholique, l'histoire de l'Église n'offrirait qu'un chaos de faits sans génération, sans suite logique, sans raison d'être. Le temps a fait justice des oppositions malveillantes, des secrètes défiances que rencontrait naguère une pareille doctrine : et notre siècle, où le besoin d'autorité est d'autant plus grand que l'esprit d'indépendance est devenu une passion plus effrénée, a vu les plus nobles intelligences se rallier au Siège de Rome, et proclamer hautement la suprématie, l'infaillibilité dogmatique du Pontife romain. En plaçant donc, en tête de chaque période historique, le nom du souverain Pontife qui y pré-side, nous avons cru établir l'unité dans notre œuvre. Ce que tous les historiens profanes ont fait .pour les rois de chaque époque, nous l'avons fait pour les papes, chefs visibles de l'Église, centre d'autorité, source de tout pouvoir ecclésiastique. Pontifes suprêmes de la hiérarchie.
Les faits se succèdent ainsi, dans leur ordre chronologique, se déroulant sous les auspices, sous l'influence, sous l'action de la Papauté. Chaque siècle passe tour à tour, avec ses lattes, ses combats, ses persécutions, ses hérésies, ses conciles, ses docteurs. Après chaque époque, un tableau complémentaire résume l'ensemble des doctrines, l'enchaî-