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mena avec lui, malgré mu extrême jeunesse» auconeile de Nicé«. L'humilité de saint fiphrem éUnl^i grande, qu'ayant été accusé d'un crime commis par un auti^, il en supporta longtemps la confusion publique sans se plaindre, et ne consentit à se justifier que dans la crainte de se rendre coupable de scandale. Dans sa solitude, il habitait une grotte, formée naturellement au pied d'un rocher, et passait les jours et les nuits à méditer les saintes Écritures. Un vieux solitaire, sous la direction duquel il s'était mis, le trouva un jour terminant son Commentaire sur la Genèse. L'ayant 4u, il le porta, sans le dire à l'auteur, aux magistrats, aux professeurs et aux prêtres d'Édesse , qui en furent dans l'admiration. La réputation d'Ëphrem se répandit bientôt dans tout l'Orient. Les chants gnostiques d'Harmonius, fils de Bardesane, s'étaient ccmsenés, par tradition, dans le souvenir des peuples de l'Asie. Éphrem composa des poésies catholiques en syriaque, sur un rhythme mélodieux. Il apprit lui-même aux vierges chrétiennes à les chanter dans l'assem^blée des fidèles. Les vers de l'hérétique furent bientôt oubliés, et aujourd'hui les chrétientés de Syrie redisent encore ces pieux cantiques. Éphrem avait un talent particuUer pour la chaire. Souvent, au milieu de ses prédications, il était obligé de s'interrompie pour laisser éclater les sanglots de son auditoire ému. Les fatigues do l'apostolat, les instructions qu'il composait pour les monastères, partageaient tout son temps. Il ne quitta sa retraite que pour voir saint Basile de Césarée, dont la réputation d'éloquence et de sainteté était venue jusqu'à lui. De retour dans sa grotte, Éphrem composa un panégyrique à la louange de ce grand évoque. Tous ces ouvrages sont écrits en syriaque, langue maternelle du saint diacre, qui ter* mina sa paisible et glorieuse carrière le 28 janvier 379.
18. L'événement inattendu qui avait ramené l'empereur Constance, des frontières de la Perse jusqu'à l'Occident, était une triple usurpation. Constant, son frère, qui régnait à Trêves, avait élevé de l'esclt*vage, au grade de capitaine des gardes, un officier ncMimié Magnenoe. Un jour, dans une émeute militaire, les sddats, mécontents du fthvori, voulaient le mettre à mort ; Constant le couvrit de son manteau de pourpre et lui sauva la vie. Magnence trouva trop lourd le poid» de la reconnaissance. Dans une partie de chasse^ il tua son bienfei*
406 HISTOIRE GÉNÉftAliB M L'ÉGLISE.
teor et s'empara de sa couronne. Les Gaules, FEspagne* TAfriqua et une partie de lltaUe se déclarent pour le nouvel empereur (8S0), et, i la nouvelle de ce meurtre, Népotien, neveu de Constantin-k^rand, par sa mère Entropie» se met à la tête d'une troupe de gladiateura, surprend Rome, s'en empare (3 juin 350)« et y fait couler des ruisseau de sang< Proclamé empereur, il n'eut que vingt«-troîs jours à {)orter la pourpré. Après oa court délai, Rome est reprise par un générale de M agnence, qui accourut en personne jouir de ce triom* phoy fit promener par les rues la tête de NépoUen, au bout d'une pique« et massacra tout ce qui tenait de près ou de loin à la famille impériale de Coastanlin-le-6raBd. ^ Cependant» dès le 4*' mars 3Mi, les légions d'Utyrie avaient proclamé empereur leur vieux général Véthmion. Ce Aouveau César ne savait pas lire ; il se mit aussitôt à étudier l'alpbabet. Constance interrompit son ardeur littéraire* Ar^ rivé en Dalmatie, il te dépose, lui fait gr&ce de la vie et l'envoie à Pruse» en Bithynie» achever ses jours dans une opulente retraite. Vétrànion y vécut encore six ans dans les pratiques de la piété cbré^ tienne : il réussit à savoir lire et écrire, et il mandait à Constance : « Vous avee tort de ne pas renoncer vous-même à l'empiroi et de ne « pas prendre votre part du bonheur que vous saves procurer aux « autres. » — Hagnence était un rival plus redoutable : mais deux victoires successives, la première à Hurse, en Pannanioi (98 sep*tembre 854 }i oA près de cinquante mille homme restèrent sur le flhamp de bataille; la seconde, dans les Gaules (M août 368)^ 1er* mioèrant la querelle en faveur de Constance. Magnence, vmmcé pttr ses propres soldats, égorge tout ce qu'il a de parents et d'amis, tue sa propre mère, et se tue enfin lui^inéme. Déeentius, son frère, qu'il avait créé César, s'étrangle de ses propres mainsi Constance rede* vient seul maître de l'empire.
49. La mort de Constant plongea les catholiques dans la désolatito. Saint Athanase, que ce prince avait toujours aimé, versa des larmes amères à cette nouvelle, en présence même de l'émissaire de Aignence qui la lui apportait. Constance, en rendant la paix à TAgUse, avait surtout obéi aux sollicitations de son frère et coU^rue de rOcddent. Libre désormais de suivre ses instincts personnete, qiti|l'inclinaîeiit vers l'Arianisme» il recommença son rMa de ptfrsé-
cuteur vi»4-vis des orthodoxe». L'euauque Eiuète était toujours 6011 oouseiUer et soo favori. Ursace et Valens, dont la rétractation aolenDelie* adn»9ée au pape saint Julee, n'avait été qu'une hjpocrite diesimulalion, ne quittaient peiBt sa oour« Les évéques orientaux, Narcisse de Néroniadei Théodore d'Héraclée, Basile d'Ancyrci Eu* doxe de Oermanicie» Démophile de Béréei Gécropius de Nicomédie, Sylvain de Tbarse, Macédonius de Mopsueste et Marc d'Aréthu$e> Ariens pour la plupart, suivaient leur exemple et se montraient bien plus assidus dans la tente de Terapereur, ou dans les antichambres do palaîSf que fidèles à. Tobligation canonique de la résidence dans leurs diocèses. Tous ces prélats et d'autres, réunis au nombre de vingtHleuXi se formèrent en concile à Sinnium, métropole de l'Illyriet oà Constance s'était rendu après la bataille de Murse. Le but apparent de ce concile était la condamnation de Photin, évoque de Sirmium mémet qui enseignait la doctrine de Sabellius et de Paul de Samosate, et soutenait que le Christ n'étuit pas avant Marie.. Photin avait été précédemment déposé par le concile catholique de Sardique, ouiis il s'était maintenu sur son siège par jia faveur populaire qu'il avait su s'atlachar. Le concile de Sirmium renouvela contre lui l'arnlhèBie, et en cela fut approuvé de tous les catholiques ; mais las évéques {NPésmits voulurent ensuite dresser une profession de foi. C'était la sixième que les Ariens essayaient sans résultat. Le mot de eoMUbêUmtM y fut omis à dessein et remplacé par des expressions captitoses et équivoques» qui pouvaient s'interpréter au sens ortho- 4km, sans combattre précisément l'erreur arienne ; ce qui peut exj)liquer les divertes apprécialions^qu'en ont faites depuis les saints Pères. SaiDl Hiiaire de Poitiers» qui en a fait un examen approfondi, la trouve siUiafaisattle. D'auti'es l'ont regardée comme fort suspecte. Et» dans te réalité» l'omission réfléchie du mot de Gonsub^iantiel^ employé par te eoncile de Nicée» est h elle seule un légitime sujet de défianoe» L'insistance que mettront plus tard les évéques du parti arien à faim souscrire cette formule» la feront d'ailleurs, avec quelque raisoBi regarder oomme un eomproipis inûdieux entre l'erreur et la vérilé. -^ Le concile de Sirmium posait ainsi ime pierre d'attente AUX perséeutiofis futures de Constance^ Ce prince» dès le commencemmi de cette »«me année 3(M» a^ait secrètement envoyé l'ordre à
Philippe, préfet du prétoire de Constantinople, d'arrêter le saint patriarche Paul, et de le faire conduire en exil. La vertu du vénérable archevêque faisait ombrage aux prélats courtisans, et le premier usage de la liberté de troubler TÉglise, que la mort de son frère laissait à Constance, fut dirigé contre lui. Philippe attira le saint patriarche au palais des gouverneurs, sous le prétexte d'une communication officielle h lui faire, le jeta dans un vaisseau qui était à l'ancre, et l'éloigna, par un quatrième ^ dernier exil^ de son Église de Constantinople, où l'intrus Macédonius rentrait à main armée, sur les cadavres de trois mille fidèles, qui avaient voulu s'opposer à son usurpation. Conduit daus les déserts du mont Taunis, Paul fut jeté dans un cachot, où on le laissa six jours sans aucune espèce de nourriture. Comme il respirait encore, des bourreaux l'étranglèrent, et Constance accueillit la nouvelle de cette mort avec plus de joie que s'il se fût agi d'une victoire contre Magnence ou contre les Perses.
20. Le ciel n'épargnait pas, cependant, les avertissements les plus solennels à ce malheureux prince. Paesque en même temps, il recevait de saint Cyrille, évêque de Jérusalem, la lettre suivante : « Au « temps de Constantin-le-Grand, votre père, d'heureuse mémoire, « le bois précieux de la vraie croix fut trouvé à Jérusalem. De vos « jours, prince, les miracles ne viennent plus de la terre, mais du « ciel. Pendant les dernières fêtes de la Pentecôte, aux nones de mai « (7 mai), vers l'heure de tierce (neuf heures du matin), une im- « mense croix lumineuse a plané dans les airs, au-dessus du moot « Golgotha, s'étendant jusqu'à la montagne des Oliviers. Ce ne fut « point un phénomène passager : il a subsisté pendant plusieurs « heures, visible à tous les regards, et plus éclatant que le soleil, « dont la lumière l'aurait effacé, si la sienne n'eût été plus forte. « Tout le peuple de la ville accourut en foule à Féglise, dans les sent- « timents d'une crainte mêlée d'allégresse : jeunes gens et vieillards, « hommes et femmes, les chrétiens du pays et les étrangers, les « païens eux-mêmes, tous, d'une voix, louaient notre Seigneur « Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, qui faisait ainsi éclater sa « puissance par de semblables prodiges. » Saint Cyrille termine ot^ lettre en souhaitant que l'empereur glorifie à jamais la sainte et