‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 16 sur 190 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

remonle au temps du premier concile de Nicée. L'authenticité de ce monument précieux est généralement admise. Saint Clément y parle arec l'autorité qu*il tenait de la chaire de saint Pierre : il décide la question en juge suprême, et annonce aux Corinthiens qu'il leuren- Toie dnq légats, Claude, Épbèbe, Yalère, Viton et Fortunat, chargés de leur remettre cette lettre et de travailler sur les lieux mêmes au rétablissement de la paix. A mesure que l'Ëglise agrandissait le cercle de ses conquêtes, l'erreur, par une marche parallèle, semblait se développer pour arrêter les progrès de l'Évangile. Les hérésies de cette époqae sortaient, les unes du judaïsme expirant, les autres des efforts du paganisme pour se défendre. Après la ruine de Jérusa-' lem, les chrétiens nés Juifs, qui tenaient encore aux formes de la religion mosaïque, se divisèrent en trois sectes, celle des Ébionites, celle des Nazaréens et celle des Cérintbiens.

18. Les Ebionites, sectateurs du juif stoïcien Ébion, donnaient au judaïsme la prédominance dans leur doctrine. Ils considéraient comme obligatoires toutes les cérémonies de la loi, et prétendaient que Jésus-Christ n'était qu'un homme, fils de Joseph et de Marie. Ils traitaient saint Paul d'apostat, parce que cet apôtre démontre i chaque page de ses écrits la divinité du Sauveur. Pour la même raison, ils rejetaient tous les Évangiles, excepté celui de saint Matthieu, parce qu'ils n'y voyaient pas de témoignages aussi formels du dogme qu'ils combattaient* Les Nazaréens, au contraire, reconnaissaient la divinité de Jésus-Clurist, mais ils mêlaient à son histoire certaines erreurs empruntées à un évangile apocryphe qu'ils avaient adopté à Texclusion des autres. Ils ne maintenaient que pour les Juifs convertis seulement Tobligation de la loi mosaïque. La doctrine de Cérinthe, Juif d'Antioche, tenait à la fois de celle des Ebionites et des Nazaréens. Avec les premiers, il regardait comme indispensable l'obligation pour tous de se soumettre aux prescriptions de la loi de Moïse. Avec les seconds, il convenait que Jésus-Christ était fils de Dieu, mais seulement depuis son baptême, par saint Jean, dans les eaux du Jourdain. Auparavant il n'était qu'un homme, né, comme disaient les Ebionites, de Joseph et de Marie. Au moment de la Passion, le Christ ou Fils de Dieu était retourné à son Père ; l'homme seul avait souffert, était mort et ressuscité. La philosophie

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païenne, de son coté, cherchait à se mêler aux vérités de la foit pour leur enlever leur caractère de révélation divine. Les Docètei^ dq mot grec AtfxUi, paraître^ détruisaient rhumanité de Jésu^Cbrist, en prétendant qu*il n*avait eu qu'un corps appareni, et que toute sa vie avait été une sorte d*iilusion mystérieuse, abusant les hommes par des dehors fantastiques. Vers le môme temps, Hénandre, disciple de Simon le Magicien, entreprit de rattacher à la doctrine de rÉvangile le système des Platoniciens sur la formation du monde. Il enseignait que Dieu, suprême intelligence, avait donné Têtre à un grand nombre de génies inférieurs qui avaient formé le monde et le genre humain. Dans son système, Jésus-Christ n*est point Dieu, mais seulement un envoyé des bons génies. C*eat encore là une idée que devaient développerplus tard les Gnostiques, dans leurs généa-* logies d'Éons. À côté de ces docteurs d'impiété, des écrivains catholiques consolaient l'Église par leur talent et leur zèle. Le livre du Ptutewr, par Hermas, paraissait en ce temps. Sous rallégorie des brebis que le berger conduit aux plus abondants pâturages, Tautcur décrit la vie intérieure de grâce et de sainteté des premiers chrétiens. Saint Jean, à Tâge de plus de quatre-vingt-dix ans, écrivait son Évangile pour réfuter Ébion et Cérinthe qui attaquaient la divinité de Jésus-rChrist et la réalité de sa chair. Ses trois épitres avaient également pour but de combattre ces hérétiques.

4 9. La seconde persécution générale éclata soudain, au milieu de ces combats pacifiques. Sous le règne de Domitien, la vertu était devenue un crime irrémissible : à ce titre, les chrétiens avaient droit à la haine du tyran. L'an 95, un :édit impérial fut envoyé dans toutes les provinces pour qu'on y traitât les fidèles comme ennemis déclarés de l'Etat. La première victime fut, à Rome, Flavius démens, cousin-germain de l'empereur et son collègue dans le consulat. Il eut à peine résigne les faisceaux, insignes de sa dignité, que, sur l'ordre de Domitien , il fut mis à mort. Flavia DomitiUa, sa femme, fut exilée pour le même crime que son époux. Une autre Flavia Domitilki, mère de Flavius Clémens, fut aussi rd^ée dans rile de Pontia; elle est honorée comme martyre, avec les saints Nérée et Achillée, ses eunuques. Saint Jean se trouvait alors à Rome. Il tut plongé, près de la Porte Latine, dans une chandièfe d'huile

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