CHAPITRE \II
des rhéteors, malgré k crédit extraordîMire dont jouissaient lesf sq^ihistes d'Athènes et d'Alexandrie au quatrième siècle, malgré 1*4*8- «d de rodtaiiratioii tenté par Julien TApostat, le paganisme ne oassade peachar i«rs sa rnine, ju»(u'à oe que son dernier vestige fut tanbé, avec la société, écroulée soas le marteau des Barkares.
é. Depuis la conversion de Constantin, la religion ctupétieniie se montrait sans crainte, et gagnait à être connue : lagrandeur de aes promesses,, la gravilé et la beauté de ses le», la pureté de »i morale, la mafoifioencedeses cérémonies et de ses fêtes séduieirent en feu de temps tous les eeeurs. Les peuples, étonnes et coafus des frodigîesK égarements où la superstition les avait entraînes, s*enipressaient de rendre hommage à ia vraie relrgioa, et seoonvertissaîenl en foule ; des i^illes entières abattaient leurs temples et bâtissaient des^ses. Dans oe mouvement universel qui ctarisNanisait le monde, se trouvaient saas doute enveloppées un nomi>re considéraèle d*&mes faibles et timides, que Texemple général, la protection officielle accordée au Christianisme, et d'autres motifs extrinsèques, plus qu'une conviction solide, plus que Taction de la griice, attiraient am sein de FÉglise. Saint A^[ustin, saint Jérôme, Salvien, signalent, d«ns leufê écrits, le relâchement qu'avait introduit, au commencement dneènquiéme siècle, cette invasion, dans la société chrétienne, de tant de néophytes qui ; apportaient les habitudes et les mœurs païennes : en sorte que la foi rencontrait, dans son triomphe même, wi nonveau danger. H semUe que l'Église emprunte sa force aux erages et aïox tempêtes dédiatnés contre elle. Le quaêrième et le cinquième siècle, pour n'avoir plus de persécutions générales, ne manqvèrentpoint de ces épreuves, qui retrempent les courages, ravivent fai foi et font surgir les grands caractères. Bn Occident, le ackisme des Donatistea, les hérésies pélagîenne etsenii-pélagienne, ke persécutions locales des Vandales en Afrique, celles des Tisigoths dans le nridi des GaoJes; en Orient» les hérésies d'Arius, de Macé* doBîus, de Nestorius, d'Evtychès, agitèrent plus l'Église et firent presque autant de victimes que la plus cruelle persécution. Mais, parallèlement à cette génération croissante d'erreurs, quelle fécondité parmi les docteurs catholiques, appelés à les combattre I Le
génie sembla, dans ces deux siècles, se léguer comme un héritage, i4 se perpétuer, au sein de l'Église, dans les noms illustres des Ambroise, des Augustin, des Jérôme, des Athanase, des Basile, des Grégoire de Nazianze, des Chrysostome. Ces noms, dont un seul eût suffi à remplir une époque, n'étaient pas les seuls qui se rencontraientf à la fois, dans les champs fertiles du quatrième et do cinquième siècle : nous aTons inscrit, en leur temps, ceux des saints Éphrem, Épiphane de Salaminc, Épîphane de Pavie, Cyrille, Grégoire de Nysse, Hilaire, Optât, Lupus, Sidoine Apollinaire, et tant d'autres docteurs d'Orient et d'Occident, toujours armés pour défendre la foi et l'unité catholique. La réunion de tant de lumières ajoutait aux conciles généraux, tenus à cette époque, un éclat et une gloire particulière. Toutes les routes de l'empire avaient été ouvertes aux évéques chrétiens, par la conversion de Constantin. Qu'Arius, que Macédonius, que Nestorius, ou Eutychès, attaquent un des dogmes fondamentaux de notre foi ; et les grandes assemblées de Nicée, de Constantinople, d'Ëphëse, de Chalcédoine, présidées par les légats des Papes, inspirées par l'Esprit saint, foudroient l'hérésie et le schisme. Une école théologique, toujours attentive à chercher dans l'histoire des arguments, pour affaiblir l'autorité du saint Siège, uu profit d'opinions locales, a prétendu trouver des faits favorables à sa cause, dans quelques événements particuliers du quatrième et du cinquième siècle. La question de savoir si le Pape est supérieur au concile général, ou le concile général au Pape^ a été agitée, avec une ardeur qui tenait de la passion. Le seul énoncé de la question renferme une hypothèse inadmissible. Pour se plac^ sur un terrain acceptable, il faudrait trouver un concile général qui eût été séparé du Pape, ou un Pape qui eût été séparé du concile général. Or, ce sont deux idées impossibles ^ Un concile ne peut être oecu* ménique sans le Pape ; comment donc raisonner sur une séparation hostile des deux pouvoirs, quand, par le fait même de cette sépa* ration, l'un des deux cesserait d'être? Nous avons vu aussi le débat engagé sur Vinfmllibilité du Pape en matière de doctrine, k propos de la prétendue chute du pape Libère. Un mot tombé de la
■ Voyez Touvrage de M. ns MAisrre : Du Pape,
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bouche de Jésus-Christ suffit pour dominer toute la controverse; c*est cdui qui fut adressé à saint Pierre, quand le Sauveur lui dit: Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua : et tu, aliquanda eonvtrsus, confirma fratres tuo$.
5. Le développement des institutions monastiques suivit, dan» cette époque, le progrès général de TÉglise. On distingua d'abord trois sortes.de moines, savoir : les Cénobites, qui vivaient en commun dans un monastère, sous un supérieur ; les Anachorètes, qui vivaient seuls dans le désert; et les Sabaraïtes, qui habitaient deux ou trois dans des cellules. Ces derniers ne tardèrent pas àdispaniitre. Cassien nous a laissé le tableau de la vie édifiante des solitaires de son temps : leur unique occupation était la prière et le travail des mains; leur nourriture ordinaire n*était que du pain et de Teau» leur, lit une natte de jonc, et leur chevet un paquet de feuilles. Ce fut en Egypte, comme nous l'avons vu, que commença la vie monas-. tique, d'où elle s'étendit ensuite dans la Syrie, le Pont, l'Asie Mineure, et passa en Occident. Les Gaules eurent dès lors leurs mo* nastères célèbres ; et nous avons eu occasion de ny>peler la fondation de ceux de Tours et de Lérins. Saint Augustin attacha lui-même son nom à des règles monastiques, destinées à devenir le code de sainteté d'une multitude de générations religieuses. La plupart des moines étaient laïques : nous lisons, dans Cassien, que ceux du monastère de Saint-Pacôme avaient recours aux prêtres des villages voisins, pour faire célébrer chez eux les saints mystères. La vie monastique les éloignait des fonctions sacerdotales. Le travail des mains, auquel ils se livraient assidûment, leur fournissait nonseulement leur nourriture, si frugale et si pauvre, mais même de quoi faire des aumônes abondantes. Les moines d'Arsinoé envoyaient, pour les indigents d*Alexandrie, des bateaux chargés de blé, que leur patient labeur arrachait au sol brûlant du désert. Saint Augustin rend le même témoignage des moines de la haute Afrique. Les évêqoes néanmoins tiraient quelquefois les moines de leur solitude, pour les incorporer au clergé de leurs Églises ; mais ils devenaient dès lors séculiers, de même que ceux qu'on élevait à l'épiscopat. Saint Athanase, dans sa lettre à Draconce, écrite vers l'an 353» compte jusqu'à sept moines, qui avaient dès lors été ordonnés évê-^
574 HISTOIRE GixÉiuLe MB l'église.
ques. Le nombre des solitairos %'4Mt si fsrt aocvu^ dé» la fludeot siècle, que da»s la seule ville d'OlxyriAqiie, éaualaiiBstBTbélMiidB, on en comptait jusqu'à di« mille, et vingt nille vierges.
6. Le gouvernement de TÉglise se dévetoppaii Kkmnenlv sur les bases landuienUdes que nous awMis trasvées dqà éteUies, àia In du premier siècle. L^autocili du saint Sega Mmàt i ele les granihi causes, souiems dans ioule retendue du monde ohrtliea. Les légals apostoliques, envoyés dans les divers pojaumes, étnentesanals rayonnement du pouvoir central de Rome. Les questiena de joridic^ tien pour les patriarcal, tranchées parle ooacîès de Nicée, raettueit un frein à d*ambitie«ses prétentions. Noua avons vu lea efosCa das évéques de Constantinople, pour élever leur siège au^essus da tautas les Églises d*Orient, écboner, malgré le crédit dès empereurs gnos» contre ta ferme et constante résistance des souverains Paotifes. La discipline se maintenait pareill^nent dans une prudente et sage lâ* gueur. Le grand exemple de Théodose, humblement prosterné sar le parvis de la cathédrale de Miktn, aux pieds de saîitf. AmbraÎM, avait en quelque sotte illustré la pénitence publique. Quoique ks coutumes des diverses églises fussent réglées, qusmt aux prescrip* tiens principales, on trauva cependant dès lors une certaine variété dans les observances pariicutièves. Ainsi saint Augustm nous a|^ prend que le jeûne du samedi, qui s'observait en divers lieux, n*wail peint partout le même caractère obligatoire. En quelques lieux, on célébrait le saint sacriflee tous les jours ; en d'autres, le samedi et b dimanche seulement : les fidèles participaient à la ooBunonion tmm les jours, ou seulement une fois la semaine. Saint Augustin jiyout» qti'on est libre de se conformer à ces divenes pratiques, et que la meilleure règle, en pareil cas, est de suivre la tradition de Tégliseoii Ton se trouve. On voit que ces divergences ne tombaient que sur des points particuliers et facultatifedediscq)line ou decuUe. La grands loi de Tonité, dans les questions plus grafea, demeurait ferme et inébranlable. Dans un temps où la société paUtique, ébranlée par Tinvasion des Barbares, n'offrait, de tous côtés, que licence, ariû* traifeet désordre, l'unité de gouvernement, quand même ellen'eul pas été la loi fondamentale et divine de l'Église, devenait un besoiii impéiieux : et ce ne s«m pas ht dernière fois que nous la ve