‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 18 sur 190 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

SOMMAIRE

t. hiportance de rétude dH promicr litele. — 2, EDselgnement de l'Église. Caractère d'autoriié. — S. Caractère de simplicité. — 4. Miracles. Gonflriiiadon de la doctrine. — 5. Tradition. — ^ 6b Ecriture-Sainu*. Nonveau-Teatament. — 7. Erangile. ~ 8. Figures des quatre E^*aag<Uatta. — 11. Actes des ÀF^irea. — !«. Entres de saint Paul. -* 11. Epttresde saint Jacqoes, de saint Pierre, de saint Jean et de saint Jude. — 12. Apocalypse. -^ 15. Poiou prindpnnx de la doctrine contenus dans le Nouveau-Testament. — la. Gouvernement de TEgUse. Autorité du Siège apostolique. — 15. Epbcopat. — îfL Sacerdoce. Diaconat. Ordres TcUcfMK. GélUiat des clercs. DfaconeaaesL - 17. Discipline. - IS. Culte. -> im OmcloskMi. — 2A. — Problèmes historiques relaiifs à rtUstolrc du premier siècle.

1. Le premier siècle présente, en germe, le spectacle des institutions qui devaient se développer plus tard au sein de FÉglise. Différente des sociétés humaines , FÉglise n*avait aucune perfection à attendre du temps : sa constitution, établie par un Dieu,, offrait, dès l'origine, les mmes éléments dont la suite de Thistoire a fait ressortir la richesse et la fécondité, en montrant leur action sur le monde. Aussi rétude de ce siècle est-«lle une des plus importantes, parce que tous les dogmes attaqués par Thérésie, de même que la plupart des institutions calomniées ou rejetées par Terreur, doivent trouver une éclatante confirmation dans renseignement et la tradition apostoliques.

Pour établir quelque méthode dans ce sujet, nous le partagerons en quatre chefs principaux , l'enseignement de TÉglise, son gouvernement, sa discipline et son culte.

S t^. BBseigBMieiit ée rÉ«lise.

2. Le premier caractère de l'enseignement apostolique, c'est rautorite\dont étaient nécessairement investis des témoins oculaires, instruits immédiatement par le Sauveur, formant seuls le lien entre la parole divine et la foi des âges suivants.

3. De ce principe d'autorité ressortait le caractère de simplicité

de leur doctrine. Ils l'exposaient en face du judaïsme et de la philo- Sophie païenne, sans les ressources de Téloquence ni aucun des artiOces du langage humain, avec la force de conviction que portent en eux-mêmes des faits connus, récents et incontestables. Car il ne faudrait pas attribuer exclusivement au caractère des Apôtres, hommes sans lettres, cette simplicité divine. Elle entrait dans les desseins de la Providence, qui voulait proportionner la doctrine de rÉvangile à Tintelligenc^ des petits et des faibles, par lesquels le christianisme commença ses conquêtes dans le monde. De sorte que ce n'est pas une légère preuve de la divinité de l'Église, de voir la simplicité de ses Apôtres, qui aurait dû ôtre le premier et le plus grand obstacle à ses progrès, devenir, au contraire, la cause la plus plus influente de ses triomphes.

4. L'enseignement des Apôtres empruntait d'ailleurs une force surnaturelle à l'éclat des miracles qui l'accompagnaient. Nous avons vu l'ombre de saint Pierre guérir les malades ; son aumône aux infirmes était la santé, aux sourds l'ouie, aux aveugles la lumière. Suivant la parole de Jésus-Christ, ses disciples opéraient plus de prodiges qu'il n'en avait fait lui-même. Ainsi, dans le premier siècle, la vertu des miracles, dont l'Église catholique a conservé seule, dans tous les temps, et conserve encore l'étonnant privilège, se développait, avec une expansion sans bornes, pour confirmer une doctrine si merveilleuse elle-même , qu'on a pu dire d'elle , que le plus incroyable des miracles serait que l'univers se fût converti à la foi sans miracles.

5. Cette doctrine se transmettait par l'enseignement oral , des Apôtres à leurs disciples : car Jésus-Christ n'avait point, comme Moïse, écrit sa législation. La nouvelle alliance devait être gravée dans les cœurs par la charité, avant d'être fixée dans des livres. La tradition, d'ailleurs, avait les mêmes caractères d'autorité, de révélation divine et de véracité, que l'Écriture sainte. Supposer le contraire, serait refuser aux Apôtres une prérogative que toute la suite des siècles s'est accordée à leur reconnaître. Et, défait, l'Église n'était pas possible, si l'enseignement des hommes choisis par Dieu pourla fonder, n'avait offert une garantie d'infaillibilité. C'est donc une erreur fondamentale de négliger l'enseignement traditionnel, et

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de n'admettre que la seule autorité de l'Écriture pour résoudre toutes les questions de dogme, de morale, de discipline et de culte. Une multitude de règles particulières, de prescriptions relatives à la vie des praniers chrétiens, aux institutions naissantes, aux cérémonies extérieures qui accompagnaient la célébration des saints mystères, aux rites en usage pour la collation des sacrements, n'ont point été écrites. Les Apdtres, suivant la parole de leur divin Maître, parcouraient le monde, ne composant point de traités comme les philosophes, ne disputant point comme les sophistes et les rhéteurs, mais enseignant avec autorité. La grâce amenait à leurs pieds des âmes subjuguées par une force surnaturelle. Les points principaux de la foi étaient exposés à ces nouveaux chrétiens ; les fidèles étaient baptisés, admis à la communication du corps et du sang de Jésus-Christ ; l'imposition des mains leur conférait l'Esprit saint. L'Apôtre les quittait ensuite pour voler à d'autres conquêtes.

6. Mais lorsque les chrétientés se furent multipliées, les Apôtres, malgré l'activité féconde de leur zèle, ne purent suffire à distribuer , devise voix, à la foule innombrable de leurs disciples, le pain de la parole. Cependant des doctrines. étrangères menaçaient d'altérer le dépôt de la tradition, il fallait les combattre : les Juifs et les Gentils, également ennemis de la foi chrétienne, cherchaient à en ébranler les fondements, il fallait les réfuter. Dès lors il devint nécessaire de fixer dans un corps de monuments écrits la véritable doctrine. Le Nouveau- Testament, parole de Dieu inspirée par l'Esprit saint aux écrivains sacrés, infaillible comme l'Ancien, sortit donc successivement de la plume des Évangélistesetdes Apôtres.

7. Jamais la parole humaine n'eut à exprimer des vérités plus sublimes, et nulle part elle ne revêt un pareil caractère de simplicité. L'Évangile n'est pas seulement le récit des actions merveilleuses d'un Dieu descendu parmi les hommes ; c'est un code de lois qui a régénéré le monde et hors du quel il n'est ni salut pour les individus, ni repos pour les sociétés; c*est un exposé clair et précis de dogmes religieux dont lahauteur avait dépassé l'intelligence des plus célèbres philosophes de l'antiquité; c'est un ensemble de préceptes moraux, si parfait qu'il est impossible de concevoir ridée d'une vertu plus éminente, et néanmoins tellement proportionné à tous les besoins des hommes

que cette vertu sublime est devenue populaire parmi les disciples de rÉvangile! Il n'appartenait qu'à ce livre divin d*éleyer, jusqu'à Thcroïsme de la sainteté, des milliers de vierges, de confesseurs, de martyrs, de toute condition, de tout âge, dans tous les siècles et dans tous les pays du monde. On n'y rencontre point les formes ordinaires des raisonnements humains, la méthode scientiflquedes momlistesou des orateurs ; mais chacune de ses paroles est comme une révélation saisissante de la divinité. On sent, à chaque page, que Tautorité la plus élevée, que la plus miséricordieuse puissance s'inclinent jusqu'à l'intelligence et au cœur de l'homme.

8. Les Pères des premiers siècles, suivis depuis par tous les docteurs, ont comparé les quatre Évangélistes aux quatre êtres symboliques qui, dans la vision d'Ézéchiel, forment le char de Die«.

V Homme a paru Temblcmede saint Matthieu, qui commence son récit par la généalogie humaine de Jésus-Christ; le Lion, l'emblème , de saint Marc, qui commence par la voix de celui qui crie dans le désert; le Boeuf, animal du sacrifice, l'emblème de saint Luc, qui commence par le sacrifice de Zacharie. Enfin^ l'Aigle au sublime essor, au regard intrépide, est l'emblème de saint Jean dont le vol hardi s'élève au-dessus des créatures, et dont l'œil plonge jusque dans le sein de la divinité.

9. Les Actes des Apôtres furent écrits à Rome, par saint Luc, deux ans après que saint Pierre eut fait de cette capitale le centre de la catholicité. Ils contiennent l'histoire des premières années de l'Église, le récit des voyages et des travaux des Apôtres, en particulier ceux de saint Paul dont saint Luc avait été pendant quelque temps le compagnon. Us s'arrêtent à l'arrivée de saint Paul à Rome, où il devait être Jugé, par suite de son appel à César.

10. Les quatorze Épîtres de saii\.t Paul adressées aux différentes chrétientés de Rome, de Jérusalem, d'Asie et d'Achaîe se trouvent à la suite des Actes des Apôtres, dans le catalogue des livres canoniques dressé par l'Église elle-même, non pour indiquer une suprématie de fait ou de droit sur saint Pierre, dont les Épîtres ne sont qu'au troisième rang, mais à cause de leur nombre, de leur excellence et de l'importance des sujets qu'elles traitent. Leur sublimité devait

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