‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 19 sur 190 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

confondre toute éloquence et toute raison humaine. Elles étaient adressées à une multitude de néophytes récemment convertis des ténèbres do paganisme à TadmiraMe lumière de la foi, et destinées à leur senrir de l'aliment q)irituel des enfants, du lait de la doctrine quil faut distribuer aux petits et aux faibles; ce qui n*a pas em* pêcbé les génies les pluséle?és, depuis saint Jean Chrysostôme jusqu'à Bossuet, de trouver, dans la théologie de saint Paul, une source inépuisable d'inspirations fécondes et de magnifiques ens^nements;

44 . Nous avons déjà parlé de i'Épître de saint Jacques, adressée à la catholicité tout entière. Elle suit immédiatement lesÉpîtres de saint Paul, dans Tordre des livres canoniques du nouveau Testament. Ce monument de la charité du saint évêque de Jérusalem est d*autant plus précieux, que, seul entre tous les livres inspirés, il feit une mention expresse du sacrement d'Extrême-Onction (cap. S, y. 44). La tradition catliolique a toujours interprété dans ce sens le passage dont il s'agit. Les hérétiques, de leur côté, se sont efforcés d'altérer le texte si clair et si précis de l'Âpôtre : quelques-uns même l'ont entièrement supprimé. On ne le trouve dans aucune des Bibles publiées par les sociétés de propagande protestante. I^s deux Épîtres de saint Pierre, trois de saint Jean et i'Epître catholique de samt Jude complètent la série des lettres écrites par les Apôtres aux Églises qu'ils avaient évangélisées. Reçues avec le i*espect dû à la parole de Dieu même; lues dans les assemblées des saints, avant la célébration des divins mystères ; commentées par les évéques ou les prêtres qui i»ésidaient la réunion des fidèles; communiquées aux ehr^ientés diverses, elles se transmettaient comme un dépôt sacré. Les peines les phis sévères étaient portées contre ceux qui m auraient altéré le texte ou dénaturé te seiis. La sollicitude que les premiers chrétiens apportèrent à leur conservation nous est une garantie certaine de leur intégrité. La vigilance avec laquelle ils condamnaient toiftes les interprétations privéees confirme la certitude de la tradition, qui nous en a conservé, par le canal des Pères et des docteurs, au 6^ de l'Égtisecatholique, le véritable esprit et la saine intdligence.

4 2. Enfin l'Apocalypse de saint Jean ferme la liste des divines Écritures. Parcette vue de l'aigle, Jetée à ti-a vers l'histoire de l'avenir jus- I. 5-

50 HISTOIRE GémÉiuLe OB l'église.

qu^aux portes de réternité, Fensemble des livres suints sa trouve complété d'une manière merveilleuse. Dans Taneien Tôstanoent» quatre mille ans d'attente forment une immense avenue qui aboutit à ié&m^ Christ: dans TApocalypse le monde s'en va de Jésus-Cbristrademp^ leur à Jésus-Ciirist juge supoeme, gloire des élus, tmmr des réprouves . Il n'y auiu plus de halte entre oes deux avènements» parce qu'il ne s^mnûty avoir deux rédemptions. Le dessein de TApocalypse est, en général, de nous découvrir le grand ouvrage de DieUi dont la justice exerce de terribles châtiments sur les ennemis de son Égliso, et la bit tiiompher, non-seulement dans le ciel, où il donne une gloire immortelle à ses martyrs, mais encore sur la terre, oii il l'établit avep tout l'éclat qui lui avait été promis par les prophètes. Il y a deux manières d'expliquer ce livre mystérieux; l'une générale, dontsaintAugustina tracé le plan dans son grand ouvrage de la cité de Dieu. Cette es^pUca* tion consiste à considérer dans l'histoire deux empires, mêlés selon le corps, et séparés selon l'esprit. L'un est l'empire de Babylone, qui signifie la confusion et le ti*ouble ; l'autre est celui de Jérusalem, qui signifie la paix ; l'un est le monde, et l'autre l'Église ; mais TÉgUse considérée dans sa partie la plus haute, e'est-k-dim dans les saints, dans les élus. Là règne Satan, et ici Jésus ; là est le règne de l'im* piété et de l'orgueil, ici est te siège de la vérité et de la religion ; li est la joie qui se doit changer en un gémissement éternel, ici est la souffrance qui doit produire une éterneUe consolatiqn. Partout où l'on trouvera le monde vainou, ou Jésus-Christ victorieux, on aura rencontré une sage interprétation de cette divine proptiétie* On pourra ipême s'assurer, sdon la règle de saint Augustin, d'aroir trouvé en quelque façoa llntentioo du Saint-Esprit, puisque eet Itprit, qui a prévu dès réternité tous les sens qu-an pourrait âonn^ bsbn Écriture, a adssl toujours approuvé ceux qui semiept bona et qui devaient édifier les enfonts de Dieu •.

La seconde manière d'expliquer l'Apocalypse est toute historiaue- EUe consiste à faire l'application des symboles dacriia par saint lean aux événements particuliers. « Ce livre, dit saint îims d'Alexandri0t « renferme une intelligence admirable, mais trèMachée, de ce qui

* l\ù9ksvie\. Explication ff^ l'Apocalypse (pà^m).

Page 1