‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 60 sur 190 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

soie à la phénicienne, des sandales ornées de pierres gravées; ce jeune Syrien , entouré d'eunuques, de bouffons , de chanteurs et de nains, dansait et marchait à reculons devant une pierre triangulaire , image du dieu dont il était prêtre. « C'était Héliogatale le nouvel empereur. Il surpassa Néron en cruauté , Caracalla en prodigalités; mais le vice qui gouverna plus particulièrement le monde sous son règne, fut Timpudicité. Il fit du palais impérial un lieu de débauches. Son préfet du prétoire était un bouffon ; des cochers , des baladins devenaient sénateurs et consuls. Il avait créé un sénat de femmes , pour y juger les questions de mode.

Pendant que ce fou couronné déshonorait le trône, Alexandre Sévère, son cousin, qu'il avait créé César, apprenait, sous la direction de sa mère, Mammaea, le grand art de régner. Mammaea aimait et admirait le christianisme , elle parait même en avoir fait profession. L'an 24 S, quatre ans avant l'élévation de son fils à l'empire , ayant eu l'occasion de connaître, à Ântioche où elle résidait , la grande réputation d'Origène , elle envoya à Alexandrie une escorte d'honneur pour lui amener le célèbre docteur. Origène demeura quelque temps près de Mammaea et du futur empereur ; il les entretint de la religion chrétienne, de la divinité de son origine, de la sublimité de ses dogmes et de la pureté de sa morale. Le jeune prince prenait plaisir à ses leçons ; et si , dans la suite , il ne montra aucun goût pour les dissolutions de son cousin Héliogabale, s'il parut , dans tout le cours de sa vie , plein de justice et d'humanité , les contemporains, comme la postérité , en ont fait honneur à l'influence chrétienne de sa première éducation. Origène quitta Antioche , comblé d'honneurs par ses illustres hôtes ; il revint à Alexandrie se livrer à ses études de prédilection.

3. Il avait récemment converti à la foi catholique un homme riche d'Alexandrie , nommé Ambroise, engagé dans la secte des Valentiniens. Ce nouveau disciple , ravi de l'éloquence et de l'érudition de son maître, stimulait encore l'ardeur naturelle d'Origène pour le travail. 11 lui demanda un commentaire général de tous les livres de l'Écriture sainte ; le docteur se mit à l'œuvre et composa ses iSluvA- »»!«, un Traité contre Celse , Défense de la religion chrétienne contre Celse le philosophe, un de ses plus beaux ouvrages. Am-

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broise fournissait d'ailleurs h toutes les dépenses qu*occasiontiaient ces travaux. Il avait voulu que son mattre logeât dans sa maison , pour être plus à portée de l'encourager dans ses études. II avait mis à sa disposition sept secrétaires (notarii) , chargés d'écrire sous sa dictée. D'autres écrivains [librarii] mettaient au net les premières épreuves des notarii. Enfin des copistes reproduisaient les exemplaires des mêmes ouvrages. Des sténographes recueillaient les instructions orales que le savant docteur donnait chaque jour à ses auditeurs. Origène revoyait leui's manuscrits en présence de son ami, pendant les heures des repas, afin de ne pas perdre nne seule minute de ce temps si précieux pour le génie. Origène se prêtait aux bienveillantes exigences d'Ambroise, qu'il appelait quelquefois, en riant, son piqueur. La multiplicité des travaux, la diversité des occupations, exaltait son imagination au lieu de Tépuiser. Il travaillait nuit et jour avec une ardeur incroyable. Sa constitution , quoique frêle et délicate, résistait néanmoins à des efforts si soutenus. C'est ainsi qu'il parvint à composer près de six mille ouvrages , en faisant entrer dans ce nombre ses homélies et ses lettres. C'est cette application infatigable qui le lit surnommer par ses contemporains x«^*w^«»« [aux entrailles de bronze) y ou Adamantinus (constitution de diamant).

4. Cependant les Églises de la Grèce étaient désolées par les ravages que faisaient dans leur sein les hérésies des Valentinicns, des Montanistes et de Noët. Elles appelèrent Origène, ce prodige d'éloquence, en qui revivait la science des saints Pères, pour combattre les nouveaux sectaires. Il s'arracha donc à sa studieuse retraite, à ses laborieux exercices, pour se rendre à l'invitation de la charité. Ambroisc ne voulut pas se séparer de son illustre ami, et l'accompagna dans son voyage. Origène prit la route de terre, et, remontant la Palestine, vint saluer saint Alexandre, évêque de Jérusalem, et Théoctistc de Césarée, ses anciens hôtes. Démétrius, patriarche d'Alexandrie, lui avait remis, à son départ, des lettres de communion, dans lesquelles il faisait l'éloge du savoir et des vertus de son catéchiste. Les évoques de Palestine, dans leur admiration pour ce grand homme, voulurentrattachcr,d'unemanière plus particulière encore, à l'Église, que, simple laïque, il servait f^vee tant de gloire. Ils lui imposèrent

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