‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 74 sur 190 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

proscription était parvenue à tous les gouverneurs des Provinces. Le nouveau prince y déclarait « que, résolu de traiter tous ses sujets € avec clémence, il en était empêché par la secte des chrétiens, qui, * « par leur impiété, attiraient la colère des dieux et toutes les cala- « mités sur Tempire. Il ordonnait donc que tout chrétien, sans dis- « tinction de qualité ou de rang, de sexe ou d'âge, fût obligé de

< sacrifier dans les temples : que ceux qui le refuseraient fussent en- « fermés dans les prisons de TÉtat, et soumis d*abord aux moindres « supplices, pour vaincre peu à peu leur constance, et enfin, s'ils « demeuraient opiniâtres , précipités au fond de la mer, jetés vifs au « milieu des flammes, exposés aux bêtes, suspendus à des arbres « pour être la pâture des oiseaux de proie , ou déchirés de mille ma- « nières, par les plus cruels tourments. » Le nouvd édit, lu publiquement dans le camp des Prétoriens, fut afliché au Capitule, et successivement dans toutes les villes et bourgades de l'empire. Un caractère particulier, remarqué par saint Augustin, signale cette proscription. «Les persécuteurs, dit ce Père, avaient reconnu que « plus ils mettaient de chrétiens à mort, plus il en renaissait de leur « sang. Us craignaient de dépeupler l'empire, s'il eut fallu faire mourir « tant de milliers de fidèles. Leurs édits ne portent donc plus i'an-

< cienne formule : Quiconque se confessera chrétien, sera mû à « mort; mais seulement, sera tourmenté jusqu'à ce qu'il renonce ^ à sa foi. Sous cette doucenr apparente, le démon du midi cachait « un feu beaucoup plus dangereux. Combien en effet qui eussent « souffert courageusement une prompte mort, se sont laissés abattre, « à la vue de supplices si longs et si variés? » Jamais tempête plus formidable ne s'était soulevée contre l'Église de Jésus-Christ. Princes, gouverneurs, peuple et sénat, tout ce qu'il y avait de grand parmi les Romains , concourait à la fois pour effacer de la terre le nom de chrétien. Dèce était convaincu que, d'après son essence, le christianisme était incompatible avec la constitution et Tesprit de l'empire. « Les magistrats suspendaient toutes les causes particulières « OH publiques, pour vaquer à la grande, à l'importante affaire, l'ar-

< restation et le supplice des fidèles. Les chaises de fer ardentes, les « ongles d'acier, les bûchers, le glaive, les bêtes, tous les instruments « inventés par la cruauté des hommes, déchiraient, nuit et jour, le

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« corpi) des martyrs} et clique boiipeau semblait craindre unlquef ment de n*éti^ pas si barbare quç les autres, {^es Toisins, les pa- « rentA, les amis, se trahissaient lâcl^ement, et se dénonçaient aux « magistral- l^e^ provinces (itaientdans la consternation, les (^lOJUes « étaient décimées, les villes demeuraient désertes, et les déserl^ se « peuplaient ^ Bieqtdt les prisons qe sui&rent plus à la multitude « de ceux qu'on arrêtait pour la foi; et il fallut changer en prisons « la plupart des édiQces publics.» Saint Grégoire de Nïsse,gi|i npus peint ce teUeau de la situation des chrétiens, n'a rien exagéré. Tous les auteurs païens conviennent que Dèce s'était imposé les deux taches, d'arrêter àjam&i^ dans rétendue de Tempire romain, la propagation de la religion chrétienne, et l'invasion des barbares. 11 ne réussit ai à l'une, ni à Tautre. La foi sortit triomphante de cette rnde épreuve; et les Gottis, ^\xs la conduite de leiir roi Cuïva, prennent Nicopolis, Martianopolis, emportent Pbilippopolis d'assaut, égorgent Cent mille habitants, et eniménent upe foule de prisonniers illustres, seus les yeux de l'empereur impuissant.

â. Les revers de ses armes ne faisaient que redonbler la colère de hëcQ, qui les attribuait à l'impiété des chrétiens. A RomOi Moïse et Maxime, prêtres, Nicostrate, diacre, e|; une multitude innombrable de fidèles peuplèrent tous les cachots de l'état. Les saints Abdon et Sennen, Persans, les saintes Victoire et Anatolie, Romaines, versèrent leur sang pour |ésus-Christ. S^n( Alexandre, évoque de Jérusalem» vieillard vénérable, fut traîné à Cétarée, au tribunal dii gouverneur de la Palestine, et jeté dans les fere , où il succomba aux mauvais traitements. A Antioche, l'évéque saint Babylas fut mis en prison, et voulqt èi\(à enterré, chargé des obaînes dans lesquellfis il mourut, ûrigène, que sa réputation désignait comme une des plus nob)e^ viptimesi fut mis au fond d'un cachot, ayant m cou un carcan de fer e( des entraves aux pieds, jusqu'au quatrième trou, qui lui tenaient les jambes horriblement écartées. On ne le fit point mourir, dans l'espoir que sa chute entraînerait celle d'un grand nombre de ehrétiens. Tl demeura ferme, et put, de sa prison, pcrire des

• Saipl QffifqkQ 4? Nysse, p. 5^, a, — Vita Thmfnat,

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