‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 75 sur 190 · CHAPITRE XII. JII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. JII

lettres d'encoui^gement à ses frères souffrant, comme lui, pour la foi. A Comaae, l'évoque saint Alexandre, dont nous avons raconté l'élection , fut brûlé vif. Alexandrie, où les cluétiens venaient d*étre, Tannée précédente, si cruellement persécutés, vit se renouveler les scènes les plus sanglantes. L'aspect des tourments intimida un grand nombre de Hdëles, surtoi^t parmi les classes élevées, et l'on eut, malhenreusemant , à enregistrer beaucoup 4^ défections. Iss uns |3e laissaient conduire, pftles et tremblants, aux autels des fau^^ dieux, D'a^tres y couraient d'euxmêmes, criant qu'ilà n'avaient jamais été chrétiens, et ne le prouvant que trop, par une telle conduite. Ceux qui se laissaient tralPfsr en prison, attendaient, k peine, un jour, pour sacriQer aux idolas, oq, s'ils avaient le courage de supporter les premières tortures, suepombaient aux secondes. La foi y compta pourtant de glorieux martyrs. Julien, vieillard accablé d'infirmités, et Eunus, résistèrent à toutes les menaces; on les mit sur de^ chameaux, et on leur Qt faire ainsi le tour de la ville, en les fouettant ; enfin on les jeta dans un bâcher, autour duquel la populace dansait, ep insultant ses victimes. Saint Macar, égyptien , eut le m6me sort. I^s saints Épiqiaque et Alexandre, après avoir souQîprt les fouets , les ongles de fer et miUd autres tourments , furent aussi brûlée vifs. Quatre femmes, Mercuria, Denyse, et, deux du nom d'Ammonaria, eurent la tète tranchée. Héron, Ater, Isidore, et Némésien, égyptiens, quatre soldats, Ammon, Zenon 1 Ptolémée et Ingénuus furent brûlés vifs. Un enfant, poouué Dioscore, fut amené devant le juge, qui, après avoir inutilement tenté de le vaincre par les flatteries et les tourments, étOQué àp son courage et de la sagesse de ses réponses, finit par le remettra en liberté, h cause de son Age < qni na lui laissait pas, « disait-il, la reappnsabilité de sa conduite. » Un chrétien, nnmmé Ischyrion, ét^t l'intendant d'un magistrat qui lui commanda de sacrifier aux dieux; sur son rQfus, o^ maître barbare saisit un pieu dont il lui transperça les entrailles, et retendit mort à ses pieds. Saint Denys, évoque d'Alexandrie, échappa, comme par miracle, aux mains des persécuteurs qui l'avaient degfc saisi, et se réfugia daps upe campagne déserte, d'où il consolait ei gouver-

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liait son Église, par des prêtres et des diacres dévoués, qui avaient trouvé le moyen de conserver, avec lui, des relations secrètes. C'est ainsi que la persécution générale succédant, à Alexandrie, aux violences passagères d'une émeute intestine, acheva d'éprouver la vertu des serviteurs de Dieu. Pendant la sédition on ne compta qu'un seul apostat : après Tédit de Dèce, au contraire, on ne trouve qu'un petit nombre de vrais fidèles. C'est qu'il est assurément plus facile de résister à un soulèvement populaire dont on espère bientôt voir la fin, qu'à une puissance souveraine contre laquelle il n'y a de ressource, que dans une foi huinble et généreuse, prête à tout attendre de Dieu et à tout souffrir pour son nom.

Saint Grégoire le Thaumaturge, à Néocésarée, dans le Pont, réussit à conserver tous les fidèles de sa juridiction, dans la foi et le courage des vrais serviteurs de Jésns^hrist. Il conseilla aux chrétiens de se soustraire, par la fuite, aux dangers de la persécution, et, lui-même, se retira dans une vallée déserte, où il trompa la vigilance des soldats envoyés à sa poursuite. Les bourreaux se vengèrent de cet échec, en emmenant prisonniers une foule de chrétiens qui s'étaient retirés dans les campagnes voisines. Tous confessèrent généreusement leur foi ; et quelques-uns eurent la gloire de donner pour elle leur vie. Un jeune homme de noble race, nommé Troade, fut de ce nombre ; après d'effroyables tortures, il reçut la couronne du martyre.

3. Toutes les églises d'Asie comptèrent une multitude de courageux chrétiens, que les tourments ne purent ébranler.Saint Maxime, saint Pierre de Lampsaque, inscrivirent d'abord leurs noms sur la liste des martyrs. Ce dernier, jeune et d'une beauté remarquable, reçut l'ordre de sacrifier à la déesse Vénus. « Je m'étonne, répondit- « il, qu'un magistrat veuille me forcer d'adorer une infâme impu- « dique, dont toutes les actions furent des crimes que vous avez « mission de punir sévèrement dans les autres. > Sur ce refus, le proconsul le fit étendre sur une roue, entre des pièces de bois, attachées à son corps par des chaînes de fer, tellement disposées, que la roue, en tournant, lui bridait peu à peu tous 1rs os. Le courage du héros chrétien ne se démentit pas un instant dans ce cruel supplice; et le proconsul finit par lui faire trancher la tête. Comme ce

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