Election, exil et mort da pape saint Eosiïbe
S 8. TMMMe ém ffM«e de Aoi»e. (20 scptembn 810-2 Juillet 81 L >
n. Derniers crimetct sopplioe de Biaxlmien-liercule. » ». Edtede Galérins, «ivoraUe anx cbréticm. Mort de Galériua. — 24. MUvraoce des prisonniers diréUens e n Orient.
S d. UÊâm MeldMdde» m»e. (2 JoUlet Sll-io JanTicr 814. )
2». BecHoQ dn pape aaittl MeWiiade. — 20. Sébiamedes DonatisiesâCartliagc. —27. Maximte DaSa essaie, malgré Ica édita deGalériiis, de renoeveler lattcrsécution. — 28. Gaerre entre Maxencc et Coosuntin. Labanim. Victoire de Constantin. — 29. Edit de Constantin, proclamant la religion cbrélienne religion de fempire. — 80. Concile tenu 11 Rome, au palais de Latran, connre les Dbnatlties. — 81. Mort dn pape saint Melchlade. -* 82. Fin de la preaUère époqoe de fMsielrc eeCMaiaatiqne.
S i. SaiMt MareelliM, Pape. (30 juin 296-24 octobre 304.)
4. Le SO juin 896, Marcellta, prêtre de Rome, fut donné pour successeur à saint Caïus. Théodoret fait de ce saint Pape le plus bel éloge, en disant qu*il se niontra aussi fort que la persécution survenue de son temps. Dieu lui réservait en effet la gloire d'être une des premières victimes de ce dernier et épouvantable orage,qui,selon tontes les probabilités humaines, aurait dû anéantir à jamais TÉglise,
au commencement du quatrième siècle. Les Donatistes osèrent cependant attaquer cette illustre mémoire. Dans leur conciliabule de Carthage, en 414, ils produisirent les actes supposes d*un faux concile de Sinuesse,qui accusaient saint Marcellin d'avoir livré aux persécuteurs les choses saintes et les livres des Écritures ^ Mais Tantiquité catholique Ta suffisamment vengé de cette calomnie. Le Pontife qui offrit sa tête aux bourreaux, et qui mourut pour sa foi, est trop au-dessus de semblables attaques, pour qu'il soit besoin de les prendre au sérieux.
2. Galérius, ce Dace couronné, avait hérite de sa mère, adoratrice des Dieux des montagnes, une haine violente contre le chris*» tianisme. Ses premières armes n'avaient pas été heureuses. Envoyé
> Bossuet, dans sa Défense de la Déclaration du clergé gallican (lib. IX, cap. 32), s'exprime ainsi au sujet de saint Marcellin et du concile de Sînuesse : c Quid dîcam de Marcellino, quem thurificasse mulfi crediderunt ? Quid de illâ, quam adversus eum collectam memorant, Sinuessanâ synodo trecentorum episcoporum? Faisane, an vera sit, nihil hic nostrâ refert. Veram eamesse plerique canonistae per trecentos annos existimarunt, eoqueexemplo pro certo habuerunt, quibusdam in causis synodum ultro convenire posse, non quidam ad judicandum, sed ad convincendum atque increpandum summum Pontificem, ut salcem pudore victus abdicare cogatur. » — Mais, en note, on lit ce qui suit : c De Sinuessanâ synodo nulla nunc exstat Inter doclos controversia. Hanc enim manifeste supposititiam arguunt stylus barbarus et sententiaB plane absurdaB. Fabulosa estilla Marcellîni thurîflcatio, de quâ nullus veterum loquitur. Quin imo Theodoretus (lib ii, cap. 3) dicit Marcellinum persecutionis tempore inclaruisse, quod non diceret de Pontifice idolis thuriflcante. Et quidem Marcellino DonatisUe idoUtri» crimen inferebant ; at falsum, nulloque teste firmatum, quemadmodum solebant accusare multos alios» eosque sanctissimos Pontifices, Melchiadem, Marcellum et Sylvestrem. Cœterum nunquam ab eiscommemorata esteasynodus trecentorum episcoporum, necab Augustino in suis adversus Pelilianum libris, Neque adeo erat facile persecutionis tempore trecentos episcopos congregare, cum vix in summâ Eccfesiœ pace, Conslantinus hune numerum accire potueritin concilie Nicœno. Hœc in ineptam fabulam dicta sufficiant. » (ŒuT, compl. de Bossubt, vol. 16, p. 474. — Outhenin Chalandre.)
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par Diodétien contre Narsës, roi de Perse (294), il avait été battu trois fois ; au retour le fler empereur le laissa, tout couvert de la pourpre des Césars, marcher à pied, durant Tespace d*un mille, à côté de son char; Galérius sentit la leçon: Tannée suivante^ après une seconde expédition, il présenta enchaînés, à Dioctétien, les plus illustres guerriers Persans, toute la famille de Narsès captive, tous les bagages, toutes les richesses de Tarmée qu*il avait complètement vaincue. De ce jour il devint redoutable à Dioclétien luimême, et se crut le droit de venger sur les chrétiens ses humiliations passées. Il commença donc, pour son compte, et sans prendre Tassentiment des trois autres princes, à ordonner les plus rigoureux supplices contre lesridëles(â98).Sacolèretombad*abord sur les officiers de sa maison, sur les soldats et les chefs chrétiens de son armée, nies priva de leurs emplois, les chassa de sa présence, en les accablant d*outrages, et punit môme du dernier supplice ceux qu'il jugeait les plus obstinés. L'histoire a conservé le nom de quelques soldats qui versèrent leur sang, pour Jésus-Christ, dans cette circonstance : Maximilien, qui eut la tête tranchée, à Tébeste, en Numidie ; à Tanger, en Mauritanie, Marcel, centurion de la légion Trsyane, qui, le jour de la fête de Tempereur, se refusant à sacrifier pour la vie de Son Éternité, jeta le sarment de vigne, marque de sa dignité, avec lequel les centurions frappaient les soldats pour leschâtier, ôta son baudrier et sa ceinture militaire et se déclara chrétien. U eut la tête tranchée. Pendant qu'Agricola, préfet du prétoire, dictait la sentence, le greffier nommé Cassien s'écria qu'il ne consentirait point à écrire une telle injustice, et il foula aux pieds le stylet et les tablettes. Le martyre fut le prix de sa généreuse indignation. — On rapporte, à la même époque, le supplice de quarante soldats chrétiens qui furent mis à mort, pour la foi, dans la province de Lauriac, ville à présent ruinée, qui était située sur TEms, près de son embouchure dans le Danube.
3. Les cruautés, exercées par Tordre de Galérius, lui étaient en quelque sorte personnelles, quoique ses collègues à Tempire [no, cherchassent nullement à les empêcher. La plus grande partie de l'Église était en paix, et jouissait même d'une certaine faveur prè& de Dioclétien, qui venait de porter, contre les Manichéens, un édit
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par lequel il les condamnait à la peine du feu. Le schisme de Mé* lèce troublait seul rharmonie avec laquelle rÉglIse se développait, sous rinfluence de fréquents conciles particuliers. Mélèce, évéque de Lycopolis, dans laThébaïde, avait été convaincu de plusieurs crimes ; entre autres, d'avoir sacrifié aux idoles. Il fut déposé dans un concile tenu à Alexandrie par saint Pierre, successeur de Tévifr* que saint Théonas. Loin de se soumettre à cette condamnation et à la pénitence canonique, il se sépara de la commumon de Tévéque d'Alexandrie et de ses autres collègues, commençant ainsi le schisme des Méléciens qui s'accrut plus tard et ne fut terminé qu'en 325, au concile de Nicée. — Un concile tenu à Elvire, en Espagne (304), est célèbre par ses canons disciplinaires, les plus anciens qui nous aient été intégralement conservés. Valère, évAqne de Saragosse, et Osius de Cordoue y prirent part. La sévérité domine dans ces quatrevingt-un canons, ou, dans une douzaine de cas, les évêques refusent, même à la fin de la vie, non pas il est vrai la pénitence, mais la communion aux coupables. On décerne cette peine contre le chrétien qui a volontairement apostasie; celui qui après son baptême accepte une charge de flamine, ou de prêtre d'idoles, et offre des sacrifices; le délateur qui a causé par sa perfidie la mort de quelqu'un; l'homicide; les femmes qui auront quitté leurs maris pour convoler à d'autres noces; l^s vierges consacrées à Dieu qui auront trahi leurs serments pour ifivre dans le désordre, etc. — Un décret remarquable est celui qui défend d'avoir des peintures dans les églises; « de peur, disent les Pères du concile, que l'objet de notre culte « et de nos adorations ne soit exposé sur les murailles. » On craignait sans doute que ces peintures ne fussent, dans un temps de persécution, profanées par les infidèles, ou ne servissent de prétexte à leurs outrages et à leurs calomnies. C'est l'interprétation que l'antiqulté chrétienne a toujours donnée à ce canon, qui n'a rien de commun avec les fureurs des Iconoclastes.
4. Vers la fin de l'année 302, on remarquait, au palais de Nicomédie> les entretiens fréquents et mystérieux de Diodétien et du César Galérius. Il s'agissait entre ces deux princes de reprendre le dessein de Néron, et de se concerter ivec tant d'habileté qu'on pût enfin réussir, par un coup terrible, mais décisif, à exterminer pour
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jamais le christianisme. Le vieil empereur, Thistoire lui doit cette justice, résista longtemps. « Il était dangereux, disait-il, de troubler « encore le repos du monde, et de verser des flots de sang. Les sup- € plices, d'ailleurs, n'aboutiraient pas, puisque les chrétiens ne dec mandaient qu'à mourir. » Enfin, poussé par Galérius, Dioclétien consentit à soumettre la question à un conseil de magistrats et de gens de guerre. Les conseillers tremblaient devant le César des rives du Danube; tous les avis s^accordèrent sur la nécessité de poursuivre les ennemis du culte public. Dioclétien, hésitant encore, envoya consulter l'oracle d'Apollon de Milet. Apollon répondit : m Que € lesjusies, répandus sur la terre, Vempêchaient de dire la vi^ c rite. » La pythonisse se plaignait d'être muette : les aruspices déclarèrent que \q% justes^ dont parlait Apollon, étaient les chrétiens. La persécution fut résolue. On en fixa l'époque à la fête des Terminales (23 février 303], dernier jour de Tannée romaine, qui devait aussi, dans la pensée des persécuteurs, mettre un terme à la religion dirétienne. Le décret d'extermination portait en substance : « Les « Églises seront renversées et les livres saints brûles; les chrétiens € seront privés de tous honneurs, de toutes dignités, et condamnés « au supplice sans distinction d'ordre ni de rang : ils pourront être « poursuivis devant les tribunaux, et ne scron Tadnus eux-mêmes à « y poursuivre personne, pas même en réclamation de vol, répara- € tiond'injuresoud'adultères.Les affranchis chrétiens redeviendront € esclaves. » Un édit particulier frappait les évêques, ordonnait de tes mettre aux fers et de les forcer à abjurer. — L'attaque commença par l'Église de Nicomédie, oii se trouvaient les deux empereurs. Au point du jour, le préfet delà ville, suivi de généraux, d'oi&ciers et d'une escouade de soldats, se rend à la basilique, b&tie sur une colline, et environnée de grands édifices. On rompt les portes, on cherche quelque figure du Dieu que les chrétiens adoraient. Les Éraitures que l'où trouve sont livrées aux Oammes ; tout est au pillage. Dioctétien et Galérius se tenaient à une fenêtre du palais, présidant à cette première exécution et encourageant leurs émissaires du geste et de la voix. Galérius voulait qu'on mit le feu à l'église ; mais Dioclétien, craignant que l'incendie ne se communiquât an reste de la ville, envoya des prétoriens, avec des haches et des mar-
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ieaux, et, en peu d'heures, ils eurent rasé tout rédiflce.Cependant on avait dépéché des courriers à Tempereur Maximien-Hercule et au César Constance, pour leur porteries nouveaux décrets et Tordre de les faire exécuter. Le vieux Maximien les accueillit avec joie : ils étaient depuis longtemps Tobjet de ses désirs. Constance-Chlore, après en avoir pris connaissance, fit appeler tous les oiBciers chrétiens de son palais, et leur proposa le choix, ou de demeurer dans leurs charges, s'ils sacrifiaient aux idoles, ou, s'ils le refusaient, d'être bannis de sa présence et de perdre ses bonnes grâces. Quelques uns, préférant les intéi*éls de ce monde à leur religion, déclarèrent qu'ils étaient prêts à sacrifier. Les autres demeurèrent iné- )>ranlables dans leur foi. Mais quelle ne fut pas leur surprise à tous, quand ils entendirent Constance leur déclarer .'qu'il tenait les apostats pour des lâches, et que, n'espérant pas les trouver plus fidèles à leur prince qu'à leur Dieu, il les éloignait pour jamais de son service. Il retint au contraire les autres, près de sa personne, leur con* fia sa garde particulière, et les regarda comme les plus dévoués de ses serviteurs. Les Gaules, qui relevaient de sa juridiction, échappèrent, par sa protection bienveillante, à la persécution générale : comme si Dieu se fût contenté des mart)TS que Maximien-Hercule y avait semés sur son passage, seize ans auparavant (287), pendant que le reste de l'Église était en paix. Cependant Constance, pour ne pas irriter les autres empereurs, en se jouant trop ouvertement de leurs décrets, laissa abattre dans les Gaules les églises matérielles, « considérant, dit Lactance, qu'après l'orage, elles pourraient être c rebâties. »
5. Cependant la persécution s'étendit, en un moment, des bords du Tibre aux extrémités de l'empire, les Gaules exceptées. De toutes parts, les églises s'écroulaient sous les mains des soldats , les magistrats établissaient leur tribunal dans les temples ou près des statues des faux Dieux, et forçaient la multitude à sacrifier ; quiconque refusait d'adorer les Dieux était condamné et livré au bourreau; les prisons regorgeaient de victimes; les chemins étaient couverts de troupeaux d'hommes mutilés, qu'on envoyait mourir, au fond des mines ou dans les chantiers publics. Les fouets, les chevalets, les ongles de fer, la croix, les bétes féroces déchiraient les tendres en-
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fantsavec leurs mères; ici Ton suspend par les pieds des femmes nues à des poteaux , et on les laisse expirer dans ce supplice honteux et cruel ; là , on attache les membres des martyrs à deux arbres rapprochés de force ; les arbres, en se redressant, emportent les lambeaux de la victime. Chaque province a son supplice particulier; le feu lent en Mésopotamie, la roue dans le Pont, la hache en Arabie, le plomb fondu en Cappadoce. Souvent, au milieu des tourments, on apaise la soif du confesseur, et on lui jette de Veau au visage, dans la crainte que Tardeur de la fièvre ne hâte sa mort. Quelquefois, fatigués de brûler séparément les fidèles , les païens les précipitaient en foule dans le bûcher : les ossements des victimes, réduits en cendre , étaient jetés au vent*.
6. La maison de Tempereur fut, la première, exposée à la cruauté du ^ran. Valârie, fille de Dioclétien, et Prisca, sa femme, n'eurent pas la force de résister aux tortures et sacrifièrent. Dorothée, le premier des eunuques, Gorgonius, Pierre, Judes, Mygdonius et Mardonius souffrirent la mort à Nicomédie. On versa du sel et du vinaigre sur les plaies de Pierre. Il futétendu sur un gril, ses chairs furent rôties, comme les viandes d*un festin. On jeta péle-méle, dans les bûchers, femmes, enfants et vieillards; d*autres victimes, entassées dans des barques, furent précipitées au fond de la mer. Saint Anthime, évêque de Nicomédie, tous les prêtres, diacres et clercs de cette église furent saisis, et, sans autre exanien, sur leur confession seule, on les mena au supplice. Pour exécuter le décret qui interdisait aux chrétiens de poursuivre quelque cause que ce put être devant les tribunaux, on avait placé, dans chaque salle d'audience, et jusque dans les cabinets des juges, des autels portatifs, où l'on faisait sacrifier les parties avant de plaider leur cause. On vit à Nicomédie, le gouverneur de la province de Bithynie^ transporté de joie, comme s'il eût vaincu une nation barbare, parce qu'un chrétien, qui avait résisté pendant deux ans , céda enfin à la violence des tourments. — Deux sophistes païens de Nicomédie, en présence des victimesaccumulées dans toutes les prisons de la ville, des corps mutilés et sanglants des martyrs qui encombraient la vole publique, eurent le féroce courage d'écrire des
1 M. de GBATBAUBRiiifD. Éêudes hUiariquee.
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tvres contre ces chrétiens, qu'il fallait du moins laisser mourir en paix. L'un , professeur de philosophie, dont Lactance a analysé l'ouvrage, sans prendre la peine de nous conserver son nom, mit dans son traité, d'une part, tantd'injurescontreles victimes, de l'autre, tant de basse adulation pour les tyrans, qu'il ne recueilBt que le mépris des païens eux-mêmes. L'autre, non moins violent, mais plus astueieux, était juge de Nicomédie, et se nommait Hiérodès. Il intitula son livra Philaléthès, F ami de la vérité; comme Celse avait appelé le sien : Discours de vérité. Il l'adressait aux chrétiens eux-mêmes, et « touché, disait-il, de leur déplorable situation, ne voulait point les « attaquer, mais seulement leur donner de salutaires conseils. » C'était se ménager adroitement le double rôle , si cher à cet àme haineuse, de bourreau et de philanthrope : il se faissdt, comme écrivain, le conseil et l'ami de ceux que, comme juge, il envoyait au supplice. Du reste, son livre était uu tissu d'objections, contre la vérité de la religion chrétienne, renouvelées pour la plupart des ouvrages de Celse. Le succès dépassa, s'il était possible, les espérances mêmes de l'auteur; car, en récompense de son injurieux libelle, Hiéroclës fut nommé par Galérius, d'abord gouverneur de Bithynie, et, bientôt après, de l'importante province d'Egypte. Il y déploya contre les chrétienfi un tel acharnement, que son nom est resté joint à celui des ennemis les plus sanguinanres d'une religion qui eut, dans l'espace de trois siècles, presque autant de persécuteurs que l'empire compta de souverains.
7. Il serait impossible de relever les noms de toute cette armée de martyrs, que les bourreaux envoyèrent au ciel, de tous les points du monde, pour exécuter les décrets des empereurs. — Le Pont, la Cappadoce, la Phrygie, l'Arménie, la Mauritanie, la Thrace virent, en un instant, se renouveler dans leur sein les horreurs qui>vaient ensanglanté Nicomédie et la Bithynie tout entière. A Ancyro, en Galatie, saint Théodote, qui tenait une hôtellerie dans cette ville, fit admirer son courage et sa foi. Il souffrit le martyre, avec une Ibule de chrétiens qu'il animait par ses exhortations et ses exemples. Sept vierges, compagnes de sainte Thécusa, exposées par d'infâmes magistrats dans des lieux de débauche, y conservèrent miraculeusement leur honneur, pour le présenter pur, avec leur sang, èl'au-
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lel de TAgneau. — Ântioche eut sa légion de confesseurs, parmi lesquels on remarque saint Romain,qui mourut étranglé par la main du bourreau, après que Dioclétien lui eut fait couper la langue et sobir le supplice des entraves , serrées jusqu*au cinquième trou. Pendant Tinterrogatoire, le juge ayant cherché à établir la supé^ riorité du culte païen sur la religion chrétienne, Romain lui de* manda la permission d'adresser quelque question à un petit enfant^ pour que la vérité sortît pure de sa bouche. On amena Barallah, Agé d'environ sept ans. Romain lui dit : « Est-il plus raisonnable d*ado* f rer un seul Dieu, que d'en adorer des milliers, qui se combattent c les uns les autres? » Barallah répondit : « Il n*y a qu*un seul Dieu, c on ne doit pas en adorer plusieurs. » Le juge le fit fouetter par les bourreaux, si cruellement que son sang coulait de tous cotés. Les assistants fondaient en larmes. Le juge, si Ton peut associer le nom d'une Justice quelconque à de pareils forfaits, condamna cet héroïque enfont à avoir la tête tranchée. La mère de Barallah le porta ellemême dans ses bras au lieu du supplice. Elle le baisa tendrement» se recommanda à ses prières, le remit au bourreau, étendit son manteau pour recueillir le sang du jeune martyr, et obtint d'emporter ses précieux restes après Texécution. — A Tyr, les bourreaux lassés de tourmenter les chrétiens, ayant épuisé sur eux tous les genres de supplices connus, remirent aux bêtes de Tamphithé&tre à achever leur ouvrage. On lâcha, contre les martyrs, des lions, des léopards^ des ours, des sangliers. Mais ces animaux, par une permission divine, ou peut-être dédaignant les restes sanglants de la cruauté humaine, refusaient de toucher les chrétiens, et se rejetaient furieux sur les païens, qui les excitaient avec des épieux et des broches de fer. On fut obligé, pour en finir, de trancher la tête à fous les généreux confesseurs de la foi. — ACésarée, en Palestine, on mena au gouverneur, Procope, exorciste de l'église de Jérusalem, qu'on venait d'arrêter aux portes de la ville, au moment où il y arrivait. Le gouverneur lui présenta de l'encens et lui ordonna de le brûlera ladi^ vinité des quatre empereurs. Procope répondit par ce mot d'Homère : êHMi99Lm t<mi. // ne faut qu'un matire; et immédiatement il eut la tête tranchée. Tous les évêques de la Palestine furent amenés & Cé^m-ée, poury être soumis aux plus afireuses tortures. Les juges a^
tachaient la plus grande importance à faire croire au peuple que les évoques avaient sacrifié; espérant entraîner par leur exemple la multitude des fidèles. ATun» on liait les mains sur Tautel des idoles, pendant qu'on y brûlait de Tencens, on le renvoyait ensuite en disant qu*il avait sacrifié. Un autre était emporté demi-«mort du che-* valet ; on le relâchait en publiant qu'il avait enfin renié sa foi. S*il retrouvait assez de force pour protester contre cette imposture, on le frappait au visage, plusieurs mains lui fermaient la bouche, et on le renvoyait, en s*obstinant à le mettre au nombre des apostats. — L'Egypte vit des scènes de cruauté épouvantables. Dans la Thébaîde, on attachait les martyrs à un poteau, aux ardeurs d'un soleil dévorant, et on les laissait mourir de faim. Au lieu d'ongles de fer, on se servait de verres et de morceaux de pots cassés, pour leur déchirer le corps ; on leur soulevait les ongles avec des pointes de fer, et on ▼ersait de Thuile bouillante dans la plaie; les femmes nues y étaient suspendues par un pied, la tête en bas ; les uns étaient brûlés sur un gril, ou crucifiés la tête en bas ; les autres démembrés, ou attachés h la queue de chevaux indomptés. Ces supplices se renouvelèrent, pendant deux années entières,et on comptait jusqu'à cent exécutions, par jour, dans la môme ville. Parmi cette foule de martyrs, l'histoire a conservé le nom dePhilorôma, tribun militaire à Alexan* drie, et de Philéas, évéque de Thmouis, dont la constance et l'héroïsme arrachèrent des larmes même à leurs bourreaux. — Ces horreurs,à peine vraisemblables, si nous ne savions,par des exemples trop récents, à quel degré de barbarie peut descendre un peuple quand il se livre à ses instincts sanguinaires, s'exerçaient quelquefois sur des cités entières. En Phrygie, il se trouva une petite ville d'environ 8 à 40,000 âmes, dont le gouverneur, l'agent du fisc, tous les ofiiciers et toute la population en masse se déclarèrent chrétiens. On en référa à l'empereur; mais Dioclétien, qui avait fait couper la télé des principaux citoyens d'Anttoche, parce qu'un prétendant à l'empire avait occupé la ville pendant deux jours, et en avait été chassé le troisième par les habitants eux-mêmes , ne pouvait pas éprouver d*embarras pour une misérable petite ville de Phrygie. Il y envoya des soldats, qui mirent le feu aux quatre coins, la brûlèrent, avec tous les habitants, sans en épargner même les enfants à la mamelle, et ne