‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 10 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Serait natnrellement de ses engagements envers la maison d'AmgOD, et qu'il aviserait alors, si, dans Tintérêt de sa politique, il levraif refuser ou accorder les secours dont la France avait bem pour oonquérir Naples. Le roi comprit les raisons de Sa îiinteté, et la question fut réservée.

15. Les négociations relatives à la pragmatique-sanction n'avaient pas cessé, sous des formes diverses, de préoccuper les <leax cours de Rome et de France. Louis XII, dans sa lutte contre Jules n, avait saisi cette occasion de manifester son ressentiment contre le Pape, et les dispositions hostiles de la pragmatique furent renouvelées. Jules II, au concile de Latran, avait sévi contre le monarque français et mis son royaume en interdit. François I" n'était pas, vis-à-vis de Léon X, dans la même situation. Avant mêmePentrevue de Bologne, les deux souverains étaient d'accord sur la nécessité d'abolir la pragmatique : mais c'était une affaire trop grave pour être traitée dans le peu de jours qu'ils passèrent ensemble. En se séparant, ils laissèrent, pour le Pape, les cardinaux d'Ancône et de Sauti-Quatri, pour le roi, le changer Duprat, munis de pleins pouvoirs pour terminer, à l'amialie, par un concordat, les différends qui avaient si longtemps i\m l'Église et la France. Les négociations entre le chancelier et les coDMnissaires du Pape durèrent longtemps. Enfin, le 18 2oûtl517, le Concordat, dit de Léon X, qui régit l'Église de France jusqu'au concordat de 1802, parut à Rome, avec l'appro- Ijâtion du Saint-Siège. Il modifiait profondément le système d'él^lion, jusqu'alors en vigueur. En voici les dispositions principales : Les églises cathédrales et métropolitaines sont dépossédées, f^ les articles 4 et ^0, du droit d'élection. — « En cas de va- ' cance, et dans les six mois, le roi nomme un docteur, un li-

* cencié en théologie ou en droit, ayant toutes les qualités re- *quises; le Pape confirme l'élection. » Même disposition pour 1(5 abbayes et les prieurés conventuels. — « Dans chaque cathé- ^ drale, une prébende sera dévolue à un docteur, ou licencié^, " ou bachelier en théologie, qui fera preuve de dix ans d'étides ^ dans une Université. Ce prébendier, qui receirra le nom de ^ Tbéologal, sera obligé de faire des leçons au moins une fois la

* semaine, et pourra s'absenter du chœur, sans rien perdre des

» émoluments attachés à la résidence personnelle. — Le tiers dos » l)énéfîces, quels qu'ils soient, appartiendra désormais à cpux » qui auront pris des grades dans l'Université. » — Le concordat détermine le temps des études : dix ans pour les docteurs et licenciés en théologie; sept ans pour les docteurs en droit et en médecine; cinq ans pour les maîtres et licenciés ès-arts; cinq ans pour les simples bacheliers en droit. — « On choisira, pour n la collation d'un bénéfice, le gradué le plus ancien ou le plus y> titré dans la même faculté, ou qui aura pris des degrés dans » une faculté supérieure. Le docteur l'emportera sur le simple » licencié, le licencié sur le bachelier; la théologie l'emportera n sur le droit, le droit sur la médecine; et, pour honorer parti- » culièrement les saintes études, les bacheliers en théologie se- » ront préférés aux licenciés des facultés inférieures. — Les » cures des villes et des faubourgs ne seront conférées qu'à des » gradués, ou à ceux qui auront étudié trois ans en théologie ou » en droit, ou bien à des maîtres ès-arts.* — Les clercs scanda- » leux seront punis par la soustraction de leurs bénéfices, et eu- » suite par la privation des bénéfices mêmes, et par l'inhabileté » aux saints ordres. »

16. Telle est la substance de ce concordat, auquel Léon X attacha son nom; œuvre de sagesse dont la Papauté a droit de se glorifier. Le souverain Pontife disait, en parlant de la pragmatique sanction, qu'elle abandonnait l'Eglise de France aux brigues^ aux violences, à la simonie. « C'est une vérité incontes- » table que les élections canoniques, rétablies par le concile de » Bàle, n'étaient qu'un mensonge. Dans chaque province ks ï> seigneurs se rendaient maîtres au moins des principales digni- » tés; ils avaient, en quelque sorte, des droits à la nomination, Y) comme patrons des églises ou comme descendants des pieux » fondateurs (1). » Mettre fin à un pareil état de choses, était un véritable bienfait. Cependant les passions, les animosités, les haines se réunirent contre l'œuvre de Léon X. Les partisans de ce qu'on appelait si improprement les libertés gallicanes, prétcndinnt que le Pape avait outrepassé ses pouvoirs en changeant ainsi

(i) Ësiai sur ^néas Sylvius, par M. VEnDiÈRE, in-S®. Paris, 4843, p. 81*

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