CHAPITRE PREBOER
nidicalement le mode des élections ecclésiastiques. On a renouvelé, à chaque grand acte de la Papauté, cette accusation ab- 5imle. L'Eglise, comme toutes les sociétés, a ses instants de crise, où il faut appliquer, à des besoins particuliers, des renièdes extraordinaires. En la constituant, pour durer jusqu'à la ïn des siècles, Jésus-Christ a dû pourvoir à toutes les nécessités futures de son existence. Il l'a fait, en donnant à Pierre et à ses successeurs autorité pour lier et délier, i^out confirmer ses frères (ians la foi. D'ailleurs , dans le fait présent, les raisons ne manquaient pas pour justifier, en dehors du principe d'autorité , la mesure prise par Léon X. Sahs doute, c'est une belle et sainte coulnme que l'élection des pasteurs, par le clergé lui-même, aux époques de foi, de piété, de paix. Mais quand les mœurs se corrompent, que les saintes études sont abandonnées, que les esprits sont agités, alors le scandale s'introduit plus facilement dans le sanctuaire. Ce n'est pas le plus digne souvent qui est élu, mais le plus riche ; le pauvre, qui a de la science et de la vertu, se Toil préférer l'homme opulent qui n'a que des trésors, souvent mal acquis. Le choix du souverain, confirmé par le Siège apostolique, coupait court à tous les abus, prévenait les rivalités et les haines intestines, donnait à l'élu la double garantie de l'autonté spirituelle et temporelle dans leur plus haute expression.
• La bulle de Léon X détruisait, dit-on, une œuvre discipli-
* naire, depuis longtemps en vigueur dans l'Eglise de France. » Mais n'est-il pas des circonstances où une dérogation aux règles communes devient une nécessité? Et qui décidera si ce temps est Venu? Le prêtre, qui n'a pas la plénitude du sacerdoce, c branche, ^ dit Thomassin, de cet arbre divin dont l'évêque est le tronc? » li'évêque, dont la juridiction, bien que divine, ne peut s'exercer que sur la matière assignée par le souverain Pontife, « qui peut » l'étendre ou la diminuer, » comme le cardinal de Lorraine le proclamait au concile de Trente, a La primauté ayant été donnée « à saint Pierre, afin d'ôter toute occasion de schisme, dit saint 'Jérôme, le Pape seul a le droit de faire des lois qui obligent *ÏEglise; mais ces lois, variables de leur nature, ne sauraient » le lier au point qu'il ne puisse y déroger, pour de justes rai- ^ sons dont seul il est le juge. »
17, Avant de paraître, le concordat avait été lu au concile de Latran. Il reçut l'approbation de tous les Pères. Ce fut le dernier acte de cette assemblée. Le 16 mars 1517, Léon X en présida la douzième et dernière ses^on. Cent dix prélats y assistèrent. Les affaires pour lesquelles il avait été réuni se trouvaient heureusement terminées. La paix était rétablie entre les princes chrétiens, fci réformation des mœurs et de la cour romaine était réglée, le schisme et le conciliabule de Pise étaient abolis, ainsi que la pragmatique sanction. Léon X confirma de nouveau tout ce qui avait été fait dans les sessions précédentes. Il ordonnait aussi une imposition des décimes, et exhortait tous les bénéficiers à permettre qu'on les levât sur leurs bénéfices, afin de les employer à la guerre contre les Turcs. Le cardinal de Saint-Eustache prononça ensuite la formule de clôture : Domini, ite in pace. On chanta un Te Deum solennel d'actions de grâces, et le dix-septième concile de Latran fut terminé, après avoir duré près de cinq années.
18. Cependant l'alliance du Pape et de François avait vivement inquiété l'Autriche et l'Espagne. Ferdinand-le-Catholique et Tempereur Maximilien cherchèrent à se fortifier de l'appui du roi d'Angleterre, Henri VIII. Le cardinal Wolsey, ministre de ce prince, se montrsdt favorable à leurs ouvertures, loisque la mort de Ferdinand, survenue en janvier 1516, ouvrit en Europe une politique nouvelle. Le jeune Charles d'Autriche (depuis Charles-Quint), souverain des Pays-Bas, qui venait de succéder à son aïeul Ferdinand, sur le trône d'Espagne, avait besoin de la paix pour recueillir ce vaste héritage. François I" forma aussitôt le dessein de s'emparer du royaume de Naples. La question réservée, lors de l'entrevue de Bologne, revenait ainsi, par la force des circonstances, traverser le repos du monde. François I" résolut de s'emparer du royaume de Naples. Maxi— milieu, à cette nouvelle, retrouve la vigueur et l'énergie de la jeunesse. Il se jette sur le Milanais, à la tète d'une armée, et in* vite Henri VIII, son allié, à faire une irruption sur les côtes de France ; mais le roi d'Angleterre faillit à sa promesse. Milan était défendue au nom du monarque français, par le connétable de Bourbon, qui n'avait pas encore attaché à son nom la honte