‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 107 sur 192 · CHAPITRE PREMISa · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMISa

lippe n appelsdt, par une dérision impolitique, « le petit royaume )» de Portugal, d La cour d'Espagne agit énergiquement auprès d'Innocent X, pour Fempècher de reconnaître la nouvelle monarchie portugaise. « Que Jean lY, disaient les ambassadeurs espa- » gnols, soit abandonné à lui-même, et qu'on refuse Finstitution » canonique aux évêques présentés par lui. y> Mais le Pape, qui venait de refiiser son concours à rinsurrection populaire de Naples, avait trop d'habileté pour ne pas saisir la différence profonde des deux situations. U reconnut Jean lY en qualité de souverain légitime, malgré les vives réclamations du roi d'Espagne.

5. Cependant l'Europe entière était attentive aUx événements qui allaient mettre fin à la guerre de Trente ans. Tous les re^ds étaient fixés sur la ville de Munster en Westphalie, où les représentants de toutes les puissances élaboraient le fameux traité qui termina tant et de si longues querelles. Un légat du Pape s'y rendit pour faire respecter les droits du Saint-Siège. La haine du protestantisme contre l'Eglise romaine était si ardente, que l'ambassadeur suédois quitta la ville à son approche et se retira à Osnabrûck. Nous n'avons pas besoin de nous occuper de la solution donnée, dans cette assemblée, aux questions de politique étrangères à l'histoire ecclésiastique. Cependant, il faut le dire, les souverains catholiques ne firent pas pour la religion ce qu'on était en droit d'attendre de leur zèle. Vainement le légat d'Innocent X chercha à faire prévaloir, dans les conseils, des sentiments plus nobles et plus élevés. On sacrifia les intérêts du ciel à ceux de la terre. Les protestants furent maintenus en possession des archevêchés, éyêchés, abbayes et couvents dont ils s'étaient emparés. Le Pape et les évêques se virent enlever tout moyen actif de juridiction sur les catholiques qui se trouvaient encore dans les pays luthériens. Les réformés de toutes les sectes obtinrent le libre exercice de leiurs cultes respectifs. On établit que, dans les contrées où les catholiques et les protestants vivaient ensemble, chaque parti garderait les biens, droits et revenus dont il pourrait justifier avoir été en possession l'an 1625, ce qu'on appela l'année normale y à l'exception du Palatinat, où l'an 1619 fut regardé comme l'année noYmale. Or, en 1624, la plupart des biens ecclésiastiques se trouvaient entre les mains des réformés. Les autres

clauses du traité regardent Phistoire profane ; il serait trop long de les énumérer ici. Le Pape Innocent X protesta contre tout ce qui s'était fait au détriment des catholiques, mais il ne fut pas écouté. Les hommes politiques qui gouvernaient alors , crurent avoir beaucoup fait, en séparant ainsi leur action de celle de la Papauté. Aveugles, qui ne virent pas derrière eux s'amonceler l'orage des révolutions, toujours déchdnées contre les pouvoirs quand ils ne se présentent plus, aux yeux des peuples, avec la majesté d*un caractère religieux. Emancipée de l'autorité tutélaire des souverains Pontifes, qui avaient jusque-là présidé à ses destinées^ l'Europe apprendra, par une funeste expérience, que l'Eglise n'a pas seulement les promesses de la vie étemelle, mais qu'elle seule peut assurer, par son influence bienfaisante, le repos et la stabilité des empires de ce monde.

6. L'Angleterre donnait alors le spectacle des fureurs auxquelles se livre un peuple qui a perdu la vraie foi, et avec elle le respect pour Fautorité légitime. Henri VlII avait déchaîné contre l'Eglise romaine les haines de la multitude. Elles se tournèrent bientôt contre le pouvoir royale et le malheureux Charles P' en fut la victime. L^Ecosse avait été envahie par le calvinisme. Il s'y était produit sous la forme d'une secte redoutable, celle des puritains, fanatiques d'indépendance, qui prétendaient régler seuls, et à leur fantaisie, les exercices du culte public. Charles P' voulut leur imposer la liturgie officielle de l'Anglicanisme. Un cri de révolte répondit à l'édit royal, a Le Presbytérianisme ou la mort ! » disaient ces farouches religionnaires. Os signèrent un pacte fameux, connu sous le nom de Covenant, a scellé, disaient-ils. par » le ciel lui-même. » Après y avoir déclaré que l'Esprit de Dieu s'était révélé à l'Ecosse, et que « hors de l'Eglise d'Ecosse, il n'y D avait point de salut; » après une accumulation à peine croyable d'invectives contre Sixte-Quint, Paul V, Urbain \III et contre l'Eglise romaine en général, chaque signataire s'engageait à défendre le Covenant contre le roi lui-même, jusqu'à la mort. Le comte de Straffort, premier ministre de Charles P% consulté par son maître sur la conduite à tenir vis-à-vis d'une rébellion aussi puissamment organisée, répondit : ((Préparez la guerre sans perdre 1» ime minute, en étant résolu de faire tout ce qui sera possible

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