‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 148 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

efforts. L'affaire du tribunal de la Monarchie sicilienne ne fut entièrement terminée que sous Benoit Xm, de concert avec l'empereur Charles YI, alors maître de la Sicile, et cette institution demeura définitivement supprimée.

23. Les luttes de politique religieuse que nous venons de signaler ne forment, en quelque sorte, que la moindre partie du règne de Clément XI. La plus considérable fut remplie par la polémique jansénienne qui se réveilla au commencement du xvm* siècle avec plus de ferveur que jamais. En 1701, avait paru en France le fameux Cas de conscience, qui ranima toutes les querelles. On donna ce nom à une consultation de conscience qui ne semblait concerner qu'un simple particulier et qui tendait réellement à ruiner toutes les décisions de l'Eglise contre les erreurs du temps. On mettait sur la scène un confesseur de province, indécis sur la manière dont il devait se conduire à l'égard d'un ecclésiastique qu'il avait pris longtemps pour un homme de bien, mais qu'on lui avait enfin rendu suspect en matière de croyance. Il disait l'avoir interrogé siu* différents articles et en avoir tiré ces réponses : a Je condamne les cinq propositions de VAugustinus dans tous les ]» sens selon lesquels l'Eglise les a condamnées; mais, surlaquesp tion de fait, je crois qu'il me suffit d'avoir une soumission de » silence et de respect; et, tant qu'on ne m'aura pas convaincu » juridiquement d'avoir soutenu quelqu'une de ces propositions, p on ne doit pas tenir ma foi pour suspecte. — Je crois qu'étant 9 obligé d'aimer Dieu par dessus toutes choses et en toutes choses, D comme notre dernière fin, toutes les actions qui ne lui sont pas » rapportées, au moins virtuellement, et qui ne se font point par » quelque mouvement d'amour, sont autant de péchés. — Je » tiens que celui qui assiste à la messe avec la volonté et l'affection D pour le péché mortel, sans aucun mouvement de pénitence, » commet un nouveau péché. — Je ne crois pas que la dévotion » envers les saints, et principalement envers la sainte Vierge, » consiste dans toutes les vaines formules et les pratiques peu » sérieuses qu'on trouve dans certains auteurs, etc. » Quarante docteurs de la Faculté de théologie de Paris répondirent que les sentiments de l'ecclésiastique, au sujet duquel on consultait, n'étaient ni singuliers, ni nouveaux, ni condanmés par l'Eglise;

392 caiMENT xi (1700-1721).

qu'ils n'étaient pas tels, en un mot, qu'on dût exiger, pour l'absoudre, qu'il y renonçât. Cette décision fut tenue secrète pendant une année entière ; après quoi on la produisit au grand jour, imprimée à Paris et th*ée à une multitude innombrable d'exemplaires. Le scandale que produisit le Cas de conscience fut aussi éclatant que l'attentat. Û ne s'agissait de rien moins que de ■ détruire, de fond en comble, l'autorité des constitutions apostoliques et tout ce qui s'était fait contre les dernières hérésies. Les quarante docteurs qui avaient signé la consultation du Cas de conscience, prévinrent leur condamnation personnelle par une humble rétractation, grâce aux efforts des évèques de Chartres et de Meaux. Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, publia ensuite une ordonnance qui condamnait la décision des consultants comme opposée aux constitutions pontificales; comme tendant à remettre en question des choses décidées et à perpétuer les troubles; enfin comme favorisant la pratique des équivoques, des restrictions mentales, des parjures mêmes (1703). Les (Ûfférents évêques, dans leurs diocèses respectifs, rendirent des ordonnances semblables.

24. On vit alors intervenir, dans le débat, un nom destiné à la triste célébrité de l'hérésie y et qui fit presque oublier celui de Jansénius lui-même. Pasquier Quesnel, prêtre de l'Oratoire, s'était montré, de bonne heure, un des plus ardents défenseurs de la secte nouvelle. A la mort d'Amauld il en demeura le chef. L'ouvrage par lequel il débuta, celui qui produisit le plus d'éclat et qui rendit la vie de l'auteur si orageuse, fut le livre intitulé Réflexiom morales. Dans l'origine, il paraît que cet ouvrage avait été composé avec de bonnes intentions et qu'il ne contenait rien de répréhensible. H ne consistait qu'en de courtes maximes et de pieuses pensées siu* les paroles du Sauveur, que Quesnel avait écrites pom* l'usage des jeunes prêtres de l'Oratoire dont l'enseignement et la direction lui étaient confiés. Profondément versé dans l'étude de l'Ecriture sainte et des saints Pères, l'auteur y avait déployé une vaste érudition et une saine critique. Le ministre d'Etat, Loménie de Brienne, le marquis de Laigne et d'autres personnages pieux que la lecture de ce livre avait édifiés , engagèrent Quesnel à en donner de pareils sur les quatre

GHApmuB m. 393

Evangiles ; et , trouvant l'occasion d'en parler à M. Vialart , 4vêque de Châlons-sur-Maniey ils le firent avec tant d'éloges, que ee prélat, renommé par sa sagesse et ses vertus, voulut en prendre connaissance. Après avoir lu et examiné ce livre avec soin, il l'approuva par un mandement du 5 septembre 1 671 , et en recommanda la lecture aux ecclésiastiques et aux fidèles de son diocèse. Dans l'intervalle, Quesnel, qui s'était jeté ouvertement dans le parti des jansénistes , fut exilé à Bruxelles avec le P. Âbel de Sainte-Marthe, général de l'Oratoire, ami et partisan d'Amauld. Là il mit la dernière main à son livre et en revit la première partie, imprimée en 1671, y glissa le poison de l'hérésie jansénienne, pomr la mettre en rapport avec son nouveau travail, et l'ouvrage, ainsi refait à neuf , fut présenté , en 1 694 , à M. de Noailles , qui avait succédé à M. Vialart sur le siège de Chàlons-sur-Mame. Ce prélat, informé que ce livre, approuvé par son prédécesseur, avait cours dans son diocèse et y était goûté, donna, sans plus ample examen, son autorisation pour l'édition nouvelle. La même année, M. de Noailles fut transféré sur le siège métropolitain de Paris, n y déploya le plus grand zèle contre les jansénistes, condamna, en 1696, un livre de l'abbé Barcos, neveudeDuvergierdeHauranne, intitulé Exposition de la foi de tEglise touchant la grâce et la prédestination^ qui contenait toute la doctrine de Port-Royal ; et en 1703, publia contre le Cas de conscience l'ordonnance dont nous avons parlé.

Dès lors Quesnel prit à partie l'archevêque de Paris. D n'avait pu s'empêcher de verser des larmes en voyant, dans sa retraite de Bruxelles, le Cas de conscience dont la secte avait tant espéré, renversé tout à coup par un soulèvement général des catholiques. Bientôt ses larmes se convertirent en un torrent de fiel qui ne ménagea personne. Il écrivit au cardinal de Noailles une lettre dans laquelle il accusait le prélat d'avoir porté une funeste atteinte à la paix de l'Eglise, et reprochait aux quarante docteurs qui avaient rétracté leur première consultation, d'avoir donné le a scandale d'une soumission lâche, forcée, contraire aux lumières D de leur conscience et à celles de la vérité. » Cette lettre fut bientôt suivie d'une autre pièce du même genre, intitulée : Lettre d'un évêque à un évêque. Quesnel y parlait encore dans le même

394 CLÉMBWT XI (1700-1721). •

sens , mais cette fois avec une insolence plus schismatique et une inconvenance inqualifiable. Clément XI ne tarda pas à flétrir la décision du Cas de conscience, et à opposer son jugement solennel aux efforts audacieux du sectaire. C'est ce qu'il fit par deux brefs, adressés l'un au roi, l'autre à l'archevêque de Paris. Ces deux brefs furent le signal , de la part des jansénistes , d'im redoublement d'injures. Quelques écrivains de ce parti ne rougirent pas d'écrire que le bref au roi « marquait une âme de tigre. » Le Piq» se résolut à promulguer plus explicitement encore sa décision, et d'une manière plus irréfragable. Il voulut déterminer avec autant de précision que d'autorité, jusqu'où les vrais catholiques doivent porter l'obéissance aux constitutions pontificales reçues de toute TEglise.

25. Tel est le but de la fameuse bulle Vineam Domim Sor^ baoth. Après avoir rappelé les décrets d'Innocent X et d'Alexandre Vin sur la même matière. Clément XI y déplore l'opiniâtreté de ces sectaires hypocrites qui , peu contents de ne point acquiescer à la vérité, cherchent pour l'éluder tous les fauxfuyants imaginables. Ils ne rougissent point , dit-il , d'employer, pour la défense de leurs erreurs , les décrets mêmes portés contre elles par le Saint-Siège apostolique. Telle a été spécialement leur conduite pour la lettre de Clément IX, en forme de bref, aiEL quatre évêques réfractaires de France, et pour les deux lettres d'Innocent XII aux évêques des Pays-Bas ; comme si Clément K, qui déclarait , dans ce bref, exiger des quatre prélats ime obéissance absolue et véritable, et voulait qu'ils souscrivissent sincèrement au Formulaire d'Alexandre Vil, avait réellement admis dans cette affaire une exception quelconque, lui qui protestait qu'il n'entendait jamais en recevoir aucime ; comme si Innocent Xn, en déclarant formellement que les cinq propositions extraites du livre de Jansénius, ont été condamnées dans le sens naturel qu'elles présentent au lecteur, avait voulu parler non du sens qu'elles forment dans le livre, ou que Jansénius a exprimé, mais de quelque autre sens différent ; comme si ce Pontife eût voulu tempérer, restreindre ou changer en quelque chose les constitutions d'Innocent X et d'Alexandre Vil, dans le bref même où il déclarait, en termes formels, qu'elles avaient été et qu'elles

CBAPITRB ni. 395

étaient plus que jamais en vigueur, et qu'il maintenait, de toute son autorité, leurs décisions. — Le Pontife attaque ensuite direc* tement ce que les jansénistes étaient convenus d'appeler le Silence respectueux, ce Par ce subterfuge , dit-il, au moyen duquel on se » dispense d'adhérer intérieurement à une rétractation extérieure » du livre de Jansénius, on ne quitte point l'erreur, on ne foit que » la cacher ; on entretient la plaie au lieu de la guérir ; on se joue » de l'Eglise, loin de lui obéir ; on ouvre aux enfants de rébellion » un large chemin pour propager l'hérésie. On en a vu quelques- » uns se porter à im tel excès d'impudence, qu'oubliant les règles » non-seulement de la sincérité chrétienne^ mais encore de l'hon* » nèteté naturelle, ils n'ont pas craint d'assurer qu'on peut licite- » ment souscrire au Formulaire prescrit par Alexandre Vil , 3> quoiqu'on ne juge pas intérieurement que le livre de Jansénius » soit hérétique. C'est là se jouer des constitutions apostoliques et » non s'y soumettre en chrétien. » Il serait difficile de rien ajouter à la clarté , à la précision , à l'évidence de cette bulle ; mais ces qualités mêmes furent un motif de plus pour que les jansénistes la trouvassent pernicieuse et détestable. Les catholiques la reçurent avec respect : à leurs yeux elle était la parole de Pierre qui confirme ses frères dans la foi ; les sectaires eux-mêmes furent contraints d'avouer que Rome ne leur laissait plus la ressource des distinctions, des restrictions mentales, des subterfuges dont ils avaient depuis longtemps abusé.

26. Quesnel, loin de se soumettre à la bulle de Clément XI, choisit le moment où elle venait de paraître, pour lancer contre le cardinal de Noailles une arme perfide qu'U aiguisait en secret depuis plusieurs années. Nous avons raconté comment le prélat, n'étant encore qu'évêque de Châlons, avait imprudemment donné son autorisation à la 2* édition du livre des Réflexions morales* n ne savait pas que cet ouvrage contenait tout le poison des doc* trines janséniennes, qu'il condamna plus tard dans V Exposition de la foi de l'Eglise, par l'abbé Barcos. Tout à coup Paris et la France se trouvèrent inondés par un libelle intitulé : Problème ecclésiastique, où l'auteur anonyme opposait Louis- Antoine de Noailles, évêque de Châlons en 1695, approuvant ces doctrines dans les Réflexions morales^ à Louis-Antoine de Noailles, arche-

vêque de Paris en 1696, condamnant les mêmes doctrines dans Y Exposition dé la foi de t Eglise. La sensation produite par ce pamphlet, au moment où tous les esprits étaient attentifs à ces débats fut immense. H n'y avait d'ailleurs, qu'un mot à dire pour justifier l'arclievêque de Paris. L'approbation donnée aux Ré^ flexions morales l'avait été sur la foi d'autrui, sans nouvel examen, sans que le prélat fût instruit des additions hérétiques faites à un ouvrage précédenmient autorisé par son prédécesseur. Mais ce mot aurait d'ailleurs accusé la légèreté téméraire de l'archevêque , dans une matière aussi grave que l'approbation d'un livre dogmatique. Ce mot ne fut donc point prononcé. Le Pro^ blême ecclésiastique fut condamné au feu, par arrêt du parlement de Paris. Quesnel^ sur un ordre de Philippe V, fut arrêté à Malines et enfermé dans une prison de l'officialité. Quelques amis, en perçant les murs, parvinrent à le faire échapper. H se cacha de nouveau, erra quelque temps dans les Pays-Bas pour se soustraire aux poursuites et put enfin se fixer à Amsterdam , où Ck>dde , évêque de Sébaste et vicaire apostolique en Hollande , qui venait d'être déposé pour son attachement au même parti , l'avait invité à se rendre. Là il recommença à écrire en faveur du Problème ecclésiastique. L'archevêque de Paris était toujours sous le coup de cet embarrassant dilemme; la seule voie possible pour en sortir était la seule dont il ne voulait pas faire usage. Les écrits accusateurs se multipliaient ; Bossuet entra en lice et voulut justifier le cardinal en essayant de démontrer qu'il existait des différences essentielles entre la doctrine du livre de V Exposition et celle des Réflexions morales. Mais la thèse était insoutenable, même pour le génie de l'aigle de Meaux. Ce système de défense ne fit qu'aggraver la position du cardinal de Noailles. Les jansénistes imprimèrent le travail de Bossuet, en l'intitulant : Justification des Réflexions morales ^ par Rossuet. Clément XI, voulant mettre fin à des contestations qui multipliaient les scandales, rendit, le 13 juillet 1708, un décret par lequel il condamnait le livre des Réflexions morales (1) de Quesnel, avec les qualifications les plus sévères.

(1) Le Téritabie titre de'cet ouvrage est eelui-ci : Le nouveau Te$tameni es

CHipmŒ m. 397

27. Cette mesure ne produisit pas l'effet qu'on devait en attendre. Les jansénistes continuèrent à défendre l'ouvrage de Quesnel et le Problème ecclésiastique. Louis XTV, las de voir la France déchirée par des discussions sans fin, demanda auPape une constitution assez nettement formulée pour terminer tous les débats. Jamais aucune hérésie ne s'était ainsi jouée des foudres de l'Eglise, n'avait éludé avec plus de mauvaise foi les anathèmes des Pontifes. Depuis un demi-siècle, la France et les Pays-Bas étaient une arène religieuse où les jansénistes livraient leiu*s opiniâtres combats. Clément XI sentait aussi vivement (pie Louis XIV la nécessité de rétablir la paix. Le zèle ne lui avait pas manqué jusque-là pour l'accomplissement de ses devoirs de Pontife. Il avait eu la douleur de voir tous ses efforts échouer contre l'hypocrisie de la secte ; mais il était de ces natures héroïques que les revers ne découragent jamais. Une congrégation de cardinaux, nommée par lui, s'occupa avec activité d'un examen plus approfondi du livre des Réflexions morales. Cent une propositions furent extraites de cet ouvrage et soumises, avec diverses qualifications, à la censure pontificale. Clément XI ordonna ensuite des prières publiques dans toutes les églises de Rome pour implorer les lumières de l'EspritrSaint. Enfin, le 8 septembre 1713, la célèbre constitution Vnigenitus Dei Filiustai promulguée. L'ouvrage du père Quesnel y est condamné comme contenant cent une propositions respectivement fausses, captieuses, mal sonnantes, suspectes d'hérésies , erronées , hérétiques enfin , et renouvelant diverses erreurs , principalement celles qui sont contenues dans les fameuses propositions de Jansénius. Il est défendu à tous les fidèles de soutenir et d'enseigner lesdites propositions, ou d'en parler dans xm autre sens qu'il n'est porté dans cette constitution, a D'ailleurs, ajoute le Pape, parla condamnation expresse et par- )) ticulière des cent une propositions, nous ne prétendons nulle- » ment approuver ce qui est contenu dans le reste du livre. Dans y> le cours de l'examen que nous en avons fait , nous y avons en- D core remarqué plusieurs autres propositions qui ont beaucoup

français, avec des réflexions tnorales sur chaque verset, ou Abrégé de la morale de l'Evangile, des Actes des Apôtres, des EpUres de saint Paul, par le P. Pasqui£R Quesnel, prêtre de TOratoire.

» de rapport et d^affinité avec celles que nous venons de condam- » ner, et qui sont remplies des mêmes erreurs. De plus, nous y » en avons trouvé beaucoup d'autres qui sont propres à fomenter » la désobéissance et la rébellion contre les puissances, soit ecclé- » siastiques, soit civiles. Enfin, ce qui est plus intolérable encore, » nous y avons vu le texte du Nouveau-Testament altéré d'une » manière souverainement condamnable, et conforme, en beau- » coup d'endroits, à la traduction française de Mons , condamnée » depuis longtemps. On a porté la mauvaise foi jusqu'à détourner w le sens naturel du texte, pour y substituer un sens étranger et » dangereux. A ces causes, en vertu de l'autorité apostolique , r> nous détendons et condamnons le livre des Réflexùms morales j » sous quelque titre que ce soit et en quelque langue qu'il ait été » ou soit jamais imprimé ; en quelque édition et en quelque veri> sion qu'il ait paru ou puisse paraître , comme étant éminemment Si propre à séduire les fidèles par la fausse image d'une instruction » remplie de piété. Nous condamnons de même tous les autres D livres ou libelles, manuscrits ou imprimés, ou ce qu'à Dieu ne ji plaise, qui s'imprimeraient dans la suite pour la défense de ce » livre. Nous interdisons à tout fidèle de les lire, de les copier, de » les retenir, d'en faire usage, sous peine d'excommunication en- » courue ipso facto. »

28. Au premier bruit d'une bulle fulminée contre un livre auquel était attaché comme le destin du jansénisme , tout le parti ^t dans la consternation. La constitution Unigenitrxs , envoyée par Clément XI à Louis XTV, fut remise à l'assemblée du clergé. Quarante prélats la reconnurent ; sept seulement hésitèrent et se réunirent au cardinal de Noailles pour refuser d'y souscrire. Le cardinal, engagé dans le mauvais pas où l'avait placé le Problème ecclésiastique, crut qu'il était de son honneur de ne pas adhérer à la condamnation d'un livre qui avait paru avec son approbation. C'était une malencontreuse délicatesse ; mais , pour qui connaît le cœur humain et les subterfuges de l'amour-propre , une pareille conduite, quelque afiDiigeante qu'elle soit , n'a rien de surprenant. Toutefois , plus de cent évêques publièrent la bulle Unigenitus dans toute l'étendue du royaume. Louis XTV annonça hautement sa ferme résolution de la soutenir , même par les voies

Page 1