‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 152 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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elle exclut même l'idée du sacrifice et du sacerdoce ; en sorte que l'Eglise épiscopale d'Angleterre n'a qu'une hiérarchie civile, sans aucun caractère sacré. Ainsi les Episcopaux n'ont qu'une ombre de hiérarchie, les Presbytériens n'en ont pas même l'ombre. Les Presbytériens se nomment ainsi , non pas qu'ils aient ou reconnaissent des prêtres , dans le sens chrétien, mais parce qu'ils consultent les anciens de leurs assemblées, lesquels s'appellent prêtres (presbyteri) , dans le sens païen des Grecs. C'est parmi eux que les sectes dissidentes se sont le plus mul* tipliées. L'une des plus fanatiques est celle des Quakers ou Trembleurs. Ils se nomment ainsi , à cause du tremblement et des contorsions auxquels ils se livrent dans leurs assemblées , lorsqu'ils se croient inspirés du Saint-Esprit. Leur auteur fut un cordonnier, Georges Fox, homme sans étude, d'un caractère sombre et mélancolique, qui, en 1 647, sous le règne de Charles P', au milieu des troubles de la guerre civile , se mit à prêcher contre le clergé anglican , contre la guerre , les impôts , le luxe , l'usage des serments, etc. Les points fondamentaux de sa doctrine sont : 1"" l'égalité rigoureuse, de tous les hommes ; par con* séquent , suppression de toute distinction sociale , de toutes les marques extérieures de respect, de toutes les conditions. 2' Dieu donne à tous les hommes une lumière intérieure, suffisante pour les conduire au salut éternel ; par conséquent , il n'est besoin ni de prêtres , ni de pasteurs ni même d'Ecriture sainte ; tout particulier, homme ou femme, est en état et en droit d'enseigner et de prêcher, dès qu'il se sent inspiré de Dieu. 3* Pour parvenir au salut étemel, il suffit d'éviter le péché et de faire de bonnes œuvres; il n'est besoin ni de sacrements, ni de cérémonies, ni de culte extérieur. 4* La principale vertu du chrétien est la tempérance et la modestie; il faut donc retrancher toute superfluité dans l'extérieur , les ajustements , les parures , etc. 5"* Il n'est pas permis de faire de serment , de plaider en justice , de faire la guerre, de porter les armes, etc. «Les quakers et les quakeresses s» mêmes, dit Mosheim, parcouraient, comme des furieux et des » bacchantes, les villes et les villages , déclamant contre l'épis- » copat, contre le presbytérianisme, contre toutes les religions D établies. Ils tournaient en dérision le culte public, ils insul-

» talent les prêtres pendant la célébration des saints offices , ik » foulaient aux pieds les lois et les magistrats, sous prétexte dV » béir à l'inspiration du Saint-Esprit. » L'un de ces sectaires, Guillaïune Penn, ayant reçu du gouvernement anglais une grande étendue de terres incultes en Améri({ue, y transporta un grand nombre de Qiuikers , leur distribua des terrains à cultiver, et donna à la province le nom de Pensylvanie. — Dans les premières années du xvni' siècle, parut une autre secte, celle des Méthodistes (1729). Elle prit naissance au sein de Tuniversité d'Oxlord. Quelques étudiants, assidûment occupés à la lecture de la Bible , formèrent une petite société dirigée par les deux frères Jean et Charles Wesley . Ils avaient compassé toutes leurs actions, et distribué leurs moments entre Tétude, la prière et l'exercice des bonnes œuvres. Cette régularité officielle , qui les signalait à Tattention publique, leur fit donner le nom de Méthodistes. Jean Wesley, qui aspirait à être chef de secte, s'arrogea le pouvoir d'ordonner des évêques et des prêtres , quoiqu'il ne fût ni l'un ni l'autre. La nouvelle religion se fit d'abord une célébrité parles folles extravagances auxquelles se livraient ses membres. Le comté de Comouailles , où ils étaient le plus nombreux , fut ; au pied de la lettre , envahi par une épidémie convulsionnaire. Comme les Quakers ^ les Méthodistes sdlcrent fonder une colonie dans le Nouveau-Monde.

35. La licence dans les opinions religieuses est le plus court chemin vers l'incrédulité. L'Angleterre vit alors se produire, dans son sein, des doctrines qui préludaient au système de négation universelle, dont l'école du philosophisme devait, un demisiècle plus tard, relever le drapeau. Antoine Collins, écrivain anglais, avait débuté, en 1707 , par un Essai sur Fusage de Id raison dans les propositions dont F évidence dépend du témoignage humain, où il se plaisait à mettre en opposition la certitude que produit la révélation et l'évidence que fournit la raison. La même année , il s'engagea dans la controverse entre Dodwel et Clarke, sur l'immatérialité et l'immortalité de l'âme ; il combattit l'immortalité de l'âme et sa spiritualité. H était difficile que Collins eût des idées bien justes sur la liberté de l'homme, aprt^ Jdu. avoir montré d'aussi inexactes sur la nature de l'âme. D f^"

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