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électenrs^ efirayés, avaient voté comme Tavaient voulu les sep^ tembriseurs ; c'était le nom de» plus fougueux démocrates. Paris et la France y jetèrent leur écume : les deux Robespierre , Danton, Collot-d'Herbois, Billaud-Varennes, Camille Desmoulins, Couthon, SaintnJust, Brissot, Marat , Legendre, Panis , Sergent, Fabre d'Eglandne, Philippe-Egalité lui-même. Tous ces hommes, dont la mémoire est vouée pour jamais à Texécratioa de la postérité , adoptèrent, au sein de la Convention, une place qu'ils appelèrent la Montagne , et se nommèrent en conséquence Mottr tagnards. Le 3 décembre 1792, après une discussion où se signalèrent Tuieptie de Saint-Just, les sophismes ridicules de Condorcet, etrhypocrite jdtiéde Robespierre,laConvention décréta qu'elle jugerait Louis Capet ; c'était le nom que ces infâmes rebelles donnaient à leur roi. Le 11 ^ Louis XYI parut au sein de l'Assemblée , conduit par Santeire. Il entendit , sans manifester le moindre trouble, cinquante-sept chefs d^accusation, auxquels on le somma de répondre. Il le fit avec autant de force et de justesse que de modération et de simplicité. Le président Barrère lui reprocha ses aumônes et ses bienfaits , comme autant de moyens employés pour séduire le peuple : a Ah ! Monsieur, lui dit avec k> émotionraugusteaccusé,jen'aijamaisgoùtédeplaisirplusdoax » que de donner à ceux qui avaient besoin ! » Mis en accusation, Louis XYI requit de l'Assemblée, qu'il lui fût permis de choisir un conseil et des défenseurs. De retour au Temple , on le sépara de sa famiUe. Le roi choisit , pour leur confier sa défense, Tronchet et Target, tous deux anciens membres de l'Assemblée constituante. Le dernier refusa cette honorable mission. Malesberbes, quoique septuagénaire , s'of&it de lui-même pour remplacer le lâche Target a J'ai été honoré , dit^il, de la faveur du roi, pen- » dant sa prospérité ; je ne dois pas l'abandonner dans son mal- ») heur. » Malesberbes a depuis trouvé sa récompense sur l'échafaud. On adjoignit M. de Sèze à ces courageux avocats. Le sort de la défense était prévu : les juges l'écoutèrent à peine. « Songez, » leur dit de Sèze, que l'histoire jugera votre jugement, et que le » sien sera celui des siècles. » L'histoire a prononcé ; elle a glorifié la victime et n'a pas assez d'opprobres pour les boun^eaux. Louis XYI fut condamné à mort. Quand on interpella Philippe
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Egalitiy qsi siégeait sur les bancs de la Gcnayeiitioi^ A ija'onlm demanda son vote, ilprononça^dahautdelatnbufiece&effiroydblM paroles: <& Uniquement OGCiq)é de mon davoir, ecmvaânm qiia » tous ceux qui ont attenté ou attenteraient par 1» suite à lasoik« )» veraineté du peuple y méritent la mort , je vote pour la mart* i^ Ce mot, dans une telle bouche, fit pousser un cri d'ef&roi^ marna à des hommes qu'on ne croyait plus susceptibles d'humanité : et une exclamation unanime s'éleva dans l'Assemblée : Oh! U monstre t
1 5. Le 30 janvier^le décret fut communiqué, par celm qu'onaf^ pelait alors ministre de la justice, à la royale victinae^ Loiûs XYI le reçut avec le calme et la sérénité de Tinnocence. Il obtint la per« mission de revoir une dernière fois son infortunée famille, et d'ap« peler auprès de lui, pour confesseur, M. Edgeworth de Firmonit^ prêtre irlandais. Louis supporte l'entrevue avec la reine, sa fiUe^ son fils et sa sœur, aussi longtemps quesoncosoragelelui pâmait. Au bout de deux heures, sentant qu'il allait défaillir, il bénit ce» <shers et dignes objete de toutes ses tendresses^ et letouama daas son appartement, sans proférer une parole, cadiant son visage^eaire ses mains. Il s'enferma ensuite avec raU>é de FirmcMit; les mo-» ments paraissaient trc^ courts à sa piété; il fallut T^igager à prendrequelquerepos. ndormitprofondément jusqu'àcinq bdores» Le sau^rifice de sa vie était fait; il n'y avait plus là qu'un martyc chrétien, qui allait mourir sous te fer régicide de la Convention^ comme les martyrs des premiers siècles de l'Eglise mouraient par ordre des Néron et des Diodétien. Le roi communia; Cléry se pro»» temant à ses pieds : <& Ah, mon maître! ah, mon roi ! si mon déy> vouement et messoinscmt pu vous être agréables^la seule récom- » pense que je désire > c'est de recevoir votre bénédiction ; ne la s> refusez pas au dernier des Français resté près de vous. » Le roi la lui donna avec la même tranquillité d'âme que s'il eût encore habité le palais de ses pères. Cependant Santerre avait mis cent mille hcMnmes de garde nationale sous les âmes; il entra chez l'augwte captif; c'éteit l'heure fatale : a Marchons, lui dit Louis XYI, » jfi suis prêt. » On le plaça dans la voiture, entre deux gendarmes qui avaient Tordre de le poignarder s'il se faisait le molodre mouvement en sa faveur : cette atroce {«écaution. fat inntile#
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Parmi tant de milliers d'hommes , dont la plupart détestaient le parricide que Ton allait commettre , il ne s'en trouva pas un seul qui osât hasarder un cri en faveur de son roi. Une stupeur universelle avait firappé les esprits. Louis XYI, tranquille au milieu des passions diverses qui agitaient les spectateurs y pria durant tout le trajet, et rien ne put altérer le calme d'une àme qui ne tenait plus à terre. Arrivé au lieu de l'exécution, on lui saisit les mains pour les lier ; Louis XYI ne s'était pas attendu à cette ,violence, et son premier mouvement fut de repousser les bourreaux : a Sire , lui dit l'abbé de Firmont , cette humiliation est » un trait de ressemblance de plus entre Votre Majesté et le Dieu » qui va être sa récompense. » Alors il présenta lui-même ses mains ; puis il marcha d'un pas ferme vers l'instrument du supplice, tandis que son confesseur lui criait avec enthousiasme : «Fils V de saint Louis, montez au ciel I » Dès qu'il fut sur l'échafàud^ s'adressant à la multitude, il s'écria : a Français, je meurs inno^ » cent de tous les crimes qu'on m'a imputés ; je pardonne à mes a> ennemis,.. » Le farouche Santerre l'interrompit : ce Je vous ai )!> amené ici , non pour haranguer, mais pour mourir. i> Aussitôt un roulement de tambours couvrit la voix de la victime. La tête du roi de France, du plus vertueux et du meilleur des rois , rou— lait sous le fatal couteau , et un aide du bourreau (1) la montrait tout ensanglantée au peuple , en criant : Cest la tête d'un tyran (21 janvier 1793). Louis XYI avaitrédigé, la veille du jour où sa cause se plaida devant la Convention , son testament immorte) comme la religion qui l'inspira.
(1) SamsoD, qui présidait au supplice de Louis XVI, ne prit aucune part acti?e \ rexécuUon. Né en 1740, d'une famille vouée, depuis deux siècles, au méUer de bourreau, son caractère contrastait étrangement, par sa douceur et sa piété,, avec d'aussi terribles fonctions ; il fallut user de violence pour le contraindre i les remplir près de Louis XVL Cet horrible spectacle fit sur Jui une si vive impression, qu'il en mourut, six mois après, dans les regrets les plus amers d'avoir concouru, quoiqu'indirectement, à un si déplorable événement. Par ses dispositions testamentaires, il voulut qu'une messe d'expiation fût dite,4 ses frais, ton* les ans, le 21 janvier, pour le repos de l'&me de Louis XVL Sa pieuse inteotieB fut fidèlement remplie, dans l'église de Saint-Laurent, jusqu'en 1840, époque de la mort du fils de Samson. Pendant vingt ans, il n'y eut pas, en France, d'autret cérémonies expiatoires; la première protestation fut celle du bourreau.
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16. L'effet produit par une semblable nouvelle , dans foute TEurope, fut inexprimable. Pie YI fit célébrer à Rome un ser^' vice solennel pour le repos de l'âme de l'infortuné Louis XVI ; U' . rassembla les cardinanx en consistoire : a Pourquoi , leur dit-il/ x> les larmes et les sanglots n'interrompent-il pas mes paroles? Ne » sont-ce pas les gémissements, plutôt qu'aucune voix, qui doivent s> exprimer l'immense douleur que nous sommes forcé de mani-- » fester, en vous annonçant l'horrible crime du 21 janvier. De » tant de juges iniques et pervers , de tant de suffirages forcés / x> que ne devait-on pas attendre d'infâme , d'afireux et d'exé- » cr able pour tous les siècles ! La captivité et la mort de Louis XVI » ont été accompagnées de circonstances tellement lamentables^] 3» que tout homme, s'il lui reste encore un sentiment d'humanité, D n'a pu en entendre le récit qu'avec épouvante , surtout quand 3» on connaît le caractère de Louis, doux, affable, bienfaisant, en* » nemi de la sévérité et de la rigueur , rempli d'amour pour soUi » peuple , facile et indulgent pour tous. Si nos exhortations! » avaient obtenu quelque succès, nous ne nous plaindrions pas. » aujourd'hui de la ruine qui frappe la France , et qui menace, » les rois et les royaumes. 0 France? appelée par nos prédéces-» » seurs le miroir de la chrétienté, l'appui immobile de la foi; toi 9 dont la ferveur chrétienne et la] dévotion au Siège apostolique » n'avûent pas d'égales parmi les autres nations , comment es-ta V tombée dans cet excès de désordre, de licence et d'impiété ? Tu 9 n'as recueilli que le déshonneur, l'infamie , l'indignation des 9 peuples et des rois , des petits et des grands, du présent et de % l'avenir. » La messe solennelle, pour le repos de l'âme du monarque, fut célébrée dans la chapelle pontificale , en présence des princesses Victoire et Adélaïde , tantes du feu roi. On prononça l'oraison funèbre de Louis XVI, et l'on vit plusieurs fois Pie VI verser des larmes abondantes, en entendant louer les vertus d'un prince si malheureux, et si peu digne de l'être. La mort du roi ne faisait que préluder à celle des royales captives du Temple.; Marie-Antoinette , k fille des Césars , qui n'avait porté , sur le trône de France , que des vertus indignement calomniées par ses ennemis, qu'un profond et sincère amour pour sa nouvelle patrie,^ dont on ne voulut jamais lui tenir compte , Marie-Antoinette
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devait partager le sort <îe son époux. Jetée dans un cachot infect de la Conciei^rie, elle y demeura soixante-<piatorze jours, sans recevoir autre chose qu*uu peu de pain et d'eau. Traînée devant
- le tribunal révolutionnaire, on la chargea d'accusations calomnieuses, auxquelles elle répondit avec autant d'énergie que de justesse. Chauveau-Lagarde s'illustra dans la défense de cette reine infortunée; mais que pouvaient l'éloquence, le malheur et le courage, devant ces juges féroces?* a J'étais reine, leur dît » Marie-Antoinette, et vous avez fait périr mon époux; j'étais
} » mère, et vous m'avez séparée de mes en&nts; il ne me reste D que mon sang; prenez-le , et ne me faites pas souffirir davanr- » tage. » Quelques heures après, elle fut conduite dans la fatale eharrette, à travers les imprécations d'une vile populace, payée pour la maudire. La reine jeta un long regard sur les Tuileries, et cette vue produisit en elle une émotion qu'eHe ne put cacher. Le prêtre lui dit alors que c'était le moment de montrer du courage. » Ce n'est pas quand mes maux vont finir qu'on m'en verra man- » quer, reprit l'infortunée reine. » Elle monta à l'échafaud, se mit à genoux , levant les yeux au ciel : « Seigneur , s'écria-t-elle , » éclairez et touchez mes bourreaux. » Ainsi périt, à trente-huit ans^ cette princesse qui méritait l'amour de son peuple, et qui ne trouvait pour terme à sa royale vie qu'un échafaud. Madame Elisabeth eut lé même sort. Le Dauphin mourut^ en prison, victime des odieux traitements de l'infâme Simon. Madame Royale, i*éservée par la Providence à des destins mêlés de quelques joies et de beaucoup de larmes, échappa comme par miracle aux mains de ses bourreaux; elle fiit plus tard échangée. La Terreur fut dès lors le système gouvernemental de la France. Quatre millions de victimes, de tous âges, de tous rangs, de toutes conditions» périrent pour l'ambition de Robespierre, Cromwel avorté de la révolution française et qui n'eut, du républicain anglais, que la cruauté sans te talent. Des ordres furent donnés pour le pillage de toutes les églises et la suppression du culte catholique ea France. Les églises possédaient huit cent millions, tant en vases
;. sacrés qu'en ornements précieux ; il n'en revint pas deux cents
f au trésor public ; le reste fut la proie des spoliateurs. Un jour, au milieu d'une séance conventionnelle, on vit entrer des groupes