‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 188 sur 192 · GRÉGOIRE XVI · texte numérisé non relu

GRÉGOIRE XVI

tée par le scandale des Paroles â!tm Croyant, dont FEnrope s^arracha bientôt les pages incendiaires.

H. Les gouvernements de l'Allemagne n'étaient pas plus favorables à la religion. Pie VII avait défendu aux évêques de la Prusse rhénane de célébrer des mariages mixtes, à moins de certaines conditions exjM^essément spécifiées. Grégoire XVI renouvela cette défense. Le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume HI, insista près des évêques pour les faire passer outre. Ils s'y refusent. Le 20 novembre 1837, Mgr Auguste de ftroste-T^hering, archevêque de Cologne, fut enlevé, comme un criminel, par la force armée, et emprisonné dans une forteresse. Sa captivité eut un immense retentissement. Elle devint d'ailleurs le salut de l'Eglise 4>rthodoxe en Allemagne. Plus tard la Suisse se montra aussi intolérante, et une persécution ouverte tut dirigée contre l'illustre ^vêque de Lausanne et de Genève, Mgr Marilley. Vinrent alors en France les luttes fameuses sur le monopole universitaire et la liberté d'enseignement, et celle des conciles. Mgr de Quélen était mort, pleiffé de toute la France (1810). Le pouvoir crut qu'il aurait lieu d'être plus satisfait d'un archevêque nouveau qui lui devrait son élection. 11 se trompa. Mgr Aflre monta sur ce siège, qu'il devait illustrer par son glorieux martyre. Les dernières paroles qu'il échangea avec Louis-Philippe furent celles-ci : « Archevêque, souvenez -vous que l'on a brisé plus d'une D mitre I — Cela est vrai, Sire ; mais que Dieu conserve la coa« » ronne du roi, car on a vu briser aussi bien des couronnes. » La mort tragique de son héritier, le duc d'Oriéans, les attentats si multipliés contre sa personne, l'agitation périodique de la France aux approches des élections , les symptômes de mécontentement qui se manifestaient à chaque instant par des insurrections partielles, la corruption qui montait jusqu'aux marches de son trdne et qui livrait quelques-uns de ses ministres au mépris de Fojhnion, n'avaient rien appris à Louis-Philippe. Il devait tomber, eomme il s'était élevé, au milieu des barricades.

45. Cependant, à côté de ces signes précurseurs de l'orage, l'Eglise avcât ses consolations et ses gloiies. L'cauvie adnûrahie de la Propagation de la foi, sortie tout armée d'un cœur noble et pieux, envoyait des QÛd^ioopaires aux cpiitrées les plu? lointames

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du monde. L'archieonfiréne de Notre-Dame-dœ-Yictoires multtpKait les miraeles et les converacms obtemies par rintereessioa de la Mère des miaéricoides ; le clergé de France faisait l'admiration du mande par sa science, son zèle , sa piété ; qu'il nous soit permb d'inscrire îd les noms diers à notre reconnaissance et vénérés de tout l'univers catholique, de S. E. Mgr Gousset, ar-* chevêque de Reims, et de Mgr Parisis, alors évèque de Langres. La chaire de Notre-Dame était occupée par les deux princes de l'éloquence sacrée, le R. P, de Ravignan et le R. P. Lacordahre. La tribune catholique avait l'illustre comte de Montalembeit. La science historique, rappelée par MM. Thierry et Guizot, et, en dépit d'eux-mêmes , à des tendances moins hostiles au Catholicisme, réhabiUlait les noms de saint Grégoire VU, d'Innocent III, de saint Pie Y. Tels étaient les éléments divers en dissolution dans la société européenne, quand le Pape Grégoire XVI mourut, le 1" juin 1846. Par la fermeté, la constance et la sagesse qu'il avait déployées au milieu des orages, il s'était fait dans l'histoire une place immortelle. Quinze jours après (16 juin 1846), le cardinal Mastal-Ferreti ^ évâ<}ue d'knola, montait ai» le trône de Saint- Pierre, sous le nom glorieux de Pie IX, au milieu des chants de joie et des hymnes de triomphe de l'Italie et du monde entier. Héritier du nom de Pie VI et de Pie VII, comme eux il a triomphé des tempêtes ; il est béni et vénéré comme eux.

46. Nous avons présenté le tableau complet des phases diverses que l'Eglise a traversées pendant dix-huit siècles. La religion, fille du ciel, la noble auxiliaire des sociétés, la mère de la civilisation, la protectrice des sciences, la bienfaitrice du genre humain, s'est conservée pure et intacte, tandis qu'autour d'elle tout s^est renouvelé. L'empire romain est détruit ; les Juifs ont été dispersés sur toutes les parties du globe ; le paganisme a disparu do TEu-* rope; elle seule est debout, assistant aux funéraiDes des nations» élevant son front majestueux au milieu des révolutions et des ruines. Qu'est devenu l'arianisme? Où sont les Nestorîens, les Eutychiens, les Monothélitca, les Pélagîens, les Manichéens î Qu'est devenu cet esscum d'hérétiques, qui l'ont si souvent attaquée ? Jjeurs noms vivent encore dans les souvenirs de rhistoîrei qiais leurs œuvres eut périî tmtA de9 ^Mq9^ ^\ au meaaoogei

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le temps les a dispersés ; et cette Eglise romaine^ dont ils s^effor-^ cerent d'obscurcir la gloire, dont ils osèrent même quelquefois usurper le nom, leur a survécu ; elle a bravé leurs efforts , elle rit de leurs menaces et de leurs tentatives impuissantes : c'est qu'elle est fondée sur le rocher indestructible contre lequel les forces de l'enfer ne prévaudront jamais.

FIN M QUATRIÈUE ET DERIOER TOLTJHX.

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