‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 33 sur 192 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

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ni le pouvoir, ni la volonté de se créer des difficultés intérieures quand on se trouvait de tous côtés tant d'ennemis sur les bras. Pour couper court à toutes les récriminations on convint de laisser les choses dans le statu quo , et de réserver à Tavenir la solution des difficultés dont il était actuellement impossible de s'occuper. Tel fut le sens de la fameuse concession de la diète de Spire, ainsi conçue : « Jusqu'à la tenue du concile œcuménique , B chaque puissance fera, quant à l'édit de Worms, ce qu'elle » jugera convenable et resterai responsable de sa conduite de- » vant Dieu et devant l'empereur. » On s'occupa enjuite de former une ligue défensive contre les Turcs. On obtint, à ce sujet, les plus belles promesses ; elles furent inutiles, car on apprit, en même temps, la nouvelle de la défaite et de la mort de Louis, roi de Hongrie, dont l'armée venait d'être détruite par Soliman dans les marais de Mohacz (29 août 1526). Un pareil désastre réveillait au coiur de l' AUem'agne les vieux instincts de nationalité et de foi qui avaient enfanté les croisades. Mais Luther et Mélanchton avûent déclaré qu'ils « aimaient mieux le sultan que le Pape. » Ds travaillèrent de toute leur énergie à étouffer ces nobles élans. « La parole et l'œuvre de Dieu, disaient-ils, n'ont pas besoin de » défenseurs armés ; elles suffisent, par leur seule puissance, à se » maintenir contre toutes les attaques de leiu*s ennemis. » Les Turcs profitèrent de l'inaction des princes chrétiens et des secrètes sympathies que le luthéranisme professait pour eux. Soliman s'était avancé jusque sous les murs de Vienne qu'il avait investis avec ime armée formidable. La garnison et la bourgeoisie de cette capitale, réduites à leurs propres ressources, firent des prodiges de valeur, et réussirent, pour cette fois, à protéger l'Europe contre l'invasion musulmane. Le danger était imminent. Une nouvelle diète s'assembla à Spire (1529). Les princes luthériensy parurent beaucoup plus empressés à maintenir les prérogatives de leur nouvelle secte, qu'à prendre des mesures capables de repousser l'ennemi commun. L'esprit de parti, toujours aveugle et égoïste^ ne transige jamais. Les catholiques, s'inspirant des sentiments d'un vrai patriotisme et s'élevant au-dessus des misérables considérations d'amour-propre et de vanité personnelle , proposèrent alors un moyen terme qui devait, selon eux, réunir tous

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les suflrages. C'était, à quelques expressions près, la déclaration admise deux ans auparavant par la diète précédente, a L'édit de » Worms, était-il dit, sera maintenu obligatoire pour les états qui » Font observé jusqu'à ce jour. Les autres seront libres de conti- » nuer à admettre les doctrines nouvelles jusqu'à la tenue du » prochain concile général. Cependant, pour éviter des discordes » intestines, on s'abstiendra de prêcher publiquement contre le » sacrement de l'autel ; on n'abolira point la messe, on n'emp&- » chera personne de la célébrer ou de l'entendre. » A ces paroles, dictées par un esprit de modération et d'équité incontestables, le parti luthérien se leva en masse, et protesta unanimement qu'on voulait opprimer les consciences et étouffer la vérité évangélique. « La messe est une idolâtrie condanmée en mille endroits par les » saintes Ecritures. C'est notre devoir et notre droit de renverser s> les autels de Baal. » Leur protestation écrite et signée fut en-* voyée sur-le-champ à Bologne pour y être mise sous les yeux de Charles-Quint. Ce fut en cette occasion que les luthériens prirent pour la première fois le nom de Protestants, qu'ils ont gardé depuis. Les victoires de Charles-Quint en Italie et en France venaient d'amener la conclusion du traité de Cambrai avec le pape Clément VII et le roi François!". L'empereur pouvait parler en maître, il le fit. La députation luthérienne fut fort mal accueillie, l'empereur ne voulut point recevoir leur protestation. «Les catholiques pas » plus que vous, dit-il aux députés, ne veulent agir contre leur y> conscience et contre leur foi. Nous attendons la solution paci- » fique et régulière des difficultés survenues en Allemagne de la » décision d'un concile général qui s'assemblera aussitôt que les » circonstances pourront le permettre. D'ici là , nous voulons que p les états se conforment strictement aux conclusions prises par la D diète. » Les députés, fiers de prouver leur indépendauice en présence du plus puissant souverain du monde , déposèrent une protestation en forme contre la sentence impériale. Charles-Quint, pour toute réponse, les fit jeter en prison. Toutefois, il les relâcha quelque temps après, en fixant, pour l'année suivante, une autre diète à Augsbourg, à laquelle il promit d'assister en personne.

17. L'intervalle fut rempli par la discussion qu'on a appelée des sacramentaires , entre Zwingle, Œcolampade et Luther.

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