‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 46 sur 192 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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YEénotigue. H fut rejeté par tous les partis. Mais Gharles-QuinI était plus puissant que Zéuon. Il ne tint aucun compte des réclamations des catholiques , ni de la condamnation de V Intérim pai la cour romaine , ni des plaintes du concile de Trente , ni des récriminations luthériennes, npressal'exécution de son édit et employa la force contre les protestants qui se refusaient à le recevoir. Constance et Magdebourg, qui s'étaient fait remarquer par une opposition plus vive , furent traitées avec une sévérité qui servit d'exemple aux autres villes.

26. Le concile de Trente avait eu à fixer d'abord la marche qu'il voulait suivre en présence de la grande tâche qui était offerte à son zèle. Il fut convenu que l'on ferait marcher de front la double question de la réforme et de la doctrine. Avant la qua-^ trième session, deux ambassadeurs de Charles-Quint, Diego de Mendoza et François de Tolède, se rendirent à Trente. Ils deman* dèrent, au nom de leur maître, qu'on s'occupât exclusivement des questions qui concernaient la réforme ecclésiastique, pour ne pas réveiller, par des décisions dogmatiques, les animosités protestantes de l'Allemagne. Mais on passa outre, malgré leurs réclamations, et l'assemblée promulgua son décret sur l'Écriture sainte. U fixait le canon des livres saints, tel que nous l'avons encore ; approuvait comme authentique l'édition ancienne, connue sous le nom de Vulgate et a consacrée, disent les Pères, par l'u- » sage de tant de siècles. — Afin, ajoutent-ils, de contenir dans 9 de justes limites les esprits inquiets et entreprenants, le saint » concile œcuménique ordonne que dans les choses de la foi ou » de la morale, personne ne soit assez téméraire pour se confier à » son jugement particulier, dans l'interprétation des saintes Écri- » tures, en leur donnant un sens ou contraire à celui de l'Eglise, D à qui seule il appartient de juger du véritable sens des Écri- » tures, ou opposé au sentiment unanime des Pères et de la tra- » dition catholique. » C*était condamner le protestantisme dans son principe même. Car la réforme luthérienne s'était faite au nom de la liberté individuelle d'interprétation ; et chacun des nouveaux sectaires se crwait le droit et la mission de juger à sa fantaisie du sens des Ecritures. — Comme corollaire à cette décision dogmatique, im décret de réforme rendit obligatoire l'é- IV. 9

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rection de chaires de théologie dans toutes les églises principales, et enjoignit a aux archiprètres, curés et à tous ceux qui ont » charge d'àme^ de pourvoir, au moins tous les dimanches et » toutes les ffttes solennelles, ou par eux-mêmes ou par d'autres » personnes capables, s'ils en sont légitimement empêchés, à la » noiuriture spirituelle des peuples qui leur sont confiés, leur en- » seignant ce qu'il est nécessaire à tout chrétien de croire pour » être sauvé, et leur faisant connaître, en peu de paroles et en » termes faciles à comprendre, les vices qu'ils doivent éviter et » les vertus qu'ils ont à suivre, d Les évêques sont chargés, chacun dans leur diocèse, de veiller à l'exécution de cette mesure, afin qu'il ne puisse être dit du peuple chrétien : « Les petits enj> fants ont demandé du pain et il ne se trouvait personne pour le 9 leur rompre. »

27. L'intervalle de la quatrième à la cinquième session fut marqué par une lamentable apostasie. Vergerio, ce légat du Pape en Allemagne, dont nous avons raconté l'entrevue avec Luther, avait subi, au lieu de la combattre, l'influence de la Réforme. Il ne dissimulait plus son penchant pour l'hérésie. Charles-Quint et les princes catholiques voyaient avec une profonde douleur un homme investi de la confiance pontificale donner ce dangereux exemple. L'empereur en écrivit à Paul UI pour le supplier de rappeler son légat. De son côté, Vergerio vint chercher im asile au sein du concile, espérant que la protection du cardinal de Trente le sauverait des rigueurs du jugement qui l'attendait à Rome. Déchu de cette espérance, il obtint néanmoins des légats des lettres de recommandation si pressantes, qu'elles lui valurent la dispense de comparaître en cour romaine. On remit, sur ses instances, la connaissance de sa cause au tribunal du nonce et du patriarche de Venise. Mais enfin Vergerio, qui sentait la gravité de sa position, rompit ouvertement avec l'Église et se retira parmi les hérétiques, chez les Grisons, d'où il écrivit, dans le style de Luther, des pamphlets contre la Religion, contre le concile et contre le Pape , dont il avait eu l'honneur d'être le représentant. Quelques années auparavant (1542), un scandale du même genre avait profondément ému le monde catholique. Occhin, général des Capucins, homme d'une ambition démesurée et d'un esprit

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