CHAPITRE m
9 qa'un dit que les sacrements de la loi nouvelle n'ont pas tous i> été institués par notre Seigneur Jésus-Christ, ou qu'il y en 9 a moins de sept, savoir : le baptême, la confirmation^ Teuchap ristie, la pénitence, l'extrème-onction, l'ordre et le mariage ; ou 9 que quelqu'un de ces sept n'est pas véritablement un sacre* 9 méfiai : qu'il soit anathème. Si quelqu'un dit que les sacrements 9 de la loi nouvelle ne sont pas nécessaires au salut, mais super- 9 flus, et que, sans eux ou sans le désir de les recevoir, les hom- 9 mes, par la seule foi, peuvent obtenir de Dieu la grâce de la 9 justification, encore qu'il soit vrai de dire que tous les sacre* 9 ments ne sont pas également nécessaires à chacun des hommes 9 en particulier : qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un dit que les 9 sacrements de la loi nouvelle ne confèrent pas la grâce par leur 9 propre vertu, mais que la seule foi aux promesses de Dieu suffit 9 pour obtenir la grâce : qu'il soit anathème ! 9 Le concile ne put, dans cette session, promulguer que les décrets relatifs aux deux premiers sacrements du baptême et de la confirmation. Il les accompagna, selon sa coutume, d'un décret de réformation qui fixait des règles pour la collation des évêchés et des bénéfices ecclésiastiques. <c Nul ne sera élevé au gouvernement des églises 9 cathédrales, qu'il ne soit né en légitime mariage, qu'il ne soit 9 d'un âge mûr, grave, de bonnes mœurs et habile dans les let- 9 très, suivant la constitution d'Alexandre UI : Cum in sanctis, 9 publiée au concile de Latran. 9 (Onzième général, 1181). -^ Ordre à ceux qui possèdent plusieurs églises cathédrales de n*en conserver qu'une seule. Un an de délai est accordé aux titulaires pour faire leur choix et donner leur démission r passé ce terme, ces églises seront censées vacantes, à l'exception de celle qui aura été obtenue la dernière. — Même prescription pour les bénéfices inférieurs qui ne pourront, sous peine de nuUité, être conférés qu'à des sujets dignes et capables. Le concile réserve toutefois au Saint-Siège la faculté de permettre, quand il le jugera nécessaire, la pluralité des bénéfices.
31 . De graves événements vinrent alors interrompre les travaux du concile. La peste sévit à Trente de manière à inspirer les craintes les plus légitimes. La majorité des Pères décréta donc (11 mars 1547) la translation de l'assemblée à Bologne. Mais
136 PAUL m (1534-1549).
Charles-Quint, profitant de cet incident qui servait son animosité contre un concile dont les opérations ne suivaient pas le système qu'il eût voulu faire prévaloir, ordonna aux évoques espagnols de demeurer à Trente, sans tenir compte de l'injonction contraire des légats pontificaux. Cette conduite eût été digne d'un empereur de Byzance. Elle exposait l'Eglise catholique à un schisme. <k lien- » têtement de Paul m, disait-il au nonce Veralli, perdra la » chrétienté. Mais on ne manquera pas de concile qui satisfajsse à » tous les besoins et remédie à tous les désordres. Le Pape vio- D lente les évéques en les contraignant ainsi à une translation n inutile. — Les évoques qui sont allés à Bologne , répondit le » légat , y sont allés de leur propre mouvement ; ceux , au con- » traire, qui sont restés à Trente, y demeurent par ordre de Votre » Majesté. Ce sont eux qui manquent de liberté. » Sous cette mauvaise humeur impériale se cachait un calcul politique et financier. Pour empêcher la ligue protestante de Smalkalde de bouleverser l'empire et l'Eglise, le Pape avait conclu avec Charles- Quint une Ugue catholique, mais qui ne devait durer que six mois. Le succès avait coinronné cette alliance dont la victoire de Muhlberg fut le firuit. L'empereur, dont elle servait merveilleusement les intérêts, aiu^ait voulu qu'elle se prolongeât davantage. Mais Paul in n'était pas homme à livrer ainsi des subsides à un prince qui était beaucoup plus disposé à les employer contre le roi de France, son rival, que contre les protestants. D'ailleurs la publication de V Intérim avait jeté , entre la cour de Rome et l'empereur im germe de mécontentement.
32. Sur ces entrefaites, François P' mourait au château de Rambouillet (31 mars 1 547 ). Il ne lui manqua pour être le premier prince de son temps que d'être heureux ; mais il ne tient pas à la fortune de dégrader les rois. Us ne se dégradent que parleurs actions. Malheureusement la conduite privée de François P' ne fut que trop blâmable. C'est du reste la seule tache de sa vie. Mais le scandale donné par les grands o&e toujours un danger pour les peuples. Les mœiu*s de la France se corrompirent au spectacle de la corruption royale. Cette dégradation se montra dans deux écrivains français de l'époque : Marot et Rabelais. Le premier , auteur protestant d'une traduction en vers des Psaumes