CHAPITRE m
9 sns-Christ. Anathème à quiconque nie que le sang de Jésusp Christ soit appliqué tant aux adultes qu'aux enfants par le D sacrement de baptême^ conféré selon la forme et Tusage de D l'Église ; i"" Anathème à quiconque nie la nécessité et TefEca- 9 cité du baptême conféré aux enfants. — Toutefois, ajoutent les » Pères à la fin de leur décret, l'intention du saint concile n'est » pas, dans ce qui a rapport à l'universalité du péché originel T> s'étendant à tous les hommes, de comprendre la bienheureuse » Vierge Marie, mère de Dieu. »
30. La sixième session eut lieu le 13 janvier 1547. Les ambassadeurs de Charles-Quint avaient reçu l'ordre de quitter Trente parce que l'empa'eur se montrait irrité de ce que le concile persistait, ma%ré ses réclamations, à traiter les questions dogmatiques. Les députés des autres princes chrétiens refusèrent euxmêmes d'assister à la session, dans la crainte d'augmenter l'irritation de l'empereur. Les difficultés se multipliaient ainsi, et les Pères avaient à la fois à ménager les susceptibilités politiques, toujours si ombrageuses, et à poursuivre l'œuvre de Dieu qu'ils avaient si noblement commencée. Il restait à déterminer la croyance catholique sur la justification : doctrine ardue qui avait exercé les plus grands génies, et que le protestantisme avait défigurée. C'était là le vif des questions à débattre. La discussion fut très orageuse ; il se trouva quelques théologiens qui parlèrent de modifier le décret dans le sens de l'erreur luthérienne. Mais la majorité des Pères se prononça avec force pour le dogme catholique de la justification par les œuvres, jointes aux mérites de notre Seigneur Jésus-Christ. Le concile adopta cette conclusion : « Le pécheur est justifié, dit-il, lorsque l'amour de Dieu, des- » cendu dans nos cœurs, y prend racine, en vertu des mérites de D la Passion du Sauveur, et par l'illumination du Saint-Esprit. » L'homme, devenu alors l'ami de Dieu, s'avance chaque jour de » vertus en vertus ; il se transforme par l'observation constante » des commandements de Dieu et de l'Église ; il grandit par les » bonnes œuvres, avec l'aide de la foi, dans la justice qui lui a » été apportée par les mérites de notre Seigneur Jésus-Christ. » Cette doctrine supposait l'existence du libre arbitre nié par Luther. Aussi le concile prononçait^ l'anathème contre « quiconque
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» soutiendrait que y depuis le péché d'Adam, le libre arbitre de y> l'homme est perdu ou éteint. » Sa condamnation s'étendait à tout le système protestant, dont les erreurs fondamentales avaient trait, comme nous l'avons dit, au dogme de la justification. « Âna- » thème, disent les Pères, à quiconque prétend que, sans l'inspi- » ration prévenante du Saint-Esprit et sans son secours, l'homme » peut produire des actes de foi, d'espérance, de charité et de con- » trition. — Ànathème à qui soutient que le libre arbitre est un » instrument purement passif, qui ne peut en rien coopérer au y> salut ; — à qui enseigne que les œuvres qui précèdent la justix> fication, quelle que soit leur nature, sont toutes des péchés ; — » à qui prétend que l'impie est justifié par la foi seule, etc. » -— Le concile fit suivre son décret dogmatique d'un décret de réformation par lequel la résidence était imposée à tous les prélats, pasteurs, abbés, ayant charge d'âmes. On ordonnait également la visite des églises par les évèques, et on prenait des mesures pour que les fonctions épiscopales ne pussent à l'avenir être exercées que par les cHrdinaires des lieux ou avec leur permission spéciale. En même temps Paul m publiait une bulle qui obligeait les cardinaux à la résidence, comme les autres prélats, et leur défendait de gouverner à la fois plus d'une église. Ce rescrit pontifical fut reçu avec de grands applaudissements par le concile.
La question des sacrements était une suite nécessaire de celle de la justification ; elle fut traitée dans la septième session (3 mars 1547). a La justification, en se développant peu à peu dans » l'homme, disent les Pères, ne peut se passer des sacrements. ï> Par eux elle commence, et par eux elle continue quand elle a » commencé. Par eux encore eUe est reconquise quand on l'a » perdue. Tous les sept sacrements doivent être conservés tels » qu'ils existent ; leur institution doit être rapportée à l'auteur de » notre foi, puisque toutes les institutions de l'Église du Christ » sont communiquées, non seulement par les Écritures, mais en- » core par la tradition. Les sept sacrements embrassent, comme » on sait, toute la vie et tous les degrés dans lesquels la vie se » développe. Ils sont la pierre fondamentale de toute hiérarchie ; 1» ils annoncent la grâce et la communiquent ; enfin ils complètent )» le rapport mystique qui rapproche l'homme de Dieu. — Si quel-