‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 55 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

pouvait en attendre. Le roi persista dans ses premières intentions, et aucun évêque fiançais ne parut à cette seconde époque du concile. Les Pères ne se laissèrentpoint arrêter par cette résistance, et rejetèrent la doctrine gallicane qui prétendait, par l'abstention de la France, ôter à l'assemblée son caractère d'oecuménicité.

4. La treizième session s'ouvrit le 11 octobre 1551. On y promulgua d'abord le décret dogmatique sur le sacrement d'Eucharistie, élaboré dans les congrégations particulières, où les théologiens du Pape, Jacques Lainez, Alphonse Salméron, dé là société de Jésus, et ceux de l'empereur, Melchior Ganus, de rordte des Frères prêcheurs, et Jean Orthéga, de l'ordre des Frères mineurs, firent bnUer leur érudition et la profondeur de leur savoir. Les divers systèmes de l'hérésie luthérienne sur la présence de Jésu&- Christ figurative et par impanation, au sacrement de nos autels, furent discutés et condamnés. « Si quelqu'un, disent les Pères » dans leurs canons, nie que le corps et le sang deNotre-Seigneur > Jésus-Christ, avec son âme et sa divinité, et par conséquent » Jésus-Christ tout entier, soit contenu véritaUement, réellement ]» et substantiellement dans le sacrement de la très sainte Eucha- » ristie, et s'il dit, au contraire, qu'il y est seulement comme D dans un signe, ou bien en figure ou en puissance, qu'il soit » anathème ! — Si quelqu'un dit que la substance du pain et du » vin reste au très saint sacrement de l'Eucharistie avec le corps V et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et qu'il nie ce chan- » gement admirable et singulier de toute la substance du pain au » corps et de toute la substance du vin au sang du Seigneur, en )» sorte qu'il ne reste du pain et du vin que les espèces ou appa- » rences , changement que l'Église appelle du mot propre de » transsubstantiation : qu'il soit anathème ! — Si qyelqu'un dit 0 que Jésus-Christ, présent dans l'Eucharistie, n'est mangé que D spirituellement, e^ qu'U ne l'est pas aussi sacramentellement » que réellement, qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un nie que » tous et chacun des fidèles chrétiens, de l'un et de l'autre sexe, » lorsqu'ils ont atteint l'âge de discrétion, soient obligés de com- D munier tous les ans, au moins à Pâques, suivant le précepte de V» notre mère la sainte Église : qu'il soit anathème I — Si queli> qu'un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour

148 JULES m (1550-1555).

» recevoir le sacrement de la très sainte Eucharistie , qu'il soit y> anathème I Et de peur qu'un si grand sacrement ne soit reçu ï> d'une manière indigne, et devienne ainsi un jugement de coni> damnation et de mort, le saint concile ordonne et déclare que D ceux qui se sentent la conscience chargée de quelque péché » mortel , quelque contrition qu'ils pensent avoir, sont absolu- » ment obligés, s'ils peuvent avoir un confesseur, de faire précé- » der la confession sacramentelle. Que si quelqu'un a la témérité » d'enseigner, de prêcher ou de soutenir opiniâtrement le con- » traire, qu'il soit dès lors excommunié ! » Ces canons étaient suivis de huit chapitres de réforme relatifs à l'autorité des évéques et à leur juridiction sur le clergé de leurs diocèses. — On ne pourra appeler d'aucun jugement épiscopal avant la sentence définitive. L'appellation se fait de l'évêque au métropolitain. — En matière criminelle, l'évêque a le droit de procéder, quand il y a lieu, à la déposition verbale et à la déclaration solennelle d'un clerc coupable. — Pour prévenir les absolutions ou grâces subreptices, que les délinquants pourraient surprendre à Rome sur de faux exposés de motifs, Tévêque, comme délégué du Siège apostolique, connaîtra sommairement des grâces accordées pour l'absolution des péchés publics ou pour la remise des peines par lui imposées. — Les causes des évêques seront portées devant le souverain Pontife, et ne peuvent être terminées que par lui.

5. Le 25 novembre 1551, la quatorzième session publia les décrets et les canons relatifs aux sacrements de Pénitence et d'Extrême-Onction. On réduisit les erreurs de Luther sur ces deux sacrements à seize articles, et on les distribua pour les examiner à différents théologiens, dont les discussions furent présidées par l'évêque de Vérone. Neuf chapitres furent promulgués sur le sacrement de Pénitence. Ds établissaient sa nécessité, l'origine divine de son institution, son caractère, ses effets, l'obligation de la confession auriculaire, les qualités de la contrition et de la satisfaction, a Si quelqu'un dit que , dans l'Eglise catholique , la pé- » nitence n'est pas véritablement et proprement un sacrement » institué par notre Seigneur Jésus-Christ pour réconcilier les yt fidèles, toutes les fois qu'ils tombent dans le péché après le » baptême : qu'il soit anathème ! Si quelqu'un dit que les pa-

Page 1