‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 62 sur 192 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

» jets le sennent de suprématie, dit Cobbet (1), en les plaçant I» dans l'alternative du supplice ou de l'apostasie, la digne £Qle » de Henri YIH poussa bientôt sa frénésie anti-religieuse jusqu'à » fioire déclarer punissable de mort lout prêtre catholique qui ce- 9 lébrerait la messe dans l'étendue de ses États. Les bourreaux 9 manquèrent bientôt aux victimes, et la plume s'échappe de mes » mains au moment où je me dispose à faire le récit de toutes les 1» atrocités qui épouvantèrent alors l'univers. Comme pom* mettre n le comble à tant de forfaits, Elisabeth voulait encore violenter n les malheureux catholiques jusque dans leur conscience, et elle n leur imposa, sous des peines terribles, l'obligation de fréquenter 1 les temples de la nouvelle religion, où les tables de la Cène 1» remplaçaient le banquet sacré de l'Eucharistie. Quel ingénieux » moyen pour ajouter aux vexations de toute espèce dont les ca* Y thcdîques étaient victimes, eux qui ne pouvaient échapper à la B mort qu'en s'expatriant ! » Telle fut cette reine que les protestants ont appelée la grande Elisabeth, et dont l'école historique de Voltaire a prétendu faire une héroïne.

27. L'année même de la mort de Paul lY avait vu la fin du règne de Henri H en France (1 559). Ce prince^ dans les fêtes brillantes qu'il donna à Paris à Toccasion de la paix de Cateau-Cambrésis, avait voulu prendre part à im tournoi. Le comte de Montgomm^ry, capitaine de ses gardes, le plus habile jouteur de la cour, en luttant en champ clos contre le roi, eut le malheur de le blesser mortellement. La violence du choc fit voler les deux lances en éclats ; mais le tronçon de celle du comte, rencontrant la tête de Henri H, qui n'avait pas attaché sa visière, le frappa si rudement au-dessus de l'œil droit, qu'un éclat pénétra même derrière la tète. Le roi défendit qu'on poursuivit son innocent et malheureux adversaire. Il mourut quinze jours après (10 juillet 1559), laissant qu:atre fils, dont trois ont régné au milieu des troubles de la Réforme. L'aîné monta immédiatement sur le trône. C'était François H, l'époux de Marie Stuart, cette reine dont la destinée, si brillante alors, devait se terminer par la plus effroyable catastrophe.

(1) Villiam Cobbet, UUrt IX.

28. Le calvinisme 9 propagé par Théodore de Bèze , avait fait en France des progrès lents mais sùrs^ et préparait au royamne d'immenses désastres. Les premières assemblées se tinrent d'abord secrètement à Paris, dans mie maison de la rue Saint-Jacques (1555-1557). Chose remarquable ! Qu'elle se présente au nom de la religion ou sous le masque de la philosophie, l'anarchie révolutionnaire, qui menace de broyer les trdnes et les grandeurs humaines comme une poussière que le vent emporte, est toujours partie d'auprès des trônes : ses plus puissants propagateurs ont été de grands seigneurs intéressés plus que personne à la combattre. Le premier des soldats français qui donna l'exemple de l'apostasie, fut un descendant de saint Louis, un membre de la royale famille de Bourbon, le prince de Condé. Une conquête si noble et si inespérée enhardit les sectaires. Dans les soirées du printemps de l'an 1558, il se forma au Pré-aux-Oercs, à Paris, des rassemblements de cinq ou six mille calvinistes ou huguenots , comme on les appelait, chantant ensemble les psaumes de Marot, qu'ils avaient adoptés pour l'usage de leur culte. Antoine de Bourbon ^ roi de Navarre, par complaisance pour sa femme , Jeanne d' Albret, zélée protestante, se trouvait souvent à ces assemblées. François de Châtillon, surnommé Dandelot, frère de l'amiral de Coligny, avait aussi embrassé la secte et faisait prêcher l'hérésie dans ses terres. Cependant, le 14 juin 1559 , le Parlement s'assembla pour prendre des mesures contre l'envahissement du calvinisme. Le président Minard, et le premier président Lemaltre , votèrent pour la stricte exécution des lois portées autrefois par Philippe- Auguste contre les novateurs. Quelques conseillers prirent au con-traire la défense des sectaires, et s'emportèrent en récriminations et en injures contre la cour de Rome. Le plus violent fut un prêtre apostat, Anne Dubourg. Il fut arrêté à sa sortie du Parlement. L'évêque de Paris le déclara hérétique, le déposa du sacerdoce et le livra au bras séculier. Dubourg interjeta appel de cette sentence à l'archevêque de Sens, métropolitain de Paris. La mort de Henri II, survenue dans l'intervalle, n'arrêta point le procès. François II, guidé par ses oncles, les princes de Lorraine, le fit poursuivre. Parmi les juges de l'apostat se trouvait le président Minard. Anne Dubourg lui dit d'un ton menaçant : c( Vous ne

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