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forent promulgués ensuite, le concile défend les mariages clandestins ; prononce des peines contre les ravisseurs, les concubinaires et enfin renouvelle Tinjonction d'observer les anciennes défenses de célébrer des noces solennelles depuis l'Avent jusqu'à l'Epiphanie, et depuis le jour des Cendres jusqu'à l'octave de Pâques inclusivement. Les autres décrets de réforme, lus dans la vingtrtroisième session, sont relatifs aux règles à observer dans le choix des évéques et des cardinaux, à la tenue des synodes provinciaux tous les trois ans et des synodes diocésains tous les ans; au pouvoir des évèques pour la dispense des irrégularités et des suspenses ; à l'établissement d'un grand pénitencier dans chaque cathédrale ; aux qualités requises dans les sujets promus aux dignités et aux canonicats des cathédrales et à leurs obligations ; aux devoirs des chapitres pendant la vacance du Siège ; à rabrogation des grâces expectatives et aux autres faveurs de ce genre, etc.
11. Les travaux du concile touchaient à leur fin. Toutes les tentatives pour y amener les protestants avaient échoué devant leur mauvaise foi. L'autorité de l'empereur Ferdinand P' n'avait pu réussir à les y décider. C'est la marche ordinaire des hérésies et des sectes. Elles appellent toujours du Pape au concile général et finissent par récuser ces deux importantes juridictions. Le 3 décembre 1563, la vingt-cinquième et dernière session du concile de Trente s'ouvrit en présence de trois cardinaux, trois patriarcheSy vingtrun archevêques, cent soixante-huit évèques et sept généraux d'ordres. L'évèque de Nazianze, alors coadjuteur de Famagouste, en Chypre, fut chaîné de porter la parole devant cette illustre assemblée, ce II a brillé enfin, s'écria l'orateur, ce » jour d'allégresse pour le monde catholique^ où le vaisseau de » l'Église, qui porte les espérances de l'univers, échappé à la vio- » lence de si longues et si furieuses tempêtes, repose à l'abri du » port. Et plût à Dieu que ceux pour qui nous avons entrepris » cette périlleuse navigation eussent voulu s'embarquer avec » nooB ! Plût à Dieu qu'ils nous eussent aidés de leur ccmcours » et qu'ils fussent venus travailler de concert à la reconstruction » du temple du Seigneur ! Nous aurions maintenant un bien plus » grand sujet de joie ; mais leur absence ne saurait nous être im- » putée. Nous avons choisi cette ville à l'entrée de l'Allemagnei
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» c'est-à-dire aux firontières mêmes de lemr pays ; nous n'avons D appelé aucune garde autour de nous, afin de leur éviter toute appréhension pour leur liberté personnelle; nous leur avons accordé un sauf-conduit dans les termes mêmes qu'ils avaient dictés, mais ils ont été sourds à nos exhortations et h nos prières. Maintenant, après avoir mis la dernière main aux immenses travaux qui nous étaient imposés, nous devons offrir d'immorteUes actions de grâces au Dieu tout-puissant, dont la miséricorde infinie nous a permis de célébrer ce jour de bonheur, au milieu de l'assentiment et l'approbation universels du monde chrétien. Grâces éternelles soient aussi rendues à Pie lY , notre souverain et pieux Pontife, qui a consacré tous ses moments et toutes ses pensées à l'achèvement de ce grand ouvrage. 0 piété et prudence admirables de notre Pasteur et de notre Père I 0 félicité suprême du Pontife, qui voit se terminer en paix, sous son autorité et sous ses auspices, ce concile interrompu si longtemps I — Je vous prends à témoins, vous, Paul ID et Jules m, dont nous pleurons la mort : avec quelle ardeur n'avest-vous pas désiré voir ce spectacle que nous contemplons aujourd'hui avec des larmes de joie! — Et vous, très-saints Pères, qui venez de rendre à l'Eglise de si éminents services par tant d'illustres travaux, quelle gloire s'attachera à votre nom, que d'honneur vous rendra le peuple chrétien ! Tous vous qypelleront leurs pasteurs et leurs pères ; tous s'empresseront de vous rapporter leur vie et leur salut. 0 jour de joie et de bonheur, où nos peuples nous reverront enfin, où ils embrasseront D leurs pasteurs et leurs pères !» On lut ensuite les décrets sur le Purgatoire , le culte des saints, la vénération des reliques et des saintes images, les Ordres religieux; l'observation des jours de jeûne, le catalogue des livres, le Catéchisme, le Bréviaire et le Missel que le concile voulait rendre uniformes dans toutes les églises de l'univers, et'dont il remettait la composition et l'examen aux soins du souverain Pontife. Après cette lecture, le secrétaire, s'adressant aux prélats assemblés, leur dit : <x Seigneur et Pères, » TOUS plalt-il qu'à la louange du Dieu tout-puissant, on mette » fin à ce saint concile oecuménique et que la confirmation de toutes » les choses ordonnées et définies tant sous les souverains Pontifes
» Paul in et Jules m d'heureuse mémoire, que sous notre très- » saint Père Pie lY, soit demandée au nom de ce saint concile » par les présidents et légats du Siège apostolique au bienheureux » Pontife romain? » — Tous répondirent Placet. Ensuite le cardinal Morone donnant la bénédiction aux prélats assemblés, prononça la formule de clôture accoutumée : « Très-révérends Pères, » allez en paix. » Ils répondirent tous : Amen. Les larmes coulaient de tous les yeux, les Pères s'embrassaient en se félicitant d'être heureusement arrivés au terme de leurs travaux. Le dixhuitième concile œcuménique, la dernière assemblée générale que rÉglise catholique ait tenue jusqu'à nos jours, était fini. Jamais l'ensemble des dogmes et de la discipline n'avait été traité avec tant de suite. Les novateurs avaient tout attaqué : doctrine, culte, droit canonique ; le concile de Trente raffermit tout sur les bases inébranlables de l'Écriture sainte et de la tradition. La vraie foi apparut dans toute sa splendeur, dégagée des erreurs protestantes. L'unité catholique, la hiérarchie divine de l'Eglise furent de nouveau exposées aux regards et à la vénération du monde. La réformation, au nom de laquelle les luthériens avaient armé des milliers de bras, était pacifiquement accomplie, fn ]jes réformes » du concile de Trente, dit l'auteur protestant Banke, sont d'une » immense valeur ; les fidèles furent soumis, comme par le passée » à une discipline rigoureuse. On fonda des séminaires et on eut » soin d'y élever des jeunes prêtres sous la direction d'une vè^le » salutaire et sous l'influence de la crainte de Dieu. Les paroisses Y) furent réorganisées ; l'administration des sacrements, la pré- » dication soumises à de sages règlements ; la coopération des )) ordres religieux fut aussi l'objet de mesures salutaires et pré- » voyantes. Mais l'immense succès fut de voir lesévêquess*enga- » ger unanimement à l'observation des décrets du concile de » Trente et à la soumission envers le Pape, par une profession de » foi solennelle qu'ils jurèrent tous. » Cependant les princes catholiques ne secondèrent pas, comme on avait droit de l'espérer, le mouvement de réforme qui s'opérait dans l'Église. Ils fireot recevoir dans leurs états tous les décrets dogmatiques sans restriction. Mais ceux de discipline souffrirent, sur quelques points, des difficultés en Allemagne et encore plus en France. Les Par-
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lements se refosèrent à les enregistrer. Pour combattre le maavais vouloir des gouvemements, les évêques firent recevoir ces décrets dans des conciles particuliers qui s'assemblèrent de toutes parts. Mais le refus de l'enregistrement par les cours judiciaires resta comme une arme entre les mains du gallicanisme. Cependant Pie rV s'était empressé d'approuver, par son autorité afo^tolique^ tous les actes du concile de Trente. Il nomma une commission permanente de huit cardinaux, chaînés d'en interpréter et d'en faire appliquer les décrets. Et^ le 25 mars 1564, il confirma par une bulle spéciale V Index ou catalogue des livres condamnés par le concile.
12. a Si les prétendus réformateurs, dit M. Blanc, avaient voulu » sincèrement la paix et les avantages de l'Eglise, ils auraient eu 1» lieu d'être satisfaits du concile de Trente ; mais sous le prétexte, j> spécieux eu apparence, de faire revivre le siècle apostolique » dans sa pureté primitive , ils voulaient tout innover et s'élever » eux-mêmes sur les ruines de l'Eglise romaine. Enivrés par des » succès inespérés, ils n'opposèrent que des injures aux décrets de D cette immortelle assemblée, et des hommes qui ne pouvaient » s'accorder entre eux, même sur les points les plus importants , D affichaient l'absurde prétention de mieux connaître la vraie 1) doctrine et d'apprécier plus sagement les règles de la discipline » les plus opportunes que ce grand nombre d'évêques , réunis de » tous les points de la chrétienté^ et plus vénérables encore par p leurs vertus et leurs lumières que par l'âge et l'expérience. id Les calvinistes français n'avaient pas cessé de s'agiter, pendant toute la durée du concile de Trente. Aussi intolérants qu'audacieux, ils voulurent exterminer ce qu'ils appelaient l'idolâtrie. Ils commencèrent à renverser les autels, à brûler les châteaux, à démolir les églises. Dès 1561, ils sommèrent Charles IX et la régente Catherine de Médicis d'abattre les images de Jésus-Christ et des saints. Catherine de Médicis, dont la maxime favorite était : Diviser pour régner, et qui redoutait également les deux partis, celui de Guise ou des catholiques à cause de son influence gouvernementale, celui des huguenots à cause de ses furetai, se plaça entre eux avec l'intention déclarée de tenir la balance égale, mais dans le dessein de les détruire l'un par l'autre. Cette poli- IV. 13
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tiqae, qu'elle croyait profonde, eut pour résultat de les fortifier tous les deux, d'allumer la guerre civile et de ruiner Tautorilé royale. Les Etats généraux, (pie le chancelier Michel de L'Hospîtal regardait comme Tunique moyen de pacifier tant de troubles, s'ouvrirent à Orléans (1561) sous de sinistres auspices. En vain le trop confiant chancelier, dans le discours d'ouverture, avait-il exhorté les membres des Etats à dépouiller tout sentiment personnel en faveur de l'intérêt national, on n'en tint aucun compte ; et pouvait-il en être autrement chez des hommes prêts à s'égorger? Les députés se séparèrent sans s'être entendus sur aucun point. Cependant le duc François de Guise ^ le connétable Anne de Montmorency etle maréchal de Saint-André, Jacques d'Albon, formèrent une association qui prit le nom de Triumvirat et qui avait pour but de maintenir la foi catholique dans le royaume (1 561). Philippe II, roi d'Espagne, ennemi déclaré des protestants, voulut en être le chef. Sur ces entrefaites, un édit royal (juillet 1 561) fiit promulgué par Catherine de Médicis, au nom du jeune roi. Les concessions qu'il faisait aux calvinistes révoltèrent les catholiques. La cour, sur l'avis de L'Hospital, crut avoir trouvé une voie de pacification en indiquant des conférences entre les docteurs des deux religions. Elles s'ouvrirent au mois d'août 1561 et sont célèbres sous le nom de Colloque de Poissy, Six cardinaux et quarante évêques s'y rendirent du côté des cattioliques : les calvinistes y étaient représentés par treize ministres de la Réforme, ayant à leur tête le fameux Théodore de Bèze, premier disciple et coadjuteur de Calvin. Le cardinal de Lorraine, et encore plus le Père Laynez, général des Jésuites dont la parole si lucide, si nette et si profonde avait tant d'autorité au concile de Trente, confondirent l'erreur. Le triomphe de ce dernier fut si complet et son discours si éloquent, que le Parlement consentit à confirmer rétablissement de l'ordre des Jésuites à Paris. Le roi de Navarre lui-même, témoin du peu de bonne foi que les ministres calvinistes avaient fait paraître dans les Conférences, se détacha de leur parti, et, renonçant à ses opinions hérétiques, se joignit au Triumvirat.
13. Battus au Colloque de Poissy, les réformés n'en furent pas moins entreprenants. Forts de toutes les concessions que la poU^ tique cauteleuse de la reine-mère mettait en avant pour les apaiser,
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ils n'attendaient qu^une occasion. Or, le 1^ mars 1562 , le duc François de Guise, passant un dimanche à Yassy» petite ville de Champagne, s'y arrêta pour entendre la messe. Les huguenots (1) tendent en ce moment leur prêche dans une grange voisine de Téglise, et ils entonnèrent des psaumes à Tinstant même où le prêtre montût à Tautel. Le duc les envoya prier de suspendre leurs chants qui nuisaient à la célébration de l'office divin. Mais ils n'en voulurent rien faire. Quelques gentilshommes de sa suite s'étant alors approchés du prêche par curiosité, ceux qui gardaient la porte s'imaginèrent qu'on venait les braver. On s'injurie de part et d'autre, le tumulte augmente et prend les proportions d'une émeute. Le duc, au bruit qu'il entend, quitte l'église pour rétablir l'ordre ; mais il est blessé lui-même à la joue. A la vue du sang qui coule, ses gens, devenus furieux, ne ménagent plus rien; en vain le duc essaie de les arrêter : sourds à sa voix, ils fondent sur les huguenots, en tuent une cinquantaine et dissipent le reste. C'est là ce que les écrivains protestants ont appelé le Massacre de Vassy. Ils veulent faire passer pour un odieux guetapens un événement où tout, au contraire, fut fortuit. Quoi qu'il en soit, ce fut l'étincelle âectrique qui répandit dans tout le royaume , le feu de la guerre civile, a César , disait le prince de » Coudé, a franchi le Rubicon. » Les calvinistes coururent aux armes ^ s'emparèrent des plus grandes villes, Lyon, Rouen, Tours, Orléans, commettant partout des ravages et d'horribles profanations. Es dévastaient les églises, renversaient les autels, pillaient les vases sacrés et les faisaient fondre ; ils brisaient les imagç^ @t brûlaient les reliques des saints. A Tours, ils n'épar* puèrent pas même le corps de saint Martin , ces restes augustes, Yénérég de la Franca et de l'univers entier. En plusieurs endroits, les prétrei^ et l^a religieux étaient massacrés. En Dauphiné, le trop fam^^u^ bsffon des Adrets, à la tête des calvinistes (1562), se distingua p^r âei ftete§ inouis de férocité. Toutes ces horreurs s'éteodaigot §W lêS d^YH tiers de la France. Dans cette première guerre aivilQi te m\ de Navarre, Antoine de Bourbon, réuni,
(1) Ce fa( & r^PQqu^ de fo aopjaration d'Amboise que les calvinistes furent appelés Huffuenots, Parmi |es dWefSes étymolosîes de ce mot, la plus probable paraît être Eignosien, ^xprçssion alUm&de ([ui signifie Confédérés
comme nous Favons vu, à la cause catholique, mourut d'une blessure au siège de Rouen (1562) (1) . Le prince de Gondé , à la tète d'un renfort de réformés allemands, marchait sur Paris pour le surprendre. Mais il rencontra à Dreux Tannée catholique^ commandée par le connétable Anne de Montmorency et le duc de Guise (1 9 décembre 1 562). La victoire resta à ces deux généraux. Les protestants se déshonorèrent par l'assassinat du maréchal de Saint-André 9 Jacques d'Albon, qui se trouvait au nombre de leurs prisonniers^ tandis que le duc de Guise, victorieux, partagea sa table et son lit avec le prince de Gondé, son captif. La guerre continua, sous les auspices de Goligny, qui, maître d'Orléans, en avait fait le boulevard des calvinistes. Le duc de Guise, nommé, par Catherine de Médicis, lieutenant général du royaume, résolut de faire un dernier effort pour abattre les rebelles et courut investir la ville que défendait l'amiral. Il en poussa le siège avec sa vigueur ordinaire, et déjà l'un des faubourgs était en son pouvoir lorsqu'il fut assassiné, d'un coup de pistolet, par Jean Poltrot de Mère, gentilhomme calviniste (2), et mourut en demandant grâce pour son meurtrier. Ainsi périt (18 février 1563) François de Guise « le plus grand homme de son siècle, de l'aveu même de » ses ennemis, » dit le célèbre historien de Thou. Le pardon qu'il avait voulu accorder à Poltrot ne fut point ratifié par la cour. L'assassin, interrogé, chargea Goligny : l'amiral entreprit de se défendre ; mais les deux apologies qu'il publia ne réussirent point à laver sa mémoire de cette infamie. La mort du duc de Guise força la reine à traiter avec les rebelles. L'édit d'Amboise (19 mars 1563) accordait aux calvinistes une amnistie générale pour tout le passé, la liberté de conscience et l'exercice public de
(1) M. Blanc» t. ii, p. 305, 306.
(2) Au siège de Rome, le duc de Guise avait été, une première fois, victime d'une tentative d'assassinat dirigée contre sa personne par un calviniste. Le meurtrier fut saisi et amené devant le prince, qui lui demanda s'il lui avait donné, sans le savoir, quelque raison de le haïr et d'attenter à sa vie. Celui-ci avoua qu'il n'avait, dans cette entreprise, consulté que l'intérêt de sa religion. • Eh bien ! lui dit le duc, si ta feligion t'oblige de tuer un homme, qui, de ton » propre aveu, ne t'a jamais offensé, la mienne m'ordonne de te pardonner; juge » quelle est la meilleure des deux. > Et immédiatement il le fit mettre en li* berté.
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leur culte dans une ville de chaque bailliage. Les hostilités ne recommencèrent pas moins en 1567. L'amiral de Coligny et le prince de Condé formèrent le projet d'enlever le roi, qui se trouvait alors à Monceaux, en Brie. Charles IX et Catherine de Médicis en eurent avis et se retirèrent d'abord à Meaux ; mais ils en partirent le lendemain avant le jour, et «prirent le chemin de la capitale, escortés d'un corps d'infanterie suisse. Cette troupe, commandée par le connétable Anne de Montmorency, fit si bonne contenance, que le prince dé Condé, n'osant l'attaquer ouvertement, se contenta de la harceler pendant la marche, qui fat longue et pénible. Le jeune monarque, qui n'avait que dix-sept ans, resta seize heures à cheval sans manger. Insensible à la faim comme à la fatigue, il animait lui-même son escorte. « Courage, » mes amis, leur disait-il, j'aime mieux mourir avec vous, Ubre » et roi, que de vivre captif. » Rien ne l'aigrit tant contre le parti calviniste que cet odieux complot, tramé contre sa personne ; il ne Toublia jamais (29 septembre 1567). Alors commença la seconde guerre civile. Les réformés avaient pris leurs mesures. Dès le même jour, ils s'étaient emparés d'Orléans, et leur fureur n'avait pas épargné la cathédrale, respectée dans les premiers troubles. Cependant on entama des négociations infiructueuses, et le 25 octobre suivant, l'armée royale en vint aux mains avec les rebelles qui s'étaient portés dans la plaine de Scdnt-Denis , comme pour braver le prince jusqu'aux portes de sa capitale. La victoire resta aux catholiques, mais elle coûta la vie au coimétable de Montmorency. Investi de toutes parts, le héros n'avait pas voulu se rendre. Renversé de cheval, criblé de blessures, il criait aux siens qui venaient le secourir : « Poursuivez l'ennemi, ne perdez point I» votre temps près de moi ; je veux mourir sur le champ d'hon- » neiu*. » Oa lui accorda les honneurs de la sépulture royale ; et la France pleura sa mort comme celle d'un sauveur et d'un père. Catherine de Médicis, profitant de la victoire de Saint-Denis, parvint à négocier la paix avec les rebelles. Les conventions en furent signées à Longjumeau, le 27 mars 1568. Elle ne pouvait être qu'une courte trêve, au milieu de l'exaspération générale qui régnait dans les partis. Aussi le peuple la nomma pittoresque* ment la paix boiteuse ou la paix mal assise, par allusion aux