‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 68 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sur le sacrement de l'Ordre avait pour but, en réglant les conditions d'admission aux saints ordres , de maintenir la hiérarchie ecclésiastique dans toute sa splendeur et sa pureté primitives. Le cha^Htre le plus important de ce décret, celui qui a rendu le plus de services à l'Église et qui suffirait seul à la gloire du concile de Trente, est celui où l'on ordonne l'établissement des séminaires dans chaque diocèse ; institution jugée dès lors si salutaire, que les prélats s'écrièrent de toutes parts « qu'ils se croiraient ample- B ment dédommagés de tous leurs travaux quand ils ne tireraient » point d'autres fruits du concile. » Le Pape fut le premier à donner l'exemple en fondant le séminaire romain, qu'il plaça sous la direction des Jésuites. Yoici les dispositions principales de ce chapitre mémorable, qu'on peut regarder comme le résumé vivant et pratique du saint concile de Trente, comme la réformation perpétuelle de FÉglise par elle-même. « Les jeunes gens, » disent les Pères , s'ils ne sont élevés dans les principes de la » Religion, sont portés à suivre les mauvais exemples du siècle. » Sans une protection particulière de Dieu, ils ne peuvent cons- 9 tamment s'entretenir et persévérer dans la discipline ecclésias- » tique, si, dès leurs tendres années, ils n'ont été formés à la 9 piété et à la religion avant que les habitudes vicieuses ne les » aient pervertis. C'est pourquoi le saint concile ordonne que » toutes les églises cathédrales ou métropolitaines, chacune selon » la mesure de ses facultés et suivant l'étendue de son diocèse, » seront tenues et obligées de nourrir, d'élever dans la piété et » d'instruire dans la discipline ecclésiastique un certain nombre » d'enfante de leur ville et diocèse ou de leur province, si dans le » lieu même il ne s'en trouve pas suHisamment, en un collège 1^ que l'évêque choisira près des églises mêmes ou en un autre 9 lieu convenable. — On ne recevra, dans ce collège, aucun en- 0 faut qui n'ait au moins douze ans, qui ne soit né de légitime » mariage, qui ne sache passablement lire et écrire, et dont le 9 bon naturel et les bonnes inclinations donnent lieu d'espérer 3» qu'il s'emploiera toujours au service de l'Église. — Le saint :» concile veut qu'on choisisse principalement les enfants des pau- » vres; il n'exclut pourtant pas ceux des riches, pourvu qu'ils s'y » entretiennent à leurs frais et qu'ils témoignent le désir de se

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» rendre un jour utiles à l'Église. — L'évêque, après avoir ré- » parti ces enfants en autant de classes qu'il le jugera bon, sui- D vant leur nombre, leur âge et leurs progrès dans la discipline y> ecclésiastique, en apfdiquera une partie au service des églises » lorsqu'il le jugera à propos, et retiendra les autres pour être D instruits dans le collège, en remettant toujours d'autres en la y> place de ceux qu'il en aura tirés : de manière que ce collège » soit un perpétuel séminaire pour le service de Dieu. — Afin » qu'ils soient plus aisément élevés dans la discipline ecclésiasti- » que, ils porteront toujours, dès leur entrée, la tonsure et l'habit » clérical, fls y apprendront la grammaire, le chant, le calcul y> ecclésiastique et tout ce qui regarde les belles-lettres. Us s'ap- » pliqueront à l'étude de l'Écriture sainte, des livres ecdésiasti- D ques, des homélies des ssdnts, de la forme des sacrements et » de la manière de les administrer, principalement le sacrement » de Pénitence ; enfin de tous les rites et de toutes les cérémonies » de l'ÉgUse. L'évêque aura soin qu'ils assistent tous les jours au » sacrifice de la Messe ; qu'ils se confessent au moins tous les » mois ; qu'ils reçoivent, de l'avis de leur confesseur, le corps de » Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et qu'ils servent, les jours de fête, » dans l'église cathédrale ou dans les autres églises du lieu, etc. » Dans tout ce chapitre, on voit avec quel soin, quelle tendresse, quelles précautions matemella^, l'Église de Dieu travaille à l'œuvre des séminsdres. A travers les douleurs et les larmes, son cœur tressaille de joie. C'était là, en effet, une création nouvelle de l'Esprit de Dieu, création spirituelle qui renouvellera la face de la terre, et par laquelle l'Église même retrouvera la jeunesse de Taigle et renaîtra sans cesse toujours ancienne et toujours nouvelle. Avec le temps et l'expérience, en combinant les divers degrés des séminaires ou écoles ecclésiastiques^ elle pourra oi^aniser chaque diocèse en académie chrétienne, en université catholique, où toutes les connaissances serviront à la* gloire de Dieu : les sciences naturelles à le faire admirer dans ses œuvres maternelles, les sciences littéraires, pour annoncer avec plus de dignité sa parole, chanter avec plus d'harmonie ses louanges ; l'étude des langues saintes, pour pénétrer plus profondément les mystères de l'Écriture et aplanir les voies du retour aux peuples encore éloi-

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gués de Jésus-Christ; les sciences théologiques et la méditation des docteurs et des Pères, pour puiser aux sources sacrées la connaissance de nos dogmes, l'esprit de foi, de piété, de zèle et d'in* telligence. Il y a cinquante ans, nous avons vu tous les séminaires de France ensevelis sous les ruines des églises et de la monarchie : et, peu après, nous voyons ces mêmes églises ressuscitées à la voix du successeur de Pierre, reconstruire, sur le [dan perfectionné du concile de Trente, non seulement de grands séminaires pour disposer plus prochainement les jeunes lévites au sacerdoce, mais encore de petits séminaires pour les y préparer de loin par les études littéraires. Œuvre de régénération qui réjouit le ciel et la terre^ et qui envoie des apôtres et des martyrs au Tonkin, en Chine, dans les forêts de l'Amérique et dans les lies de rOcéan.

10. Après l'heureux succès de la vingt-troisième session, rien ne retarda plus la marche du concile. Le 11 novembre 1563, la vingt-quatrième session s'ouvrit ; on y publia les canons siu* le sacrement de Mariage, au nombre de douze. « Si quelqu'un dit » que le mariage n'est pas véritablement et proprement im des » sept sacrements de la loi évangélique^ instituée par Notre-Sei- 9 gneur Jésus-Christ; mais qu'il a été introduit dans l'Église par 9 une invention humaine, et qu'il ne confère pas la grâce : qu'il }» soit anathème ! — Si quelqu'un dit qu'il est permis aux chré- 1» tiens d'avoir plusieurs femmes en même temps, et que cela » n'est défendu par aucune loi divine : qu'il soit anathème ! — » Si quelqu'un dit qu'il n'y a que les seuls degrés de consangui- 9> nité et d'affinité marqués dans le Lévitique qui puissent empén cher de contracter mariage ou qui puissent le rompre quand il » est contracté; et que l'Église ne peut pas donner dispense en i> quelques-uns de ces degrés ou en établir un plus grand nombre 9 qui empêchent et corrompent le mariage : qu'il soit anathème ! » — Si quelqu'un dit que l'Église n'a pas pu établir des empê- 1» chements dirimants du mariage ou qu'elle a erré en les élablis- » sant : qu'il soit anathème ! — Si quelqu'un dit que les clercs o engagés dans les ordres sacrés ou les réguliers qui ont fait pro- » fession solennelle de chasteté peuvent contracter mariage, etc. : » qu'il soit anathème I » Dans les décrets de réformation qui

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