‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 77 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SOMMAIRE

S i. poifîiPiCAT DE GRÉGOIRE xm (18 mai 157i-7 avril 1585).

1. Election de Grégoire Xm. Journée de la SaintrBarthélemy. » 9. Triomphe 4e Guillamne-le-Taeitome» prince d'Orange, dans lea Pays-Bas. Persécutions en Angleterre. ^ 8. Brownistes. Frères Moraves. Rodolphe II, empereur d'Allemagne, fût reconnaître son élection par le Salnt-Siége. — 4. Affaire dn cardinal Louis , roi de Portugal. » 5. Réforme du Calendrier, qui prend à TaTenir le nom de Calendrier Grégorien, — 6. Publication du Martyrologe romain. Mort de Grégoire XIII.

§ a. PONTIFICAT DE SIXTB-QUINT (24 aTril 1585-27 août 1590). 7. Antécédents de Sixte-Quint. » 8. Vie de Sixte-Quint par Grégorio Léti. — 9. Administration intérieure de Rome par Sixte-Quint. — 10. Congrégations de cardinaux instituées par Sixte-Quint. » 11. Mort de Marie Stuart en Angleterre. Sixte-Quint excommunie la régicide Elisabeth. Il forme contre elle une alliance avec Philippe II, roi d'Espagne. Destruction de V Invincible Armada. — 12. La Ligue en France. — 18. Meurtre du duc de Guise et du cai^ dinal, son frère. Assassinat de Henri III, par Jacques Clément. Avènement de Henri IV. — 14. Changement de conduite de Sixte-Quint par rapport à Henri IV et à la Ugue. Mort de Sixte-Quint.

§ 8. PONTIFICAT d'urbain VU (15 septembre 1590-27 septembre 1590).

15. Election et mort d'Urbain VIL § 4. PONTinCAT DE GRÉGOIRB XIV (5 décembre 1590-15 octobre 1591).

16. Election, court pontificat et mort de Grégoire XIV. § 5. PONTIFICAT d'innocent IX (80 octobre 1591-81 décenxbre 1591). 17. Election et mort d'Innocent IX.

§ 6. PONTIFICAT DE CLÉMENT vui (29 janvier 1592-8 mars 1605), 18. Election de Clément VIII. » 19. ligne de conduite du nouveau Pape par rapport aux affaires de France. — 20. Abjuration de Henri IV, à Saint-Denis, entre les mains de l'archevêque de Bourges. —21. Clément VHI reçoit l'abjuration de Henri IV, par l'intermédiaire de Duperron et d'Ossat, ambassadeurs de France à Rome. — 22. Molinisme. — 28. Examen et conclusion de TafEaire du Molinisme. — 24. Adjonction dn duché de Ferrare aux Etats pontificaux. Paix de Vervins. Dissolution du mariage de Henri IV et de Marguerite de Valois. — 25. Rétablissement des Jésuites en France par Henri IV. Mort de Clément VUL

§ 7. PONTIFICAT DE LÉON XI (1* avril 1605-27 avril 1605). 26.' Election, court pontificat et mort de Léon XL

§ t. PonUlleat de Grécolre XUI (13 mû 1572-7 avril 1585).

1. Le cardinal Hugues Buoncompagno succédait, le 13 mai 1572, à saint Pie Y, au moment où éclatait en France le grave

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événement de la Saint-^arthélemy. Les calvinistes n'avaient obtenu , de la reine Catherine de Médicis , le traité de Saint-Germaîn en Laye, que par la nécessité où se trouvait la cour de reeouvrer la paix à tout prix. Mais leurs menées n'avaient pas discontinué. Ss formèrent le complot de mettre à mort Charles IX et sa mère , durant les fêtes qui se donnaient pour le mariage du roi de Navarre , avec Marguerite, sœur de Charles IX. Telle est du moins la version officielle que Ton envoya à toutes les cours étrangères 9 le lendemain de la Sainl^Barthélemy. On avait agité au conseil la question de savoir quelle conduite on tiendrait visà-vis des huguenots, a Pour détourner les malheurs dont on est

* menacé, dit Catherine, l'unique et infaillible expédient serait » de tuer l'amiral , chef et auteur de toutes les guerres civiles ; les

* desseins des huguenots mourraient avec lui ; et les catholiques, » satisfaits du sacrifice d'un ou deux hommes, demeureraient » toujours en l'obéissance du roi. d Toutes les voix se rangèrent à cet avis. Mais Charles IX , dépassant de beaucoup le but qu'on voulait atteindre, se leva et dit : « Puisque vous trouvez bon que » l'on tue l'amiral, je le veux, mais aussi tous les huguenots de » France, afin qu'il n'en reste pas un qui puisse me le reprocher y» après, et donnez-y ordre promptement. r> Cette violence, dont il eût été facile, peut-être, de faire revenir un prince jeune et emporté, fut prise au pied de la lettre. Vers les deux heures du matin, jour de la Saint-Burthélemy (24 août 1572), la cloche de Saint-Germain-rAuxerrois donna le signal de l'exécution des calvinistes. L'amiral de Coligny est égorgé dans sa demeure; le tocsin sonnait de toutes parts. Les soldats et les habitants qui n'attendaient que le moment d'agir, se répandent dans tous les quartiers de la ville. On force les maisons où demeurent les huguenots; on assomme, on sabre, on fusille, on noie tous ceux qui se rencontrent. Le roi de Navarre, le prince de Condé ne durent leur salut qu'à leur titre de princes du sang. Ils envoyaient d'ailleurs, le lendemain, au souverain Pontife, leur abjuration signée de leur main, et la promesse d'être fidèles désormais à la religion catholique. Cet acte, arraché par la peur, fut bientôt révoqué par eux. La poursuite des calvinistes dans les provinces fut plus l'effet d'une réaction populaire que des ordres royaux. Il se trouva

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parmi les évèques et les gouverneurs , des hommes qui s'opposèrent à ces vengeances , et leur conduite , dans cette circonstance, sera l'éternel honneur de Thumanité. On a dit que Rome s'était associée, par des réjouissances publiques, aux scènes lamentables de la SaintrBarthélemy. Le courrier, qui en apporta la nouvelle, apprit au Pape que le roi venait d'échapper à une conjuration formidable, tramée contre sa personne. Le cardinal de Lorraine, qui se trouvait encore à Rome, où il était venu pour le conclave, sollicita de Grégoire XTÏÏ la permission de rendre à Dieu de solennelles actions de grâces, pour le remercier de la protection qu'il avait accordée au roi. Plus tard la vérité fut connue dans tous ses détails, et le souverain Pontife , par ses discours et ses bulles, manifesta publiquement son horreur pour un pareil crime. La Saint-Barthélémy ne produisit d'ailleurs qu'un efiet contraire à celui qu'en avait attendu Charles IX. Le roi de Navarre et le prince de Condé avaient pris la fuite, en rétractant leur abjuration. Ce fiit comme le signal de la quatrième guerre civile. Les calvinistes s'emparèrent de plusieurs places fortes^ entre autres de La Rochelle^ qui soutint neuf assauts et ne se rendit point. Le duc d'Anjou qui l'assiégeait, y perdit une grande partie de ses troupes. Appelé sur ces entrefaites au trône de Po* logne, par les suffrages des seigneurs de ce royaume, il Isdssa la conduite du siège à des généraux qui ne furent pas plus heureux. Pour sauver l'honneur des armes royales, il fallut accorder aux Rochellois une capitulation qui leur laissa le Ubre exercice de leur culte, et dans laquelle on comprit les villes de Nimes et de Montauban (6 juillet 1573). Ce traité particulier n'empêcha pas la guerre de continuer sur d'autres points de la France, et l'on ne voyait pas de terme aux désastres publics, lorsque Charles IX fut attaqué d'une maladie soudaine, a Tout son corps tressaillait » et se raidissait avec une extrême violence, dit Mézeray, et le » sang jaillissait par tous les conduits, même par les pores. » Il expira dans ces affireux tourments, le 30 mai 1574. A cette nouveUe, Henri m, duc d'Anjou, son firère , se hâta de quitter la Pologne et de venir prendre possession du royaume de France, où le dernier des Valois devait éteindre sa dynastie dans la honte des Mignons et l'ineptie des rois fainéants.

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