‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 8 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Charles YI et de Valenti» de Milan. Jeune encore, ce prince aimait à s'entourer de Kttérateurs, d'artistes et de savants. Digne d'être le enaatemporain de Léon X, ii fut ^ratommé le Père des fe//*«%J^anchise, honneur, bonté, ^nérosilé, Qowrage, il se pT^HWitfr à rhfetoire avec le cortège de tôutea^ les qualités qui commandent Paçiour ou Tadmiration. Sa naissance lui jlonnait le droit de revendiquer le Milanais, du chef de Valentîne, son aieule. 11 trouvait la France toute disposée aux guerres de Tltalie, inaugurées par Charles VIII et continuées par Louis XII. S'il était permis de juger, après coup, cette politique traditionnelle^ on serait tenté de blâmer, dans les rois de France, une persévérance ambitieuse qui fit couler des flots de sang, épuisa les trésors du royaume^^ troubla l'Italie et compromit la paix du monde, pour un résultat si stérile. Mais les droits qu'ils revendiquaient et qui nous semblent maintenant assez obscurs, étaient, sans doute, à leurs yeux, plus solidement fondés qu'ik ne nous le paraissent. Quoi qu'il en soit, au moment où le nouveau roi de France annonçait hautement ses intentions belliqueuses, le duché de Milan, objet de la querelle, était au pouvoir de Maximilieu Sforce, qui s'y maintenait, avec l'aide d'un corps auxiliaire de troupes suisses. La ligne politique de Léon X, dans ces conjonctures délicates, était tracée d'avance. Le pape aimait la paix ; il eût voulu la maintenir dans l'Europe entière : à plus forte raison, il eût souhiité la voir régner dans cette Italie, pour laquelle il rêvait de si brillantes destinées. Mais, dans la nécessité où il se trouvait, placé de choisir un parti et d'appuyer de son autorité l'un ou l'autre des contendants^ il devait rester fidèle à la cause si noblement défendue par Jules II, de l'indépendance italienne. Le Saint-Siège eût été menacé dans ses possessions patrimoniales, s'il avait eu les Français pour voisins en Lombardie. Les prétentions de ces derniers au trône de Naples auraient fût, des États pontificaux, comme le grand chemin de leurs armées. Voilà ce qui explique pourquoi Léon X, qui se sentait attiré par une conformité naturelle de goûts, et par l'amour commun des arts et des lettres, vers François I", dut sacrifier ses sympathies personnelles à des considérations d'un ordre plus élevé. Chef de l'Italie, par la haute influence que son

rang et son caractère lai assnraient, il ne pouvait être Français , 11 devait rester Italien. Cette nécessité politique n*a pas été comprise par quelques liistorieas, qui accusent la conduite de ce grand Pontife de pirHalitÔ-et d'injustice. Nous croyons, au«contraire, et, quoique Français, nous ne craignons pis de le dire, nous croyons que le premier des devoirs pour tous les peuples, est de défendre leur nationalité, même contre les Français, si les Français l'attaquent. Léon X le fit, et ceux qui le lui reprochent seraient les premiers à le blâmer, s'il eût agi autrement.

12. François P' venait de conclure un traité d*alliance avec les Vénitiens. Il était maître de Gênes. Les deux mers d'Italie étaient ainsi sous sa puissance. Léon X, de son côté, se ligua contre lui, avec Maximilien Sforce, Ferdinand-le-Catholique et les Suisses. Ces derniers avaient alors à leur tête un cardinal, guerrier comme Albornoz, courageux comme Guillaume Tell, éloquent comme saint Bernard : c'était Matthieu Schinner, évêque de Sion. Ses contemporains disaient de lui que, « depuis le )) grand abbé de Clairvaux, nulle parole sacerdotale n'avait été » entraînante comme celle de l'évêque de Sion. » Jules II l'avait revêtu de la pourpre romaine. Nature héroïque, Schinner réunissait les extrêmes les plus opposés. On le trouvait aux avantpostes, au centre, à l'arrière-garde : soldat, quand il s'agissait de combattre, évêque, quand il fallait réconcilier avec Dieu l'âme d'un mourant. Il couchait sur la neige, comme le dernier des hommes d'armes, et vivait au camp comme un ascète, jeûnant plusieurs fois la semaine, ne mangeant jamais de viande^ ne buvant que de l'eau, récitant son bréviaire, et restant de longues heures en prières, la veille d'une bataille. Les mœurs de l'époque expliquent, nous l'avons dit, ces contrastes que ne comporteraient plus les habitudes régulières de notre temps. La Suisse avait, dans Matthieu Schinner, un rempart plus sûr que dans ses monts couronnés de gfaces éternelles. Mais la valeur française et l'ardeur du roi chevalier devaient triompher de ces deux obstacles. Les Alpes furent escaladées. En moins de huit jours, François I" entre en Italie. Au premier bruit de sa marche. Milan se soulève et chasse de ses murs le duc Maximilien Sforce. Les Français n'claient plus qu'à quelques journées de

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