‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 7 sur 192 · CHAPITRE PREMIER. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. i

Lfttran eondamna ces erreurs. Certains ouvrages de Pierre Pomponaee (1462-1526), docteur de Mantoue, peuvent avoir donné lieu ai^ décret du concile. Dans son traité de V Immortalité de tfjmejÉQmpoTïdLce soutient que la raison seule pencherai à repousser 9|febgme, et que nous ne le pouvons connaître que par la révélation. N«ûs croyons au contraire que la raison incliae plutôt à admettre l'immortalité de l'àme. Si ses lumières ne sont point assez vives pour arriver à la certitude dogmatique de cette Térîté, au moins la raison, loin de la contredire, la confirmerait plntAt. Du reste, Pomponace, dont les philosophes du xvm* siècle avaient voulu faire comme un de leurs précurseurs, se montra toiqoors, dans sa conduite, un enfant docile de l'Église. Il soumit son livre à l'examei|^é l'inquisition, et le publia de nouveau avec les corrections qu'elle lui avait indiquées. La réputation posthume d'athéisme qu'on a voulu lui faire, n'est donc qu'un mensonge historique. Pomponace mourut, comme mouraient les philosophes de son temps, dans les sentiments de la foi la plus vive et de la piété la plus édifiante.

9. Pendant la durée du concile de Latran, les événements politiques avaient marché, et Léon X avait été forcé de reporter sur eux toute son attention. Louis XII, instruit par les revers, avait d'abord consenti à faire la paix avec la cour de Rome. Ses ambassadeurs se rendirent au concile de Latran, et désavouèrent, au nom de leur msdtre, les tentatives schismatiques du conciliabule de Pise. Léon X avait accueilli les démarches du roi très chrétien, avec une joie toute paternelle. Il accorda à Louis XII l'absolution des censures prononcées contre lui par Jules II. Tout souriait alors au Pape. Les Turcs, vaincus par les rois de Hongrie et de Pologne, laissaient respirer l'Italie. Emmanuel-le- Grand, roi de Portugal, comblé de richesses par le commerce des Indes, envoyait de magnifiques présents à Rome. Léon X lui conférait l'investiture des terres récemment conquises par les navigateurs portugais, et administrées, avec autant de sagesse que de courage, par le héros chrétien, Alphonse d'Albuquerqne, surnommé le Grand et le Mars portugais. Au milieu de ces événements prospères, qu'on célébrait à Rome par des fêtes somptueuses, le dix-septième concile général poursuivait ses travaux

et ses salutaires réformes, et Léon X entourait son trône de toutes les splendeurs des arts, de toutes les gloires littéraires, de toutes les magnificenoes du génie.

10. Cependant l'ambition de Louis XII n'était pas satisfaite. n songeait à une nouvelle expédition d'Italie, lorsque la mort vint le surprendre. Il succomba à une maladie vjolente, le 1*' janvier 1515, dans son palais des Tournelles, à Paris.. Si la passion des guerres lointaines et des lauriers militaires n'avait pas entraîné ce prince dans une voie pleine de difficultés et de périls, l'histoire aurait inscrit son nom parmi ceux des plus sages rois. Au moment où l'Italie, bouleversée par ses armes, ne voyait en lui qu'un de ces fléaux dont la Providence se sert pour cbàtier les nations, la France bénissait sa Qiémoire. A la nouvelle de sa mort, les crieurs publics parcouraient les rues en disant : « Le bon roi Louis, père du peuple, est mort I v> Et le peuple fondait en larmes. Jamais prince, en effet, ne mérita plus l'amour de ses sujets. Malgré ses nombreuses guerres, il ne voulut jamais augmenter les impôts. Il trouvait de quoi satisfaire à tous les besoins, dans une sage et rigide économie. « J'aime mieux, disait-il, » voir les courtisans rire de mon avarice, que mes sujets pleurer » de ma prodigalité. » A l'exemple de saint Louis, il allait souvent lui-même, sans escorte et sans suite, rendre la justice et dicter ses arrêts. Il abrégea les formalités judiciaires, en même temps qu'il condamna toute précipitation dans la procédure. Il avait deux listes toujours exactes : l'une, des grâces dont il pouvait disposer; l'autre, des personnes les plus recommandables de chaque province. Un bénéfice, un emploi venait-il à vaquer, c'était au plus digne que Louis XII le conférait. Tout se ressentit bientôt de cette heureuse administration. c< // ne courut oncqiieSy p dit Saint-Gelais, du règne de nul des autres , si bon temps D qu'il a fait durant le sien. » Quand il voyageait, les paysans quittaient leurs travaux, bordaient les chemins, les couvraient de verdure, et faisaient retentir les airs de mille acclamations : ic C'est bien notre père à tous, disaient-ils, il se prive pour » nous! »

11 . Louis Xn n'avait pas laissé d'enfants mâles. La couronne passa à François P% arrière-petit-fils du duc d'Orléans, frère de

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