‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 86 sur 192 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

toriété publiqae. En conséquence , Clément Vin déclara nnl ce premier mariage (1599) ; et Henri IV put épouser Marie de Médicis (1600), dont il eut un fils, qui fut depuis Louis XIO.

25. Le Pape voulut profiter des circonstances heureuses dans lesquelles il se trouvait. La guerre contre les Turcs avait de nouveau éclaté en Hongrie, et le Pontife , aux vues larges et élevées, songeait sérieusement à imprimer au monde catholique une direction commune, contre l'ancien ennemi du catholicisme. Mais si, d'un côté, l'empire ottoman s'affaiblissait de jour en jour, et semblait rendre réalisable la pensée de Clément YHI , de l'autre, Q n'existait pas une alliance assez intime , assez solide , entre les divers Etats de l'Europe, sortis à peine des grandes secousses politiques et religieuses qu'ils venaient d'éprouver. Le temps n'était donc pas encore venu pour une nouvelle croisade contre l'Orient. Clément ne fut pas longtemps sans se convaincre de cette vérité, et il cessa dès lors les immenses préparatifs qu'il avait conmiencés. Ce Pontife vit avec bonheur le rétablissement des Jésuites en France. Henri FV, peu content de réprimer les emportements des huguenots contre le chef de l'Eglise , prit , au sujet des illustres enfants de Loyola, une inébranlable résolution, qui combla de joie le cœur du souverain Pontife. On sait que la Compagnie de Jésus fut expulsée de France, après l'attentat de Jean Chastel sur la personne du monarque, parce que le régicide avait étudié quelque temps chez les Jésuites. Malgré les protestations de Chastel, et les preuves les plus évidentes qu'il donna de l'innocence de la Compagnie, jusqu'au dernier soupir et au milieu des plus cruelles tortures, ces religieux furent bannis du tenîioire français par le parlement, dont la majorité, selon le témoignage du président deThou, kiaîi huguenote. Depuis leur bannissement,' le Pape n'avait cessé de représenter au roi que cette injuste rigueur, exercée contre une société qui avait si bien mérité de l'Eglise , ne pouvait réjouir que les ennemis de la religion, ou, tout au plus, que quelques catholiques prévenus. Dans toutes les audiences qu'il donnait au cardinal d'Ossat, chargé à Rome des affaires de France, il lui exprimait sa doulein* à ce sujet. Le cardinal lui-même désirait impatiemment le rappel d'un ordre religieux qui avait été victime de la haine des calvinistes.

Henri TV ne tarda pas à réaliser les vœux du Pape et de son légat, n rappela les Jésuites et leur confia la direction d'un collège qu'il venait de fonder à La Flèche. « Je les estime, disaitr-il , plus )) capables que personne de bien instruire la jeunesse (1604). » Il ne cessa, dans la suite, de les combler des témoignages de sa bienveillance royale. Clément Vin ne survécut guère à cet acte de justice, accompli à sa sollicitation. Il mourut le 3 mars 1605. après un règne glorieux pour l'Eglise.

§ V. PoDtmcai de liéoa XI (1» avril 1605-27 avril 1605).

26. Clément YIII stvait prédit au cardinal Alexandre Octavien de Médicis qu'il serait son successeur ; ce cardinal, légat en France dans des temps fâcheux, s'y était conduit avec beaucoup de bonheur et de sagesse au milieu des troubles qui agitaient ce royaume. Élu Pape, le 1" avril 1605, il prit le nom de Léon XI. Le nouveau Pontife était proche parent de la reine de Franoe. Les lettres dans lesquelles Duperron annonçait cette élection à Henri lY, étaient pleines de la joie la plus expansive ; en France, on célébra ce glorieux avènement par des fêtes publiques. Mais Léon ne fit que paraître sur le siège apostolique ; il mourut le vingt-septième du même mois où il avait été élu, emportant dans la tombe les regrets de tout le monde chrétien.

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