CHAPITRE vn
gré la vertu et la science, et qai fut l'ami de saint Vincent de Paul.
8. Mais c'était surtout en France que la Religion remportait d'importantes victoires. La conversion de Henri IV, quoi qu'en aient pu dire les Protestants^ avait été sincère, si l'on doit juger une conversion par ses résultats. Depuis son abjuration à Saint- Denis, ce prince avait avoué hautement ses tendances religieuses. Les instructions secrètes adressées à ses ambassadeurs, à Rome, sont pleines des témoignages les moins équivoques de vénération et d'amour pour le Saint-Siège. Nous l'avons vu intervenir efficacement dans le débat élevé entre la cour de Rome et le sénat vénitien. Plus tard c'était au Pape qu'il confiait ses projets politiques sur l'Espagne, ses idées sur la situation générale de l'Europe, où l'on retrouve la finesse d'observation, jointe au coupd'œil du génie. Dès l'an 1598, il avait déclaré que son intention était de rendre l'Eglise aussi florissante qu'elle avait été un siècle auparavant. Il avait rappelé les Jésuites et promis de les maintenir en dépit des parlements. Il est vrai que l'édit de Nantes avait paru, aux yeux des catholiques, favoriser outre mesure les huguenots. Mais peut-être l'historien attentif ne doit-il voir, dans cette acte de clémence royale, qu'une mesure de pacification qui rendait à la France un peu de calme après tant d'orages. Si Henri IV eût su régner sur lui-même, comme il savait régner sur son peuple, il eût été sans contredit le plus grand des rois. La France, avilie et ensanglantée sous les derniers Valois, respirait enfin sous son sceptre paternel. Henri FV était le roi des cœurs, il n'y avait qu'une voix pour bénir sa domination. Ce concert d'éloges se changea bientôt en un cri de deuil et de désespoir. Le 1 4 mai 1610, Henri IV succomba sous le poignard de l'infâme Ravaillac. L'Europe entière s'associa aux regrets de la France, et le grand homme eut la gloire d'être pleuré même par ses ennemis. Le Pape Paul V laissa éclater toute sa douleur. Dans un consistoire assemblé aussitôt que la triste nouvelle fut parvenue à Rome, le souverain Pontife exprima toutes les angoisses qu'il avait éprouvées en apprenant une nouvelle aussi fatale pour l'Eglise. Il adressa à Marie de Médicis une lettre où il exhortait cette princesse à défendre la foi et à élever son fils Louis XQI dans des sentiments