CHAPITRE vn
séances, et où le roi devait se trouver le lendemain avec sa f imille, ses ministres, les pairs et les communes, on trouva, dans une cave qui communiquait à une maison voisine, trente-six barils de poudre et une grande quantité d'autres matières inflammaMes. Un honune s'y tenait caché avec des mèches toutes préparées, et \m cheval seUé pour prendre la fuite. On imagine facilement la sensation que produisit cette découverte dans tout le royaume. On arrêta les chefs de la conspiration. C'étaient Percy et Gatesby, tous deux de naissance illustre , tous deux poussés par des moti& politiques et personnels, où la religion était complètement étrangère. L'instruction du procès démontra ce dernier point jusqu*à l'évidence. Néanmoins les protestants répandirent le bruit que tous les catholiques avaient trempé dans cet odieux complot, et qu'il avait été tramé par les missionnaires. Cette dernière expression désignait les Jésuites, qui étaient venus en Angleterre, dans l'intention de combattre le schisme. On les poursuivit donc à outrance, et l'on compte plus de trente prêtres, religieux ou séculiers, anglais ou étrangers, qui, à ce sujet, expirèrent dans les tourments. Les protestants eurent ainsi tout lieu de s'applaudir des manœuvres qu'ils employaient pour rendre les catholiques odieux au roi. Des renseignements plus exacts ont appris, depuis, que la prétendue Conspiration des poudres avait été ourdie par un ministre et quelques courtisans de Jacques P', dans le but d'animer le roi contre ceux de ses sujets restés fidèles à la communion romaine. Afin de poursuivre ce plan perfide, le parlement dressa le fameux serment d'allégeance^ qu'il rendit obligatoire pour tous les Anglais. Il portait en substance que l'on rendrait obéissance au roi, nonobstant toute sentence d'excommunication et de déposition prononcée par le Pape, auquel on refusait complètement le droit d'intervenir dans le gouvernement de l'Angle* terre. Paul V se hâta d'adresser aux catholiques anglais deux bre£s> pour leur défendre, sous les peines les plus rigoureuses, de prêter le serment qu'on exigeait d'eux (1607). La persécution continua donc avec une nouvelle ardeur en Angleterre ; les malheureux catholiques furent proscrits, emprisonnés; et un grand nombre d'entre eux furent contraints d'aller chercher sur la terre étrangère une liberté qu'ils ne trouvaient plus dans leur patrie.
7. Cependant y au milieu des graves préoccupations du pontificat de Paul Y, le Cathcdicisme, sous Téiendard de la Papauté, marchait à de nouvelles conquêtes. Le roi de Congo , nouvelle-ment converti à la foi, demandait solennellement au Pape des missionnaires pour évangéliser son ptuple. En Pok^e, où Je Protestantisme avait eu, pendant quelque t^nps, la prédominance, Sigismond m suivait avec ardeur l'impulsion catholique, qui mettait alors l'Europe en mouvement. Ce prince devint roi de Suède par la mort de son père Jean (1592). A son avènement au trône, bien qu'il eût promis de maintenir les privil^es des églises réformées, et de laisser à tous ses sujets une entière liberté de conscience, toutes les espérances des catholiques s'étaient réveiUées, et les protestants conçurent de vives alarmes. Ceux-ci firent éclater une opposition formidable ; mais Sigismond conti* nua à favoriser la cause des catholiques, et s'il ne parvint pas à la faire triompher complètement, il prouva du moins combien l'action du Catholicisme était vivace à cette époque de restauration rdigieuse. Ce fut à son influence que la Pologne fut redevable de la conservation de sa foi ; le Protestantisme y fut entièrement étouffé (1607). — En Allemagne, où chaque souverain s'arrogeait le droit d'instituer dans ses Etats une religion suivant son caprice, les princes catholiques se tenaient comme spécialement obligés de ramener leurs sujets à la communion romaine. De nombreuses conversions s'opérèrent de toutes parts : ce fut comme la réaction opposée au mouvement luthérien qui avait caractérisé le commencement du règne précédent : un immense progrès d'ascension se réalisa en faveur du Catholicisme. — La Suisse , où Calvin avait réussi à implanter ses doctrines sombres et cruelles^ paraissait plus éloignée que toutes les autres provinces d'un mouvement de retour à la foi catholique. Mais Dieu lui réservait un missionnaire et un apôtre, dont la parole insinuante et douce, dont le caractère aimable et séduisant, dont l'infinie mansuétude et le zèle infatigable devaient réaliser, dans les montagnes du Chablais et sur les confins de la Suisse, les prodiges de conversion des siècles apostoliques. Nous aurons à parler plus en détail de cette merveille du xvn' siècle, de cet évêque gentilhomme, comme on a appelé saint François de Sales, qui réunit au plus haut de-