‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos jours (volume 3)Chapitre 98 sur 192 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

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» la part de chaque nation. Nulle assemblée ne réunit jamais un » plus grand nombre de cardinaux, d'évèques et de théologiens » distingués par leur piété sincère et leur science profonde. Quels m changements heureux , quel progrès dans l'Eglise, si tous ces B décrets avaient été fidèlement observés, comme le désiraient » ces vertueux représentants de la catholicité ! Malheureusement To des considérations particulières de politique ou d'ambition pré- D valurent dans quelques états européens, et empêchèrent Tadop- » tion des règlements disciplinaires du concile. En France , le n refus vint des parlements, imbus des principes du gallicanisme. » En Espagne, on ne promulgua les décrets qu'en les accompa- » gnant de la restriction ■ a Sans préjudice des droits royaux. » » L'opposition de la France tomba principalement sur les décrets V concernant : les amendes et les peines d'emprisonnement en 9 matière spirituelle , laissées au pouvoir de l'autorité ecdésia»- D tique; le duel, le concubinage, le divorce; le jugement des D évèques par le Pape seul ; le consentement des parents reconnu s> nécessaire en France pour les mariages, et non exigé par le » concile, etc., etc. »

4. Les membres des anciens ordres religieux n'avaient pas, dans la lutte engagée entre l'Eglise et le protestantisme, rendu tous les services qu'on aurait pu attendre de leur zèle et de leur piété. Les uns étaient restés spectateurs du combat, sans y prendre part ; d'autres avaient donné le scandale de l'apostasie. L'Esprit saint, toujours vivant dans l'Eglise, produisit alors un ordre nou* veau qui , né de la force des circonstances, était , par là même / pn^re à répondre aux besoins du temps. Cet ordre, devant surtout faire contrepoids dans l'Eglise au Protestantisme, a toujours efrayé l'imagination des protestants, qui n'y ont vu qu'un épouvantail pour l'humanité, aussi redoutable qu'odieux. Au sein même de l'Eglise catholique, on ne s'est pas toujours formé un jugement exact et vrai sur cette société célèbre des Jésuites, qui n'a soulevé tant de haines que parce qu'elle a constamment attaqué toutes les passions. La constitution de l'ordre, beaucoup plus nette et plus forte que toutes celles des autres ordres , peut se résumer ainsi :

5. Le but principal de la société est la plus grande gloire de

270 RiSUMÉ DE LA SEPTIÈME ÉPOQUE.

Dieu (il. M. D. G.) (1). Ses membres doivent travailler au salut du prochain comme au leur propre. Us travaillent au sahit du prochain par la prédication, les missions, les catéchismes, la controverse contre les hérétiques, la confession et surtout par l'instruction de la jeunesse ; à leur propre sahit , par la prière intérieure, Texamen de conscience , la lecture des livres ascétiques et la fréquente commimion. Avant leur réception, les candidats passent par l'épreuve d'un noviciat de deux ans, durant lequel toutes les études sont interrompues, et qui est principalement employé à des exercices spirituels. A la fin du noviciat se font les premiers et souvent les seconds vœux, semblables à ceux des autres ordres. La pauvreté des membres consiste en ce qu'ils ne peuvent posséder, soit individuellement, soit collectivement, ni revenus, ni propriétés, et doivent se contenter de ce qu'on leur donne pour leurs besoins. Mais les collèges sont dotés, afin que ceux qui enseignent et ceux qui étudient ne perdent pas leur temps aux soins de leur entretien. Après le noviciat, commencent les études, qui consistent principalement dans la connaissance des langues, de la poésie, de la rhétorique, de la philosophie, de la théologie, de l'histoire ecclésiastique et de l'Ecriture sainte. Ceux qui ^e livrent à ces études doivent, pour entretenir la piété dans leur cœur> faire de fi:équents examens de conscience, s'approcher des sacrements tous les trois jours, et renouveler leurs vœux deux fois par an. Chaque membre est surveillé par un confrère. Il sort toujours accompagné. Alors vient le second noviciat, qui dure un an, et pendant lequel on est employé à la prédication , aux catéchismes, à l'enseignement. Cependant la majeure partie du temps doit être consacrée à la contemplation, dont saint Ignace a tracé les règles dans ses Exercices spirittiels. D'après leur talent, les membres de la société sont partagés en trois classes : 1* Les pro^ fès, qui, outre les trois vœux monastiques, font le quatrième vœu d'obéissance absolue au Pape, par rapport aux missions. Il y a peu de profès , ou jésuites du quatrième vœu. C'est parmi eux que sont élus le général et les autres chefs des instituts de l'ordre. Ces instituts sont les maisons professes^ dirigées par un préfet; les

(i) Ad majorem Dei gloriam,

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eolUges, comprenant au moins treize membres , sous un recteur; les collèges affiliés ou résidences, ayant un supérieur, et dans lesquels les Pères âgés trouvent une retraite pour se reposer ou mettre la dernière main à leurs écrits ; enfin les maisons de mis-sions, pour venir au secours des curés dans les campagnes. Les prétendus monita sécréta des prof es, qu'on a si souvent reprochés à la société, ne sont qu'une méprisable calomnie ; de même que la proposition qu'on prétend tirer des constitutions, et qui donnerait à un supérieur le pouvoir d'ordonner un péché, résulte d'un perfide malentendu (1) ; 2"* Les coa^juteurs^ qui comprennent la majorité des membres de la société, chargés de l'enseignement des collèges et du ministère pastoral. Parmi eux les scolastiques [scolastici approbati) sont destinés aux plus hauts emplois de l'enseignement ; 3* Les coadjuteurs temporels {coadjutores temp.) firères laïques, destinés aux services manuels, et aux plus basses fonctions.

6. A la tête de chaque province est placé un provincial. Tout l'ordre est gouverné par uu té éral, qui réside à Rome et jouit d'un pouvoir absolu, en tant qu'il observe les anciennes lois de l'ordre. Les modifications ne peuvent être introduites que dans les assemblées générales. Le général nomme les supérieurs, afin de prévenir les dissensions et les intrigues auxquelles pourraient donner lieu des élections par voie de suffirages ; cependant, pour ce choix, il consulte le provincial et trois autres jésuites. Les supérieurs de tous les instituts sont obligés de rendre compte, chaque année, au général, de la conduite et des talents de leurs subordonnés. Le général a six assistants, honmies éprouvés et habiles, appartenant à l'Allemagne, la France, l'Espagne, le

(1) Le passage en question est ainsi conçu : « Visum est nobis in Domino, excepte expresso veto quo societas summo Pontifici, pro tempore existenti, tenetur, ac tribus aliis essentialibus paupertatis, castitatis, et obedienti», nuUas conslitutiones , declarationes vel ordinem uUum vivendi, posse obligalionem ac peccatum mortale, vel veniale inducere , nisi superior ea in nomine Domini Jesu Christi, vel in virlute obedienti», juberet. ■ Diaprés le contexte et l'ensemble de cette citation, le sens est clairement celui-ci ; f Les quatre grands vœux seuls • lient toujours, les antres constitutions et ordonnances ne peuvent lier qu*aui tant que le supérieur Texige en vertu de Tobéissance ou au nom de Jésus- » Christ. 1

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