GÉLASE H
de Bénévent, était digne du rôle d'intrus, que l'empereur voulait lui faire jouer. Il se revêtit de la pourpre romaine et prit le nom de Grégoire VIII. Le véritable Pape avait été sacré à Gaëte, en présence de Guillaume, duc d'Apnlie, de Robert, prince de Capoue, et d'une foule de seigneurs italiens, qui lui prêtèrent le serment de fidélité. Il réunit un concile à Capoue, où il excommunia solennellement l'antipape et l'empereur Henri V. En même temps, il adressait à l'archevêque de Tolède et aux évoques d'Espagne, l'ordre de pourvoir l'église de Braga d'un autre titulaire à la place de Maurice Boiirdin, que son intrusion venait de faire retrancher du sein de l'Eglise catholique. Une autre lettre, envoyée aux princes et aux évêques de toute la chrétienté, h\u apprenait les attentats commis contre la majesté pontificale, et la sentence fulminée contre ! urs auteurs. Le monde chrétien put ainsi savoir que les indignes héritiers du sceptre de Charle— magne employaient, contre l'Église romaine, le pouvoir qu'ils tenaient d'elle et les forces du saint empire romain.
31. Après avoir consommé le schisme et renouvelé, pour la troisième fois, la cérémonie de son couronnement , Henri V rt prit la route de l'Allemagne, laissant Rome au pouvoir de l'antipape et de ses partisans. Au péril de sa vie, l'intrépide Gélase II parvint à rentrer secrètement dans la Ville éternelle, et se tint quelque temps caché, au sein d'une famille fidèle et dévouée. Mais le jour de la fête de sainte Praxède , il voulut officier dans l'église dédiée à cette sainte. Au milieu des cérémonies sacrées, Cencio Frangipani, celui qui avait déjà une fois porté les mains sur l'oint du Seigneur, vint, avec une bande de soldats, faire le siège de l'église. Ëtienne-ie-Norinand et Crescence Gaëtano, neveu du Pape, résistèrent vigoureusement. Le combat dura une partie du jour. Gélase II réussit à s'échapper, au milieu du tumulte, et gagna, dans la campagne de Rome, une chaumière isolée où une pauvre femme donna l'hospitalité la plus touchante au vicaire de Jésus-Christ. Le lendemain, les cardinaux et quel< ques-unsde ses serviteurs vinrent le rejoindre. <c Fuyons, leui » dit Gélase, fuyons cette terre d'Egypte; fuyons la nouvelle » Babylone ! Au temps marque, la Providence ramènera ceux n d'entre nous à qiiice bonheur est réservé. » Le souverain Pon-