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de l'éclat et de la splendeur qui convenaient à un chancelier d'Angleterre. Devenu archevêque, il prit l'habit des moines de sa cathédrale, se revêtit d'un cilice, assista à tous les offices de la nuit, et devint, par l'austérité de sa vie, la régularité de ses mœurs, son zèle pour la discipline et sa vigueur pastorale, le modèle de tous les prélats. Il avait remis, aussitôt après sa nomination, les fonctions de chancelier entre les mains du roi. Cette première démarche lui valut la disgrâce de Henri II. La question du serment acheva d'irriter le monarque. Le roi voulut exiger de Thomas Becket la promesse de maintenir toutes les coutumes d'Angleterre. Sous ce nom, Henri U comprenait tous les abus que nous avons mentionnés plus haut. Une assemblée générale fat convoquée à ce sujet l'an 1164, à Clarendon. Tous lesévéques prêtèrent le serment; Thomas Becket seul le refusa. L'archevêque d'Yorck, Févêque de Londres, se jetèrent à ses pieds, le supplièrent de se laisser fléchir et d'épargner à l'Eglise d'Angleterre tous les malheurs qui suivraient nécessairement une résistance obstinée. Leurs larmes ébranlèrent le courage du saint Pontife, il connaissait mieux que personne le caractère violent et emporté du roi. c La colère de Henri II, dit un histo— i rien anglais, était la frénésie d'un insensé; sa furie, celle » d'une bête féroce. Au milieu de ses accès de rage, ses yeux i s'injectaient de sang, ses regards jetaient des flammes, sa » langue vomissait des torrents d'injures et d'imprécations; ses i mains portaient leur vengeance sur tout ce qui se trouvait à » leur portée. » L'archevêque de Cantorbéry crut que le bien de l'Eglise demandait de ménager un tel homme. Il céda malgré lui ; et commença ainsi sa carrière de luttes et de combats par un acte de faiblesse dont il ne tarda pas à se repentir. En sortant de Clarendon, où il venait de prêter le serment, il entendit tin des clercs de sa suite s'exprimer bbrement sur ce qui venait de se passer, t Que deviendra l'innocence? disait-il. Qui la sou-
• tiendra, quand son défenseur naturel s'est laissé vaincre? — » De qui parlez-vous, mon fils? demanda tout à coup Tarche-
• vêque. — De vous-même, répondit le clerc; de vous, qui avez » aujourd'hui compromis votre honneur et votre conscience; » qui avez donné à la postérité un exemple odieux, en étendant
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i» vos mains sacrée pour jur*r l'observ lion de ^utum*» » àétestahles. » — « Ce fut là, dit Bossuct , le chant du coq qui * réveilla saint Pierre. » L'archevêque pleura amèrement. « Je » s^ns toute l'horreur de ma faute 1 s'écria-t-il; je n'approcherai » plus de l'autel du Seigneur, jusqu'à ce que j'en aie reçu l'abw solution des mains du Pape. » Il envoya en effet, à Sens, des députés pour la solliciter auprès d'Alexandre III, et adressa le lendemain, au roi d'Angleterre, la rétractation de son serment
22. Ilenri II le fit citer au concile de Northampton pour y répondre de sa rébellion. L'archevêque se présenta devant le monarque, tenant en main sa grande croix pastorale. « J'ai » voulu, dit-il, porter moi-même cette croix : elle est mon éten- » dard et ma sauvegarde ; elle me rappelle le roi des cieux , dont » je défends la cause. » Les évêques courtisans n étaient pas dignes de comprendre un si noble langage. Tous, à l'exception de Roger, archevêque d'Yorck, déclarèrent Thomas Becket traître et parjure. Le saint Pontife, en entendant cette sentence, se leva : « Ecoutez encore, mon fils, dit-il au roi. L'âme » doit commander au corps; l'Eglise doit commander aux rois » dans les choses spirituelles. Je décline votre juridiction et j'en » appelle au souverain Pontife , qui seul peut me juger de la » part de Dieu; je mets sous sa protection l'église de Ganterie béry, ma dignité, mon honneur et ma foi. Et vous, mes frères » les évêques, qui préférez obéir à un roi mortel plutôt qu'à Dieu, » je vous appelle aussi au jugement du Pape; et, ainsi, je me r> retire garanti par l'autorité de l'Eglise et du siège aposto- » lique. » Elevant ensuite sa croix, il sortit de l'assemblée. La foule, qui se pressait aux portes du palais, le reconduisit en triomphe.
23. Le lendemain (2 novembre 1164) quelques pèlerins abordaient à Boulogne-sur-Mer. L'un d'eux était Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry. Il se hâta de traverser la Normandie pour se soustraire aux poursuites de Henri II, et vint à Sens, où le Pape Alexandre l'accueillit comme un confesseur de la foi. Cependant des députés du roi d'Angleterre se rendirent à Compiégne, et sommèrent Louis-le-Jeune de remettre, entre les mains de leur maître, « le parjure Thomas Becket, ci-devant