‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 173 sur 324 · Election et mort d'Honorias IV · texte numérisé non relu

Election et mort d'Honorias IV

§ 16. pontificat de Nicolas v (15 février 1288-4 avril 12M). 53. Election et mort de Nicolas V.

5 27. pontificat de saint célestin y (7 juillet 1294-18 décembre 1294)* 54. Election et abdication de saint Célestin V.

S 1. F*atf fleat d'BonorliM III (18 juillet 1216-18 mars 1217).

1. Le souverain pontificat était devenu comme le centre de l'univers. S'il était la plus haute dignité, il entraînait en même temps la responsabilité la plus formidable. Le cardinal Cencio SaveUi, élu Pape, sous le nom d'Honorius III, deux jours après la mort d'Innocent, se montra digne d'un tel héritage, et s'attacha à suivre dans tous ses actes la politique de son illustre prédécesseur. A sa voix, l'Europe s'ébranla encore pour la cinquième croisade. Le jeune Frédéric il (1221) était venuàRome recevoir

328 honorius m (1216-1227).

la couronne impériale des mains d'Honorius. U promit au serment du sacre de prendre la croix et de voler au secours de la Palestine. Mais il oublia bientôt sa promesse. Le pupille de l'Eglise romaine songeait dès lors à tourner contre sa mère adoptive la puissance qu'il avait reçue d'elle. L'empire latin de Constantinople ne pouvait prêter aucun secours à l'expédition de la Palestine : les chevaliers d'Occident, qui l'avaient fondé, étaient assez occupés à le maintenir contre la perfidie des Grecs et contre les invasions de Joannice, roi des Bulgares. Baudoin Ier, tombé dans les fers de ce barbare , avait renouvelé l'héroïque chasteté de Joseph et était mort dans les plus affreux supplices. Il avait eu pour successeur Henri de Hainaut , son frère , qui mourait lui-même empoisonné en 1216. La couronne impériale fut offerte à Pierre de Courtenay, comte d'Auxerre, marié à la princesse Yolande, sœur de Henri de Hainaut. Ce prince, par ses alliances, était alors l'un des plus puissants seigneurs de la chrétienté. Il était cousin germain de Philippe-Auguste (1), roi de France. Il avait marié sa fille, nommée Yolande, comme sa mère, à André, roi de Hongrie. Pierre de Courtenay se fit sacrer à Rome, par Honorius III (9 avril 1217) , et partit, accompagné du légat apostolique, Jean Colonna, pour prendre possession de son nouvel empire. En traversant les montagnes d'Albanie U fut fait prisonnier par les troupes de Théodore , despote d'Epire, et mourut dans les fers. Robert de Courtenay, son frère, lui fut donné pour successeur, et se fit couronner à Sainte-Sophie (25 mars 1221). Au milieu de tant de vicissitudes, constamment en butte aux attaques de Théodore Lascaris et de David Comnène, les deux empereurs grecs de Nicée et de Trébizonde , Robert de Courtenay ne pouvait songer à éloigner ses forces pour une ex- Ci) Pierre de Courtenay avait pour père le prioce royal de France, Pierre, cinquième fils du roi Louis-le-Gros , qui épousa l'héritière de Courtenay. Cette branche de la maison de France, qui a donné plusieurs empereurs de Constantinople et une impératrice titulaire, s'est éteinte, en 1730, dans la personne 'd'Hélène de Courtenay, épouse de Louis-Bénigne de Bauftremont, dont les descendants, créés princes du Saint-Empire, par l'empereur d'Autriche François I«rt en 1757, subsistent encore aujourd'hui, et font revivre les glorieuses traditions de la noblesse française.

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