‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 194 sur 324 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

» célébrer, en sa présence, les saints mystères. Il a fait mourir, » dans les plus affreux supplices, les seigneurs siciliens attachés à » la foi catholique , et a condamné leurs familles au bannisse- » ment. Malgré tant de crimes, l'Eglise, comme une mère tendre » et miséricordieuse, lui aurait ouvert ses bras s'il eût témoigné » un sincère repentir. Nous lui avons transmis des propositions » de paix qu'il a rejetées avec mépris. Dans un tel état de choses, r> nous ne croyons pas qu'il vous soit convenable de contracter » une alliance avec un ennemi de l'Eglise, pour laquelle vous » vous êtes toujours montré vous-même un fils dévoué et un défenseur fidèle (1262). »

30. Le noble langage du souverain Pontife ne fut pas écouté. Jacques II passa outre et conclut l'alliance projetée avec le tyran. Urbain IV n'hésita plus. Il déclara le trône de Sicile vacant, et l'offrit à saint Louis qui le refusa. Le Pape en fit alors la proposition à Charles , comte d'Anjou et de Provence, frère du roi de France, qui entama à ce sujet des négociations sérieuses.

31. Cependant depuis la mort de Frédéric II, c'est-à-dire depuis plus de douze ans, l'empire d'Allemagne était resté sans titulaire. Les deux prétendants, Richard, comte de Cornouailles, et Alphonse , roi de Castille , firent des démarches auprès du nouveau Pape , pour qu'il décidât la question par une sentence définitive. Un troisième parti , qui voulait porter le jeune Conradin au trône, venait de se former en Allemagne. Les circonstances étaient graves et difficiles. Urbain IV fixa aux princes rivaux une époque déterminée pour se rendre en sa présence et entendre le jugement. Mais la mort prématurée d'Urbain IV, dont la sagesse , la modération et la fermeté apostoliques avaient fait concevoir les plus légitimes espérances, prévint la conclusion de cette affaire (2 octobre 1264). Urbain IV avait immortalisé son règne , si court, par une institution chère à tous les cœurs catholiques. Quelques mois avant sa mort il avait, dans une bulle solennelle, établi la fête du Saint-Sacrement ; et, par son ordre, saint Thomas d'Aquin en avait composé Tadmirable office.

§ V. Pontifient de Clément IV (S février 1265-29 novembre 12C8).

Page 1