Le cardinal Guido Fulcodi fut élu, pour succéder à Ur
370 clément iv (1265-1268).
bain IV, par les cardinaux réunis à Viterbe, où la cour romaine était restée depuis Alexandre IV. Au moment de son élection, Guido Fuloodi revenait d'Angleterre, où il avait accompli une mission en qualité de légat. Il apprit en route la nouvelle deson exaltation. Pour échapper aux embûches de Mainfroi , il se déguisa en frère mendiant , et arriva ainsi à Pérouse , où les cardinaux vinrent se prosterner à ses pieds et procéder à la cérémonie du couronnement. Il prit le nom de Clément IY. Caractère ferme et énergique, désintéressement absolu qui allait, à l'égard de sa famille , jusqu'à la rigueur, vigilance et activité, abnégation complète de soi-même, les vertus du nouveau Pape rappelaient celles des Grégoire VII et des Innocent III. Le temps seul lui manqua pour faire de son pontificat un des plus illustres de l'histoire ecclésiastique. Par une bulle du 6 février 1265, il nomma solennellement roi de Sicile , Charles, comte d'Anjou et de Provence , à la condition , pour ce prince , de payer à la cour de Rome un tribut annuel de 8,000 onces d'or et d'une haquenée, et de recevoir son royaume en fief, sans loi saiigue : « te » élections des églises seront entièrement libres, sans que jamais » le nouveau roi puisse exiger à cet égard aucune espèce de droit » Toutes les lois de Frédéric II , de Conrad ou de Mainfroi, con- » traires à la liberté ecclésiastique, seront révoquées; il n'y aura » point de régale pour les églises vacantes. » Charles accepta toutes ces conditions, et se rendit à Rome, où quatre cardinaux, délégués par le souverain Pontife, qui habitait Pérouse, le sacrèrent solennellement.
33. Le nouveau roi de Sicile était digne du choix de FEgUsp romaine. Aussi sage que brave, d'un coup d'œil prompt et sur. vigilant dans le succès, ferme dans l'adversité, observateur fidèle de sa parole, laborieux au point de se refuser même le sommeil- Charles d'Anjou eût laissé à l'histoire un nom sans tache, si k meurtre juridique de Conradin n'était, depuis, venu flétrir sa mémoire, et s'il avait joint la modération qui conserve les Etat à la bravoure qui les fonde. Après son couronnement, il s'avança vers Naples, à la rencontre de Mainfroi, contre lequel Clément H avait prêché une croisade. Le choc des deux armées eut lieu à Bénévent (1266). On prétend que Charles d'Anjou dut la vie-