‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 214 sur 324 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le socialisme de cette époque, assurait la tranquillité générale et Tavenir des sociétés modernes.

9. A toutes les époques de l'histoire ecclésiastique, les Papes s'étaient préoccupés du soin de propager la foi dans les contrées encore idolâtres. Sous l'influence de leur zèle persévérant, la parole évangélique avait successivement agrandi le cercle de son empire. Les nations nouvelles qui avaient remplacé le monde romain étaient venues tour à tour incliner leur tétc sous le joug Je la foi. Il restait cependant aux extrémités de l'Europe, dans les contrées septentrionales, des conquêtes à faire et des âmes encore assises à l'ombre des ténèbres du paganisme. Les souverains Pontifes réunissaient à Rome des hommes apostoliques, qui venaient, sous leur direction, se former à la carrière des missions lointaines. Celles d'Othon, évêque de Bamberg et légat du pape Calixte II, en Poméranie, eurent un plein succès (1 124). Les peuples slaves renoncèrent, par ses exhortations, à l'infanticide, à l'exposition des enfants, à la combustion des morts et à leurs autres coutumes païennes. En quittant ces campagnes, qu'il avait éclairées des lumières de l'Evangile, l'apôtre y laissait douze églises florissantes, soumises à la juridiction métropolitaine de l'évéché de Julin. Dans un second voyage (1128), son activité prudente et infatigable fit disparaître les derniers restes deFidolàtrie. L'île de Rngen, centre des superstitions slaves, opposa une plus longue et plus énergique résistance à l'introduction du Christianisme. Ce ne fut qu'en 1168, après la conquête de Wladémar, roi de Danemarck, que les Rugiens reçurent le baptême des mains de Tévêque Absalon de Roskild, qui renversa tous les temples des faux dieux. Dès l'an 1158 la Livonie avait reçu dans son sein , des ministres de l'Evangile , qui y pénétrèrent à la suite des marchands de Rrêrae et de Lubeck. La foi, semence spirituelle, vole sur toutes les plages, portée par toutes les voiles, comme la graine du chêne promenée dans l'espace sur l'aile de tous les vents. En 1186, Meinhard, chanoine régulier du monastère de Sigebert, dans le Holstein, organisa, en Livonie, une mission plus réelle et plus efficace. Il bâtit une église à Iskull, sur les bords de la Duna, et partit pour Rome , atin de se faire donner, par le souverain Pontife, le titre épiscopal d'Iskull. A

son retour, les indigènes étaient en pleine révolte, et faisaient des incursions sur le territoire des chrétientés limitrophes. Célestin III ordonna contre eux une croisade. Albert d'Apeldern, chanoine de Brème, à la tête d'une brillante armée (1200), défît les infidèles, jeta les fondements de la ville de Riga, institua l'ordre des Porte-Glaive (1202), et lui donna pour premier grand-maitre Winno de Rohrbach. Dès lors, la foi prit définitivement possession de ce pays. L'Esthonie, conquise en 1223, eut un siège épiscopal à Dorpat. La contrée de Semigalle forma un diocèse, dont le chef-lieu fut Selon. Les évèchés de Wecland et de Revel, créés en 1230, aidèrent puissamment à la conversion des Gourlandais. — Le pontificat d'Innocent III, si glorieux pour l'Eglise, fut l'époque où le Christianisme pénétra dans la Prusse. Un religieux de l'ordre de Citeaux, Christian, du monastère d'Oliva, en fut le premier apôtre et le premier évéque. Il institua l'ordre des Chevaliers de Prusse , qui se fondirent bientôt dans l'ordre Teu Ionique, qui soumit toute la Prusse, et y établit un gouvernement durable (1209-1220). Les conquêtes de l'Evangile, au xine siècle, ne se bornèrent pas aux nations européennes. La terrible invasion de Gengiskan avait révélé au monde chrétien l'existence d'une race plus terrible encore que celle des Turcs et des Sarrasins. Les Mongols avaient déjà attiré l'attention de saint Louis, qui, de concert avec le pape Innocent IV, leur avait envoyé des missionnaires. En 1288, un saint religieux de Tordre de saint François, Jean de Mont-Corvin, essaya près d'eux une nouvelle tentative. Il vit ses efforts couronnés d'un plein succès , et fut nommé , par le pape Clément V, évéque des pays qu'il avait évangélisés (1307). Son siège archiépiscopal était la ville de Kambulick, aujourd'hui Pékin. Cette petite chrétienté chinoise subsista jusqu'en 1369, époque où la domination mongole fut anéantie par une révolution politique : quelques nesteriens survécurent seuls au désastre, et l'entrée de la Chine demeura fermée à tout nouveau missionnaire , jusqu'à ce que, au xvu* et au xix* siècle, d'intelligents et héroïques efforts aient ouvert, au zèle de nos apôtres, ce champ, tant de fois fécondé par le sang des martyrs.

10. En se développant à l'extérieur, l'Eglise multipliait à Tin-

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