‹ Histoire générale de l'église depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'à nos joursChapitre 266 sur 324 · chapitre m · texte numérisé non relu

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capitale s'ensuivit. Dans cette circonstance la justice remporta sur la miséricorde. Le Pape fut inflexible. Il agit comme tous les souverains ont coutume de le faire en pareil cas. On a vouhi en faire un crime à sa mémoire. Dans les conjonctures difficiles où il se trouvait, entouré d'embûches, circonvenu de tous côtés par des traîtres, la clémence n'était peut-être pas de saison. Quoiqu'il en soit Charles de la Paix , poursuivant les hostilités, vint l'assiéger dans sa retraite. Il répondait ainsi à une sentence d'excommunication et de déposition que le Pape venait de lancer contre lui. La forteresse résista pendant sept mois aux efforts de l'armée napolitaine. Après ce temps, Urbain VI fut délivré par une flotte génoise dont il avait sollicité le secours. L'ingratitude de Charles de la Paix ne resta pas longtemps impunie. À la mort de Louis-le-Grand , roi de Hongrie, les nobles du royaume offrirent la couronne au roi de Naples. L'espoir de réunir dans 5a main deux Etats puissants séduisit Fambition de Charles. Il accepta, partit pour ses nouveaux domaines, et fit son entrée à Bude au milieu de l'enthousiasme général. Sa hauteur et sa fierté soulevèrent bientôt contre lui les magnats hongrois. Un an s'était à peine écoulé quand Charles fut frappé par le fer d'un assassin. Comme il ne mourait pas assez vite au gré de ses ennemis , une potion empoisonnée acheva ce que le glaive avait commencé, n dut alors se souvenir de la mort tragique de la reine Jeanne, qu'il avait ordonnée dans des circonstances identiques (1386). Louis d* Anjou profita de cette occasion pour faire revivre les prétentions de son père au trône de Naples. Clément VII le reçut à Avignon avec une pompe royale, et renouvela en sa faveur l'investiture des Etats napolitains. Le jeune prince, à la téte d'une armée formidable, passa en Italie, et réussit à se faire reconnaître roi de Naples, malgré les efforts de la reine Marguerite, veuve de Chartes de la Paix, et de Ladislas, son fils. Urbain VI se préparait à chasser l'usurpateur lorsqu'il mourut à Tivoli, le 15 octobre 1389. Peu de Pontifes ont laissé une mémoire plus incriminée. On a dit de lui peu de bien , beaucoup de mal. Les orages qui troublèrent son règne n'expliquent que trop cette animosité II y avait dans Urbain VI un rare amour de la justice , une pureté angélique de mœurs, une

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grande simplicité de vie, une horreur invincible pour la simonie, une connaissance approfondie des sciences ecclésiastiques. Malheureusement il eut , ce qui n'est que trop commun , les défauts de ses qualités. Sévère pour lui-même , il le fut trop pour les autres. L'austérité de ses mœurs effraya des prélats habitués au luxe , au faste et à la mollesse. Le grand schisme d'Occident fut leur protestation.

$ t. Pontiflcat de Boniface IX (3 novembre 1380-1" octobre 1404).

11. Quand la nouvelle de la mort d'Urbain VI parvint à Avignon, un conseil extraordinaire fut assemblé dans le palais. On se hâta d'expédier un courrier au roi de France pour le prier d'interposer son autorité près des cardinaux romains, et d'empêcher une élection. C'eût été , en effet , le plus sûr moyen de couper court au schisme. Tous les princes chrétiens en jugèrent ainsi. Mais , avant que leurs ambassadeurs fussent arrivés à Rome, un successeur était déjà donné à Urbain VI, dans la personne de Pietro Thomacelli , qui prit le nom de Boniface IX. La crainte de voir transférer le Saint-Siège à Avignon avait déterminé les cardinaux romains à cette mesure précipitée. Clément VII se hâta d'excommunier son rival , qui lui répondit par les mêmes censures. Boniface IX, en montant sur le trône pontifical , eut d'abord à lutter contre l'esprit séditieux du peuple romain qui croyait avoir trouvé , dans le schisme , une occasion favorable de ressaisir sa liberté et de constituer enfin la république imaginaire qu'il rêvait depuis tant de siècles. Mais Boniface IX fut secouru , d'une manière inespérée , par un royaume qui semblait, au premier coup d'œil, devoir lui apporter bien plus de sollicitude que d'appui. Urbain VI , en mourant , avait laissé Louis d'Anjou affermi sur le trône de Naples. Le parti du jeune roi Ladislas semblait à jamais abattu. Boniface IX le releva ; ce pontife était Napolitain ; il connaissait mieux que personne le caractère, les habitudes, les mœurs de sa patrie; il savait que la domination française y était profondément impopulaire. Il avait des relations avec toutes les familles dévouées au parti vaincu. Il fit habilement jouer les ressorts de la politique.

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