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Louis d'Anjou , jeune prince sans expérience , élevé dans un royaume où les luttes se dénouaient les armes à la main et où l'on savait moins négocier que combattre, était incapable de résister aux savantes combinaisons du Pontife. Ladislas lui était d'ailleurs infiniment supérieur et comme guerrier et comme politique. Les trésors de Boniface IX offraient d'inépuisables ressources pour solder ses armées; il entra triomphant dans Napies, et Louis, abandonné de tous ses sujets, reprit la route de France.
12. Ladislas, par reconnaissance pour le souverain Pontife, l'aida à rétablir son autorité à Rome. Avec ce secours. Boniface IX reconstitua, d'une manière définitive, le pouvoir temporel de la Papauté dans tous les Etats du patrimoine de saint Pierre. Il enleva aux citoyens le droit qu'ils prétendaient s'arroger à la souveraineté, déclara que le gouvernement du pays appartenait exclusivement au Pontife, qui nommerait seul à toutes les fonctions publiques, et supprima les magistratures populaires.
13. Le récit des luttes intestines que le grand schisme d'Occident perpétuait en Europe, a détourné notre attention du reste de la catholicité. Elle venait d'échapper à un danger plus près»sant que celui dont Charles-Martel l'avait sauvée dans les champs de Poitiers. Bajazet Ier, sultan des Turcs, s'était précipité, suivi d'une armée innombrable, sur les frontières de la Hongrie (1396). Sigismond, qui régnait alors dans cette contrée et dont les Etats formaient comme le boulevard de la chrétienté, implora le secours des princes européens. Le sultan prétendait moins faire une guerre de conquête qu'une guerre de religion. « Mon » cheval, avait-il dit, ira manger l'avoine sur l'autel de Sainte » Pierre. » En apprenant cette bravade sacrilège, la France sentit se réveiller en elle l'ardeur belliqueuse des croisades. Les débris de la chevalerie , échappés aux désastres de Crécy et de Poitiers, volèrent sur les bords du Danube. A leur tète était le comte de Ne vers, Jean Sans-Peur, depuis duc de Bourgogne. Il déféra le commandement en chef de celte brillante milice au maréchal de Boucicaut, le plus grand capitaine de son temps après Duguesclin. Cet armement vint se réunir aux forces de
518 boniface a (1389-1404).
Sigismond , sous les murs de Nicopolis , nom fatal et qui rappelle le plus sanglant revers. Le 25 septembre 1396 , le sultan taillait en pièces l'armée chrétienne , seul espoir de l'Europe. Sigismond prit la fuite et cette lâcheté détermina la perte de la bataille. Pas un Français ne lâcha pied ; chacun d'eux se fit un rempart des cadavres musulmans, tués de sa main. Mais tant -d'héroïsme ne pouvait rien contre la supériorité du nombre. Boucicaut, Jean de Nevers, Ënguerrand de Coucy, le comte d'Eu , etc. , furent faits prisonniers avec tous leurs compagnons. Dépouillés de leurs vêtements, les mains liées derrière le dos, on les amena devant le farouche vainqueur, qui faisait impitoyablement mettre â mort tous les simples soldats , dont il n'espérait pas une rançon suffisante. Les grands seigneurs, que sa cupidité épargna, fuient emmenés captifs en Bithynie. L'Europe, désarmée , apprit avec stupeur la défaite de Nicopolis. Le nom chrétien allait peut-être s'éteindre en Europe , sous un nouveau déluge de Musulmans , lorsque , par un bonheur providentiel , un autre ravageur de nations, le célèbre conquérant mogol Tlmerlan, vint attaquer avec ses hordes indisciplinées, les troupes de Bajazet. On eût dit que les deux mondes s'étaient donné rendez-vous dans les plaines d'Ancyre, où le choc eut heu. Bajazet fut vaincu et fait prisonnier. Les humiliations que lui fît subir Tamerlan, sont à peine croyables. Il se servait de son corps comme de marche-pied , pour monter à cheval ; le forçait â se tenir sous sa table pendant les repas et â ne se nourrir que des morceaux qui tombaient â terre ; enfin , il l'enferma dans une cage de fer, où le vainqueur de Nicopolis se tua, en se brisant h tète contra les barreaux.
M. Loin de ces scènes sanglantes, l'Italie était alors témoin des miracles, du zèle et des vertus de saint Vincent Ferrier. l é à Valence, en 1357, cette gloire de l'Espagne n'avait pas tartic â remplir le monde du bruit de sa renommée. Entré dans l'ordre des frères prêcheurs, il se proposa saint Dominique pour modèle. Le cardinal Pierre de Lune avait été envoyé par l'antipape Clément VII , pour faire reconnaître son obédience en Espagne. Il - Rattacha saint Vincent Ferrier, qui croyait , de bonne foi, Clément VII pape légitime. En revenant en France, Pierre de Lune